Le Forum Catholique

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images/icones/livre.gif  ( 816892 )Lien Crèche - Croix par Giacomo123 (2016-12-06 20:31:40) 

Bonjour,

je viens de découvrir les beaux écrits de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein) sur le lien de la Crèche et la Croix, dans le livre La Crèche et la Croix (éditions Ad Solem).

D'autres auteurs ont-ils écrits sur ce thème, ce lien étroit (et trop souvent oublié) entre la Crèche et la Croix ?

Merci d'avance,
Salutations.
images/icones/neutre.gif  ( 816900 )Marie Noel par La Favillana (2016-12-06 22:27:34) 
[en réponse à 816892]

Chant de l'Avent

MARIE

Je me hâte, je prépare

Car nous entrons en Avent,

Je me hâte, je prépare

Le trousseau de mon enfant.

Joseph a taillé du hêtre

Pour sa couchette de bois.

LES ANGES

Les Juifs tailleront du hêtre

Pour lui dresser une croix.


MARIE

J’ai fait de beaux points d’épine

Sur son petit bonnet rond.

LES ANGES

Nous avons tressé l’épine

En couronne pour son front.


MARIE

J’ai là des drapeaux de toile

Pour l’emmailloter au sec.

LES ANGES

Nous avons un drap de toile

Pour l’ensevelir au sec.


MARIE

Un manteau de laine rouge

Pour qu’il ait bien chaud dehors.

LES ANGES

Une robe de sans rouge

Pour lui couvrir tout le corps.


MARIE

Pour ses mains, ses pieds si tendres,

Des gants, des petits chaussons

LES ANGES

Pour ses mains, ses pieds si tendres

Quatre clous, quatre poinçons.


MARIE

La plus douce des éponges

Pour laver son corps si pur.

LES ANGES

La plus dure des éponges

Pour l’abreuver de vin sûr.


MARIE

La cuillère qui tourne, tourne,

Dans sa soupe sur le feu.

LES ANGES

La lance qui tourne, tourne,

Dans son cœur. Un rude épieu.


MARIE

Et, pour lui donner à boire,

Le lait tiède de mon sein.

LES ANGES

Et, pour lui donner à boire,

Le fiel prêt pour l’assassin.


MARIE

Au bout de l’Avent nous sommes,

Tout est prêt, il peut venir…

LES ANGES

Tout est prêt, tu peux venir,

O Jésus, sauver les hommes.

Marie Noël (1883 – 1967) – le Rosaire des Joies – 1911
images/icones/photo.gif  ( 816920 )L'icône par Yves Daoudal (2016-12-07 12:50:15) 
[en réponse à 816892]

de la Nativité montre le Christ enveloppé de bandelettes, dans un cercueil (ou sur un autel) dans une grotte noire qui est le sépulcre.



(Andrei Roublev)



(Monastère de Daphni, Athènes)
images/icones/musique.gif  ( 816925 )Une berceuse par Rémi (2016-12-07 13:14:48) 
[en réponse à 816892]

traditionnelle napolitaine, plus anecdotiquement, "Ninna nanna" :

Dodo, dodo,
dors mon fils, dors mon amour

Avec ces larmes et cette voix
tu désires la Croix hélas.
Maintenant qu'il est temps de dormir
dors mon fils, ne pleure pas
l'heure de la souffrance viendra.
Dors mon amour.

Cette bouche pleine de miel
désire du lait, du vinaigre et du fiel.
Maintenant qu'il est temps de dormir
l'heure du départ viendra
l'heure de la souffrance viendra.
Dors mon amour.

Les péchés d'autrui te font pleurer
et tu transformes la vie en mort
et tu te réjouis de souffrir.
Pour donner la vie au pécheur,
tu accompliras ce souhait.

Dors, ô Dieu



Très belle interprétation qu'on peut retrouver dans le disque Via Crucis" par Christina Pluhar et l'Arpeggiata (Virgin classics) et que j'écoutais justement hier. Ici en "live" :




images/icones/fleche2.gif  ( 816926 )Même thématique par Rémi (2016-12-07 13:38:11) 
[en réponse à 816925]

et texte proche pour "Hor ch'è tempo di dormire"

[...] Mon amour, que ce cœur
te soit à présent un doux lit
avant que dans un cri tu ne rendes
l'âme au Père sur la Croix.

Repose à présent tes membres
jolis, tendres et mignons,
parce qu'après entraves et chaînes
les feront cruellement souffrir.

Ces mains et ces pieds
que tu regardes avec plaisir et joie,
comme les clous pointus, hélas,
les transperceront de diverses manières !

Ce charmant visage,
plus rouge que rose à présent,
sera souillé de crachats et souffleté,
en proie au tourment et à l'angoisse.

Etc. jusqu'à l'évocation apaisée de l'espérance du Ciel.

Sur le même disque, texte de 1635 pour mon premier exemple, compositeur anonyme et 1638 pour celui-ci, musique de Tarquino Merula (mort en 1665) , mais il existe bien d'autres interprétations, comme ici par la regrettée Montserrat Figueras: