Le Forum Catholique
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( 821356 )
Crise du sens de l'Eucharistie: et si la faute était à saint Pie X? par Signo (2017-02-03 00:09:51)
On parle beaucoup en ce moment de la question de la communion, notamment relativement à cette affaire de l'accès de ce sacrement pour les divorcés-remariés.
Il me semble, après réflexion approfondie sur le sujet, que les termes du problème sont mal posés, et que nous sommes en train de passer à côté de la vraie question, qui est celle de la communion de tous les fidèles.
C'est un fait: dans la majorité des paroisses, les fidèles quittent systématiquement leurs bancs lors de la messe pour communier. Pourtant, il ne me semble pas que dans les paroisses "lambda" (ou ce qu'il en reste...) on voit autant de gens faire la queue pour aller se confesser...
N'étant pas issu d'un milieu "tradi" mais plutôt de la masse du peuple catholique qui pratique plus ou moins avec plus ou moins de conviction, je sais qu'une énorme majorité de fidèles ne se sont pas confessés depuis leur première communion... qui remonte pour la plupart à plusieurs décennies.
En résumé:
-les fidèles communient systématiquement mais ne se confessent jamais; la nécessité d'être en état de grâce semble complètement oubliée;
-la communion n'est plus perçue comme la réception par le fidèle du Corps du Seigneur, mais comme un symbole de solidarité et de partage communautaire; bien souvent les fidèles réfléchissent si peu à ce qu'ils font que la communion pour beaucoup ne signifie plus rien du tout: elle n'est plus qu'une habitude comme une autre. Il est évident que dans ce contexte, exclure telle ou telle catégorie de fidèles de l'accès à la communion eucharistique est perçu comme une exclusion injuste...
Pour moi, deux questions se posent:
-saint Pie X, en favorisant la communion fréquente, n'est-il pas indirectement et involontairement responsable de cette situation? Evidemment c'est une provocation... qui doit cependant nous inviter à réfléchir au problème.
-ne faudrait-il pas favoriser un retour à la pratique qui était celle des fidèles au Moyen-Age et jusqu'au début du XXe siècle, et qui consiste à ne communier que rarement (uniquement aux jours de grandes fêtes par exemple), et uniquement après une sérieuse préparation spirituelle personnelle (c'est-à-dire une vraie conversion du coeur) incluant nécessairement une bonne confession?
Si cette pratique redevenait générale, le problème de la communion pour les divorcés-remariés, sans toutefois être résolu, ne se poserait plus avec la même acuité... et la communion eucharistique retrouverait son sens profond par la même occasion.
C'est personnellement la pratique que j'ai adopté, rompant ainsi avec l'habitude de mon entourage et qui était la mienne depuis l'enfance. C'est un chemin exigeant et non dénué de risques de dérive (de type janséniste notamment...), mais j'en ai tiré de grands fruits spirituels.
Le débat est lançé...

( 821360 )
etes-vous sûr de votre affirmation de départ par jejomau (2017-02-03 06:28:40)
[en réponse à 821356]
à savoir que l'on s'est mis à communier fréquemment à partir du début du XX° siècle et non pas après le Concile Vatican II ?

( 821372 )
Oui, c'est bien saint Pie X! par Signo (2017-02-03 10:13:55)
[en réponse à 821360]
Pour ce qui s'est effectivement pratiqué sur le terrain je ne sais trop, il faudrait poser la question à des personnes ayant vécu à cette époque: à partir de quand les fidèles se mirent à communier systématiquement le dimanche?
Ce qui est sûr, c'est que c'est bien saint Pie X -suivant en cela la ligne du Concile de Trente- qui exhorta à la communion fréquente avec le décret
Sacra Tridentina publié en 1905 (voir
ici). Le Concile Vatican II s'est inscrit dans la lignée de ce grand Pape (et oui!), comme sur beaucoup d'autres sujets d'ailleurs...
Evidemment, il ne s'agit pas d'accuser saint Pie X de quoi que ce soit: il a eu certainement raison, à son époque, de rompre avec la pratique de communion rare des fidèles, et je pense que cette exhortation a produit beaucoup de fruits. Mon premier titre, un peu provoquant, était destiné à interpeller le liseur pour amener à la réflexion sur ce sujet si important dans la vie de l'Eglise.
Le problème est que la nécessité de communier régulièrement s'est peu à peu changée en habitude, malgré les avertissements en ce sens que l'on peut lire dans le décret. Je pense donc que dans le contexte actuel, les clercs devraient exhorter les fidèles à ne plus forcément communier systématiquement, à communier peut-être moins souvent mais mieux, quitte à s'abstenir de la communion lorsque le fidèle ne se sent pas prêt.
Evidemment il ne s'agit pas de retomber dans les rigueurs du jansénisme, condamnées à maintes reprises par les Papes et qui ont fait tant de mal dans l'Eglise. Il faut retrouver un juste milieu. Pas simple...

( 821379 )
mouais par Regnum Galliae (2017-02-03 10:54:42)
[en réponse à 821372]
Discutable votre responsabilité. A ce compte, le responsable est Notre-Seigneur lui-même qui nous a laissé l'Eucharistie avec la possibilité d'en user et d'en abuser.
Non, l'important est que les fidèles reçoivent le Corps du Christ avec pureté de coeur, ardente charité et dévotion. Il faut a minima qu'ils soient en état de grâce. Et ce que la communion soit quotidienne, hebdomadaire ou annuelle à Pâques, ça ne change rien !
Quant à vous, libre à vous de vous priver volontairement de votre pain spirituel quotidien. Sans raison spécifique, je ne vois pas ce que cela apporte spirituellement de se priver de ce que Notre Seigneur a lui-même jugé utile de nous laisser. Peut-être un "ça fait du bien quand ça s'arrête" ?
Vous pouvez lire
ceci page 16.

