Le Forum Catholique
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( 816249 )
Le Pape François met en garde contre le diable et la damnation éternelle par Chicoutimi (2016-11-26 04:53:48)
Un article de
Radio Vatican :
Sainte-Marthe: la damnation est l'éloignement de Dieu
Le 25 novembre 2016
"Choisir de s’éloigner du Seigneur est une damnation éternelle. Lors de sa messe quotidienne dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe, le Pape a mis en garde contre tout dialogue avec le diable, séducteur et imposteur, pour au contraire se rapprocher, avec un cœur humble, de la dernière rencontre avec le Seigneur, le jour du Jugement. Comment sera le Jugement et la rencontre finale avec Jésus ? En cette fin d’année liturgique, l’Église porte à son terme la réflexion sur la fin du monde. Le Pape en parle ce vendredi 25 novembre 2016 en parcourant la première Lecture de l’Apocalypse de saint Jean.
La damnation n'est pas une salle de torture
Le premier à avoir été jugé est «le dragon, le serpent antique qui est le diable» que l’ange descendu du ciel jette dans l’Abysse, enchainé pour qu’il ne «séduise plus les nations, car il est séducteur», souligne François. «C’est un menteur, et même plus : il est le père du mensonge, il génère le mensonge, c’est un imposteur. Il te fait croire que si tu manges cette pomme, tu seras comme un dieu. Il te la vend, tu l’achètes et à la fin, il te trompe, il te piège et te ruine la vie. ‘Mais, mon père, comment faire pour ne pas se laisser piéger par le diable ?’». Jésus nous enseigne de ne jamais parler avec le diable, répond le Pape. Avec le diable, pas de dialogue. Qu’a fait Jésus ? Il l’a chassé.
Même dans le désert, Jésus n’a «jamais prononcé un seul mot, justement parce qu’Il était conscient du danger», souligne le Pape. Dans les trois réponses qu’Il a donné au diable, il s’est défendu avec la Parole de Dieu, la Parole de la Bible. Il ne faut donc jamais dialogue avec ce «menteur» et cet «escroc» qui cherche à obtenir notre ruine et pour cela «sera jeté dans l’abysse ».
La damnation, une seconde mort
Dans l’Apocalypse, les âmes des martyrs apparaissent, les âmes des «humbles» qui ont témoigné de Jésus et qui n’ont pas adoré le diable et ses disciples. Le Seigneur jugera les grands et les petits pour leurs actions, peut-on lire, et les damnés seront jetés au feu. Le Pape réfléchit à cette seconde mort : «La damnation éternelle n’est pas une salle de torture, c’est une mort. Le motif pour lequel certains ne seront pas reçus dans le Règne de Dieu, est qu’ils ne se seront pas rapprochés du Seigneur. Ce seront ceux qui sont allés sur leur propre route en s’éloignant du Seigneur. Ceux qui passent devant Lui et s’éloignent, seuls. La damnation éternelle est le fait de s’éloigner constamment du Seigneur.» L’éloignement pour toujours de ce Dieu qui donne le bonheur, de ce Dieu qui nous veut tant de bien, cela est le «feu» et «la route de la damnation éternelle».
Une parole, il fera le reste
L’ultime image de l’Apocalypse s’ouvre néanmoins à l’espérance et le Pape fait de même. Si nous ouvrons nos cœurs, comme le demande Jésus, et que nous n’allons pas seul sur notre route, nous connaîtrons la joie et le salut, affirme François. Il faut ainsi se laisser «caresser» et «pardonner» par Jésus sans orgueil, mais avec espérance. «L’espérance qui ouvre les cœurs à la rencontre avec Jésus. Car c’est cela qui nous attend : une rencontre avec Jésus. C’est beau, si beau ! Il nous demande d’être humble et de dire : ‘Seigneur’. Cette parole suffira. Lui fera le reste», assure le Saint-Père."
Source

( 816250 )
Lors de sa messe quotidienne dans la chapelle de la maison Sainte-Marthe,.. par Minger (2016-11-26 05:53:56)
[en réponse à 816249]

( 816254 )
un dédoublement de personnalité qui le concerne peut-être ? par jejomau (2016-11-26 08:29:07)
[en réponse à 816249]
C'est la deuxième fois qu'il nous parle du diable et de tout faire pour éviter ses œuvres..... Lui, qui vient de faire à l'instant l'éloge du théologien moral allemand Bernard Häring, connu pour son opposition vigoureuse contre
Humanae Vitae. "
Ces propos élogieux, François les a tenus devant la 36e congrégation générale de l’ordre des jésuites, le 24 octobre dernier, et ils ont été publiés jeudi par La Civiltá Cattolica, revue jésuite". Le pape François a déclaré :
« Je pense que Bernard Häring a commencé à chercher une nouvelle manière d’aider la théologie morale à refleurir. »
Or "
en relativisant la morale et en contestant directement et ouvertement, au grand scandale des fidèles désireux de respecter les préceptes vivifiants de l’Eglise, Häring a répandu l'idée que la loi morale ne vaut pas pour tous et qu’il est possible de s’arranger avec elle. Cela est en réalité vieux comme le péché, et entraîne les âmes à présumer de la miséricorde.".
Merci à
Jeanne Smits de nous éclairer un peu plus sur le pape François.
On dirait qu'il n'a de cesse de s'attaquer à la morale.... Je comprends que le diable le tourmente !

( 816268 )
Le défaut ou manque de normes est libératoire et non libérateur. par Scrutator Sapientiæ (2016-11-26 13:58:53)
[en réponse à 816254]
Bonjour jejomau,
Je fais ici référence, d'une manière indirecte, à Bernard Haring et à ce qu'il a incarné : une certaine forme d'anti-légalisme, qui a été le pendant, dans le domaine des moeurs, de ce qu'a été un certain type d'anti-dogmatisme, dans le domaine de la foi.
Là où l'excès ou le trop-plein de normes est asservissant, la norme, en elle-même, bien pensée et bien vécue, n'est pas asservissante, mais a une vertu fondatrice et formatrice, éducative, informative, orientative, est libératrice et responsabilisante, que ce soit dans l'ordre du croire ou dans celui de l'agir.
En revanche, le défaut ou le manque de normes est libératoire et déresponsabilisant, et non libérateur et responsabilisant.
Ceux, parmi les catholiques, qui ne voient pas que le défaut ou le manque de normes est libératoire et déresponsabilisant, considèrent qu'un catéchisme sans Credo ni Décalogue, ou, si vous préférez, qu'un Magistère de Paul VI sans Profession de foi ni Humanae vitae, ou encore qu'un Magistère de Jean-Paul II sans Evangelium vitae ni Dominus Iesus, n'est absolument pas contradictoire.
Ils ont plutôt tendance à ne pas voir "où est le problème", puisque, précisément, d'après eux, l'assimilation ou la subordination de l'évangélisation à une dynamique d'émancipation et d'unification, sans référence aux dogmes et aux vertus, sans régulation par les dogmes et par les vertus, constitue la réponse, la solution.
(Mais à quoi, au fait ? Est-ce de la faute de ceux qui respectent le Credo et le Décalogue, si Jésus-Christ est "le signe de contradiction", et suffit-il de faire évincer ou de faire oublier le Credo et le Décalogue, pour faire du Christ "le signe de conciliation" ?)
Je veux bien croire qu'une période de bourrage de crânes, en théologie dogmatique et en théologie morale, a précédé et, en un sens, préparé, une réaction en sens inverse, qui s'est traduite par une période de lavage de cerveaux, qui a commencé autour de 1945.
En ce sens, il est possible d'expliquer, je ne dis pas de justifier, la part de bien-fondé que semble vraiment avoir eu, dans bien des esprits, cette période de lavage de cerveaux, adogmatique et eudémoniste, ou anti-dogmatique et anti-légaliste.
Mais depuis déjà plusieurs décennies, nous voyons bien, nous voyons tous, que l'Eglise catholique ne souffre pas d'un excès ou d'un trop-plein de dogmatisme et de légalisme, mais au contraire d'un défaut ou d'un manque de références structurantes, susceptibles d'être connues et comprises, reçues et transmises, de générations en générations de catholiques.
