Le Forum Catholique

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images/icones/fsvf.gif  ( 818397 )L'Ordre Souverain de Malte dit «Non» à la Commission du Pape par Chicoutimi (2016-12-25 05:55:28) 

Un article de EWTN (UK) :

L'Ordre Souverain de Malte dit «Non» à la Commission du Pape pour enquêter sur le limogeage du chancelier


24/12/2016

"Le Grand Maître de l'Ordre Souverain de Malte a publié une déclaration en précisant que le Saint-Siège n'a pas le pouvoir de nommer une commission pour enquêter sur le remplacement de l'ancien Grand Chancelier. Cette déclaration était une réponse à la Secrétairerie d'État du Saint-Siège annonçant que François avait nommé une équipe pour enquêter sur le limogeage du Grand Chancelier de l'Ordre, Albrecht von Boeselager.

Le Grand Chancelier avait été démis de ses fonctions suite à la découverte d'une «situation extrêmement grave et intenable". Le quotidien italien Il Messaggero a rapporté que le scandale, qui avait précipité le limogeage de von Boeselager a été la découverte que, durant son mandat en tant que ministre de la Santé, il n'aurait pas empêché des travailleurs de l'Ordre de Malte en Afrique de distribuer des préservatifs.

Le Secrétariat d'Etat a annoncé que François avait nommé le P. Gianfranco Ghirlanda, SJ, un canoniste, Mgr Silvano Tomasi, (...) à «informer rapidement le Saint-Siège" sur les circonstances du renvoi de von Boeselager.

Le Grand Maître de l'Ordre Souverain de Malte a publié ce qui suit la déclaration de rejet de la commission du Saint-Siège:

Le Grand Maître de l'Ordre Souverain de Malte a pris connaissance de la décision prise par le Saint-Siège de nommer un groupe de cinq personnes pour faire la lumière sur le remplacement de l'ancien Grand Chancelier.

Le remplacement de l'ancien Grand Chancelier est un acte de l'administration gouvernementale interne de l'Ordre Souverain de Malte et demeure, par conséquent, exclusivement de sa compétence. La nomination des membres de la commission est le résultat d'un malentendu par la Secrétairerie d'État du Saint-Siège.

Le Grand Maître a précisé respectueusement la situation hier soir dans une lettre au Souverain Pontife, exposant les raisons pour lesquelles les suggestions faites par la Secrétairerie d'État étaient inacceptables.

Il a assuré le Saint-Père de sa dévotion filiale et a demandé au Pontife la Bénédiction apostolique, à la fois pour lui et pour l'Ordre de Malte, ses 13.500 membres et son personnel de 100.000 bénévoles et volontaires qui continuent à assurer une présence hospitalière permanente et efficace dans plus de 120 pays dans le monde selon le séculaire charisme de l'Ordre de Malte."

Pour lire le texte, en anglais, c'est sur EWTN (UK)
images/icones/fleche3.gif  ( 818398 )Analyse du Professeur de Mattei par Chicoutimi (2016-12-25 06:00:12) 
[en réponse à 818397]

Un article publié sur "Corrispondenza Romana" et "Tempo", et traduit par Benoît-et-moi :

LE PAPE ET MALTE: L'INEPTE DÉSIGNATION D'UNE COMMISSION

24/12/2016

Un texte du Professeur Roberto de Mattei

"Le pape nomme une commission d'enquête pour l'Ordre de Malte? La stratégie de désignation d'une commission plaît indubitablement beaucoup à François, qui a déjà pris cette mesure draconienne contre deux institutions religieuses qu'il considère comme trop «traditionnelles»: les Franciscains de l'Immaculée et les religieux du Verbe incarné. Et ce n'est pas par hasard que l'annonce d'une commission pour «recueillir des éléments susceptibles d'informer complètement et rapidement le Saint-Siège sur les faits récents concernant le Grand Chancelier de l'Ordre, M. Albrecht Freiherr von Boeselager» a été donnée par le bureau de presse du Vatican, le 22 Décembre, juste au moment où le pape Bergoglio transformait les traditionnels souhaits de Noël à la Curie en une dure réprimande contre ceux qui résistent à son projet de changement radical de l'Eglise [*], avec une référence implicite au cardinal Raymond Leo Burke, patron de l'Ordre de Malte.

