Le Forum Catholique
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( 818020 )
21/12 O Oriens et St Thomas, apôtre par ami de la Miséricorde (2016-12-21 10:27:10)

( 818021 )
Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli par ami de la Miséricorde (2016-12-21 10:29:27)
[en réponse à 818020]
CHAPITRE XLVII D’une autre manière de prier par voie de méditation
Vous pourrez, pour prier et méditer, suivre une autre méthode encore. Après avoir considéré attentivement les afflictions du Sauveur et avoir vu des yeux de l’esprit son empressement à les embrasser, vous passerez de la grandeur de ses tourments et de sa patience à deux autres considérations. L’une aura pour objet ses mérites infinis. L’autre, le contentement et la gloire que la parfaite obéissance de Jésus souffrant a procurés à son Père céleste. Vous pourrez appliquer ce mode d’oraison non seulement à tous les mystères de la Passion de Notre Seigneur, mais à tous les actes, soit intérieurs, soit extérieurs, qu’il faisait en chacun de ces douloureux mystères.
CHAPITRE XLVIII Comment nous pouvons méditer en prenant pour sujet de méditation la bienheureuse Vierge Marie
Outre les diverses manières de méditer et de prier que nous venons d’indiquer, en voici une autre qui se fait en prenant la Sainte Vierge pour sujet d’oraison. Vous la pratiquerez en tournant votre pensée d’abord vers le Père éternel, ensuite vers le doux Jésus, et en dernier lieu vers sa très glorieuse Mère. À l’égard du Père éternel, vous considérerez deux choses. La première est la complaisance qu’il a eue de toute éternité en contemplant la Vierge Marie en lui-même, avant qu’il ne l’eût tirée du néant. La seconde, les vertus et les actions de Marie depuis le premier instant de son existence. Voici comment vous méditerez sur le premier point. Élevez-vous par la pensée au-dessus de tous les temps et de toutes les créatures et, pénétrant jusqu’au sein de l’éternité et de l’entendement divin, considérez avec quelle satisfaction le Père éternel contemplait dans son essence celle qu’il destinait pour Mère à son Fils unique ; et trouvant Dieu lui-même en ces délices, conjurez-le, en leur nom, de vous accorder la force dont vous avez besoin pour terrasser vos ennemis en général, et en particulier celui qui vous presse en ce moment de ses attaques. Passant ensuite à la considération des vertus sans nombre et des actions héroïques de cette Mère très sainte, présentez-les à Dieu toutes ensemble ou chacune en particulier, et demandez en leur nom à son infinie bonté les grâces qui vous sont nécessaires. Tournant ensuite votre pensée du côté de votre divin Sauveur, vous lui rappellerez ce sein virginal qui l’a porté durant neuf mois ; le respect avec lequel, après sa naissance, la Vierge très pure l’adora et le reconnut tout ensemble pour vrai homme et vrai Dieu, pour son Fils et son Créateur ; les sentiments de compassion qu’elle éprouvait en le voyant si pauvre, l’amour avec lequel elle le pressait sur son cœur, les baisers si doux qu’elle déposait sur ses lèvres divines, le lait dont elle le nourrit, les fatigues et les angoisses qu’elle soutint durant sa vie et à sa mort.(...)
Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricordej

( 818024 )
Deux autres antiennes par Montes Gelboe (2016-12-21 10:52:12)
[en réponse à 818020]
L'antienne "O Thomas Didyme", citée dans "L'Année liturgique", composée en l'honneur de s. Thomas n'est pas exactement sur le modèle des "Antiennes O" ou "Grandes Antiennes". Elle fait référence à l'Avent (...in adventu Judicis,...l'Avènement du Juge). Mais il lui manque le mot central desdites Grandes Antiennes, qui organise toute la composition, tant littéraire que musicale : "Veni".
Les antiphonaires diocésains romano-aquitains, en usage avant le XVIIe s. donnaient pour les premières et secondes vêpres de la fête de s. Thomas les deux Grandes Antiennes suivantes:
" O, ornement des Apôtres, Christ Rédempteur des Nations, que l'apôtre Thomas en touchant les cicatrices a reconnu comme Dieu et Seigneur, VENEZ, protégez le troupeau que vous avez racheté de votre sang."
" O, espérance de gloire et ornement de la vie éternelle, qui avez permis à l'apôtre Thomas de toucher les traces de vos plaies, VENEZ, brisez les liens de nos propres blessures."
L'homélie de saint Grégoire qui fait le parallèle entre l'apôtre s. Thomas et s. Joseph époux de la vierge Marie, l'un et l'autre détournés du doute, et les antiennes O pour la fête de s. Thomas qui implorent la venue du Messie, rattachent fort bien cette fête à l'attente de la Nativité. Car en touchant le corps du Ressucité, s.Thomas a témoigné à la fois de l'Incarnation et de la Résurrection.
Les néo-liturges n'ont pas saisi cette délicatesse. Il est vrai que les joyaux des offices avaient disparu de l'usage commun depuis longtemps. En chassant du 21 décembre la fête de s. Thomas, ils ont commis un contre-sens et privé les néo-célébrations d'un témoin précieux.

( 818029 )
La deuxième par Yves Daoudal (2016-12-21 11:36:27)
[en réponse à 818024]
est particulièrement remarquable. Avez-vous le texte latin ?
(Des deux, tant qu'à faire. Merci.)

( 818064 )
Bien volontiers par Montes Gelboe (2016-12-21 16:07:49)
[en réponse à 818029]
voici le texte des deux antiennes. Source (une entr'autres) : Breviarium secundum usum et consuetudinem Biterrensis Eecclesie, BnF ms lat. 1059 (début XIVe s.)
fol. 333 : (premières vêpres de la fête de s. Thomas)
O spes glorie et decus eterne qui vulneris tui livoris Thome apostolo patefecisti, Veni, solve vincula cicatricum nostrarum.
fol. 334 v° (deuxièmes vêpres)
O decus apostolicum Christe Salvator gentium, quem Thomas apostolus tactis cicatricibus Deum cognovit Dominum, Veni, gregem protege quem redemisti sanguine.
La deuxième antienne est donnée par dom Hesbert : "Corpus antiphonalium officii", vol. III, (Herder, Rome 1968) n° 4021.
La recension de dom Hesbert ne donne pas l'antienne O spes glorie.
Excuses : mon clavier ne comporte pas le "e cédillé", graphie médiévale du "ae" classique. Et appel à de meilleures traductions que les miennes, faites "aperto libro"..

( 818066 )
livoris? par Lycobates (2016-12-21 16:26:14)
[en réponse à 818064]
Je crois qu'on peut sans gêne normaliser la lecture, c'est plus convivial :
O spes gloriae et decus aeternae qui vulneris tui livoris Thomae apostolo patefecisti, Veni, solve vincula cicatricum nostrarum.
Je n'ai pas vu le manuscrit, mais j'aurais tendance à lire
livores.
Mais livoris est possible, avec un -i- long.

( 818139 )
livoris par Montes Gelboe (2016-12-22 10:42:10)
[en réponse à 818066]
Le ms lat. 1059 fol. 333 porte bien "livoris" et non "livores".
"Cicatrix" est un mot du latin classique attesté depuis Plaute, il est vrai que dans les textes de la liturgie on le trouve rarement.
Normaliser en /ae /la lecture du /e/ "cédillé" ou "caudatum" tardif et médiéval (au sens large), est possible pour un usage contemporain, toutefois, dans la citation ou édition d'un manuscrit on conserve la graphie du texte.
Pour saint Thomas le jour est au plus bas...

( 818081 )
[réponse] par Yves Daoudal (2016-12-21 18:58:26)
[en réponse à 818064]
Je vous remercie beaucoup, mais je suis déçu. Je n'aime pas du tout ce "cicatricum" que je ne me souviens pas avoir vu dans la liturgie.
Pour ce qui est de la transcription, je suis d'accord avec Lycobates pour harmoniser avec l'orthographe du latin liturgique tel qu'il est dans nos livres.
En ce qui concerne le ae devenu e, le Lexique latin-français de l'antiquité au moyen âge met systématiquement e (mais sans cette "cédille" dont vous m'apprenez l'existence - donc chez les ultra-spécialistes, je suppose).

( 818115 )
e caudatum par Lycobates (2016-12-21 23:42:42)
[en réponse à 818081]
Le "e à queue", comme on l'appelle, ou le "e à cédille" pour "ae" est assez commun, même encore dans des livres imprimés jusqu'au XVIIe ou XVIIIe siècle, comme le montre cet exemple de 1632.
On notera que le ae est utilisé aussi dans cette impression, alternativement.
Je suis presque sûr que vous devez l'avoir vu déjà, peut-être sans vous en rendre compte. On s'y habitue très vite, au point à ne plus le remarquer.