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images/icones/carnet.gif  ( 820396 )Lettre de trois évêques KazaKhes : Mgrs Schneidier, Peta, Lenga - 18 I 17 par Glycéra (2017-01-24 19:55:03) 

Je ne sais si elle a été publiée, je ne l'ai pas trouvée sur le Forum.


Une analyse claire, précise.

Un appel à la prière pour le Pape,
c'est clair, précis.


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À la suite de la publication de l’Exhortation apostolique Amoris lætitia, il a été publié dans certaines Églises particulières des normes pour son application et des interprétations selon lesquelles les divorcés qui ont réaliser un mariage civil avec un nouveau partenaire, nonobstant le lien sacramentel qui les unit à leur époux légitime, sont admis au sacrement de la Pénitence et de l’Eucharistie sans remplir leur devoir, établi par Dieu, de cesser de violer le lien de leur mariage sacramentel existant.

La cohabitation more uxorio avec une personne qui n’est pas le conjoint légitime représente à la fois une offense à l’alliance de la rédemption, dont le mariage sacramentel est un signe (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 2384) et une offense au caractère nuptial du mystère eucharistique lui-même. Le pape Benoît XVI a mis en évidence cette corrélation lorsqu’il a écrit : « L’Eucharistie fortifie d’une manière inépuisable l’unité et l’amour indissoluble de tout mariage chrétien. En lui, en vertu du sacrement, le lien conjugal est intrinsèquement relié à l’unité eucharistique entre le Christ époux et l’Église épouse (cf. Ep 5, 31-32). (Exhortation apostolique Sacramentum caritatis, 27).

Les pasteurs de l’Église qui tolèrent ou qui autorisent, même dans des cas individuels ou exceptionnels, la réception du sacrement de l’Eucharistie par les divorcés que l’on dit « remariés », sans qu’ils revêtent l’« habit de noce », malgré le fait que Dieu lui-même l’a prescrit dans la Sainte Écriture (cf. Mat. 22, 11 et 1. Cor. 11, 28-29) comme condition requise pour la digne participation à la noce eucharistique, ces pasteurs, disons-nous, sont ainsi complices d’une offense continue vis-à-vis du lien sacramentel du mariage, du lien nuptial entre le Christ et l’Église et du lien nuptial entre le Christ et l’âme individuelle qui reçoit son Corps eucharistique.

Diverses Églises particulières ont adopté des directives pastorales comme celle-ci, ou formulées de manière similaire, ou recommandé de s’en inspirer : « Si donc ce choix [de vivre dans la continence] est difficile à mettre en pratique par rapport à la stabilité du couple, Amoris lætitia n’exclut pas la possibilité de l’accès à la Pénitence et à l’Eucharistie. Cela signifie une certaine ouverture, comme dans le cas où existe une certitude morale que le premier mariage était nul, mais que les preuves nécessaires à la démonstration de cela dans une procédure judiciaire ne sont pas présentes. Donc, il n’y a pas de raison pour que le confesseur, à un certain moment, en son âme et conscience, après beaucoup de prière et de réflexion, ne prenne pas sur lui la responsabilité devant Dieu et les pénitents, de demander que les sacrements soient reçus d’une manière discrète. »

Les directives pastorales que nous venons de mentionner contredisent la tradition universelle de l’Église catholique en ce qui concerne l’indissolubilité du mariage, qui grâce au ministère continuel pétrinien des souverains pontifes, a toujours été fidèlement gardée, sans la moindre ombre d’un doute ou d’une ambiguïté, que ce soit dans sa doctrine ou sa praxis.

Ces normes et ces directives pastorales que nous évoquons contredisent en outre, dans la pratique, les vérités et doctrines énumérées ci-dessous, que l’Église catholique a toujours enseignées comme étant certaines :

L’observance des Dix commandements de Dieu, et en particulier du sixième commandement, qui oblige chaque personne humaine, sans exception, toujours et en toute situation. De cette manière, on ne peut admettre des cas individuels ou exceptionnels, ni parler d’un idéal plus pleinement accompli. Saint Thomas d’Aquin dit : « Les préceptes du Décalogue expriment justement l’intention de Dieu, le législateur (…) et c’est pourquoi ils ne souffrent aucune sorte de dispense. » (Summa theol. 1-2, q.100, a.8c).

Les exigences morales et pratiques qui dérivent des Dix commandements de Dieu, et en particulier de l’indissolubilité du mariage, ne sont pas de simples normes ou des lois positives de l’Église, mais une expression de la sainte volonté de Dieu. Par conséquent, on ne peut parler à cet égard de la primauté de la personne sur la norme ou sur la loi, mais il faut parler plutôt de la primauté de la volonté de Dieu sur la volonté de la personne humaine pécheresse, de telle sorte que cette personne est sauvée, en accomplissant la volonté de Dieu avec le secours de sa grâce.

Croire en l’indissolubilité du mariage et le contredire par ses propres actions tout en se considérant en même temps comme étant libre du péché grave, et en calmant sa conscience par la seule confiance en la miséricorde divine, constitue une manière de se leurrer soi-même contre laquelle Tertullien, témoin de la foi et de la pratique de l’Église des premiers siècles, mettait en garde : « Mais, disent quelques-uns, il suffit à Dieu qu’on l’honore avec le cœur et l’esprit, même indépendamment des actes : on pèche sans perdre la crainte ni la foi. C’est comme si on cherchait à sauvegarder le principe de la chasteté tout en violant et en détruisant la sainteté et l’intégrité du lien matrimonial » (Tertullien, De poenitentia5,10).

L’observance des commandements de Dieu et en particulier de l’indissolubilité du mariage ne peut pas être présentée comme une expression plus entière d’un idéal vers lequel il faudrait tendre conformément au critère du bien possible ou atteignable. Il s’agit au contraire du cas d’une obligation que Dieu lui-même a ordonnée sans équivoque, et dont la non observance, conformément à sa Parole, entraîne la peine de la damnation éternelle. Dire le contraire aux fidèles semblerait signifier qu’on les trompe ou qu’on les encourage à désobéir à la volonté de Dieu, mettant ainsi en danger leur salut éternel.

Dieu donne à chaque homme l’assistance nécessaire à l’observance de ses commandements, dès lors que la demande en est faite correctement, ainsi que l’Église l’a infailliblement enseigné : « Car Dieu ne commande pas des choses impossibles (I. Joan. 5, 3.) ; mais en commandant, il avertit, et de faire ce que l’on peut, et de demander ce qu’on ne peut pas faire ; et il aide, afin qu’on le puisse » (Concile de Trente, session 6, chapitre 11). « Si quelqu’un dit que les Commandements de Dieu sont impossibles à garder, même à un homme justifié et dans l’état de la grâce : qu’il soit anathème » (Concile de Trente, session 6, canon 18). Suivant cette doctrine infaillible, saint Jean-Paul II enseignait : « Dans certaines situations, l’observation de la Loi de Dieu peut être difficile, très difficile, elle n’est cependant jamais impossible. C’est là un enseignement constant de la tradition de l’Église » (Encyclique Veritatis Splendor, 102). Et : « Tous les époux sont appelés à la sainteté dans le mariage, selon la volonté de Dieu, et cette vocation se réalise dans la mesure où la personne humaine est capable de répondre au précepte divin, animée d’une confiance sereine en la grâce divine et en sa propre volonté » (Exhortation apostolique Familiaris consortio, 34).

L’acte sexuel en dehors d’un mariage valide, et en particulier l’adultère, est toujours objectivement un grave péché : aucune circonstance ni aucune raison ne peuvent le rendre acceptable ou agréable à Dieu. Saint Thomas d’Aquin dit que le sixième commandement oblige même dans le cas où un acte d’adultère pourrait sauver un pays de la tyrannie (De Malo, q.15, a.1, ad. 5). Saint Jean-Paul II enseignait cette vérité pérenne de l’Église : « Les préceptes moraux négatifs, c’est-à-dire ceux qui interdisent certains actes ou comportements concrets comme intrinsèquement mauvais, n’admettent aucune exception légitime ; ils ne laissent aucun espace moralement acceptable pour “créer” une quelconque détermination contraire. Une fois reconnue dans les faits la qualification morale d’une action interdite par une règle universelle, le seul acte moralement bon consiste à obéir à la loi morale et à éviter l’action qu’elle interdit » (Encyclique Veritatis splendor, 67).

L’union adultère de ceux qui sont civilement divorcés et « remariés », « consolidés », comme ils disent, par le temps, et caractérisés par une soi-disant « fidélité éprouvée » au sein même du péché d’adultère, ne peuvent changer la qualité morale de leur acte de violation du lien sacramentel du mariage, c’est-à-dire, de leur adultère, qui demeure toujours un acte intrinsèquement mauvais. Une personne qui a la vraie foi et une crainte filiale de Dieu ne peut jamais être « compréhensive » à l’égard d’actes qui sont intrinsèquement mauvais, comme le sont les actes sexuels en dehors d’un mariage valide, puisque ces actes offensent Dieu.

Admettre les divorcés « remariés » à la sainte communion constitue en pratique une dispense explicite par rapport à l’observance du sixième commandement. Aucune autorité ecclésiastique n’a le pouvoir de concéder une telle dispense implicite, et ce dans aucun cas, que ce soit dans une situation exceptionnelle ou complexe, ou encore avec l’objectif de parvenir à une bonne fin (comme par exemple l’éducation des enfants nés d’une union adultère), en invoquant pour justifier une telle concession le principe de la miséricorde, ou la « via caritatis», ou le soin maternel de l’Église, ou en affirmant qu’on ne veut pas imposer de nombreuses conditions à la miséricorde. Saint Thomas d’Aquin disait : « On ne doit commettre l’adultère en vue d’aucune utilité » (De Malo, 15, a.1, ad. 5).

Une norme qui permet la violation du sixième commandement de Dieu et du lien sacramentel matrimonial, ne serait-ce que dans un seul cas ou dans des cas exceptionnels, dans le but présumé d’éviter un changement général de la norme canonique, signifie néanmoins toujours une contradiction de la vérité et de la volonté de Dieu. Par conséquent, il est psychologiquement déplacé et théologiquement erroné de parler en ce cas d’une norme restrictive ou d’un moindre mal par opposition à une norme du caractère générale.

Le mariage valide du baptisé est un sacrement de l’Église qui de par sa nature il a un caractère public. Un jugement subjectif de la conscience par rapport à l’invalidité de son propre mariage, par opposition au jugement définitif correspondant d’un tribunal ecclésiastique, ne peut entraîner de conséquences pour la discipline sacramentelle, puisque la discipline sacramentelle a toujours un caractère public.

L’Église, et spécifiquement le ministre du sacrement de Pénitence, n’a pas la faculté de juger de l’état de la conscience d’un fidèle ou de la rectitude de l’intention de la conscience, puisque « ecclesia de occultis non iudicat» (Concile de Trente, session 24, chapitre 1). Le ministre du sacrement de Pénitence n’est pas, par conséquent, le vicaire ou le représentant du Saint Esprit, capable d’entrer avec Sa lumière dans les replis les plus intimes de la conscience, puisque Dieu a strictement réservé cet accès à Lui seul : « sacrarium in quo homo solus est cum Deo » (Concile Vatican II, Gaudium et spes, 16). Le confesseur ne peut pas s’arroger la responsabilité, devant Dieu et devant le pénitent, de dispenser implicitement celui-ci de l’observance du sixième commandement et de l’indissolubilité du lien matrimonial, en l’admettant à la réception de la sainte communion. L’Église n’a pas la faculté de tirer des conséquences, pour le for externe de la discipline sacramentelle, à partir du fondement d’une conviction présumée de la conscience quant à l’invalidité de son propre mariage, au for interne.

La pratique qui permet à ceux qui ont divorcé civilement, et qu’on appelle « remariés » de recevoir les sacrement de la Pénitence et de l’Eucharistie, nonobstant leur intention de continuer de violer à l’avenir le sixième commandement et le lien sacramentel de leur mariage, serait contraire à la vérité divine, et étrangère au sens pérenne de l’Église catholique, à la coutume éprouvée, reçue et fidèlement gardée depuis le temps des apôtres et confirmée plus récemment de manière certaine par saint Jean-Paul II (cf. Exhortation apostolique Familiaris consortio 84) et par le pape Benoît XVI (cf. Exhortation apostolique Sacramentum caritatis, 29).

La pratique en question constituerait, pour toute personne rationnelle et sensée, une rupture évidente par rapport à la pratique pérenne et apostolique de l’Église, et ne représenterait donc pas un développement dans la continuité. Face à un tel fait, aucun argument ne saurait être valide : contra factum non valet argumentum. Une telle pratique pastorale serait un contre-témoignage par rapport à l’indissolubilité du mariage, une sorte de collaboration de la part de l’Église à la propagation du «fléau du divorce » contre lequel le concile Vatican II avait mis en garde (cf. Gaudium et Spes, 47).

L’Église enseigne au moyen de ce qu’elle fait, et elle doit faire ce qu’elle enseigne. Par rapport à l’action pastorale en direction de ceux qui se trouvent dans des unions irrégulières, saint Jean-Paul II disait : « L’action pastorale tendra à faire admettre la nécessaire cohérence entre le choix de vie et la foi que l’on professe, et elle s’efforcera de faire tout ce qui est possible pour amener ces personnes à régulariser leur situation selon les principes chrétiens. Tout en faisant preuve à leur égard d’une grande charité et en les amenant à participer à la vie des diverses communautés, les pasteurs de l’Église ne pourront malheureusement pas les admettre aux sacrements » (Exhortation apostolique Familiaris consortio, 82)
.
Un accompagnement authentique des personnes qui se trouvent dans un état objectif de péché grave, et qui sont engagés sur chemin de discernement pastoral correspondant, ne peut manquer d’annoncer à ces personnes, en toute charité, la vérité complète de Dieu, de telle sorte qu’elles se repentent de tout cœur de leurs actions peccamineuses commises en vivant more uxorio avec une personne qui n’est pas leur époux légitime. Dans le même temps, un accompagnement authentique et un discernement pastoral doit les encourager, avec le secours de la grâce divine, à ne pas commettre de tels actes à l’avenir. Les apôtres et toute l’Église, au long de deux millénaires, ont toujours annoncé à l’humanité la vérité complète concernant le sixième commandement et l’indissolubilité du mariage, suivant l’avertissement de l’apôtre saint Paul : « Car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu (Actes 20, 27).

La pratique pastorale de l’Église par rapport au mariage et au sacrement de l’Eucharistie a une telle importance et des conséquences si décisives pour la foi et pour la vie des fidèles que l’Église, pour rester fidèle à la parole révélée de Dieu, doit éviter en cette matière la moindre ombre du doute ou de la confusion. Saint Jean-Paul II a ainsi formulé cette vérité pérenne de l’Église : « Par ce rappel de la doctrine et de la loi de l’Église, je désire convaincre tous les esprits du vif sentiment de responsabilité qui doit nous guider lorsque nous traitons les choses sacrées dont nous ne sommes pas propriétaires, comme les sacrements, ou qui ont le droit de ne pas être laissées dans l’incertitude et dans la confusion, comme les consciences. Oui, je le répète, les sacrements et les consciences sont les uns et les autres des choses sacrées qui exigent de notre part d’être servies dans la vérité » (Exhortation apostolique Reconciliatio et Pænitentia, 33).

Malgré des déclarations répétées concernant l’immuabilité de l’enseignement de l’Église à propos du divorce, certaines Églises particulières l’acceptent aujourd’hui dans leur pratique sacramentelle, et le phénomène s’étend. Seule la voix du pasteur suprême de l’Église peut de manière définitive empêcher une situation où, à l’avenir, l’Église de notre temps serait décrite à l’aide de l’expression suivante : « Tout le monde gémissait et voyait avec étonnement qu’elle a dans la pratique accepté le divorce » (ingenuit totus orbis et divortium in praxi se accepisse miratus est), en évoquant une phrase analogue par laquelle saint Jérôme décrivit la crise arienne.

Vu ce danger très réel et le fléau si étendu du divorce à l’intérieur de la vie de l’Église, divorce qui est implicitement légitimé par les normes et applications mentionnées ci-dessus de l’Exhortation apostolique Amoris lætitia ; vu que lesdites normes et directives de certaines Églises particulières sont aujourd’hui dans le domaine public du fait de la culture globale actuelle ; vu, en outre, l’inefficacité de nombreux appels faits de manière privée et discrète au Pape François par divers fidèles et Pasteurs de l’Église, nous sommes contraints de lancer cet appel à la prière. En tant que successeurs des apôtres, nous sommes également mus par l’obligation d’élever nos voix lorsque les choses les plus sacrées de l’Église relatives au salut des âmes est en question.

Que ces paroles avec lesquelles saint Jean-Paul II a décrit les attaques injustes contre la fidélité du magistère de l’Église soit une lumière pour tous les pasteurs de l’Église en ces temps difficiles, et les encourage à agir d’une manière toujours plus unie : « On reproche souvent au Magistère de l’Église d’être maintenant dépassé et fermé aux requêtes de l’esprit des temps modernes, de mener une action nocive pour l’humanité et, plus encore, pour l’Église elle-même. En s’obstinant à rester sur ses positions – dit-on –, l’Église finira par perdre de sa popularité et les croyants s’éloigneront d’elle » (Lettre aux familles, Gratissimam sane, 12).

Considérant que l’admission des divorcés qu’on dit « remariés » aux sacrements de la pénitence et de l’eucharistie sans exiger d’eux l’obligation de vivre dans la continence, constitue un danger pour la foi et pour le salut des âmes, et constitue en outre une offense à la sainte volonté de Dieu ; en outre, prenant en considération le fait que cette pratique pastorale ne peut jamais être l’expression de la miséricorde, de la « via caritatis » ou du sens maternel de l’église à l’égard des âmes pécheresses, nous lançons avec une sollicitude pastorale profonde cet appel urgent à la prière afin que Pape François révoque, clairement et sans équivoque, les directives pastorales mentionnées, déjà adoptées par certaines Églises particulières. Un tel acte de la part du Chef visible de l’Église serait un réconfort pour les pasteurs et pour les fidèles de l’Église, selon le mandat que le Christ, le pasteur suprême des âmes, à donner à l’apôtre Pierre, et à travers lui à tous ses successeurs : « Affermis tes frères ! » (Luc 22, 32).

Que ces paroles d’un saint pape et de sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église, soient pour tous dans l’Église d’aujourd’hui une lumière et un raffermissement : « C’est approuver l’erreur que de ne pas y résister; c’est étouffer la vérité que de ne pas la défendre » (saint Félix III, pape, + 492). « Saint Père, Dieu vous a choisi dans l’Église, afin que vous soyez un instrument pour l’éradication de l’hérésie, confusion du mensonge, l’exaltation de la Vérité, la dissipation des ténèbres et la manifestation de la lumière » (sainte Catherine de Sienne, + 1380).

Quand le pape Honoré I (625-638) adopta une attitude ambiguë face à la diffusion de la nouvelle hérésie du monothélisme, saint Sophrone, Patriarche de Jérusalem, a envoyé un évêque de la Palestine à Rome en prononçant ces paroles : « Rends-toi au Siège Apostolique, lá où se trouvent les fondements de la sainte doctrine, et ne cesse pas de prier jusqu´à ce que le Siège Apostolique condamne la nouvelle hérésie ». La condamnation a alors eu lieu en 649 par le saint pape et martyr Martin I.

Nous avons fait cet appel urgent à la prière, conscients que notre manque à le faire aurait constitué une grave omission. Le Christ, qui est la Vérité et le Pasteur suprême, nous jugera lorsqu’Il apparaîtra. Nous lui demandons, avec humilité et confiance, de récompenser tous les pasteurs et toutes les brebis avec la couronne de gloire impérissable (cf. 1 Pi 5, 4).

Dans un esprit de foi et dans une filiale et dévouée affection, nous élevons nos prières pour le Pape François :

« Oremus pro Pontifice nostro Francisco: Dominus conservet eum, et vivificet eum, et beatum faciat eum in terra, et non tradat eum in animam inimicorum eius. Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo Ecclesiam Meam, et portae inferi non praevalebunt adversus eam. »

Nous recommandons concrètement de réciter chaque jour cette ancienne prière de l’Église, ou une partie du saint Rosaire dans cette intention : pour que le Pape François révoque d’une manière claire et non ambiguë les directives pastorales qui permettent aux divorcés dits « remariés » de recevoir les sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie sans être obligés de vivre dans la continence.

18 janvier 2017, anciennement fête de la Chaire de saint Pierre à Rome

+ Tomash Peta, archevêque Métropolite de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana

+ Jan Pawel Lenga, archevêque-Évêque émérite de Karaganda

+ Athanasius Schneider, évêque Auxiliaire de l’archidiocèse de Sainte-Marie à Astana
images/icones/1h.gif  ( 820446 )petit bémol .... par henri.p (2017-01-25 08:10:53) 
[en réponse à 820396]

"pour que le pape François révoque d'une manière claire et non ambiguë ..." cette prière à la fin du texte me gêne ,car si le pape a volontairement utilisé un langage ambigu ,n'attaque t on pas son autorité en lui demandant de parler clair ? ne se place t on pas au dessus de lui ?Bon je sais ... c'est une prière mais...ça a aussi une autre dimension!
A part cela ,texte magnifique !
images/icones/neutre.gif  ( 820449 )Mais non. par Steve (2017-01-25 09:05:12) 
[en réponse à 820446]

Le pape aurait-il pour mission de confirmer les fidèles dans l'ambiguïté ?
Son autorité de "serviteur des serviteurs de Dieu" lui a-t-elle été confiée pour les conduire dans le doute ?
images/icones/neutre.gif  ( 820458 )vous avez raison... par henri.p (2017-01-25 09:22:47) 
[en réponse à 820449]

....car bien sur : le pape doit confirmer ses frères dans la foi !,

mais j'envisage le cas ou en utilisant des propos volontairement ambigus il penserait arriver à ce but (de confirmation dans la foi )

(Cela peut paraître hasardeux et même absurde !!!
mais les chemins du Seigneur ne sont pas nos chemins)

images/icones/1b.gif  ( 820461 )"les conduire dans le doute", deux sens à cette phrase par Glycéra (2017-01-25 09:27:39) 
[en réponse à 820449]



Les conduire quand ils sont dans le doute ?

