Le Forum Catholique
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( 813006 )
Question liturgique - funérailles de jeunes enfants par Lux (2016-09-29 22:44:47)
J'aurais aimé savoir de quand datait la tradition selon laquelle on ne dit pas de messe de Requiem pour un jeune enfant. Est-ce vraiment traditionnel de porter une chasuble blanche en pareil cas ?
En outre, à partir de quand n'est-on plus un jeune enfant ? Quel est le critère de distinction ?
Et, sachant que cette théorie se fonde sur l'idée que le jeune enfant baptisé mort irresponsable doit être au Ciel, qu'en est-il pour un enfant non baptisé ? Doit-on dire une messe de Requiem ?
Merci d'avance pour les réponses de ceux qui ont déjà étudié la question.

( 813018 )
un jeune enfant: par AVV-VVK (2016-09-30 09:45:06)
[en réponse à 813006]
de sept à douze, quatorze ans. Selon une étude volumineuse "Célébrer l' eucharistie avec des enfants", la terminologie variait chez les auteurs anciens et Chrétiens ("infans, puer,...").

( 813020 )
Sept ans par Nemo (2016-09-30 10:12:17)
[en réponse à 813006]
Le code fixait l'age de raison à sept ans. Celui où l'on commence à discerner le bien du mal, celui où l'on commence à se confesser.
Avant cet age, un enfant baptisé meurt innocent et va au ciel. C'est donc une grande tristesse de séparation pour la famille mais aussi une grande joie pour l'Eglise qui sonne joyeusement les cloches, porte les ornements de fêtes joyeuses, place des fleurs sur les autels, chante la messe des anges.
On considère qu'un enfant non baptisé va aux limbes. Je ne sais pas si une prière liturgique est prévue pour un tel enfant.

( 813026 )
les limbes par Regnum Galliae (2016-09-30 10:32:14)
[en réponse à 813020]
sans entrer dans un débat maintes fois lancé, l'Eglise n'a jamais tranché pour ou contre les limbes. C'est un fait. Après, pour savoir si c'est vrai ou faux, se reporter aux nombreux fils sur la question.

( 813053 )
C'est plutôt récent l'abandon des limbes il me semble par Castille (2016-09-30 14:41:11)
[en réponse à 813026]
En tout cas ceux qui se réfèrent au catholicisme traditionnel y croient. On y souffre pas. Nous y attendons en quelque sorte que Dieu ouvre notre dossier.
Et comme nous n'en sortons pas pour tomber en enfer, nous avons l'espoir de revoir notre enfant au ciel.
"O Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours a Vous"

( 813056 )
certes, il n'empêche par Regnum Galliae (2016-09-30 14:57:46)
[en réponse à 813053]
que l'Eglise n'a pas officiellement tranché la question. Donc de là à mettre en place une liturgie adaptée, puisque c'est la question qui nous occupait.

( 813070 )
Ca n'a jamais été par Vincent F (2016-09-30 16:29:41)
[en réponse à 813053]
plus qu'une opinion théologique.

( 813094 )
C'est beaucoup plus qu'une opinion théologique par Peregrinus (2016-09-30 18:32:23)
[en réponse à 813070]
Il faudrait vérifier ce point, mais il me semble que la doctrine des limbes n'est pas une simple "opinion théologique", mais que sans être de foi, elle est proche de la foi dans la mesure où elle est la conséquence logique de raison de vérités de foi.
Le n°5 de la bulle Auctorem fidei, qui condamne la proposition du synode de Pistoie selon laquelle les limbes sont une "fable pélagienne" ne va pas du tout dans le sens de la déconcertante légèreté avec laquelle certains traitent aujourd'hui cette doctrine.
Peregrinus

( 813076 )
Les limbes par Turlure (2016-09-30 17:12:22)
[en réponse à 813053]
Sauf erreur de ma part, les limbes, pour ceux qui soutiennent leur existence, sont un lieu où l'âme des enfants repose pour l'éternité, privé à la fois de la vision béatifique et de la peine des sens, et non d'un lieu d'attente comme le purgatoire.
Ce que vous décrivez ressemble davantage aux limbes de l'Ancien Testament (ou Shéol) où les justes reposaient avant que le Seigneur n'ouvre le ciel en mourant sur la Croix.

