Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=821328
images/icones/iphone.jpg  ( 821328 )Martin Scorsese : "Le pape François nous a souhaité bonne chance pour le film par Bernard Joustrate (2017-02-02 15:35:14) 

INVITÉ RTL - Le réalisateur américain se confie sur son nouveau film "Silence", extraordinaire fresque religieuse qui se déroule au 17e siècle au Japon. Le cinéaste y livre une passionnante réflexion sur la foi et la religion.

Video
images/icones/1g.gif  ( 821329 )Il devraient engager des catholiques extras par Thierry (2017-02-02 17:03:33) 
[en réponse à 821328]

Je n'ai pas vu le film mais j'en ai vu une photo où on voit un prêtre célébrer la messe en soutane, du moins dans une robe noire qui y fait penser. Jamais à l'époque on n'aurait célébré la messe sans ornements, même clandestinement !

Tous ces films historiques qui mettent tant de soin dans leurs reconstitutions feraient bien d'engager des spécialistes aussi lorsqu'ils reconstituent la messe ou des célébrations religieuses. C'est toujours du n'importe quoi, un vieil ornement, peut importe que ce soit une "chasuble violon" dans un film qui se déroule en plein moyen âge, trois phrases en latin(mal prononcé) lues n'importe où dans un missel, du moment que c'est en latin, et c'est bon, scène suivante !
images/icones/neutre.gif  ( 821342 )A-t-il vu au moins ce film ? par Minger (2017-02-02 21:00:40) 
[en réponse à 821329]

Car méfiance! Il y a 30ans après La Dernière tentation du Christ… Scorsese était un sortilège malfaisant!

Mais cette fois serait la bonne… Et il n’est jamais trop tard pour bien faire! Et de surcroit c’est histoire de deux prêtres jésuites , pensez donc , ça compte plus que deux pères blancs…

http://www.booska-p.com/cinema/new-silence-le-nouveau-scorsese-s-offre-un-premier-extrait-n70350.html

Extrait : ça serait un projet d’ampleur...Vaut mieux entendre ça que d'être sourd.

« Porté par un trio composé d’Andrew Garfield, Adam Driver et Liam Neeson, Silence racontera l’histoire de deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver), qui en plein XVIIème siècle "tenteront de se rendre au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira (Liam Neeson), disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme". Sur place, ils découvriront un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves.
Lancé comme ça, le synopsis pourrait paraître banal. C’est sans compter sur l’abnégation d’un Martin Scorsese têtu, qui aura pris 28 ans pour porter à l’écran le chef-d’œuvre de Shusaku Endo paru en 1966. Scorsese aura donc attendu d’avoir 74 ans pour voir le projet sortir dans les salles obscures, autant dire qu’on est ici face à un pari plutôt qu’à un projet ! »

Minger: Et heureux peut être , ceux qui ne l’ont pas vu…
images/icones/neutre.gif  ( 821358 )Bio de Scorsese par Mingdi (2017-02-03 00:25:29) 
[en réponse à 821329]

"Martin Scorsese est né à Flushing, dans l'arrondissement de Queens à New York, au sein d'une famille sicilienne catholique traditionaliste. Enfant asthmatique et frêle, le jeune Martin Scorsese ne peut pratiquer de sport et ses parents l'emmènent fréquemment au cinéma. Épris d'une foi profonde, il se destine d'abord à une vie religieuse et entre au séminaire en 1956 afin d'être ordonné prêtre. Jugé trop jeune (il n'est alors âgé que de 14 ans) et indiscipliné pour s'engager si tôt dans le ministère sacerdotal, il est renvoyé au bout d'un an." (extrait de wikipédia)
Apparemment, il n'a rien assimilé de cet enseignement. Deux grands metteurs en scène de cinéma, anciens élèves des jésuites, ont bien retenu leurs leçons : Bunuel et Hitchcock.
images/icones/neutre.gif  ( 821365 )Que penser du film : Silence ? par Diafoirus (2017-02-03 08:42:17) 
[en réponse à 821358]

Que penser du film Silence ?


