Et voici un texte du
Journal de Québec :
Une «Fête de l’Amour» embarrassante pour l’Église
Il y a un mois, la paroisse Sainte-Anne a souligné l’union de couples de tous genres
Le 31 mai 2016
La paroisse Sainte-Anne de Chicoutimi-Nord se retrouve dans l’eau chaude après avoir organisé une fête soulignant l’union des couples mariés, non mariés et homosexuels, sans distinction et sans l’aval de l’évêque de Chicoutimi.
par Pierre-Alexandre Maltais
"Une fête pour célébrer l’union de couples de tous genres organisée par la paroisse Sainte-Anne de Chicoutimi-Nord il y a un mois est en train de créer un tollé au sein de l’Église au niveau international.
C’est l’inclusion de couples homosexuels et des conjoints de fait au sein d’une fête normalement réservée aux couples mariés qui ne fait manifestement pas l’affaire du clergé d’ici et d’ailleurs.
Les 23 et 24 avril derniers, trois communautés de l’Unité pastorale Valin, soit celles de Sainte-Anne, Saint-Luc et Saint-Fulgence, ont pris l’initiative dans un geste d’ouverture d’inviter «tout couple qui désire célébrer son amour et renouveler son engagement à deux, quelque soit son type d’engagement (mariage catholique, mariage civil ou conjoints de fait ou de mêmes sexes et quelque soit le nombre d’années).»
Le problème, c’est que si cette décision a été prise à la suite de consultations des communautés qui fréquentent la paroisse, l’évêque de Chicoutimi, lui, n’a pas donné son accord puisqu’il n’en savait rien.
«Malheureuse initiative»
«Au moment où j’ai appris la tenue de cet événement, il était trop tard pour réagir. Je ne saurais cependant approuver cette malheureuse et très inhabile initiative», a laissé savoir monseigneur André Rivest, hier, dans un communiqué émis devant l’ampleur des réactions qui se sont fait entendre un peu partout au Canada, et même de l’autre côté de l’Atlantique.
«Il y a eu des réactions mondiales qui ont abouti à l’évêché. Effectivement, on ne l’a pas consulté, ni demandé son avis. On aurait pu le faire, mais bon, ça n’a pas été fait. La question a été soulevée, et c’est plus large que le diocèse. Reste à voir comment ça va aboutir», affirme de son côté l’un des prêtres à l’origine de cette initiative, l’abbé Mario Tremblay, qui n’avait pas été rencontré par l’évêque de Chicoutimi, hier.
Cette Fête de l’Amour a remplacé la traditionnelle Fête de la Fidélité, qui souligne les couples mariés depuis 25, 40 ou 50 ans. En ouvrant ses bras à tous les couples, la paroisse Sainte-Anne a irrité certaines personnes plus conservatrices au passage. L’initiative est d’ailleurs dénoncée sur plusieurs sites web et blogues spécialisés depuis quelques jours.
Les prêtres seront rencontrés
Qu’à cela ne tienne, un autre prêtre de la paroisse ne regrette en rien l’organisation de cette fête, et dénonce du coup «l’hypocrisie» de l’Église devant la réalité des gens en cette ère où les divorcés et les personnes remariées n’ont plus à être exclus comme autrefois.
«Il y a une espèce d’hypocrisie dans tout ça. La réalité, c’est qu’il faut s’ajuster dans notre façon de travailler. Il faut arrêter de mentir, arrêter de cacher les choses», dit l’abbé Sylvain Gravel, qui croit à une Église inclusive qui doit cesser de se cacher derrière ses dogmes.
Une rencontre entre les abbés de la paroisse Sainte-Anne et le diocèse de Chicoutimi doit avoir lieu sous peu pour déterminer si certains seront à blâmer. Mais en attendant, comme le dit l’abbé Gravel, ça aura au moins eu le mérite d’en faire réfléchir plusieurs.
«Il y a des réflexions qui vont se faire partout, et ça, c’est bon. Qu’importe ce qui va arriver, ce sera quelque chose de bon», croit l’homme d’Église."
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