Le Forum Catholique
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( 815952 )
Misericrodia et misera - Avortement par Rémi (2016-11-21 12:54:15)
Un autre point nouveau qui modifie de fait le Code de droit canon:
11. Je voudrais que nous méditions tous les paroles de l’Apôtre, écrites vers la fin de sa vie, quand il confesse à Timothée avoir été le premier des pécheurs, mais « il m’a été fait miséricorde » (1 Tm 1,16). Ses mots ont une grande puissance pour nous provoquer à réfléchir, nous aussi, sur notre existence, et pour voir à l’œuvre la miséricorde de Dieu qui change, convertit, et transforme notre cœur : « Je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère, moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent. Mais il m’a été fait miséricorde » (1 Tm 1,12-13).
Avec une passion pastorale toujours renouvelée, rappelons-nous donc les paroles de l’Apôtre : « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation » (2 Co 5,18). C’est en vue de ce ministère que nous avons été pardonnés en premier, faits témoins privilégiés de l’universalité du pardon. Aucune loi ni précepte ne peut empêcher Dieu d’embrasser de nouveau le fils qui revient vers lui reconnaissant s’être trompé mais décidé à recommencer au début. Ne s’arrêter qu’à la loi, c’est rendre vaines la foi et la miséricorde divine. Il y a une valeur propédeutique dans la loi (cf. Ga 3,24) qui a comme fin, la charité (cf. 1 Tm 1,5). Cependant, le chrétien est invité à vivre la nouveauté de l’Évangile, « la loi de l’Esprit qui donne la vie dans le Christ » (Rm 8,2). Même dans les cas les plus difficiles, où l’on est tenté de faire prévaloir une justice qui vient seulement des normes, on doit croire en la force qui jaillit de la grâce divine.
Nous autres confesseurs, nous avons l’expérience de nombreuses conversions qui se manifestent sous nos yeux. Ayons conscience de la responsabilité des gestes et des paroles afin qu’ils touchent le cœur du pénitent pour qu’il découvre la proximité et la tendresse du Père qui pardonne. Ne rendons pas vains ces moments par des comportements qui pourraient contredire l’expérience de la miséricorde recherchée. Aidons plutôt à éclairer l’espace de la conscience personnelle avec l’amour infini de Dieu (cf. 1 Jn 3,20).
Le sacrement de la Réconciliation doit retrouver sa place centrale dans la vie chrétienne. C’est pourquoi il exige des prêtres qu’ils mettent leur vie au service du « ministère de la réconciliation » (2 Co 5,18) de sorte qu’aucun pénitent sincère ne soit empêché d’accéder à l’amour du Père qui attend son retour, et que la possibilité de faire l’expérience de la force libératrice du pardon soit offerte à tous.
La célébration de l’initiative des 24 heures pour le Seigneur, en lien avec le IVème dimanche de Carême, peut être une occasion à saisir. Elle a déjà reçu un accueil favorable dans les diocèses et demeure un appel pastoral fort pour vivre intensément le sacrement de la Confession.
12. En fonction de cette exigence, et pour qu’aucun obstacle ne s’interpose entre la demande de réconciliation et le pardon de Dieu, je concède à tous les prêtres, à partir de maintenant, en vertu de leur ministère, la faculté d’absoudre le péché d’avortement. Ce que j’avais concédé pendant le temps limité du Jubilé est étendu désormais dans le temps, nonobstant toutes choses contraires. Je voudrais redire de toutes mes forces que l’avortement est un péché grave, parce qu’il met fin à une vie innocente. Cependant, je peux et je dois affirmer avec la même force qu’il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père. Que chaque prêtre se fasse donc guide, soutien et réconfort dans l’accompagnement des pénitents sur ce chemin particulier de réconciliation.

( 815994 )
pourquoi l'avortement par jejomau (2016-11-21 22:27:17)
[en réponse à 815952]
avait-il été considéré comme un péché qu'aucun prêtre ne pouvait absoudre ?

( 815995 )
Parce qu'il y avait une excommunication par Sacerdos simplex (2016-11-21 22:46:46)
[en réponse à 815994]
Au passage, ce n'est pas le péché qu'on ne pouvait pas absoudre, mais l'excommunication.
Le Code dit :
Can. 1398 - Qui procure un avortement, si l'effet s'en suit, encourt l'excommunication latae sententiae.
Comme il a été dit sur le FC il y a des années, c'était une usine à gaz qui ne fonctionnait pas beaucoup : pour encourir l'excommunication, il fallait savoir qu'on encourait une excommunication, ce qui en pratique n'était quasiment jamais le cas (sauf pour les professionnels).
De plus, chaque diocèse avait fixé des règles pour atténuer les effets de cette excommunication, ou donner des pouvoirs à ce sujet. Les règles étant différentes d'un diocèse à l'autre, un prêtre qui intervenait sur 2 ou 3 diocèses était un peu dans l'incertitude.
Bref, bien que je ne sois pas particulièrement un fan du pape, je ne critiquerai pas cette décision.

