Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=810607
images/icones/carnet.gif  ( 810607 )François, un pape-stratège à la manière de Pie XII par Jean Kinzler (2016-08-13 12:32:06) 

Pourquoi le Pape François est moins angélique qu'on ne le croit et plus pessimiste qu'on ne le pense face à la violence du terrorisme islamiste

Le parallèle établi par le pape entre les violences islamistes et catholiques a été incompris et jugé naïf par nombre de pratiquants. Mais c'est oublier une qualité essentielle du souverain pontife : il a été élevé chez les jésuites, réputés pour arriver à leurs fins par des voies détournées, quitte à abonder d'abord dans le sens général. Ainsi, par de tels propos, le pape veut sans doute éviter de nommer le danger, d'en donner la véritable mesure, pour ne pas faire advenir ce qu'il craint et pour mieux le circonvenir plus tard.
Stratégie à la Pie XII

Publié le 4 Août 2016 - Mis à jour le 5 Août 2016
Atlantico : Le parallèle effectué par le Pape François entre les violences islamistes et celles catholiques a provoqué une certaine incompréhension chez les pratiquants. La situation politique dans laquelle il se trouve, dans un contexte de tensions religieuses pourrait-elle expliquer en partie les déclarations du souverain pontife ?

Christian Combaz : Quand on a été élevé chez les Jésuites, on en retire plusieurs certitudes : 1/ ils sont moins naïfs que les autres, sans doute parce que leur intelligence est plus grande, 2/ ils arrivent à leurs fins par des voies détournées quitte à abonder d'abord dans le sens général.

Donc on est obligé d'appliquer cette grille de lecture.

"Puisqu'il faut absolument trouver un exemple catholique de violence, nous a t-il dit en somme, prenons le type qui tue sa femme parce qu'elle le trompe et qui va à la messe quand même". Argument grotesque évidemment face aux massacres d'inspiration religieuse directe que nous avons subis, mais c'est justement la faiblesse de cet exemple qui témoigne qu'il s'agissait juste de lâcher aux hyènes une vague carcasse de poulet. Comme Latino-Américain, il sait très bien que les commandos armés qui descendaient dans les barrios au nom du Christ contre le marxisme il y a quarante ans étaient nombreux. Or il n'a même pas pris soin de se référer à cette réalité, qu'il connaissait pourtant très bien, pour nous citer plutôt le cas ridicule de crimes privés, de drames passionnels chez des gens qui vont à la messe. Ce qui prouve qu'il s'agissait dans son esprit de payer le diable, comme on disait autrefois, et d'enfumer l'opinion par une pirouette, en attendant quelque chose et pour cacher quelque chose.

En attendant quoi, pour cacher quoi ? C'est là qu'on devrait faire confiance à un homme aussi expérimenté. Il veut sans doute éviter de nommer le danger, d'en donner la véritable mesure, pour ne pas faire advenir ce qu'il craint et pour mieux le circonvenir plus tard. En ce sens cette pirouette papale à elle seule permet de mesurer la taille du Léviathan qui s'est dressé devant lui. Que le Pape ait pris le risque de passer pour un guignol n'est pas très rassurant sur la nature de ce qu'il a vu, de ce qu'il cherche à conjurer.

Christophe Dickès : Oui, de fait, tout le monde s’accorde à dire que le pape qui, je le rappelle, est un chef d’Etat, se doit d’être prudent quand il évoque de tels sujets. Afin précisément de ne pas attiser les tensions et les haines dans le monde. D’ailleurs, ces déclarations viennent juste après quelques mots très mesurés sur la Turquie. Mais dans le cas présent, il a dit : "Je n'aime pas parler de violence islamique, parce qu'en feuilletant les journaux je vois tous les jours que des violences, même en Italie : celui-là qui tue sa fiancée, tel autre qui tue sa belle-mère, et un autre… et ce sont des catholiques baptisés ! Ce sont des catholiques violents. Si je parle de violence islamique, je dois parler de violence catholique." Or, si vous me permettez cette subtilité sémantique, "des catholiques violents" et " la violence catholique", ce n’est absolument pas la même chose.

Oui, des baptisés, qui ont oublié les promesses de leur baptême (le "renoncement à Satan" et au mal), commettent aussi des meurtres dans le monde. Mais ces gens ne le font pas au nom du catholicisme… Or Daech dit agir au nom de l’Islam et cite des versets du Coran. Ce qui, dans l’appréciation, change absolument tout. De plus, on ne peut mettre sur un même pied d’égalité une organisation terroriste et criminelle se donnant le statut d’Etat avec des actes individuels qui peuplent les tribunaux du monde entier.

D’ailleurs, même notre président de la République parle désormais de "terrorisme islamique", ce qu’il s’était refusé de faire. François, par facilité, aurait pu parler des guerres de religion dans l’histoire de l’Eglise ou bien encore des violences entre chrétiens et musulmans dans certains pays d’Afrique au cours des dernières décennies. Mais il s’est enfermé lui-même dans une sorte de piège sémantique improvisé. Provoquant en conséquence des réactions indignées de plusieurs milieux catholiques à travers le monde. Pourtant, le pape sait que le christianisme est la première religion persécutée dans le monde.


Dans quelle mesure est-il possible de comparer sa position avec celle du pape Pie XII, confronté à la menace nazie ? Quelle crédibilité peut-on apporter à cette idée ?

Christian Combaz : Pie XII cherchait à protéger ses prêtres (qui ont été déportés nombreux), et sans doute à se garder de jeter les chrétiens dans la gueule du loup. Mais ce n'est pas le même loup qu' aujourd'hui. Nous parlons aujourd'hui non d'un oppresseur dictatorial qui a des bureaux et une Kommandantur mais d'une menace diffuse, de proximité, en somme d'un risque de Saint Barthélémy. Il sait parfaitement que les communautés chrétiennes qui vivent au contact d' un ennemi déclaré, résolu, capable de tuer 1000 fidèles par an comme en Afrique peuvent le faire en une seule journée.

Les Chrétiens risquent de pâtir encore plus d'une condamnation solennelle, inutile, contre-productive de sa part. Il nous a déjà fait le coup à propos de l'homosexualité.Pour avoir consulté des spécialistes et des généticiens depuis deux ou trois ans, il sait que la génétique explique les 9/10 de l'orientation sexuelle, que la preuve scientifique est imminente, il a fait venir au Vatican un transexuel espagnol pour l'interroger une journée entière en 2015, et cependant il continue à laisser dire que ces gens-là "vivent dans le désordre" et qu'ils doivent s'amender. Contrairement à Obama, qu'il a publiquement blâmé de faire du drapeau arc-en-ciel une sorte de bannière américaine-bis et de faire dépendre l'aide humanitaire en Afrique de la tolérance en la matière, il n'est donc pas du genre a affronter le diable directement. C'est un homme qui croit que la logique du Mal est toujours la même à travers l'histoire : le Démon est programmé pour se dévorer lui-même, c'est sa nature. Le Pape attend donc probablement, pour terrasser la bête, et pour nous inviter à l'aider, qu'elle montre une faiblesse radicale. Un Jésuite en pareil cas prétendra toujours qu'il a été aidé par la providence divine mais il sait surtout qu'il peut compter sur la sottise de ses ennemis.

Christophe Dickès : Ce n’est pas de la naïveté. Le pape sait très bien ce qu’il fait. Il parle aussi en jésuite. C’est-à-dire qu’il ne cesse de répéter que les choses sont bien plus complexes qu’on ne veut le croire. Il souligne aussi et surtout sa volonté de ne pas être dans une logique identitaire ce qui, face à la vie quotidienne des chrétiens du Moyen-Orient, peut paraître inacceptable. D’où la comparaison avec les fameux silences de Pie XII à qui l’on a reproché de ne pas avoir publiquement dénoncé le nazisme ou trop peu.

Est-ce comparable ? Dans une certaine mesure : dans l’un et l’autre cas, nous avons un génocide. Le Parlement européen a voté une résolution dans ce sens le 4 février 2016. Ce que n’a pas encore fait l’ONU. Quant à nommer l’ennemi, la fameuse encyclique de Pie XI, qui condamne le national-socialisme, ne le cite pas une seule fois ! De son côté, François se refuse d’utiliser le mot d’islam radical même s’il en dénonce les atrocités. Faut-il aussi rappeler que l’islamisme est assimilé à une nouvelle forme de totalitarisme refusant la distinction entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel, comme le fut le nazisme, cette "religion du XXe" siècle selon l’expression de Raymond Aron.

