Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=810251
images/icones/hein.gif  ( 810251 )D'où vient le texte fréquent des enterrements : La mort n'est rien... par Père M. Mallet (2016-08-04 19:09:35) 

Ce texte est plus ou poétique, mais quand on l'a déjà entendu vingt fois, toujours dans le même contexte, ça devient un supplice.
Et puis le caractère religieux est quand même un peu difficile à cerner...
Ma question est : je traduis un livre qui le cite, et qui l'attribue à saint Augustin, ce qui me semble du plus haut farfelu.
D'autres l'ont attribué à Péguy, mais l'Association Amitié Charles Péguy le nie formellement, et l'attribue...

à un certain « Henry Scott Holland », chanoine anglais (1847-1918). Eric Thiers, autre Péguyste mobilisé dans cette affaire, complète. Selon ses sources, ce texte est extrait d’un sermon sur la mort intitulé « The King of Terrors », prononcé le 15 mai 1910 à la Cathédrale St Paul de Londres, peu après le décès du Roi Edouard VII.


Il n'a été publié qu'après la mort de Péguy, qui n'en est donc pas non plus le traducteur.
Bref : saint Augustin a-t-il écrit le moindre texte qui ressemble à celui-ci ? Et qui en est l'auteur ?

La mort n'est rien : je suis seulement passé, dans la pièce à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous.
Ce que j'étais pour vous, je le suis toujours.
Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l'avez toujours fait, n'employez pas un ton différent.
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie tout ce qu'elle a toujours été. Le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de vos pensées, simplement parce que je suis hors de votre vue ?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin. »
images/icones/fleche2.gif  ( 810258 )"The King of Terror" par Cath...o (2016-08-04 19:50:14) 
[en réponse à 810251]

Vous en avez la transcription ici, avec ce passage très proche du texte dont vous parlez :

“Death is nothing at all. It does not count. I have only slipped away into the next room. Nothing has happened. Everything remains exactly as it was. I am I, and you are you, and the old life that we lived so fondly together is untouched, unchanged. Whatever we were to each other, that we are still. Call me by the old familiar name. Speak of me in the easy way which you always used. Put no difference into your tone. Wear no forced air of solemnity or sorrow. Laugh as we always laughed at the little jokes that we enjoyed together. Play, smile, think of me, pray for me. Let my name be ever the household word that it always was. Let it be spoken without an effort, without the ghost of a shadow upon it. Life means all that it ever meant. It is the same as it ever was. There is absolute and unbroken continuity. What is this death but a negligible accident? Why should I be out of mind because I am out of sight? I am but waiting for you, for an interval, somewhere very near, just round the corner. All is well. Nothing is hurt; nothing is lost. One brief moment and all will be as it was before. How we shall laugh at the trouble of parting when we meet again!”
images/icones/neutre.gif  ( 810261 )Joseph Follet , illustre inconnu... par Minger (2016-08-04 20:22:00) 
[en réponse à 810251]

http://saintaugustinbx.fr/Les-services/Accompagnement-des-deuils/TEXTES-POUR-FUNERAILLES-st-Augustin.pdf/

Vous avez dans la même lancée: AU BOUT DE LA ROUTE, il n’y a pas la route..
Au bout de l’ascension, il n’y a pas l’ascension...

Au bout de la nuit, il n’y a pas la nuit..

Au bout de l’hiver, il n’y a pas l’hiver...

Et: DANS LA PIECE D’À COTÉ...La mort n’est pas la fin,
je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
Je suis moi. Vous êtes vous...

Et: DES FRUITS POUR AUJOURD’HUI...

Ce qui importe à l’espérance de la femme ou de l’homme
qui saisit un jour que c’est le dernier jour,
c’est de croire à l’amour qui ne peut pas finir....

Et nous avons par Martin Gray (qui avait entre autre écrit Dans son livre le plus connu, Au nom de tous les miens (1971), il décrit une partie de sa vie et notamment le drame d'avoir perdu à deux reprises toute sa famille...)

Frères, que nos mémoires soient par celui
qui nous a partagé les instants de sa vie,
le lieu de la fidélité
à tout ce qui nous fut commun.
Nous avons su prononcer son nom,
accueillir son regard,
être heureux de sa joie,
ou pleins de tristesse...

Et nous terminons...
Poème d’après le poète brésilien Adémar de Barros
JE CONNAIS DES BATEAUX
Je connais des bateaux qui restent dans le port
de peur que les courants les entraînent trop fort,
Je connais des bateaux qui rouillent dans le port,
A ne jamais risquer une voile au dehors.

Et tout cela pour dire que j'ai même entendu du Paul Eluard lors des funérailles , un prêtre avait la manie avec des poèmes toujours sur les AMOUR Perdus!

Et pour finir nous allons mourir intelligents!

images/icones/1g.gif  ( 810372 )Joseph Follet ou Joseph Folliet ? par Pétrarque (2016-08-06 13:57:35) 
[en réponse à 810261]

Si c'est Joseph Folliet, il est loin d'être un illustre inconnu.
images/icones/carnet.gif  ( 939573 )Tiens... par XA (2022-01-28 15:51:09) 
[en réponse à 810251]

Je tombe par hasard sur cet article : clic
images/icones/tao.gif  ( 939574 )C'est pratique les archives par Ptitlu (2022-01-28 16:03:46) 
[en réponse à 939573]

Sur le Forum catholique, un prêtre dit l’avoir « déjà entendu vingt fois, toujours dans le même contexte, ça devient un supplice ».

C'est curieux, personne ne s'en prend aux cérémonies d'enterrement NOM qui sont presque invariablement un supplice, qu'elles soient organisées par des laïcs ou des religieux. Et je ne parle pas des lectures, mais des chants, de ce que dit le prêtre etc.

Voyez vous, je suis rallié, fermement biritualiste et j'entends le rester, mais à chaque fois que je vais à un enterrement je sais pourquoi j'ai rejoint la Tradition et la messe en latin.

Quand on sait que pour beaucoup de catholiques non pratiquants les enterrements sont le principal point de contact avec l'Eglise, que dans beaucoup d'églises rurales ce sont presque les seules cérémonies, les messes étant rapatriées au chef lieu de canton, les enterrements NOM sont le meilleur moyen de détourner durablement les gens de l'Eglise et d'organiser la déchristianisation.

images/icones/neutre.gif  ( 939575 )Un autre classique des enterrements NOM par Donapaleu (2022-01-28 17:56:15) 
[en réponse à 810251]

et où l'on a du mal à détecter le caractère religieux même avec de la bonne volonté.
images/icones/neutre.gif  ( 939587 )Ce chant par Vox clamantis (2022-01-28 21:01:43) 
[en réponse à 939575]

N'est pas un chant d'obsèques à l'origine ; sans jamais mentionner Dieu explicitement il y fait référence du début à la fin (trouver la présence de Dieu dans nos vies, tout ça). C'est une nunucherie pour soirée de prières, pas bien méchante. Je l'ai beaucoup chanté quand j'étais guide !

Je ne l'ai entendu qu'une fois à des obsèques, celles de la mère d'une collègue qui est à ce jour encore persuadée qu'il y a eu une messe (avec seulement un diacre ça ne risquait pas).

Je réalise grâce à vous que l'absence de mention explicite de Dieu fait qu'on peut y voir une allusion au défunt. Et la effectivement ça n'a plus rien à faire dans des obsèques catholiques... Ce chant devrait être interdit dans ce cadre !
images/icones/neutre.gif  ( 939594 )Dans ma région par Donapaleu (2022-01-28 21:55:39) 
[en réponse à 939587]

c'est un grand classique des obsèques NOM.