Aussi est-on vraiment en droit de s'interroger, non avant tout sur l'ampleur et la portée des contradictions qui sont présentes dans l'esprit du Pape François, mais avant tout sur les observations et les analyses sur lesquelles il prend appui pour se doter d'une appréciation, la objective et la plus orthodoxe possible, de la situation actuelle :
- a-t-il bien conscience du fait que nous n'en sommes plus depuis longtemps à la manière de recevoir et de transmettre le Credo et le Décalogue qui a prévalu, au moins en Europe occidentale, au moins jusqu'au milieu ou jusqu'à la fin des années 1940,
- que nous n'avons pas besoin d'un nouveau Bernard Haring, mais de quelqu'un qui réhabilitera et revalorisera les références structurantes en l'absence desquelles, ou en présence du contournement ou du dépassement desquelles, le catholicisme s'expose fortement à un risque d'auto-fragilisation ou d'auto-détérioration ?
Je le dis autrement : le septantisme était hétérodoxe, mais n'était pas anachronique, hier, dans le contexte...des années 1970. Qui aura la respectueuse simplicité de faire remarquer au Pape François que le septantisme est toujours aussi hétérodoxe, mais aussi et surtout qu'il aggrave son propre cas, en étant anachronique, aujourd'hui, compte tenu des besoins de bien des fidèles, dans le contexte...des années 2010 ?
Bonne journée.
Scrutator.

( 816271 )
il est probable que le pape est conscient de la démolition de l'Eglise par jejomau (2016-11-26 14:45:44)
[en réponse à 816268]
par les hommes qu'il a choisi, par les synodes mis en route, par les propos qu'il tient.
Les mots sont forts ?
Je pense que François pense agir en réalité pour le bien de l'Eglise qu'il s'agit pour lui de transformer. Il n'agit donc pas consciemment contre l'Eglise. Comment cela se peut-il ? Tout simplement, il ne pense pas comme vous et moi. Pour lui, il ne s'agit pas de "démolition" mais de "transformation" vers une Eglise meilleure
Retenons ce terme : "transformation"
- Il s'agissait, via le Synode sur le famille de réaliser une "transformation" de la morale de l'Eglise pour la mettre en conformité avec celle du "monde". Echec partiel.
- Il s'agit, par la purge au sein de la Curie, de "transformer" la perception qu'ont les gens de ceux qui décident dans l'Eglise afin que le "monde" soit rasséréné sur les lignes directrices futures, sur la dynamique à venir impulsée désormais au plus haut niveau
- Il s'agit maintenant de réaliser la "transformation" du statut de la femme au sein de l'Eglise en attendant la prochaine initiative déjà concoctée dans les commissions ad-hoc...
De quoi s'agit-il par conséquent ?
Revenons à Marx dont l'idée maîtresse qui régit son œuvre réside dans le concept de "l'Aliénation".
L’aliénation, noyau des Manuscrits de 1844, désigne cette situation où l’homme est confronté à un « être-autre » (et néanmoins issu de lui-même) qui le domine et l’asservit, elle signifie le fait de devenir étranger à soi même. Marx part de cette théorie pour montrer que le travail produit par l'homme l'asservit aussi. D'où le fait de s'en libérer par un procédé révolutionnaire.
Cette dialectique est aujourd'hui au travail au sein de l'Eglise.
Reprenons l'exemple de la femme à émanciper. Elle signifie pour ceux qui y croient cette altérité chez l'homme. Altérité aliénée par l'homme-mâle. Il faut donc la "libérer" via une "transformation" en profondeur dans la pensée de l'Eglise. C'est cela qui se met en œuvre aujourd'hui : une nouvelle révolution par une "transformation" du fidéle catholique qu'on va essayer de libérer de tout ce qui "l'aliénait" : une certaine tradition, un certain Magistère, etc...
Pour y arriver, on part d'un mensonge.
