Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 807802 )Confirmation : vers un retour à la tradition par BK (2016-06-26 09:41:22) 

Mgr Cattenoz vient de décider, ad experimentum pour trois ans, d'avancer à 7 ans l'âge de la Confirmation pour les enfants de son diocèse d'Avignon.

Voir ceci.

Notamment ces extraits :

1. Les trois sacrements de l’initiation chrétienne

Depuis que l’on a, au fil du temps, déconnecté la confirmation du baptême, on a été amené à la proposer à des âges de plus en plus avancés à toujours moins de candidats.

L’important est donc de retrouver la relation intime entre le baptême et la confirmation d’une part, entre ces deux sacrements et l’eucharistie, d’autre part. Car ensemble, baptême, confirmation, eucharistie sont les sacrements qui font un chrétien. Ils sont appelés les sacrements de l’initiation chrétienne.

Lorsqu’un enfant ou un jeune demande à se préparer à l’initiation chrétienne, l’Église met en œuvre sa double mission de Mère et d’Éducatrice.

2) L’âge de la confirmation

Données historiques

Longtemps, l’évêque a donné la confirmation aux petits enfants l’année même de leur baptême. Puis on a estimé que les enfants devaient avoir un minimum de compréhension de ce qu’ils recevaient. Depuis le XIIe siècle, et surtout depuis le concile de Trente (XVIe siècle), on a fixé à l’ « âge de raison » - sept ans accomplis - l’âge minimum pour être confirmé.

La question de l’âge de la confirmation et de la communion a progressivement fait passer au second plan la question de la séquence selon laquelle les trois sacrements de l’initiation chrétienne sont reçus.


Au début du XXe siècle, le pape S. Pie X a encouragé la communion des enfants dès l’âge de raison (Décret Quam singulari, 8 août 1910, dans Acta Apostolicae Sedis 2 (1910) 577-583), sans évoquer le rapport entre la communion et la confirmation. A cette époque, il était évident que l’on devait être confirmé avant la première communion. Le Code de droit canonique de 1917, can. 788, recommandait de confirmer vers l’âge de sept ans, et même auparavant si le prêtre le jugeait opportun.


En Espagne, la coutume voulait que les enfants soient même confirmés avant cet âge. Un rescrit de la Congrégation des Sacrements du 30 juin 1932 (Acta Apostolicae Sedis 24 (1932) 271-272) autorise expressément la poursuite de cette pratique, et ajoute qu’en règle générale il convient que « les enfants n’accèdent pour la première fois à la Table eucharistique qu’après avoir reçu le sacrement de la confirmation, qui est comme le complément du baptême et dans lequel est donnée la plénitude du Saint-Esprit ». Ce même rescrit admettait cependant que l’on ne devait pas exclure de la première communion des enfants ayant l’âge de raison qui n’avaient pu, pour diverses raisons, recevoir auparavant la Confirmation.


Dans la pratique, la première communion va être petit à petit proposée avant la confirmation, même si celle-ci était généralement donnée dans l’année ou l’année suivante. Le résultat est que nous avons perdu de vue que la confirmation doit précéder la première communion. Au cours du XXe siècle, la confirmation a été présentée comme un sacrement de la maturité chrétienne et de l’envoi en mission, le jeune devant ratifier personnellement son baptême. Certains proposeront de la repousser le plus tard possible pour permettre un choix d’une plus grande maturité.


3) Proposition

L’accès au sacrement de la confirmation est théoriquement possible dès l’âge de sept ans. Pour les enfants qui suivent la catéchèse scolaire, l’année de CE2 est la mieux indiquée pour la confirmation et l’eucharistie. Des groupes de confirmands pourront être constitués à tous âges, qu’ils aient fait leur première communion ou non.

La question de l’âge de la confirmation ne peut être isolée de l’ensemble de l’initiation chrétienne. Un enfant ou un préadolescent est capable de comprendre le don de l’Esprit dans son langage à lui, aussi bien qu’un adolescent ou un adulte.


Confirmation et première communion

• Exceptionnellement, des enfants catéchisés et assurés d’un soutien familial fort se préparent à la première communion autour de l’âge de sept ans. Ceux-là recevront la confirmation avec les enfants de CE2.

• Dans bien des cas, les enfants sont préparés à la première communion en CE2. Donc, en règle générale, la confirmation sera proposée en CE2, dans la même célébration que la première communion.

• La catéchèse en vue de la première communion intègrera une préparation antérieure à la confirmation. Elle sera une catéchèse de l’achèvement de l’initiation chrétienne.

• Une retraite de préparation à la célébration sera organisée par doyenné, sous la responsabilité des curés et du responsable de la pastorale des jeunes.

• Pour la célébration de la confirmation et de la première communion, les enfants confirmands d’un même doyenné seront rassemblés un samedi ou un dimanche matin en présence de l’archevêque.