( 813104 )
Ce que vous dites par Rémi (2016-09-30 19:31:23)
[en réponse à 813053]
est précisément ce que croient les catholiques:
CEC 1261 Quant aux enfants morts sans Baptême, l’Église ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu, comme elle le fait dans le rite des funérailles pour eux. En effet, la grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés (cf. 1 Tm 2, 4), et la tendresse de Jésus envers les enfants, qui lui a fait dire : " Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas " (Mc 10, 14), nous permettent d’espérer qu’il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême. D’autant plus pressant est aussi l’appel de l’Église à ne pas empêcher les petits enfants de venir au Christ par le don du saint Baptême.
Cela si l'on entend que le Salut consiste dans le fait d'échapper à la damnation, et certes la miséricorde divine peut consister en les limbes des enfants morts sans baptême, qui sont sauvés du dam malgré le poids du péché originel.
Toutefois votre compréhension des dites limbes, si elle rejoint parfaitement l'espoir d'un salut complet et parfait, au Paradis, tel que le laisse entendre nettement le CEC qui ne nie ou "n'abandonne" pourtant pas la possibilité de l'existence des limbes, n'est certes pas la compréhension ... "traditionnelle" comme vous le fait remarquer Turlure.
Remarquons en outre qu'au sens du CEC, c'est cet espoir de
chemin salut, en tant qu'il n'est pas
l'assurance du salut pur et simple, qui motive le rappel "
D’autant plus pressant est aussi l’appel de l’Église à ne pas empêcher les petits enfants de venir au Christ par le don du saint Baptême."
Merci par ailleurs à JPP pour le très intéressant aperçu théologique qu'il nous propose.

( 813103 )
L’espérance du salut pour les enfants qui meurent sans baptême par Yves Daoudal (2016-09-30 19:09:01)
[en réponse à 813026]
Voici les dernières lignes de ce
document important de la Commission théologique internationale, publié avec l'approbation du Saint-Père (Benoît XVI).
[102] Au sein de l’espérance que l’Église porte pour toute l’humanité, et qu’elle désire proclamer à nouveau au monde d’aujourd’hui, y a-t-il une espérance pour le salut des enfants morts sans baptême ? Nous avons attentivement réexaminé cette question complexe, avec gratitude et respect pour les réponses qui ont été données au cours de l’histoire de l’Église, mais aussi avec la conscience qu’il nous incombe de donner une réponse cohérente pour aujourd’hui. En réfléchissant au sein de l’unique tradition de foi qui unit l’Église à travers les âges, et en mettant toute notre confiance dans la conduite du Saint-Esprit que Jésus a promis à ses disciples pour les introduire « dans la vérité tout entière[281] », nous avons tenté de lire les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile. Notre conclusion est que les multiples éléments que nous avons examinés plus haut offrent des fondements théologiques et liturgiques solides pour espérer que les petits enfants qui meurent sans baptême seront sauvés et jouiront de la vision bienheureuse de Dieu. Nous soulignons que ce sont des raisons d’espérer dans la prière plutôt que des fondements d’une connaissance certaine. Il y a beaucoup de choses qui, tout simplement, ne nous ont pas été révélées[282]. Nous vivons de la foi et de l’espérance dans le Dieu de miséricorde et d’amour qui nous a été révélé en Jésus-Christ, et l’Esprit nous incite à prier dans une perpétuelle action de grâces et dans la joie[283].
[103] Ce qui nous a été révélé, c’est que la voie ordinaire du salut passe par le sacrement du baptême. Aucune des considérations présentées plus haut ne doit être comprise comme une atténuation de la nécessité du baptême ni comme une justification pour retarder l’administration de ce sacrement[284]. Au contraire, nous tenons à l’affirmer de nouveau en conclusion : ces considérations procurent de solides fondements à l’espérance que Dieu sauvera ces enfants lorsque nous n’avons pas été capables de faire pour eux ce que nous aurions voulu faire, à savoir les baptiser dans la foi et dans la vie de l’Église.