Par exemple, on ment sur les faits historiques jusqu'à ce que ceux-ci, au fil du temps, finissent par devenir une vérité bien ancrée au fond des esprits. On répandra par exemple l'idée que le célibat est une invention du Moyen-Age mais que "Christ" n'a jamais voulu cela.. On attendre quelques générations... il sera facile alors de convaincre tout un chacun qu'il faut mettre "à égalité hommes et femmes".
Le postulat de base de ceux qui se fondent sur la théorie marxiste issue de l'Aliénation repose sur l'altérité justement. Reprenons l'exemple de l'égalité homme-femme que nous avons évoqué plus haut. Pour pouvoir dire qu'il faut libérer la femme de l'homme qui l'aliène, il faut nécessairement partir du fait que la femme est l'égale de l'homme et non qu'elle est complémentaire. C'est là le mensonge . Pour l'Eglise comme pour Dieu : la femme est complémentaire chez l'homme, et si "égale en dignité", elle n'est pas égale dans les faits.
La transformation désirée aujourd'hui dans le "peuple de Dieu" par ceux qui ont les leviers du pouvoir part donc d'un postulat marxiste et n'est pas propre à celle développée par l'Eglise.

( 816312 )
Philosophie postmoderne et théologie du peuple. par Scrutator Sapientiæ (2016-11-27 08:19:43)
[en réponse à 816271]
Bonjour et bon dimanche, jejomau.
D'une part, il me semble vraiment que ce que l'on appelle fréquemment "le marxisme culturel" n'est pas avant tout ni seulement d'inspiration marxiste, et que cette expression désigne très souvent la philosophie postmoderne, dans sa composante militante, partisane, séductrice, subversive, qui vise à la déculturation, fallacieusement libératrice, du monde européen, en particulier, et du monde occidental, en général.
Allez donc voir du côté de Marx, mais aussi du côté de Nietzsche, du côté de Freud, du côté de Heidegger, informez-vous, si vous ne l'avez déjà fait, comme je l'ai fait moi-même, sur la complexité et la diversité de ce que l'on appelle la French theory, et vous verrez que le marxisme ne constitue que l'une des sources d'inspiration de ce courant de pensée et d'action, de cette idéologie, qui s'appuie sur une pluralité d'auteurs et s'oriente dans une multitude de domaines.
D'autre part, je me suis déjà posé la question de savoir quel est le logiciel le plus probable qui est à l'origine du Magistère et, plus encore, de la pastorale du Pape François. Il y a déjà quelques années, quelqu'un, sur internet, m'a mis sur la voie, en m'invitant à m'informer sur ce que l'on appelle la théologie du peuple, qui est une composante de la théologie de la libération.
Informez-vous, si vous ne l'avez déjà fait, et vous verrez, comme je l'ai vu moi-même, dans quelle mesure c'est bien la théologie du peuple qui constitue le référentiel ou, en tout cas, l'un des référentiels, qui contribue à la formation de ce que j'appelle "le spécifique" du positionnement du Pape François.
Cela étant écrit, cela ne retire presque rien au fait que je suis d'accord avec la remarque suivante, qui n'est pas fondamentalement différente de la vôtre. Il est certain que depuis à peu près une génération avant la clôture du Concile, on a l'impression que bon nombre de clercs
- ne priorisent pas la transformation des coeurs et des moeurs, de l'esprit et de la vie, en Jésus-Christ, par le recours à la Foi, à l'Espérance, à la Charité, aux sacrements,
- mais priorisent la transformation des structures et des relations, ad intra et ad extra, de l'Eglise catholique,
comme si cette transformation des structures et des relations était une condition sine qua non, voire une fin en soi.
Si encore cette transformation était "contra-positionnelle", à l'égard de l'esprit du moment présent et du monde présent, à la limite, pourquoi pas ; mais nous savons bien, vous et moi, que cette transformation tend à être, bien plutôt, "proxi-positionnelle".
Aurons-nous droit l'an prochain, en provenance du Pape, de Rome, à une incitation à commémorer le 25° anniversaire de la publication du Catéchisme de l'Eglise catholique ? Je (me) pose cette question à dessein, et non par hasard, dans le cadre et au terme de ce message.
Bon dimanche.
Scrutator.