Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 815837 )Question aux liturgistes par Candidus (2016-11-19 15:32:27) 

L’abbé Adrian Fortescue dans son ouvrage de référence sur la liturgie romaine traditionnelle, The Mass: a study of the Roman liturgy, écrit p. 187 qu’à son époque (début XXème siècle) la messe du Samedi Saint à la basilique majeure de St Jean du Latran, cathédrale du pape, était célébrée dans un rite particulier.

Cette liturgie, qualifiée d’”archaïque” par l’abbé Fortescue, était dépourvue d’offertoire, d’Agnus Dei et d’antienne de communion.

Qu’est-ce que cela inspire à nos liseurs férus de liturgie ?

Quand ce rite propre à la plus digne et vénérable église de la chrétienté a-t-il disparu ?
images/icones/1h.gif  ( 815839 )Sans y connaître grand chose... par Alexandre (2016-11-19 16:05:24) 
[en réponse à 815837]

... la messe du Samedi saint, telle qu'elle figure dans le Missel avant la réforme de Pie XII (1951-1955), "était dépourvue [d'antienne] d’offertoire, d’Agnus Dei et d’antienne de communion"...

Pour qui suit le Missel de 1962, c'est encore le cas de la messe de la Vigile pascale.

images/icones/bible.gif  ( 815851 )Effectivement par Candidus (2016-11-19 17:44:22) 
[en réponse à 815839]

Reste l'absence d'offertoire qui n'est pas anodine. Un liturgiste pourrait-il nous en dire plus sur cette étonnante particularité qui renvoie à un état de la messe romaine antérieur au XIVème siècle ?
images/icones/neutre.gif  ( 815865 )De façon générale par Turlure (2016-11-19 18:38:29) 
[en réponse à 815851]

Lorsque des innovations apparaissent en liturgie au cours des siècles, il y a une tendance à ne pas les introduire dans les temps liturgiques les plus sacrés, qui gardent une forme plus archaïque.

Par exemple, une explication historique à l'absence d'alleluia pendant le Carême (et l'avant-Carême) est qu'il s'agit d'une forme de chant apparue postérieurement au trait, qui est la forme romaine la plus archaïque (chant d'un psaume entier par le chantre, sans dialogue ni refrain).

C'est particulièrement manifeste pour les trois derniers jours de la Semaine Sainte et leur office divin particulièrement sobre, qui ne comprend ni verset introductif, ni hymne, ni Gloria Patri, ni capitule. On peut aussi mentionner la semaine pascale, où on chante Haec Dies à la place habituelle du capitule, du répons bref et de l'hymne.

Ainsi, les deux messes qui sont restées les plus imperméables aux nouveautés (avant les années cinquante) sont la messe des présanctifiés du Vendredi Saint et celle du Samedi Saint. En plus des particularités que vous mentionnez, cette dernière n'a pas non plus d'Introït, ni de Credo (alors que c'est symboliquement et historiquement la première messe du dimanche de Pâques et non une messe de vigile au sens de la vigile de Noël ou de l'Epiphanie qui sont des préparations à la fête qui arrive). On n'y donne pas non plus le baiser de paix et les acolytes ne portent pas de chandeliers à l'Evangile. On chante six fois Alleluia, avec un verset, puis on ne reprend pas Alleluia et on entonne un trait. On ne peut pas vraiment expliquer ces particularités - dont certaines se retrouvent à la vigile de la Pentecôte, même après 1955 - si ce n'est qu'on a voulu épargner aux moments liturgiques les plus sacrés des éléments introduits le reste du temps.

N'hésitez pas à lire cette série d'excellents articles consacrés à la Semaine Sainte et à sa réforme sous Pie XII, même si la partie concernant la Vigile pascale n'existe pas encore.
images/icones/neutre.gif  ( 815876 )Messes de Requiem ? par Candidus (2016-11-19 20:42:07) 
[en réponse à 815865]

Ce que vous écrivez, et qui me paraît fort juste, explique-t-il aussi les particularités de la messe des défunts ? Je crois avoir lu quelque chose comme ça quelque part.
images/icones/bible.gif  ( 815853 )Addendum par Candidus (2016-11-19 17:50:20) 
[en réponse à 815837]

Je note aussi que la liturgie romaine, à l'occasion de la messe de la Vigile Pascale, "fait station" dans la basilique du Latran ; ce qui donne un relief particulier à la liturgie célébrée dans ce lieu.