Le Forum Catholique

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images/icones/nul.gif  ( 804933 )Le pape François, l’Europe et l’islam par Johanis (2016-05-18 23:22:26) 

Le pape est en phase avec l'intelligentsia progressiste d'aujourd'hui : avant tout chose la non-discrimination ; et donc la relativisation des comportements bons parmi tous les comportements, de la culture chrétienne parmi les autres, etc. J-M Guénois souligne son opposition en cela avec des objectifs majeurs de ses prédécesseurs. Quelle tristesse !
Par Jean-Marie-Guénois dans le Figaro, extraits;
"Le doute est levé. Les racines chrétiennes de l’Europe ne sont pas le souci du pape François. Loin de là. C’est l’un des mérites de l’intéressante interview qu’il a accordée, mardi 17 mai, au quotidien La Croix. Elle est limpide sur le sujet. Il « redoute », dit-il, le terme même de « racines chrétiennes » de l’Europe. Et préconise la notion de « racines au pluriel ».
"Voici la phrase du pape François publiée par le quotidien catholique : ­ « Il faut parler de racines au pluriel car il y en a tant. En ce sens quand j’entends parler des racines chrétiennes de l’Europe, j’en redoute parfois la tonalité qui peut être triomphaliste ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme. Jean-Paul II en parlait avec une tonalité tranquille. L’Europe, oui, a des racines chrétiennes. Le christianisme a pour devoir de les arroser, mais dans un esprit de service, comme pour le lavement des pieds. Le devoir du christianisme pour l’Europe, c’est le service.» ...
"Mais le trait spécifique de la pensée du Pape sur l’Europe n’est pas argentin, il est philosophique. C’est une structure de pensée qui se retrouve partout dans son pontificat. C’est le principe de non-exclusion. Ce qui pose donc le débat. Non de façon superficielle, entre un pape « argentin » et des « papes européens » mais selon deux visions de l’identité européenne : ouverte et plurielle ou historique et culturelle. En recevant le prix Charlemagne François a défini l’Europe non « par l’opposition aux autres », mais par les « diverses cultures », par « la beauté de vaincre les fermetures ». Et par sa « capacité d’intégration ».
Dans La Croix il propose un terrain précis d’application de ce principe de non-exclusion, celui des migrants et de l’islam : « Sur le fond la coexistence entre chrétiens et musulmans est possible. Je viens d’un pays où ils cohabitent en bonne familiarité. » Il ajoute : « Chacun doit avoir la liberté d’extérioriser sa propre foi. Si une femme musulmane veut porter le voile, elle doit pouvoir le faire. De même, si un catholique veut porter une croix. » Certains, catholiques, pensaient jusque-là qu’ils étaient un chemin privilégié de l’Europe. Le chef de l’Église catholique, sans exclusive pour personne, mais sans ambiguïté cette fois, pense que l’islam est lui aussi un chemin d’Europe. Il a lui-même joint le geste à la parole en rapatriant dans son avion à Rome, depuis l’île de Lesbos le 16 avril dernier, trois familles musulmanes."
images/icones/vatican.gif  ( 804939 )“Pourquoi lier amitié avec ceux qui haïssent le Seigneur ?” par Vianney (2016-05-19 08:44:10) 
[en réponse à 804933]

 
“Il ne faut jamais faire le mal pour qu’il en résulte du bien. Votre Majesté ne peut s’exempter de reproche, si en vue d’un avantage qui lui est personnel ou de tout autre que ce soit, elle pense devoir continuer ses relations amicales avec les infidèles. Pourquoi, en effet, lier amitié avec ceux qui haïssent le Seigneur ?”

Saint Pie V au roi de France Charles IX (Falloux, Histoire de Saint Pie V, vol. 1, p. 257.)
 
images/icones/carnet.gif  ( 804941 )François, quo vadis domine ? par Bernard Joustrate (2016-05-19 09:07:26) 
[en réponse à 804933]

François, quo vadis domine ?
Benoît Rayski, journaliste et essayiste sur causeur.fr

Le pape s’émeut du sort réservé par la France laïque aux femmes musulmanes…

« Ah, la laïcité française ! » C’est un cri du cœur. Et il n’a pas été poussé par un imam quelconque, par un apôtre bien-pensant du « vivre-ensemble » ou par un rappeur rendant hommage à l’islam. C’est le pape François qui l’a dit dans une interview au journal La Croix.