(il ne me semble pas que ce texte ait déjà été publié, sinon, toutes mes honteuses et confuses)
images/icones/ancre2.gif  ( 807815 )Bravo ! par Paterculus (2016-06-26 20:35:48) 
[en réponse à 807802]

Peu à peu, des évêques reviennent à la raison théologique.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/mitre4.png  ( 807822 )Déjà deux évêques... par Quodvultdeus (2016-06-26 22:49:01) 
[en réponse à 807802]

Mgr Minnerath, archevêque de Dijon, avait déjà publié une lettre pastorale donnant des directives dans ce sens il y a deux ans.
Deux évêques déjà... Ce n'est pas beaucoup, mais c'est un bon début.

Quodvultdeus
images/icones/ancre2.gif  ( 807891 )N'oublions pas Monseigneur Brincart par Paterculus (2016-06-27 21:33:13) 
[en réponse à 807822]

Ancien évêque du Puy.
Voyez aussi la pastorale du diocèse de Toulon.
VdP
images/icones/1f.gif  ( 807828 )Etrange par Leopardi (2016-06-27 08:25:06) 
[en réponse à 807802]


Au cours du XXe siècle, la confirmation a été présentée comme un sacrement de la maturité chrétienne et de l’envoi en mission, le jeune devant ratifier personnellement son baptême. Certains proposeront de la repousser le plus tard possible pour permettre un choix d’une plus grande maturité.



C'est étrange. A ma connaissance, en France, c'est la communion solennelle (ou profession de foi) qui "a été présentée comme un sacrement de la maturité chrétienne et de l’envoi en mission".

Elle était précédée de la confirmation, elle-même précédée de la première communion (du moins au XXème siècle avant V2).
images/icones/fleche2.gif  ( 807836 )la communion solennelle n'est pas un sacrement par Regnum Galliae (2016-06-27 09:39:00) 
[en réponse à 807828]

Quelle est la pratique au sein de la FSSPX pour la confirmation ? Dotés d'évêques propres, on peut supposer qu'ils ont le mieux conservé les pratiques antéconciliaires...
images/icones/barbu2.gif  ( 807840 )Ce qui importe par Yves Daoudal (2016-06-27 11:44:50) 
[en réponse à 807836]

n'est pas la pratique de la FSSPX mais ce que dit la tradition de l'Eglise latine. Or Mgr Cattenoz l'expose très clairement : concile de Trente, code de droit canonique de 1917, rescrit de 1932. Je ne vois pas ce qu'il vous faut de plus.

Les orientaux ont résolu le problème depuis toujours: ils donnent les trois sacrements de l'illumination en même temps.

(D'autre part, évitez de dire que la communion n'est pas un sacrement... C'est la "profession de foi" qui n'est pas un sacrement.)
images/icones/fleche2.gif  ( 807841 )j'ai bien écrit communion "solennelle" par Regnum Galliae (2016-06-27 12:15:57) 
[en réponse à 807840]

certes, il y a une eucharistie, donc un sacrement, mais ce n'est pas elle qui distingue cette démarche spirituelle des autres communions. La communion solennelle, ou son synonyme la profession de foi, n'est pas un sacrement distinct. Je pense que vous aviez compris mon propos.

Quant aux prescriptions de l'Eglise, vous savez très bien qu'elles mettent du temps à être appliquées, quand elles le sont. Ma question concernait la pratique et non la théorie. N'ayant pas l'âge d'avoir connnu les pratiques pré-conciliaires, étant donné que tout a été chamboulé par ledit concile et sachant que la FSSPX a maintenu dans de la naphtaline les pratiques des années 50, cela m'intéressait de savoir comment cela s'y passait.
images/icones/barbu2.gif  ( 807845 )Là aussi par Yves Daoudal (2016-06-27 12:51:34) 
[en réponse à 807841]

Mgr Cattenoz vous a répondu par avance:

Au cours du XXe siècle, la confirmation a été présentée comme un sacrement de la maturité chrétienne et de l’envoi en mission, le jeune devant ratifier personnellement son baptême. Certains proposeront de la repousser le plus tard possible pour permettre un choix d’une plus grande maturité.


Il n'y a pas eu de "chamboulement" conciliaire, d'autant que Vatican II réaffirme la séquence baptême-confirmation-communion (donc la confirmation est normalement conférée avant la première communion). J'ai été confirmé, en même temps que mes copains, à 11 ans, avant le Concile. Depuis lors la tendance est de retarder encore, à partir de 12 ans, selon l'idée rappelée par Mgr Cattenoz, qui était déjà à l'oeuvre bien avant Vatican II.

Le nouveau code de droit canonique a gardé "l'âge de raison" pour la confirmation... sauf si la Conférence des évêques en décide autrement...