( 813057 )
un jeune enfant baptisé est-il automatiquement sauvé ? par Regnum Galliae (2016-09-30 14:58:39)
[en réponse à 813020]
J'ai un peu de mal et avec le salut assuré des petits enfants baptisés et avec le dam des enfants morts sans baptême. Cela sous-entendrait un déterminisme qui me paraît incompatible avec la liberté individuelle. Si même les anges ont eu à choisir, et certains, à l'âme pourtant aussi pure que celle d'un enfant tout juste baptisé, ont choisi la mort, si donc même les anges ont eu à choisir, pourquoi ce choix ne serait-il pas offert à de petits enfants, baptisés ou non, sachant que les limites intellectuelles d'un corps non encore mature n'existent plus après la mort ?
C'est à mon sens une question capitale et j'ignore si elle a déjà été posée en ces termes.

( 813068 )
Pour le salut assuré des enfants baptisés par Vincent F (2016-09-30 16:29:04)
[en réponse à 813057]
il y a effectivement un déterminisme lié au baptême. Il n'y a pas de contradiction avec la liberté individuelle dans la mesure où le jeune enfant baptisé n'a pas un usage suffisant de cette liberté.
Quant au dam des enfants morts sans baptême, comme vous le dites plus haut l'Église n'a pas tranché.

( 813072 )
Rien n'est automatique... par Pétrarque (2016-09-30 16:50:59)
[en réponse à 813057]
... et rien n'est juridique, au Ciel.
C'est Dieu qui décide. Et Dieu se moque du droit canonique et de nos pauvres petites catégories humaines, dérisoires et parfois complètement risibles.
Je ne crois pas que les enfants morts sans baptême aillent tous directement et automatiquement en enfer.
J'ai même la ferme conviction du contraire.
De même que je ne crois pas qu'un seul péché mortel non confessé puisse condamner tout aussi automatiquement une âme à la damnation éternelle.

( 813075 )
[réponse] par Regnum Galliae (2016-09-30 17:05:53)
[en réponse à 813072]
En enfer, non, mais on parle des limbes, qui est un dam puisque la personne est privée de Dieu. D'ailleurs je n'ai jamais compris comment un être humain, fait pour Dieu, pouvait ne pas souffrir d'en être privé.
Quant au péché mortel non confessé, il mène assurément en enfer. N'oubliez pas qu'un péché mortel est un acte gravement mauvais, commis de manière pleinement volontaire et en parfaite connaissance de cause. Un péché grave peut ne pas être mortel si la responsabilité du fautif est atténuée par ignorance ou autre.
N'oubliez pas cependant que la contrition parfaite (sincère regret par amour de Dieu et ferme propos) rend la grâce avant même l'absolution sacramentelle, pourvu que celle-ci soit demandée le plus vite possible.

( 813078 )
C'est en raison par Jean-Paul PARFU (2016-09-30 17:22:57)
[en réponse à 813075]
de la gratuité de l'ordre surnaturel, gratuité rappelée notamment par le pape Pie XII contre la nouvelle théologie (de Lubac).
Il s'agit d'un ordre totalement transcendant. Il ne peut donc y avoir une exigence naturelle du surnaturel !
Condamnation de l’exigence de surnature par les papes Saint Pie X et Pie XII
Condamnation par Saint Pie X : « Nous ne pouvons-nous empêcher de déplorer, une fois encore et très vivement, qu’il se rencontre des catholiques qui, répudiant l’immanence comme doctrine, l’emploient néanmoins comme méthode d’apologétique ; qui le font, disons-Nous, avec si peu de retenue qu’ils paraissent admettre dans la nature humaine, au regard de l’ordre surnaturel, non pas seulement une capacité et une convenance, … mais une vraie et rigoureuse exigence » (Pascendi 1907).
Le pape saint Pie X marque donc les tenants de cette doctrine : l’homme « n’a pas deux fins ultimes, il n’en a qu’une et elle est surnaturelle » comme étant modernistes…
Condamnation par Pie XII : « Ils déforment la vraie notion de gratuité de l’ordre surnaturel, quand ils prétendent que Dieu ne peut créer des êtres doués d’intelligence sans les ordonner et les appeler à la vision béatifique. » (Humani Generis 1950).

( 813080 )
il doit me manquer des bouts de raisonnement par Regnum Galliae (2016-09-30 17:29:54)
[en réponse à 813078]
car je ne saisis pas trop la substantifique moelle de votre message...
Dîtes-vous que l'homme peut se passer de Dieu ?

( 813082 )
L'homme ne peut se passer de Dieu par Jean-Paul PARFU (2016-09-30 17:45:27)
[en réponse à 813080]
Au plan naturel. Mais les papes, et non moi, enseignent que la vie même de Dieu et surtout la vision de gloire ne sont pas dues à notre nature et que Dieu peut donc parfaitement créer des êtres doués d'intelligence sans les ordonner à l'ordre surnaturel, c'est-à-dire à l'ordre de la divinisation (par filiation adoptive) !
Il se trouve, cependant, mais encore une fois par pure bienveillance, que Dieu a créé l'ange et l'homme dans l'ordre surnaturel et non dans l'état de nature pure.
Outre les encycliques citées, vous pouvez lire
ceci

( 813084 )
[réponse] par Regnum Galliae (2016-09-30 17:48:52)
[en réponse à 813082]
pourquoi dans ce cas la peine du dam est-elle la pire des peines de l'enfer (et du purgatoire) ? et pourquoi ne l'est-elle pas dans les limbes ?

( 813085 )
Lire le post plus bas par Jean-Paul PARFU (2016-09-30 17:51:48)
[en réponse à 813084]
Tout est dans le titre !

( 813252 )
article intéressant mais qui gagnerait à être plus clair ou davantage creusé par Regnum Galliae (2016-10-03 09:48:33)
[en réponse à 813082]
j'avoue ne pas comprendre la condamnation par l'auteur de la phrase : "La fin ultime de l’homme est unique, c’est la vie éternelle"
On m'a toujours enseigné que le plus important était la vie éternelle. D'ailleurs le Christ le dit : à quoi sert-il de gagner un royaume si c'est pour perdre son âme (ou à peu près), nous enjoignant à nous faire des trésors au Ciel plutôt que sur ce monde "dont nous ne sommes pas".
J'apprends maintenant que la fin de l'homme n'est pas la vie éternelle ? Ou pas seulemement ? A moins que la condamnation ne porte que sur le mot "unique", mais je ne comprends pas plus. Tout est lié et cohérent. Même avant la chute, donc avant la rédemption, l'homme était appelé à la vie éternelle.
Globalement, l'auteur condamne des conceptions probablement condamnables mais il n'explique pas ce que l'on est censé croire...

( 813079 )
Je me suis souvent demandé par Turlure (2016-09-30 17:27:26)
[en réponse à 813006]
Quel sort on réservait autrefois aux corps des enfants morts-nés ou mort trop vite ou soudainement pour qu'on ait le temps de les baptiser. Le sujet est en fait peu connu alors que ce cas était extrêmement fréquent.
Les enterrait-on anonymement et sans cérémonie ? Dans les cimetierres ou en dehors ?
Je sais toutefois que lors de la bénédiction des relevailles, un versicule demande le salut pour la mère et son enfant. Mais le rituel précise que si l'enfant est mort sans avoir reçu le baptême, on ne prie que pour la mère.
C'est comme si l'Eglise ne peiait publiquement que pour les personnes faisant partie de l'Eglise visible. On peut aussi penser aux deux Memento de la messe.

( 813081 )
Sur les enfants morts sans baptême par Jean-Paul PARFU (2016-09-30 17:31:56)
[en réponse à 813006]
"LA CONTEMPLATION NATURELLE DE DIEU PAR DELÀ LA MORT
Les enfants morts sans baptême
Cette thèse n’est pas adventice chez saint Thomas : on la retrouve dans son étude de la béatitude naturelle chez les enfants morts sans baptême. Nous voulons simplement montrer par-là que saint Thomas est cohérent avec lui-même, et non pas entamer un débat sur ce sujet. C’est en tout cas ce qu’affirme le p A. Gauthier et d’autres thomistes :
« Saint Thomas accorde expressément aux âmes des enfants morts sans baptême la plénitude de la connaissance naturelle ; pour nier que cette connaissance soit la béatitude éternelle, il faudrait premièrement oublier que pour saint Thomas la béatitude consiste dans la connaissance, et deuxièmement oublier qu’une connaissance parfaite s’accompagne nécessairement pour saint Thomas de joie ; il est donc hors de doute que la « participatio naturalium bonorum » que saint Thomas accorde ici aux enfants morts sans baptême est une béatitude naturelle et qu’elle est pleine de joie, comme saint Thomas le disait dans le texte des Sentences : [6403] Super Sent., lib. 2 d. 33 q. 2 a. 2 :
« Pour la cinquième point, il faut dire, que si les enfants ne sont pas baptisés, ils sont séparés de Dieu en ce qui concerne la conjonction qui est par la gloire ; cependant, ils ne sont pas absolument séparés de Lui, bien plutôt ils sont joints à Lui par le biais de la participation des biens naturels ; et donc, aussi, ils seront en mesure de se réjouir de Lui par la connaissance naturelle et l’amour. »
Le p P. Descoqs, un des premiers au XXème siècle, avait vu l’importance de la double finalité ultime : « Est-il absurde de concevoir une vision réelle de Dieu, auteur de la nature, qui ne le révèlerait pas selon ses perfection intimes de l’ordre surnaturel transcendant, mais qui, tout en demeurant d’une certaine manière proportionnée à notre nature, serait cependant immédiate54 et dépasserait la voie des concepts abstraits ou des espèces infuses ? »
Dans deux longs articles de la Revue thomiste (équivalent à un fort volume) le P. M-R Gagnebet, s’appuyant sur de très nombreux textes de l’Aquinate, enseigne (contre de Lubac ) :
D’après saint Thomas l’homme de l’ordre naturel peut faire preuve d’un véritable amour naturel de Dieu, un amour explicite, délibéré, persistant après la mort. « Le terme ultime vers lequel tend notre activité spirituelle même naturelle ne se trouve pas ici-bas. » précise-t-il.
« L’ordre naturel est la disposition des différentes natures créées, en tant qu’elles viennent de Dieu comme de leur cause productrice et sont ordonnées vers Dieu, comme vers leur cause finale, sans que l’action de Dieu ajoute quoi que ce soit aux strictes exigences de ces natures. » (Article Surnaturel du Dictionnaire de Théologie Catholique DTC, p 2853)."

( 813086 )
merci par Regnum Galliae (2016-09-30 18:00:41)
[en réponse à 813081]
voilà qui répond à quelques questions que je me posais.
Il faut toutefois se garder de négliger l'aspect surnaturel des choses. Sauf erreur de ma part, notre choix à nous, adultes doués de raison, est désormais : vision béatifique ou néant absolu. Et il nous est parfois demandé de renoncer à nos penchants naturels pour leur préférer le surnaturel. Par exemple les martyrs qui vont outre un instinct de survie bien naturel pour rester fidèle à Dieu. Notre âme n'est-elle pas de l'ordre du surnaturel ?

( 813092 )
Notre âme est spirituelle par Jean-Paul PARFU (2016-09-30 18:26:49)
[en réponse à 813086]
Dieu est le surnaturel subsistant. Il a créé le monde visible et le monde invisible qui sont une même et seule Création. Il n'y a pas deux Créations.
Les minéraux, les végétaux et les animaux relèvent exclusivement de l'ordre naturel visible.
Les anges relèvent exclusivement de l'ordre naturel invisible.
Les hommes relèvent à la fois de l'ordre naturel visible par leur corps animal et de l'ordre naturel invisible par leur âme.
L'âme de l'homme est douée de raison et est immortelle, tandis que l'âme des plantes et celle des animaux n'est pas spirituelle et n'est donc pas immortelle.
Spirituel ou invisible ne signifie pas surnaturel. Seul le Créateur et Sa grâce sont surnaturels !
Mais donc, seuls les anges et les hommes peuvent être élevés à l'ordre surnaturel, c'est-à-dire à la vie même de Dieu, si Dieu et seulement si Dieu le veut.

( 813096 )
Se garder de tout pseudo-surnaturalisme par Peregrinus (2016-09-30 18:42:48)
[en réponse à 813092]
Les âmes, bien que spirituelles, ne sont pas émanées de Dieu. Une créature, même spirituelle, surnaturelle est une contradiction dans les termes :
cette substance aurait et n'aurait pas la même nature que Dieu, elle serait ainsi un Dieu créé, un Dieu contingent, ce qui est absurde. La liberté divine ne peut réaliser les contradictoires. Dieu est Dieu, la créature est créature, c'est une des formules du principe d'identité ou de non-contradiction. Aussi les théologiens admettent-ils communément contre Ripalda qu'une substance surnaturelle créée est évidemment contradictoire. (Cf. Billuart, De Deo, diss. IV, a. V, § IV.)
Réginald Garrigou-Lagrange, Dieu, son existence et sa nature, Beauchesne, 1915, p. 577
L'attaque contre la doctrine des limbes a largement été motivée, depuis le milieu du XXe siècle, par le fait qu'elle est frontalement opposée aux thèses surnaturalistes à la mode (voir à ce sujet notamment Lawrence Feingold,
The natural desire to see God according to St. Thomas Aquinas and his interpreters, Sapientia Press of Ave Maria University, 2010, pp. 350-352).
Peregrinus

( 813101 )
La confusion vient aussi tout simplement du langage commun par Jean-Paul PARFU (2016-09-30 18:53:53)
[en réponse à 813096]
Ce que vous dites est vrai Peregrinus, mais concerne surtout, il me semble, les théologiens ou autres thésophes.
Pour les gens ordinaires, il y a surtout, je crois, une confusion au niveau du vocabulaire. Pour les gens, est surnaturel ce qui relève de l'Au-delà, ce qui est invisible ou ce qui n'est pas explicable scientifiquement : les fantômes, les petites cuillères qui se tordent à distance, les vieux meubles qui craquent etc ...
Surnaturel, c'est ce qui est au-dessus de la nature créée, que cette nature soit visible ou invisible. Le surnaturel, c'est donc Dieu Lui-même. C'est aussi simple que cela.

