Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 817673 )Messe et communion par le paca (2016-12-17 16:09:24) 

Bonjour à tous,
Je suis en train de lire "Léon Cabaret : carnets de guerre d'un prêtre sarthois 1914-1918". Présenté par Robert Poinard. Presses universitaires de Rennes.
Page 39.
"Mercredi 2 septembre : je me lève à 4h1/2 et je vais à l'église où je communie avant la messe de notre aumônier".
Et en note, on peut lire : "Jusqu'au Concile Vatican II (1963-1965), la communion était distincte de la célébration de la messe : on communiait avant ou après la messe et le célébrant était le seul à communier à la messe qu'il célébrait."
Je n'avais jamais entendu parler de cette habitude e cela me semble très étrange.
Un liseur aurait-il des éclaircissements ou des commentaires ?
Par avance, merci.
images/icones/neutre.gif  ( 817674 )Messe d'enterrement par Mingdi (2016-12-17 18:21:29) 
[en réponse à 817673]

Il doit s'agir de messes célébrées lors d'enterrements. Encore aujourd'hui en Mayenne profonde personne ne communie à ces messes en dehors du célébrant et peut-être de proches de la famille du défunt. Sinon, je ne vois pas...
images/icones/1b.gif  ( 817702 )Pauvre "Mayenne profonde"... par Scarlatti (2016-12-18 07:21:20) 
[en réponse à 817674]

Curieuse analyse. La "Mayenne profonde" ne communie pas toujours lors des sépultures, peut-être parce que les personnes qui assistent à la cérémonie ne sont pas en état de pouvoir communier, comme partout ailleurs. Mais, je reconnais une grande qualité à la "Mayenne profonde", c'est qu'elle se déplace pour entourer les familles en deuil, chante et prie avec elle pour le défunt. En tant qu'organiste, je l'ai souvent constaté. Et ce qui est vrai ici, l'est aussi dans les diocèses voisins.
Pour ce qui est de la communion hors des messes, il s'agit sûrement de restes de pratiques des XVIIème et XVIIIème, à l'époque des missions paroissiales. On communiait juste après les confessions.
Cela m'a déjà été proposé pour simplifier ma vie d'organiste et de chrétien, même par des prêtres uniquement NOM.
images/icones/neutre.gif  ( 817793 )Mayenne par Mingdi (2016-12-19 00:27:36) 
[en réponse à 817702]

Je pense assez bien connaître la Mayenne, profonde ou pas. Depuis 1946, avec une année de pensionnat dans un collège d'une sous-préfecture du nord du département. Je persiste et je signe. Je pourrais vous donner des exemples concrets. Est-ce vraiment la peine?
images/icones/neutre.gif  ( 817677 )Communion : à mon humble avis... par Sacerdos simplex (2016-12-17 18:34:26) 
[en réponse à 817673]

effectivement, j'ai toujours entendu dire qu'il était fréquent que les rares personnes voulant communier aillent à une messe basse très tôt, et assistent ensuite à la Grand Messe sans communier.

Mais :
- ça se faisait plutôt lors d'une messe basse : il est possible (et probable) que le rédacteur de cette note n'ait pas bien compris, de même que :
- cette rareté des communions a cessé bien avant Vatican II, peut-être même, progressivement, à partir de St Pie X, donc un peu avant la guerre de 14.
- Il fallait être à jeun depuis minuit, d'où l'intérêt de communier très tôt, puis de prendre un petit déjeuner avant la grand messe si on comptait y assister.

La note que vous citez ("Jusqu'au Concile Vatican II (1963-1965), la communion était distincte de la célébration de la messe : on communiait avant ou après la messe et le célébrant était le seul à communier à la messe qu'il célébrait.") n'est pas sérieuse. Je me souviens très bien qu'à Paris au milieu des années 1950, les fidèles allaient communier lors de la Messe.

Là, il s'agit du journal d'un prêtre ; il y avait probablement un certain nombre de prêtres qui portaient l'uniforme et qui ne pouvaient pas tous célébrer la messe en semaine, d'où l'intérêt pour eux de communier avant la Messe de l'aumônier officiel.
Au cours d'une Messe basse.

On m'a raconté qu'en Italie, et à mon avis c'est un abus, il arrive que des gens demandent à recevoir la communion lors de la visite d'un sanctuaire (par exemple Lorette ?), au point que les prêtres ont mis une sonnette : "pour recevoir la communion, sonnez ici pour appeler un prêtre".
Il est permis de recevoir la communion en dehors de la messe pour un motif un peu sérieux (par exemple impossibilité d'aller à la Messe ce jour-là, ou bien on voulait y aller pour communier et on est arrivé trop tard à cause de difficultés de trajet, alors qu'on communie tous les jour).



images/icones/bravo.gif  ( 817679 )Merci par le paca (2016-12-17 20:28:03) 
[en réponse à 817677]

Merci pour vos réponses.
Cette note me semblait un peu étrange car "dans mon jeune temps" (j'ai fait ma première communion en 1963, donc avant la mise en place du concile Vatican II) je n'ai pas souvenir d'avoir communié avant la messe, mais durant celle-là.
L'auteur de la note est Mgr Robert Poignard, ancien vicaire général du Diocèse aux Armées Françaises, qui présente ces carnets et a peut-être fait une généralisation un peu hâtive.
images/icones/1h.gif  ( 817733 ) Dans mes tablettes. par Steve (2016-12-18 16:52:28) 
[en réponse à 817677]

Je pourrais retrouver les pièces d'un différend (premières décennies du XXe s.) entre un curé et son paroissien suite à un refus de donner la communion - par exception - avant la messe.
Comme pièces, il s'agit (de mémoire) d'une plainte à l'évêché, de circulaires issues de chacun des deux camps contre l'autre et son porte-drapeau.

Tempête à Clochemerle dans un verre d'eau. Sans doute. Manques de tolérance voire charité ? Sans doute.

N'empêche. On avait des convictions et du tonus. Autre chose que les communions "plus cool que ça tu meurs" d'aujourd'hui.

Je ne crois donc pas que Mgr Poignard soit dans l'erreur à propos de cette note. Ce serait invraisemblable de sa part.
images/icones/1a.gif  ( 817791 ) Euréka par Steve (2016-12-18 23:34:46) 
[en réponse à 817677]

Une partie du dossier est retrouvée dont le courrier adressé par le plaignant à Mgr Heylens (diocèse de Namur).
Cette malheureuse histoire a traîné de juin 1925 à (au moins) 1931...

Voici des extraits peut-être utiles pour le point en discussion.

"Devant m'absenter, j'ai prié M. le Curé le jeudi matin vers 6 h. 20 de bien vouloir me communier avant la messe de 6 h. 1/2 (...) Le lendemain vendredi devant également prendre le train de 7 h. (...)"
C'est le premier vendredi de juin 1925 que... le chat s'est mis dans les poules.

"(...) partout où j'ai passé les prêtres ne demandent pas mieux que de donner la Communion avant, pendant et après la Messe(...)"

Un dernier extrait, pour la route.
"Si M. le Curé avait dit ce qu'il a prêché le Dimanche suivant l'incident : à savoir qu'il estimait qu'en distribuant la Sainte Communion au Crédo et à la Communion du prêtre, cela suffisait et qu'il n'y avait pas lieu de satisfaire aux caprices (...)"

Selon ce témoignage, la pratique de la communion sans assister à la messe ne semble pas rare, motivée ou non par une situation particulière. Mais cette pratique n'était pas reçue d'office avec le même empressement partout.

images/icones/1a.gif  ( 817794 )Témoignage par Balbula (2016-12-19 06:11:14) 
[en réponse à 817673]

Ma mère m'a plusieurs fois raconté que la communion se donnait tôt le dimanche dans sa paroisse francophone de l'Ontario (Canada), dans les années 1930-40. Il ne faut pas oublier que le jeune eucharistique était depuis minuit. Ensuite, les gens qui avaient communié allaient prendre un déjeuner substantiel, comme c'était le cas dans ce temps-là, puis ils revenaient à la grand-messe de 10 ou 11 h. Elle m'a aussi raconté que les jeunes de la JAC (Jeunesse agricole catholique) et de la JÉC (Jeunesse étudiante catholique, dont elle faisait partie) voulaient favoriser la pratique de la communion durant la messe (je crois que c'était suite à l'encyclique de saint Pie X). Il leur arrivait cependant de fâcher des curés, récalcitrants à changer leurs habitudes, en allant communier durant la messe. Ces prêtres pensaient que les jeunes avaient veillé trop tard le samedi pour pouvoir se lever assez tôt, le dimanche matin, pour aller communier en même temps que les autres. Ils bougonnaient en les voyant s'aligner au banc de communion.
Petit à petit, l'habitude de donner la communion en dehors de la messe disparut.
Union de prières,
Balbula
images/icones/fleur.gif  ( 817914 )C'est plus clair ! par le paca (2016-12-19 17:47:15) 
[en réponse à 817794]

Merci à tous pour vos témoignages très éclairants.
J'en conclus que Mgr Poignard a évoqué une habitude ou un usage, contre lequel Saint Pie X en particulier a essayé de lutter, plutôt qu'une règle de l’Église, ce que j'avais compris à la lecture de sa note.