Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 807480 )François:la peine de mort offense l’inviolabilité de la vie par Jean Kinzler (2016-06-22 09:03:07) 

(RV) Le Congrès mondial contre la peine de mort se tient à Oslo en Norvège du 21 au 23 juin. Pour l’ouverture de cette sixième rencontre, le Pape François a envoyé un message vidéo aux participants, rappelant que la condamnation à mort est «inacceptable quelle que soit la gravité du crime commis», c’est «une offense à l’inviolabilité de la vie et à la dignité de la personne humaine», la peine de mort «contredit les projets de Dieu pour les individus et la société, et sa justice miséricordieuse».
Le Saint-Père a d’abord remercié tous ceux qui prennent part à cette rencontre. Le Congrès est parrainé par l'ONG "Ensemble contre la peine de mort" et la "Coalition mondiale contre la peine de mort", avec le soutien de Ministère des Affaires étrangères de la Norvège. Il est suivi par environ 140 organisations du monde entier. Le coordinateur du Congrès est l’italien Antonio Stango, membre exécutif de "Hands Off Cain", de la Ligue italienne des droits de l'homme (Lidu) et secrétaire du Comité italien Helsinki pour les droits de l'homme. Cet évènement a pour but de parvenir à «éliminer l’obligation de peine de mort», et de transformer les pays abolitionnistes de fait, en abolitionnistes de droit. Le Pape est convaincu que ce Congrès peut «donner une nouvelle impulsion à l’effort pour abolir la peine capitale».
Il y a un signe d’espoir, dit le Pape dans la vidéo. Aujourd’hui, «l’opinion publique manifeste une opposition grandissante à la peine de mort, même en tant que moyen légitime de défense sociale.» Car l’exécution capitale «ne rend pas justice aux victimes, mais attise plutôt la vengeance». Le Pape le rappelle, le commandement «Tu ne tueras point» a «une valeur absolue» et s’applique à la fois «à l’innocent et au coupable».
Le droit à la vie appartient aussi aux criminels
En cette année du Jubilé de la Miséricorde, c’est une «occasion propice pour promouvoir à travers le monde des formes d’autant plus évoluées de respect de la vie et de la dignité de chacun». Le Pape appelle à ne pas oublier que «le droit à la vie, inviolable et donné par Dieu, appartient aussi aux criminels». Enfin le Saint-Père a tenu a salué le courage de ceux qui travaillent pour l’abolition de la peine de mort, mais aussi pour «l’amélioration des conditions de vie en prison pour qu’elles respectent pleinement la dignité humaine de ceux qui sont incarcérés.»
François insiste sur la question de la réinsertion des condamnés. «Rendre justice, a rappelé le Pape, ne signifie pas rechercher la peine pour elle-même, mais veiller à ce que l'objectif fondamental de tous les châtiments soit la réhabilitation du délinquant. La question doit être traitée dans le cadre plus large d'un système de justice pénale ouvert à la possibilité de réinsertion du condamné dans la société. Il n'y a pas de peine appropriée sans espoir!» Car «la punition pour elle-même, sans place pour l'espoir, est une forme de torture, pas une punition» conclut le souverain pontife.
(BH)RV
images/icones/ancre2.gif  ( 807485 )Contraire au catéchisme de l'Eglise catholique par Paterculus (2016-06-22 10:03:37) 
[en réponse à 807480]


2266 L’effort fait par l’Etat pour empêcher la diffusion de comportements qui violent les droits de l’homme et les règles fondamentales du vivre ensemble civil, correspond à une exigence de la protection du bien commun. L’autorité publique légitime a le droit et le devoir d’infliger des peines proportionnelles à la gravité du délit. La peine a pour premier but de réparer le désordre introduit par la faute. Quand cette peine est volontairement acceptée par le coupable, elle a valeur d’expiation. La peine, en plus de protéger l’ordre public et la sécurité des personnes, a un but médicinal: elle doit, dans la mesure du possible, contribuer à l’amendement du coupable.

2267 L’enseignement traditionnel de l’Eglise n’exclut pas, quand l’identité et la responsabilité du coupable sont pleinement vérifiées, le recours à la peine de mort, si celle-ci est l’unique moyen praticable pour protéger efficacement de l’injuste agresseur la vie d’êtres humains.

Mais si des moyens non sanglants suffisent à défendre et à protéger la sécurité des personnes contre l’agresseur, l’autorité s’en tiendra à ces moyens, parce que ceux-ci correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun et sont plus conformes à la dignité de la personne humaine.

Aujourd’hui, en effet, étant données les possibilités dont l’Etat dispose pour réprimer efficacement le crime en rendant incapable de nuire celui qui l’a commis, sans lui enlever définitivement la possibilité de se repentir, les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable " sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants " (Evangelium vitae, n. 56).



Votre dévoué Paterculus
images/icones/fleche2.gif  ( 807487 )A ce propos, la dernière phrase est de trop par Regnum Galliae (2016-06-22 10:36:20) 
[en réponse à 807485]

1. l'Eglise sort de son domaine de compétence propre. Elle devrait se limiter à exposer le principe "il vaut mieux pas mais si besoin pourquoi pas". Elle n'est pas infaillible pour analyser les systèmes judiciaires de tous les pays du monde. D'ailleurs, ces prises de position politiques ne sont-elles pas en contradictio avec Vatican II où l'on nous dit que l'Eglise doit se cantonner au domaine spirituel ?

2. Admettons qu'une opinion sur les systèmes judiciaires soit du ressort rôle d'un catéchisme. Des études scientifiques rigoureuses ont-elles été faites pour affirmer que "les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable sont désormais assez rares, sinon même pratiquement inexistants" ? Vous avez de nombreux pays où les zones de non-droit sont très nombreuses, ont-ils tous été étudiés ? Je suppose qu'un bilan de l'abolition de la peine de mort dans plusieurs pays a été fait ? Peut-on en disposer ?

Et le Catéchisme commence sa phrase par "aujourd'hui". C'est quand aujourd'hui ? Les années 90, date de rédaction du catéchisme ? Années 2000, 2010 et les mises à jour ? Le contexte politique change sans arrêt. A quel moment le Catéchisme devra-t-il être amendé pour reconnaître que "les cas d’absolue nécessité de supprimer le coupable sont désormais assez fréquents" ?
images/icones/1w.gif  ( 807644 )Magistère contextualisé par PEB (2016-06-23 18:45:10) 
[en réponse à 807487]

Aujourd'hui



Comme je le disait sur un autre fil à propos de Vatican II, la grande faiblesse des documents magistériel depuis 1962 est de se référence à une situation géopolitique, économique ou sociale particulière. Ce simple aujourd'hui relativise la portée du document.

Là où la pensée traditionnelle a du pain sur la planche, c'est justement dans la décontextualisation du magistère contemporain. Il faut faire sortir le trésor d'éternité enfoui sous la gangue. Cela suppose de se transporter au pied de la Croix.

Le bon discours structuré serait:
0. "Tu ne tueras pas!"
1. Droit de légitime défense à la fois individuel mais aussi collectif.
2. La Sainte Eglise n'aime pas trop les exécutions capitales: risque flagrant de crucifier l'Innocent Agneau.
3. Notre Seigneur ne s'est jamais opposé pourtant à la peine d'infamie.
4. La peine capitale peut provoquer le salut éternel du pécheur au point de lui donner la certitude du salut: le Bon Larron est le premier saint jamais canonisé de l'Alliance Nouvelle et éternelle!
5. L'Eglise a cependant innové par la mise en place de peines alternatives avec les murs étroits ou larges de la sainte inquisition.
6. La mort du pécheur n'est jamais le but mais sa conversion.

Les clercs ne doivent pas se mêler outre mesure des affaires de haute justice sinon pour intervenir dans le respect des droits de la personne et agir en tout pour le bien des âmes. Les laïcs doivent agir avec leurs semblables avec discernement et demander l'esprit de vérité. Ils ne doivent jamais laisser la haine triompher mais une justice et une charité qui n'excluent ni la compassion due aux victimes, ni la considération envers l'accusé comme créature divine consubstantielle à notre misérable nature.
images/icones/1f.gif  ( 807494 )Contradiction par BK (2016-06-22 11:23:28) 
[en réponse à 807485]

ou développement de la doctrine chrétienne ?

Voir les évolutions pour la torture et l'esclavage par exemple.
images/icones/fleche2.gif  ( 807495 )Sources ? par Regnum Galliae (2016-06-22 11:34:30) 
[en réponse à 807494]

Pouvez-vous citer un seul texte du magistère qui légitimait la torture ou l'esclavage ? Cela dit, la torture raisonnable (qui ne mutile pas) est-elle vraiment interdite ? Je vous rappelle que Benoît XVI n'avait identifié que trois points non négociables, c'est-à-dire valables en toutes circonstances, et ni la torture, ni la peine de mort n'en font partie. Il avait même clairement reconnu que si la peine de mort pouvait être justifiée dans certaines conditions, l'avortement ne pouvait l'être.

Quant au pape François 1er, il avait déjà parlé de la réclusion à perpétuité comme une peine de mort déguisée. Comment protéger la société dans ces conditions ?
images/icones/1f.gif  ( 807563 )Fabuleux par BK (2016-06-23 07:58:39) 
[en réponse à 807495]


La torture qui use de violence physique ou morale pour arracher des aveux, pour châtier des coupables, effrayer des opposants, satisfaire la haine est contraire au respect de la personne et de la dignité humaine. [cela englobe apparemment votre torture raisonnable (sic) qui ne mutile pas]

Dans les temps passés, des pratiques cruelles ont été communément pratiquées par des gouvernements légitimes pour maintenir la loi et l’ordre, souvent sans protestation des pasteurs de l’Église, qui ont eux-mêmes adopté dans leurs propres tribunaux les prescriptions du droit romain sur la torture. A côté de ces faits regrettables, l’Église a toujours enseigné le devoir de clémence et de miséricorde ; elle a défendu aux clercs de verser le sang. Dans les temps récents, il est devenu évident que ces pratiques cruelles n’étaient ni nécessaires à l’ordre public, ni conformes aux droits légitimes de la personne humaine. Au contraire, ces pratiques conduisent aux pires dégradations. Il faut œuvrer à leur abolition. Il faut prier pour les victimes et leurs bourreaux.




Je ne pense pas qu'on puisse trouver un texte magistériel prescrivant la torture ou légitimant l'esclavage. Mais le discours et la pratique de l’Église à leur égard n'ont pas toujours été si nets (c'est là qu'il peut y avoir développement homogène).

La torture par exemple a été utilisée par l’Église, bien qu'il semble qu'elle n'ait jamais été intégrée au droit canonique comme tel, mais simplement reprise de l'usage civil (voir par exemple : ceci)



Quant au pape François, ses questions ne sont pas sans intérêt : est-il chrétien (et donc humain) de condamner civilement sans laisser la possibilité de rachat et rédemption ?



Ce qui extraordinaire, et même fabuleux, c'est qu'apparemment

1. le catéchisme de l’Église catholique (cité ci-dessus aux numéros 2297 et 2298), non plus que le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église, qui condamnent explicitement toute torture, ne seraient pas magistériels,

2. il y a "trois points non négociables", parce que Benoît XVI l'a dit, et trois seulement, ce que Benoît XVI n'a pas dit.


Votre mention des points non négociables donne à craindre que vous confondiez la remise en cause de la "légitimité" de la peine de mort (Jean-Paul II et Benoît XVI la voyaient illégitime comme peine, mais parfois nécessaire comme sauvegarde de la société - et cette sauvegarde semble au pape François pouvoir être assurée autrement), avec la condamnation d'un vote.

Le pape François n'a pas dit qu'on ne peut pas voter pour un parti qui promeut la peine de mort.

Mais force est de reconnaître que l'argument "un catholique ne peut voter que FN" n'a plus lieu d'être (non pas en raison de la peine de mort qu'en raison de la trahison de l'héritage authentiquement chrétien de ce parti, qui le rapproche des grandes officines du "système").
images/icones/neutre.gif  ( 807568 )Saint augustin autorise la question par le torrentiel (2016-06-23 09:05:40) 
[en réponse à 807563]

dans La cité de Dieu que je n'ai pas sous la main pour vous donner les références exactes.

Le même, au début de ce livre, fait l'apologie du fait qu'un des signes les plus éprouvés que l'Empire est devenu chrétien et que cela le civilise, c'est que, lors même qu'un barbare trouve "asile" dans une église, on ne peut venir l'y traiter cruellement. Car ni lui, ni son poursuivant n'ont le droit d'y entrer en armes.


Cet interdit demeure scrupuleusement respecté jusqu'à aujourd'hui. Seul alain Juppé et Jean-Louis debré se sont permis de défoncer une église à coups de hache pour déloger les "sans papier" de Saint-Bernard, qui étaient bien plus inoffensifs que les barbares, envahisseurs des Romains.

