Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=808278

( 808278 )
Exégèse sur saint Pierre par Eti Lène (2016-07-03 13:41:22)
Ce matin un abbé nous a fait une très belle Exégèse sur St Pierre.
En effet St Pierre a été emprisonné par Hérode et l'Eglise priait sans relâche pour lui. (Actes des Apôtres)
Or nous a dit l'abbé le pape est enfermé en ce moment par les erreurs modernes. Il ne peut donc pas gouverner.
Les portes de l'enfer par lesquelles le bon Dieu a promis qu'elles ne prévaudraient pas contre l'Eglise, c'est le pouvoir, car on jugeait et asseyait son pouvoir aux portes de la Cité.
Et pourtant le bon Dieu a permis que st Pierre soit emprisonné. Brièvement.
St Pierre voit son évasion comme dans un rêve car il n'y croit pas lui-même. Mais l'Eglise comme dans un rêve va s'évader et triompher. Il faut donc prier et persévérer sans relâche pour l'Eglise, et pour le Christ son époux, notre époux.

( 808281 )
Sédéimpéditisme par Candidus (2016-07-03 15:10:03)
[en réponse à 808278]
Votre abbé dit : "le pape est enfermé en ce moment par les erreurs modernes. Il ne peut donc pas gouverner". C'est la thèse sédéimpéditiste, "le pape est occupé, le pape est empêché", développée à une époque par Mgr Tissier, entre autres.
Excusez-moi, mais c'est de la psychologie de pacotille. Si le pape subit une camisole psychologique qui l'empêche de gouverner l'Eglise, cela relève de la psychiatrie, et dans ce cas le Siège est vacant. Tous les canonistes et théologiens considèrent que l'insanité du pape entraînerait la vacance du Siège Apostolique.
Avec un raisonnement de ce type, on nie le libre arbitre ou on détruit la responsabilité de toute personne qui en raison de l'ambiance actuelle ne vit pas selon le vrai et le bien objectifs ou n'y adhère pas. Chaque fois, on peut affirmer : "cette personne est prisonnière des erreurs modernes".

( 808286 )
Qui a défini le sédéimpéditisme? par Eti Lène (2016-07-03 16:38:55)
[en réponse à 808281]
Vous?
Sur le fond, François a selon moi aussi, tout à fait son libre arbitre, mais personne à part son successeur ou un concile, ne peut le juger. Si vous prétendez le contraire, alors bonjour l'angoisse, et les conséquences en sont dès lors la chienlit et le protestantisme. Tout ce que nous pouvons faire c'est objectivement regarder en conscience pour nous-mêmes ce qu'il convient de faire.

( 808289 )
La folie n'est pas compatible avec le souverain pontificat par Candidus (2016-07-03 17:06:44)
[en réponse à 808286]
Je ne sais pas si Mgr Tissier a été le premier à définir (je dirais plutôt énoncer) la thèse sédéimpéditiste, mais dans tous les cas cette thèse est née dans la FSSPX. Je sais aussi que Mgr Williamson est très friand de cette thèse.
Personne ne peut le juger dites-vous ? C'est une question épineuse, c'est vrai, mais une chose est certaine, s'il perdait l'usage de la raison (et dire que son esprit est "occupé", "empêché" n'est pas loin d'une définition de la folie) tout serait clair, il perdrait sa charge par le fait même de la maladie mentale.
C'est pour cela que ces propos sur "l'enfermement" (terme ô combien psychiatriquement connoté) sont hors de propos.
Disant cela, je ne cherche pas à empêcher la critique de l'actuel pontificat, mais seulement à indiquer que ce n'est pas la bonne voie. François est soit hérétique formel, soit hérétique matériel mais il n'est pas fou, son esprit n'est pas "enfermé" dans la géole du modernisme, il n'est pas "occupé" par des idées modernistes de type obsessionnel, il est intellectuellement libre de se mouvoir, d'accepter ou de refuser les enseignements orthodoxes auxquels il a nécessairement été exposé durant ses très longues années de formation avant et après son entrée dans la Société de Jésus.

( 808296 )
"Les enseignement orthodoxes auxquels ils ont été exposés." par Scrutator Sapientiæ (2016-07-03 18:24:04)
[en réponse à 808289]
Rebonjour, Candidus.
"Les enseignement orthodoxes auxquels il ont été exposés"
- n'ont jamais empêché, au moins jusqu'au début du XX° siècle, des clercs catholiques de devenir, par la suite, des hérétiques,
ou
- n'ont jamais empêché, au moins depuis le début du XX° siècle, des clercs catholiques de devenir, par la suite, des irénistes, "franciscanistes", "périphéristes", "pélagianophobes" ou "pharisianophobes" avant la lettre, si je puis m'exprimer ainsi.
Je crois vraiment que quand un clerc, ou un futur clerc, commence puis continue à préférer, avant tout dans son coeur, par exemple une certaine forme de suivisme à un certain type de sainteté, peu importe la solidité et la validité de sa formation académique officielle, notamment philosophique et théologique.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser, si jamais j'ai mal formulé ce qui précède, au point de ne pas être très clair sur ce que j'ai voulu dire.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 808298 )
[r�ponse] par Candidus (2016-07-03 18:34:10)
[en réponse à 808296]
Tout à fait d'accord avec vous.

( 808299 )
Dieu seul peut juger par Eti Lène (2016-07-03 18:38:29)
[en réponse à 808289]
les intentions, le fonds des cœurs. Ce qui est caché viendra à la lumière de Dieu. En revanche on peut et même on doit à la lumière du catéchisme juger les actes et les paroles.
Mais pour l'heure, prétendre que le pape est destitué de facto, cela pose un problème car qui le destitue? Vous? Moi? Il y a certainement un principe du droit qui permet de présumer de l'ordre public jusqu'à la preuve contraire, c'est probablement que l'on ne peut jamais se faire justice soi-même y compris dans ce cas, même si la situation est plus que confuse. Le pape Formose n'a pu être condamné post-mortem que par un tribunal. On ne peut pas s'ériger juge, même si Formose a du en scandaliser quelques-uns.
Je n'en ai pas le pouvoir et vous non plus. Seul un tribunal compétent pourra trancher une question aussi épineuse qui s'est très rarement produite.
En revanche dire qu'en conscience on ne peut suivre certaines affirmations floues voire hérétiques, et se conformer ainsi à sa conscience, ça on en a le droit, conscience qui a été exaltée par ailleurs au dernier Concile.
Et puis, le bon Dieu refuserait-il ce qu'Il a promis, même à ceux qui le trahissent? N'oubliez pas que c'est Caïphe qui a envoyé le Christ sur la croix. Scandale parmi les scandales, c'était bien le prêtre légitime de l'époque, dont le pouvoir était donné par Dieu lui-même. Or le Christ dit bien: "Bienheureux Celui pour qui Je ne serai pas objet de scandale." Et ce scandale c'était la croix, mort affreuse provoquée par Caïphe, le grand prêtre.
Patience. Le temps n'est pas si éloigné où l'on va enfin sortir de ce marasme. On est toujours puni par là où on a péché. Le désastre engendré par Vatican II n'en est qu'à ses débuts. Mettre sur le même pied d'égalité les fausses religions et le vrai Dieu on sait ce à quoi ça a abouti dans l'Ancien Testament, la ruine, et le fait que les autres peuples impies en profitent.
Or Notre Seigneur a bien dit du pape à sœur Lucie: "Il consacrera la Russie, mais il sera tard." Le marxisme ne s'est pas révélé qu'économiquement, mais aussi dans cette égalité forcée des religions.

( 808303 )
Sur ce que dit sœur Lucie par Romanus (2016-07-03 19:58:32)
[en réponse à 808299]
Si j'ai bonne mémoire, sœur Lucie dit, non pas qu'il sera tard, mais qu'il sera trop tard...
Romanus

( 808306 )
Non par Eti Lène (2016-07-03 20:23:17)
[en réponse à 808303]
ici et c'est vraiment ce que j'avais lu comme deux et deux font quatre. Il sera tard.

( 808307 )
En effet par Romanus (2016-07-03 20:31:30)
[en réponse à 808306]
Merci de cette précision.

( 808312 )
Vient de sortir en français : Biogr. de S. Lucie par le Carmel de Coimbra par Père M. Mallet (2016-07-03 21:45:55)
[en réponse à 808307]
Aux éditions du Parvis, 584 pages.
Traduit du portugais par votre serviteur.
J'ai pris soin, quand cela pouvait être utile au lecteur, de mentionner les expressions d'origine en portugais.
Imprimé depuis moins de 8 jours.
Evidemment, c'est plutôt le point de vue du Carmel, mais cela contient un certain nombreux de choses qui sont des (petits) scoops ou qui s'en rapprochent.
Page 239, on trouve :
§ 2 – Je veux que toute mon Église reconnaisse cette consécration comme un triomphe du Cœur Immaculé de Marie
[c'est Jésus qui parle : on voit par là son intention de faire quelque chose d'extraordinaire, de visible, de manifeste ...et de ce fait on peut s'interroger sur la réalité de cette..., euh, non rien...]
La concrétisation des actes que Dieu demande ne dépend pas de la sœur Lucie, chargée simplement de les transmettre à l’Église et de se sacrifier et de prier dans le silence. Face aux retards, elle ne critique pas. Dans une lettre du 24 juin 1987 en réponse à diverses questions, face à une insinuation de critique au Saint-Père à cause du retard dans la révélation de la troisième partie du Secret, la sœur Lucie répond :
(...)
Marie confia au cœur de sa jeune messagère ce qu’elle craignait pour le monde : Plus tard, au moyen d’une communication intime, Notre-Dame me dit en se plaignant :
– Ils n’ont pas voulu satisfaire à ma demande !... [atender ao meu : écouter, répondre à…] Comme le roi de France, on s'en repentira et on le fera, mais ce sera tard [será tarde]. La Russie aura déjà répandu ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres, des persécutions contre l'Église : le Saint-Père aura beaucoup à souffrir !
Dans les années qui séparèrent la demande transmise et sa concrétisation, et elles furent nombreuses, la sœur Lucie ne perdit aucune occasion de faire parvenir au Saint-Père le message du Ciel. Elle en parla avec ceux qui étaient le plus proche d’elle, les directeurs spirituels dans lesquels elle avait confiance, et surtout elle confia la demande à l’Évêque de Leiria, pour qu’il la fasse parvenir au Saint-Père. La demande des premiers samedis fut plus facile à réaliser, bien qu’officiellement elle ne pouvait l’être qu’après l’approbation canonique des Apparitions. Mais cette demande était adressée au Saint-Père, ce qui constituait une difficulté majeure. Si elle parlait avec quelqu’un qui allait rencontrer le Pape, et qui était une personne en qui elle pouvait avoir confiance, elle ne perdait pas l’occasion et envoyait le message.
En 1936, elle écrivit au P. Gonçalves, S.J., son confesseur :
– Quant à l’autre question, s’il sera convenable d’insister pour obtenir la consécration de la Russie, je réponds quasiment la même chose que j’ai dit les autres fois ; je regrette que ce ne soit pas déjà fait ; mais c’est le même Dieu qui l’a demandé, et qui a permis qu’il en soit ainsi.
Je vais dire quelque chose de ce que je ressens à ce propos, même s’il s’agit d’un sujet assez délicat pour être envoyé dans une lettre qui peut se perdre et être lue, mais je la confie au même Dieu, parce que je crains de ne pas traiter ce sujet avec toute la clarté nécessaire. S’il est convenable d’insister ? Je ne sais pas : il me semble que si le Saint-Père la faisait maintenant, Notre-Seigneur l’accepterait et accomplirait sa promesse ; et ce serait certainement une grande satisfaction qu’il donnerait à Notre-Seigneur et au Cœur Immaculé de Marie ; j’ai parlé intimement de ce sujet à Notre-Seigneur, et il y a peu je lui ai demandé pourquoi il ne convertissait pas la Russie sans que Sa Sainteté ne fasse cette consécration.
– Parce que je veux que toute mon Église reconnaisse cette consécration comme un triomphe du Cœur Immaculé de Marie, pour ensuite étendre son culte, et placer à côté de la dévotion à mon Divin Cœur, la dévotion à ce Cœur Immaculé.
– Mais, mon Dieu, le Saint-Père ne va pas me croire, si vous-même ne le bougez pas avec une inspiration spéciale !
– Prie beaucoup pour le Saint-Père ; il doit la faire, mais ce sera tard ; cependant le Cœur Immaculé de Marie doit sauver la Russie, cela lui est confié.

( 808352 )
C'est très intéressant par Romanus (2016-07-04 14:09:11)
[en réponse à 808312]
Merci mon Père.
Romanus

( 808294 )
A mon avis il n'y a pas incapacité accidentelle ou involontaire. par Scrutator Sapientiæ (2016-07-03 18:00:28)
[en réponse à 808281]
Bonjour et bon dimanche, Candidus.
Je vais essayer de ne pas être hors-sujet.
1. Il est déjà arrivé, dans l'histoire des idées, que des situations intérieures d'enfermement individuel se manifestent par un auto-aveuglement, durable et profond, mais ne relèvent pas, pour autant, de la psychiatrie.
2. Je suppose que ce dont je vais parler à présent relève à la fois de l'auto-asservissement, de l'auto-conditionnement et de l'auto-endoctrinement, donc d'une servitude volontaire à la fois existentielle ou globalisante, affective ou relationnelle, et réflexive ou intellectuelle, mais
- de même que des communistes ont été communistes au moins jusqu'au milieu des années 1980, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Gorbatchev, sans que cela relève de la psychiatrie, au sens strict de ce terme,
- de même des conciliaires, dans l'acception néo-moderniste ou néo-progressiste de ce terme, sont conciliaires, encore aujourd'hui, sans que cela les gêne, si j'ose dire, dans les actes de la vie courante.
3. Je veux dire par là que l'on peut très bien envisager un phénomène de cette nature, sans que ce phénomène découle d'une pathologie ou renvoie à une pathologie, laquelle impliquerait que l'individu soit contraint de renoncer à l'exercice de ses responsabilités.
4. Si j'étais sévère, je ne raisonnerais donc pas en termes d'incapacité totalement accidentelle et involontaire, médicalement constatable, mais en termes de malhonnêteté intellectuelle, à durée indéterminée et à géométrie variable, probablement soumise à une adhésion initiale instituante, à une orientation fondamentale originelle, durablement et profondément aveuglantes et influentes, voire de plus en plus aveuglantes et influentes, sur plusieurs décennies, comme dans le cas du vieux "conciliaire" qui en vient à se réjouir du fait qu'il y a de moins en moins de prêtres, parce que, grâce à cela, " "ils" (les évêques) vont être "bien obligés" de donner encore plus de responsabilités qu'avant aux fidèles "...
5. Je pense ici à ce que j'appelle "la religion de l'oxymore", dans le cadre de laquelle on considère communément que plus on est formellement, audiblement, lisiblement, sensiblement, visiblement catholique, et moins on est sincèrement et vitalement chrétien, avec toutes les conséquences que l'on connaît et subit :
- moins la théologie est thomiste, moins la liturgie est tridentine, et plus l'une et l'autre sont considérées comme authentiquement chrétiennes, même si l'une et l'autre sont dénaturées ou déstructurées,
- plus les séminaires, les presbytères, les doyennés, les paroisses se vident, et plus on considère le Concile Vatican II comme authentiquement fructueux, ce que l'on verra bien dès que l'on commencera, bientôt, n'est-ce pas, à le mettre "enfin" en oeuvre...
6. Je crois donc vous rejoindre, en écrivant ce qui suit : à mon avis, le Pape François n'est ni un cinglé, ni un dément : il sait ce qu'il dit et ce qu'il fait, et il sait aussi ce qu'il tait et ce qu'il défait. Peut-être son prédécesseur a-t-il été "viré" parce que son recentrage déplaisait ou dérangeait, ou peut-être le Pape François a-t-il été élu, et est-il gardé, à condition de faire régner la désinvolture ou la désorientation, dans son Magistère ou dans sa pastorale, mais je doute fort qu'il ne soit pas convaincu lui-même, en toute sincérité, par le bien-fondé E M P, "Evangélique dans la Miséricorde vers les Périphéries", de ce qu'il y a de "septantiste" ou de spécifique dans son positionnement.
Je parle ici de "septantisme" car je suis en effet convaincu du fait que ce qu'il s'est passé, dans l'Eglise catholique, dans les années 1970, constitue l'une des principales clefs de compréhension du pontificat actuel, avec des théologiens et des évêques qui voulaient alors se référer au Concile Vatican II...à condition que cela leur permettent d'accorder plus bien plus d'autorité et d'importance à ce qu'il y a de plus libératoire, rénovateur ou spécifique, dans le Concile, qu'à ce qu'il y a de plus orthodoxe, conservateur ou traditionnel, dans Vatican II.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 808301 )
Bricolage par Candidus (2016-07-03 18:48:41)
[en réponse à 808294]
Ce qui me gêne dans la thèse du "pape empêché, enfermé" c'est qu'elle est une échappatoire, la manifestation d'une forme de paresse intellectuelle qui permet d'éviter de faire face au véritable problème d'un ministère pétrinien devenu fomenteur d'hérésies.
Cette attitude me fait beaucoup penser à celle des tenants du sosie de Paul VI. Là aussi il y avait un pape "enfermé". Pas dans le modernisme mais dans les caves du Vatican. Se sont des bricolages qui permettent de se rasséréner et de tout expliquer à moindres frais.
Personnellement, je n'ai pas de réponse claire permettant de rendre compte de ce qui se passe depuis le 13 mars 2013, mais ce n'est pas avec ce genre de théorie que l'on va faire progresser la réflexion sur une situation qui accable tous ceux qui aiment l'Eglise.

( 808308 )
depuis le 13 mars 2013 par F. de T. (2016-07-03 20:43:55)
[en réponse à 808301]
Vous faites allusion à la communication du
cardinal Ouellet sur les deux pontifes en exercice chacun à sa manière.

( 808323 )
Brigandage. par Scrutator Sapientiæ (2016-07-04 07:16:41)
[en réponse à 808301]
Bonjour Candidus,
1. Personnellement, vous n'avez pas de réponse claire permettant de rendre compte de ce qui se passe depuis le 13 mars 2013.
Personnellement, j'ai une réponse claire permettant de rendre compte de ce qui se passe depuis le 13 mars 2013, mais j'espère en un sens et de tout coeur que cette réponse claire est erronée, car sinon...
2. A mon avis, nous sommes en présence d'un brigandage ou, en tout cas, d'une tentative de brigandage, de la part de clercs qui n'ont jamais aimé les tentatives de recentrage qui se sont manifestées sous Jean-Paul II puis sous Benoît XVI, qui ont rongé leur frein pendant au moins trente ans, et qui veulent à la fois prendre leur revanche et rattraper le temps perdu dans les années 1980, 1990, 2000.
3. Je pense ici, entre autres choses,
- à au moins une partie de l'exhortation apostolique Evangelii Gaudium, qui date de novembre 2013,
- au déroulement et aux conséquences du Synode de l'automne 2014,
- au déroulement et aux conséquences du Synode de l'automne 2015,
- à au moins une partie de l'exhortation apostolique Amoris laetitia, qui date de mars 2016,
- aux vidéos du Pape qui se succèdent sur internet, depuis janvier 2016.
4. Ce brigandage donne lieu, vous avez raison, à du bricolage, interprétatif, justificateur, légitimateur ou minimisateur, sur son caractère délibéré et prémédité ou, en tout cas, intentionnel, sur l'ampleur de sa réalisation, ou sur sa portée, sa signification.
5. Quand bien même ce brigandage serait bien intentionné, cette bonne intention n'excuserait pas
- certains procédés, présents à l'intérieur d'une certaine forme d'argumentation ambivalente et d'un certain type d'autoritarisme asservissant,
- la recherche d'une conciliation, ou une tendance à la conciliation, avec la mentalité postmoderne, qui fonctionne à l'artificiel, à l'émotion, à l'opinion, ou au superficiel,
- la vision selon laquelle le zigzag, non médiatiquement ni mondialistement incorrect, constitue la ligne de pensée et d'action la plus E M P, entre le point de départ et le point d'arrivée d'un Magistère et d'une pastorale.
6. Je l'écris comme je le pense, donc d'une manière certainement perfectible : depuis déjà plusieurs décennies, au sein de l'Eglise catholique, il y a ceux qui sont convaincus que le monde souffre avant tout d'un déficit de solidarité humaine et de justice sociale, et il y a ceux qui sont convaincus que le monde souffre avant tout d'un déficit de spiritualité chrétienne et de vérité morale.
7. A mon avis, la ligne de séparation la plus représentative et la plus significative, en ce qui concerne les clivages présents à l'intérieur du christianisme catholique contemporain, au moins depuis le milieu du XX° siècle, se situe entre ces deux convictions.
8. Compte tenu du fait que les artisans et les partisans de ce brigandage sont capables de tout, je préfère penser le moins possible à ce qui arrivera en octobre 2016, à l'occasion du trentième anniversaire d'Assise 1986, ou à ce qui arrivera en 2017, à l'occasion du centième anniversaire des apparitions qui ont eu lieu à Fatima, puis à l'occasion du cinq-centième anniversaire du début de la Réforme protestante.
Je déplore d'autant plus ce brigandage ou, encore une fois, cette tentative de brigandage, qu'elle risque de porter atteinte à ce qu'il y a de meilleur dans le Magistère ou dans la pastorale du Pape François ; en d'autres termes, ce n'est pas par "anti-franciscanisme primaire" que j'écris ce qui précède, mais parce que je suis convaincu du fait que nous sommes en présence d'une manière de dire et de faire qui s'adonne tellement aux joies de la désinvolture et de la désorientation "évangéliques" qu'elle risque souvent de s'auto-fragiliser ou de rendre difficile une attitude catholique qui voudrait prendre appui à la fois
- sur l'Ecriture, la Tradition, le Magistère antérieur, le Catéchisme,
ET
- sur ce Magistère ou cette pastorale du Pape François.
Bonne journée.
Scrutator.

( 808316 )
Merci cher scrutator par Aigle (2016-07-03 22:52:37)
[en réponse à 808294]
J'approuve tout ce que vous écrivez sur ce point...hélas !