Le Forum Catholique
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( 810224 )
Question de morale. par Lorette (2016-08-04 17:09:12)
Pourriez-vous m'aider à répondre à une question qui m'est posée et je ne trouve pas grand'chose là dessus.
Un conjoint à qui on a affirmé que son mariage serait déclaré nul et dont la procédure de divorce est terminée attend la décision de cette demande de nullité qui ne saurait plus tarder (quelques mois).
Il (elle) tombe amoureux d'une personne libre de se marier. Comment doit-il (ou elle) se comporter ? Peut-il aussi déclarer sa flamme ? passer du temps ensemble etc...organiser des vacances ensemble avec le reste de la famille par exemple ? faire des présentations...?
Merci d'avance pour vos éclairages !

( 810226 )
C'est sûrement dur et difficile par Rémi (2016-08-04 17:33:18)
[en réponse à 810224]
au quotidien, mais un "on m'a dit que mon mariage sera jugé nul" ou "l'affaire sera jugée bientôt" ne sont en aucun cas la certitude du jugement de l'Eglise et donc de la nullité du sacrement.
En droit, aujourd'hui, cette personne est mariée. Elle doit je pense se comporter extérieurement comme telle tant que le jugement (qui n'est pas acquis d'avance en son sens quoi qu'on puisse lui dire) ne sera pas prononcé, et, c'est peut-être le point le plus difficile si déjà malheureusement son sentiment s'est attaché ailleurs, se préserver pour le moment de s'engager dans une nouvelle affection, et de la sorte préserver aussi autrui de toute déception.
J'ai connu un cas semblable près de moi et je dois dire que ma connaissance qui demandait (et a obtenu) la nullité s'est montré très courageux le long temps de la procédure, en dépit de l'affection qu'il portait déjà à celle qui est aujourd'hui son épouse, tandis que Dieu bénit depuis la fécondité de leur mariage par les enfants et le rayonnement de leur vie spirituelle.
Qu'on me reprenne et corrige bien entendu s'il y a lieu.

( 810228 )
Votre analyse me paraît juste aussi bien moralement que juridiquement par Ubique Fidelis (2016-08-04 17:53:26)
[en réponse à 810226]
Tout est dans le titre.

( 810235 )
Bon en même temps ... par Cath...o (2016-08-04 18:11:59)
[en réponse à 810226]
Instruction Dignitas Connubii :
Art. 301 – § 1. Quand une sentence qui a déjà déclaré la nullité du mariage a été confirmée en appel, par un décret ou par une deuxième sentence, les personnes dont le mariage a été déclaré nul peuvent contracter un nouveau mariage aussitôt après que la notification du décret ou de la deuxième sentence leur a été faite
D'accord ça se tient juridiquement parlant, mais dans la pratique ...

( 810267 )
Justement par Rémi (2016-08-04 21:12:01)
[en réponse à 810235]
Comment se comporter pratiquement avant la déclaration de nullité, qui n'est a priori pas certaine ?
Moralement il faut être prudent, ne serait-ce que pour éviter de blesser quiconque. Concrètement on se doute bien que souvent c'est une autre affaire, mais là n'est pas la question de Lorette.
Plus fondamentalement, la question, qui ouvre d'ailleurs la partie morale du Catéchisme, est "Maître, que dois-je faire de bon ? " : nous le savons, ce qui nous plaît n'est pas toujours, voire rarement, ce qui agrée au Seigneur ...

( 810268 )
Merci ! et autre question... par Lorette (2016-08-04 21:51:52)
[en réponse à 810267]
Merci beaucoup pour vos réponses et pour le témoignage de Rémi.
Et maintenant que faut-il faire si les deux personnes "amoureuses" ne sont pas trop discrètes ? sans passer pour des redresseurs de torts ou des jaloux ? et doivent-ils à votre avis en parler à leurs enfants ?
Merci d'avance !

( 810303 )
Je suis d'accord avec vous, ... par Cath...o (2016-08-05 10:23:11)
[en réponse à 810267]
... j'avais juste ressorti cet article en me souvenant avoir lu (était ce pour moi ou pour une amie ?) dans le courrier accompagnant le jugement de nullité : "vous pouvez dès à présent (ou "dès aujourd'hui", je ne sais plus) contracter un nouveau mariage" ...
Ce qui en pratique aurait bien nécessité une relation durant la procédure !
Ceci dit, il y a quand même des degrés dans la certitude qu'un mariage puisse être reconnu nul. Et le droit doit même permettre d'atteindre les 100% de conviction pour certains cas.
C'est comme si vous trucidiez votre voisin bruyant devant dix témoins : les journaux auront beau parler de "présumé coupable", c'est bien entre quatre murs que vous irez attendre votre jugement !