Est-ce que cela signifie que le Vatican n’agit pas ? Naturellement non. Pie XII a mené des actions. François agit aussi. Sur le plan diplomatique, le Saint-Siège a pour rôle de défendre les catholiques persécutés dans le monde. C’est pour ainsi dire la raison d’être de son réseau diplomatique : faire en sorte que les catholiques puissent exercer leur culte en liberté et dans la paix par son action auprès des Etats ou des institutions supranationales. On le voit aujourd’hui dans le rapprochement entre le Vatican et la Russie, pièce essentielle de l’échiquier international au Moyen-Orient. Le pape agit donc en politique, mais pas en "chef de guerre". Ce n’est absolument pas son rôle. Le pape Pie V fut le chef d’une coalition qui a battu les Ottomans à Lépante en 1571. Le pape aujourd’hui n’a plus ce rôle militaire. Son rôle se cantonne à celui d’une force morale avec, pour seule arme, la parole. Avec tous les risques que cela comporte dans notre société ultra-médiatisée. Benoît XVI, lui, avait pris un risque avec son discours de Ratisbonne (2006), largement instrumentalisé à charge par les médias. Mais ce discours a eu le mérite de responsabiliser l'islam au profit entre autres du dialogue inter-religieux. L’évolution du discours du recteur de l’université du Caire, Al-Azhar, sous l’impulsion d’Al-Sissi, en a été à mon sens une des conséquences.atlantico.fr
images/icones/5b.gif  ( 810612 )J'attends toujours par Yves Daoudal (2016-08-13 13:04:51) 
[en réponse à 810607]

(car je l'ai déjà demandé sur mon blog à quelqu'un qui répétait ce genre de propos) qu'on me donne une citation de Pie XII où il dit qu'il ne parle pas de violence nazie parce qu'il faudrait alors qu'il parle de la violence du catholique qui tue sa belle-mère ou sa fiancée...
images/icones/neutre.gif  ( 810614 )Oui mais ... par Aigle (2016-08-13 13:20:10) 
[en réponse à 810612]

Cher Yves

On ne peut pas ne pas penser à la prudence de Pie XII quand on voit la prudence de langage de François. Ou disons on ne peut donner l'audace de pie XII en exemple ...

Deux différences à mes yeux :
- historique : la Wehrmacht n'est pas DAESH qui n'occupe pas Rome ...pie XII avait de fortes raisons de rester prudent en particulier dans l'intérêt des catholiques occupés...
- culturel : Pie XII était trop fin pour proférer les niaiseries franciscaines (femme battue, responsabilité des marchants d'armes....)

ce je crains c'est que la tendresse miséricordieuse de François ne soit manipulée par des clercs dévoyés et islamophiles ...

Ce que j'attends c'est que le milieu gay (qui suis je pour le juger) ne finisse par demander au saint père de choisir entre Daesh et les gays ...

Connaissez vous ceci : l'Homonationalisme ethnocentrique ?

l'homonationalisme est plutôt un sentiment ethnocentrique. Celui-ci se rencontre principalement en Occident, où le soutien aux communautés LGBT maltraitées à l'étranger, notamment en terre d'islam, peut conduire à une valorisation exclusive des valeurs libérales et démocratiques occidentales contre celles du reste du monde, présentées comme archaïques et liberticides. L'homonationalisme peut alors servir à justifier un boycott ou une agression militaire contre des pays dont la politique est regardée comme homophobe (voir pinkwashing).

Wikipedia

images/icones/4a.gif  ( 810617 )Confondre politiquement correct et stratégie par Jean-Paul PARFU (2016-08-13 13:56:13) 
[en réponse à 810607]

C'est confondre lâcheté et stratégie, et c'est être un imbécile ou un flagorneur!
images/icones/vatican.gif  ( 810621 )Jésuites par Ignace Arouet (2016-08-13 17:07:14) 
[en réponse à 810607]

