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Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2016-07-07 00:34:16)
[en réponse à 808469]
§ I. Controverse sur la nature de la contemplation
1554. 1° Théorie de la connaissance immédiate. Cette théorie qui se réclame de l'autorité du Pseudo-Denys, de l'école de S. Victor et de l'école mystique flamande, admet que la contemplation infuse est une perception ou intuition ou vision immédiate, quoique obscure et confuse de Dieu ; étant immédiate, elle se distingue de la connaissance ordinaire de la foi ; étant obscure, elle diffère de la vision béatifique. Il y a des nuances dans la façon dont on l'expose. Ainsi le P. Poulain, s'appuyant sur la théorie des sens spirituels, pense que l'âme contemplative sent directement la présence de Dieu : « Pendant cette union, quand elle n'est pas trop élevée, nous ressemblons à un homme placé auprès d'un de ses amis, mais dans un lieu complètement obscur, et en silence. Il ne le voit donc pas, il ne l'entend pas, seulement il sent qu'il est là, au moyen du toucher, parce qu'il tient sa main dans la sienne. Il reste ainsi à penser à lui et à l'aimer » (Grâces d’oraison, ch. VI, n. 16).
1555. Le P. Maréchal, après avoir constaté que les mystiques affirment l'existence, dans les états de haute contemplation, d'une intuition intellectuelle de Dieu et de l'indivisible Trinité, estime « que la haute contemplation implique un élément nouveau, qualitativement distinct des activités normales et de la grâce ordinaire... la présentation active, non symbolique, de Dieu à 1'âme, avec son corrélatif psychologique : l'intuition immédiate de Dieu par l'âme » (La mystique chrétienne, Rev. de Philosophie, 1912, t. XXX, p. 478). Ce qui, ajoute-t-il, ne paraît pas tellement étrange si l'on admet (ce qu'il a exposé auparavant) que l'intuition de l'être est pour ainsi dire le centre de la perspective de la psychologie humaine.
Cette théorie est perfectionnée par le P. Picard. Après avoir exposé qu'au point de vue naturel, une saisie ou intuition immédiate de Dieu, mais confuse et obscure, n'est pas impossible quand une fois on a démontré l'existence de Dieu par les preuves classiques, il fait l'application de cette théorie à la contemplation mystique. Ce Dieu, dont la présence s'est animée au fond de l'âme « tantôt s'empare d'elle en l'étreignant par ses facultés connaissantes qu'il concentre sur Lui, dans le silence, l'admiration et la paix ; tantôt il saisit en maître sa volonté et ses puissances affectives... lorsque la saisie de l'âme par Dieu se fait sentir à l'âme plutôt selon ses facultés de connaissance, nous avons l'oraison de recueillement ; lorsque l'âme se sent prise par ses puissances volontaires et affectives, elle est dans l'oraison de quiétude » (La saisie immédiate de Dieu dans les états mystiques, 1923). L'auteur montre ensuite qu'au fur et à mesure que Dieu augmente la force de son étreinte, qu'il lui donne un empire plus absolu, plus exclusif, plus envahissant, l'âme progresse dans les degrés supérieurs de la contemplation. Il ajoute enfin que cette théorie est bien distincte de l'ontologisme ; car elle affirme que la notion d'être trouve son origine dans la perception de l'être fini, qu'elle est analogue, et attend, pour être appliquée à Dieu, que l'existence de Dieu ait été démontrée. Elle rejette la vision en Dieu : c'est notre esprit fini et imparfait, qui, à l'aide de ses seules idées et actes finis et imparfaits, atteint toutes les vérités dont il prend connaissance ; d'ailleurs cette intuition est essentiellement confuse et obscure.
Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde