( 817642 )Un moratoire sur les discussions relatives au sédévacantisme ? par Candidus (2016-12-16 21:56:35)
Je trouve assez fascinant, voire surréaliste, d’entendre et de lire des catholiques conservateurs disserter sur les conséquences de l’hérésie chez un pape. Derrière ces discussions se dessine évidemment, en filigrane, le problème posé par François à la conscience catholique.
Cela me conduit à m’interroger, et à interroger les responsables du FC, si le moment ne serait pas venu de déclarer un moratoire sur l’interdiction de toute discussion de la thèse sédévacantiste.
On pourrait au moins lever cette interdiction pour la personne de François et la maintenir pour ses prédécesseurs.
Si les conservateurs commencent à se poser (encore timidement, certes) cette grave question, ne serait-il pas paradoxal qu'un forum traditionaliste continue à interdire toute discussion sur ce sujet ? C’est juste une interrogation.
Un exemple de catholique conservateur de premier plan qui aborde ces questions, en anglais,ICI
( 817645 )Apparement! par Miserere (2016-12-16 22:13:27)
[en réponse à 817642]
Vous vous égarer.
Je ne vois pas le rapport entre les liseurs qui parlent de la direction libérale du Pape et les sédévacantistes qui vont plus loin en ne reconnaissant pas le Pape.
( 817648 )entièrement d'accord avec vous par jejomau (2016-12-16 23:39:02)
[en réponse à 817645]
je crois qu'un problème majeur réside dans la conception qu'ont les "conciliaires" (grosso modo) du regard qu'il faut porter sur le pape.
Ils finissent à mon avis par tout mélanger pour la simple raison qu'ils veulent nous imposer leur papolâtrie récurrente comme dogme de foi. En clair : si vous ne l'êtes pas, vous êtes forcément un sédévacantiste ou en passe de l'être.
Curieusement, cette déviation naît chez eux. Eux, qui globalement parlant, ont jeté la plupart des dogmes par la fenêtre avec le bébé et l'eau du bain ..
( 817650 )Vous semblez oublier que Benoit XVI est toujours vivant, au Vatican et a gadé toutes les apparences d'un pape... par Bruno d Epenoux (2016-12-17 08:08:58)
[en réponse à 817642]
... donc je ne suis pas sédévacantiste si je crois que François est et reste le cardinal Bergoglio.
( 817653 )Vous oubliez Paul VI ! par Aliocha (2016-12-17 10:14:55)
[en réponse à 817650]
Certains disent qu'il est toujours vivant. Remarquez, moi, je préfèrerais que ce soit Saint Pie X.
( 817683 )Et en observant cette célébration? par AVV-VVK (2016-12-17 22:11:25)
[en réponse à 817650]
( 817701 )En observant cette messe... par Bruno d Epenoux (2016-12-18 06:49:12)
[en réponse à 817683]
je suis frappé par la grande tristesse de tous ces cardinaux pour un anniversaire.
( 817681 )François ne diffère pas fondamentalement de ses derniers prédécesseurs par jl d'André (2016-12-17 21:39:53)
[en réponse à 817642]
Comme eux il croit fermement tout ce que nous enseigne l'Eglise catholique, et parfois il le dit publiquement.
Mais comme eux, et par souci pastoral et d'ouverture au monde, il agit comme s'il n'y croyait pas (ou moins, ou plus du tout).
La condamnation du chapitre 8 d'Amoris Laetitia se trouve dans les autres chapitres de cette même encyclique.
D'ailleurs ce qu'il reproche aux "conservateurs" n'est nullement leur doctrine, mais le fait qu'ils manqueraient, d'après lui, d'esprit pastoral et de miséricorde.
( 817744 ) Vous auriez bien raison. par Steve (2016-12-18 18:01:05)
[en réponse à 817681]
Mais, entre nous, est-ce bien correct, est-ce bien charitable, de dissimuler ainsi ses véritables intentions ?
C'est d'ailleurs exactement la réputation qu'on fait aux bons pères jésuites, réputation qui n'est pas faite pour les honorer mais pour stigmatiser leur comportement.
Du temps où nos pays exportaient leur prêtres partout dans le monde, ces procédés jésuitiques ont-ils été plus performants que ceux mis en oeuvre par les autres congrégations ?
( 817754 )Nous sommes bien d'accord, mais ce n'est pas ce qui est en question ! par jl d'André (2016-12-18 18:58:40)
[en réponse à 817744]
Il n'est assurément pas charitable de dissimuler ses véritables intentions, mais il en faut un peu plus pour qu'un pape ne soit pas pape, il faudrait qu'il professe une hérésie formelle et François en est tout aussi éloigné que ses derniers prédécesseurs.
Il en serait même plutôt davantage éloigné en raison de son mépris affiché pour les questions doctrinales.
( 817801 )Il y a eu aussi un acte de foi 'catholique' en la 'modernité'. par Scrutator Sapientiæ (2016-12-19 09:13:15)
[en réponse à 817681]
Bonjour et merci, jl d'André.
Vous avez raison, et il suffit, au demeurant, de remplacer le mot "pastoral" par le mot "consensuel", notamment dans votre message, pour comprendre quelle est la véritable spécificité axiologique et programmatique des quatre textes du Concile les plus représentatifs de l'état d'esprit que vous décrivez. En ce sens, le Concile Vatican II n'est pas placé avant tout sous le signe du renouveau pastoral dans la continuité doctrinale, mais est placé avant tout sous le signe du renouveau doctrinal et pastoral, dans la contiguïté "culturelle" et "sociétale"...