N'y a-t-il pas un bel équilibre, au point de vue de la laïcité chrétienne, de la laïcité qui a précédé le laïcisme contemporain, cela va sans dire, à interdire aux clercs de verser le sang dans l'espace profane, parce qu'ils récoltent le Sang du christ, et à interdire que les agents de la force public pénètrent en armes dans le lieu saint? Il y a là, ce me semble, tout le génie du christianisme.

Quant à la dénaturation par le Front national de son propre héritage, quel que soit le courage de Jean-Marie le pen qui, come il l'a dit au banquet de Rivarol, a accepté "la persécution", mais une persécution pour la patrie, pas pour le Christ, le retournement formidable que l'on observe dans ce parti ne prouve-t-il pas, sinon que le ver était dans le fruit, en tout cas que le fruit était modérément chrétien?


En énonçant vous-même qu'il y avait un impératif, courant dans le milieu traditionaliste, de ne pouvoir voter que le Pen ou rien, vous démentez la sociologie de Luc Perrin qui l'a toujours nié, alors qu'il ne faut pas être grand clerc, justement, ni grand historien, ni grand sociologue, pour s'apercevoir que c'est une composante sociologique élémentaire de ce milieu. Mais je regrette de mélanger la sociologie du XXIème siècle avec le génie du christianisme, où l'Eglise tolère la force publique et la défense de la société, mais leur intime par son exemple de ne pas être violentes.


J'ai également beaucoup aimé que vous écriviez : "Il est humain et donc chrétien."


Le christianisme est artisan de sociétés pacifiées (ou "apaisées", comme dirait l'autre...). Or certains ici ne montrent qu'une fascination permanente pour tout ce qui est fort dans le pouvoir. Le christianisme fait l'éloge de la faiblesse et de la fragilité individuelle (comme dirait Jean vanier), tolère la force publique, mais n'a pas le culte de la force. Or à lire certains, on dirait que le maître qui sommeille en eux regrette de ne plus avoir le droit de trouver d'esclaves à qui parler...
images/icones/1i.gif  ( 807576 )Vous êtes incroyable par Regnum Galliae (2016-06-23 09:49:38) 
[en réponse à 807563]

C'est vous qui dites que l'Eglise a évolué sur la question de la torture. Eh bien moi, je vous dis que l'Eglise n'a jamais légitimé cette pratique. Vous me parlez de pratiques de certains hommes d'Eglise. Et alors ? Des religieux, des Papes même ont eu des maîtresses, ont ordonné des assassinats, ont mené des guerres non justifiées par la défense d'une bonne cause. Et alors ? Cela signifie-t-il que l'Eglise légitimait ces pratiques ? Non bien sûr. Après, tout dépend de ce que l'on appelle torture. Quelques claques dans un commissariat ne sont pas bien méchantes.

L'interdiction de la peine de mort ne fait pas partie des points non négociables car, contrairement par exemple à l'avortement, elle peut être légitime dans certaines conditions. Benoît XVI l'a explicitement affirmé. L'avortement lui, n'est JAMAIS légitime, même pour sauver la vie de la mère.

Quant à la politque, je n'en parle même pas : tous les partis sont pour la peine de mort, au moins celle des enfants dans le sein de leur mère.
images/icones/1f.gif  ( 807577 )Bah par BK (2016-06-23 09:56:59) 
[en réponse à 807576]

1. Quand on lit Benoît XVI dans son discours où il parle des principes non négociables, on peut se demander où il fait sur la protection de la vie la réserve que vous faite sur la peine de mort ?

Il l'a faite ailleurs, mais pas dans ce contexte.


Parmi ceux-ci, les principes suivants apparaissent aujourd'hui de manière claire:

- la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu'à sa mort naturelle;

- la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille - comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage - et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d'union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable;

- la protection du droit des parents d'éduquer leurs enfants.




2. Si l’Église avait toujours eu conscience que la torture est toujours inadmissible (et non pas seulement la torture raisonnable (sic) qui ne mutile pas, ou celle qui n'est pas méchante (resic)), elle ne l'aurait jamais utilisée dans ses propres procès. Que le magistère en tant que tel n'ait pas admis cet usage n'empêche qu'il y a eu usage. Et discernement affiné au cours des temps.


3. A ma connaissance le PCD (et peut-être Debout la France) sont totalement et clairement opposés à l'avortement.
images/icones/fleche2.gif  ( 807578 )et le Parti de la France par Regnum Galliae (2016-06-23 10:01:51) 
[en réponse à 807577]

le PCD ne compte pas : il s'est allié à un Sarkozy vantant les mérites de la mère Veil et facilitant la distriution de la pilule du lendemain...
images/icones/1f.gif  ( 807579 )Ah oui j'oubliais par BK (2016-06-23 10:09:11) 
[en réponse à 807578]

le parti de la France et l'impossibilité (5e principe non négociable après les 3 de Benoît XVI et bien sûr en 4ème position la non illégitimité de la peine de mort) de soutenir des partis dont le programme est correct mais qui font des alliances avec d'autres partis qui ne le sont pas, y compris quand ces alliances ne portent aucunement sur les points non négociables et qu'il n'y a aucune ambiguïté à ce sujet.



images/icones/1w.gif  ( 807496 )Évolution ou développement? par Jean-Paul PARFU (2016-06-22 11:38:40) 
[en réponse à 807494]

Il faut choisir. En outre, la position de l'Église sur un sujet aussi classique que la peine de mort ne peut changer.

Par ailleurs, votre post induit qu'on était dur autrefois, mais qu'enfin maintenant on a compris et on est devenu gentil, et que l'Église est toujours en retard sur la société mais finit par s'y rallier, ce qui est typiquement moderne et faux!
images/icones/fleche2.gif  ( 807497 )Je n'en suis pas si sûr par Regnum Galliae (2016-06-22 11:42:37) 
[en réponse à 807496]

Vous écrivez "la position de l'Église sur un sujet aussi classique que la peine de mort ne peut changer."