( 815996 )
donc, il n'y a plus d'excommunication liée à l'avortement ? par jejomau (2016-11-21 22:51:54)
[en réponse à 815995]
Tout est dans la question

( 815998 )
Il faudrait demander au pape... par Sacerdos simplex (2016-11-21 23:04:00)
[en réponse à 815996]
Mais comme il n'a pas modifié le Code, a priori l'excommunication subsiste ; mais apparemment tout prêtre a le pouvoir de la délier.
La nuance est délicate, mais elle existe.

( 816055 )
Si. par Rémi (2016-11-22 14:20:05)
[en réponse à 815996]
Le Pape ne parle absolument pas d'un changement quant à la sanction canonique.
Mais manifestement les prêtres l'absoudront avec le péché lui-même, comme c'est logique, et comme jusqu'à présent le faisaient les prêtres autorisés par l'évêque pour ces cas, ou l'évêque lui-même, cf. CEC déjà cité.

( 816001 )
Le pb par Chris (2016-11-21 23:53:16)
[en réponse à 815995]
Le problème c'est que aux yeux du monde, cela va faire croire que l'avortement n'est pas si grave
Certes les gens peuvent demander pardon au Seigneur
Mais combien le font
La plupart recommencent
Les jeunes filles sont informées par le planning F
Il valait mieux dire que stop ça suffit 250000 assassinats d'innocents..

( 816053 )
Tssssss par
Le Webmestre (2016-11-22 13:52:08)
[en réponse à 816001]
Dans votre titre, qui plus est...

( 816008 )
Il y a aussi un effet volume par Regnum Galliae (2016-11-22 09:51:01)
[en réponse à 815995]
réserver aux évêques la levée des rares cas d'excommunication se comprend, mais quand la moitié de la population est concernée... En outre, les fautifs ne sont pas forcément conscients de leur excommunication. Est-il utile d'alourdir le processus de réconciliation au risque de décourager des gens qui ignorent souvent tout des choses de la religion, et a fortiori des subtilités canoniques ?
Je suppose que le prêtre doit faire preuve de discernement et peut toujours soumettre à son évêque les cas de ceux qui ont commis ce péché par malice et en pleine conscience.

( 816040 )
Vous voulez dire: les fautives ? par Athanase (2016-11-22 12:22:02)
[en réponse à 816008]
Ce serait plus juste ! Jusqu'à preuve du contraire, les hommes n'ont pas cette faculté de mettre au monde.

( 816045 )
Les fautifs. par Rémi (2016-11-22 12:51:46)
[en réponse à 816040]
Car les "médecins" avorteurs, qui ne sont pas tous des femmes, encourent aussi l'excommunication ("qui procure un avortement ... ) tandis que les hommes (conjoint, famille) de l'entourage de la femme enceinte peuvent être complices, voire incitateurs, sinon même instigateurs voire prescripteurs du crime.

( 816046 )
Non, les uns et les autres sont fautifs par Sacerdos simplex (2016-11-22 12:54:51)
[en réponse à 816040]
Et il est très fréquent que le père du bébé disparaisse, laissant la femme dans la détresse, ou bien fasse des pressions insensées sur la pauvre mère pour l'obliger à avorter malgré elle.
Il serait bon qu'on mette en avant le droit à NE PAS avorter.
Ce qui concrètement signifie une aide pécuniaire et/ou un accompagnement.

( 816052 )
Exactement. Les fautifs par Regnum Galliae (2016-11-22 13:51:02)
[en réponse à 816046]
Et les femmes concernées ne sont pas toujours les plus coupables.

( 816057 )
cardinal Alfonso Lopez Trujillo par jejomau (2016-11-22 14:41:42)
[en réponse à 816040]
« dans le cas de l’avortement l’excommunication s’applique à la mère, au médecin, aux infirmiers et au père s’il est en accord ».

( 815999 )
Des prêtres pouvaient l'absoudre. par Rémi (2016-11-21 23:08:24)
[en réponse à 815994]
Mais il fallait qu'ils soient évêques.

( 816000 )
Plus précisément: par Rémi (2016-11-21 23:25:47)
[en réponse à 815999]
CEC: 1463 Certains péchés particulièrement graves sont frappés de l’excommunication, la peine ecclésiastique la plus sévère, qui empêche le réception des sacrements et l’exercice de certains actes ecclésiastiques (cf. ⇒ CIC, can. 1331; CCEO, can. 1431 ; 1434), et dont l’absolution, par conséquent, ne peut être accordée, selon le droit de l’Église, que par le Pape, l’évêque du lieu ou des prêtres autorisés par eux (cf. ⇒ CIC, can. 1354-1357; CCEO, can. 1420). En cas de danger de mort tout prêtre, même dépourvu de la faculté d’entendre les confessions, peut absoudre de tout péché (cf. ⇒ CIC, can. 976; CCEO, can. 725) et de toute excommunication.

( 816004 )
Pourquoi seul l'avortement ... par Cath...o (2016-11-22 09:02:31)
[en réponse à 815994]
... (parmi d'autres meurtres) est-il passible d'excommunication ?
Une fois le bébé né, ce n'est plus la même loi qui s'applique ? Etrange à première vue, si quelqu'un pouvait m'éclairer là-dessus ...

( 816019 )
Le principe des sanctions... par Sacerdos simplex (2016-11-22 10:45:33)
[en réponse à 816004]
Les sanctions, comme par exemple l'excommunication, ont pour but de sanctionner les coupables et de les amener à regretter et réparer leur faute. On les appelle "médicinales".
On trouve des exemples dans le Nouveau Testament.
Le choix des sanctions a un caractère pédagogique :
un assassinat, tout le monde sait que c'est une faute grave ; là, on veut souligner que l'avortement est, en tant que tel, tout aussi grave.
Le législateur tient donc compte des circonstances pour le choix de ces sanctions (y compris de la fréquence de ces fautes, pour souligner la nécessité de lutter contre elles).
L'avortement est loin d'être le seul péché frappé d'une excommunication automatique, mais les autres sont beaucoup plus rares.
Voir ici (et pages suivantes) la liste de ces péchés dans le Code :
http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P4Z.HTM
Et les dispositions générales ici et pages suivantes :
http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P4R.HTM

( 816023 )
Une question, svp par Lancea Sancta (2016-11-22 11:16:31)
[en réponse à 816019]
Le mariage avec une telle excommuniée est-il valide?

( 816028 )
Le Code leur interdit de recevoir les sacrements, mais il ne précise pas "Sous peine d'invalidité" par Sacerdos simplex (2016-11-22 11:30:09)
[en réponse à 816023]

( 816042 )
Exemplarité en effet par Rémi (2016-11-22 12:39:58)
[en réponse à 816019]
pour bien faire entendre que le meurtre d'un enfant à naître n'est pas moins grave que celui d'un homme fait ou d'un jeune enfant. Surtout de nos jours où l'on voit de moins en moins le fœtus comme un être humain.
Mais également je crois en raison du caractère particulièrement odieux de l'avortement: meurtre du plus innocent parmi les innocents, de celui qui est absolument sans défense, ne peut même pas faire entendre ses cris, et cela précisément dans la matrice maternelle où il devrait être aimé et protégé.
Aussi en raison de la qualité des agresseurs: les parents, le corps médical, tout justement ceux dont la mission est de protéger la vie de l'enfant, de l'aider à croître et à naître. En lieu de quoi ils le tuent ou au moins consentent à ce qu'on le tue.
Il me semble qu'il y a aussi une dimension presque directement blasphématoire à ce péché: l'avortement supprime une vie créée par Dieu tout aussitôt ou presque qu'Il la faite ! C'est non seulement faire bien peu de cas de Son oeuvre, mais c'est presque se moquer de Lui que de la détruire sans même lui laisser le temps d'exister un peu. C'est un "non ! " littéralement radical (et en cela diabolique) opposé à la volonté de Dieu qui vient juste d'insuffler une âme.
Enfin l'avortement empêche dans l'immense majorité des cas que le bébé ait seulement la possibilité de recevoir le baptême, ce qui là aussi est injurieux pour Dieu tout en étant potentiellement dommageable pour l'âme de la victime.
Toutes ces raison, et sûrement d'autres encore, font je crois qu'à bon droit l'Eglise use d'une particulière sévérité, gravité et automaticité de la peine, tout en restant miséricordieuse aux pécheurs, la peine est médicinale et désormais l'accès à la confession de ce péché est facilité.