Synopsis du film sur les persécutions des chrétiens au Japon de Martin Scorsese, au cinéma le 8 février :
"XVIIème siècle, deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver) se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira (Liam Neeson), disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme.
Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves."
Plusieurs critiques estiment que ce film est un plaidoyer pour l'apostasie (voir ici). Ce film, de grande facture sur le plan cinématographique, distribué par Saje, soulève de très nombreuses questions.
Le père Pascal Ide, de l'Emmanuel et par ailleurs critique de cinéma, commente :

"La thématique du silence de Dieu fait aujourd’hui partie d’une vulgate véhiculée par certains courants théologiques. L’origine plus lointaine est la théologie de la mort de Dieu. Se croisent ici plusieurs influences : certains passages de la métaphysique hégélienne ; la théologie négative (depuis le Pseudo-Denys) ; l’influence d’une notion née de la kabbale de Luriah, le tsimtsoum ou « retrait » divin (« Dieu crée comme les océans le font avec les continents : en se retirant ») ; surtout, l’impact de la shoah qui a conduit les théologiens protestants et catholiques à s’interroger sur ce qu’ils interprètent comme un silence de Dieu pendant que le peuple élu se faisait massacrer.

En donnant très intentionnellement à son livre le titre Silence, plus encore, en en faisant un thème récurrent de la méditation du journal personnel tenu par Sébastien Rodrigues (ce journal occupe la première moitié du roman), Shūsaku Endō signale implicitement que le silence en question est celui de Dieu même. S’y ajoute-t-il une influence spécifiquement venu de la culture japonaise, à savoir le zen et son amentalisme ? En tout cas, le film reprend cette thématique et il y a fort à parier que le réalisateur se retrouve aussi en elle.

Dieu se tait-il ? Je ferai seulement deux remarques. D’abord, la théologie négative ne caractérise pas tant la Bible que le paganisme. En effet, la prodigalité des récits mythiques ne doit pas masquer la conviction plus profonde des Grecs et des Latins : Dieu est inaccessible et donc incompréhensible ; de plus, si nous tendons vers lui, lui vouons un culte, voire nous l’aimons, Dieu ne nous aime pas et ne s’intéresse pas directement à nous – il y perdrait sa béatitude. En revanche, la nouveauté radicale de la Révélation vétérotestamentaire et plus encore néotestamentaire est que, justement, elle est une Révélation, une « levée du voile » : Dieu se dit, en ses actions et même, peu à peu, en son être, voire en son intimité trinitaire. Donc, la théologie issue de la Bible est beaucoup plus une théologie positive, affirmative qu’une théologie négative – même si le Juif comme le chrétien n’ignore en rien que Dieu « habite une lumière inaccessible » (1 Tm 6,16. Cf. Ex 33,20). Plus encore, en Jésus, Dieu est Verbe, Parole qui nous le fait connaître (cf. Jn 1,18).

Donc, souligner unilatéralement le silence de Dieu est, pour un chrétien, concéder à la vision païenne de l’Absolu, régresser vers le paganisme. Sur tous ces points, je renvoie à l’admirable conférence de Joseph RATZINGER, lors du colloque 2000 ans après quoi ?, tenu à la Sorbonne, 25-27 novembre 2000 (« Vérité du christianisme ? », La Documentation catholique, n° 2217, 2 janvier 2000, p. 29-35. Repris dans Christianisme. Héritages et destins, éd. Cyrille MICHON, Paris, Librairie générale française, Le livre de poche. Biblio essais, 2002, p. 303-324).

