Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 808597 )Vive François ! par Candidus (2016-07-09 13:15:27) 

Et si ce pontificat qui nous crucifie était en fait une bénédiction ? Et si s’était l’événement le plus profitable pour l’Eglise depuis la mort de Pie XII ? François n’est-il pas en train de susciter un réveil et une unanimité contre lui parmi les catholiques de diverses sensibilités qui contre vents et marées ont conservé la foi ?

Les conservateurs ont souvent été les pires ennemis des traditionalistes ; en juin 1988, un des parangons du conservatisme théologique et liturgique, le Cardinal Giuseppe Siri, n’a-t-il pas contacté personnellement Jean-Paul II pour lui conseiller de faire preuve de la plus grande rigueur à l’égard de Mgr Lefebvre en l’excommuniant sans tergiverser ? J’ai lu l’anecdote dans une des biographies consacrées au Cardinal ; celle de Raimondo Spiazzi ou de Benny Lai, je ne sais plus.

Le miracle de François c’est qu’il est en train de combler le fossé entre conservateurs et traditionalistes. Il suscite une union sacrée, il nous fédère. Et si c’était le prélude nécessaire à la réforme dont l’Eglise a aujourd’hui tant besoin ?

Dans ce contexte, la reconnaissance canonique de la FSSPX pourrait constituer l’événement fondateur de ce remembrement général. Après sa régularisation, toutes les questions jusqu’à présent tabou dans le milieu conservateur, acquerraient droit de cité. On pourrait être catholique et voir dans le concile Vatican II et/ou les réformes qui en sont issues, le prolégomène de la crise actuelle. Crise liturgique, doctrinale et morale mais aussi sociétale dans la mesure où Vatican II fut à la fois cause et conséquence de la crise occidentale en étant à sa remorque et à son avant-garde.

Décidément, Dieu trace vraiment des lignes droites avec nos lignes courbes... Les logorrhées aériennes irresponsables de Bergoglio, chant du cygne du modernisme ?
images/icones/carnet.gif  ( 808598 )A propos d'un certain désarroi des "conservateurs" par Rémi (2016-07-09 13:26:59) 
[en réponse à 808597]

face au Pape François (leurs E.R. Burke et Sarah, NNSS. Rey, Schneider etc. ) on lira avec intérêt l'article de M. Pierre Charles "Circonlocutions exégétiques" dans le dernier numéro de la revue Catholica (n°132 , été 2016, "Convergences mondialistes" ) :

"L'exhortation apostolique Amoris Laeticia pose de très graves problèmes face auxquels l'attitude conservatrice s'avère impuissante, qu'elle opte pour la pieuse interprétation ou qu'elle tente d'en diminuer la portée" .

images/icones/1a.gif  ( 808941 )c'est que me semble dire Candidus par F. de T. (2016-07-16 15:02:45) 
[en réponse à 808598]

l'attitude conservatrice des conservateurs n'est plus possible : leur propre terrain de la morale "conservée" jusqu'à présent par les papes post Vatican II vient d'être renversé. La rupture n'est plus niable. d'où l'espérance de Candidus et la mienne que l'opposition sorte de "la pieuse interprétation".
images/icones/fleche2.gif  ( 808923 )S'en prendre à des doctrines, et non à des personnes. par Scrutator Sapientiæ (2016-07-16 11:32:12) 
[en réponse à 808597]

Bonjour Candidus,

1. Pour ma part, je n'ai rien contre la personne du Pape François, mais j'ai beaucoup de remarques contre la non résistance manifeste, contre le silence voire le suivisme, de bien des clercs, dont, "parfois", la sienne propre, face à "l'esprit du Concile", "l'esprit d'Assise", "l'esprit de l'Evangile", ou "l'esprit de Tibhirine".

2. Je veux dire par là que les uns et les autres, disons, pour reprendre vos expressions, les catholiques conservateurs et les catholiques traditionalistes, n'ont ni intérêt, ni vocation, à donner l'impression qu'ils sont allergiques à la personne même du Pape François : leur opposition éventuellement commune devrait plutôt pouvoir porter, à mon sens, sur des doctrines et des tendances erronées, face auxquelles la plupart des évêques, y compris, "parfois", l'évêque de Rome, sont, le plus souvent, uniquement irénistes, quand ils ne sont pas approbateurs.

3. Ces doctrines et ces tendances n'ont certes pas attendu l'élection du Pape François, ni même, pour certaines d'entre elles, celle de...Pie XII, pour commencer à sévir, au sein de l'Eglise catholique, d'abord et surtout en Europe occidentale, et c'est quand les catholiques conservateurs diocésains accepteront bien plus souvent de s'exposer au risque de se faire traiter d'intégristes ou, comme on dit aujourd'hui, de "pélagiens", de "pharisiens", désireux de réduire l'Eglise catholique à un "élitisme" et la Foi catholique à du "gnosticisme", que l'on pourra commencer à parler d'un rapprochement entre conservateurs et traditionalistes, non contre la personne du Pape François, mais contre ces doctrines et ces tendances.

4. Je pense donc que les uns et les autres, les conservateurs et les traditionalistes, envisageront de faire preuve de plus de compréhension mutuelle, de plus de coopération réciproque, à partir du moment où ils accepteront de s'exposer ensemble aux mêmes accusations ou aux mêmes représailles.

5. Je maintiens, pour ma part, qu'il y a eu un esprit du Concile avant la lettre, et que la polarisation, légitime par ailleurs, sur des questions à caractère liturgique, a longtemps fait obstacle à l'analyse de cet esprit du Concile avant la lettre, chez bien des catholiques conservateurs et bien des catholiques traditionalistes.

6. Pour moi, l'idéal pourrait être que les uns et les autres prennent conscience, ensemble, et fassent prendre conscience, ensemble, du fait que le modus cognoscendi et le modus cogitandi de quelques théologiens, déjà cités, a provoqué une rupture épistémologique d'une extrême gravité, qui était probablement bien intentionnée, mais qui était également dotée de vices de conception (philosophiques et théologiques), et qui a donné naissance à l'auto-dénaturation ou à l'auto-fragilisation de l'Eglise catholique que nous connaissons et subissons, encore aujourd'hui.

7. Or, précisément, encore aujourd'hui, il est extrêmement difficile de faire admettre, même à un catholique conservateur et diocésain des plus réaliste, qu'il y a bien

- un lien de causalité entre cet esprit du Concile avant la lettre et au moins une partie de certains textes du Concile, eux-aussi déjà cités,

- un lien de causalité entre au moins cette partie du Magistère conciliaire au sens strict et au moins une partie de la pastorale post-conciliaire.

8. Je viens de remonter en amont de l'avant-Concile sous Pie XII, et il me reste à redescendre jusqu'à l'aval de l'après-Concile sous Paul VI ; je sais que je vais rêver un instant à voix haute, mais tant pis, je vais le faire quand même : que les catholiques conservateurs et les catholiques traditionalistes prennent donc connaissance, communément, et davantage, de ce que l'on trouve, notamment,

- d'une part, dans le Catéchisme de l'Eglise catholique, Veritatis splendor, Evangelium vitae, Fides et ratio, Dominus Iesus, le Compendium du Catéchisme,

- d'autre part, sous la plume d'un Claude GEFFRE, d'un Joseph MOINGT, d'un Christian SALENSON, d'un Christoph THEOBALD, d'un Alain THOMASSET...