( 821398 )
Intéressant article... par Signo (2017-02-03 12:26:56)
[en réponse à 821379]
...dont vous avez fourni le lien.
En fait, je pense que la communion rare n'est pas en elle-même une pratique satisfaisante, mais je crois que cesser de communier pendant un certain temps lorsque l'on a pris l'habitude de communier sans s'y préparer peut constituer une étape pour mieux réaliser la valeur de la communion eucharistique avant une reprise plus régulière, qui sera plus fructueuse.
Ce contre quoi il faut absolument lutter, ce sont ces phénomènes de groupe que l'on observe dans la plupart des paroisses ordinaires, et qui consiste à se lever et à se joindre à la file par instinct grégaire, pour "faire comme tout le monde" (surtout pendant les messes de mariage ou de premières communions, au cours desquels des gens qui ne mettent jamais les pieds à l'église habituellement vont communier "parce que ça se fait").
La communion doit toujours être un acte parfaitement libre de la personne. Or dans certaines paroisses, ne pas aller communier est presque mal vu. Cette pression sociale qui est présente dans tous les groupes humains est malsaine et doit être combattue.

( 821404 )
Je maintiens par Leopardi (2017-02-03 13:13:49)
[en réponse à 821398]
que cela n'est pas l'apanage des messes NOM et j'ai la faiblesse de croire que les paroissiens VOM sont aussi pêcheurs.
C'est tellement vrai qu'on se croit obligé maintenant d'emmener ses enfants pour une bénédiction du prêtre, pour ne pas qu'ils se croient exclus (alors que les laisser sur place serait beaucoup plus pédagogique pour eux). Y compris chez les VOM.

( 821405 )
D'accord avec vous par Regnum Galliae (2017-02-03 13:37:55)
[en réponse à 821398]
Si la privation peut avoir des vertus pédagogiques, pourquoi pas, on est là dans le domaine du subjectif. Une abstinence peut en effet aviver le désir de recevoir Notre Seigneur.
Sur le fait de savoir qui est digne ou pas, nous ne pouvons pas nous prononcer. D'ailleurs sommes-nous certains d'être plus dignes que les autres ? Peut-être en apparence, mais pour cela, n'avons-nous pas plus reçu ? De sorte qu'il nous sera plus demandé... et à ce compte, nous ne sommes peut-être pas meilleurs que celui qui y va de manière machinale.
Une autre question est le fruit de la communion : y aller sans y penser, mastiquer son hostie et s'asseoir en regardant en l'air ne permet probablement pas à la grâce sacramentelle d'agir. De bonnes dispositions sont nécessaires pour cela. C'est pourquoi la messe traditionnelle est préférable : en manifestant mieux la divinité de Celui que nous recevons, elle nous prépare à mieux communier.

( 821407 )
Oui Regnum par Aigle (2017-02-03 13:45:03)
[en réponse à 821405]
Vous en avez sans doute raison
En particulier en disant ceci
"Une autre question est le fruit de la communion : y aller sans y penser, mastiquer son hostie et s'asseoir en regardant en l'air ne permet probablement pas à la grâce sacramentelle d'agir. De bonnes dispositions sont nécessaires pour cela. C'est pourquoi la messe traditionnelle est préférable : en manifestant mieux la divinité de Celui que nous recevons, elle nous prépare à mieux communier."
La communion en forme extra est l'aboutissement de la messe. En forme ordinaire elle semble parfois en être la simple clôture...

( 821410 )
Attention par Leopardi (2017-02-03 14:16:10)
[en réponse à 821407]
mastiquer son hostie
La formation traditionnelle à la première communion recommandait d'avaler l'hostie et non de la mastiquer, et on comprend pourquoi.
Je me suis laissé dire que chez les NOM au contraire, on recommande de bien mâcher, pour assimiler le fait que c'est un aliment.

( 821413 )
vu le gabarit des hosties NOM par Regnum Galliae (2017-02-03 14:31:11)
[en réponse à 821410]
il vaut mieux bien mâcher pour ne pas finir
comme ça !

( 821417 )
On comprend pourquoi ? par Yves Daoudal (2017-02-03 14:56:45)
[en réponse à 821410]
Pourquoi donc ? (Moi je ne sais pas.)
Les orientaux sont bien obligés de mâcher. C'est grave docteur ?

( 821422 )
Ca me paraît évident par Leopardi (2017-02-03 15:19:05)
[en réponse à 821417]
Pour éviter de garder des morceaux d'hostie entre les dents, voire dans les dents creuses.
Ca va avec la discipline liée au respect de l'Eucharistie.
De même, autrefois, on conseillait dans ma région, au sortir de la messe, d'avaler quelque-chose pour être sûr qu'une miette d'hostie ne puisse être recrachée.
Et puis, les orientaux le font peut-être mais c'est aussi une question de délicatesse. On aurait l'impression de mâcher le Seigneur.
Enfin, quand je revois des fidèles Nomistes revenir de communion en mâchant, cela me fait tout l'effet d'un troupeau de ruminants...

( 821429 )
[réponse] par Yves Daoudal (2017-02-03 16:21:48)
[en réponse à 821422]
Quand je parle des orientaux je parle bien sûr de ceux qui célèbrent la divine liturgie avec du pain levé. L'avaler sans mâcher, c'est mettre sa vie en danger...
(Et je continue à ne pas vous comprendre. Je ne vois pas où est la "délicatesse"... Vous mangez la chair du Christ, oui ou non?)

( 821430 )
Sauf que par Regnum Galliae (2017-02-03 16:28:15)
[en réponse à 821429]
il me semble (corrigez-moi si je me trompe) que les Orientaux mélangent le pain et le vin avant la communion, rendant inutile la mastication...

( 821431 )
Pourtant ... par Lycobates (2017-02-03 16:28:18)
[en réponse à 821429]
... c'est un tout petit morceau et qui est bien trempé et presque dissous dans le Divin Sang, administré et mis en bouche avec la cuillère (au moins dans le rite byzantin).
Mais c'est vrai que la piété eucharistique, ce n'est pas vraiment leur truc, à nos orientaux.

( 821447 )
Pas une raison par Leopardi (2017-02-03 19:28:21)
[en réponse à 821429]
Certes, on mange la chair du Christ. Ce n'est pas pour cela qu'il faut verser dans le vérisme.
Bien sûr, quand le pain est levé cela se comprend aussi mais cela n'est pas notre cas et c'est mieux ainsi de mon point de vue.

( 821426 )
On recommande de bien mâcher ? par Cath...o (2017-02-03 15:59:09)
[en réponse à 821410]
Et pourquoi pas de la faire passer avec un petit coup de rouge, pendant que vous y êtes ?
N'écoutez pas tout ce que l'on vous raconte ! Qu'il soit étiqueté NOM ou VOM le pain azyme se délite sous l'action de la salive, je n'ai jamais eu à mâcher une hostie. Et n'ai surtout jamais entendu une telle recommandation !

