Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=821801

( 821801 )
Mgr Lefebvre : les principes de la Révolution de 1789 ont pénétré toutes les institutions par La Porte Latine (2017-02-09 18:49:15)
Sermon de Mgr Lefebvre : les principes de la Révolution de 1789 ont pénétré toutes les institutions - 19 avril 1987
"Tout au cours de l'histoire, l'Église a tout fait pour que la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ se maintienne, se confirme, se consolide. Lorsque des peuples entiers se convertissaient, elle suppliait les princes de bien vouloir l'aider à organiser dans ces pays des universités catholiques, d'aider à l'implantation de monastères, d'institutions religieuses, d'institutions chrétiennes, d'écoles catholiques".
Les principes de la Révolution ont pénétré toutes les institutions
Mais les forces du mal sont puissantes et le Bon Dieu a permis que ces forces sataniques finissent par pénétrer à l’intérieur même des États chrétiens, à l’intérieur de ces grandes familles que constituaient les États catholiques, ces grandes familles chrétiennes, et que, par le protestantisme, se répande la zizanie. Les forces du mal ont fini par détruire ces États chrétiens en décapitant les rois, en ruinant les États catholiques
Ainsi les principes de la Révolution de 1789 ayant maintenant pénétré dans toutes les institutions, ils minent partout la foi catholique, dans toutes les familles, jusque dans les séminaires, jusque dans l’Église, jusque dans le clergé ! C’est ce qu’a dit saint Pie X :
« Nous voyons maintenant que l’ennemi n’est pas seulement en dehors de l’Église, mais il est à l’intérieur. Et où est-il spécialement à l’œuvre ? Il est dans les séminaires. »(1).
C’est pourquoi il demandait aux évêques de chasser tous les professeurs modernistes des séminaires, afin de ne pas laisser se répandre les idées erronées, les idées fausses à l’intérieur des séminaires. Si les idées de la Révolution, les idées contraires à la foi catholique pénètrent à l’intérieur des séminaires, il en sortira un jour des prêtres, des évêques et alors, que deviendra l’Église ?
L'esprit de l'erreur est à l'intérieur
Mes bien chers frères, nous y sommes aujourd’hui. Cette pénétration de l’ennemi, cette pénétration de l’esprit de l’erreur, de l’esprit anticatholique est maintenant partout à l’intérieur de l’Église, partout ! Et chose stupéfiante, incroyable, ceux qui ont la responsabilité dans l’Église, ont décidé désormais de ne plus agir comme l’Église et les missionnaires l’ont fait pendant vingt siècles, de ne plus défendre la foi catholique par les missions, de ne plus demander aux chefs de famille et aux chefs d’État de venir au secours de l’Église catholique pour la défendre et la protéger. Ils ont décidé désormais de faire un pacte de paix avec les ennemis de l’Église, et ce pacte de paix s’appelle l’œcuménisme, s’appelle la liberté religieuse. Désormais c’est fini : la paix, la paix…
La paix avec qui ? Avec les ennemis de Notre Seigneur Jésus-Christ, avec ceux qui l’ont crucifié, avec ceux qui ont continué de le crucifier pendant vingt siècles ! Dans le Corps mystique de Notre Seigneur Jésus-Christ, chez les fidèles, il y a eu des martyrs, et des millions de martyrs ; il y en a encore aujourd’hui, prisonniers dans les geôles russes parce qu’ils sont catholiques. La haine de Jésus-Christ, la haine de l’Église – malheureusement nous sommes bien obligés de le constater – existe encore. Ces jours-ci, vous avez pu lire dans les journaux les propos qu’ont tenus les protestants de Genève, il y a trois ou quatre jours, contre la venue d’un évêque catholique dans leur ville (2), une opposition radicale, absolue :
« Nous ne voulons pas d’une hégémonie catholique à Genève ».
C’est l’ennemi. Dès que l’on parle de Notre Seigneur Jésus-Christ, dès que l’on manifeste Notre Seigneur Jésus-Christ, il y a des oppositions, et ce sera comme cela jusqu’à la fin des temps.
[...]
A lire sur LPL

( 821804 )
Un grand homme! par Miserere (2017-02-09 21:48:41)
[en réponse à 821801]
Lucide et toujours plus que jamais d'actualité.