Les mener vers le doute, à douter...



Je me doute de celui où vous désirez nsou conduire, mais votre phrase est ... ambigüe !
images/icones/nul.gif  ( 820447 )Un texte qui commence mal ! par Ion (2017-01-25 08:32:13) 
[en réponse à 820396]

Le premier paragraphe est on ne peut plus faux (je souligne) !


il a été publié dans certaines Églises particulières des normes pour son application et des interprétations selon lesquelles les divorcés qui ont réaliser un mariage civil avec un nouveau partenaire, nonobstant le lien sacramentel qui les unit à leur époux légitime, sont admis au sacrement de la Pénitence et de l’Eucharistie sans remplir leur devoir, établi par Dieu, de cesser de violer le lien de leur mariage sacramentel existant.



Avec un premier "constat" aussi grossier, il est inutile d'aller plus loin !

De la part d'évêques, dont on peut penser qu'ils cherchent sincèrement la vérité et l'enseignent à leur Eglise particulière, c'est plus que décevant.

Ion
images/icones/hein.gif  ( 820452 )pouvez vous préciser ? par henri.p (2017-01-25 09:11:00) 
[en réponse à 820447]

Ion,Je ne comprends pas en quoi il s 'agit d'un constat "grossier" ?
(Vous ne dites pas erroné ,mais "grossier")
images/icones/fleche2.gif  ( 820490 )C'est pourtant vrai par Regnum Galliae (2017-01-25 11:51:04) 
[en réponse à 820447]

Paragraphe 305 : "À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église."

Avec cette annotation :

Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur » (...). Je souligne également que l’Eucharistie « n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un généreux remède et un aliment pour les faibles » (...).
images/icones/1i.gif  ( 820493 )relisez bien par henri.p (2017-01-25 12:30:29) 
[en réponse à 820490]

Regnum Galliae : Ion ainsi que moi ne parlons pas de AL mais de la lettre des 3 évêques ....
images/icones/fleche2.gif  ( 820500 )J'ai bien lu par Regnum Galliae (2017-01-25 12:56:10) 
[en réponse à 820493]

Ion reproche à la lettre des évêques de reprocher à AL d'autoriser la confession à des personnes en situation peccamineuse, en arguant que c'est faux, comprenons qu'AL ne permet pas cela. L'extrait que j'ai donné établit le contraire. La lettre des évêques ne commence donc pas par une contre-vérité.
images/icones/neutre.gif  ( 820545 )"Les" ou "des" divorcés ? par Candidus (2017-01-25 18:23:19) 
[en réponse à 820447]

Ces trois défenseurs de la foi parlent "des" divorcés sans autre précision et non pas "des divorcés ayant réalisé un cheminement pénitentiel" et c'est cela qui semble vous gêner.

Etes-vous naïf au point de croire que ce genre de distinction résistera une seconde à sa généralisation à tous les divorcés ?

Nous connaissons ces prudences oratoires : l'usage des langues vernaculaires ne devait être qu'un exception puisque le latin demeurait la norme ; idem pour la communion dans la main. C'est vieux comme le monde. Quand on est face à un adversaire difficile à contourner, on l'endort en lui faisant croire que l'on ne vise que des cas particuliers et exceptionnels et que foncièrement, rien ne changera.

D'ailleurs François Le Fourbe l'a très bien compris. Ce n'est pas frontalement que l'on modifiera la discipline sacramentelle de l'Eglise mais par le biais d'exceptions et d'ambiguïtés, sinon, pour reprendre les paroles qu'il a prononcées devant Mgr Bruno Forte : "ce sera le bazar", par conséquent la consigne est : "ne faisons pas les choses ouvertement, agissez de manière à poser les prémices, je tirerais les conclusions". Ce sont ses paroles !
images/icones/radioactif.gif  ( 820555 )Bof... par BK (2017-01-25 19:22:55) 
[en réponse à 820545]

Prétendre que le pape a voulu dire ce qu'il n'a pas écrit, ce qu'il a choisi de ne pas écrire, ne rend aucun service à la vérité, et, partant, à personne.