En résumé : ne diabolisons pas quelque théologien que ce soit, quelque évêque que ce soit, ou ne donnons pas l'impression de le faire, mais analysons les doctrines et les tendances qui sont amplement à l'origine du fait que nous en sommes là où nous en sommes, en ce qui concerne toute une ambiance, iréniste jusqu'à l'oxymore, et bien des pratiques, pastorales, au sens de : consensualistes et fraternitaires, et non pastorales, au sens de : conduites par des pasteurs, pour le bien, surnaturel, du troupeau.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 808942 )l'"avantage" d'AL par F. de T. (2016-07-16 15:12:13) 
[en réponse à 808923]

c'est qu'elle est claire dans son ambiguïté. Point besoin d'être théologien (me semble t'il car les sujets traités concernent le comportement de tout laïc) pour lire ce texte et constater ce que de plus en plus de théologiens constatent : il n'est pas possible par une lecture normale de lire ce texte en continuité avec l'enseignement précédent. Par ailleurs, cette opposition presque mot à mot ne concerne pas le pape actuel avec des "vieux papes" mais avec des papes post Vatican II, récents et spécialisés sur les sujets en question. Je ne vois pas très bien comment le système conservateur peut perdurer.
images/icones/fleche2.gif  ( 809277 )L'"avantage", avec les vidéos du Pape. par Scrutator Sapientiæ (2016-07-22 08:36:37) 
[en réponse à 808942]

Bonjour et merci, F. de T.

L'"avantage", avec les vidéos du Pape ou, en tout cas, avec certaines d'entre elles, c'est qu'elles sont riches dans leur pauvreté. Là aussi, point besoin d'être théologien (me semble t'il car les sujets traités nous concernent tous) pour visionner ces vidéos et constater ce que de plus en plus de catholiques constatent : il n'est pas possible par une lecture normale de visionner ces vidéos et d'y trouver autre chose qu'un appauvrissement conscient et volontaire, fallacieux ou tendancieux, mais évangélique, dans la miséricorde, vers les périphéries, du discours tenu, à la limite de l'anthropocentrisme akérygmatique, depuis l'intérieur de l'Eglise, et vers l'extérieur de l'Eglise.

Cela me rappelle de plus en plus les homélies indigentes que j'ai eu à subir, dans la deuxième moitié des années 1970 et la première moitié des années 1980, il est vrai, je le précise sans ironie, dans une paroisse qui était située, à plusieurs titres, "à la périphérie".

Or, est-ce de ma faute si, de même que le "cinquantisme", ante-conciliaire, de certains théologiens, n'est pas un mythe, de même, le "septantisme", post-conciliaire, a bien été une réalité, une réalité qui a consisté à contester et à détester, ou, plus subtilement, à adapter ou à dépasser, à contourner ou à détourner, tout ce qu'il pouvait y avoir de plus structurant, dans le Concile Vatican II et dans le Magistère de Paul VI ?

Cela étant écrit, vous me direz peut-être : qu'est-ce qu'une lecture normale, ou plutôt : qu'est-ce qu'une lecture chrétienne, une réception chrétienne, en l'occurrence, de ces vidéos du Pape ?

Une réception chrétienne, ce n'est évidemment pas une réception "franciscophobe", mais c'est évidemment une réception un tant soit peu sensible aux richesses et à la sagesse qui sont présentes dans l'Ecriture, dans la Tradition, et même dans le Magistère, quand ceux qui en ont la charge veulent bien se donner la peine de ne pas y passer sous silence, ad intra ou ad extra, ces richesses et cette sagesse, aussi éclairantes, exigeantes, verticalisantes, soient-elles.

Ces richesses sont accessibles et destinables, notamment, aux pauvres, et sont d'autant mieux comprises, y compris par les pauvres, qu'elles sont dirigées vers, et non, bien sûr, contre, les pauvres, même si cela nécessite, évidemment, un discernement et une pédagogie appropriés.

Je me demande parfois si la marque de fabrique du catholicisme contemporain, postérieur à 1945, n'est pas placée sous le signe du : "Va et ne prêche plus", en tout cas, sur certaines questions, telles que, bien sûr, le péché originel et les fins dernières, mais aussi la nécessité de la conversion chrétienne et de la formation chrétienne, la Sainte Trinité, etc.

Bonne journée.

Scrutator.