Ayant tout à gagner à s'exposer sur une chaîne nationale à une heure de grande écoute, Jean-Frédéric Poisson est l'un des gagnants du premier débat de la primaire. Peu connu de l'opinion, le président du Parti Chrétien-Démocrate (PCD) a pu dérouler jeudi 13 octobre une partition bien différente de celle de ses concurrents à la primaire de la droite. Pourfendeurs de «l'idéologie mai 68», de «la banalisation de l'avortement», et du mariage gay, l'une des particularités du député des Yvelines consiste aussi dans sa volonté de lever «le cordon sanitaire» qui tient aujourd'hui la droite modérée à bonne distance de toute alliance avec le Front national.
Porté par sa nouvelle notoriété, Jean-Frédéric Poisson se projette déjà dans l'après-primaire. Comme annoncé dans Paris Match mercredi, il tiendra au début du mois de décembre un meeting commun à Paris avec Robert Ménard, le turbulent maire de Béziers élu avec le soutien du Front national. Les deux hommes partagent le projet de voir se concrétiser «l'union des droites», une volonté marquée par le candidat du PCD lors du premier débat de la primaire. Il est venu accompagné par Karim Ouchikh, chef de file du SIEL, un petit parti satellite du FN. Ce proche de Ménard est lui aussi fervent partisan du rapprochement FN-LR.
Cette même aspiration avait été portée par Robert Ménard à l'occasion des journées de Béziers du mois de mai dernier, qui fut l'occasion pour les deux hommes de se rencontrer. Jean-Frédéric Poisson avait été l'un des seuls membres d'un parti de droite représenté à l'assemblée lors de ce grand raout de «la droite hors les murs», qui s'était soldé par un échec politique pour Robert Ménard. En effet au FN comme chez les Républicains, nul ne souhaite pour l'instant pactiser au niveau électoral. Venue en observatrice aux journées de Béziers, Marion-Maréchal Le Pen était partie prématurément après que Robert Ménard a exprimé son refus de jouer le «marchepied» électoral du FN. [...]
La proximité de Mme Clinton avec les superfinanciers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France
Le président du Crif, Francis Kalifat, a estimé "qu'au-delà de leur caractère insidieusement antisémite, ces propos relèvent des thèses conspirationnistes dont on sait qu'elles sont le fond de commerce des extrémistes les plus violents."
La proximité de Mme Clinton avec les superfinanciers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France
Jean-Frédéric Poisson
Nice-Matin, 19 octobre 2016
Il n'y a aucune espèce de thèse conspirationniste dans mes propos
Jean-Frédéric Poisson
Pourfendeur de «l'idéologie mai 68», de la «banalisation de l'avortement» et du mariage gay, Jean-Frédéric Poisson affiche depuis le début de sa campagne une porosité idéologique avec le Front National. Lui qui veut «en finir avec le cordon sanitaire autour du FN», était venu lors du débat du 13 octobre en compagnie de Karim Ouchikh, membre du Rassemblement Bleu Marine et partisan d'un rapprochement entre la droite et l'extrême droite. Le successeur de Christine Boutin tiendra aussi début décembre à Paris un meeting commun avec de nombreuses figures la «droite hors les murs». Il figurera donc aux côtés de Robert Ménard, Philippe de Villiers, Karim Ouchikh ou encore Christian Vanneste, comme l'explique France Info.
Une interview donnée à Nice Matin jeudi sème une nouvelle fois le trouble chez Les Républicains. Jean-Frédéric Poisson y affirme que «la proximité de (Hillary) Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France».
Ces allégations sont vivement condamnées chez Les Républicains. Nathalie Kosciusko-Morizet, la candidate la plus éloignée sur le plan politique de Jean-Frédéric Poisson dans cette primaire a annoncé jeudi soir qu'elle saisirait ce vendredi «la Haute Autorité de la primaire». Elle dénonce des «thèses complotistes» et de «l'antisémitisme» dans ces propos.
Une saisine que Thierry Solère n'a pas attendue. Le patron de la primaire a indiqué sur BFMTV jeudi après-midi que la question serait à l'ordre du jour de la prochaine réunion de la commission d'organisation de la primaire de la droite qu'il préside le 26 octobre. «En tant que député de Boulogne/Boulogne-Billancourt, je condamne avec la plus grande force les propos de Jean-Frédéric Poisson», a expliqué le soutien de Bruno Le Maire. Selon l'élu francilien, cette expression «nourrit les thèses conspirationnistes et a un caractère insidieusement antisémite». Le député francilien estime que «dans notre pays, l'évocation du ‘lobby sioniste' n'a pas la même signification qu'aux États-Unis».
Le candidat qu'il soutient, Bruno Le Maire, a profité de son passage sur le plateau de l'Émission Politique de France 2 jeudi soir pour condamner ces propos. «Il y a dans notre pays des actes antisémites qui vont jusqu'à l'assassinat et je ne comprends pas qu'on puisse tenir de tels propos. Je le condamne et ce sera aux électeurs de juger», a asséné le député de l'Eure.
Avant la droite, le Conseil repésentatif des institutions juives de France (Crif) avait aussi demandé «une condamnation ferme des propos» du successeur de Christine Boutin qui «se place en dehors du cadre de la primaire et s'installe aux côtés d'un Alain Soral ou d'un Dieudonné, dont il épouse les thèses», selon son président Francis Kalifat.
«De me traiter de la sorte, je ressens comme une injure, au fond», a répliqué Jean-Frédéric Poisson. Interrogé par France Info, Le candidat à l'investiture de la droite a regretté que ses propos «aient pu provoquer une sorte d'émotion au sein du Crif». «J'en suis désolé, parce que ce n'était évidemment pas mon intention, et je veux redire ici toute l'amitié que j'ai pour l'État d'Israël et pour le peuple juif dans son ensemble», a tenu à clarifier l'ancien maire de Rambouillet. Pour autant le candidat n'y voit «aucune espèce de thèse conspirationniste» car «il existe bien des groupes de pression sionistes qui agissent aux États-Unis» selon lui.
La commission d'organisation de la primaire à droite se réunira mardi 25 octobre pour décider de la suite à donner aux propos sur les "lobbies sionistes" émanant de Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate (PCD). Le candidat a jusqu'à cette date pour s'excuser, sinon, la commission pour la primaire engagera une procédure d'exclusion, a appris vendredi franceinfo.
La commission réunira le président de la commission, Thierry Solère, les représentants des sept candidats, et Anne Levade, présidente de la Haute autorité pour la primaire de la droite.
Jean-Frédéric Poisson, candidat à la primaire de la droite, a déclaré, dans l'édition du du quotidien Nice-Matin de mercredi, que "la proximité de Mme Clinton avec les super financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l'Europe et la France." Les propos du candidat à la primaire de la droite ont provoqué un tollé au sein du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Plusieurs élus et responsables politiques ont aussi vivement réagi. Christian Estrosi, président LR de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), a jugé vendredi 21 octobre sur franceinfo que Jean-Frédéric Poisson devait s'excuser, s'il voulait garder sa place dans la primaire.