Mais dans le cas présent, l'instrument de la désignation d'une commission n'est pas possible, justement.

Comme l'explique don Fabrizio Turriziani Colonna dans une étude documentée consacrée à "Sovranità e indipendenza nel Sovrano Militare Ordine di Malta" (Libreria Editrice Vaticana 2006), l'Ordre de Malte et le Saint-Siège, sont placés l'un face à l'autre en tant que sujets de Droit International et donc dans une position d'indépendance réciproque. L'Ordre de Malte, a en effet une double personnalité juridique, qui sur le plan du Droit Canon, le subordonne au Saint-Siège, mais sur celui du Droit International lui garantit l'indépendance de celui-ci. Le fait que l'Ordre de Malte entretienne des relations diplomatiques avec 94 États et ait un ambassadeur près le Saint-Siège, confirme que, dans un certain domaine, les relations sont sur un pied d'égalité.

L'Ordre Souverain Militaire de Malte est, en un mot, un Etat souverain, bien que sans territoire, jaloux de son autonomie et de ses prérogatives. En neuf siècles d'histoire, les Chevaliers de Malte se sont couverts de gloire, versant leur sang pour l'Eglise, mais les conflits avec le Saint-Siège n'ont pas manqué. Le dernier, raconté par Roger Peyrefitte (Chevaliers de Malte, Flammarion, Paris 1957), fut durant l'après-seconde guerre mondiale du XXe siècle, quand l'Ordre parvint à déjouer la tentative de fusion avec les Chevaliers du Saint-Sépulcre. Le bras de fer prit fin en 1953 avec l'arrêt d'une Cour cardinalice qui reconnaissait la souveraineté de l'Ordre de Malte, tout en affirmant sa dépendance à l'égard du Saint-Siège en ce qui concerne la vie religieuse des chevaliers. L'Ordre de Malte accepta la sentence, conditionnée par quelques points: 1) la reconnaissance de ses droits dérivant de sa condition de sujet du Droit International; 2) la limitation de la dépendance religieuse de l'Ordre aux seuls chevaliers ayant fait profession, et aux chapelains; 3) l'exclusion d'une sujétion à la Secrétairerie d'Etat du Vatican.

La compétence du Saint-Siège ne concerne donc pas le gouvernement interne et international de l'ordre, mais il est limité au strict religieux.

À ce stade, on pourrait imaginer que le Pape, ayant décelé des déviances d'ordre doctrinal et moral parmi les cavaliers, a décidé d'intervenir pour redresser la situation. Qu'est-il arrivé, au contraire? Après la sortie au grand jour du fait que von Boeselager, pendant la période où il était le Grand Hospitalier de l'Ordre, avait abusé de son pouvoir, promouvant la distribution de dizaines de milliers de préservatifs et de contraceptifs, y compris abortifs (comme l'indiquent les rapports relatifs au programme des Nations Unies contre le VIH en Birmanie), le Grand Maître Matthew Festing est intervenu pour mettre fin au scandale et a demandé à Boeselager de démissionner, faisant appel au vœu d'obéissance qu'il avait prêté. Le Grand Chancelier, fort de son amitié avec le secrétaire d'Etat Pietro Parolin et de la récente nomination de son frère Georg dans le conseil d'administration de l'IOR, a rejeté la demande avec arrogance, revendiquant son comportement de catholique «libéral». La création par la Secrétairerie d'Etat d'un groupe d'enquête de cinq membres, tous plus ou moins liés à Boeselager, constitue un cas grave d'ingérence dans l'administration de l'Ordre.

Le Saint-Siège devrait se limiter à veiller sur la vie religieuse à travers le cardinal patron qui est le cardinal Burke, nommé par le pape François lui-même. Le Pape a entièrement le droit de s'informer sur les affaires internes de l'Ordre, mais il est inhabituel que cela se fasse à travers une commission qui contourne le représentant pontifical, à moins de vouloir placer ce dernier sous accusation. Toutefois, un cardinal ne peut être jugé que par ses pairs et non par des bureaucrates du Vatican. Tout aussi impropre est le fait de confier à une commission du Vatican le jugement sur des événements qui concernent non pas la vie religieuse, mais le gouvernement de l'Ordre, mettant dans ce cas le Grand Maître en accusation. Ce dernier a donc bien fait de refuser l'action inepte de la commission.