Le souverain pontife est un partisan sincère de la liberté. Et en l’occurrence, il plaide pour la liberté, entravée selon lui en France, des musulmanes de porter le voile. Depuis, dans tous les médias, ça dégouline d’eau bénite. Évêques, porte-paroles et spécialistes de la religion défilent au micro pour dire tout le bien qu’il convient de penser des saintes paroles du saint homme.

Le pape François ne peut ignorer que la liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres. Ma liberté à moi, qui ne suis pas très catholique, c’est de dire que le Saint-Père fait beaucoup de bruit. Et qu’à ce bruit, je préfère celui de la musique d’un Requiem de Mozart ou d’un Ave Maria de Gounod.

Rien ne me permet de me mêler des choix d’un pape. Et comme je ne suis pas cardinal, je ne suis pour rien dans l’élection de François. Pour autant, je m’autorise à avoir des préférences concernant celui qui occupe le Saint-Siège. Il y en a eu un que j’aimais bien : Benoît XVI. Quand il n’était encore que le cardinal Ratzinger, il avait prononcé quelques phrases définitives et critiques sur Mahomet « chef de guerre ». C’était rafraîchissant.

Les propos du pape François m’amènent à penser à un livre qui vaut toutes les évangiles : Quo vadis de Henryk Sienkiewicz. L’histoire se passe au temps où Néron donnait les chrétiens aux lions. Pierre quitte Rome et sur sa route il aperçoit Jésus qui marche dans le sens inverse. Pierre : « Quo vadis domine ? » (« Où vas-tu maître ? »). « Je vais à Rome, que tu as abandonnée ». Pierre, honteux, rebrousse chemin. Et s’en va mourir avec les siens.
images/icones/hein.gif  ( 804946 )Lumen gentium par Steve (2016-05-19 10:25:36) 
[en réponse à 804941]

Dans "Lumen gentium" on lit que "le destin de salut enveloppe également (...) et en tout premier lieu les musulmans qui professent avoir la foi d'Abraham (...)" Si c'est une reconnaissance de l'Islam, elle n'est pas explicite : ils "professent avoir la foi d'Abraham". Le concile ne dit même pas qu'ils l'ont, seulement qu'ils le disent.

L'Islam est-il une religion ?
Le 1er critère entre secte et religion est la liberté de faire savoir qu'on a perdu la foi. Dans l'Islam, cette liberté n'existe vraiment pas. C'est donc une secte.
Il admet de propager la Foi par la violence.
Il tient les fidèles des autres religions pour des mécréants voire des ennemis.
Il propose un paradis où son faux dieu organise pour l'éternité un gigantesque lupanar.

S'il y a dans tous les choix religieux des personnes sincères (donc respectables), des éléments de vérité, et sachant que le vrai Dieu veut sauver tous les hommes, nous devons être fraternel envers les personnes.

De là à s'aboucher sans fin (et inutilement) avec l'Islam, il y a un grand pas. On n'est pas obligé de le faire : le dialogue inter religieux avec l'Islam n'est qu'une posture pastorale momentanée, tantôt utile, tantôt nuisible. Il ne peut être que Ad libitum.


images/icones/neutre.gif  ( 804957 )Très bon texte par Eti Lène (2016-05-19 12:54:26) 
[en réponse à 804941]

Et de circonstances. Le pape fait exactement l'inverse de ce qu'il faudrait faire.

Le seul problème c'est que l'auteur de l'article croit que "la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres", ce qui est une vraie utopie. Ce principe précède nécessairement la tyrannie, car le plus fort à terme l'emportera. La liberté de commettre le mal n'existe pas, c'est uniquement celle de faire du bien. Peut-on parler de liberté de se suicider?

La bonne conscience ne peut pas justifier l'erreur et sa profession publique. Là est le "problème" de Vatican II, qui induit en fait la mise à égalité entre les sectes et la seule vraie religion, catholique. Et comme on est toujours puni par là où on a péché, on commence à voir que la "liberté religieuse" proclamée comme un étendard, n'a d'autres adeptes de religions que les chrétiens, et que les musulmans et autres n'y croient pas, imposant par ce principe leur fausse religion. Le principe de liberté religieuse est détruit par la force, par la terreur islamiste, parce que ce principe de liberté religieuse ne pouvait s'appliquer que psychologiquement, et surtout pas publiquement. On ne peut jamais forcer quelqu'un à croire la vraie foi, mais il est possible et souhaitable que la liberté de l'Eglise et que le salut d'un grand nombre soient garantis par l'Etat. On ne peut donc transposer la liberté religieuse individuelle à la liberté publique de faire n'importe quoi.