Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=807417
images/icones/mitre4.png  ( 807417 )Communiqué de la CEF par Jean Kinzler (2016-06-21 09:49:42) 

Les évêques s’invitent dans le débat politique national
Sophie Le Pivain

À l’approche d’« une année électorale importante avec l’élection présidentielle et les élections législatives », le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié le 20 juin un communiqué qui pointe sept « enjeux qui [leur] paraissent engager notre avenir de façon déterminante. » Un texte écrit, soulignent les évêques, « à la lumière de nos convictions enracinées dans la tradition chrétienne et des textes publiés par le Pape François au cours des années écoulées ».
Démocratie et société de violence

« Quand la vie démocratique tombe dans le discrédit ou l’impuissance, les intérêts particuliers et les groupes de pression s’habituent à user de leurs moyens de contrainte pour forcer les responsables politiques à satisfaire leurs demandes. L’excès de lois trop circonstancielles émousse la force de la loi et le respect qui lui est dû. On s’efforce de dénier les procédures démocratiques pour obtenir par la contrainte, ou même la violence, ce que l’on n’a pas obtenu dans les urnes. […] »

« [...] Si nous voulons progresser dans les pratiques démocratiques, nous devons promouvoir l’exercice du droit de vote en développant dans la société un véritable débat qui échappe aux postures, aux « petites phrases » et aux ambitions personnelles. »
Pour un projet de société

« L’être humain est plus qu’un élément du processus économique. […] C’est donc vers une économie du partage que nous devons avancer, vers un partage plus équitable du travail et des fruits du travail. [...] »

« [...] La qualité humaine d’une société se juge aussi à la manière dont elle traite les plus faibles de ses membres. […] Nous sommes responsables du respect de toute vie de son commencement à sa fin. »
Vers un pacte éducatif

« La scolarisation […] est trop souvent soumise à des réformes auxquelles on ne donne pas le temps de porter leurs fruits et sur lesquelles on ne fait que trop rarement une véritable évaluation. […] »

« [...] Toutes les dispositions législatives ou réglementaires qui affaiblissent la stabilité des familles et les moyens d’exercer leurs responsabilités ne peuvent jamais être compensées par une exigence incantatoire envers l’école. La marginalisation d’un nombre croissant de familles, les mesures qui brouillent la filiation, celles qui favorisent les divorces et l’éclatement des familles sont payées très cher par leurs premières victimes : les enfants. On ne peut pas espérer faire progresser la cohésion sociale en négligeant son tissu nourricier qui est la cohésion familiale. »
Entre libéralisme et protection sociale

« Dans notre société, l’écart entre ceux qui peuvent compter sur la sécurité et ceux qui sont plongés dans la précarité ne cesse de s’accroître. De plus en plus de nos concitoyens ne peuvent plus bénéficier du droit au travail alors que le dynamisme économique suppose des encouragements durables à l’initiative et à la prise de risque, l’État doit gérer positivement la tension entre un libéralisme sans contrôle et la sauvegarde des mécanismes de protection sociale (assurance maladie, retraite, chômage, etc.). »
Les migrants et la rupture culturelle

« Est-il aujourd’hui tolérable que des milliers d’hommes de femmes et d’enfants vivent sur notre territoire dans des conditions trop souvent inhumaines ? Une volonté d’intégration ne peut se réaliser sans accompagnement des ruptures culturelles. La seule recherche de solutions économiques est vouée à l’échec si rien n’est entrepris pour la promotion culturelle, promotion d’une culture enracinée, qui donne ou redonne le sens d’une vie collective nationale. »
L'Europe et la subsidiarité

« L’accueil serait aussi une illusion s’il ne s’accompagnait pas de véritables programmes de soutien dans les pays d’origine des migrations : soutien économique et soutien politique pour lutter contre la misère endémique et les procédés antidémocratiques de certains gouvernants. Mais le projet européen ne peut se poursuivre ni se développer sans une véritable adhésion des peuples d’Europe. Cette adhésion suppose de respecter davantage le fait historique et culturel des nations qui composent le continent. Une véritable pratique de la subsidiarité, telle qu’elle est inscrite dans ses textes fondateurs, serait une nouvelle chance pour l’Europe. »
Écologie et fatalisme