( 821427 )
Le texte sur la communion fréquente par Yves Daoudal (2017-02-03 16:00:53)
[en réponse à 821360]
est de saint Pie X. Mais la communion en masse date de Paul VI, quand il a aboli le jeûne eucharistique. C'était en 1964, donc, de fait, pendant Vatican II, mais ça n'a rien à voir avec les textes de Vatican II.

( 821441 )
c'est un peu le sujet en question par jejomau (2017-02-03 18:21:37)
[en réponse à 821427]
Saint Pie X a énoncé une vérité claire mais très bien comprise par tous dans le cadre disciplinaire qui régentait l'Eglise.
Je ne sais pas si le seul Jeûne Eucharistique y était la seule raison. J'aurais tendance à dite qu'il s'agissait surtout d'un ensemble de règles fixées par l'Eglise (on pourrait prendre aussi l'insistance à pratiquer une confession régulière ) qui faisaient que le fidèle ressentait en lui l'importance que revêtait l'Eucharistie et le fait de s'approcher de la table avec infiniment de respect. De même la Liturgie dite aujourd'hui de forme extraordinaire et sa pédagogie axée sur le sens du sacré ...
Il est vrai que le Concile a des conséquences dramatiques dans l'application qui en est faite sur le terrain. Les textes n'ont effectivement que peu de choses à voir en tant que tel

( 821446 )
Mgr Schneider par Justin Petipeu (2017-02-03 19:06:39)
[en réponse à 821441]
vous dirait que tout cela vient de la communion dans la main. Si tout le monde communiait à genoux et sur la langue, on n'en serait pas là non plus...

( 821362 )
C'est pas Vatican II le coupable, c'est St Pie X ! par Jean-Paul PARFU (2017-02-03 07:10:38)
[en réponse à 821356]
C'est ça, mais c'est bien sûr !

( 821364 )
Accipite et manducate ex hoc omnes! par PEB (2017-02-03 08:02:26)
[en réponse à 821356]
Notre Seigneur dont les paroles sont rapportées dans le Canon est très clair: ex hoc omnes. La faute serait-elle à l'Evangile?
La règle apostolique est donc la Communion de tous au même Saint Sacrifice. Jésus veut entrer dans le cœur de chacun quelque soit ses imperfections. Il aime autant habiter chez une Madeleine où c'est un peu le bazar que chez une Marthe qui passe son temps à remettre en ordre la maison.
La Communion transforme peu à peu notre être en vue de la vie éternelle car ce n'est plus nous qui vivons mais le Christ qui vit en nous. Notre être même y assume la divinité du Rédempteur comme on le dit à l'offertoire.
Ce banquet des noces où le veau gras nous est immolé nécessite certes de revêtir l'habit de fête, notre belle robe baptismale, que la confession permet de rapiécer.

( 821367 )
Mais voyez plutôt par Non volumus ignorare (2017-02-03 09:28:03)
[en réponse à 821364]
la belle avancée que va faire l'Eglise Belge :
La première communion, c'est désormais terminé à Bruxelles: une réflexion a également été lancée en Wallonie
La première communion va disparaître des églises bruxelloises. En Wallonie, une réflexion a été entamée dans les différents diocèses. On parle de la retarder d’un, voire de deux ans, car les enfants, nous dit-on, ont besoin aujourd’hui de plus de formation.
La petite communion va-t-elle disparaître des églises du royaume ? La question mérite d’être posée car elle ne se fera plus dans les églises bruxelloises.
L’information a été confirmée ce mercredi. « La plupart des diocèses belges ont tendance à vouloir retarder l’âge de la première communion. À Bruxelles, la mesure est plus claire : elle a été déplacée vers les 10-11 ans », nous apprend l’abbé Olivier Windels, de la paroisse de Liège. « Au moment où je vous parle, nous sommes justement en rencontre nationale et je suis avec mes confrères bruxellois ».
Commentaire perso : Les enfants ont besoin de plus de formation
les enfants ont tout simplement besoin de al formation la plus élémentaire sur la Ste Eucharistie....et l'exemple de leurs parents...

( 821375 )
très tendancieux ! par jejomau (2017-02-03 10:35:21)
[en réponse à 821364]
Qui a interdit aux pécheurs de communier dans l'Eglise ? D'ailleurs si la Sainte Inquisition s'est battu pour extirper le Catharisme du Royaume de France, n'est-ce pas finalement pour cette raison de fond ?
Dire que Madeleine doit communier est vrai.
Mais vous omettez de dire que Jésus lui permet de communier après qu'il lui ait pardonné ses péchés parce qu'elle les a avoués auparavant !!!!

( 821382 )
Ni oui ni non, bien au contraire. par Steve (2017-02-03 11:13:35)
[en réponse à 821364]
Avec ce genre de discours unanimiste mais ambivalent, on sait d'avance qu'il n'y pas d'avance.
Le problème posé en début de fil est important et bien posé. On pourrait même faire un pas de plus. Et la perspective deviendrait effrayante.
Si la valeur et le respect de l'eucharistie ne sont plus perçus et manifestés, ni par l'officiant ni par l'assistance, la messe est-elle véritablement dite ?

( 821383 )
Une solution par Leopardi (2017-02-03 11:19:02)
[en réponse à 821382]
Conditionner la réception de l'Eucharistie au passage par la case "confession" systématiquement.
Ca fera de la place dans la file de communion et remettra en vogue la confession.
Car je ne crois pas une seule minute que tous ces fidèles, NOM ou VOM, qui communient tous les dimanches, soient toujours en état de communier.

( 821385 )
Solution (2), pour ainsi dire par AVV-VVK (2017-02-03 11:35:30)
[en réponse à 821383]
Avant la messe (=très NOM) le curé local s'entretient cordialement dans l'église avec des fidèles, comme dans un centre paroissial. Pourquoi ne se retire-t-il pas visiblement dans un des quatre confessionnaux pour leur donner un signal?

( 821387 )
Constructif ! par Steve (2017-02-03 11:43:14)
[en réponse à 821383]
Merci Léopardi pour la suggestion.
La mise en oeuvre ?
Par exemple. L'officiant (et/ou un confrère) attend(ent) les confessions 1/2 heure avant chaque messe.
Là où un prêtre doit courir entre ses églises rurales, c'est impraticable.
Mais là où c'est possible, ça devrait devenir obligatoire.
Et pour les trop vastes paroisses rurales, c'est un problème de calendrier : le temps à trouver serait à prélever sur les réunions (réugniteuses).
A-t-on vraiment le choix ?

