Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 805592 )“On compte trop sur les moyens humains” par Vianney (2016-05-27 11:43:19) 

 
À l’heure où nous ne sommes que trop tentés de placer notre espérance dans des hommes, et souvent même en des hommes politiques, il n’est peut-être pas inutile de relire quelques réflexions du Père Jean-Baptiste Aubry¹, formé au Séminaire français de Rome, et mort missionnaire à 38 ans (1844-1882) dans une région de Chine particulièrement hostile au christianisme.

Regardez bien, écrit l’abbé Aubry, si le siège principal du mal de la France ne serait pas l’intelligence, si son péché ne serait pas le péché de l’esprit ; si ce qui lui manque ne serait pas précisément le Dogme bien plus encore que la Morale : le dogme, c’est-à-dire l’idée chrétienne, la pensée de la foi entrée dans l’âme, l’occupant et la surnaturalisant tout entière, enfin cette impénétration profonde de ce qu’il y a de plus intime dans l’homme, l’intelligence, par l’esprit de foi qui informe sa vie, féconde et dirige son activité. Certainement, Dieu pourrait, s’il le voulait, faire un grand miracle national qui convertirait tout du jour au lendemain, et ceci n’est impossible qu’étant donné l’ordre constamment suivi dans l’humanité par la Providence ; certainement, un bon gouvernement aiderait l’Église. Mais ce mot de J. de Maistre : « Les peuples ont toujours les gouvernements qu’ils méritent », renferme une remarque bien vraie pour celui qui a médité l’Histoire. La manière dont on désire un bon gouvernement en France, et l’influence qu’on attend de lui, me font penser à ceux qui espèrent n’avoir plus bientôt qu’à ouvrir la bouche, pour y recevoir des alouettes toutes rôties. On compte trop sur les moyens humains.


À un homme appelé par sa fortune et par sa haute situation à jouer un rôle important dans la société, le Père écrivait :

Cher ami, soyez un missionnaire en France, d’abord auprès de vos enfants ; soyez homme de principes et de foi forte, élevée, éclairée, invincible. Quand la Révolution aura fini son triste travail, ces hommes-là ne seront plus qu’une poignée ; on n’en trouvera peut-être pas, en France, de quoi remplir un des bas-côtés de Notre Dame de Paris ; mais ils seront le germe de la société renouvelée.


“Vous êtes le sel de la terre” (Mt 5, 13)

Vos estis sal terrae ! Voilà le grand oracle, et il est plus sûr que celui de Calchas, car il est infaillible. C’est le sacerdoce qui a fait la France ; lui seul la refera ; et c’est dans les séminaires, c’est dans les principes de la théologie bien comprise et vivifiant le ministère sacerdotal, que gît le germe de notre restauration nationale. Tout ce qui se fera en dehors de cette idée, tout ce qui ne s’y rattachera pas étroitement, sera effort stérile, peine perdue. C’est dans l’Évangile, c’est au fond de nous-mêmes, ministres de Jésus-Christ, qu’il faut chercher exclusivement les principes qui doivent sauver le monde. Il nous appartient de confectionner aux peuples des idées plus saines, de descendre dans l’arène, afin d’être les premiers restaurateurs des idées et des principes généraux. Nous attendons beaucoup des expédients humains ; or, ces expédients sont usés, le règne des principes catholiques doit enfin commencer.


Le “coup de maître de Satan”…

S’il n’y avait que des hérétiques pour s’élever contre une autorité aussi sainte que celle de la Bible et de l’Église, comme on connaît leurs erreurs, la séduction serait moins à craindre ; mais lorsque des catholiques et des prêtres entrent dans leurs sentiments et insinuent des doctrines dangereuses, il faut craindre que les fidèles, séduits, ne disent comme les Juifs : « un prêtre du sang d’Aaron est venu à nous, il ne nous trompera pas ! »


¹ Une âme d’apôtre, vie de Jean-Baptiste Aubry par l’abbé Augustin Aubry (son frère), 1928.
 
images/icones/1h.gif  ( 805596 )Quoi, quoi ? par Jean-Paul PARFU (2016-05-27 12:15:29) 
[en réponse à 805592]

La France fruit du Sacerdoce ? Une réalité naturelle, temporelle, fruit du pouvoir surnaturel et spirituel ? Et seule la prière peut nous sauver et dans un cadre politique de surcroît ?

Peut-être pourrait-on conseiller la prise de connaissance de la vidéo de l'abbé Billecocp dans le fil précédent ?!
images/icones/neutre.gif  ( 805643 )Récit de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus à méditer par Diafoirus (2016-05-27 23:28:27) 
[en réponse à 805592]

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

Pour illustrer ce véritable combat de la miséricorde et de la patience, nous prendrons l'exemple donné par Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus racontant ses difficultés et ses efforts avec une sœur âgée du Carmel: chaque soir quand je voyais ma Soeur Saint Pierre secouer son sablier, je savais que cela voulait dire : partons ! C'est incroyable comme cela me coûtait de me déranger surtout dans le commencement ; je le faisais pourtant immédiatement, et puis, toute une cérémonie commençait. Il fallait remuer et porter le banc d'une certaine manière, surtout ne pas se presser, ensuite la promenade avait lieu. Il s'agissait de suivre la pauvre infirme en la soutenant par sa ceinture, je le faisais avec le plus de douceur qu'il m'était possible ; mais si, par malheur, elle faisait un faux pas, aussitôt il lui semblait que je la tenais mal et qu'elle allait tomber. " Ah ! mon Dieu ! vous allez trop vite, j'vais m'briser. " Si j'essayais d'aller encore plus doucement : " Mais suivez-moi donc ! je n'sens pus vot'main, vous m'avez lâchée, j'vais tomber ; ah ! j'avais bien dit qu'vous étiez trop jeune pour me conduire. " Enfin nous arrivions sans accident au réfectoire ; là survenaient d'autres difficultés, il s'agissait de faire asseoir Soeur Saint Pierre et d'agir adroitement pour ne pas la blesser, ensuite il fallait relever ses manches (encore d'une certaine manière), puis j'étais libre de m'en aller. Avec ses pauvres mains estropiées elle arrangeait son pain dans son godet, comme elle pouvait. Je m'en aperçus bientôt et, chaque soir, je ne la quittai qu'après lui avoir encore rendu ce petit service. Comme elle ne me l'avait pas demandé, elle fut très touchée de mon attention et ce fut par ce moyen que je n'avais pas cherché exprès, que je gagnai tout à fait ses bonnes grâces et surtout (je l'ai su plus tard) parce que, après avoir coupé son pain, je lui faisais avant de m'en aller mon plus beau sourire.

Sourions donc nous aussi, car Dieu aime ceux qui donnent avec joie (St Paul).
http://www.confraternite.fr/pages/editorial/juin-2016.php
ICI
images/icones/1b.gif  ( 805646 )Presque parfait par Vianney (2016-05-27 23:54:52) 
[en réponse à 805643]

 
Le bon lien