( 816062 )
Ce recours à l'évêque datait de quand? par Ritter (2016-11-22 16:42:12)
[en réponse à 815952]
On peut comprendre que le Saint Père facilite l'accès, à la confession.
Car 250 000 à 300 000 avortements par an, dans certains pays européen, si toutes les personnes prenaient conscience de la nature de l'acte.
S'il y a une centaine d'évêques, cela ferait 2500 personnes à confesser par évêque.
Entre 40 et 50 par semaine.
Dommage collatéraux de cet acte;
Le caractère de cet acte n'est pas diminué, par un accès plus facile à la confession.
En outre à l'époque actuelle, et dans la situation à venir, cela est un acte prudent, et précurseur.
Merci de l'avoir signalé.

( 816063 )
conscience de l'acte ? par Lycobates (2016-11-22 16:48:24)
[en réponse à 816062]
Si l'on veut que le monde prenne "conscience" de la gravité de l'acte de l'avortement, l'on devrait réserver l'excommunication au Saint Siège.
En le laissant à l'arbitre du confesseur on fait le contraire, on le rend anodin.
La presse l'a bien compris.
On pouvait lire ici hier: "Papst verzeiht Abtreibungen"
"Le pape pardonne les avortements"
C'est si simple que ça !

( 816071 )
Absurde. par Rémi (2016-11-22 18:30:57)
[en réponse à 816063]
Le Pape n'a pas pour mission de confesser la planète entière. Qu'il se réserve certains péchés à la fois graves, rares et touchant l'unité de l'Eglise ou la foi dont il est le garant (schisme, hérésie, apostasie), essentiellement commis par les clercs (profanation du Saint Sacrement, violation du secret de la confession, absolution d'un complice dans le péché) ou sa propre personne (violence contre le Saint-Père) c'est bien normal.
Par ailleurs par définition une absolution est laissée à l'arbitre du confesseur, qu'il soit le Pape ou le dernier des curés. Or les simples prêtre peuvent absoudre d'un meurtre, dont pourtant nul ne doute de la gravité, tandis que ceux qui nient la gravité de l'avortement le font surtout parce qu'ils nient que l'avortement soit le meurtre d'un être humain, ils nient la réalité de l'avortement.
Enfin on voit mal qu'un médecin ou une femme avortée allant se confesser à un simple prêtre puisse être plus insincère qu'en se confessant à l'évêque (ou à un prêtre délégué) . La démarche elle-même, et je la suppose plutôt rare, n'imaginons pas demain des files d'avorteurs pénitents se précipiter aux genoux des prêtres, implique la sincérité et le repentir, sauf grave perversité.
Et puis que veut-on ? Que les gens se confessent, ou non ? Que Dieu puisse les pardonner ou qu'ils croupissent dans leur péché à cause de la difficulté à approcher le confesseur idoine et autorisé ? Eh bien on leur facilite (à peine un peu plus, les évêques déléguaient déjà beaucoup) l'approche du saint tribunal. Nous devrions nous en réjouir.
"Le pape pardonne les avortements" ? Mais c'est ce que vous voudriez, Lycobates ! En même temps connaissant vos positions, on se demande bien ce qui vous préoccupe dans ce qu'établit ou non François, concernant des évêques et des prêtres dont vous ne parlez qu'entre guillemets ...

( 816078 )
D' autre part le site Pro Liturgia par AVV-VVK (2016-11-22 20:33:49)
[en réponse à 816071]
relève aujourd'hui une réserve intelligente faite par un prélat.