Il faudra d'ailleurs que l'on m'explique un jour comment il se fait que des hommes d'Eglise qui, après et depuis le Concile, ont accordé et accordent, dans les faits, bien plus d'autorité aux thèmes présents dans Dignitatis humanae, dans Nostra aetate, dans Unitatis redintegratio et dans Gaudium et Spes, qu'à ceux présents dans Dei verbum et dans Lumen gentium, mais aussi dans la Profession de foi du Pape Paul VI et dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, peuvent continuer à ne pas voir que leur approche contribue bien plus à une fragilisation qu'à une consolidation de la foi catholique et de la charité chrétienne. Mais cette fragilisation n'a-t-elle pas été perçue comme "conciliaire", hier, et n'est-elle pas perçue comme "évangélique", aujourd'hui ?
Il y a un autre point sur lequel je vais essayer d'ajouter ce qui suit : je crois pouvoir dire qu'il y a eu aussi, de la part de beaucoup de clercs catholiques, avant, pendant, après le Concile, un acte de foi "catholique droits-de-l'hommiste" en la "modernité post-fasciste", un acte de foi d'après lequel il y a une différence de degré, synonyme de proximité potentielle, et non une différence de nature, synonyme d'éloignement fondamental ou d'opposition principielle, entre l'Esprit de Dieu et l'esprit du moment présent et du monde présent, qui souffle depuis 1945.
C'est quand même extraordinaire, quand on y réfléchit : je pense ici
- à tous ces théologiens qui ont cru pouvoir prendre appui, directement ou indirectement, et partiellement ou totalement, sur une pensée ou sur une vision proche de, ou telle que, celle de Kant, de Hegel, de Marx, de Freud, de Bergson, de Husserl, de Heidegger, ou de Lévinas,
et
- à tous ces évêques qui ont cru pouvoir accorder aussi souvent le bénéfice de la meilleure intention croyante, non seulement aux croyants non chrétiens, mais aussi aux croyances non chrétiennes.
Pourquoi et comment ces clercs n'ont-ils pas voulu (faire) voir,
- d'une part, qu'il existe au moins une part d'hétérogénéité ou d'incompatibilité entre le mode de raisonnement philosophique le plus propice à la connaissance, à la compréhension, à la réception, à la transmission, de la foi catholique, et tel ou tel mode de raisonnement inspiré par l'un des auteurs ci-dessus mentionnés,
- d'autre part, que la religion chrétienne n'est pas de même nature que telle ou telle religion non chrétienne, notamment sous l'angle de la spécificité de la religion chrétienne, et que, de même que les croyants chrétiens ne sont pas dispensés d'annonce, les croyants non chrétiens ne sont pas dispensés de conversion ?
Je ne dispose pas des réponses à mes propres questions, mais je me demande parfois s'il est bien nécessaire de "chercher midi à quatorze heures" : après tout, pour en arriver au point où nous en sommes, il suffit de croire que la religion chrétienne est la religion du bonheur intramondain et du confort relationnel, la religion porteuse de ceci : "ce n'est pas grave, s'ils sont heureux" et propice à ceci : "il faut être sympa avec tout le monde", sauf avec les catholiques qui savent bien, et qui font savoir, que la religion chrétienne n'est évidemment pas cet eudémonisme unanimiste...
Bonne journée.
Scrutator.
( 817969 )C'était évidemment voulu ! par jl d'André (2016-12-20 10:08:58)
[en réponse à 817801]
Si les hommes d'église accordent plus d'autorité aux orientations nouvelles conciliaires et post conciliaires qu'à la profession de foi de Paul VI par exemple, c'est parce que Paul VI lui-même a voulu qu'il en soit ainsi. Il n'a rien fait pour qu'on adhère à sa profession de foi, quand il a tout fait pour qu'on suive toutes les réformes.
Il ne faut pas voir dans cette profession de foi plus qu'elle ne se veut elle-même : la profession de foi du seul Paul VI à titre personnel. Cela suffit à montrer qu'il n'adhère pas personnellement à toutes les erreurs modernes que pourtant sa politique favorise et que donc il n'a pas sombré dans l'hérésie et que donc il est toujours pape.
Et on peut en dire autant aujourd'hui des réaffirmations par François de l'indissolubilité du mariage figurant dans les premiers chapitres d'Amoris Laetitia.
Saint Pierre a renié son maître et pourtant sa foi n'a pas défailli comme l'avait prophétisé Notre Seigneur et comme il l'a confirmé ensuite en n'exigeant de lui en expiation de son triple reniement qu'une triple profession d'amour et non une nouvelle profession de foi.
( 817748 )Avis défavorable par Un modérateur (2016-12-18 18:18:49)
[en réponse à 817642]
Le problème de toutes les discussions sur le sédévacantisme c'est qu'au bout d'un moment ce sont toujours les mêmes arguments qui ressortent. Or à ma connaissance l'arrivée de François n'apporte aucun nouvel élément aux diverses thèses en elles-mêmes.
Un tel moratoire n'aurait donc pour conséquences qu'une longue litanie de comparaisons entre François et ses prédécesseurs pour savoir quel est le plus hérétique ou le moins pape. Ce qui encore une fois ne changerait pas un iota aux thèses en présence, qu'on soit LHR, ou cassiciacum ou... ou... ou... etc
Bien à vous
Un modérateur
( 817945 )Avis défavorable. par Le Webmestre (2016-12-19 22:04:23)
[en réponse à 817642]
Je rejoins le Modérateur précédemment intervenu.
Je suis personnellement très réservé sur le Pontificat actuel. Mais cette situation ne me rapproche pas des thèses sédévacantistes dont on a vu qu' elles sont ont des visages divers.
A quelques jours de Noël, unissons nos prières pour que cesse ce trouble qui finit par diviser les Catholiques de bonne volonté.