« Nous avons la charge d’un monde qui a ses limites et nous ne pouvons pas l’épuiser comme s’il était sans limites. La sagesse nous invite à revoir nos modèles de consommation et à inventer un monde moins destructeur et plus juste. »

À la fin du communiqué, les évêques de France mettent en garde leurs concitoyens contre « la tentation du fatalisme ». Et d’inviter « celles et ceux qui ont foi en Dieu et qui vivent dans la communion au Christ » à « investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s’appelle l’espérance », concluent-ils.LV
images/icones/hein.gif  ( 807426 )Où est le texte ? Vous odnnez le lien vers un article partiel... par Glycéra (2016-06-21 10:42:40) 
[en réponse à 807417]



J'ai trouvé le texte sur le site http://radionotredame.net/2016/politique/annee-electorale-2017-declaration-de-la-conference-des-eveques-de-france-46230/

Mais je n'ai rien vu sur le site de la conférence des evêques de France.

images/icones/hein.gif  ( 807428 )Comment comprendre ceci : ? par Glycéra (2016-06-21 10:51:30) 
[en réponse à 807417]




Pour celles et ceux qui ont foi en Dieu et qui vivent dans la communion au Christ, les difficultés que nous rencontrons ne sont pas un appel au renoncement.


Au contraire, elles nous acculent à investir toutes nos capacités pour construire une société plus juste et plus respectueuse de chacun. Cela s’appelle l’espérance.





Qui va comprendre, dans l'environnement actuel, même chez les fidèles, vous parlez surtout (je dis sur tout) de la capacité de prier, de vivre sa vie quotidienne avec et pour Dieu en chaque geste, et que c'est cela l'espérance ?

La définition de l'espérance : la grâce que Vous donnez, et la certitude de la vision face à Face.

Ce n'est pas un monde meilleur avec Vous, mon Dieu... au sens riquiqui des "vivre mieux sur terre", et de servir la société comme but ultime. Elle n'est qu'un moyen inévitable dans le voyage terrestre, le berger nous conduit ailleurs. Ne confondons pas la paille d'ici-bas avec la demeure du festin céleste.


N'êtes-vous pas là, messeigneurs, pour nous rappeler ces hauteurs là ?
Où nous menez-vous sinon ?



Glycéra
souvent très très gênée quand un infidèle parle des evêques et de leur nullité. Comment faire aimer l'Eglise et la vie qu'elle propose de gagner, avec ces lignes là ?
images/icones/mitre4.png  ( 807435 )Cette phrase est hérétique il me semble par Regnum Galliae (2016-06-21 11:57:05) 
[en réponse à 807428]

Pas besoin de remonter au Catéchisme du consile de Trente, le Catéchisme de l'Eglise catholique actuel définit très bien l'espérance : "1817 - L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit."
Un peu plus haut on nous dit que les vertus théologales "se réfèrent directement à Dieu. (...) Elles ont Dieu Un et Trine pour origine, pour motif et pour objet." (#1812)

Or nos évêques font reposer l'espérance sur les hommes qui sont appelés à "investir toute leurs capacités". Où est Dieu là-dedans, en dehors d'être l'objet de la croyance desdits hommes ? Nous sommes dans un vrai humanisme horizontal !

Le reste n'est pas mieux. On déplore, à raison, le jeu démocratique actuel avec sespetites ambitions personnelles, pour conclure qu'il convient d'éviter "les crispations identitaires". Suivez mon regard... Et je ne parle pas de l'eurobéatitude de la CEF. Il est bien question de "respecter davantage le fait historique et culturel des nations", mais ne manque-t-il pas le fait religieux, ou du moins spirituel ?

Si je me permets de critiquer ce communiqué, c'est parce que ce genre de document n'est pas du ressort d'une conférence épiscopale. Ces dernières ne sont pas des lobbys, ou des organes politiques, mais religieux. Il s'agit, d'après le code de droit canonique, de "la réunion des Évêques d'une nation ou d'un territoire donné, exerçant ensemble certaines charges pastorales pour les fidèles de son territoire, afin de mieux promouvoir le bien que l'Église offre aux hommes, surtout par les formes et moyens d'apostolat adaptés de façon appropriée aux circonstances de temps et de lieux, selon le droit."
Je ne saisis pas la valeur pastorale de ces directives creuses et coupées de Dieu. En quoi viennent-elles promouvoir le bien que l'Eglise offre aux hommes (à savoir le salut éternel) ?
images/icones/1f.gif  ( 807442 )C'est en effet du n'importe quoi ! par Jean-Paul PARFU (2016-06-21 12:35:36) 
[en réponse à 807435]

La CEF est l'un des organes du "religieusement et du politiquement correct", celui d'une "Eglise de France" qui "flirt" avec les idéaux humanistes maçonniques et se conçoit comme une vague ONG moralisatrice. Ni plus ni moins !

C'est tout simplement l'accomplissement de ce que St Paul, dans sa 2ème épître aux Thessaloniciens, appelle "la grande apostasie" (de la fin des temps) !
images/icones/neutre.gif  ( 807458 )Ah bon? par le torrentiel (2016-06-21 17:54:31) 
[en réponse à 807442]

Le moralisme ou l'assujettissement à la moraline seraient l'apostasie de la fin des temps? Vous ne trouvez pas que vous y allez un peu fort? L'Eglise a


La vérité me paraît beaucoup plus simple. L'Eglise a toujours été mondaine en politique. Elle a toujours été du côté du manche. IL fut un temps où le monde disait lui être soumis. Cela s'appelait la chrétienté. Aujourd'hui le monde s'en est séparé, mais l'Eglise ne veut pas perdre le contact. Alors elle s'en fait le perroquet. Mais elle n'en parle pas bien le langage, puisqu'elle le parle de seconde main.


IL y a une seule solution que l'Eglise n'a jamais essayé : c'est l'indifférence au monde. Ou si vous préférez, "la haine du monde" par ignorance de ses structures.



Entre les tenants de la Royauté sociale de NSJC incarnée dans un pouvir autoritaire et les "démocrates chrétiens" qu'essaient de rester les évêques en pleine dérive oligarchique des "démocraties", il y a au fond la même idolâtrie du siècle.


Et prétendre que la moraline est l'abomination de la désolation revient à dire que le ridicule est la pire des apostasies, ce qui est, convenez-en, un peu ridicule...
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 807464 )Encore une ? par Glycéra (2016-06-21 19:16:52) 
[en réponse à 807435]



Encore une qui est trop floue pour être fausse ?

Certains diront : elle n'est qu'incomplète... n'est-ce pas ?

Envie de dire alors, comme le père Molinié citant un de ses ma$itre dominicains :

- Nous sommes invités au banquet du Ciel, à voir Dieu face à face. Pour nous y rendre, il y a lieu de faire le voyage, c'est la vie terrestre. Partout des poteaux indicateurs, des couloirs.

Certains en restent à discuter des pancartes. Voir à la les "manger"... en mettant leur énergie là. Jamais ils n’auront la vision promise !


Messieurs les évêques, est-ce une omission volontaire dans votre texte ?
Ou une ignorance ? Ignorez-vous le sens que les activistes mettent dans une phrase ainsi rédigée, en conclusion de votre épitre, oubliant celle, 1ère de St Paul, et ses admonestations aux Corinthiens ?

St Paul dit bien que nulle activité ne vaudra jamais rien, si la charité n'y est pas source et moteur, débordement de l'amour envers Dieu sur autrui. Cette charité qui est l'amour de Dieu, en Dieu, Dieu pour lui-même, chacun en Dieu en dialogue infini... qu'il nous offre d'atteindre, et non dialogue sociétal, ni temporaire.


Nous sommes donc si ... mal barrés... si le radar divin est perdu...
Mon Dieu, donnez-nous de saints Evêques... !
Qui vous aime et nous tire à Vous.

(litanie sans fin depuis des décennies)




PS Maitre Parfu, vous avez sauté directement à la condamnation, mais n'avez pas cité ce que vous auriez plaidé pour votre conclusion...