Ensuite, la notion apparemment évidente de « silence de Dieu » mérite d’être interrogée. Autant le mutisme d’un homme ou de la nature (dans le désert) est patent, autant l’affirmation d’un prétendu silence de Dieu ne l’est pas. En effet, Dieu est infini (cf., par exemple, Ps 145,3). Or, l’infini n’est pas commensurable avec le fini. Mais, comme créature, je n’ai accès qu’à ce qui est limité. Donc, comment Dieu se donnera-t-il à moi ? Il ne peut le faire que par des signes, des médiations.

Par conséquent, lorsque j’affirme que Dieu se tait, je ne peux que dire : j’estime que les signes qui m’entourent ne me parlent pas de Dieu ou ne sont pas des paroles de Dieu. Mais quelle certitude puis-je avoir que Dieu se tait ? Autrement dit, nous sommes renvoyés non pas à l’objectivité ici inaccessible du divin Interprété, mais à la subjectivité de l’interprète. Ainsi, ce que Sébastien Rodrigues déchiffre comme silence veut seulement dire que lui, missionnaire jésuite, assailli par le doute, n’y voit pas un signe de Dieu. Mais cela ne veut pas dire que Dieu se soit tu.
Est-ce à dire que nous sommes renvoyés à l’arbitraire du subjectivisme ? À la subjectivité, oui, au subjectivisme, nullement. Car l’accueil des signes dépend de la lumière de la foi que Dieu dispense.

Ajoutons aussi l’objectivité du témoignage des martyrs dont atteste une tradition fiable. Enfin, certains signes expriment mieux que d’autres l’intervention divine. Par exemple, nul homme ne peut trouver en soi la force de mener le bon combat jusqu’au bout, si Dieu ne le lui donne pas. Alors, pourquoi le courage admirable du petit peuple japonais, sa persévérance dans la foi jusqu’au martyr, n’ont-il pas parlé de leur divin Auteur au père Rodrigues ?"

La tentation de l'apostasie :

"Comme son autre film religieux, La dernière tentation du Christ (1988), Martin Scorsese met en scène les tentations, ici celles auxquelles sont soumis les villageois et, plus encore, les différents jésuites. Notamment la diabolique torture du tsurushi ou « pendaison inversée », inventée et employée par les Japonais du XVIIe siècle pour contraindre les kirishitan (« chrétiens ») à abjurer leur foi.



Synopsis du film sur les persécutions des chrétiens au Japon de Martin Scorsese, au cinéma le 8 février :
"XVIIème siècle, deux prêtres jésuites (Andrew Garfield et Adam Driver) se rendent au Japon pour retrouver leur mentor, le père Ferreira (Liam Neeson), disparu alors qu’il tentait de répandre les enseignements du catholicisme.
Au terme d’un dangereux voyage, ils découvrent un pays où le christianisme est décrété illégal et ses fidèles persécutés. Ils devront mener dans la clandestinité cette quête périlleuse qui confrontera leur foi aux pires épreuves."
Plusieurs critiques estiment que ce film est un plaidoyer pour l'apostasie (voir ici). Ce film, de grande facture sur le plan cinématographique, distribué par Saje, soulève de très nombreuses questions.
Le père Pascal Ide, de l'Emmanuel et par ailleurs critique de cinéma, commente :

"La thématique du silence de Dieu fait aujourd’hui partie d’une vulgate véhiculée par certains courants théologiques. L’origine plus lointaine est la théologie de la mort de Dieu. Se croisent ici plusieurs influences : certains passages de la métaphysique hégélienne ; la théologie négative (depuis le Pseudo-Denys) ; l’influence d’une notion née de la kabbale de Luriah, le tsimtsoum ou « retrait » divin (« Dieu crée comme les océans le font avec les continents : en se retirant ») ; surtout, l’impact de la shoah qui a conduit les théologiens protestants et catholiques à s’interroger sur ce qu’ils interprètent comme un silence de Dieu pendant que le peuple élu se faisait massacrer.

