
( 819817 )
le vrai problème de fond par jejomau (2017-01-18 18:02:58)
[en réponse à 819806]
c'est que le vatican cherche absolument à faire de l'
inclusion avec une grande partie de l'humanité qui a rejeté les valeurs chrétiennes. Une part qui, aujourd'hui, détient le pouvoir et impulse les lois nouvelles auxquelles toute société doit se soumettre.
C'est la quadrature du cercle: il faut dire aux catholiques et à tous ceux qui sont chrétiens que l'Eglise continue de respirer selon l'enseignement du Maître mais, en même temps, essayer de persuader le monde majoritairement hostile à ces valeurs que cette doctrine de l'Eglise peut être envisagé différemment sur le plan pastoral et qu'en fin de compte leur état de péché n'en est plus un .
Il faut absolument revenir maintenant sur le mot "inclusion" pour bien comprendre de quoi il s'agit concernant l'Eglise et ses membres.
Sur les centaines de pages du rapport MacKay traitant du sujet sur le plan sociétal, je reprends ces quelques mots:
L’inclusion n’est pas réservée aux élèves ayant des handicaps ou des « besoins particuliers ». C’est une question d’attitude et d’approche qui incite chez tous les élèves un sentiment d’appartenance et une approche qui favorise le développement de l’estime de soi de tous les élèves. Il s’agit de tenir compte de la diversité sous toutes ses formes et de promouvoir l’égalité des possibilités pour tous les élèves au Nouveau-Brunswick. Je n'insisterai jamais assez sur le fait que la véritable inclusion doit concerner tous les élèves, et non pas seulement une catégorie
ou un groupe particulier.
A.Wayne MacKay
Si nous retranscrivons ces mots en décrivant maintenant la nouvelle façon d'embrasser l'humanité par Rome, il devient facile de comprendre que l'exclusion quelle qu'elle soit doit être désormais rejetés au sein de l'Eglise.
Autrefois vous étiez divorcé-remarié , vous étiez exclu quelque part de l'Eglise tant que vous n'aviez pas fait pénitence et rejeté ce qui était considéré comme un mal. Aujourd'hui, dans le cadre de la politique de l'Inclusion, Rome tente de modifier la donne.
Autrefois, vous affichiez publiquement et officiellement votre état de Gay, la même sanction vous tombait dessus. Aujourd'hui, il y a de nombreuses tentatives au sein de l'Eglise pour faire croire que les LGBT doivent avoir leur place.
Il en est de même concernant la place des femmes....
Le pape Benoît XVI fut le pape de la résistance à cette tendance de fond issue de l'idéologie mondialiste qui veut créer un gouvernement mondial, ce qui nécessite que tous - dans leur diversité - soient "inclus" (reconnu) dans ce cadre...
...
Le pape François est le pape qui veut accompagner l'inclusion pour faire admettre la réalité du mondialisme qui émerge...

( 819879 )
Les valeurs chrétiennes, je ne sais pas ce que c'est. par Scrutator Sapientiæ (2017-01-19 06:58:16)
[en réponse à 819817]
Bonjour jejomau.
Voici deux remarques rapides.
1.
D'une part, les valeurs chrétiennes, je ne sais pas ce que c'est. Je ne dis pas que cela n'existe pas, mais je ne sais pas ce que c'est.
D'autre part, les vertus chrétiennes, la Foi, l'Espérance, la Charité, je sais ce que c'est. Je ne dis pas que c'est souvent présent, dans les prises de parole et de position des hommes d'Eglise, mais je sais ce que c'est.
L'altruisme, la bienfaisance, La bienveillance, la dignité, la liberté, la fraternité, le respect et le souci de la nature, la solidarité, la tolérance, etc., sont légitimes et louables, sont sûrement tout à fait légitimes et louables, mais n'ont rien de radicalement ou rien de spécifiquement chrétien.