( 813311 )
J'avoue ne pas saisir toute votre pensée. par Regnum Galliae (2016-10-04 15:08:20)
[en réponse à 813081]
Dans l'article de Stageirites, j'ai été frappé par l'assertion selon laquelle la vie éternelle ne constituait pas l'unique fin ultime de l'homme. Je me suis dit "flûte alors, je suis moderniste", mais je ne vois pas en quoi il serait moderniste d'aspirer à la vie éternelle qui nous a été promise par Notre Seigneur.
Alors j'ai creusé.
Quelle est la fin ultime de l'homme ?
Je suis d'abord tombé là-dessus, dans le
catéchisme de Benoït XVI :
"[les Béatitudes] révèlent à l’homme la fin ultime de sa conduite : la béatitude éternelle." (n° 360)
Puis plus loin (n° 362) :
[la béatitude éternelle] est la vision de Dieu dans la vie éternelle, où nous serons pleinement « participants de la nature divine » (2 P 1,4), de la gloire du Christ et de la jouissance de la vie trinitaire. La béatitude dépasse les capacités humaines. Elle est un don surnaturel et gratuit de Dieu, comme la grâce qui y conduit. La béatitude promise nous place devant des choix moraux décisifs concernant les biens terrestres, nous incitant à aimer Dieu par-dessus tout.
On y retrouve la notion de gratuité des dons surnaturels, en cohérence avec les papes précédents, mais on y trouve quand même qu'il s'agit de notre fin ultime, ce que les papes n'ont d'ailleurs pas condamné. L'ex-abbé Ratzinger étant considéré comme "moderniste" à l'époque, je suis allé voir ailleurs.
Or que trouve-t-on chez
Saint Thomas d'Aquin ?
La fin ultime est-elle la même pour tous les hommes?
Saint Thomas cite saint Augustin : "
Tous les hommes se rejoignent dans le désir d'une fin ultime, qui est la béatitude."
La béatitude consiste-t-elle dans la vision de l'essence divine?
Réponse :
La béatitude ultime et parfaite ne peut être que dans la vision de l'essence divine. (...)
Donc, si l'intellect humain, connaissant l'essence d'un effet créé, ne connaît de Dieu rien d'autre que son existence, il n'est pas assez parfait pour atteindre véritablement à la cause première; mais il garde le désir naturel de découvrir cette cause. Aussi n'est-il pas encore parfaitement heureux. Il est donc requis pour la parfaite béatitude que l'intellect atteigne à l'essence même de la cause première. Et ainsi il possédera la perfection en s'unissant à Dieu comme à son objet, en qui seul consiste la béatitude, comme nous l'avons dit récemment.
Enfin :
L'homme peut-il acquérir la béatitude par ses forces naturelles?
"La béatitude imparfaite que l'on peut avoir ici-bas peut être acquise par l'homme avec ses seules forces naturelles, de la même manière que la vertu dont l'opération constitue cette béatitude, ce dont nous aurons à parler plus loin. Mais la béatitude parfaite de l'hommè consiste, comme il a été dit dans la vision de l'essence divine. Or, voir Dieu dans son essence dépasse non seulement la nature de l'homme, mais celle de toute créature, comme nous l'avons montré dans la première Partie. En effet, la connaissance naturelle de chaque créature est conforme à la modalité de sa substance, ce qui a fait dire de l'intelligence, dans le livre Des Causes, "qu'elle connaît ce qui est au-dessus d'elle Selon le mode de sa substance". Or toute connaissance réduite au mode de la substance créée est impuissante à voir l'essence divine, puisque celle-ci dépasse infiniment toute substance créée. Donc ni l'homme ni aucune créature ne peut acquérir la suprême béatitude par ses forces naturelles."
Mes questions sont donc les suivantes :
- Comment peut-on affirmer que la fin ultime de l'homme ne réside pas dans la vie éternelle ?
- Quelles serait cette fameuse "double finalité" de l'homme ?
- Par surnaturalisme, de quelle hérésie parle donc l'auteur et quel est le rapport entre tout cela et la "paraysie politique des catholiques" ?
Je crois deviner qu'il doit y avoir une subtilité du genre le distingo fin première/fin seconde, et qu'il est condamnable de ne se focaliser que sur l'au-delà si l'on néglige les choses de la terre, ce qui serait exact puisque la vie éternelle commence dès ici bas. J'aurais aimé que l'auteur qualifiât plus précisément ce qu'il condamne et, surtout, en quoi il serait moderniste de n'avoir pour seule fin ultime que la vie éternelle, alors que l'on observerait plutôt le contraire de nos jours, y compris chez nos clercs : il y a un souci de la paix sociale et du vivre-ensemble et un oubli total du salut des âmes.

( 813099 )
Cher Lux par Peregrinus (2016-09-30 18:46:00)
[en réponse à 813006]
Cher Lux,
Il me semble qu'en ce genre de cas on ne dit pas de messe de Requiem.
J'espère de tout mon coeur que vous n'êtes concerné ni de près, ni de loin par les cas dont vous parlez.
Peregrinus