En donnant très intentionnellement à son livre le titre Silence, plus encore, en en faisant un thème récurrent de la méditation du journal personnel tenu par Sébastien Rodrigues (ce journal occupe la première moitié du roman), Shūsaku Endō signale implicitement que le silence en question est celui de Dieu même. S’y ajoute-t-il une influence spécifiquement venu de la culture japonaise, à savoir le zen et son amentalisme ? En tout cas, le film reprend cette thématique et il y a fort à parier que le réalisateur se retrouve aussi en elle.

Dieu se tait-il ? Je ferai seulement deux remarques. D’abord, la théologie négative ne caractérise pas tant la Bible que le paganisme. En effet, la prodigalité des récits mythiques ne doit pas masquer la conviction plus profonde des Grecs et des Latins : Dieu est inaccessible et donc incompréhensible ; de plus, si nous tendons vers lui, lui vouons un culte, voire nous l’aimons, Dieu ne nous aime pas et ne s’intéresse pas directement à nous – il y perdrait sa béatitude. En revanche, la nouveauté radicale de la Révélation vétérotestamentaire et plus encore néotestamentaire est que, justement, elle est une Révélation, une « levée du voile » : Dieu se dit, en ses actions et même, peu à peu, en son être, voire en son intimité trinitaire. Donc, la théologie issue de la Bible est beaucoup plus une théologie positive, affirmative qu’une théologie négative – même si le Juif comme le chrétien n’ignore en rien que Dieu « habite une lumière inaccessible » (1 Tm 6,16. Cf. Ex 33,20). Plus encore, en Jésus, Dieu est Verbe, Parole qui nous le fait connaître (cf. Jn 1,18).

Donc, souligner unilatéralement le silence de Dieu est, pour un chrétien, concéder à la vision païenne de l’Absolu, régresser vers le paganisme. Sur tous ces points, je renvoie à l’admirable conférence de Joseph RATZINGER, lors du colloque 2000 ans après quoi ?, tenu à la Sorbonne, 25-27 novembre 2000 (« Vérité du christianisme ? », La Documentation catholique, n° 2217, 2 janvier 2000, p. 29-35. Repris dans Christianisme. Héritages et destins, éd. Cyrille MICHON, Paris, Librairie générale française, Le livre de poche. Biblio essais, 2002, p. 303-324).

Ensuite, la notion apparemment évidente de « silence de Dieu » mérite d’être interrogée. Autant le mutisme d’un homme ou de la nature (dans le désert) est patent, autant l’affirmation d’un prétendu silence de Dieu ne l’est pas. En effet, Dieu est infini (cf., par exemple, Ps 145,3). Or, l’infini n’est pas commensurable avec le fini. Mais, comme créature, je n’ai accès qu’à ce qui est limité. Donc, comment Dieu se donnera-t-il à moi ? Il ne peut le faire que par des signes, des médiations.

Par conséquent, lorsque j’affirme que Dieu se tait, je ne peux que dire : j’estime que les signes qui m’entourent ne me parlent pas de Dieu ou ne sont pas des paroles de Dieu. Mais quelle certitude puis-je avoir que Dieu se tait ? Autrement dit, nous sommes renvoyés non pas à l’objectivité ici inaccessible du divin Interprété, mais à la subjectivité de l’interprète. Ainsi, ce que Sébastien Rodrigues déchiffre comme silence veut seulement dire que lui, missionnaire jésuite, assailli par le doute, n’y voit pas un signe de Dieu. Mais cela ne veut pas dire que Dieu se soit tu.
Est-ce à dire que nous sommes renvoyés à l’arbitraire du subjectivisme ? À la subjectivité, oui, au subjectivisme, nullement. Car l’accueil des signes dépend de la lumière de la foi que Dieu dispense.

Ajoutons aussi l’objectivité du témoignage des martyrs dont atteste une tradition fiable. Enfin, certains signes expriment mieux que d’autres l’intervention divine. Par exemple, nul homme ne peut trouver en soi la force de mener le bon combat jusqu’au bout, si Dieu ne le lui donne pas. Alors, pourquoi le courage admirable du petit peuple japonais, sa persévérance dans la foi jusqu’au martyr, n’ont-il pas parlé de leur divin Auteur au père Rodrigues ?"