( 821396 )
Une solution (addendum) par Leopardi (2017-02-03 12:17:52)
[en réponse à 821387]
Désassocier la messe de la communion.
On pourrait imaginer des célébrations pénitentielles avec confessions et communion derrière, la communion à la Messe étant conservée pour les grandes fêtes seulement.

( 821412 )
Ah non... par Yves Daoudal (2017-02-03 14:23:29)
[en réponse à 821396]
On a assez inventé, au cours des derniers siècles, divers scénarios de communion en dehors de la messe, avant la messe, à la fin d'une messe où l'on n'était pas...
S'il y a communion c'est qu'il y a eu sacrifice. La communion est communion à la victime qui a été sacrifiée. La victime, l'"hostie", est partagée entre les participants. Il n'est pas légitime de dissocier la communion du saint sacrifice.

( 821401 )
Crise de la communion liée à l'affaiblissement de la liturgie... par Signo (2017-02-03 12:48:07)
[en réponse à 821387]
La question de la préparation à la communion est fondamentale. Je pense que la suppression de certaines Vigiles (comme celle de la Pentecôte) a été une grande erreur. Les vigiles des grandes fêtes offraient des opportunités régulières de conversion, de purification pour aborder les grandes fêtes dans de bonnes conditions spirituelles (intensification de la prière, jeûnes, confession).
Le problème, c'est que le rythme de la vie moderne, ou tout simplement le manque de conviction des gens, la mollesse spirituelle font que la majorité des fidèles, même si les vigiles existaient toujours, ne prendraient pas forcément le temps de saisir ces occasions. Se rendre à la messe tous les dimanches est déjà considéré comme incroyable voire excessif par beaucoup, alors qu'il s'agit du strict minimum...
Systématiser la présence du prêtre au confessionnal une demi-heure avant la messe est une bonne idée, mais comme cela a été dit, difficilement praticable en certains endroits.
Et il faudrait déjà que les curés parlent de la confession à leurs ouailles au cours des homélies de temps en temps... certains (beaucoup!) ne le font quasiment jamais.

( 821399 )
Et si tout simplement... par Justin Petipeu (2017-02-03 12:33:05)
[en réponse à 821356]
...nos prédicateurs faisaient des sermons sur le péché, et même les péchés, au lieu de parler de faiblesse, de fragilité, de pauvreté, etc...? et si tout simplement nos prédicateurs faisaient des sermons sur les fins dernières et sur le salut au lieu de vouloir "construire le Royaume" (?) et parler des exclus et des blessés ? Il suffirait peut-être de fermer le robinet d'eau tiède et d'allumer le feu sur la terre, non ?

( 821406 )
Oui Signo mais ... par Aigle (2017-02-03 13:42:40)
[en réponse à 821356]
Vos observations me semblent ouvrir un légitime débat.
En particulier en forme ordinaire, la confession à sinon disparu du moins très fortement régressé. De sorte que communient en masse des fidèles qui ne se confessent jamais et dont on peut douter qu'ils soient en État de grâce....
Sans oublier le cas de figure fréquent de non pratiquants qui communient aux messes de mariage par imitation du mouvement général... Voire parfois des non baptisés ...
En forme extra la communion est générale aussi mais la confession reste pratiquée. De sorte que le sacrilège est certainement plus rare.
Que voulait St Pie X ? Certainement conduire le peuple catholique à la sainteté ....donc il préconisait communion fréquente et implicitement confession fréquente et/ou vie parfaite ...
Jadis on se confessait et on communiait une fois par an ("faire ses Pâques ")... Le système de St Pie X met les fidèles face à un cas de conscience , difficile dans des sociétés marquées par l'anticléricalisme. Imposer une confession régulière (mensuelle par exemple) place vraiment la conscience du catholique sous le contrôle de son confesseur... Si on ne l'accepte pas on renonce à la pratique. Raison pour laquelle de nombreux hommes ont abandonné la pratique au XXe siècle sans doute ...
La communion fréquente rend très difficile l'assistance à la messe pour un fidèle qui ne communie pas. Ce fidèle doit d un certain point de vue être héroïque ...

( 821411 )
Ca dépend par Leopardi (2017-02-03 14:23:20)
[en réponse à 821406]
En forme extra la communion est générale aussi mais la confession reste pratiquée.
Si l'on considère les créneaux horaires des confessions, une confession régulière et fréquente (nécessaire pour une communion fréquente) signifie une démarche spécifique.
Si enfin on considère comme souvent que le lieu de culte est éloigné de son domicile (je ne parle pas des parisiens ni des versaillais), cela devient carrément héroïque.

( 821449 )
Remarques justes... par Signo (2017-02-03 19:59:26)
[en réponse à 821406]
... c'est pourquoi je pense que le clergé devrait développer une pédagogie très claire à ce sujet: mieux vaut une bonne communion occasionnelle bien préparée qu'une communion systématique bâclée. Si le fait de ne pas communier automatiquement en assistant à la sainte Messe entre dans les mentalités, la pression sociale qui intimide le fidèle et le pousse à communier "pour faire comme les autres" ou par peur d'être mal vu disparaîtra d'elle-même, et la communion redeviendra cet acte personnel et libre qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être.

( 821454 )
Une communion bien préparée par Quaerere Deum (2017-02-03 20:45:32)
[en réponse à 821449]
est un critère subjectif.
Il vaut mieux plutôt encourager les fidèles à se confesser plus souvent pour être en état de grâce plus souvent. La communion est une nourriture spirituelle et ne pas se nourrir souvent c'est dépérir. Le CEC explique bien le rôle de ce sacrement dans la vie spirituelle.
La solution pour le bien des âmes n'est pas celle du jansénisme qui est fausse.

( 821487 )
Jansénisme par Peregrinus (2017-02-04 11:02:44)
[en réponse à 821454]
Le refus de la communion fréquente n'a pas été le fait seulement du jansénisme, mais de l'immense majorité du catholicisme français, y compris hostile aux jansénistes (dont l'influence dans le catholicisme du XVIIIe siècle, notamment dans les questions liturgiques et sacramentelles, ne doit pas être exagérée).
Que les jansénistes aient adopté cette discipline ne suffit pas à prouver qu'elle est, en soi, janséniste. On ne peut pas accuser à la légère de jansénisme, même inconscient, tant et tant de nos pères dans la foi ; ce qui n'enlève rien à la portée des arguments en faveur de la communion fréquente, qui ne manquent pas de force.
Mais il faut se garder de pratiquer la réduction au jansénisme.
Peregrinus

( 821408 )
Saint Ambroise par Yves Daoudal (2017-02-03 13:47:01)
[en réponse à 821356]
De sacramentis, V:
« Donne-nous aujourd’hui notre pain quotidien. » Je me souviens de ce que je vous ai dit quand j'expliquais les sacrements. Je vous ai dit qu'avant les paroles du Christ, ce qu'on offre s'appelle pain ; dès que les paroles du Christ ont été prononcées, on ne l'appelle plus du pain, mais on l'appelle corps. Pourquoi dans l'oraison dominicale dit-il « notre pain » ? Il dit pain, mais ἐπιούσιον, c'est-à-dire supersubstantiel. Ce n'est pas ce pain qui entre dans le corps, mais ce pain de vie éternelle qui réconforte la substance de notre âme. C'est pour cela que le grec l'appelle ἐπιούσιον. Le latin a appelé quotidien ce pain que les Grecs appellent « qui vient », parce que les Grecs appellent le jour qui vient (demain) τὴν ἐπιοῦσαν ἡμέραν). Ainsi donc ce que dit le latin et ce que dit le grec semblent également utiles. Le grec a exprimé les deux sens par un seul mot, le latin a dit quotidien. S'il est quotidien, ce pain, pourquoi attendrais-tu une année pour le recevoir, comme les Grecs ont coutume de faire en Orient ? Reçois chaque jour ce qui doit te profiter chaque jour. Vis de telle manière que tu mérites de le recevoir chaque jour. Celui qui ne mérite pas de le recevoir chaque jour ne mérite pas de le recevoir après une année. Ainsi saint Job offrait chaque jour un sacrifice pour ses fils, de peur qu'ils n'eussent commis quelque péché dans leur cœur ou en paroles. Toi donc, tu entends dire que chaque fois qu'on offre le sacrifice, on représente la mort du Seigneur, la résurrection du Seigneur, l'ascension du Seigneur, ainsi que la rémission des péchés, et tu ne reçois pas chaque jour le pain de vie ? Celui qui a une blessure cherche un remède. C'est une blessure pour nous d'être soumis au péché ; le remède céleste, c'est le vénérable sacrement.


( 821415 )
Vous omettez un élément essentiel par Philippilus (2017-02-03 14:46:14)
[en réponse à 821356]
Je partage votre constat sur la tendance récente, y compris dans le milieu traditionaliste à la communion banalisé et généralisée. Dans les années 70/80, une parti significative de l'assistance ne communiait pas lors d'une messe Tridentine. C'est devenu l'exception, c'est presque gênant de ne pas aller communier.
Maintenant, veuillez comparer ces trois situations:
J'avale œufs au bacon pour finir un petit déjeuner copieux après une grasse matinée, il est 10h15, je file en vitesse en voiture à la messe de 10h30, ou je communie, comme tout le monde. Qui suis-je? un catholique en règle, post Vatican II, qui applique le 1/4 d'heure de Paul VI, comme l'avait en son temps dénoncé J. Madiran dans "Itinéraires".
Il est 8h20, et je viens de finir mon petit déjeuner. Trop tard pour communier. J'offrirais une communion spirituelle, et ferai attention la prochaine fois. Qui suis-je? Un catholique en règle de l'époque Pie XII.
Je suis à jeun depuis la veille à minuit, car je communie demain, et m'y suis préparé. Après la messe, un peu de pain Bénit m'aidera à tromper ma faim jusqu'au déjeuner. Qui suis-je ? Un catholique en règle de l'époque de Saint Pie X.
Vous conviendrez qu'un simple retour réel à une forme de jeune eucharistique suffirait à régler le problème que vous évoquez, et ce en parfaite conformité avec la Tradition. Vous conviendrez aussi que Sait Pie X n'y est pour rien.
Philippilus

( 821416 )
C'est en effet LA solution. par Yves Daoudal (2017-02-03 14:54:30)
[en réponse à 821415]
Rétablir le jeûne eucharistique.
On pouvait l'assouplir, mais l'abolir a été une terrible faute. Et une impiété (une des impiétés de Paul VI).

( 821418 )
il n'est pas aboli mais vidé de sa substance par Regnum Galliae (2017-02-03 14:57:48)
[en réponse à 821416]
une heure de jeûne, ça ne veut rien dire quand la communion intervient 3/4h-1h après le début de la messe. A la rigueur pour une messe de semaine, mais pour le dimanche, il faudrait rétablir les 3h.

( 821420 )
Même de cette heure par AVV-VVK (2017-02-03 15:07:00)
[en réponse à 821418]
on n'en parle plus.

( 821432 )
Vous croyez vraiment par Quaerere Deum (2017-02-03 16:30:12)
[en réponse à 821416]
que les gens qui communient fréquemment et fréquentent peu la confession respecteraient plus le jeûne eucharistique ?
En fait, ceux qui communieraient moins seraient au contraire ceux qui communiaient plus avant et en état de grâce.
Cela ne me parait pas résoudre le problème.

( 821433 )
Le rétablissement par Lycobates (2017-02-03 16:33:36)
[en réponse à 821432]
du jeûne eucharistique n'aura d'effet salutaire que s'il est accompagné
- de la suppression des messes du soir; et
- de la limitation de la distribution eucharistique aux messes (en général basses) du petit matin.

( 821452 )
Aujourd'hui par Quaerere Deum (2017-02-03 20:40:56)
[en réponse à 821433]
ce n'est pas très pastoral.
Les fidèles vont à la grand messe. Vous les contraignez à aller aux messes basses matinales ou à la grand messe sans communier. Mais ils n'iront pas deux fois à la messe comme par le passé.
Vous privez ceux qui sont en état de grâce de communier à la grand messe.

( 821468 )
"Aujourd'hui" par Lycobates (2017-02-03 23:31:33)
[en réponse à 821452]
n'existe pas.
Nos sumus tempora.

( 821572 )
Ni pastoral... par Ænigma (2017-02-05 20:22:01)
[en réponse à 821452]
... ni réaliste, sauf en milieu urbain.
Pensez à ceux qui vivent en plein "désert traditionnel" (voire désert liturgique tout court), et qui ne pourraient se rendre deux fois à l'église le dimanche matin pour des raisons simplement logistiques.

( 821442 )
Oui, c'est certain par Philippilus (2017-02-03 18:22:14)
[en réponse à 821432]
La cause de la communion de masse et systématique est la disparition du jeune eucharistique. Il a fallu environ 30 ans pour arriver à ce résultat.
Supprimez la cause, et vous supprimerez l'effet. Petit à petit, on n'aura plus de raison de communier 'pour faire comme tout le monde'. Les enfants apprendront auprès de leur parents, par l'exemple du respect du jeune eucharistique la valeur de la communion, et ils pratiqueront en conséquence une fois adultes.
Philippilus

( 821451 )
Excusez-moi mais par Quaerere Deum (2017-02-03 20:34:12)
[en réponse à 821442]
quel est le problème ?
Certes le jeûne eucharistique a été abusivement réduit. La conséquence est une perte de sens de l'eucharistie. Donc pourquoi pas le rendre plus rigoureux.
Mais on dirait que le problème pour certain est de voir les fidèles communier trop souvent. Mais lorsqu'elle est reçue en état de grâce, elle est un bienfait, le catéchisme le dit bien.
On ne peut en aucun cas revenir à une position janséniste qui est fausse.
On ne va tout de même pas empêcher les personnes qui se confessent souvent de communier souvent. Cela va à l'encontre de leur bien.
En revanche, il faut faire revenir les fidèles vers les confessionnaux, et parler des péchés et de la nécessité de l'état de grâce. Qui en parle ?

( 821453 )
les confessionnaux par AVV-VVK (2017-02-03 20:42:11)
[en réponse à 821451]
Un prêtre m 'a dit que, lorsqu'on voit un prêtre auprès d'un confessionnal, les fidèles se sentent attirés.

( 821423 )
Suppression de "Christus Dominus" par Lycobates (2017-02-03 15:31:16)
[en réponse à 821415]
Oui, il faudrait qu'un PAPE, le seul à pouvoir le faire, supprimât, par une autre constitution apostolique, la constitution apostolique "Christus Dominus" du 6.1.1953, qui a facilité le jeûne eucharistique, et qui fut une gaffe, une de plusieurs, sans égal du dernier pontificat.
Donc:
Suppression sans appel de toute messe du soir (les messes peuvent être célébrées d'une heure avant l'aurore à 13 heures, exclusivement, 15 heures pour les églises de certains réguliers), réintroduction du jeûne eucharistique absolu (jejunium naturale), c.-à-d. interdiction de toute nourriture et de toute boisson, aussi de l'eau, pour célébrants et communiants, depuis minuit.
Dans les années 20, 30, 40, à en croire nos parents, on distribuait la communion aux messes basses, au petit matin, et les fidèles disposés allaient à une de ces messes, il n'y avait en général aucune distribution aux messes solennelles et chantées plus tard en matinée.
Ce serait déjà un début de solution.
Ceci dit, peu me chaut ce qui se passe chez les NOMistes. Cela n'a aucune importance dans ce contexte sacramentel.
Quant à "nos" milieux, nous avons bien des messes du soir, ci et là, et je le regrette, même si, j'en conviens, pour quelqu'un qui voyage beaucoup, elles sont parfois bien pratiques et parfois même indispensables, mais on peut toujours appliquer la règle antique, ou ne pas communier du tout.

( 821443 )
suivre sa propre discipline ou celle de l'Eglise ? par jejomau (2017-02-03 18:28:24)
[en réponse à 821423]
C'est un choix vraiment Cornélien. Saint Jean de La Croix répondant à une sœur qui vient le voir et lui demande si elle peut faire plus dans le jeûne, lui dit que si on lui ordonne de manger 4 fois dans la journée il vaut mieux obéir que de pratiquer encore plus d'ascèse.. L'Obéissance étant la plus grande des vertus...

( 821469 )
Il ne faut pas tout mélanger par Lycobates (2017-02-04 00:19:18)
[en réponse à 821443]
La discipline de l'Église, probablement apostolique, au moins attestée depuis le IVe s., est et reste avant et après 1953 précisément celle du
jejunium naturale ("vigere pergit" dit le Pape) : aucune nourriture, aucune boisson après minuit (seule concession : l'eau devient permise pour la première fois).
Ce que le Pape a fait est donner
un indult, qui n'oblige jamais, mais que l'on peut faire valoir, sous certaines conditions, mais il dit lui-même que ceux qui ne sont pas dans ces conditions, doivent garder l'ancienne discipline, et même ceux qui le sont mais qui préfèrent garder l'ancienne discipline, sont invités à le faire
("Nos ... velle etiam eos admonere, qui eidem legi obtemperare queant,
ut id facere pergant diligenter, ita quidem ut ii solummodo, qui in necessitate versentur, hisce concessionibus frui possint secundum eiusdem necessitatis rationes").
Avez-vous lu
Christus Dominus ?
C'est
ICI à partir de la page 15.
Il est manifeste que le Pape a eu un souci éminemment pastoral. Personne ne le niera. C'est sa grande faiblesse, car ce souci est parfois un très mauvais conseiller, quand par son biais l'on tente de fléchir une loi universelle au profit d'une nécessité, ephémère, personnelle, locale. Et cela il ne faut jamais concéder, sinon
ad hoc, au cas par cas, tant que la nécessité perdure, mais pas en balançant la loi en tant que telle.
Il est manifeste aussi que le Pape s'est fait glorieusement avoir, et pas pour la dernière fois.
Car quand on donne un doigt aux pastoraux autoproclamés, il vous prennent le bras. On le sait, on le savait, il aurait pu et dû le savoir.
Déjà le Motu Proprio
Sacram communionem de 1957 élargissait l'indult de 1953 à cause de l'ampleur qu'avaient prise notamment les messes du soir. Mais il l'élargissait pour les messes du matin. Comprenne qui pourra.
Ainsi il était évident qu'à ce rythme "pastoral" on arriverait au "quart d'heure" montinien dans le délai d'une décennie.
Principiis obsta!
Le Pape Pie XII ne l'a pas fait. Prions pour son âme !

( 821476 )
c'est la premiere fois par jejomau (2017-02-04 08:45:58)
[en réponse à 821469]
que j'en entends parler.
Même dans les Ordres religieux traditionnels, on prend un petit déjeuner le matin

( 821479 )
L'histoire de l'Eglise ne se limite pas par Jean-Paul PARFU (2017-02-04 09:39:47)
[en réponse à 821476]
aux habitudes prises depuis les années 60. Avant, les religieux disaient la messe et prenaient ensuite leur petit déjeuner.

( 821448 )
Pas d'accord! par Signo (2017-02-03 19:45:09)
[en réponse à 821423]
A titre personnel, je ne goûte pas beaucoup les messes du soir. Mais comme cela a été dit elles constituent un assouplissement profitable pour les voyageurs ou bien ceux qui sont forcés de travailler le dimanche; par ailleurs certaines personnes préfèrent se rendre à la messe du soir... où est le mal?
Est-il nécessaire de rappeler que la mission de l'Eglise est de toucher le plus grand nombre, et non de s'embarrasser de règles qui, sans être totalement dépourvues de sens, ajoutent des contraintes inutiles?
Je le répète, je préfère infiniment la messe matinale, mais on ne peut pas faire comme si nous étions encore au XIIIe ou au XIXe siècle. Des aménagements sont nécessaires ou peuvent être profitables aux fidèles; si ces aménagements n'altèrent en rien la foi catholique, pourquoi s'en priver?
Par ailleurs le jeûne eucharistique absolu depuis minuit peut convenir à des moines, aux prêtres ou à certains laïcs très pieux; mais la règle est excessivement et inutilement sévère pour les fidèles. Avez-vous pensé aux enfants, aux vieillards, aux personnes ayant besoin de nourriture solide pour raisons de santé? En outre quel sens a l'interdiction de boire de l'eau, alors qu'il s'agit de la boisson pure par excellence?
Vous nous proposez un rétablissement pur et dur des règles pré-conciliaires. Comment pouvez-vous penser une seule seconde que cela règlera comme par un coup de baguette magique la crise du sens de l'Eucharistie? La majorité des fidèles ne respectent déjà plus les quelques règles pourtant bien souples et peu nombreuses en vigueur actuellement...

( 821502 )
...pain Bénit ? par Avila (2017-02-04 14:34:05)
[en réponse à 821415]
Bonjour cher Philippilus
"Après la messe, un peu de pain Bénit m'aidera à tromper ma faim"
Qu'est-ce que ce "pain Bénit" ?
Doit-on apporter sa miche de pain ou son croissant et le faire bénir par le prêtre, après la messe ?
Pourquoi le faire bénir, puisqu'il serait consommé "après" la communion ?
Merci pour votre information, cher Philippilus.
Cordialement

( 821505 )
In illo tempore par Philippilus (2017-02-04 15:17:35)
[en réponse à 821502]
On pratiquait souvent à la fin de la messe à la distribution de "pain bénit". C'est un sacramental, et il y a pour ce pain une bénédiction spécifique pendant la messe.
Ce rituel est encore pratiqué occasionnellement
ici ou
là
Il est largement tombé en désuétude.
Notons pour ceux qui s'inquiète de l'exclusion sociale de ceux qui un dimanche ne communient pas ou de l'interdiction aux divorcés-remariés de communier en public que le "pain bénit" constituait pour tous un rituel "de partage", et une forme active de participation des fidèles.
Philippilus

( 821509 )
Merci cher Philippilus par Avila (2017-02-04 15:49:39)
[en réponse à 821505]
Merci cher Philippilus pour votre réponse
Ne serait-ce pas là une solution à offrir à ceux qui sont en état de pêché, comme les divorcés-remariés et qui accepteraient de "bonne volonté" l'impossibilité de la communion eucharistique ?
Pouvez-vous communiquer le lieu et la date (approximative) de la photo du premier lien ?
"Not Found" pour le deuxième lien...

( 821513 )
Euh .... par Philippilus (2017-02-04 16:25:39)
[en réponse à 821509]
Le premier lien est une photo tout à fait contemporaine (horresco referens) d'une cérémonie de la JOC. C'est promis, je ne le ferai plus...
Le deuxième lien ramenait - et j'ai honte aussi- sur un site de la TFP. Voici donc un autre lien ou l'on retrouve les mêmes tableaux:
voir ici
Pas mal d'informations aussi autour de
Thiberville
J'ai le souvenir de distributions assez fréquentes de pain bénit dans mon enfance. Je l'ai vu également faire il y a quelques temps dans une chapelle FSSPX.
Philippilus

( 821536 )
Merci cher Philippilus par Avila (2017-02-04 19:50:51)
[en réponse à 821513]
Merci pour vos explications et pièces complémentaires, cher Philippilus.
Je suis épaté par votre connaissance.
Les 2 tableaux du XIXème sont très beaux.
C'est profondément dommage que cette coutume soit perdue, car, au regard des propos des liseurs de ce lien, j'y trouve, en partie, une réponse à la problématique de l'Eucharistie dominicale (on n'en est malheureusement plus à la communion quotidienne !) et au dilemme des pêcheurs comme les divorcés-remariés.
Cordialement

( 821511 )
Le pain bénit avait en effet pour fonction par Yves Daoudal (2017-02-04 15:58:08)
[en réponse à 821505]
de permettre à tous de "communier" d'une certaine façon en partageant un sacramental quand personne ne communiait sacramentellement de façon régulière.
Ce rite du pain bénit demeure dans les Eglises byzantines (et coptes, et autres sans doute) sous le nom d'antidoron. On prélève sur le pain qui va servir pour l'eucharistie les parcelles qui vont être consacrées. Cela se passe pendant l'offertoire qui a lieu AVANT le début de la divine liturgie. Ce pain est donc béni puisque c'est le pain de l'offrande. En outre, en tout cas chez les melkites, le célébrant passe la corbeille de pain bénit au-dessus du pain et du vin après la consécration, pendant le chant de l'hymne à la Mère de Dieu qui est ce pain sur lequel on a prélevé ce qui est devenu le Corps. Ce pain bénit s'appelle antidoron (à la place du "don", c'est-à-dire du pain consacré) parce qu'il était distribué à ceux qui n'avaient pas communié. Depuis longtemps il est distribué à la fin de la divine liturgie à tout le monde.

