par Père M. Mallet (2016-08-04 19:09:35)
Ce texte est plus ou poétique, mais quand on l'a déjà entendu vingt fois, toujours dans le même contexte, ça devient un supplice.
Et puis le caractère religieux est quand même un peu difficile à cerner...
Ma question est : je traduis un livre qui le cite, et qui l'attribue à saint Augustin, ce qui me semble du plus haut farfelu.
D'autres l'ont attribué à Péguy, mais l'Association Amitié Charles Péguy le nie formellement, et l'attribue...
à un certain « Henry Scott Holland », chanoine anglais (1847-1918). Eric Thiers, autre Péguyste mobilisé dans cette affaire, complète. Selon ses sources, ce texte est extrait d’un sermon sur la mort intitulé « The King of Terrors », prononcé le 15 mai 1910 à la Cathédrale St Paul de Londres, peu après le décès du Roi Edouard VII.
Il n'a été publié qu'après la mort de Péguy, qui n'en est donc pas non plus le traducteur.
Bref : saint Augustin a-t-il écrit le moindre texte qui ressemble à celui-ci ? Et qui en est l'auteur ?
La mort n'est rien : je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait, n'employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin. »