Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 808154 )L’Eglise catholique est la seule vraie,selon mgr Fellay par Jean Kinzler (2016-07-01 10:22:07) 

Mgr Bernard Fellay a accordé un entretien au journal autrichien Salzburger Nachrichten du 21 juin 2016. Voici un large extrait où le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X expose les points doctrinaux qui sont l’objet des discussions théologiques avec Rome.
(…)
Benoît XVI était un théologien, François pense plus de façon pastorale. Est-ce un progrès en ce qui concerne la Fraternité Saint-Pie X ?
– Benoît XVI faisait très attention à la doctrine. François regarde plus les personnes. Il voit peut-être même, ici ou là, la doctrine comme un obstacle. Pour nous, ce qui est important c’est que les choses se développent selon ce qui est juste et ce qui est vrai. Nous nous sommes toujours considérés comme catholiques. Si cela est finalement reconnu, c’est bien.
Le point crucial est le concile Vatican II : la liberté religieuse, l’œcuménisme, la collégialité des évêques. Y a-t-il des éclaircissements sur ces sujets ? Ou est-ce qu’ils ne sont pas nécessaires ?
– Je crois que la position actuelle du Saint-Siège, et en particulier de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, découle des discussions intensives menées depuis 2009. Beaucoup de choses ont ainsi été éclaircies.
Nous avons effectivement des objections sur les trois points que vous rappelez. Mais aujourd’hui beaucoup de catholiques vont bien plus loin que les textes du Concile, tout en se référant à l’esprit du Concile. Rome reconnaît que notre position sur de nombreux points est juste.
Qu’est-ce que l’on entend par liberté religieuse ?
– Quelqu’un qui affirme aujourd’hui que l’Etat n’aurait rien à voir avec Dieu et qu’il n’aurait aucun devoir envers Dieu, est en opposition avec l’enseignement de l’Eglise. La notion de liberté religieuse signifie, si on veut la comprendre correctement, que personne ne peut imposer une religion contre la conscience d’autrui. Personne ne peut forcer quelqu’un à recevoir le baptême. Personne ne peut obliger autrui à faire quoi que ce soit contre sa conscience.
Ainsi le Concile dit que chaque individu est libre de choisir, selon sa conscience, une certaine religion.
– Le concile Vatican II dit expressément que les hommes doivent chercher la vérité et s’y attacher. Mais il nie ce principe pour l’Etat : celui-ci devrait accorder la liberté à toutes les religions, et ne pourrait ni en empêcher ni en limiter aucune, pas même les fausses. Et cela en raison d’un droit naturel. Au contraire, le Magistère traditionnel de l’Eglise enseigne que l’Etat peut tolérer des fausses religions, mais ces dernières ne peuvent se prévaloir d’un droit naturel.
Et en ce qui concerne l’Eglise, elle a le devoir, toujours et partout, d’annoncer la Vérité aux hommes et de les conduire à la Vérité. L’Eglise catholique est la seule vraie religion, la seule qui peut sauver les hommes. C’est pour cela qu’elle est missionnaire.
Si quelqu’un se tourne vers une autre religion, est-il dans l’erreur ?
– Absolument.
Qu’est-ce que l’on entend par œcuménisme pour les chrétiens ?
– Si par œcuménisme on comprend que tous les chrétiens doivent retrouver le chemin de l’Eglise, alors nous sommes aussi pour l’œcuménisme. Nous prions pour l’unité des chrétiens. Mais croire que chacun peut se sauver comme bon lui semble, là nous disons non, ce n’est pas l’enseignement de l’Eglise. En ce sens, nous sommes contre l’œcuménisme.
Quel est le problème avec la collégialité épiscopale ?
– Le pape Paul VI a ajouté exprès au texte du Concile une note explicative complémentaire : aucun évêque ne peut revendiquer le droit de participer à la direction de l’Eglise, s’il n’est pas avec le pape et sous le pape. Le pape seul décide si quelqu’un a quelque chose à dire sur l’Eglise avec lui, et qui. Il est le monarque. Affirmer que les évêques auraient une quelconque légitimité démocratique, est absolument faux. Cela contredit l’enseignement de l’Eglise. Mais aujourd’hui, ce point est complètement ignoré de la plupart des dignitaires ecclésiastiques. (…)
(Source : Salzburger Nachrichten – Traduction de l’allemand DICI n°338 du 01/07/16)Dici
images/icones/fleche2.gif  ( 808158 )Et aussi selon la foi catholique par Jean-Paul PARFU (2016-07-01 11:27:49) 
[en réponse à 808154]

Cher Jean Kinzler !

Il ne s'agit pas d'une simple appartenance socio-culturelle !

On est catholique parce que c'est la vérité intégrale et non pas seulement parce que nos parents étaient catholiques !

Et nous pensons également que les autres confessions chrétiennes n'ont pas la vérité intégrale et que les autres religions sont fausses !
images/icones/fleche2.gif  ( 808170 )Subsistit in - où en est le débat ? par Regnum Galliae (2016-07-01 14:36:56) 
[en réponse à 808158]

La pharase du concile affirmant que l'Eglise du Christ "subiste" dans l'Eglise catholique a parfois été considérée comme hérétique car le terme était moins clair que "est".
Depuis, la congrégation pour la doctrine de la foi avait expliqué le choix de ce terme. D'un strict point de vue théologique, comment cette explication a-t-elle été reçue par ceux qui mettaient en doute le choix de cette expression ?

En effet, puisque l’Eglise ainsi voulue par le Christ continue de fait à exister (subsistit in) dans l’Eglise catholique, la continuité de la « subsistance » comporte une substantielle identité d’essence entre l’Eglise du Christ et l’Eglise catholique. Le Concile a voulu enseigner que l’Eglise de Jésus Christ comme sujet concret dans ce monde peut être reconnue dans l’Eglise catholique. Ceci ne peut advenir qu’une fois et la conception selon laquelle le "subsistit" serait à multiplier, ne saisit pas vraiment ce qu’on voudrait exprimer. Avec le terme "subsistit", le Concile voulait affirmer la singularité de l’Eglise du Christ et non son caractère multipliable : l’Eglise existe comme unique sujet dans la réalité historique.

Par conséquent, la substitution de "est" par "subsistit in", contrairement à tant d’interprétations infondées, ne signifie pas que l’Eglise catholique renonce à la conviction d’être l’unique véritable Eglise du Christ ; cette substitution signifie plutôt sa plus grande ouverture face à la singulière requête de l’œcuménisme de reconnaître un caractère et une dimension réellement ecclésiaux aux Communautés chrétiennes qui ne sont pas en pleine communion avec l’Eglise catholique, à cause des "plura elementa sanctificationis et veritatis" présents en elles. Ainsi, bien que l’Eglise soit une et qu’elle "subsiste" en un unique sujet historique, il existe, même en dehors de ce sujet visible, de véritables réalités ecclésiales.


Les Eglises dont on parle sont les Eglises orthodoxes :

"Il existe donc une unique Église du Christ, qui subsiste dans l'Église catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Évêques en communion avec lui. Les Églises qui, quoique sans communion parfaite avec l'Église catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l'Eucharistie valide, sont de véritables Églises particulières. Par conséquent, l'Église du Christ est présente et agissante dans ces Églises, malgré l'absence de la pleine communion avec l'Église catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l'Évêque de Rome, d'une façon objective, possède et exerce sur toute l'Église conformément à la volonté divine.

En revanche, les Communautés ecclésiales qui n'ont pas conservé l'épiscopat valide et la substance authentique et intégrale du mystère eucharistique, ne sont pas des Églises au sens propre
"
images/icones/ancre2.gif  ( 808204 )Note étymologique sur l’expression « subsistit in » par Paterculus (2016-07-01 21:23:35) 
[en réponse à 808170]

Note étymologique sur l’expression « subsistit in » de Lumen Gentium 8


Le radical de subsistere est celui du verbe stare, qui signifie se tenir debout, soit par opposition à sedere (être assis), soit par opposition à ire (aller) ; stare est susceptible d’avoir des sens figurés.
On retrouve le même radical indo-européen dans les verbes allemand stehen et anglais to stand qui ont le même sens que stare.
L’idée est celle de la stabilité, qu’on retrouve dans station.

Sistere est un dérivé de stare : le redoublement du radical indique une forme d’insistance, par exemple quand un mouvement s’achève – on emploie ce verbe pour une troupe qui « tient » une position. Cette insistance se retrouve dans des composés français, comme insister, résister, consister.

Le cas de subsistere est un peu à part de ce point de vue, car son équivalent français a un sens amoindri. Ainsi on dira que d’un château médiéval il ne subsiste que quelques ruines. Mais le terme latin a au contraire un sens fort. Le préfixe sub qui veut dire en dessous indique quelque chose de fondamental.

On voit que subsistit in ne peut absolument pas se traduire par « subsiste en ». « Demeurer » est un peu trop faible car il peut être synonyme de « subsister » avec son sens amoindri. On peut proposer « résider », car ce mot vient de sedere qui indique la même stabilité, ou une stabilité plus grande, que stare en tant qu’opposé à ire, et le préfixe re est là pour donner une idée de durée comme dans résister.

Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 808331 )Merci pour ces intéressantes précisions par Regnum Galliae (2016-07-04 09:56:11) 
[en réponse à 808204]

C'est donc la traduction en français qui est mauvaise. Traducteur incompétent ou malveillant ?

Il semble donc que le mot latin soit un faux ami en français. Un peu comme l'adjectif "perfides", pourtant univoque et non insultant en latin, que l'on a toutefois jugé bon de supprimer car ce terme est devenu péjoratif dans les langeues dérivées du latin.
images/icones/neutre.gif  ( 808160 )J'aimerais tant pouvoir.... par Pol (2016-07-01 11:56:30) 
[en réponse à 808154]

....passer cette interview a tous mes amis, parents, et connaissances:
voila la Verité, la clareté, des mots simples qu'un enfant de 10 ans comprendrait. Tous les jours, malgré la crise effrayante de L'Eglise notre Mère, nous voyons ou entendons de bonnes petites nouvelles, qui, tels des minuscules cours d'eau se jettent dans la petite rivière, qui deviendra un torrent(comme le Gave...). Par exemple, en Bolivie, cet Eveque qui a interdit la reception de la Sainte Hostie dans la main. Je dis 'BRAVO' Mgr, et je ne doute pas que surement d'autres auront le courage d'en faire autant.
Ces paroles du Superieur-General ne changeront pas, a l'intention de ceux qui doutent. Il ne peut pas changer de Cap, il n'y a qu'un seul Cap et avec humilité, il ne fait qu'exprimer la Verité, et la Sainte Eglise reviendra a sa Tradition. Elle ne peut etre que Traditionnelle.
Bientot, (beaucoup souhaitent que) les evenements feront le Pape faire la Consecration de la Russie au Coeur Immaculé de Marie. Je suis maintenant convaincu que les plus hautes autorités Russes savent tout sur Fatima et la role que ce pays joue et jouera encore sur la scene mondiale. Nous gardons la Foi Catholique.Volo.
images/icones/1x.gif  ( 808200 )Sur l'indifférence de l'Etat par PEB (2016-07-01 19:50:01) 
[en réponse à 808154]

Si, par Etat, on admet que le Concile évoque l'Etat dans sa forme moderne et technocratique, alors oui, moins il se mêle des affaires religieuse, mieux on se porte!
En revanche, Dignitatis Humanae rappelle la prééminence de l'Eglise et de la Révélation chrétienne. La liberté religieuse est, par droit divin, ordonnée à la possible réception de l’Évangile.

On peut aussi rappeler que la seule bonne volonté ne peut guère se présumer dès lors que l'on a reçu la Révélation d'une manière ou d'une autre.

Le problème des textes de Vatican II est qu'ils sont ficelés pour une époque où triomphe la modernité matérialiste et où la décolonisation bat son plein. A l'époque, il faut commencer à se frapper la poitrine sur ce qu'on appelait encore l'Holocauste et s'exalter sur l'émancipation des peuples du Tiers-Monde, y compris donc les musulmans (Algérie quand tu nous tiens!), soi-disant gentils tout pleins opprimés par les méchants impérialistes aux dires de la propagande.

Bref, Vatican II a surtout péché par excès de générosité et de naïveté. Du coup, les fondations manquent un peu de roc.
images/icones/fleche2.gif  ( 808224 )Pas un mot sur Gaudium et Spes ou contre le gaudium-et-spisme ? par Scrutator Sapientiæ (2016-07-02 09:22:50) 
[en réponse à 808154]

Bonjour Jean Kinzler,

A tort ou à raison, je ne parlerai pas, ici, de la collégialité, ne serait-ce que parce que je ne souhaite pas que ce qui suit soit trop long ; que l'on ne compte donc pas sur moi pour rappeler dans quelle mesure, plus constatable que contestable, le Concile Vatican II a amplement contribué à faire perdre aux catholiques la connaissance et la compréhension de l'articulation entre l'autorité pontificale, en ce qu'elle a de légitime, et l'autonomie épiscopale, en ce qu'elle est relative.

A. Je peux comprendre que l'on continue, à juste titre, à expliquer en substance que ce que j'appelle le spécifique du Concile (DH, UR, NA, GS) a amplement contribué à faire que bien des catholiques perdent de vue

1 - le sens chrétien de l'articulation entre la liberté humaine dans le domaine religieux et la vérité divine en matière religieuse, alors que l'acception dominante de la liberté religieuse a fait perdre de vue

a) la différence de nature entre liberté et licence, ou entre bon usage et mauvais usage de la liberté, dans le domaine religieux,

b) la primauté de l'autorité de la Parole de Dieu sur l'autonomie de la conscience de l'homme, en matière religieuse,

c) le fait qu'il est incohérent et inconséquent d'être à la fois partisan de la liberté religieuse et non résistant ou non réticent face à un régime athéocratique ou face à un système théocratique ;

2 - la différence de nature entre le véritable oecuménisme et son assimilation ou sa subordination à un unanimisme artificiel, convergentiel, superficiel, qui fonctionne au consensus, à l'émotion, à l'opinion, au sentiment, bien plus qu'à la conversion surnaturelle et théologale des uns et des autres, dans la charité ET la vérité,

3 - la différence de nature entre la coexistence pacifique (la compréhension, la coopération) entre personnes croyantes, qui adhérent à des religions différentes, et sa réduction ou sa soumission à la conception dominante du "dialogue", dans le cadre de laquelle

a) l'Eglise catholique est pour ainsi dire considérée comme "dispensée d'annonce" de Jésus-Christ, en tant que Fils unique du SEUL VRAI Dieu,

b) les croyants non chrétiens sont en quelque sorte considérés comme "dispensés de conversion", sous la conduite et en direction de Jésus-Christ,

c) bien des clercs font ou laissent entendre qu'il existe un principe général d'égalisation axiologique, d'équivaluation éthico-morale, interreligieuse.

B. Je ne comprends pas, en revanche, que Mgr FELLAY ne dise pas un mot sur Gaudium et Spes, ou pas un mot contre le gaudium-et-spisme, c'est-à-dire pas un mot sur et contre les tendances contemporaines

- à la conception puis au déploiement d'une "mystique" de l'accueil inconditionnel, de l'accompagnement humanisateur du monde contemporain, ou de la fraternisation avec le monde contemporain,

- à la déchristianisation, c'est-à-dire à la "naturalisation" ou à la sécularisation du regard et du discours de l'Eglise catholique sur le monde contemporain,

- à la transformation du regard et du discours de l'Eglise catholique sur le monde contemporain en un horizontalisme humanitariste,

- à la transformation du rôle ou du statut de l'Eglise catholique, qui n'est plus Mater et Magistra, mais Soror et Ancilla, et qui n'est plus debout, mais qui est assise, face au monde contemporain.

C. Ce n'est pas la première fois que je suis, que nous sommes, en présence d'un texte de Mgr FELLAY, dans lequel il parle, comme il le fait souvent, de la liberté religieuse, de la collégialité épiscopale, de l'oecuménisme, au sens strict ou au sens large, mais ce n'est pas non plus la première fois que, dans ce type de texte, la dénonciation des limites présentes dans Gaudium et Spes ou des tendances présentes dans le gaudium-et-spisme est absente des réflexions, des remarques, de Mgr FELLAY, ce que je trouve dommageable.

D. J'ai peut-être une approche ou une conception erronée de ce qu'il y a de moins bon, dans les documents du Concile, mais enfin il me semble que ce qu'il y a de massivement moins bon, dans ces documents, réside dans la Constitution pastorale Gaudium et Spes, notamment et surtout dans la deuxième partie de ce texte, qu'un agnostique humaniste aurait pu écrire, notamment en ce qui concerne "l'essor de la culture" et "la vie de la communauté politique".

E. Il est bon de préciser, de rappeler, le plus clairement et le plus fréquemment possible, en quoi la conception dominante (qui s'efforce d'être plus ou moins à la fois catholique et postmoderne)

- de la liberté dans le domaine religieux,

- de la vérité en matière religieuse,

- du dialogue oecuménique, entre chrétiens,

- du dialogue interreligieuse, entre croyants,

s'inscrit bien plus dans la continuité à l'égard du spécifique du Concile qu'en contradiction avec les textes qui comportent ce spécifique, même si, évidemment, cette continuité est souvent une "continuité dynamique", dans le cadre de laquelle le dépassement, dans l'esprit, l'emporte fréquemment sur la fidélité à la lettre.

F. Mais il est tout aussi bon de préciser, de rappeler, en quoi la conception dominante de ce que doivent ou peuvent être le discours et le regard de l'Eglise catholique sur le monde contemporain découle, même incomplètement ou indirectement, du mode de conception du monde et du mode de relation avec le monde qui ont bénéficié, au sein de Gaudium et Spes, d'une certaine forme de consécration magistérielle.

G. Or, encore une fois, je me trompe peut-être, mais j'ai vraiment l'impression que Mgr FELLAY parle bien moins souvent de Gaudium et Spes, ou du gaudium-et-spisme, que des autres composantes, non "diaboliques", mais déficientes, ou non "hérétiques", mais équivoques, ou encore non "libérales", mais irénistes et lénifiantes, du Concile Vatican II.

H. Je me demande pour terminer jusqu'à quel point la vision selon laquelle le triptyque "Liberté, Egalité, Fraternité" se retrouve à l'intérieur du triptyque "liberté religieuse, collégialité, oecuménisme", ne fait pas passer à côté du quatrième pied de la chaise sur laquelle l'Eglise catholique est assise ou, en tout cas, sur laquelle bien des hommes d'Eglise sont assis, non avant tout depuis Vatican II, mais avant tout depuis 1945, sinon avant, si l'on veut bien se souvenir du fait que toute une théologie ante-conciliaire a précédé au moins une partie du Magistère conciliaire, au moins vingt ans avant la clôture du Concile Vatican II.

I. Je trouve cela d'autant plus dommageable que le problème de la collégialité, au sein de l'Eglise catholique, n'est pas de même gravité, ou pas de même nature, que la "mystique" de la fraternisation avec le monde contemporain dont je parle ci-dessus : il me semble en effet que d'un côté, nous sommes en présence d'un problème d'organisation ou de fonctionnement ad intra, alors que, de l'autre côté, nous sommes en présence d'un problème d'orientation fondamentale ad extra.

J. Que l'on ne me dise pas, enfin, que le gaudium-et-spisme est un mythe inventé par des catholiques, "intransigeants" ou "traditionnels", pour salir ou ternir la réputation du Concile, et non une notion réaliste, alors que c'est la notion de gaudium-et-spisme qui permet de faire comprendre le mieux et le plus en quoi et pourquoi le positionnement "contra-positionnel" du Magistère et de la pastorale de Jean-Paul II et de Benoît XVI, à l'égard du monde contemporain, n'a pas été amplifié ou intégré, en plénitude...au sein même de l'Eglise catholique.

Merci beaucoup pour tout complément ou pour toute correction de ce qui précède, et bien sûr bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 808266 )"L’Eglise catholique est la seule vraie religion" : mal dit ? par Scrutator Sapientiæ (2016-07-03 10:30:57) 
[en réponse à 808154]

Bonjour et bon dimanche, Jean Kinzler.

Je cite Mgr FELLAY : "L’Eglise catholique est la seule vraie religion, la seule qui peut sauver les hommes. C’est pour cela qu’elle est missionnaire."

Je peux me tromper, et le reconnais par avance, mais je ne suis pas sûr que ce que dit Mgr FELLAY soit bien formulé : en effet, il me semble ceci :

- d'une part, l'Eglise catholique n'est pas une religion : il ne s'agit pas pour moi d'opposer, mais il s'agit pour moi de distinguer, à tort ou à raison, entre Eglise catholique et religion chrétienne ;

- d'autre part, c'est la religion chrétienne qui est à la fois une religion, en général, et la seule vraie, en particulier, ce qui ne signifie en rien

a) que la religion chrétienne est propriétaire de la plénitude de la révélation divine, alors qu'elle en est dépositaire,

b) que les religions non chrétiennes ne sont pas de vraies religions, ni qu'elles ne comportent aucun élément de vérité ;

- enfin, il n'y a pas que l'Eglise catholique qui est missionnaire ou, si l'on préfère, il n'y a pas que les catholiques qui sont missionnaires.

Demandeur et preneur de toute remarque ou suggestion, notamment en provenance de plus compétent que moi, je vous souhaite un bon dimanche, ainsi qu'à tous les liseurs.

Scrutator.