Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=810320
images/icones/livre.gif  ( 810320 )Les trois connaissances nécessaires (II) par Diafoirus (2016-08-05 12:27:08) 

Les trois connaissances nécessaires (II)


—A l'explication de textes (Je crois en Dieu, Notre Père, Commandements), l’instruction religieuse ajoute des récits historiques : vie de Jésus, vie de saints, histoire sainte, histoire de l'Eglise.

Ce sont en effet, dans l'ordre surnaturel comme dans l'ordre naturel, les deux méthodes fondamentales, universelles, complémentaires de l'éducation intellectuelle :

a ) expliquer (et faire expliquer) des textes ;
b ) raconter (et faire raconter) des histoires.

L'explication de la liturgie —là où la liturgie catholique et son calendrier ont été conservés —permet souvent d'unir le récit historique et l'explication de texte.

Théoriquement, bien sur, on pourrait enseigner les vérités nécessaires au salut autrement que par une explication du Je crois en Dieu, du Notre Père et des commandements.

Mais nous n'avons que faire ici d'hypothèses et de possibilités purement théoriques. Il s'agit de savoir ce qui est réellement nécessaire aux enfants dans leur vie surnaturelle de chaque jour.

Avec les nouveaux catéchismes, les enfants ne récitent plus le Notre Père et le Je crois en Dieu.
Ou bien ils récitent un Notre Père et un Je crois en Dieu qui ne leur ont pas été expliqués.

Ils n'apprennent plus à faire leur examen de conscience quotidien : en tout cas, ils ne le font plus en regard des Commandements de Dieu.
Sous le prétexte de rejeter ce qui est « abstrait » et d'enseigner un « comportement religieux concret », les nouveaux catéchismes ont complètement perdu de vue la réalité : à savoir que la vie religieuse quotidienne est fondée d'abord sur la prière de chaque jour et sur l'examen de conscience.

La prière quotidienne, l'examen de conscience de chaque jour progressent à mesure que progressent l'explication du Je crois en Dieu, l'explication du Notre Père, l'explication des Commandements de Dieu : telle est la réalité concrète et vivante, telle est la pédagogie catholique. Rien d'autre ne peut remplacer les Commandements, et le Notre Père, et le Je crois en Dieu. Laisser les enfants sans le Je crois en Dieu, sans Notre Père, sans Commandements, — les laisser sans catéchisme qui le leur explique, — c'est les condamner à un abandon spirituel épouvantable. Dans cet abandon, spirituellement orphelins, ils deviennent des sauvages.

Avec les nouveaux catéchismes, dans le meilleur des cas, le Je crois en Dieu, le Notre Père et les Commandements survivent comme des formules récitées par cœur sans avoir jamais été expliquées.
(A suivre) J.M.
***************
images/icones/fleche2.gif  ( 810356 )Pourquoi le nécessaire est-il devenu accessoire ? par Scrutator Sapientiæ (2016-08-06 09:16:25) 
[en réponse à 810320]

Bonjour Diafoirus,

Ces questions s'adressent à tous les liseurs ; ce sont des questions que je me pose depuis déjà longtemps...

Pourquoi ce qui est nécessaire, à tout le moins, à la compréhension du salut, a-t-il commencé à être considéré comme accessoire, par tant de docteurs et de pasteurs, au sein de l'Eglise catholique ?

Pourquoi autant de clercs persistent-ils à considérer que le nécessaire est devenu accessoire, y compris bientôt 25 ans après la publication du Catéchisme de l'Eglise catholique, en 1992 ?

Cette appréciation négative sur la nécessité de faire en sorte que les diverses générations de catholiques, les plus jeunes et les moins jeunes, aient accès à ces trois connaissances, est-elle consciente ?

Le Catéchisme de l'Eglise catholique n'étant pas susceptible d'être considéré comme "archaïque" ou "intégriste", qu'est-ce qui fait que même lui est si peu utilisé, en vue de la catéchèse, dans les diocèses ?

Merci beaucoup pour toute réponse à ces questions et bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 810367 )Réponse pour Scrutator Sapientiæ par Diafoirus (2016-08-06 11:37:59) 
[en réponse à 810356]

Je vous remercie cher Scrutator Sapientiæ de votre interrogation, qui rejoint mes préoccupations.

Une première réponse rapide, en attendant d’avancer plus profondément dans mon travail de recherche, il y a le livre de Jean Madiran, HISTOIRE DU CATÉCHISME : 1955-2005 publié aux Editions Consep, 13 rue Saint Honoré 78000 Versailles en 2005 que je vous conseille si vous ne le connaissais pas.

Ce que je vous propose sur les Trois connaissances, est pris dans une suite d’articles paru dans Présent de 1983 à la suite de la conférence du Cardinal Ratzinger donnée dans le courant du mois de janvier 1983 à Lyon et Paris publié dans Discours du Pape et Chronique romaine supplément au numéro 421 de janvier 1983 sur le thème : Transmission de la Foi et Sources de la Foi. (voir : http://choficsa.chez-alice.fr/divers/transmettre.pdf)


Votre interrogation :

Cette appréciation négative sur la nécessité de faire en sorte que les diverses générations de catholiques, les plus jeunes et les moins jeunes, aient accès à ces trois connaissances, est-elle consciente ?


m’interpelle. Je ne pense pas que cela soit conscient : on n’y pense pas, tout simplement pour le commun des clercs. On ne réfléchit pas dans ce sens. En fait nous vivons avec une « panne » de la transmission du savoir. On peut aussi parler d’aveuglement. Il y a matière à réflexion. Mais vous pouvez consulter l’article de Rémi Fontaine paru dans le numéro 233 de juin 2014 de la revue de l’A F S, (B.P. 80833 75828 Paris cedex 17/ http://afs.viabloga.com/ ) sur ce sujet, pour compléter.
Ici

Je préfère donner du concret à utiliser et à mettre en œuvre pratiquement, pour nous et nos proches. Je ne m’interdis pas de réfléchir, mais cet objet n’est pas mon métier.
images/icones/fleche2.gif  ( 810398 )Quelques remarques. par Scrutator Sapientiæ (2016-08-07 09:03:01) 
[en réponse à 810367]

Bonjour et bon dimanche, Diafoirus.

Je vous remercie pour votre réponse, qui me donne l'idée d'ajouter ce qui suit.

1. Je parle, ici, tout d'abord, de l'importance de la culture doctrinale, dans le domaine de la "doctrine de la foi", au sens large.

Tous les catholiques cultivés ne sont pas des catholiques critiques ou rebelles, et tous les catholiques incultes ne sont pas des catholiques dociles ou serviles, face au caractère essentiellement conciliateur ad extra, jusqu'à l'auto-anesthésie ou l'auto-euthanasie culturelle, du catholicisme contemporain, mais j'ai déjà fait l'expérience du fait qu'un catholique inculte se soumet, plus facilement ou plus souvent qu'un catholique cultivé, à ce qui contribue à l'éviction du Credo, du Notre Père, du Décalogue, ou à l'omission de la Foi, de l'Espérance, de la Charité, dans la catéchèse et dans la prédication.

2. Je parle ici, ensuite, de la tendance croissante au remplacement des vertus chrétiennes par les "valeurs chrétiennes" (lesquelles ?), dans le discours de bon nombre de clercs.

Moins les catholiques auront connaissance des fondements et du contenu de chacune des trois vertus chrétiennes, moins ils auront connaissance de ce qui contribue à l'adhésion aux vertus chrétiennes, et de ce sur quoi cette adhésion débouche, et plus ils seront faciles à manipuler ou à neutraliser, à conduire de plus en plus loin de l'Esprit de Dieu et du sens de la foi ou de plus en plus près de l'esprit du monde et du sens de l'histoire, grâce au recours à une notion, les "valeurs chrétiennes", sous laquelle on peut mettre ce que l'on veut, d'une manière imprécise ou imprudente.

3. Je parle ici, enfin, de ce qu'il faut bien appeler le "cléricalisme des clercs".

Là aussi, j'en ai déjà fait l'expérience, à chaque fois que j'ai eu l'occasion de dire, respectueusement, à un prêtre qui se trompait, qu'il se trompait : d'une manière générale, les clercs n'aiment pas que les fidèles en sachent au moins autant qu'eux, quand ce n'est pas plus qu'eux, sur l'Ecriture, la Tradition, le Magistère, la Dogmatique, le Catéchisme, surtout quand les fidèles cultivés concernés résistent à la réduction ou à la soumission catholique contemporaine de l'amour de la paix à l'adoration de l'irénisme.

J'en suis arrivé à me dire qu'il y a une inculture doctrinale des catholiques qui doit être considérée, en haut lieu, comme "diocésainement correcte".

Bon dimanche.

Scrutator.