La tentation de l'apostasie :

"Comme son autre film religieux, La dernière tentation du Christ (1988), Martin Scorsese met en scène les tentations, ici celles auxquelles sont soumis les villageois et, plus encore, les différents jésuites. Notamment la diabolique torture du tsurushi ou « pendaison inversée », inventée et employée par les Japonais du XVIIe siècle pour contraindre les kirishitan (« chrétiens ») à abjurer leur foi.
../..
http://pascalide.fr/cinema/
images/icones/fleche3.gif  ( 821366 )Erratum par Diafoirus (2017-02-03 08:54:02) 
[en réponse à 821365]

Errare humanum est...

pour lire correctement la critique du film Silence il faut se reporter sur Le Salon d'une certaine couleur à la date du 13 janvier 2017

Je ne peux pas écrire le nom entier ni mettre le lien, car à chaque fois ( 4 fois) le message n'est pas accepté pour publication sous un prétexte fallacieux...
images/icones/neutre.gif  ( 821376 )On corrigera par nous même mais je prends note avant de voir le film par Limousin (2017-02-03 10:36:12) 
[en réponse à 821366]

Cher Diafoirus, c'est vrai, ce salon est beige mais on s'en moque un peu ici pour le sujet qui vous occupe. Ce qui compte ici, c'est une critique rédigée par quelqu'un QUI A VU le film et qui est conscient de ce que l'on dispose encore d'un cinéaste ayant la maîtrise de ses scénarios et "qui sait écrire", et c'est très rare aujourd'hui.
images/icones/livre.gif  ( 821425 )Je n’ai pas vu film, par Diafoirus (2017-02-03 15:37:24) 
[en réponse à 821376]

puisqu'il sortira le 8 février.

MAIS j'ai lu le livre de Shûsaku Endô, Silence.

Ce roman, paru en 1966, très bien écrit, raconte l’histoire de de deux missionnaires portugais, deux prêtres jésuites, envoyés au Japon après les grandes et féroces persécutions perpétrées dès la fin du XVIe siècle. Leur but, outre de conforter les chrétiens japonais laissés sans pasteur, est d’enquêter pour connaître la vérité sur l’apostasie du supérieur jésuite sur place, le Père Cristovao Ferreira, qui était leur mentor.

Sa lecture est captivante, car l’analyse psychologique est fouillée. Il m’a rappelé : La puissance et la gloire de Graham Greene. Mais les sentiments des protagonistes sont déroutants : l’ignominie du persécuteur est extrême, diabolique ; la réaction du deuxième missionnaire déroutante. Il reste un malaise après lecture qu’il est difficile d’exprimer simplement.

Je ne saurai mieux dire que Pascal Ide : « Assurément, la tentation, surtout lorsqu’elle atteint un tel machiavélisme, excuse beaucoup plus qu’elle n’accuse. Plus insidieux que la peur des supplices effroyables, le venin des suggestions mensongères. La voix qui susurre et appelle bien le mal, a déjà retenti dans le premier jardin (cf. Gn 3,1-6). D’extérieur, le combat devient intérieur, et d’autant plus redoutable. »

Ce roman a le mérite de porter notre attention sur l’histoire du christianisme au Japon.
Une Église qui a su « transmettre d’une génération à l’autre la flamme toujours vive de la foi », comme l’a dit le pape François, à travers une existence clandestine et malgré la disparition totale du clergé. Quand en 1865, un missionnaire, le Père Petitjean, la découvre, les kirishitan (chrétiens) sont près de cinquante mille, vivant au sein de petites communautés bien organisées et soudées.
images/icones/livre.gif  ( 821386 )Directives sous la Révolution par Peregrinus (2017-02-03 11:42:49) 
[en réponse à 821329]