Lorsque l'on voit ce qu'est devenue la position de l'Eglise sur la liberté religieuse, je ne vois pas ce qui pourrait empêcher la peine de mort de connaître le même sort...
images/icones/fleche2.gif  ( 807499 )Le problème par Jean-Paul PARFU (2016-06-22 11:54:20) 
[en réponse à 807497]

C'est que par position de l'Église, on entend l'Ecriture, la Tradition et non pas les déclarations débiles votées par une petite majorité d'évêques mis sous pression pour ce faire et plus ou moins ignorants.
images/icones/1v.gif  ( 807500 )attention par jejomau (2016-06-22 12:03:11) 
[en réponse à 807497]

vous parlez de la position de l'Eglise ou de la position de la part des hommes au sein de l'Eglise ?

images/icones/heho.gif  ( 807538 )La position de l'Eglise sur la liberté religieuse n'a pas changé ! par jl d'André (2016-06-22 21:14:48) 
[en réponse à 807497]

Le concile a refusé d'engager l'infaillibilité de l'Eglise sur la liberté religieuse ainsi que le demandait, notamment, Mgr Lefebvre. Et le seul argument avancé pour justifier ce refus était que ce n'était pas nécessaire car la doctrine ne changeait pas, seule sa présentation était modifiée.
Rien n'a donc changé. Mais comme les apparences sont autres il importe de rectifier cette formulation plus qu’ambiguë du concile.
De même un simple discours du pape qui n'engage pas son infaillibilité ne saurait modifier la doctrine traditionnelle de l'Eglise sur la peine de mort.
images/icones/1f.gif  ( 807564 )Mais non... par BK (2016-06-23 08:18:50) 
[en réponse à 807496]

je ne fais pas de sentiment comme ça (et si vous me demandiez mon avis au lieu de m'imposer celui que vous inventez pour moi, je ne pense vraiment pas que notre époque soit plus douce que les précédentes).

Quant à votre phrase "la position de l'Église sur un sujet aussi classique que la peine de mort ne peut changer", elle est problématique : qu'y a-t-il de non-"classique" qui nécessiterait un magistère ?

Internet, la machine à vapeur (racine qui a coupé l'homme de la nature, et dont l'invention ne précède pas de peu la Révolution par hasard) et la procréation médicalement assistée ?

Ou l'Immaculée Conception, l'Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie, et l'Amour en Dieu (dont Benoît XVI a voulu faire connaître la dimension "érotique") ?
images/icones/carnet.gif  ( 807492 )saint thomas d'aquin répond au pape par jejomau (2016-06-22 11:16:57) 
[en réponse à 807480]

Saint Thomas admet que :

- Par charité un juge peut condamner à mort un ami (cf. IIaIIae, qu.25,art.6, ad.2).
- Le Chef de la Cité peut infliger la mort par pouvoir coercitif (IIaIIae,qu.65,a.2,ad.2).
- La peine de mort est légitime quand il y a des dommages irréparables ou une perversité infamante (IIaIIae,qu.66,a.6,ad.2).
- Il n’est pas injuste de tuer le malfaiteur ou l’ennemi de l'État (IIaIIae,qu100,a.8,ad.3) ; tuer peut donc constituer une “dispense” au Décalogue, tout comme on peut dépouiller quelqu’un de ses biens à bon droit.
- Si la mise a mort des malfaiteurs et des ennemis de l'État n’est pas une injustice, l’autorité publique demeure libre de l’appliquer et de changer cette législation positive (IaIIae,qu.100, a.8,ad3).
- La peine doit être proportionnée au dommage social et à la nature du délit (IaIIae,qu.87,a.3,ad1).
- Le but de la peine est l’expiation et la conservation de l’ordre social (Ia,qu.48,a.6 ; IaIIae,qu.102,a.3,ad5 ; IIaIIae,qu.108,a.4).
- La prison perpétuelle ou l’exil sont envisageable comme châtiment de l’homicide (IaIIae,qu.87,a.3,ad1).


Résumé : Est-il permis de tuer les pécheurs ?

Objections :

1.Notre-Seigneur interdit d’arracher l’ivraie (Mtt.XIII,29-30) ;
2.Dieu ménage les pécheurs pour leur pénitence ;
3.Tuer est mauvais en soi.

Or : le moins parfait est ordonné au plus parfait. Cette subordination existe entre la partie et le tout. Toute partie - de par sa nature - est subordonnée au bien du tout : sacrifier l’imparfait pour le parfait. Ainsi, si l’individu constitue un péril, il faut le mettre à mort au nom du bien commun.

Réponses aux objections :

1.Ceci est vrai si on ne peut discerner les bons des méchants (Abraham demandant à Dieu d’épargner Sodome : Gen.XVIII,23-32).
2.Ceci est vrai s’il n’y a aucun danger pour autrui ; or les grands malfaiteurs ont toujours menacé l’ordre public.
3.Si tuer un homme fidèle est mauvais, ne pas oublier qu’un homme pécheur perd sa dignité humaine [en ce sens, il y renonce].


Remarque : la peine de mort n’est pas l’application de la loi du talion (où la peine est calquée sur la faute : œil pour œil, dent pour dent) mais demeure une question de bien public qui va au-delà de la légitime défense ; c’est une question de justice sociale : l'État a pour devoir de guérir le mal et protéger la société (caractère médicinal, exemplaire et réparateur).

Il est vrai que l’homme ne doit point détruire ce que Dieu a fait à son image et a racheté par son sang, ne devant point abréger le temps imparti à chaque créature pour faire son salut. Mais il est également vrai que la question de la peine de mort demeure un problème complexe où sont engagées des appréciations sur la liberté humaine, la responsabilité morale et la vie en société.

Somme Théologique : IIaIIae, qu.64, a.2.


images/icones/bible.gif  ( 807498 )Il y a les Évangiles par Jean-Paul PARFU (2016-06-22 11:47:29) 
[en réponse à 807492]

Le bon larron, sur la croix, dit au mauvais larron que, pour eux, la peine qu'ils subissent, est juste, alors qu'elle est injuste pour Jésus qui n'a rien fait.
images/icones/1a.gif  ( 807501 )...et puis Romains 13, 4 par Sacerdos simplex (2016-06-22 12:03:35) 
[en réponse à 807498]

Parlant des Magistrats et des autorités

« Ce n'est pas en vain qu'il porte le glaive ; il est ministre de Dieu pour faire justice et châtier celui qui fait le mal » ...


Bon, évidemment, aujourd'hui, c'est différent, du fait de l'ENM, on a une justice de classe, bien des malfaiteurs sont absous, bien des multi-multi-récidivistes sont relâchés (éventuellement après un rappel à la loi...) tandis que ceux qui protègent le droit naturel, ou qui, summum du sacrilège, ont planqué trois francs (suisses) contre la rapacité du fisc sont sévèrement châtiés.

Cela correspond bien au Goulag, où les assassins/voleurs de droit commun étaient considérés comme socialement proches des prolétaires, et donc très sympathiques.
images/icones/1d.gif  ( 807506 )Si je comprend bien, le bon larron avait tort... par Davidoff2 (2016-06-22 14:37:32) 
[en réponse à 807501]

... puisqu'il trouvait sa peine justifiée, et le mauvais larron avait raison de s'insurger contre ce viol de sa condition humaine ?

Faudrait que Bergoglio fasse quelques retouches aux Evangiles, il n'est plus à ça près :-)
images/icones/1f.gif  ( 807610 )Transposition temporelle par BK (2016-06-23 14:31:07) 
[en réponse à 807506]

d'une remarque spirituelle :
le bon larron se jugeait mériter les plus grands supplices.

Cela ne veut pour autant pas dire qu'il était bon que des hommes le supplicient.

En d'autres termes, il savait les mériter de Dieu, et les acceptait humblement des hommes.

Mais à moins de conclure que la crucifixion est bonne et adaptée à certains cas, je ne vois pas trop à quoi vous aboutissez avec votre raisonnement.
images/icones/livre.gif  ( 807507 )de la justice de classe à la morale de classe : Mgr Schooyans par F. de T. (2016-06-22 14:39:57) 
[en réponse à 807501]

le mouvement qu'on peut observer à l'ENM se passe aussi hélas dans l'Eglise.
Benoit et moi


Dans le but de plaire, les casuistes doivent être à la mode, être attentifs aux nouveautés. Les Pères de l'Église des générations précédentes et les grands théologiens du passé, y compris récent, sont présentés comme inadapté à la situation actuelle de l'Eglise; ils seraient dépassés. Pour ces casuistes, la tradition de l'Eglise devrait être en quelque sorte filtrée et soumise à une remise en question radicale. Nous - assurent avec gravité les néocasuistes - nous savons ce que l'Eglise d'aujourd'hui doit faire pour plaire à tout le monde (cf. Jn 9). Le désir de plaire vise particulièrement les gagnants (là encore, en donnant habilement le change, ndt). La nouvelle morale sociale et politique doit prendre un soin particulier de ces personnes. Ils ont un niveau de vie à protéger ou à améliorer; ils doivent maintenir leur rang. Et tant pis pour les pauvres qui n'ont pas les mêmes charges mondaines! Certes, il faudra aussi faire plaisir aux pauvres, mais il faut reconnaître qu'ils sont moins «intéressants» que les personnes influentes. Tout le monde ne peut pas être gagnant!

images/icones/fleche2.gif  ( 807511 )Justice et dictature (suite)... par Sacerdos simplex (2016-06-22 16:15:02) 
[en réponse à 807501]

Sur le site leplus.nouvelobs.com (sic, ça ne s'invente pas) :


Connaître ses droits est une infraction : un écrit d'avocat à lire à vos risques et périls
Publié le 15-06-2016 à 12h53 - Modifié à 17h55
Par Laure Heinich

Devant donner sa position sur la demande de mise en liberté d’un individu soupçonné d’avoir participé à des violences lors d’une manifestation, le procureur général de Paris choisit de s’y opposer. Parmi les raisons invoquées, un tract trouvé en perquisition. Il s’agit d’un document d’un syndicat d’avocats donnant des conseils en cas d’interpellation. Sur ce tract, sont énoncés les droits des personnes placées en garde à vue (le droit au silence, le droit de se faire assister d’un avocat, de prévenir sa famille, de bénéficier d’un examen médical), il y est aussi prescrit de ne pas insulter les forces de l’ordre ni d’avoir un comportement violent envers eux.

Pour le procureur général, détenir un tel document prouve la volonté de participer à une action violente et justifie ainsi la répression la plus ferme. Il semble donc que connaître ses droits en cas de placement en garde à vue caractériserait une intention de nuire.

Au pays de "Charlie", lire est un danger

Suspecter un citoyen qui s’informe, cela en dit long sur la politique pénale de notre gouvernement… Au pays de "Charlie", si la liberté d’écrire est sauve, lire est un danger. On recommanderait trop de ne pas s’intéresser au droit des prisonniers, la sanction semblant dictée par l’intitulé du papier.

Par un tel positionnement, le procureur général entend ni plus ni moins sanctionner l’accès au droit par les citoyens. Et puisque nul n’est censé ignorer la loi, impossible d’échapper à la répression : c’est une infraction de la méconnaître et une infraction de l’apprendre…

Celui qui se défend, suspect de trop connaître son dossier

Dans les tribunaux, la suspicion pèse depuis longtemps sur celui qui se défend, suspect de trop connaître son dossier, suspect de ne pas plier devant le système, de ne pas se confondre en excuses bien formatées.

Aujourd’hui, ces suspicions pèsent sur celui qui s’informe avant de participer ou non à une manifestation avec pour objectif évident de l’en dissuader. C’est ce constat que dresse mon confrère Emmanuel Daoud qui voit, dans ces réquisitions écrites du procureur, une volonté de l’État de criminaliser le mouvement social. La répression guette dès lors qu’on manifeste pour ses droits, qu’on les exerce ou qu’on tente simplement de les connaître.

Tous prennent le risque de l'illégalité

On comprend mieux pourquoi les avocats font l’objet d’autant d’intimidations (écoutes téléphoniques, perquisitions, garde à vue, etc.) puisqu’ils sont les vecteurs de l’objet du délit : la connaissance de la loi qu’ils transmettent.

Toutes les issues étant bloquées, les contestataires, les intéressés, les curieux, les lecteurs, ceux qui veulent participer à l’espace public, prennent donc le risque de l’illégalité. Le message adressé aux citoyens est clair : mieux vaut ne pas bouger.

Il faut peut-être se poser autrement la question de qui paralyse la France ? La politique pénale affichée démontre une crainte démesurée face aux mouvements citoyens. Quelle vérité craignent-ils à ce point qu’il faille nous museler ? Au moment où il nous est demandé de résister, nous sommes en droit de nous interroger : qui a peur ?



Cela fait penser à une discussion récente sur l'Albanie et sa dictature : pour un accusé, prétendre se défendre c'est déjà accuser le Parti de s'être trompé, la seule solution est de s'accuser soi-même et de demander la clémence du juge.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=803408

Ah, je me posais une autre question :
Il est de notoriété publique qu'aujourd'hui, derrière les gouvernements, se cache un "deep government", un groupe d'inconnus qui tire toutes les ficelles.
Par exemple, aux USA, les banquiers de Wall Street ont fondé il y a un siècle la Fed, qui est une banque privée qui opère dans la plus totale opacité.
Et ce groupe finance à la fois les Républicains et les Démocrates.
Ainsi, quel que soit celui qui est élu, c'est le groupe qui gagne.

N'en irait-il pas de même dans d'autres conflits très voyants ?...


images/icones/neutre.gif  ( 807557 )Citation beaucoup plus pertinente et éléments problématiques de la position du pape : par le torrentiel (2016-06-23 03:52:47) 
[en réponse à 807501]

Evidemment, si "le magistrat est ministre de Dieu pour exercer la justice" un peu comme le père de famille est un reflet de la paternité divine, il peut "porter le glaive", même s'il peut exister, come le dit le pape, "des formes plus évoluées de la défense de la vie." (A cet égard et malgré notre universalisme à bon marché, l'abolition de la peine de mort ne peut être supportée que dans des sociétés elles-mêmes "évoluées" et sortant de plus en plus de la mentalité primitive.)


Le magistrat peut porter le glaive et ne pas s'en servir pour trancher une tête. Certains "attendus" de la position du pape ne laissent cependant pas d'être problématiques:


D'abord, il prend cette position parce que "Aujourd’hui, «l’opinion publique manifeste une opposition grandissante à la peine de mort." L'Eglise est-elle une démocratie religieuse où le pape décide d'après l'opinion publique, même s'il peut en appeler au "sensus fidei" pour affiner une position disciplinaire ou doctrinale? Et puis de quelle opinion publique parle-t-il ? Il me semble qu'on se trouve dans la même configuration qu'au dernier synode sur la famille. Rome reste occidentalo-centrique et répercute l'opinion publique occidentale à propos de la peine de mort, une opinion publique qu'on craint néanmoins de sonder dans un référendum décisionnaire quand on veut abolir la peine de mort, comme cela s'est produit en france.


Immédiatement après, le pape ajoute que l'opinion publique est de plus en plus intolérante à la peine de mort, même "en tant que moyen légitime de défense sociale". IL faut savoir ce que l'on veut. Ou bien la peine de mort est une atteinte essentielle à l'inviolabilité de la vie, et l'Eglise doit la condamner indépendamment de l'opinion publique, ou bien c'est un "moyen légitime de défense sociale" et ele ne peut la contester.


Mais la défense de la société n'est plus ce qui est visé par la peine à en croire le pape. La peine doit viser "la réhabilitation du délinquant".
Or si le pape a raison de dire que la peine de mort ne rend rien à la victime et "attise la vengeance",la justice ne doit pas plus venger la victime que réhabiliter le délinquant,

Plus grave, la peiene doit lui laisser "un espoir" sans rapport avec l'espérance.


Enfin, il y a sinon méprise, du moins malentendu entretenu quand la sale de presse du vatican résume ainsi ce que le pape pense du: "Tu ne tueras point", Je la cite: "Le Pape le rappelle, le commandement «Tu ne tueras point» a «une valeur absolue» et s’applique à la fois «à l’innocent et au coupable».


Le commandement "Tu ne tueras point" a acquis une valeur absolue. Mais à l'origine, il ne s'appliquait, comme "Aimez-vous les uns les autres", qu'à l'intérieur de la communauté, à l'exclusion des ennemis intérieurs et extérieurs. Les enemis extérieurs étaient ceux à qui dieu, au chapitre suivant, demandait d'ôter la vie jusqu'au dernier. Et les ennemis intérieurs étaient tous ceux qui ne respectaient pas la loi
et risquaient de rendre la société impure en la contaminant.
La valeur absolue qu'a prise ensuite l'interdiction de tuer relève d'une "forme plus évoluée de défense de la vie", comme l'extension de l'amour que l'on doit se porter entre disciples à toute l'humanité relève d'une compréhension plus inclusive de l'amour du prochain.

images/icones/neutre.gif  ( 807556 )Exemple non pertinent. par le torrentiel (2016-06-23 03:12:54) 
[en réponse à 807498]

Le bon larron parle à son frère un peu comme un condamné qui, ayant pesé ses actes, accepte la sentence.


Si on fait un pont avec l'actualité, il lui parle comme a agi le directeur d'école de bellefontaine qui s'est probablement suicidé par repentir, comme l'a fait Judas après avoir trahi Jésus.

Je suis de ceux qui pensent que la défense de la vie doit être une et refuser aussi bien l'avortement que la peine de mort, au nom d'un principe similaire: l'homme n'appartient ni à sa mère, dans le corps de laquelle il grandit pourtant, ni à la société qui, ne lui ayant pas donné la vie, ne peut pas la lui reprendre, sauf à commettre un crime.


L'homme appartient à Dieu et est confié à sa propre intendance -ou est laissé à son conseil-, ce qui fait que l'euthanasie pose un autre problème. Sans cesser d'être un péché, elle respecte la volonté de celui qui décide qu'il ne veut pas souffrir, parce que sa souffrance est sans issue positive dans la vie qui s'en va. L'homme qui juge ainsi sa souffrance le décide en refusant sans doute de prendre sa croix à la suite du Christ. Mais ce jugement relève de son conseil, et il faut avoir beaucoup de compassion pour ces "passions de l'homme" que sont certaines agonies.
images/icones/fleche2.gif  ( 807573 )Allez-vous reprendre Saint Thomas d'Aquin par Regnum Galliae (2016-06-23 09:38:40) 
[en réponse à 807556]

après avoir repris Saint Jean et Saint Paul ?

Ne cherchez pas, la peine de mort des criminels avérés est juste. Le bon larron a été canonisé par le Christ après ses paroles. Sa peine a été acceptée de manière expiatoireet cela lui a valu le salut immédiat. Je pense que le bon larron est pour la peine de mort.

Sous Christiane Taubira, il s'en serait sorti avec quelques mois de prison et aurait probablement recommencé ses crimes. L'argument selon lequel on envoie un criminel en enfer est faux car nombreux sont ceux qui se sont repentis devant l'échafaud. Le bon larron est un exemple, le chevalier de la Barre en est un autre.

Quant au parallèle avec le suicide, l'avortement et l'euthansie, il est d'une mauvaise foi incroyable. Le suicide n'a aucune valeur expiatoire, bien au contraire ! Il ne fait qu'aggraver le péché et Judas a été damné pour cela. Quant à l'avortement et l'euthanasie, vous exécutez des innocents. Comment pouvez-vous comparer cela avec un criminel !
images/icones/neutre.gif  ( 807582 )Vous faites parler le bon larron ! par le torrentiel (2016-06-23 10:52:49) 
[en réponse à 807573]

Et je n'ai jamais dit que le suicide avait une valeur expiatoire. J'ai dit, comme cela est écrit dans les évangiles, que Judas s'est suicidé, accablé par le repentir.


Quant à savoir s'il est damné, c'est un débat qu'il ne nous appartient pas de trancher. Le Christ, dans Son humanité pleine d'angoisse face à l'épreuve, peut très bien lui avoir dit: "Malheur à celui par qui le scandale arrive" (et néanmoins grâce à qui les Ecritures s'accomplissent, ce qui pose le problème de la prédestination): "il aurait mieux valu pour lui qu'il ne fût jamais né!"
images/icones/1f.gif  ( 807587 )Non par BK (2016-06-23 11:31:31) 
[en réponse à 807573]

L'exécution des condamnés dont on ne peut autrement protéger la société est juste.

C'est du moins l'enseignement du magistère (!).

Le bon larron ne dit rien d'autre que ce qu'ont dit les plus grands saints, qui reconnaissaient mériter au vu de leurs fautes les plus grands supplices.

Cela ne veut pas dire qu'il aurait été juste que des hommes les supplicient...


Accessoirement, on peut vous opposer qu'il y a un grand nombre de condamnés à morts qui sont morts sans repentir.
images/icones/fleche2.gif  ( 807619 )vous tournez autour du pot par Regnum Galliae (2016-06-23 15:23:24) 
[en réponse à 807587]

si la crucifixion est juste, alors a fortiori la peine de mort l'est...

Autre passage où le Christ légitime la peine de mort : Luc 17,1-2

Il dit à ses disciples: "On ne peut supposer qu'il n'arrivera pas de scandale; mais malheur à celui par qui ils arrivent! Il serait plus utile pour lui qu'on lui suspende autour du cou une pierre de meule et qu'on le lance dans la mer, plutôt qu'il ne scandalise un de ces petits."


Luc 20, 15-16

Que leur fera donc le maître de la vigne? Il viendra et fera périr ces vignerons, et il donnera la vigne à d'autres.
images/icones/1f.gif  ( 807622 )Pas du tout... par BK (2016-06-23 15:36:08) 
[en réponse à 807619]


si la crucifixion est juste, alors a fortiori la peine de mort l'est...



Pour que votre raisonnement soit concluant, il faudrait démontrer que la crucifixion est juste.

Mais cette thèse me paraît assez héneaurme. Les derniers à l'employer sont l'Etat Islamique.

Nul doute que les extrêmes se rejoignent, mais à ce point-là...


Par ailleurs, les paraboles sont des discours imagés, pas des traités de philosophie morale et politique.

Leur application littérale là encore porte à faux.

(et même par exemple l'application temporelle de Luc 20, 15-16, puisque le Christ est mort et que ceux qui l'ont mis à mort n'ont pas été à leur tour mis à mort par le Père)
images/icones/fleche2.gif  ( 807624 )vous détournez ma phrase par Regnum Galliae (2016-06-23 16:14:17) 
[en réponse à 807622]

C'est vous qui raisonnez par l'absurde en écrivant que le bon larron veut dire que le crucifiement est juste, pour mieux conclure que sa phrase est inexploitable pour trancher la question de la peine de mort. Je vous prends au mot et vous démontre que votre argumentaire se trouve dans une impasse. Qu'il ait désigné le principe d'une l'exécution ou son mode opératoire, dans les deux cas la peine de mort est justifiée.
Pour ma part, je n'ai jamais imaginé que le bon larron louait son crucifiement.

Pour les paraboles, il est vrai que le langage est imagé, mais il désigne des réalités. Par exemple lorsque le Christ dit que les réprouvés brûleront en enfer, c'est à prendre au pied de la lettre, même si l'Evangile parle de sarments morts ou d'ivraie.
images/icones/1f.gif  ( 807634 )Reprenons par BK (2016-06-23 16:54:12) 
[en réponse à 807624]

si A alors B permet de conclure que B est vrai si on a démontré que A est vrai

(si la crucifixion est juste, alors a fortiori la peine de mort l'est)

Le lien logique étant valide, il reste à démontrer que A est vrai, soit que la crucifixion est juste.


Or Sainte Catherine de Sienne et Sainte Thérèse d'Avila se disaient dignes des plus grands châtiments, dans des termes tout à fait proches de ceux du bon larron. Mais il aurait été injuste de les supplicier.

Il n'est pas prouvé qu'il ne faille pas en toute rigueur faire cette lecture spirituelle des paroles du bon larron.

Auquel cas les paroles du bon larron ne désignent que la justice d'un châtiment de Dieu, mais pas la justice de ce châtiment humain.

La crucifixion décidée par les hommes a été utilisée par Dieu comme instrument de salut, mais pas forcément voulue positivement.

Surtout dans la mesure où la torture de la croix serait de soi illégitime (ce que je pense vrai, puisque le magistère a condamné tout usage de la torture, et que je ne crois pas qu'il ait jamais défendu la crucifixion - au reste ne disiez-vous pas que le magistère n'a jamais approuvé la torture ?)...


images/icones/1z.gif  ( 807640 )quelle mauvaise foi ! par Regnum Galliae (2016-06-23 17:48:11) 
[en réponse à 807634]

c'est vous qui mettez le crucifiement sur le tapis et ensuite vous partez du principe que c'est moi qui en ai parlé !

Je vous cite : "d'après votre raisonnement, il était bon absolument de crucifier ce larron. Donc la crucifixion peut être légitime."

Je n'ai bien évidemment pas dit qu'il était bon de faire mourir le bon larron par la croix. J'ai écrit que lui considérait comme juste sa mise à mort et celle de son funeste compagnon. C'est vous qui déplacez le débat sur le mode opératoire du crucifiement. Je vous prends donc au mot en disant que même en prenant votre interprétation ridicule, cela ne change rien au caractère légitime de la peine de mort.

Plus largement, les Evangiles, et saint Jean en particulier, ne parlent pas pour ne rien dire. Le cas personnel du bon larron ne nous intéresse pas. Ce qui nous concerne, c'est ce que cet épisode veut dire pour nous tous. Et ce que l'on retient, c'est que 1. il était juste de le condamner pour ce qu'il avait fait et 2. sa peine a eu une valeur expiatoire qui lui a valu un salut qu'il n'aurait peut-être pas eu. Quant au mauvais larron, il est possible que sa mort ait été un acte de miséricorde divine, en évitant ainsi d'accumuler d'autres péchés qui auraient rendu cet homme encore plus coupable devant Dieu. Peut-être aussi s'est-il repenti en son for intérieur.

Pour finir, qui êtes-vous BK ? Pourquoi êtes-vous le seul à ne pas vous être présenté sans encourir les foudres de notre ouaibemaistre ?
images/icones/neutre.gif  ( 807648 )cherchez dans lea archives... par Paxtecum (2016-06-23 19:39:35) 
[en réponse à 807640]

..ICI par exemple
images/icones/1f.gif  ( 807661 )Difficile par BK (2016-06-24 06:43:00) 
[en réponse à 807640]

... de tirer argument de la remarque du bon larron, pour justifier la peine de mort, et de refuser de parler de crucifixion.

Une remarque au passage : le caractère médicinal de la peine de mort s'entend du corps social (qu'on ampute d'un membre malade). Mais le caractère médicinal pour le condamné n'a rien d'évident. Non plus que l'aspect réparateur d'ailleurs.
images/icones/1f.gif  ( 807611 )Lecture temporelle par BK (2016-06-23 14:31:42) 
[en réponse à 807573]

d'une remarque spirituelle :
le bon larron se jugeait mériter les plus grands supplices.

Cela ne veut pour autant pas dire qu'il était bon que des hommes le supplicient.

En d'autres termes, il savait les mériter de Dieu, et les acceptait humblement des hommes.

Mais à moins de conclure que la crucifixion est bonne et adaptée à certains cas, je ne vois pas trop à quoi vous aboutissez avec votre raisonnement.
images/icones/hein.gif  ( 807612 )Pour ou contre la crucifixion ? par BK (2016-06-23 14:35:41) 
[en réponse à 807498]

Votre remarque me plonge dans des abîmes de stupéfaction : d'après votre raisonnement, il était bon absolument de crucifier ce larron.

Donc la crucifixion peut être légitime.

C'est très étonnant, et je me demande quel fondement patristique ou magistériel donner à pareille option.
images/icones/fleche2.gif  ( 807613 )Vous confondez fin et moyen par Regnum Galliae (2016-06-23 14:45:27) 
[en réponse à 807612]

La fin est le juste chatiment d'un coupable et la préservation de la société. Sur le moyen, on peut discuter mais ce n'est pas la question.
Que voulez-vous prouver ? Que le Catéchisme de l'Eglise catholique a tort en énonçant que la peine de mort peut être justifiée dans certains cas ?
images/icones/1f.gif  ( 807615 )J'en déduis par BK (2016-06-23 14:52:34) 
[en réponse à 807613]

Que l'argument du bon larron est fallacieux, car il légitime la crucifixion.

L'argument repose en effet sur une lecture littérale qui précisément ne permet pas de dissocier la fin et le moyen.

'Pour nous, c'est juste' pris dans le sens proposé englobe la peine de mort et la crucifixion. C'est fâcheux.
images/icones/neutre.gif  ( 807508 )Tu ne commettras pas d'assassinat par Candidus (2016-06-22 14:59:13) 
[en réponse à 807480]

Une bonne fois pour toute, la correcte formulation du Vème commandement n'est pas "Tu ne tueras pas" mais "Tu ne commetras pas d'assassinat". La Torah utilise le mot ratsakh pour l'énoncé de ce commandement et ce terme se réfère au meurtre. D'ailleurs, comment pourrait-il en être autrement puisque l'Ancien Testament contient de très nombreuses situations où Dieu Lui-même ordonne des mises à mort ?
images/icones/1d.gif  ( 807528 )je ne sais pas pourquoi par jejomau (2016-06-22 18:20:34) 
[en réponse à 807508]

mais mon petit doigt me dit que vous aussi, ça vous exaspère !!!
images/icones/neutre.gif  ( 807566 )Précision essentielle en effet, par le torrentiel (2016-06-23 08:30:34) 
[en réponse à 807508]

et qui résout l'apparente contradiction biblique entre le passage où la proscription de tuer est énoncée, et le chaptire suivant où l'extermination est prescrite, du peuple (de mémoire les Amalescites) que les "fils d'Israël" doivent exterminer pour s'installer en terre promise.


Mais la Tradition de l'Eglise n'a-t-ele pas traduit ce commandement par: "Tu ne tueras point?"

Ne l'a-t-elle pas compris dans une acception extensive, qui interdit toute atteinte à la vie?



Ce caractère extensif de l'interdit du meurtre en interdit de tuer ne constitue-t-il pas un élément de la Tradition de l'Eglise et le caractère spécifiquement chrétien des sociétés qui l'ont porté?


Qu'y a-t-il de spécifiquement chrétien si la société se contente de prohiber le meurtre en guise de défense de la vie?
Est-ce que la Tradition n'interprète pas le décalogue d'une manière qui le fait excéder le droit naturel? Décalogue qui, à l'origine, ne fait que maintenir l'équilibre entre les individus au sein de la société des "enfants d'Israël" qu'il constitue législativement.


J'avoue que je tombe de haut ; mais si ma chute me fait entrevoir une vérité, je suis heureux de tomber.
images/icones/neutre.gif  ( 807567 )Précision essentielle en effet, par le torrentiel (2016-06-23 08:32:04) 
[en réponse à 807508]

et qui résout l'apparente contradiction biblique entre le passage où la proscription de tuer est énoncée, et le chaptire suivant où l'extermination est prescrite, du peuple (de mémoire les Amalescites) que les "fils d'Israël" doivent exterminer pour s'installer en terre promise.


Mais la Tradition de l'Eglise n'a-t-ele pas traduit ce commandement par: "Tu ne tueras point?"

Ne l'a-t-elle pas compris dans une acception extensive, qui interdit toute atteinte à la vie?



Ce caractère extensif de l'interdit du meurtre en interdit de tuer ne constitue-t-il pas un élément de la Tradition de l'Eglise et le caractère spécifiquement chrétien des sociétés qui l'ont porté?


Qu'y a-t-il de spécifiquement chrétien si la société se contente de prohiber le meurtre en guise de défense de la vie?
Est-ce que la Tradition n'interprète pas le décalogue d'une manière qui le fait excéder le droit naturel? Décalogue qui, à l'origine, ne fait que maintenir l'équilibre entre les individus au sein de la société des "enfants d'Israël" qu'il constitue législativement.


J'avoue que je tombe de haut ; mais si ma chute me fait entrevoir une vérité, je suis heureux de tomber.
images/icones/neutre.gif  ( 807571 )[réponse] par Candidus (2016-06-23 09:37:22) 
[en réponse à 807567]

Effectivement la tradition biblique catholique a toujours traduit le 5ème commandement par "tu ne tueras point", mais à sa décharge, disons qu'elle ne pouvait pas imaginer qu'un jour certains y verrait non seulement l'impossibilité radicale de la peine de mort mais même une injonction à être végétarien.