Au contraire, cela favorise la confusion chez les âmes,

en leur faisant oublier que l'Eglise n'a jamais enseigné que le pape puisse errer dans un enseignement de foi ou de mœurs, mais a au contraire toujours tenu que le Siège de Pierre demeure pur de toute erreur,

en contribuant à faire passer certains du rejet de Vatican II au rejet de Vatican I... et qui sait où s'arrêtera ce mouvement ?



Reprenez-vous, enfin, sinon vous allez décevoir Limousin, qui a une haute idée de la déontologie des catholiques, surtout traditionnels.
images/icones/fleche3.gif  ( 820596 )relisez plutôt Mgr Lefebvre par jejomau (2017-01-25 22:36:26) 
[en réponse à 820555]

s'exprimant le 27 novembre 1962 lors de sa Deuxième intervention au concile :

nous avons tâché d’atteindre, dans un même texte, des fins sinon opposées, du moins fort diverses ; notamment : mettre en lumière notre doctrine et extirper les erreurs, favoriser l’oecuménisme, manifester la vérité à tous les hommes. Nous sommes des pasteurs et, nous le savons bien, nous ne parlons pas le même langage à des théologiens et à des non-initiés ; et non plus de la même façon à des prêtres et à des laïcs. Comment donc définir notre doctrine de telle sorte qu’elle ne donne plus lieu aux erreurs d’aujourd’hui et, dans une même texte, rendre cette vérité intelligible à des gens non versés dans la science théologique ? Ou bien notre doctrine n’est pas présentée comme il se doit pour devenir intelligible à tout le monde ; ou bien cette doctrine est parfaitement bien exposée, mais la formule n’en est plus intelligible pour les non-initiés.


Le pape François ne fait-il pas la même erreur funeste que Mgr Lefebvre dénonçait déjà en son temps au sujet du Concile ?
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 820600 )Mais en quoi... par BK (2017-01-25 22:47:14) 
[en réponse à 820596]

un choix apologétique que vous jugez "funeste" vous autoriserait-il à trahir, tordre, et déformer les textes authentiques du Magistère de l'Eglise ?

Vous savez bien qu'on défend mieux la vérité en usant de moyens droits, qu'on gagne du temps, qu'on est mieux compris, et qu'on sert mieux tout à la fois le Christ et l'Eglise.

Au reste, la pratique que vous défendez, en mésusant d'un beau texte de Mgr Lefebvre, tombe plus bas et plus durement que celle que vous attaquez.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 820601 )Tomber dans le mensonge pour "corriger" l'ambiguïté par BK (2017-01-25 22:51:05) 
[en réponse à 820600]

n'est pas heureux, c'est le moins qu'on puisse dire.
images/icones/1v.gif  ( 820612 )sincèrement désolé par jejomau (2017-01-26 07:11:23) 
[en réponse à 820601]

mais je n'ai pas du tout compris ce que vous dites !

Mgr Lefebvre a dit devant tout le Concile, à ses pairs, que la forme qu'allait prendre ce Concile mènerait finalement à une erreur funeste. Nous étions dans les années 60.

Ou bien notre doctrine n’est pas présentée comme il se doit pour devenir intelligible à tout le monde ; ou bien cette doctrine est parfaitement bien exposée, mais la formule n’en est plus intelligible pour les non-initiés.


En quoi cette remarque parfaitement judicieuse quand on essaye d'expliciter la doctrine qui finit par devenir totalement ambigus lorsqu'on la soumet à tout le monde dans des termes qui se veulent ceux utilisés dans le cadre d'une pastorale liant un curé à un couple de divorcé-remarié.... est-elle mensongère ?????

N'est-ce pas Mgr Lefebvre qui a eu raison en faisant ce constat au final ?

Vous constatez vous-même que la plus grande confusion règne dans l'Eglise avec AL.
N'est-ce pas la faute de François avec son texte qui dit ce qu'il faut dire sans le dire tout en disant son contraire ?

Relisez la doctrine du Concile de Trente pour le mariage : elle est d'une clarté parfaite et n'a jamais causé de soucis à qui que ce soit !
Prenez AL : la moitié de l'Eglise se déchire !!!
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 820627 )Deux ou trois choses par BK (2017-01-26 10:00:34) 
[en réponse à 820612]

1. Mgr Lefebvre écrit avec une humilité qui vous échappe. Il conclut : "Je soumets cette humble proposition au sage jugement de la présidence du Concile."

2. Mgr Lefebvre pointe un risque, à essayer en un document d'être à la fois doctrinal (dogmatique, même) et pastoral (accessible à tous les hommes).

3. Le concile a choisi de revenir à la façon d'exposer des Pères de l'Eglise, en essayant d'éviter le vocabulaire technique de la scolastique.

4. Tout texte est susceptible d'interprétations multiples (les Paroles du Christ n'y font pas exception).

5. Ce choix peut vous déplaire, mais Mgr Lefebvre s'y soumettait par ailleurs.

6. Ce n'est pas une raison pour déformer un texte magistériel, aux fins de lui imputer une thèse hétérodoxe. C'est précisément trahir la vérité de ce que l'Eglise a réellement promulgué. C'est précisément imiter les progressistes et modernistes, qui usent des mêmes procédés avec des buts inverses. C'est précisément aveugler sa conscience et son intelligence, jusqu'à - on ne le voit que trop - lui faire oublier que l'Eglise a toujours tenu que "le Siège de Pierre demeure pur de toute erreur" - et que l'ordre de Saint Ignace (toujours essayer de sauver la proposition de son prochain) vaut pour le Magistère, qui ne peut induire en erreur, et ne cherche jamais à induire en erreur, car il est toujours assisté par le Christ.

(en ce sens, le propos du pape rapporté par Gérard Leclerc : "je cherche à faire avancer l'Evangile" est probablement bien plus vrai que toutes les calomnies fielleuses déversées ici ou là)
images/icones/fleche3.gif  ( 820631 )vous revenez à votre marotte par jejomau (2017-01-26 10:29:34) 
[en réponse à 820627]

sans même chercher à comprendre ce que j'ai dit. Facile après de dire que l'humilité me fait défaut. Chacun son style dans l'écriture.

Le pape est pur et exempt de toute erreur... le pape est pur et exempt de toute erreur...

Combien de fois allez-vous l'écrire ? Cela fait-il avancer le débat sut le fait que la moitié des fidèles essaient de comprendre pourquoi une telle confusion règne avec AL alors que "le pape est pur et exempt de toute erreur" ?

Personnellement je vous propose ce que je crois la solution sur ce qui se passe avec AL : le pape "pur et exempt de toute erreur" a écrit et signé un texte qui lui donne son autorité mais avec tous les défauts que Mgr Lefebvre avait déjà pointé du doigt avec les textes du Concile. Vous dites qu'un "texte est susceptible d'interprétations multiples". NON. Pas en ce qui concerne la doctrine et à commencer par les Paroles du Christ elles-mêmes:

Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »

Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »


Très clair, non ? Les paroles du Christ ont été d'ailleurs d'une telle clarté qu'ils l'ont crucifié !

Que Mgr Lefebvre se soumette au choix fait... Bien sûr ! A-t-il vraiment eu le choix ? Il donnait sa position sur le sujet. A-t-il eu tort ?

Enfin, vous dites :

Ce n'est pas une raison pour déformer un texte magistériel, aux fins de lui imputer une thèse hétérodoxe


Mais ce qu'il faut admettre de votre côté, c'est que si AL est déformé par la moitié des fidèles, c'est que cette moitié n'arrive pas à le lire clairement.

Parce que vous croyez sincèrement que la moitié de l'Eglise est volontairement shismatique et cherche le conflit ???
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 820684 )Si vous revenez au début de ce fil par BK (2017-01-26 14:42:39) 
[en réponse à 820631]

vous verrez que Candidus défendait le droit de dire que le pape autorise les divorcés-civilement remariés à recevoir les sacrements, ce qui implique ou au moins insinue "tous les divorcés-civilement remariés", alors que le pape a dit que dans certains cas, parmi certaines situations, il pouvait y avoir dispense valide et légitime des sacrements.

Si maintenant vous, Jejomau, défendez qu'il n'y a pas de problème de fond (de contre-vérité) dans Amoris Laetitia, mais une difficulté d'interprétation et de réception (ce que semble indiquer votre message), nul doute que le débat a avancé.


(par ailleurs, je n'ai pas dit que l'humilité vous fait défaut, mais que l'humilité de Mgr Lefebvre vous échappe - au moins le pensé-je - parce qu'il me semblait que vous preniez sa formule conclusive pour une clause de style (du genre : je sais que j'ai raison, mais je m'en remets à vous pour reconnaître que j'ai raison et faire ce que je dis qui est la seule voie bonne possible))
images/icones/bravo.gif  ( 820488 )un très beau texte par jejomau (2017-01-25 11:30:20) 
[en réponse à 820396]

d'évêques validement nommés et successeurs des apôtres au même titre que l'évêque de Rome...