Pour ce qui est de la célébration de la messe dans des circonstances extraordinaires, on peut se reporter aux instructions données en 1797 (période où le culte n'est certes plus tout à fait clandestin) par l'abbé du Bourg, vicaire général de l'archevêque de Toulouse chargé du gouvernement du diocèse en son absence : la messe peut être célébrée dans tout lieu "convenable et décent" ; il est permis de célébrer la messe sans porter la soutane, mais non sans les ornements prescrits ; les objets du culte doivent avoir été consacrés par les supérieurs compétents ; les calices en verre ou en étain sont tolérés, mais il est obligatoire de disposer, sur l'autel, d'un crucifix en relief ; en cas d'absence de servants, il est possible aux femmes de répondre au prêtre, mais elles doivent le faire à quelque distance de l'autel ; la messe sans assistants est interdite ; il est possible de célébrer de minuit à une heure de l'après-midi inclusivement (Jean-Claude Meyer, La vie religieuse en Haute-Garonne sous la Révolution (1789-1801), Association des publications de l’université de Toulouse-Le Mirail, Toulouse, 1982, p. 438).

Peregrinus
images/icones/porrectus.png  ( 821389 )Film Silence : les ambiguïtés par Diafoirus (2017-02-03 11:50:17) 
[en réponse à 821386]

Film Silence : les ambiguïtés

Christophe Geffroy

Source : La Nef N°289 DE FÉVRIER 2017

Avec Silence, le cinéaste américain Martin Scorsese nous offre un film à la fois grandiose et terriblement ambigu sur le martyre et l’apostasie. Point de vue.

Le film que Martin Scorsese a tiré du roman de Shûsaku Endô, Silence (1), paru en 1966, est à la fois grandiose, exceptionnel et en même temps oppressant et éprouvant avec un message plus qu’ambigu ! Il faut reconnaître au metteur en scène d’avoir été très fidèle au roman et d’avoir admirablement rendu l’atmosphère accablante dans laquelle vivaient les catholiques japonais persécutés au XVIIe siècle. La caméra est superbe et le jeu des acteurs parfait.
L’histoire, inspirée de faits réels, est celle des deux derniers jésuites portugais à être envoyés au Japon après les grandes et féroces persécutions perpétrées dès la fin du XVIe siècle et qui prirent une ampleur encore plus cruelle lorsque le catholicisme fut officiellement interdit en 1614. Deux jeunes jésuites portugais, le Père Sebastiao Rodrigues (inspiré de la figure historique de Giuseppe Chiara et joué par l’excellent Andrew Garfield qui crevait déjà l’écran dans Tu ne tueras point de Mel Gibson) et le Père Francisco Garupe (Adam Driver) sont envoyés au Japon où tous les prêtres ont été massacrés. Leur but, outre de conforter les chrétiens japonais laissés sans pasteur, est d’enquêter pour connaître la vérité sur l’apostasie du supérieur jésuite sur place, le Père Cristovao Ferreira (Liam Neeson), qui était leur mentor et dont on dit qu’il vit désormais, sous le nom de Sawano Chuan, avec une épouse et qu’il écrirait même contre la foi catholique.

SUITE .../...

ICI
images/icones/neutre.gif  ( 821424 )Crédibilité catholique par Mingdi (2017-02-03 15:33:59) 
[en réponse à 821329]