( 821812 )
Qu'en est-il des principes de la "Révolution" de 1945 ? par Scrutator Sapientiæ (2017-02-10 08:24:04)
[en réponse à 821801]
Bonjour à La Porte Latine,
Je constate que depuis 1945, en ce qui concerne le monde occidental, des principes, des notions, des valeurs sont à l'oeuvre, dans l'Eglise catholique comme dans le monde contemporain.
Dans le monde contemporain, des principes sont apparus, et ils me semblent vraiment bien différents de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, en ce que ces trois idéaux ont eu de moins mauvais pendant un siècle et demi, si j'ose dire.
Ainsi, en un sens, les droits de l'homme de la deuxième génération, les droits économiques et sociaux, apparus juste après 1945, complètent les droits de l'homme de la première génération, les droits juridico-politiques.
Mais, en un autre sens, ils les contredisent ou, en tout cas, leur apparition crée une mise sous tension entre ces droits de l'homme de la deuxième génération et ceux de la première génération, notamment partout où il n'y a pas assez d'argent, ou plus assez d'argent... pour les faire "vivre ensemble".
Dans l'Eglise catholique, des notions et des valeurs sont apparues, et elles me semblent vraiment elles-aussi bien différentes de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, en ce que ces trois idéaux ont eu de moins mauvais pendant un siècle et demi, mais aussi bien différentes de la Foi, de l'Espérance, de la Charité, telles que ces vertus ont été comprises, notamment dans le cadre de la composante tridentine de la Tradition catholique.
Ces notions et ces valeurs auraient peut-être pu compléter la Foi, l'Espérance, la Charité, or elles ont plutôt contribué au mépris ou à l'oubli, au "dépassement" ou au "remplacement" de ces vertus.
Je ne suis pas sûr de bien me faire comprendre, mais je me demande parfois si nous ne subissons pas, aujourd'hui encore, les conséquences d'une deuxième fondation ou rupture anthropologique, axiologique, civilisationnelle, comportementale, dont les origines ne sont pas situées à l'intérieur de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, mais à l'intérieur d'un autre système de valeurs, à l'intérieur d'un autre référentiel fondamental, que l'on trouve bien plus à l'intérieur d'une ambiance, d'une culture, d'une époque, qu'à l'intérieur d'un triptyque explicité d'une manière officielle.
Je l'exprime autrement : à partir de 1945, il y a eu décolonisation, mais il y a eu aussi "décivilisation", et nous subissons, encore aujourd'hui, les conséquences de cette "décivilisation" que certains partisans de la liberté, de l'égalité, de la fraternité, de la fin du XVIII° siècle, du XIX° siècle, et de la première moitié du XX° siècle, auraient certainement eu en horreur.
C'est en tout cas ce que je crois sur cette question, mais j'ai peut-être tort.
Bonne journée.
Scrutator.

( 821827 )
Vos remarques me font penser à l'objectif, au principe que Teilhard de Chardin par Glycéra (2017-02-10 14:32:59)
[en réponse à 821812]
Est-ce que son erreur principale n'était pas de penser qu'améliorer, ou aider à faire s'améliorer l'humanité, et le monde, le rendre "meilleur" ferait germer une foi et une Eglise qui tienne ? n'est-ce pas dire : à faire croître du terreau et du fumier, spontanément les plantules et les graines qui y seraient encore enfouies un peu vivantes sans qu'on sache trop pourquoi ?
Est-ce qu'il ne voulait pas refuser le Jardinier divin, parce qu'il le pensait extérieur au monde, séparant ainsi les choses et le Principe divin, lui refusant d'être ce qui continue à "penser" le monde à chaque présent qui passe ?
Il me semble, selon la présentation qu'en fait le père Molinié que c'est cette (quasi)hérésie là qui sous-tend les actions visibles des chrétiens, clercs ou laïcs, depuis un siècle. D'abord dans les intellectualisations, puis dans les actions, fussent-elles nommées "Actions Catholiques" ? N'est-ce pas aussi l'illusion candide de beaucoup d'amis du marxisme : changeons la société et la foi en sortira tout spontanément ?
Nous sommes encore tellement dedans que presque personne ne le voit. Que presque personne n'a la hauteur (cela s'appelle vertu de prudence) de voir ce qui se passe là.
Je ne sais si c'est votre avis aussi
Glycéra