Malheureusement, il n'y a pas que la procédure qui est inepte, il y a surtout le jugement sur le fond, de la part des autorités du Vatican. Celui qui, au mépris du Magistère de l'Eglise, favorise la contraception et l'avortement, et viole ses propres voeux, mérite aujourd'hui d'être réhabilité. Celui qui défend l'enseignement de l'Église et l'intégrité morale des institutions auxquelles il appartient, est au contraire accusé de «résistance malveillante» (allusion aux voeux à la Curie, ndt) au Saint-Père et finit sur le banc des accusés.

Il faut espérer que les Chevaliers réagiront. L'enjeu est la souveraineté de l'Ordre de Malte, mais aussi sa tradition de défense ininterrompue de la foi et de la morale catholique."

Source
images/icones/vatican.gif  ( 818402 )On se demande si le pape se fait conseiller et par qui par Johanis (2016-12-25 08:32:08) 
[en réponse à 818398]

Tout est dans le titre.
NB : il y avait déjà un fil sur le sujet.
Sainte fête de Noël.
images/icones/neutre.gif  ( 818445 )Pharaon et François deux souverains au destin parallèle par Ritter (2016-12-26 08:51:48) 
[en réponse à 818402]

Un a refusé d'écouter Moïse et fut sanctionné.
L'autre semble l'écouter plus que le Messie.
images/icones/bravo.gif  ( 818429 )Le nouveau Grand Chancelier est maltais. par CMdelaRocca (2016-12-25 21:37:50) 
[en réponse à 818398]

S.E. fra’ John Edward Critien, élevé à la charge de Grand Chancelier ad interim, est né à Sliema, à Malte, en 1949 et est le plus jeune fils des regrettés Major Frank Edward Critien et May Grech. Il a été admis au grand prieuré de Rome en 1983. En 1993 il a professé les vœux religieux perpétuels des chevaliers de justice. En juillet 2000, il a été nommé chevalier résident au Fort Saint-Ange, le second chevalier de Malte à occuper cette ancienne place forte depuis que Napoléon l’en avait chassé en 1798.
En 2001 il a été élevé au rang de chevalier grand-croix de Justice premier Maltais à atteindre ce grade dans toute l’histoire de l’Ordre, et en 2012 au rang de bailli grand-croix de Justice.
images/icones/1e.gif  ( 818434 )Merci à vous par Steve (2016-12-25 22:50:37) 
[en réponse à 818398]

Merci à vous pour ces deux messages.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que l'occasion a été saisie pour "mettre son grand nez" dans le fonctionnement d'un ordre religieux et militaire antique. Etc.
Celui-ci, au nom de sa souveraineté (étatique par convention), refuse d'être soumis à l'enquête d'une commission extérieure sur une décision autonome.
Un peu comme un chef d'unité scoute refuserait l'ingérence du curé de paroisse dans la composition du bureau de son unité.

Parions que le pape François et sa camarilla "péroniste" vont insister et fabriquer quelques "jésuiteries" pour étendre malgré tout le champ de leur autorité.
images/icones/ancre2.gif  ( 818405 )Le lien du précédent fil sur le sujet par Paterculus (2016-12-25 09:08:07) 
[en réponse à 818397]

C'est .
Il y a quelque chose de logique là-dedans, c'est le choix de son camp par l'ancien Grand Chancelier : il s'appelle Baron de Maucamp.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/flagD.gif  ( 818408 )Il me semble par Jean-Paul PARFU (2016-12-25 10:15:31) 
[en réponse à 818397]

qu'Albrecht von Boeselager est le fils ou le petit-fils de Philipp Freiherr (Chevalier en allemand où le titre peut figurer dans le nom à l'état civil) von Boeselager, connu en Allemagne pour avoir participé au complot du 20 juillet 1944.



Et ici
images/icones/1d.gif  ( 818411 )vous évoluez maître, vous évoluez par Ritter (2016-12-25 11:36:18) 
[en réponse à 818408]

Cela ne vous dérange pas cette fois une deuxième fil.

Comme c'est bizarre.
images/icones/iphone.jpg  ( 818419 )Freiherr signifir baron et non chevalier (Ritter) par Ubique Fidelis (2016-12-25 18:59:42) 
[en réponse à 818408]

Cela tombe bien puisque qu'Albrecht von Boeselager est baron.
images/icones/fleche2.gif  ( 818423 )Exact ! par Jean-Paul PARFU (2016-12-25 19:56:52) 
[en réponse à 818419]

C'est le fils aîné qui doit être chevalier. A la mort de son père, Albrecht von Boeselager est donc devenu baron.

Le père avait un frère aîné, mais ce dernier est mort à la guerre sans enfant. C'est donc son frère cadet, puis le fils de son frère qui ont repris le titre.
images/icones/fleche2.gif  ( 818424 )Littéralement par Jean-Paul PARFU (2016-12-25 20:04:00) 
[en réponse à 818423]

"Freiherr" signifie "homme ou seigneur libre". Il s'agit ici de la petite et moyenne noblesse rhénane, catholique, du St Empire romain germanique.
images/icones/iphone.jpg  ( 818427 )Effectivement Georg Dietrich est mort par Ubique Fidelis (2016-12-25 21:02:32) 
[en réponse à 818423]

en 1944.

Toutefois, Albert von Boeselager, de son union avec Maria-Theresa, Freiin von Salis-Soglio, a également eu Hermann dont Hermann-Josef (marié à Huberta von Lerchenfeld dont postérité) de son union avec Sophie Wolff Metternich zur Gracht.

Philipp, marié avec Rosa-Maria, Gräfin von Westphalen zu Fürstenberg n'était donc pas le premier dans l'ordre agnatique.
images/icones/hein.gif  ( 818436 )Je vois que vous possédez le livre par Jean-Paul PARFU (2016-12-25 22:58:38) 
[en réponse à 818427]

de la noblesse allemande.

Phillip, mort en 2008, était né en 1917 et son frère aîné, mort en 1944, était né en 1915. Ils étaient 6 frères et sœurs, je crois, ils auraient donc eu un frère né en 1916 ?

De Rhénanie et catholiques, la famille Boeselager est originaire de Magdebourg dans le Nord-Est du pays.
images/icones/iphone.jpg  ( 818442 )9 frères et soeurs par Ubique Fidelis (2016-12-26 00:59:40) 
[en réponse à 818436]


Tonio 1911-1941
Hermann 1913-1963
Elizabeth 1914-1989
Georg Dietrich 1915-1944
Philipp 1917-2008
Adelheid 1920-2008
Wilderich 1921-1941
Maria 1923-2016
Margarete 1928
images/icones/1v.gif  ( 818453 )Il est sans doute par Jean-Paul PARFU (2016-12-26 10:35:43) 
[en réponse à 818442]

le descendant non de Philipp, mais de son frère aîné.

C'est bien d'avoir l'annuaire de toutes les "maisons" européennes. Mais il faut au moins le dire et le citer !
images/icones/iphone.jpg  ( 818454 )Arbres généalogiques complétés par des informations prises sur la base roglo par Ubique Fidelis (2016-12-26 10:46:45) 
[en réponse à 818453]

Avec une mère doublement issue d'une famille alsaco-prussienne, j'ai effectivement quelques sources à la maison.
images/icones/iphone.jpg  ( 818455 )De quel descendant parlee-vous? par Ubique Fidelis (2016-12-26 10:48:24) 
[en réponse à 818453]

Albrecht est bien le fils de Philipp von Boeselager.
images/icones/1v.gif  ( 818457 )Celui qui fait l'objet par Jean-Paul PARFU (2016-12-26 10:58:54) 
[en réponse à 818455]

de cet échange, bien entendu !
images/icones/iphone.jpg  ( 818458 )Ça tombe sous le sens effectivement! par Ubique Fidelis (2016-12-26 11:20:24) 
[en réponse à 818457]

Tout est dans le titre!
images/icones/iphone.jpg  ( 818456 )De quel descendant parlez-vous? par Ubique Fidelis (2016-12-26 10:54:28) 
[en réponse à 818453]

D'Albrecht? Albrecht est bien le fils de Philipp von Boeselager, celui-là même qui aux côtés de Stauffenberg, Olbricht, Quirnheim, Tresckow, Beck, Fellgiebel, Haeften et tant d'autres représentants des familles prussiennes notamment, a participé à l'attentat du 20 juillet 1944.