Le Forum Catholique

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images/icones/fleche3.gif  ( 813872 )François et la statue de Martin Luther au Vatican par Jean Kinzler (2016-10-14 09:31:38) 



(RV) « Rendons grâce à Dieu parce qu’aujourd’hui, luthériens et catholiques nous marchons sur la voie qui va du conflit à la communion » : c’est ainsi que le Pape François a reçu au Vatican ce jeudi 13 octobre 2016 les participants au pèlerinage des luthériens partis de la région de Luther en Allemagne et parvenus donc, à Rome. Il a résumé les sentiments ambivalents éprouvés par les deux communautés : « douleur pour la division qui existe encore » et « joie pour la fraternité déjà retrouvée », tout en espérant que la « compréhension réciproque » augmente encore.
Il a rappelé, à la lumière de ce que disait saint Paul, que « nous savons que, au-delà de toutes les questions ouvertes qui nous séparent encore, nous sommes déjà unis. Ce qui nous unit est beaucoup plus fort que ce qui nous divise ».
François a évoqué son prochain voyage en Suède et la commémoration, aux côtés de la Fédération luthérienne mondiale, du cinquième centenaire de la réforme de Luther. Bien plus que la simple évocation du passé, ce rendez-vous sera l’occasion, selon le Pape, de « tourner nos regards vers le futur en vue de donner un témoignage chrétien commun au monde d’aujourd’hui qui a tant soif de Dieu et de sa miséricorde ».
Ce témoignage, a précisé le Saint-Père, est celui de « rendre visible la miséricorde que Dieu a envers nous à travers le service aux plus pauvres, aux malades, à qui a abandonné sa propre terre pour chercher un meilleur futur pour soi et pour ses proches ». C’est dans ces actes que catholiques et luthériens verront qu’ils sont déjà unis.
Si les théologiens avancent dans le champ doctrinal, c’est aux jeunes de s’engager pour trouver des moyens et des occasions de se retrouver, de se connaitre mieux, de prier ensemble et d’aider tous ceux qui en ont besoin. « Ainsi, libres de tout préjugé et vous confiant seulement dans l’Évangile du Christ, vous serez les vrais protagonistes d’une nouvelle saison de ce chemin qui conduira, avec l’aide de Dieu, à la pleine communion ». (XS)RV



RV English
images/icones/carnet.gif  ( 813879 )La “miséricorde” de Luther par Vianney (2016-10-14 10:20:52) 
[en réponse à 813872]

Dr Martin Luthers Werke, édition dite de Weimar, tome XXX, p. 470 :

Si je veux dire : Que votre nom soit sanctifié ! il faut immédiatement que j’ajoute : Maudit, damné, honni soit le nom des papistes ! Si je dis : Que votre règne arrive ! je suis obligé de m’écrier tout aussitôt : Que la papauté soit maudite, damnée, écrasée !


Le même “docteur”, cité par J. Janssen, Histoire du peuple allemand depuis la fin du moyen âge, traduction française de E. Paris : L’Allemagne et la réforme, t. II, p. 187 :

Ma gloire et mon honneur, et j’aspire à les mériter, c’est qu’un jour on puisse dire de moi que j’ai versé à pleines mains l’injure, l’outrage et la malédiction sur les papistes (...) Puisque je ne puis pas prier, je puis au moins maudire !


 
images/icones/1d.gif  ( 813883 )la couleur de cette statue par jejomau (2016-10-14 12:03:00) 
[en réponse à 813872]

est expressive : de la couleur rouge-feu.... sorti de l'enfer !
images/icones/2a.gif  ( 813886 )On voit que "l'exorciste du Vatican" est mort... par Sacerdos simplex (2016-10-14 12:54:50) 
[en réponse à 813883]


Ce cher Don Amorth...


A-t-il un successeur ?
Il aura du boulot...


Où sont les saints du 4°-5° siècle qui brisaient les statues païennes en soufflant dessus ?...


images/icones/1e.gif  ( 813889 )Mais non, c'est une statue en chocolat ! par Rodolphe (2016-10-14 13:37:25) 
[en réponse à 813883]

Tout est dans le titre...
images/icones/ancre2.gif  ( 813909 )A quand Arius ? par Paterculus (2016-10-14 20:00:04) 
[en réponse à 813872]

Et tout est dit.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 813920 ) A force d'être d'accord avec presque tout le monde... par Scrutator Sapientiæ (2016-10-15 00:37:47) 
[en réponse à 813872]

Bonjour Jean Kinzler,

A force d'être de plus en plus d'accord, en tout cas, en apparence, avec presque tout le monde, sauf, bien sûr, avec les catholiques "conservateurs", "traditionnels", "intégristes" ou "intransigeants", bien des hommes d'Eglise ont fini par être vraiment d'accord (ou par feindre d'être d'accord ?) avec des interlocuteurs, chrétiens non catholiques, croyants non chrétiens,...qui ne sont pas d'accord entre eux.

A force d'être de plus en plus proches, en tout cas, en surface, de presque tout le monde, sauf, évidemment, des catholiques déjà cités, bien des hommes d'Eglise ont fini par être vraiment très proches d'interlocuteurs, orthodoxes, protestants, juifs, musulmans,...qui ne sont pas proches les uns des autres et qui, parfois, sont de moins en moins proches les uns des autres, au sein d'une même confession chrétienne ou d'une même religion non chrétienne.

Les clercs catholiques concernés ont-ils bien conscience du fait que, pour le dire ainsi, une certaine forme d'oecuménisme inconditionnel repose avant tout sur de l'incohérence, ou débouche avant tout sur de l'incohérence, et non avant tout sur une véritable "communion" ou sur une véritable "unité" ?

Bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 813921 )Oui par Aigle (2016-10-15 04:35:10) 
[en réponse à 813920]

En effet cher Scrutator.

Notre clergé, nos évêques sont de moins en moins thomistes et ignorent presque tout d'Aristote. Ils sont capables de dire blanc et noir à la fois...

Croient ils ce qu'ils disent ? Ne se bornent ils pas à obéir aux médias ?
images/icones/fleche2.gif  ( 813926 )La confusion entre différenciation objective et discrimination arbitraire. par Scrutator Sapientiæ (2016-10-15 09:13:29) 
[en réponse à 813921]

Bonjour et merci, Aigle.

Je ne pense pas que la mentalité qui est à l'oeuvre, et qui est en passe de transformer une partie du discours des hommes d'Eglise en un discours digne de celui d'un parti politique "attrape-tout", provienne avant tout, ou provienne seulement, de la soumission des hommes d'Eglise à l'idéologie plus ou moins implicite véhiculée par les médias.

Je pense plutôt que nous sommes en présence d'un dévoiement, d'une perversion de la charité chrétienne, dans le cadre desquels on considère communément que toute différenciation objective, notamment entre positionnement orthodoxe et positionnement hérétique, est génératrice ou synonyme de discrimination arbitraire, illégitime, injuste, contre les personnes.

Je pourrais aussi bien parler du dévoiement, de la perversion, du respect dû à tous et du souci dû à tous, y compris aux personnes non catholiques, aux personnes non chrétiennes, aux personnes non croyantes : depuis quand le respect et le souci de ces personnes nécessitent-ils que l'on ait aussi "un respect total" pour les conceptions, convictions, croyances, doctrines, pratiques, traditions respectives de chacune de ces personnes ?

Qui ne voit qu'il y a, dans tout cela, une part d'arnaque ou d'utopie, et que cette attitude ne peut que se traduire par une mise entre parenthèses des données factuelles ou textuelles, présentes, notamment, dans l'histoire, dont la prise en compte ferait obstacle au développement de ce comportement ?

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/heho.gif  ( 813958 )Un article intéressant par Rodolphe (2016-10-15 16:55:10) 
[en réponse à 813926]

Qui nuance la portée de l’événement à venir, à savoir la "concélébration" des 500 ans de la Réforme ICI.
images/icones/fleche2.gif  ( 813941 )L'habileté diplomatique s'est substituée à l'intégrité théologique. par Scrutator Sapientiæ (2016-10-15 12:26:14) 
[en réponse à 813921]

Rebonjour,

A tort ou à raison, je continue à estimer que ce positionnement, plus oecuméniste ou unanimiste qu'oecuménique, dans l'acception catholique de ce terme, ne découle pas avant tout ni seulement d'une soumission des clercs catholiques aux médias.

J'ai la conviction que d'après eux, le fait que, au sommet de l'Eglise, l'habileté diplomatique, ou relationnelle, ait pris la place de l'intégrité théologique, ou théologale, n'est pas un problème, mais est plutôt une solution, ou fait partie de la solution.