( 821974 )
Je ne sais que répondre mais vous renvoie à la citation de Bernanos. par Scrutator Sapientiæ (2017-02-12 08:33:37)
[en réponse à 821827]
Bonjour et bon dimanche, Glycéra.
Je ne sais que répondre, si ce n'est qu'en effet beaucoup semblent avoir cru, dans le cadre du développement de l'Etat providence, qu'il était "humaniste" ou "chrétien" d'adhérer à la croyance selon laquelle il suffirait, pour ainsi dire, d'ouvrir toujours plus d'écoles et d'hôpitaux pour que les êtres humains soient, à coup sûr, à la fois mieux instruits et en meilleure santé, mais je vous renvoie à cette citation de Georges Bernanos :
" On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. "
Je suis convaincu qu'il y a au moins deux types de catholiques : ceux qui croient que la civilisation moderne n'est pas d'abord "une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure", et ceux qui savent qu'elle est d'abord une telle conspiration.
Je suis d'ailleurs convaincu qu'un beau jour, si ce n'est déjà fait, certains docteurs ou pasteurs traiteront les catholiques qui s'efforcent d'être vigilants et résistants, face à l'esprit du moment et du monde présents, de catholiques "conspirationnistes".
Je suis également convaincu par le fait que la très grave erreur qui a été commise par des auteurs tels que ou, en tout cas, proches de Chenu ou de Teilhard, puis au Concile Vatican II, dans la deuxième partie de Gaudium et Spes, est une erreur adossée à la croyance selon laquelle la civilisation moderne n'est pas d'abord "une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure".
Enfin, je suis convaincu que c'est notamment par réaction, plus ou moins appropriée ou désordonnée, face à cette "conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure" que l'on assiste, au moins depuis le début de la deuxième partie des trente glorieuses, à la montée en puissance de positionnements tels que l'évangélisme ou le pentecôtisme, ou à celle de tels courants charismatiques, fondamentalistes ou traditionalistes.
Beaucoup sentent bien que certains font en sorte "quelque chose ne tourne pas rond", sur le plan culturel, qu'il y a vraiment un "malaise dans la civilisation", et que ce malaise profite aux uns, sur le plan matériel, tout en nuisant aux autres, sur le plan spirituel.
En un sens, il y une attente culturelle et une demande sociale de "tout à fait autre chose", d'une alternative contra-positionnelle, et cette attente culturelle et spirituelle, cette demande morale et sociale sont, en première analyse, légitimes.
Oui, la civilisation moderne, ou plutôt contemporaine, dans les deux sens du terme, c'est-à-dire sous l'angle axiologique et sous l'angle chronologique, est "une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure".
Dans cet ordre d'idées, la caractéristique fondamentale de la civilisation contemporaine réside dans le recours à des procédés, à des techniques, plus faussement émancipatrices que vraiment édificatrices, ou plus manipulatoires et neutralisatrices que libératrices et responsabilisantes, qui rendent possible la captation de l'attention, la séduction et la subversion de l'attention, le détournement de finalité de la vie intérieure, notamment pour que celle-ci se soumette avant tout au "produire-pour-consommer" dans le monde, au lieu de s'en remettre avant tout au "recevoir-pour-contempler" en Dieu, en Dieu Père, Fils, Esprit.
Je pense aussi à la crise du "recevoir-pour-connaître" Dieu, Dieu Père, Fils, Esprit, qui est la soeur jumelle de la crise du "recevoir-pour-contempler" en Dieu, en Dieu Père, Fils, Esprit, chacune de ces deux crises ayant été implémentée, avant-hier, puis étant actualisée, encore aujourd'hui, par cette "conspiration universelle contre toute vie intérieure".
A cause de ces deux crises, d'une part, nous sommes souvent en présence de personnes qui se disent ou sont chrétiennes, mais qui ont beaucoup du mal à accorder à la prière la place qui lui revient, dans leur vie, d'autre part nous sommes souvent en présence de personnes qui se disent ou sont chrétiennes, voire catholiques, voire catholiques pratiquantes, mais qui ne connaissent pas des pans entiers du spécifique de leur propre religion ou de leur propre confession.
A cause de ces deux crises, "il paraît même" qu'il arrive que certains soient en présence de catholiques qui dénigrent ou négligent la prière personnelle ou la vie contemplative, et qui contestent ou dénient à plus compétents et convaincus qu'eux le droit de rappeler que Jésus-Christ est le Fils unique du seul vrai Dieu, que le seul vrai Dieu est Père, Fils, Esprit, qu'en un sens les croyants non chrétiens ne croient pas en Dieu, en Dieu Père, Fils, Esprit, mais en l'idée qu'ils s'en font ou en la vision qu'ils en ont, et qu'en un sens les croyances non chrétiennes comportent des inexactitudes ou, en tout cas, constituent des approximations.
Je vous remercie pour votre compréhension, au contact des quelques mots qui précèdent, et je vous souhaite un bon dimanche.
Scrutator.

( 821863 )
Oui par Aigle (2017-02-11 10:52:21)
[en réponse à 821812]
Merci cher Scrutator pour votre brillante analyse