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Méditation avec le Combat Spirituel de Laurent Scupoli par ami de la Miséricorde (2016-12-14 10:37:27)
[en réponse à 817357]
CHAPITRE XLI Que nous ne devons pas souhaiter d’être délivrés des affliction s que nous endurons patiemment ; et de la manière de régler tous nos désirs
(...) C’est pourquoi, en ceci comme dans tout le reste, prenez pour règle constante de tenir vos désirs tellement éloignés de tout ce qui n’est pas Dieu, qu’ils tendent purement et simplement à leur véritable et unique but, à savoir la volonté du Seigneur. De cette façon, ils seront toujours justes et équitables, et vous serez, au milieu de toutes vos contrariétés, tranquille et même heureux, parce que, sachant que rien ne peut se faire sans la volonté divine et voulant vous-même ce qu’elle veut, vous ne pouvez manquer de vouloir tout ce qui vous arrive et d’avoir tout ce que vous désirez. Cette remarque ne peut, il est vrai, s’appliquer à vos péchés et aux péchés d’autrui, puisque Dieu ne peut les vouloir ; mais elle s’applique parfaitement à toutes les peines qui en découlent ou qui vous viennent d’ailleurs. Si violente et si profonde que soit la blessure, arrivât-elle, en touchant le fond de votre cœur, à briser les racines mêmes de la vie naturelle, vous ne devez pas moins y reconnaître la croix dont Dieu se plaît à favoriser ses amis les plus intimes et les plus chers. Ce que je dis ici des afflictions en général doit s’entendre en particulier de la part de souffrances qui nous restera et que Dieu veut que nous endurions, après que nous aurons employé tous les moyens licites de nous en défaire. Encore faut-il régler l’emploi de ces moyens sur la volonté de Dieu qui les a établis, afin que nous nous en servions uniquement parce qu’il le veut, et non par attachement à nos aises, ou parce que nous aimons et désirons la cessation de nos épreuves plus que ne le requièrent son service et son bon plaisir.
CHAPITRE XLII Comment on doit se défendre des artifices du démon quand il nous inspire des dévotions indiscrètes
Lorsque l’esprit malin s’aperçoit que nous marchons dans le chemin de la vertu avec des désirs si vifs et si bien réglés qu’il ne peut nous engager dans le mal par des artifices manifestes, il se transforme en ange de lumière et nous suggère à tout instant des pensées agréables, des sentences de l’Écriture et des exemples tirés de la vie des saints pour nous faire marcher avec une ardeur indiscrète dans la voie de la perfection et nous faire ensuite tomber dans le précipice. C’est ainsi, par exemple, qu’il nous invite à châtier rudement notre corps par des disciplines, des jeûnes, des cilices et par d’autres mortifications semblables, afin que nous nous laissions aller à l’orgueil en nous imaginant, comme il arrive particulièrement aux femmes, que nous faisons des choses merveilleuses ; ou bien afin que nous contractions une maladie qui nous rende impropres aux bonnes œuvres ; ou bien encore afin que l’excès de travail et de peine nous fasse prendre les exercices spirituels en dégoût et en aversion, et que, devenant peu à peu tièdes pour le bien, nous nous adonnions avec plus d’avidité que jamais aux plaisirs et aux divertissements du monde. C’est ce qui est arrivé à un bon nombre de personnes pieuses. (...)
Source : Le Combat Spirituel de Laurent Scupoli, Edition de 1895
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

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Le lendemain de la sainte-Lucie par Montes Gelboe (2016-12-14 15:40:39)
[en réponse à 817357]
Le lendemain de Sainte-Lucie (In crastina sanctae Luciae), pour nous le 14 décembre, était dans les liturgies pré-trientines un jour important.
C'est pour le calendrier romain le XIXe des Calendes de Janvier. L'annonce des calendes à l'approche de Noël parait avoir marqué fortement les provençaux, qui désignent la fête de Noël par le mot caractéristique: "Calendo". Ce mot est passé en prénom "Calendau". Frédéric Mistral a pris un "Calendau" pour héros de son second grand poème qui porte ce titre.
Le lendemain de sainte Lucie on commençait à chanter les Grandes Antiennes ou Antiennes O, avec des textes plus nombreux qu'aujourd'hui, où on les commence seulement de 17 décembre. La fête de saint Thomas (21 décembre), était à elle seule pourvue de trois Antiennes O.
Le chant solennel de ces antiennes, entouré d'un cérémonial complexe, était accompagné de sonneries de cloches "à grand balan", c'est à dire le plus agité et bruyant possible. On a donné à ces sonneries en Languedoc le nom de "Nadalet" ou "Petit Noël", en Gascogne "Laudetos" ou "Alaudetos", voire "Glabaudetos". A l'interruption du culte pendant la Terreur, les sonneries perdurèrent très souvent. Au XIXe siècle, même si l'office quotidien des vêpres n'était plus célébré dans les paroisses, on a continué à sonner les Antiennes O ou "Nadalet", généralement à partir du 17 décembre, mais parfois à parir du 15 ou même encore du 14-.
Dans certaines familles on décorait de fleurs et de feuillages une bougie qui était allumée chaque soir au moment des sonneries.
C'est paradoxalement l'électrification des mouvements des cloches, dans les années 1960, qui a mis fin, dans la plupart des cas, aux sonneries calendales ou "Nadalet". Le bouton étant désormais à la discrétion du curé ou du clergé, peu attentif à ces modestes reliques, tandis que les sonneurs à main d'autrefois ne s'en laissaient pas compter...
Quelques rares clochers égrennent encore le "Nadalet" tandis que les hyper-marchés d'à-côté résonnent le plus souvent des rangaines consuméristes vides et lassantes d'un pseudo-Noël dénaturé.
L'arrivée des Calendes de Janvier est encore parfois de nos jours l'occasion d'observations de météorologie populaire. Le temps de chacun des jours à partir du 19e des calendes de janvier (14 décembre) étant censé préfigurer celui de chacun des mois de l'année suivante.
Il serait heureux que les lecteurs du présent forum fassent part de leur observation des éventuelles sonneries de cloches qui subisteraient à partir du 17 décembre, dans la fin d'après midi ou début de la soirée, à l'heure des vêpres. Un état des lieux de cette tradition pourrait-il concourir à la faire renaitre ?
Quand a la prévision du temps, hier comme aujourd'hui,...rien n'est plus incertain.
PS. Il n'y a aucun rapport entre ces éléments et le chant précédant depuis quelques années la messe de minuit papale à S. Pierre de Rome, que l'on annonce comme "La Calenda". Création sans racine de la néo-liturgie, qui dérive peut-être lointainement de la lecture solennelle du Martyrologe dans les Chapitres et Monastères le 24 décembre. Ce texte n'a jamais fait parie de près ou de loin de la liturgie du jour de Noêl, c'est une "forgerie", les méridionaux diraient en leur langue une "farlabique".