Je suis d'accord avec vous, Thierry. Que Scorsese encourage ou non l'apostasie, après tout c'est son problème. On est assez grand garçons pour savoir ce qu'il faut faire, et qu'on ne ferait peut-être pas. Le personnage du poivrot japonais qui passe son temps à apostasier puis à s'en confesser est intéressant. J'espère que Scorsese l'a traité correctement, et pas avec ses gros sabots habituels. Mais le moins qu'on demande à un cinéaste d'origine catholique et qui fait un film sur un sujet catholique, c'est que les détails visuels ou auditifs et le langage soient véridiques, authentiques, vintage. Je prends au hasard deux films de Bunuel, ancien élève des jésuites, devenu marxiste. Dans "le charme discret de la bourgeoisie", Julien Bertheau, évêque défroqué devenu jardinier, donne une confession au débotté, qui montre sa parfaite maîtrise de la chose. "L'ange exterminateur" se conclut par une messe des morts dont beaucoup de séminaristes modernes pourraient s'inspirer. Etc... Hitchcock, fils de jèzes lui-aussi, soigne la forme, notamment dans "la loi du silence". Etc... Le pauvre Scorsese a derrière lui trop de nanars pour garder le goût du travail soigné. Les rushes qu'on nous montre ici ne sont pas encourageants.
images/icones/neutre.gif  ( 821428 )Il y a un article intéressant, par Yves Daoudal (2017-02-03 16:16:22) 
[en réponse à 821328]

daté d'hier, sur Asianews (en anglais et en italien). Bernardo Cerverella souligne le courage qu’a eu Scorsese de réaliser un film sur les martyrs du Japon en notre temps de « post-croyance », c’est-à-dire d’indifférentisme religieux. Car c’est un questionnement sur la douleur, la persécution, la haine, la foi, sur le silence de Dieu… et il montre de façon saisissante ce qu’est le martyre.

Je trouve cet article intéressant parce qu’il correspond à des propos de Scorsese que j’ai lus je ne sais plus où. Il disait qu’alors qu’il préparait ce film il avait été invité dans un grand dîner, et qu’il expliquait à sa voisine ce qu’il voulait faire : un film qui pose la question du martyre, et du silence de Dieu. Et sa voisine de ricaner en lui disant que c’est futile et que ça n’intéresse personne. Et Scorsese de lui répondre que lui ça l’intéresse, que ce sont des questions qu’il se pose depuis longtemps et qu’elles sont cruciales.

Le fait est que pour réaliser son film Scorsese ne s’est pas fait payer, et que les principaux acteurs ont également été bénévoles.

Je n’ai pas vu le film et je ne le verrai peut-être jamais, mais je pense que cela est à prendre en considération.
images/icones/fleche2.gif  ( 821671 )Une autre critique de ce film, dans "Critikat" par Limousin (2017-02-08 09:16:05) 
[en réponse à 821428]

J'ai noté également la critique de ce film, rédigée sur ce site qui se substitue aisément aux "Cahiers du cinéma" tombés en déchéance pour avoir pris l'esprit du "Monde".

Moi non plus, je ne suis pas sûr d'aller voir ce film car je n'aime guère les scènes de violence, jusqu'à l'hyper-violence, même pour parler de sujets particulièrement graves.

Voici donc le lien :

La dépassion du Christ
images/icones/neutre.gif  ( 821808 )Un apostat qui apostasie par Mingdi (2017-02-10 01:38:47) 
[en réponse à 821671]

La première qualité d'un cinéaste qui fait un film sur des catholiques c'est de bien connaitre la religion catholique. Et un critique qui n'y connait rien va tartiner lourdement sans pouvoir cacher sa nullité. Merci de votre envoi, Limousin. Je n'irai pas voir ce film.
PS : de l'avis d'un jésuite sur KTO on sait très peu de choses sur ces missionnaires au Japon, ni s'ils ont réellement apostasié.
images/icones/fleche2.gif  ( 821826 )Il s'agit de l'adaptation par Rémi (2017-02-10 14:16:19) 
[en réponse à 821808]

d'un roman, une oeuvre de fiction dans un contexte historique donc, pas d'un documentaire sur l'histoire des jésuites au Japon.

Oui, on peut imaginer sans invraisemblance que des missionnaires ont apostasié par crainte ou lassitude des tourments, n'en déplaise au jésuite de KTO, et pas qu'au Japon d'ailleurs.
images/icones/neutre.gif  ( 821967 )ma réponse par Limousin (2017-02-11 23:38:15) 
[en réponse à 821808]

Désolé, "Mawgan", je connais les rédacteurs de cet excellent site de critiques cinématographiques.