Imaginez une Eglise catholique pleine de candides guidée par des sophistes, imaginez une Eglise catholique remplie d'ignorants menée par des habiles : ces habiles, ces sophistes n'ont, si j'ose dire, même pas besoin d'être des hérétiques, pour faire énormément de dégâts : il leur suffit de passer énormément de temps

- à dire ce qui n'est pas tout à fait vrai, mais qui est consensuel, ou plus agréable que profitable,

et

- à taire ce qui est tout à fait vrai, mais qui est dissensuel, ou plus profitable qu'agréable.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/bravo.gif  ( 813950 )Merci par Aigle (2016-10-15 14:04:18) 
[en réponse à 813941]

Cher Scrutator de votre brillante analyse.

Pour ma part je suggère une piste complémentaire : un clergé qui veut être chrétien sans être catholique. Bref qui procède à une lecture immédiate et littérale des Évangiles, en oubliant les épîtres, les Pères, le magistère, etc ... Un clergé qui propose une traduction "hippie" de notre Foi !
images/icones/fleche2.gif  ( 813977 )C'est tout le problème posé par un oecuménisme d'inspiration schleiermachienne. par Scrutator Sapientiæ (2016-10-16 09:57:11) 
[en réponse à 813950]

Bonjour et bon dimanche, Aigle.

Le moins que l'on puisse dire est que la conception et la pratique dominantes de l'oecuménisme sont bien plus d'inspiration philo-schleiermachienne que d'inspiration anti-schleiermachienne.

En d'autres termes, un catholique qui dirait aujourd'hui :

"OUI, bien sûr, au véritable oecuménisme, donc NON, bien sûr, à sa réduction ou à sa soumission, par ceux-là mêmes qui le mettent en oeuvre, à une vision d'inspiration ou d'origine protestante libérale",

ne serait pas très bien compris par les ignorants, mais serait très bien compris par les habiles.

C'est tout le problèmes des navires qui voguent sous pavillon de complaisance : il faut se méfier de la provenance, du contenu, de la destination de la cargaison, et de la feuille de route.

Dans cet ordre d'idées, on est d'ailleurs en droit de s'interroger sur l'identification et la localisation de la finalité de cette conception de l'oecuménisme : ne sommes-nous pas en présence d'un "nomos" modal sans "topos" final, dans la mesure où, si nous voyons bien quelle est la loi qui dirige cette conception, nous ne voyons pas bien quel est le lieu (au dedans ou au dehors de l'Eglise catholique ?) vers lequel nous dirige, ou plutôt veut nous diriger, la même conception ?

Bon dimanche.

Scrutator.
images/icones/1w.gif  ( 813987 )Mais François n'est pas diplomate! par PEB (2016-10-16 16:58:52) 
[en réponse à 813941]

Ca se saurait!

Le Saint-Père est le premier pape issu de la métropole moderne. Dans ces villes cosmopolites, les communautés se juxtaposent plus qu'elles ne s'opposent comme était construite la cité classique qui se vivait un tout homogène.

Dans la métropole moderne, le rapprochement entre les communautés permet de réunir les citoyens autour d'un projet de vie commun, respectant les libertés de chacun. Il est nécessaire de créer de la solidarité et du lien social. Pour cela, il faut apprendre à se connaître au delà des divisions. Mais cet œcuménisme consiste d'abord en l'écoute bienveillante des personnes et non pas la négation des sensibilité.

C'est dans ce contexte, que le Souverain Pontife multiplie les initiatives pour fabriquer des ponts plutôt que pour monter des murs.
images/icones/fleche2.gif  ( 814336 )Le catholicisme serait-il en train de devenir un gigantesque MACDO ? par Scrutator Sapientiæ (2016-10-25 22:30:03) 
[en réponse à 813987]

Bonsoir et merci, PEB.

J'ai cherché la manière la plus directe de formuler la question que je me pose, depuis déjà plusieurs années, pour ne pas dire depuis déjà quelques décennies, puisque nous sommes à quelques dizaines d'heures du trentième anniversaire de la journée interreligieuse qui s'est déroulée à Assise, en 1986.

Voici cette question : le catholicisme serait-il en train de devenir un gigantesque MACDO, un véritable MACDO, à l'intérieur duquel chacun met ce qu'il veut sur son plateau, c'est-à-dire

- un Mouvement d'Animation Consensuelle du Devenir Optimal de l'homme et du monde,

ou

- un Mouvement d'Animation Culturelle du Dialogue dans l'Ouverture sur l'homme et le monde,

ou encore

- un Mouvement d'Articulation Confessionnelle Démesurément Oecuméniste ?

En d'autres termes, je prends bonne note de ce que vous écrivez, j'y suis d'autant moins insensible que je n'ignore pas que j'ai souvent tendance, par pessimisme, à négliger la "dimension du problème" que vous évoquez, mais ce que vous décrivez correspond-il pleinement à ce qu'il y a de surnaturel, de théologal, au coeur du rôle d'un Souverain pontife ?

Merci beaucoup pour votre compréhension, au contact de ces quelques mots, et bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 814340 )Venez comme vous êtes! par PEB (2016-10-26 00:26:00) 
[en réponse à 814336]

C'est le slogan de MacDonald, le vrai.

C'est aussi le mot d'ordre de la modernité. Venez tel que vous êtes, en vous-même. Nous ne vous demandons rien d'autres que vous-même, dans votre singularité irréductible.

L'Eglise se fait auberge espagnole. Chacun arrive avec ses questions et formule ses propres réponses, souvent précaires, en se laissant écouter par les sœurs et les frères. Le pasteur est d'abord un accompagnateur avant que d'être un guide. Il est là pour accueillir, accompagner, discerner et, finalement, intégrer. Se mettant à nu, l'âme est invitée à revêtir le Christ. Ce n'est pas une cellule d'écoute. C'est plutôt une file de chercheurs de sens qui avance à tâtons dans les ténèbres des incertitudes de la modernité.

Mais il y a comme une lumière mystérieuse qui nous transforme de l'intérieur.

Qu'est-ce à dire que l'Eglise abdique sa surnature théologale? Je ne le pense pas. Elle est le lieu où se vérifie la relation à Dieu en Jésus-Christ. Elle est cette oasis de grâce dans l'aridité du monde. Elle est ce désert où le Rédempteur rencontre l'homme assourdi dans le tumulte de la Métropole. Elle est ce coin de Ciel sur la terre.
Le génie de cet Eglise Une Sainte Catholique et Apostolique est de prendre le visage de tout ceux qui viennent vers elle et qui la composent.

Le Pape est-il toujours le Souverain Pontife? Plus que jamais! Il est cette figure paternelle au dessus des autres hommes. Il est le maillon fort de la chaîne de Charité qui unifie la Création. Il est celui par qui la rencontre de l'autre est possible. Il se fait aimable avec tous sans acception des cultes: alors, je dois d'abord accepter d'écouter ce que l'autre veut me dire. Cela ne veut pas dire approuver ses dires mais accueillir sa personne.

Ca a l'air très collectif mais, en réalité, c'est très individuel. Chaque situation attend une réponse précise et adaptée. Mais c'est comme ça comme partout à Buenos Aires, nouvelle Rome de la pastorale pratique.
images/icones/fleche3.gif  ( 814348 )Intéressant... par Glycéra (2016-10-26 09:55:55) 
[en réponse à 814336]





Le menu ?
A composer dans les plats offerts, ...
Une liberté mais canalisée...

Comme les opinions par les questions du catéchisme.
On n'y dira pas : vous allez aimer le mac'hin choix, mais, dites ce qui vous tente, et digérez-le bien.

On ajoute : j'espère que vous en aurez eu du bienfait et que vous reviendrez, en disant même ce qui vous plaît, pour que ce soit toujours prêt.

Petite note : celui qui veut le ... poisson doit toujours attendre un peu plus qu'il soit préparé... On ne devient pas souvent chrétien d'emblée.

Ce contexte de disponibilité n'est pas facile à ceux qui ne sont pas centrés en eux, qui ne savent ni le goût de celui qui rentre, ou ses manques nutritionnels, ni le marché du jour, ni les capacités des cuisiniers... Mac'Do veille à tout, prévoit tout... J'arrête là l'analogie... que j'ai trouvée assez judicieusement exposée.


Si nous connaissions le fond des traditions des autres, ces traditions humaines qui viennent elles aussi en direct d'Adam, même sans le sel du Christ, comportent des vérités directes et justes. Les nier est nier le plan de Dieu. Abandonner notre filière christique le serait plus encore.

Ainsi les orientaux qui insistent sur l'impermanence ne disent-ils pas que le principal acquis de notre âme est le détachement, le renoncement cher à Eckhart, l'abandon cher aux mystiques, si bien décrit pour notre temps par Dom Lehodey ? Est-ce faux ? Non, c'est juste... Ils ont p^lus de mérite que nous à chercher l'immuable au centre de leur être, car eux n'ont pas d'enseignement sur le Dieu immuable que nous avons vu das Sa révélation vivante.

Voyons cela, écoutons ceux qui ne savent pas, et proposons le menu qui les y amène, pour leur plus grande joie d'âme qui cherche.

Condamner tout ce qui est chez eux est un manque de savoir chrétien. Ou un manque d'unité en nous. Ou un refus de regarder ce que Dieu fait, et qu'Il fait bien mieux que nous.


Merci de votre échange.
A nous de travailler d'autant plus en nous pour savoir improviser selon les gens qui arrivent près de nous.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra

images/icones/1b.gif  ( 813993 )Luther "premier" sédévacantiste ! par Rodolphe (2016-10-16 20:59:47) 
[en réponse à 813872]

« Et, quand bien même il n’y aurait aucune citation qui prouverait que l’autorité romaine existe en vertu d’une institution humaine et non divine, cette même citation serait à elle seule suffisante, dans laquelle le Christ dit que les portes de l’enfer ne pourront rien contre son édifice bâti sur ce rocher (Matthieu 16,18). Or, souvent, la papauté a été sous la domination des portes de l’enfer, les papes n’ont pas été des hommes justes, et cette même fonction est restée la plupart du temps dépourvue de foi, de grâce et de bonnes œuvres, "ce que Dieu n’aurait jamais admis si", dans les paroles du Christ, "ce rocher" désignait cette même papauté. En effet, dans ce cas, il n’aurait pas été sincère dans cette promesse et n’accomplirait pas sa propre parole – c’est pourquoi le rocher et l’édifice du Christ fondé sur celui-ci doivent nécessairement être toute autre chose que la papauté et son Eglise extérieure. » (Martin Luther, De la papauté de Rome, juin 1520).

Bien que sous une autre forme, on trouve donc déjà cette idée, qui sera exploitée par d’autres bien plus tard, que puisque le Pape manque de « foi », de « grâce » et de « bonnes œuvres », il ne saurait être un vrai Pape voulu par Dieu, parce que sinon celui-ci, qui est nécessairement fidèle à sa promesse selon laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre son Eglise, ne lui aurait pas permis de sombrer dans de tels errements…

A tout seigneur tout honneur !
images/icones/neutre.gif  ( 813994 )C'est très intéressant par Semetipsum (2016-10-16 21:57:05) 
[en réponse à 813993]

en effet car c'est quasi le même argument qui est utilisé aujourd'hui, l'infaillibillité en plus !
images/icones/fleche3.gif  ( 814350 )Même mauvais argument que celui qui lui a fait refuser l'autorité temporelle ? par Glycéra (2016-10-26 10:01:30) 
[en réponse à 813993]



Je viens d'entendre que l'épitre de Pierre et celle de Paul disant que tout chrétien doit obéir à l'autorité légitime, car c'est Dieu qui l'a voulue en place, sinon, il l'aurait défaite avant.

Tant que l'autorité n'impose pas de pécher, on doit lui obéir.
Ainsi jusqu'à la paix de Constantin les chrétiens ne se posaient pas la question de quitter le monde, car ils étaient sous l'autorité temporelle, quitte à la refuser, mais ils ne cherchaient pas à bousculer le monde en tant que monde.

Ainsi Luther aurait déjà mal compris l'Ecriture qu'il disait vouloir respecter de manière plus pure et directe.

Que pensez-vous de ce mode de penser des idées suivies par Luther ?

Avec mes bonnes salutations
Glycéra
images/icones/1w.gif  ( 814356 )Siège vacant ou siège occupé par un antéchrist ? par Vianney (2016-10-26 14:03:16) 
[en réponse à 813993]

 
Car, pour ce dernier cas, il y a des précédents, en particulier saint Bernard, docteur de l’Église, et son ami Pierre le Vénérable :

Le siège apostolique était encore occupé par Pierre, fils de Léon, et ses lionceaux sévissaient contre la partie catholique. C’est le Christ qui permettait cela ; lui qui doit permettre que l’Antéchrist, tête de tous les schismatiques, s’asseoie dans le temple de Dieu, tolérait que les siens soient exilés et que le siège de Pierre soit occupé par ceux qui n’étaient pas les siens.

Pierre le Vénérable, De Miraculis (Livre des Merveilles de Dieu), livre II, ch. XVI, éd. Saint-Paul, pp. 231-232.


De son côté, saint Bernard pressait les princes chrétiens “d’écarter de l’Église l’infestation de la rage des schismatiques” (Lettre 139 à l’empereur Lothaire). C’est d’ailleurs grâce à lui qu’à de rares exceptions près, l’antipape a fini par perdre tout soutien temporel.

V.