A mon avis, un athée altruiste, bienfaisant, bienveillant, respectueux de la dignité et de la liberté, écolo, fraternel, solidaire, tolérant, n'est pas un chrétien anonyme ou un chrétien implicite : c'est un athée, un athée humaniste, mais pas un chrétien.
Un chrétien adhère à Jésus-Christ, en tant que Fils unique du seul vrai Dieu, et non avant tout, ni seulement, en tant que "copain des jeunes" ou "ami des vieux", ce qui ne veut pas dire que ce chrétien est d'autant plus chrétien qu'il est éloigné ou opposé, à l'égard de la dignité et de la liberté, etc., mais ce qui veut dire qu'il n'est pas avant tout, ni seulement, en situation intérieure d'adhésion à ces valeurs, humaines, terrestres.
Beaucoup voudraient que tout le monde, ou presque, soit chrétien à la manière de Richard VIRENQUE : "à l'insu de son plein gré", mais c'est vraiment une grave erreur ; en d'autres termes, et sans jeu de mots : il ne suffit pas d'être gentil pour être chrétien, il s'agit d'être chrétien, ou pas, et, si l'on est chrétien, il ne suffit pas d'être gentil.
2.
Ce que vous écrivez sur l'inclusivisme périphériste me semble vraiment extrêmement juste, mais il est peut-être possible d'ajouter que l'inclusivisme périphériste fonctionne aussi à l'exclusion de ce qui se trouve, en principe, au centre, ou en tout cas à la tendance
- à l'omission de ce qui se trouve, en principe, au centre, c'est-à-dire, notamment, l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, en ce qu'il a de plus éclairant et de plus exigeant,
et
- à l'éviction des fidèles qui adhèrent, en principe, au centre, et qui s'efforcent de le faire, avec l'aide de la grâce de Dieu, d'une manière non inclusiviste ni périphériste.
Nous sommes en présence d'une logique malsaine, voire perverse, qui ne peut que finir par jeter dehors, vers l'extérieur de paroisses, de diocèses, à coups de pied dans le derrière, des catholiques, y compris des clercs catholiques, "pélagiens", "pharisiens", "docteurs de la loi qui ont perdu la foi".
Or, la condition chrétienne n'est pas sans conditions, si j'ose dire, ce que les partisans de l'accueil inconditionnel semblent souvent oublier ou ignorer.
Et puis, entre nous, qu'est-ce que cela veut dire : que les incroyants ou les non chrétiens qui ne se tournent pas vers l'Eglise catholique et vers Jésus-Christ ne le font pas parce qu'ils se sentent exclus, dans la mesure où ils sont les victimes du fait que l'Eglise catholique les exclut, d'une manière méprisante, négligente, orgueilleuse ou paresseuse...
...alors que, aujourd'hui, l'Eglise catholique est dans le "dialogue" et dans le "partage", dans la charité, avec presque tout le monde, sauf avec les catholiques qui lui font remarquer qu'elle ferait bien mieux d'être avant tout (mais pas seulement) dans l'annonce et dans la profession de la vérité ?
J'ai bien peur que nous ne soyons en présence d'une dialectique mutagène, dans le cadre de laquelle ce qui importe le plus n'est pas que l'Eglise catholique inclue toutes les périphéries, ce qui est d'ailleurs impossible, mais est que l'Eglise catholique cesse de dire, à ceux qui sont trompés, dans l'ordre du croire ou de l'agir, qu'ils sont trompés, dans l'ordre du croire ou de l'agir, compte tenu de leur adhésion ou de leur soumission à des croyances ou à des pratiques qui éloignent de Jésus-Christ ou opposent à Jésus-Christ.
La lutte contre la mondialisation de l'indifférence, c'est "évangélique", mais la lutte contre la mondialisation de l'indifférenciation entre les religions, ou entre la religion chrétienne et un solidarisme spiritualiste, ce n'est pas "évangélique" : je crois que c'est ce qu'il convient d'appeler un sophisme.
Bonne journée.
Scrutator.