( 816085 )
absurde ? par Lycobates (2016-11-22 22:40:21)
[en réponse à 816071]
La question se pose en effet.
Le Pape n'a pas pour mission de confesser la planète entière. Qu'il se réserve certains péchés à la fois graves, rares et touchant l'unité de l'Eglise ou la foi dont il est le garant (schisme, hérésie, apostasie), essentiellement commis par les clercs (profanation du Saint Sacrement, violation du secret de la confession, absolution d'un complice dans le péché) ou sa propre personne (violence contre le Saint-Père) c'est bien normal. Par ailleurs par définition une absolution est laissée à l'arbitre du confesseur, qu'il soit le Pape ou le dernier des curés. Or les simples prêtre peuvent absoudre d'un meurtre, dont pourtant nul ne doute de la gravité, tandis que ceux qui nient la gravité de l'avortement le font surtout parce qu'ils nient que l'avortement soit le meurtre d'un être humain, ils nient la réalité de l'avortement. Enfin on voit mal qu'un médecin ou une femme avortée allant se confesser à un simple prêtre puisse être plus insincère qu'en se confessant à l'évêque (ou à un prêtre délégué) . La démarche elle-même, et je la suppose plutôt rare, n'imaginons pas demain des files d'avorteurs pénitents se précipiter aux genoux des prêtres, implique la sincérité et le repentir, sauf grave perversité.
Il est peut-être utile de rappeler certaines choses, jadis connues généralement, mais un peu oubliées à ce qu'il paraît.
Le droit codifié en 1917 a gardé 26 (vingt-six) délits graves, punis avec une excommunication
latae sententiae, dont l'absolution est réservée au Saint Siège. Il existe 9 (neuf) délits, passibles d'une excommunication
latae sententiae, réservée à l'Ordinaire du lieu (pas à n'importe quel évêque : à l'Ordinaire du lieu du pénitent), dont l'avortement ; et 5 (cinq) excommunications réservées à personne (dont peut donc absoudre tout confesseur).
Dans tous ces cas, le pénitent se confesse à son propre confesseur, pas au Pape ou à l'évêque, bien entendu. Avant de pouvoir recevoir l'absolution sacramentelle (qui lui est due si ses dispositions sont bonnes) le pénitent doit (sauf cas d'urgence, dont le confesseur est juge) être absous
préalablement de la censure qu'il a encourue. Pour ce faire le confesseur (en temps normal) écrit à l'évêque, ou pour les censures réservées à Rome, à la Pénitencerie (le plus souvent), pour exposer le cas (anonymement),
ad recipienda mandata. Après réception de la réponse (qui comporte en principe la pénitence à imposer) la censure est levée et le pénitent est absous.
Nos manuels de morale comportent toute une série de lettres modèles pour une grande variété de cas.
Tout cela, bien sûr, appartient au passé.
Vous dites : n'imaginons pas demain des files d'avorteurs pénitents se précipiter aux genoux des prêtres.
Non certes.
Même si dans tous ces cas la démarche du pénitent est la même : il se confesse à son confesseur, qui lui prendra les dispositions nécessaires pour rémédier au problème.
Mais si la demarche comportait l'obligation d'aller au delà de l'Ordinaire, à la Pénitencerie notamment, et cela se savait, l'effet dissuasif (du crime) serait plus grand, alors que maintenant la sensation créée (et entretenue par la presse antichrétienne, pas par moi !) est que "ce n'est pas si grave", puisque "tout prêtre" peut le faire et "François pardonne" de toute façon.
Je ne prétends pas dire plus que cela, en relevant un titre de notre presse.
"Le pape pardonne les avortements" ? Mais c'est ce que vous voudriez, Lycobates ! En même temps connaissant vos positions, on se demande bien ce qui vous préoccupe dans ce qu'établit ou non François, concernant des évêques et des prêtres dont vous ne parlez qu'entre guillemets ...
Qu'est-ce que je voudrais ?
Vous me prêtez des intentions bien particulières. Je ne vous en veux pas, mais je ne veux certainement pas que votre "François" en rajoute à la liste déjà longue de ses extravangances (je pèse mes mots).
Ce que je voudrais vraiment, c'est que "François" fît une bonne mort pour se voir confronté à un
Mitis Iudex. Je prie à cette intention.
Vous voyez ?
Mais peut-être vous ne me croirez pas. Tant pis pour vous.
Et vous demandez ce qui me préoccupe ?
L'imposture.
Le fait que ces personnes, en disant ce qu'ils disent et en faisant ce qu'ils font, prétendent parler et agir au nom de l'Église du Christ, et sont perçus comme tels, par le plus grand nombre, à tort.

( 816094 )
Justement aller à la pénitencerie par Ritter (2016-11-23 09:06:15)
[en réponse à 816085]
Problème pour notre époque;
Vous donnez un argument que je n'ai osé développer.
Cela serait a terme un argument contre l'Eglise, par les états.
Car pour un état laïc une religion ne saurait être une entrave à la tuerie de masse.
Or seuls l'Eglise catholique s'oppose à cette tuerie une fois de plus selon l'histoire.

( 816066 )
Je l'ignore, mais par Rémi (2016-11-22 17:41:31)
[en réponse à 816062]
la réserve à l'ordinaire est déjà présente dans le code abrogé.

( 816106 )
"si aggiornerà anche il diritto canonico" par Lycobates (2016-11-23 15:35:19)
[en réponse à 815952]
Le changement de fait entraînera un changement formel du droit conciliaire, selon M. Fisichella, avec l'abandon définitif de l'excommunication
latae sententiae pour l'avortement.
En italien, ici
Des
aggiornamenti qui se suivent et se ressemblent.