Les deux postulats avancés par un des auteurs au début de leur dialogue tombent de quelle planète? A savoir que les jésuites sont plus intelligents que les autres et qu'ils arrivent à leur fin par des voies détournées en faisant croire qu'ils adhèrent à l'opinion générale, ce qui ne serait pas vrai. Affirmer une telle chose, et construire son raisonnement sur cela, fait preuve d'une profonde méconnaissance de la Compagnie contemporaine. Il ne s'agit plus de l'âge d'or que furent les XVI° et XVII° siècles. Beaucoup de jésuites continuent de croire qu'ils sont plus intelligents que le reste du monde alors qu'ils sont en perte de vitesse depuis très longtemps. Cet orgueil est une grande faiblesse. Et s'ils épousent les idées du monde, ce n'est point par stratégie mais par conviction. Ce Pape en est un exemple patent, pur produit de la Compagnie moderniste.
images/icones/neutre.gif  ( 810623 )Plunkett aussi par Aigle (2016-08-13 17:16:14) 
[en réponse à 810621]

Plunkett aussi a sorti cet argument du jésuitisme. Argument très pauvre qui fait du saint Père un hypocrite !

Je préfère le croire sincèrement attaché à une Foi miséricordieuse et peu contraignante sur le plan éthique. C'est cohérent avec son discours et ses actes et c'est moins injurieux.

Sa méconnaissance de l'ancien monde, son inculture générale, sa manie de faire plaisir aux journaleux expliquent le reste ...
images/icones/neutre.gif  ( 810637 )Le pape manque de colonne vertébrale. par le torrentiel (2016-08-13 22:09:49) 
[en réponse à 810623]

Le contraste est tellement saisissant avec ses deux prédécesseurs.


Comme d'habitude,j'aimerais ne pas avoir à le dire (après tout je ne suis pas obligé, et il y a la prière du cardinal verdier), mais même le premier récit que les médias ont fait de sa vocation présageait quelque mollesse évangélique: on le disait devenu prêtre par dépit amoureux. Et puis on a dit qu'il était entré dans une église, s'était confessé et n'en était plus sorti le même, était ressorti du confessionnal avec l'idée qu'il devait faire aux hommes le bien qu'on lui avait fait.


Il y a de l'"aussitôt" des apôtres dans le discernement de ce jésuite.


Mais même les formules brutales et à l'emporte-pièces qi'il dégoupille avec gourmandise sont des sortes de "petites blagues" qui ne font rire que lui et qui, si elles provoquent, n'entraînent pas de grand retournement:. les jeunes n'iront plus sur le canapé et mettront le bazar au lieu d'allumer le feu. Quant aux religieuses contemplatives, vous en connaissez beaucoup qui ont un sourire d'hôtesses de l'air? Je connais une vocation née d'un de ces sourires. Et combien ne s'y sont pas raccrochés pour continuer de croire en dieu ou pour trouver du réconfort quand ils ne savaient plus prier !
images/icones/neutre.gif  ( 810626 )Saint Père, surprenez-nous.... par Pol (2016-08-13 18:07:52) 
[en réponse à 810607]

....et faites la consecration de la Russie, une fois pour toutes, et vous entrerez dans l'Histoire. Je ne crois pas me tromper, mais vous avez dit que votre Pontificat pourrait etre assez court, meme très court. Alors, je souhaite cette consecration a.s.a.p....2017, c'est le centenaire de Fatima...Je suis un de ceux qui croient que vous la ferez...Oremus.
images/icones/neutre.gif  ( 810628 )À propos de la Russie par Aigle (2016-08-13 18:23:11) 
[en réponse à 810626]

Il me semble que la France fut consacrée à la Sainte Vierge par son Roi légitime (Louis XIII).

La Russie ne devrait elle pas être consacrée par Poutine ?

Et pour cela n'a faudrait il pas que les Russes et leur président soient catholiques ?
images/icones/neutre.gif  ( 810630 )N’entrons pas dans les comparatifs pour essayer de comparer des situations incomparables… par Minger (2016-08-13 18:42:03) 
[en réponse à 810626]

Le parallèle établi par le pape entre les violences islamistes et catholiques a été incompris et jugé naïf par nombre de pratiquants…
Et j’ajoute c’est une énorme bourde qui n’est en aucun cas à mettre sous une stratégie d’entrée en dialogue…