( 821516 )
A tout le monde? Pas sûr... par Signo (2017-02-04 16:48:48)
[en réponse à 821511]
Un ami prêtre qui s'était une fois rendu au cours d'un voyage (au mont Athos il me semble...) à un office orthodoxe s'était vu refusé le pain bénit parce que catholique.
Mais peut-être les moines du mont Athos sont-ils particulièrement intransigeants...

( 821518 )
En effet. par Yves Daoudal (2017-02-04 17:13:51)
[en réponse à 821516]
Je voulais dire "à tous ceux de la communauté", et je parlais des byzantins catholiques.
Il y a une grande discussion théologique chez les orthodoxes pour savoir si on peut donner l'antidoron à des "hétérodoxes". Il est clair qu'au mont Athos on ne vous le donnera pas. Comme il est clair que chez des orthodoxes syro-libanais on vous le donnera...

( 821560 )
Le 1/4 d'heure de Paul VI n'est pas la règle mais l'exception ! par jl d'André (2017-02-05 16:34:13)
[en réponse à 821415]
La règle du jeune eucharistique est toujours de 1 heure avant la communion.
L'exception (1/4 d'heure de Paul VI) concerne seulement les malades et personnels soignants dans les hôpitaux où le prêtre passe rarement pour donner la communion et à une heure où on ne l'attend pas et où on risque d'avoir mangé juste avant.
Ce n'est pas le cas du fidèle qui prend son petit déjeuner juste avant de partir en voiture pour communier à la messe.

( 821563 )
Non, comme vous l'avez si bien décrit par Philippilus (2017-02-05 17:16:43)
[en réponse à 821560]
La règle, c'est 1 heure avant la communion. Donc pour une grand-messe, ou il y a 3/4 d'heure entre le début de la messe et la communion, l'exemple que j'ai donné est parfaitement valable.
Et là ou la grand messe dure longtemps, comme à Saint Nicolas; on pourrait parfaitement finit son sandwich sur le parvis, et rentrer y communier tous les dimanches, en étant parfaitement en règle. C'est bien comme le dit Mr Daoudal l'impiété de Paul VI.
Philippilus

( 821421 )
l'Eucharstie et les pécheurs: une réponse de Benoît XVI dans Opera Omnia par jejomau (2017-02-03 15:12:57)
[en réponse à 821356]
je vous retranscris ci-dessous en Français le passage de
Sandro Magister sur l'Eucharistie et la façon dont la tradition Apostolique et le Magistère ont toujours considéré qu'il fallait la proposer aux pécheurs selon Benoît XVI :
"Dans Joseph Ratzinger comme théologien et pape (...) nous nous trouvons en présence
d'une argumentation simple, visant à prouver l'impossibilité de l'association entre l'Eucharistie et les repas de Jésus avec les pécheurs, avec tous les résultats qui en découlent.
Voici comment il développe cette argumentation aux pages 422-424 du volume XI de son
Opera Omnia, «
Théologie de la liturgie», édité en 2008 et édité par le préfet actuel de la congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Gerhard L. Müller:
«L'idée selon laquelle l'Eucharistie apostolique est reliée à la communauté conviviale de Jésus avec ses disciples [. . . ] Est largement radicalisé dans le sens où [. . .] L'Eucharistie est faite pour se produire plus ou moins exclusivement dans les repas que Jésus a consommés avec les pécheurs.
Dans ces positions, l'intention de Jésus pour l'Eucharistie est faite pour coïncider avec une doctrine rigoureusement luthérienne de la justification, comme la doctrine de la grâce accordée au pécheur. Si finalement, les repas avec les pécheurs sont admis comme le seul élément sûr de la tradition du Jésus historique, le résultat est une réduction de toute la christologie et la théologie concernant ce point.
«IL en résulte une idée de l'Eucharistie qui n'a plus rien en commun avec la tradition de l'Église primitive. Alors que Paul rappelle que recevoir l'Eucharistie dans un état de péché on mange et on boit sa propre condamnation (1Cor 11,29) et qu'il protège l'Eucharistie contre l'abus avec un anathème (1 Cor 16,22), ici il apparaît même comme l'essence de l'Eucharistie qui devrait être offert à tous sans aucune distinction ou condition préliminaire. Il est interprété comme le signe de la grâce inconditionnelle de Dieu, qui en tant que telle est immédiatement offerte même aux pécheurs, et même aux non-croyants, position qui en tout cas a très peu de points communs même avec la conception que Luther avait de l'Eucharistie.
"Le conflit avec toute la tradition néo-testamentaire de l'Eucharistie dans laquelle tombe cette idée radicalisée réfute son point de départ: l'Eucharistie chrétienne n'a pas été comprise sur la base des repas que Jésus avait avec les pécheurs. [. . .] Un élément de preuve contre la dérivation de l'Eucharistie des repas avec les pécheurs est son caractère fermé, qui suit le rituel de la Pâque: de même que le souper de la Pâque était célébré dans la communauté domestique rigoureusement circonscrite, de même en était-il pour l'Eucharistie avec, dès le début, des conditions d'accès bien établies; Elle a été célébré dès le départ dans la communauté domestique de Jésus-Christ, pour ainsi dire, et ainsi il a édifié l''Église' "
Commentaire qui suit de Sandro Magister :
Il est évident que l'argumentation de Ratzinger soutient l'interdiction de la communion pour les divorcés et les remariés, et pas seulement pour eux: une interdiction qui a trouvé une expression claire dans son Magistère comme pape, comme précédemment dans le Magistère de ses prédécesseurs.
Il n'est pas non plus surprenant que les déclarations allusives du pape Francis appuient des interprétations en faveur de la communion pour les divorcés et les remariés: interprétations qu'il a lui-même non seulement autorisées, mais explicitement approuvées (
dans Amoris Laetitia abordé par Sandro Magister qui cite les passages en question et également dans sa réponse faite aux évêques argentins)

( 821455 )
C'est plutôt la pratique de la confession par Quaerere Deum (2017-02-03 20:52:43)
[en réponse à 821356]
qu'il faut mettre en cause.
La baisse de la confession a pour origine en partie perte du sens du péché, mais aussi la manière de confesser, à savoir la transformation des confessionnaux qui ont fait disparaître toute intimité.
On a laissé tomber les vieux confessionnaux où le prêtre ne voyait pas le pénitent, pour un face à face qui peu être rédhibitoire.