Je comprends votre réaction dans la mesure où un critique n'écrit pas pour parler d'abord de la doctrine catholique mais plutôt, d'un style d'écriture, d'une esthétique, de la personnalité du cinéaste, des acteurs, des décors, etc.

Il reste que j'hésite à voir les films de Martin Scorsese à cause de leur violence excessive. Je l'ai vu mieux inspiré dans des scénarios où il n'y a pas de violence visuelle. Quant à le voir traiter des thèmes religieux, j'ai plutôt tendance à me méfier de lui, mais bon, ce n'est pas un anti-clérical primaire à la manière d'Autant-Lara, voire de Fellini.

J'ai écrit par ailleurs que je n'ai pas envie de voir le film.
M. Dandrieu a vu le film et il semble qu'il est élogieux. C'est un critique lui aussi, comme ceux de "Critikat"....
images/icones/neutre.gif  ( 821995 )Autant-Lara et Fellini par Mingdi (2017-02-12 15:40:20) 
[en réponse à 821967]

Il y a dans "le Rouge et le Noir" d'Autant-Lara une magnifique scène où l'acteur Balpêtré, jouant le rôle d'un directeur de séminaire, souffle une à une les bougies d'un chandelier pour signifier à ses séminaristes qu'ils sont menacés chacun par l'extinction de leur foi. Pas mal pour un anticlérical. Fellini, son anticléricalisme ne m'a jamais frappé. Quant à Scorsese, Dandrieu le trouve "bling-bling" et ses éloges du film sont un peu contraints. La critique du film que vous nous avez postée est assez pâteuse et son auteur confond apostat, apostasie et apostasier, ce que j'ai souligné dans mon titre. Pour ma part, je vais en rester là.
images/icones/neutre.gif  ( 822025 )Tous les goûts sont dans la nature... par Limousin (2017-02-12 21:53:13) 
[en réponse à 821995]

À condition de le dire poliment, sans mépris, ni mauvaise humeur.
Il faisait beau aujourd'hui, non ?
Et puis vous ne m'avez pas répondu sur Fellini : pourquoi ?
images/icones/musique.gif  ( 821813 )Laurent Dandrieu : Silence, le dernier film de Scorsese - « Impressionnant, beau, contemplatif ! » par Bernard Joustrate (2017-02-10 08:53:13) 
[en réponse à 821671]

Auteur d’un Dictionnaire passionné du cinéma, Laurent Dandrieu salue un film « impressionnant, beau, austère, contemplatif » qui « pose intelligemment les questions de la foi, de la mission, du sacrifice, du martyre ». Bien supérieur à La Dernière Tentation du Christ, il y a trente ans, il montre la violence de la persécution des chrétiens dans le Japon du XVIIe siècle, mais cette violence n’est jamais gratuite. Le film rend aussi hommage à la piété populaire de chrétiens condamnés à la clandestinité. Un film on ne peut plus actuel.

Critique à écouter ici.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 822018 )Le vrai scandale du film de Scorsese par BK (2017-02-12 21:01:25) 
[en réponse à 821328]

n'est-il pas qu'un jeune homme ayant assassiné son père il y a bien longtemps dans une galaxie très lointaine (ce qui n'est quand même pas une excuse) puisse être admis aux ordres ?

A croire que même au XVIIème siècle les jésuites étaient prêts à composer avec les normes de l'Eglise...
images/icones/carnet.gif  ( 822279 )Silence ! par Rémi (2017-02-16 12:10:56) 
[en réponse à 821328]

Le dernier film de Martin Scorsese impose silence à la critique dès son titre. C'est pourquoi d'ailleurs ceci n'est pas une critique, mais une méditation sur ce film, sur la foi donc, et sur la trahison, telles qu'elles apparaissent à ce grand artiste, en quête de vérité.


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