Rappel concernant Sainteté Pie XII…
Extrait :
Il travaille ensuite pour Pie XI à la lettre de condamnation du nazisme : Mit brennender Sorge. Ses capacités de diplomate et la confiance de Pie XI qui meurt en 1939, en font le favori du conclave qui l'élit peu avant le début de la guerre.
Tentant de maintenir la paix (au moins pour l'Italie), exposant sa vision du rôle du pape dans l'encyclique Summi Pontificatus, il maintient le Vatican dans une neutralité qui condamne les excès de la guerre (en Pologne surtout) sans nommer explicitement le nazisme de peur, semble-t-il, d'aggraver la répression. Sous la surveillance de Mussolini d'abord, puis sous celle des Allemands, il maintient des liens diplomatiques avec tous les régimes y compris ceux qui collaborent à l'antisémitisme et à déportation des juifs, tout en se refusant à condamner l'alliance des alliés et de l'URSS. Mis au courant de l'existence des camps d'extermination, le pape condamne les actes (Noël 1942) Lors de l'occupation de Rome par les nazis, Pie XII agit pour éviter les bombardements de la ville et pour protéger les juifs menacés, ce qui n'empêche pas leur déportation. Cela lui vaut la reconnaissance de plusieurs personnalités et dignitaires juifs après la guerre…

Minger : Rien à voir , il n’intègre pas le fondamentalisme des religions pour expliquer l’inexplicable qu’était le nazisme !

Extrait : Christian Combaz : Quand on a été élevé chez les Jésuites, on en retire plusieurs certitudes : 1/ ils sont moins naïfs que les autres, sans doute parce que leur intelligence est plus grande, 2/ ils arrivent à leurs fins par des voies détournées quitte à abonder d'abord dans le sens général.

Minger :Disons tout bêtement ! Ils sont pragmatiques et ils ont toujours appliqué le pragmatisme dans tous les excès…

Ce qui ne veut absolument pas dire qu'ils sont plus intelligents que les autres , non mais plus stratèges !
Car attention ,le dogme fondamental de toutes les sectes manichéennes, c’est la nature divine ou angélique de l’âme, prisonnière des formes créées et de la nuit de la matière !

Et nous nous ne sommes pas en 1219 ! Et ST.François n'était pas le Pape..

Extrait : « S’exposant avec courage aux dangers de tous les instants, François voulait se rendre chez le sultan de Babylone en personne. La guerre sévissait alors, implacable entre chrétiens et sarrazins, et les deux armées ayant pris position face à face dans la plaine, on ne pouvait sans risquer sa vie passer de l’une à l’autre.
Mais dans l’espoir d’obtenir sans tarder ce qu’il désirait, François résolut de s’y rendre. Après avoir prié, il obtint la force du Seigneur et, plein de confiance, chanta ce verset du Prophète: « Si j’ai à marcher au milieu des ombres de la mort, je ne craindrai aucun mal, car tu es avec moi ».
S’étant adjoint pour compagnon frère Illuminé, homme d’intelligence et de courage, il s’était mis en route traversant la mer et se retrouvant dans le pays du sultan. Quelques pas plus loin , ils tombaient dans les avant-postes des sarrazins, et ceux-ci, plus rapides, se précipitèrent sur eux. Ils les accablèrent d’injures, les chargeant de chaînes et les rouant de coups. À la fin, après les avoir maltraités et meurtris de toutes manières, ils les amenèrent, conformément aux décrets de la divine Providence, en présence du sultan: c’était ce qu’avait désiré François.
Le prince leur demanda qui les envoyait, pourquoi et à quel titre, et comment ils avaient fait pour venir; avec sa belle assurance, François répondit qu’il avait été envoyé d’au-delà des mers non par un homme mais par le Dieu très-haut pour lui indiquer, à lui et à son peuple, la voie du salut et leur annoncer l’Évangile qui est la vérité. Puis il prêcha au sultan Dieu Trinité et Jésus sauveur du monde, avec une telle vigueur de pensée, une telle force d’âme et une telle ferveur d’esprit qu’en lui vraiment se réalisait de façon éclatante ce verset de l’Évangile: « Je mettrai dans votre bouche une sagesse à laquelle tous vos ennemis ne pourront ni résister ni contredire ».

Minger : Le fondamentalisme islamique est une réalité et le Pape François ne doit absolument pas brouiller les esprits , en allant chercher les croisades , qui rappelons étaient lancées pour libérer lieux saints !
C’est une partie intégrante de l’Islam dans l’application pour les musulmans radicaux, c’est l’imitation du modèle du Prohète, selon la lecture littérale du Coran et des récits de ses faits et gestes (les Hadîths), y compris dans toute leur cruauté (lapidation, amputations, égorgements, tortures).

Les temps d’hier sont pas la réalité d’aujourd’hui …