Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 807263 )Le pape:persécution des Chrétiens d’Orient,mais pas génocide par Jean Kinzler (2016-06-19 14:51:03) 

Chrétiens d’Orient : le pape « n’aime pas » le mot de génocide

Visitant le collège universitaire Villa Nazareth à Rome, samedi 18 juin 2016 en fin d’après-midi, le pape François a évoqué le martyre chrétien, confiant qu’il n’aimait pas qu’on parle de ‘génocide’ des chrétiens au Moyen-Orient.

« En vérité, a-t-il expliqué, il s’agit d’une persécution qui conduit les chrétiens à la fidélité, à la cohérence de leur propre foi. Ne faisons pas de réductionnisme sociologique du mystère de la foi, du martyre. »



Se souvenant des chrétiens coptes égyptiens égorgés sur une plage de Libye par les terroristes de Daech en février 2015, le pape les a qualifiés de « docteurs de cohérence chrétienne et de vrais témoins de la foi ».

Rigidité mathématique

Fondée il y a 70 ans par le cardinal Domenico Tardini, qui fut secrétaire d’État de Jean XXIII, l’institut Villa Nazareth accueille à titre gratuit des étudiants au parcours scolaire exemplaire, dont les parents ne peuvent financer leurs études.

La visite a commencé par une catéchèse dans la chapelle. Commentant la parabole du Bon Samaritain, le pape François a encouragé la Villa Nazareth à rester avant tout une maison de témoignage. Il a aussi souhaité « que le Seigneur nous libère de ces prêtres pressés qui n’ont pas le temps d’écouter, de voir (…) et des docteurs de la loi qui veulent présenter la foi de Jésus avec une rigidité mathématique ».



Il a aussi encouragé les membres de la Villa Nazareth à former des disciples car il n’y a pas de dirigeants éternels.

Tentation de la paralysie

Puis sur le terrain de sport de l’institut, devant près de 1 300 personnes – étudiants, anciens élèves et leurs familles –, le pape François s’est livré au jeu de questions-réponses avec ses hôtes. Les sujets évoqués étaient des plus divers : le risque, le martyre chrétien, la crise de la foi, la famille, les fiançailles, les personnes âgées, le travail-esclave, etc.

Sur une estrade et sous une chaleur écrasante, il a répondu à sept questions d’étudiants ou bénévoles de la Villa Nazareth. Il a ainsi encouragé une jeune fille à prendre des risques : « Si tu ne prends pas de risques, tu ne chemines pas (…). Risque sur des idéaux nobles, en te salissant les mains, comme a risqué le Bon Samaritain. Quand nous sommes dans une vie tranquille, il y a la tentation de la paralysie, d’avoir une vie ‘rangée’, pour reprendre tes mots ».

L’accueil est une croix

Le pape François a également confié avoir eu, tout au long de sa vie et même en tant que pape, de véritables crises de sa propre foi ou des doutes. « Un chrétien qui n’a jamais ressenti cela (…) il lui manque quelque chose », a-t-il estimé, invitant à prier pour avoir la patience d’aller de l’avant et que la crise passe.

Enfin, interrogé sur la notion d’accueil, il a encouragé l’apostolat de l’écoute et à rouvrir les portes des églises fermées. Avec ce trait d’humour : « Jésus a dit : ‘celui qui veut marcher derrière moi, qu’il prenne sa croix, il n’a pas dit : ‘qu’il prenne de la morphine et s’endorme ! L’accueil est une croix ! ».


A-B. H. (avec i.media)LC
images/icones/neutre.gif  ( 807319 )Philologie..; par Steve (2016-06-19 23:08:56) 
[en réponse à 807263]

L'infaillibilité pontificale s'étend-t-elle aux matières de philologie ?
images/icones/hein.gif  ( 807333 )le génocide par jejomau (2016-06-20 06:22:10) 
[en réponse à 807263]

ne s'applique-t-il pas à un peuple, une population plutôt qu'à des croyants de populations différentes ?
images/icones/carnet.gif  ( 807415 )Mgr Gollnisch:Ce drame est aussi une provocation spirituelle par Jean Kinzler (2016-06-21 09:37:40) 
[en réponse à 807333]

Mgr Gollnisch : « Le pape met en garde contre l’instrumentalisation du mot de génocide »
Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner, le 20/06/2016 à 18h59
Visitant le collège universitaire Villa Nazareth à Rome, samedi 18 juin 2016 en fin d’après-midi, le pape François a évoqué le martyre chrétien, confiant qu’il n’aimait pas qu’on parle de ‘génocide’des chrétiens au Moyen-Orient.


Pour le directeur de l’Œuvre d’Orient, Mgr Pascal Gollnisch, le pape veut surtout situer la question « à son juste niveau », qui est aussi spirituelle.

- Répondant aux questions d’étudiants romains samedi 18 juin, le pape a confié qu’il n’aimait pas que l’on parle de « génocide » pour les chrétiens au Moyen-Orient  : « En vérité, il s’agit d’une persécution qui conduit les chrétiens à la fidélité, à la cohérence de leur propre foi. Ne faisons pas de réductionnisme sociologique du mystère de la foi, du martyre », a-t-il dit. Comment comprenez-vous cette phrase  ?

- Mgr Pascal Gollnisch  : Soulignons d’abord qu’il s’agit d’une conversation et non pas d’une déclaration. Au fond, je pense surtout que le pape François a voulu souligner que l’utilisation du mot ’génocide’ peut être maladroite. Certains peuvent être tentés de le brandir comme un étendard, en faisant comme si les chrétiens étaient seuls visés.



Si l’on regarde la situation en Irak et en Syrie, il y a bien un génocide de la part de Daech au sens de la convention de 1948  : c’est-à-dire un acte (il peut s’agir entre autres de meurtres, d’« atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe », ou encore d’une « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ») « commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».

C’est ce qu’a fait l’État islamique vis-à-vis des chrétiens de la plaine de Ninive en les obligeant soit à se convertir, soit à partir. C’est la volonté de détruire et non pas le nombre de morts qui fait le génocide.

En revanche, il ne faudrait pas parler de génocide uniquement pour les chrétiens  : les autres ’minorités’ ethniques ou religieuses de cette région sont visées, et notamment les yézidis, les chiites etc.

- Sa réticence ne s’explique-t-elle pas aussi par un refus d’une généralisation de leur situation  ?

- Mgr Pascal Gollnisch  : Bien entendu. Tous les actes de violence commis en Syrie dans le cadre de la guerre civile ne relèvent pas du génocide  : les meurtres de civils causés par des obus aveugles à Damas sont davantage des crimes de guerre.

L’action de Daech est bien de type génocidaire, mais en Égypte, par exemple, ce serait un non-sens que d’utiliser ce terme.


Sans doute le pape est-il aussi conscient de l’instrumentalisation politique qui peut être faite de ce terme  : certains risquent d’en conclure qu’il faut armer des milices chrétiennes, ce qui n’est pas souhaitable en réalité. Il faut que la Cour pénale internationale fasse son travail d’enquête, sans que l’on passe pour autant du juridique à la stratégie politique.

- Comment comprendre son insistance sur l’expérience de foi de ces chrétiens  ?

- Mgr Pascal Gollnisch  : Pas une seconde, le pape ne se résout à ce que des chrétiens se fassent tuer à cause de leur foi. Mais comment se comporter face à ce drame  ? Pour les chrétiens, là-bas, la question est de se battre contre la désespérance  : en ce sens, ils sont confrontés aux exigences de leur foi. Ce drame est aussi une provocation spirituelle.

Quant à nous, il ne souhaite pas que nous en fassions une querelle socio-politique. Comment situer le combat à son juste niveau de notre côté aussi  ? Comme recevons-nous ce témoignage des chrétiens d’Orient ? Ce ne sont pas des milices qui vont aider les chrétiens au Kurdistan mais une véritable espérance.



Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner


images/icones/neutre.gif  ( 807440 )Ne pas reconnaître le génocide contribue à la désespérance... par le torrentiel (2016-06-21 12:24:01) 
[en réponse à 807415]

L'argumentation de mgr Gollnisch est nécessairement embarrassée de devoir défendre cette position du pape qui n'aide pas beaucoup les chrétiens d'Orient et vient mal à propos après l'accueil exclusif de migrants siriens musulmans. Le pape s'est-il cru "bon samaritain" d'accueillir son prochain à l'exclusion de ses frères?

Pris dans cette tourmente, mgr Gollnisch s'en sort comme il peut:"Daech commet un génocide, mais il ne faut pas dire que c'est un génocide pour ne pas instrumentaliser le génocide."


ON peut dénoncer un génocide après qu'il s'est commis. Avant, "on ne savait pas." Rien de nouveau sous le soleil!


Associer les yésidis à ce génocide, ou pour être plus précis, dire qu'il y a aussi un génocide des yésidis, n'empêche pas de parler du génocide des chrétiens d'Irak et de Sirie.


Il est tout de même fou que l'on soit passé d'une afirmation selon laquelle "le sang des martyrs [était] semence de chrétiens" (les islamistes ne démentiraient pas une telle formule en se l'appliquant à eux-mêmes) à l'idée que le martyre EST une simple "provocation spirituelle" permettant de montrer sa "cohérence".


Autrefois, les Coptes décimés sur cette plage auraient été qualifiés de confesseurs de la foi. On aurait voulu les citer au martyrologe en regrettant qu'ils ne soient pas catholiques. A présent, ils sont de simples "docteurs" en "cohérence spirituelle".


J'ajoute que nous ne sommes pas au clair avec l'idée du martyre et que ceci advient à cause de la "béatitude des persécutés", qui est interprétée aujourd'hui, du fait que le complexe de persécution est un constituant de la paranoïa, comme une de ses manifestations. Mais le fait est que cette béatitude entretient le désir du martyre. Or notre martyre éventuel n'ajoute rien à celui du Christ, et pourtant il s'agit de souffrir dans sa chair ce qui manque aux souffrances du Christ.


Je n'en suis pas heureux, mais j'ai du mal à me retenir de trouver indécents certains aspects de cette conversation à bâtons rompus du pape, précisément parce que le sujet ne se prête pas à la désinvolture d'une telle conversation.