Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 804098 )Objections à une paix canonique avec Rome par Germain (2016-05-08 06:42:53) 


Considérations préalables


Ce qui suit concerne essentiellement les personnes se reconnaissant dans le combat de la FSSPX et qui l’ont jusqu’à présent soutenue dans les choix qu'ils ont été amenés à faire. D’autres liront probablement ce texte : il est bien évident que dès lors qu’ils considèrent que la position actuelle de la FSSPX est illégitime (schismatique, non en communion avec Rome...) la question des accords ne peut se poser de la même façon et toutes sortes d'objections sont possible. Mais le débat, aussi intéressant soit il, n’est pas le même, puisque l'accord canonique devient une nécessité en soi. Je n'entends pas répondre ici à des objections tirées de l'illégitimité de l'actuelle position de la FSSPX. Personne ne peut nier qu'une paix pratique avec Rome aurait des conséquences majeures, d'où un devoir approfondi de réflexion préalable. Certains espèrent beaucoup de cette paix canonique. En ce qui me concerne, je tente d'expliquer ici pourquoi je la redoute beaucoup plus que je ne l'espère au point que je la vois comme un désastre prévisible. La question n'est ici abordée que sous l'angle prudentiel : autrement dit, si la fin à atteindre est le retour de l'Eglise à toute la Tradition, qu'attendre de ce moyen que seraient des accords avec Rome ? Un tel jugement ne saurait être complet ; je me contenterai ici du point de vue historique. Un mot à propos de quelques termes employés ici. Ils risqueront sans doute d'en heurter quelques uns, qui parleront de raccourci ou simplification ; je les emploie néanmoins pour faciliter certains développements. J’entends par ralliée toute personne, qui historiquement a eu l’occasion d’initier ou de suivre un accord ou une paix avec la révolution, pratique ou doctrinale . J’entends par révolution, le mouvement défendant les idées révolutionnaires que ce soit sur le plan politique ou religieux (Mgr Suenens n'a t-il pas parlé du concile comme 89 dans l'Eglise ?), mouvement contre lequel nous luttons depuis plus de deux-cents ans. Enfin, j'entends par paix les arrangements politiques, canoniques ou doctrinaux qu'ils soient négociés ou unilatéraux (comprenant donc dedans une éventuelle reconnaissance canonique unilatérale, en débat actuellement).








Objections historiques



Trois exemples de « paix » historiques me paraissent à bien des égards montrer des similitudes avec la situation actuelle. Le concordat de 1801, le ralliement à la république en 1892 et le ralliement de certaines communautés traditionnelles en 1988 ou après, présentent autant de situations très différentes. Cependant elles ont pour point commun la réalisation d’une paix, qui se veut « stratégique » ou « pratique » avec la révolution. A partir de là, les points de comparaison sont tels que la prudence oblige à les analyser pour apprécier le bien fondé d’une telle stratégie dans le contexte actuel. Ils dépassent d'ailleurs le simple point de vue historique, il est possible d'en tirer une véritable « psychologie » du ralliement. Tout un chacun, qui a caressé ou caresse l’illusion d’une paix pratique pourra se demander s'il s’y reconnait. Je ne ferai ici qu’ébaucher certains traits, il y aurait un livre à écrire.

Il faut bien sûr se garder d’être trop schématique. Il est difficile de savoir précisément ce qui se serait passé si dans chaque cas l’Eglise avait refusé la paix proposée. Il est impossible de refaire l’histoire au conditionnel. Il faut, notamment, mettre à part le cas du concordat ; valait-il mieux une époque de persécution pour l’Église de France ou la paix napoléonienne ? Que serait-t-il advenu si le pape avait refusé le concordat ? Il faut reconnaître qu’à vue humaine ce cas précis il est imossible de répondre. Il est difficile de porter un jugement définitif sur ce qui a constitué, de fait, la première paix pratique avec la révolution.
En revanche, inévitables ou pas, que ce soit en 1801, en 1892, ou en 1988 il y a le bilan bien réel des conséquences de ces paix. De ce point de vue aussi tout n’est pas si simple ; dans les exemples cités, il y a aussi eu des conséquences positives, quoique partielles, toujours temporaires et au final mineures par rapport à des effets globalement négatifs. Certes, le concordat a permis une certaine renaissance de l’Eglise en France (bien plus relative qu’on ne le présente souvent, il n’est qu’à citer les chiffres des ordinations : 6000 estimées annuellement avant la révolution, 2350 au plus haut au XIXème siècle (1830), pour une population nettement plus nombreuse). Le ralliement de 1892 a eu de manière marginale à son commencement et avant l’arrivée des gouvernements radicaux, quelques (très modestes) effets bénéfiques sous le gouvernement Méline en 1895. Les communautés ralliées, après 1988 ont permis à certains fidèles de connaître la messe saint Pie V, les plus cohérents d’entre eux arrivant ensuite jusqu’à la FSSPX.
C’est vrai, il faut le reconnaître et le prendre en compte, par souci d’exactitude et pour ne pas tomber dans la caricature. Mais c’est avec le même souci d’exactitude qu’on doit reconnaître que ces quelques effets positifs sont bien peu de chose par rapport à un bilan fondamentalement négatif.
Pourtant chaque fois nombreux sont ceux qui ont milité pour ces paix et qui de ce fait, en se séparant des « intransigeants » en ont rendu possibles l’application. Plutôt que de refaire l’histoire de de ces accords, ce qui a déjà été fait et ne pourrait tenir en quelques lignes, il est intéressant d’essayer de décrypter les motivations profondes, puis l’évolution de ceux qui ont été les défenseurs puis, souvent, les victimes (consentantes).
On note ainsi qu’à chaque fois, cette paix semble agir comme une tentation sous apparence de bien.

Une tentation...

La tentation est le ressort le plus difficile à cerner car c’est aussi le moins avouable, mais également, à y regarder de plus près, le plus profond et le plus puissant. La plupart du temps, elle ne s’avoue pas à l’intéressé lui-même, qui a besoin d’un retour sur soi pour la reconnaître honnêtement. Dans tous les cas elle n’est bien entendue jamais publiquement avouée par ceux qui y cèdent, que ce soit consciemment ou inconsciemment.
Cette tentation peut avoir des ressorts et formes différents selon les contextes et les époques avec cependant comme point commun le plus fondamental à chaque fois la lassitude du combat. Ce peut être tout simplement le confort d’une vie paisible enfin retrouvée pour le chouan ou le paysan vendéen (1801). Ce peut être une carrière politique plus brillante pour des députés monarchistes tenants d’une cause qui apparaît presque perdue à la fin du XIXème siècle, ou plus largement la perspective de la fin d’une marginalisation au sein de la société pour les électeurs catholiques et monarchistes (1892). Ce peut être encore les honneurs retrouvés ou recherchés, les amitiés reconstituées, la peur de la marginalisation (mai 88). Ce peut être enfin, aujourd’hui, la fin des persécutions verbales, la pression sociale et mondaine, des modes de vie et d’être plus relâchés au jour le jour, à moins qu'il ne s'agisse de tout cela à la fois...

...sous apparence de bien.

Il est d’autant plus difficile démasquer ces tentations que parallèlement elles se cachent derrière une illusion ou une apparence de bien  : penser que la paix retrouvée rendra à l’Église son rayonnement d’antan (1801), penser que les français vont majoritairement élire un gouvernement catholique (1892) (alors même qu’il avaient depuis déjà deux décennies la possibilité de le faire en élisant des députés monarchistes...), penser qu’ayant respecté la nécessité d’éviter un schisme on réussira à ramener l’Église conciliaire de l’intérieur vers la Tradition (alors même qu’on sera condamné au silence, voire à la compromission active) (1988)
L’apparence de bien est bâtie, consciemment ou inconsciemment avec une argumentation factice. Le raisonnement spécieux qui en est issu laisse penser que la victoire sera facilitée par une paix pratique avec la révolution.
On y croit d’autant plus volontiers qu'en son for interne on est disposé à céder à la tentation. Elle permet de se justifier, tant vis-à-vis de soi-même que vis-à-vis des autres, à tel point qu'on finit par s’en convaincre. C’est d'ailleurs une nécessité morale de croire à cette illusion pour éviter de ressentir la partie la moins avouable de ses motivations.

Il n’est bien entendu pas question de juger les partisans d'une paix avec Rome ou même toute personne éprouvant quelqu'hésitation. Cependant, tout un chacun qui réfléchit honnêtement sur le sujet pourra se poser la question.

Conséquences


L’accord passé, un seul souci va guider l’action des ralliés : celui de maintenir coûte que coûte l’accord, la paix avec les révolutionnaires. Si l’accord échoue c’est la preuve de l’erreur qui a été commise, c’est le retour forcé vers ceux qui ont refusé de marcher, qui sont devenus le repoussoir dont on ne cesse de vouloir se démarquer (les schismatiques de la FSSPX, mais aussi les monarchistes intransigeants, ou encore les chouans irréductibles qui continuent de s’opposer à Napoléon) Les évêques concordataires, choisis par Napoléon, sont pieds et poings liés. Le député rallié ne peut plus défendre les intérêts de l'Eglise et combattre certaines lois, sous peine de casser l'alliance avec les républicains. Le prêtre Ecclesia Dei vit dans la peur des conséquences d'une prédication contre le concile.
L’efficacité de toute action est comme paralysée par ce souci de sauvegarder la paix. Là où l’ex-combattant devenu rallié, avait toute liberté pour agir autrefois, le rallié d’aujourd’hui doit toujours calculer, soupeser, composer et s’effrayer de toute initiative trop clairement hostile à la révolution. Comme gage de bonne volonté, et pour donner davantage de solidité à l’accord, les ralliés se trouvent forcés d'encenser les autorités révolutionnaires. Ce sont les louanges sans cesse répétées des évêques concordataires à Napoléon « restaurateur de l'Eglise en France » (forcément ils lui doivent tous leur place), c'est la défense acharnée de la démocratie désormais vu comme seul régime légitime possible (Sangnier, Piou), c'est la papolâtrie des communautés rallliées à l'égard d'un Jean-Paul II ou d'un Benoît XVI. En retour les ralliés ne gagnent pas pour autant la confiance des autorités révolutionnaires qui, méfiantes, demandent de nouveaux gages.
La réalisation de l'illusion qui avait justifié l’accord est comme paralysée, repoussée à plus tard, une fois la confiance des révolutionnaires gagnée et l’accord définitivement solidifié. Cette illusion qui était le motif officiel de l’accord, devient une stratégie de plus en plus floue dont la réalisation concrète est sans cesse repoussée ou réduite à presque rien, au nom de la prudence travestie par des raisons purement humaines. A la place du combat contre la révolution et les autorités révolutionnaires, fait place un silence assourdissant, ponctué tout au plus quelques demandes ou textes timides et édulcorés. L’évêque concordataire qui doit tout à Napoléon, se trouve bien embarrassé pour critiquer les articles organiques qui constituent dès 1802 un empiétement considérable sur les garanties apportées par le concordat. Le député rallié est tétanisé pour critiquer la politique anti-cléricale du gouvernement ; toute opposition le ferait suspecter de crypto-monarchisme. Le père Louis-Marie de Blignières presse, -avec succès- dom Gérard de ne pas remettre le petit mémorandum de l’abbé Schaeffer sur dignitatis humanae au cardinal Ratzinger ; « Vous allez tout mettre par-terre en remettant ce texte !». Et dom Gérad cède ! (résultat, dix ans plus tard, le Barroux par l’intermédiaire du père Basile défendra désormais la continuité de Dignitatis Humanae et du magistère traditionnel)
En revanche, chacun peut désormais pleinement céder à la motivation obscure du ralliement, c’est à dire la tentation elle-même, pour ainsi dire en toute impunité, d’autant plus qu’elle n’apparaît pas directement peccamineuse, et que les barrières qui empêchaient d’y succomber sont levées. Le fait d’y céder sera le premier pas qui amènera plus ou moins rapidement à épouser les idées de la révolution.
Exemple, 1802 : le paysan vendéen est réinstallé dans sa ferme et peut enfin savourer une tranquillité retrouvée, qui plus est avec la bénédiction de son curé, fût-il un ancien réfractaire. Il « subit » les exhortations de son évêque prêchant le respect des autorités temporelles constituées sous le régime du concordat. La fin du combat au sens physique, entraîne petit à petit, parallèlement, l’affaiblissement du combat au niveau spirituel et moral, puis enfin au niveau doctrinal ou idéologique. Progressivement l’ancien soldat, et surtout les générations qui le suivent, deviennent plus perméables aux discours qui leur sont dispensés. Cela, d’autant plus facilement que les gouvernements révolutionnaires, malgré des tensions de plus en plus vives au fur et à mesure que le siècle avance, bénéficient toujours de la reconnaissance officielle de l’Eglise. Vers la fin du XIXème siècle, une politique clairement anti-cléricale fait son retour. Mais les descendants des paysans vendéns, en 1882 ou en 1905 n'ont plus la force de s'y opposer moralement et physiquement comme leurs ancêtres, alors que leur religion se trouve à nouveau persécutée. Les meilleurs se contenteront de manifester de façon plus ou moins musclée au moment des inventaires, tandis qu’une proportion non négligeable de ces mêmes paysans, descendants des chouans, aura élu ces gouvernements ouvertement anti-cléricaux. Sans même s’en rendre compte, ils seront passés dans le camp de la révolution.
1892 : à la fin du XIXème, les ex-députés monarchistes travaillent maintenant main dans la main avec leurs adversaires d'hier ; ils peuvent désormais penser à leur carrière au sein de l’action libérale populaire ou des chrétiens démocrates. Certains poussent la « bonne volonté » jusqu'à voter les lois anti-cléricales de séparation de l’Eglise et de l’Etat, ou des inventaires, poussant à son paroxysme la logique du ralliement. Quant aux électeurs catholiques, les voilà pleinement intégrés dans cette société de la fin du XIXème siècle. Désormais, ils voient la république comme un régime acceptable, bientôt respectable, sinon le seul légitime, rassurés en cela par le pape, l’évêque, le curé et le virage de bon nombre de leurs chefs politiques d’hier. Certes, ce n’est pas ce que veut ni dit Léon XIII, ni certaines élites catholiques qui, au départ, jouent la carte du ralliement comme pure stratégie politique. Beaucoup de fidèles doivent se sentir mal à l’aise en défendant des idées et un régime dont ils étaient les adversaires hier. Mais personne n’est là pour les mettre en garde et les inviter à redoubler de prudence envers la nature révolutionnaire des institutions républicaines : forcément, comme leurs prédécesseurs un siècle avant, comme leurs successeurs un siècle après, les clercs partisans du ralliement sont baillonnés sous peine de voir la stratégie du ralliement condamnée.
1995 : des communautés Ecclesia Dei défendent désormais avec acharnement les textes du concile (Le Barroux, avec dom Basile défend Dignitatis Humanae). Suffisamment de clercs ou de revues ont décrit cette trajectoire, pour qu’il soit besoin d’y revenir ici.
Une grande partie des « ralliés », notamment les masses, adoptent très vite les mœurs puis les idées révolutionnaires ; ce sont souvent ceux dont les modes de vie s’en rapprochaient le plus avant, et à qui ne seront plus rappelés les principes de doctrine et de prudence.
En effet, qui était là en 1802 pour rappeler que la signature du concordat n’empêchait pas Napoléon d’être attaché aux principes de la révolution et d’en continuer l’oeuvre insidieusement ? Certainement pas l’épiscopat concordataire qui lui était tout acquis. Qui en 1892, dans les milieux ralliés, était là pour expliquer aux électeurs que le ralliement prêché par Léon XIII n’était qu’un tactique temporaire pour christianiser le régime républicain « de l’intérieur »? Qui en 1988, dans les milieux Ecclesia Dei avait encore suffisamment de liberté de parole pour expliquer que le refus des sacres ne signifiait pas l’acceptation de la nouvelle messe et des textes du concile ? Rappels pénibles auparavant mais qui aidaient à se maintenir dans la voie droite, devenus impossibles, au-moins publiquement, au nom de la sauvegarde de l'accord.
Bon nombre passent très vite du ralliement pratique au ralliement idéologique c'est à dire doctrinal. Ce reniement est souvent précédé ou accompagné d’un relâchement moral, dû aux contacts permanents avec les modes de vie des révolutionnaires, ce qui est une autre conséquence du ralliement. Ce relâchement moral facilite le changement doctrinal car, « A force de ne pas vivre comme on pense on finit par penser comme on vit ». Cependant, une minorité de ralliés, sans passer aussi vite dans le camp révolutionnaire, se tait. Les meilleurs ne rappellent leurs idées que si faiblement et si subtilement qu’ils deviennent inaudibles. Ces derniers ne représentent après quelques années qu’un pourcentage très minoritaire des ralliés qui avaient accepté l’accord à ses débuts, les autres sont devenus révolutionnaires. A ce stade une toute petite partie fait peut-être demi-tour, quand les événements les éclairent (1999 : crise de la fraternité saint Pierre. 1905: séparation de l’Eglise et de l’Etat) ; malheureusement, il ne s’agira que de cas isolés, trop tard pour faire réfléchir efficacement les plus faibles, qui depuis longtemps sont des révolutionnaires (au sens idéologique du terme qui peut prendre selon les époques les dénominations de « bonapartistes » (1802), « républicains » (1892) ou « conciliaires » (ces dernières décennies). Les derniers ralliés, trop orgueilleux pour reconnaître l’impasse dans laquelle ils sont, continueront à se taire et verront la génération qui suit épouser pleinement les idées révolutionnaires, faute d’avoir pu leur rappeler efficacement les principes, pour les avoir fait grandir en contact permanent avec de fausses doctrines et pour les avoir fait vivre en contact permanent avec des modes de vie et des façons d’être plus relâchés.

Application à la situation actuelle

Comparaison n’est pas raison ai-je marqué plus haut et on trouvera certainement beaucoup de différences entre aujourd’hui et les situations passées. Cependant, pour passer outre les leçons de l’histoire et s’engager sans crainte dans la voie d’une paix pratique la Prudence exigerait qu’on prouve une différence fondamentale entre la situation actuelle et les trois situations antérieures.
Or les similitudes avec les situations antérieures l’emportent bien au contraire et de très loin. Quel partisan actif d’un « accord » peut dire, au fond de lui-même qu’il est totalement indemne du genre de tentations décrites plus haut (fin des persécutions verbales pour certains, pression sociale et mondaine pour d’autres, ou encore relâchement dans les modes de vie et d’être plus faciles à embrasser au jour le jour, levée d’un scrupule, ou tout cela à la fois...) ?
A côté de la tentation, il y a aussi l’illusion, aussi puissante qu’en 1988, « transformer l’Eglise de l’intérieur », qui ne sonne pas très différemment de « christianiser la république » ou de « L’Eglise libre dans un état libre » ou encore de « l’Eglise restaurée par l’empereur ». A chaque fois, de jure ou de facto, même lien de subordination avec les révolutionnaires, même complexe de devoir continuer à s’opposer à ceux qui nous ont tendu la main et nous ont fait si magnanimement cadeau de l’accord. Qui peut nier que tout cela, on ne le retrouve pas cette fois ?

La FSSPX n’échappant pas à cette évolution, les fidèles y échapperont encore moins. Il est déjà bien difficile de transmettre le flambeau à l’heure actuelle, alors que, malgré les rappels insistants et les barrières mises en place, tant de fidèles se compromettent avec les modes de vie et les pratiques contemporains. Dans le contexte d’un accord, beaucoup de digues seront rompues et les contacts avec le monde conciliaire rendront la pression intenable notamment sur la génération d’après. Cédant sur le plan comportemental, ils céderont ensuite sur le plan doctrinal et liturgique. Le courant, qui emporte facilement 80 % de la première génération «  signataire », emportera à terme inéluctablement la totalité de la génération suivante, sauf Grâce particulière.

De tels accords sont d’autant plus frustrants qu’ils se produisent souvent à un moment où certaines victoires sont à portée de main, où encore un peu de fermeté pourrait enfin payer. Par exemple, Napoléon avoua que trois ans ne se seraient pas passés après 1802 et l’éventuel échec de ses pourparlers avec Pie VII, qu ‘il lui aurait tout « cédé », tant il avait besoin de l’Eglise pour stabiliser la société au lendemain de la révolution. Plus récemment, il est certain que le message de la FSSPX, s’il n’était pas brouillé comme il l’est aujourd’hui, aurait certainement beaucoup plus de portée auprès des milieux ralliés ou conservateurs, à l’heure du pape François I et des troubles qu’il sème dans leurs milieux.



L'histoire n'est pas le seul élément d'un jugement prudentiel. Pourtant, force est de reconnaître que dans la situation actuelle elle plaide de toute évidence contre une paix canonique avec Rome.

images/icones/fleche3.gif  ( 804104 )objection à votre objection par jejomau (2016-05-08 09:07:36) 
[en réponse à 804098]

mais je ferais très court

C'est le temps dans l'Histoire.

Plus un rapprochement tarde, moins le rapprochement se fera ou, si l'on préfère, plus un rapprochement deviendra très hypothétique. Le temps joue contre la FSSPX et est en faveur de Rome. A terme d'ailleurs, vu sous cet angle, le TEMPS est un élèmenet qui, dans ce genre de situation finit au mieux par "contenir" la structure existante (FSSPX) dans sa forme actuelle, au pire, à la dissoudre dans une secte mineure (ex : "la petite église")...
images/icones/fleche2.gif  ( 804138 )Un rapprochement à quel prix ? par Germain (2016-05-08 22:13:11) 
[en réponse à 804104]

Le problème est de savoir ce qui doit primer en l'occurrence : un rapprochement au prix d'un bilan comparable aux trois exemples donnés, ou une priorité donnée coûte que coûte au combat de la Foi, fût-ce au prix d'une marginalisation grandissante de la FSSPX ?

Je ne nie pas que la position de la FSSPX est délicate et que le temps joue un rôle. Je ne nie pas non plus la nécessité de maintenir un lien avec Rome en relançant par exemple les discussions doctrinales, ou par des contacts locaux menés avec une saine prudence, pour que la fraternité joue un rôle d'"aiguillon" dans l'Eglise.

Mais tant qu'un pape traditionnel dans sa doctrine n'aura pas été élu, un accord me paraît aller contre toute prudence. Et que la crise dure encore vingt ou cent ans, il me semble que les barrières tomberont d'elles-mêmes lorsqu'il y aura convergence doctrinale entre Rome et la fraternité.
images/icones/fleche2.gif  ( 804148 )Je suis sensible à l'argument pour une raison plus "doctrinale". par Scrutator Sapientiæ (2016-05-09 08:13:32) 
[en réponse à 804104]

Bonjour et merci, jejomau.

Je suis sensible à l'argument selon lequel le temps joue contre la FSSPX pour une raison plus "doctrinale", que je résume en quelques mots.

1. Sauf erreur de ma part, du point de vue de la FSSPX, le Concile Vatican II, en ce qu'il a de spécifique, est illégitime, notamment et surtout parce que ce qu'il a de spécifique s'oppose au Magistère antérieur.

2. Mais plus le temps va passer

- et plus il sera difficile de faire connaître, de faire comprendre, aux jeunes générations, au moins une partie du Magistère pontifical antérieur au Concile,

- ou plus il sera difficile de discerner ce qu'un Pie XI et un Pie XII auraient dit, ou auraient fait, face à telle réalité, ou dans telle situation, dont ils n'ont pas eu connaissance, avant 1959.

3. J'ai déjà eu l'occasion de formuler ce qui précède, sur le FC, il y a quelques années, et un liseur m'a répondu, à peu près, qu'il suffisait de recourir à des raisonnements par analogie, pour pouvoir discerner ce qu'un Pie XI, ce qu'un Pie XII, aurait vraisemblablement dit ou fait, dans les circonstances actuelles relatives à l'Eglise ou au monde.

4. Quand bien même ce serait vrai, la question qui se pose alors est celle de savoir, non seulement sur quelles bases intellectuelles, mais aussi dans quel cadre institutionnel, pourraient être tenus de tels raisonnements par analogie, propices à un discernement de positions passées, en vue de leur adaptation au moment présent, et susceptibles de déboucher sur des prises de position à caractère "presque" magistériel.

5. Je ne dispose évidemment pas de "LA" réponse au problème principal qui est celui de la FSSPX, mais je crois que le problème "doctrinal" que je viens de rappeler ne peut que s'aggraver, de décennie en décennie.

6. La prise d'appui "fixiste" sur un Magistère pontifical "clos depuis la mort du dernier"...Souverain pontife absolu, à savoir Pie XII, a ses vertus, mais elle a aussi ses limites, en outre il semble bien

- qu'elle n'ait pas empêché, hier, de faire preuve d'intransigeance en direction de Jean-Paul II et, dans une moindre mesure, de Benoît XVI,

mais

- qu'elle n'empêche pas, aujourd'hui, de réfléchir à voix haute sur l'opportunité et la possibilité de trouver un accord avec le Pape François,

alors que certains aspects novateurs du positionnement de celui-ci semblent vraiment infiniment plus contestables que les aspects les plus novateurs du positionnement de ses prédécesseurs.

Encore une fois, je n'ai pas de réponse au problème que je soulève, et il est tout à fait possible que je le soulève en des termes non satisfaisants, mais je ne suis pas sûr que ce problème soit négligeable.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 804159 )Le temps est déjà en train de jouer son rôle par jejomau (2016-05-09 11:17:23) 
[en réponse à 804148]

Dans les années 80, j'ai connu certains membres du clergé de la FFSPX pour avoir fréquenté un peu leurs paroisses et surtout parce que nombre d'amis personnels en étaient très proches. Je suis frappé de constater aujourd'hui combien cette génération aspire souvent à cette réconciliation que ce soit de façon vraiment avouée ou plus discrète.

En revanche, il apparaît très clairement que c'est beaucoup moins le cas de la part de jeunes prêtres qui leur ont succédé.

La FSSPX peut cependant toujours rejoindre le giron de Rome aujourd'hui encore car les clercs qui ont aujourd'hui un certain âge en son sein détiennent la réalité du pouvoir.

Mais il est clair que lorsque cette génération aura passé, les choses seront cette fois différentes...
images/icones/1a.gif  ( 804110 )La réflexion est de retour sur le Forum par baudelairec2000 (2016-05-08 10:58:56) 
[en réponse à 804098]

Je tiens à vous féliciter, Germain, pour votre post. J'ai été heureux de vous lire, parce que vous nous livrez le fruit d'une réflexion et que vous ne vous contentez pas, comme tant d'autres, d'un énième copier-coller.

Sachez cependant que je suis loin de partager sur le fond votre analyse: peut-on rapprocher le Concordat et le Ralliement d'une part qui engageait non seulement l'avenir de l'Eglise de France, mais aussi celui de l'Eglise en général, un pan de son ecclésiologie, et les "ralliements" de certaines communautés en 1988 d'autre part? La première situation concernait les rapports de l'Eglise avec le monde révolutionnaire, la seconde relève des conséquences de certains choix faits - évidemment contestables - par l'Eglise depuis quelques décennies. Il est indéniable que l'ouverture au monde est une conséquence du Ralliement.

Dans l'espoir de pouvoir prolonger la discussion.

baudelairec2000 qui va "messer"

images/icones/fleche2.gif  ( 804141 )Similitudes et différences. par Germain (2016-05-08 22:45:26) 
[en réponse à 804110]

Merci de vos compliments...

Toute comparaison a ses limites, je ne reviendrai pas là-dessus.

Cela étant dit la prudence obligeant à essayer de tirer des leçons du passé, il me paraît difficile dans le cas qui nous intéresse de faire abstraction des trois exemples cités. Ou sinon je ne vois pas sur quoi se baser, historiquement.

D'accord avec vous sur la différence au niveau des enjeux. Mais cela, ou le fait que la cible ait été plus "restreinte" en 1988, ou qu'en lieu et place de la révolution politique il y ait en face la révolution en tiare et en chape n'empêche pas le rapprochement il me semble.

En effet, le point de comparaison fondamental reste valable : à chaque fois une proposition de paix pratique avec la révolution, politique ou religieuse. A chaque fois même illusion, même tentation et bilan au final largement négatif
images/icones/iphone.jpg  ( 804144 )Germain, je vous remercie pour votre analysr par Ubique Fidelis (2016-05-08 23:20:43) 
[en réponse à 804110]

qui est tout à fait intéressante.

Cependant, je formulerai tout de même une objection en vous indiquant que je n'ai pas le sentiment, pas plus que les miens d'ailleurs, de manquer de cohérence en restant indéfectiblement attaché et fidèle à et de la chapellenie de l'Immaculée Conception (FSSP).
images/icones/neutre.gif  ( 804123 )L'histoire a tranché par Candidus (2016-05-08 17:40:18) 
[en réponse à 804098]

La Petite Eglise était-elle, oui ou non, un groupuscule schismatique ? Que sont devenus ses adeptes ? Quels fruits ont-ils porté ? Seriez-vous en train de nous dire que les graves censures ecclésiastiques qui ont été fulminées à leur égard n'étaient ni valides ni justifiées ?

Que pensaient les papes de cette dissidence ?

« Nous avons éprouvé une grande douleur en apprenant de vous la conduite de ces prêtres qui, fermant les yeux à la lumière et persévérant dans leur erreur, ont séparé malheureusement tant de fidèles et les ont entraînés dans un schisme manifeste ». Bref de Pie VII du 27 à Mgr de Bouillé, 27 septembre 1820.

« Il est de Notre charge d’appeler au bercail les brebis qui s’en sont éloignées. S’il en est parmi elles qui nous soient plus chères, ce sont sans doute celles qui, se croyant encore dans la vérité, ont été séduites et sont tombées dans un schisme déplorable autant que manifeste,sous le nom de Petite-Église. […] Prenez garde aux mauvais chefs, ne suivez pas leurs conseils, résistez à leurs instigations mortelles. Ils cherchent en effet à vous arracher du sein de l’Église, puis à vous perdre complètement lorsqu’ils s’efforcent de vous séparer de la communion avec Nous, avec le Saint-Siège. Ils se flattent faussement d’une prétendue communion avec le Siège apostolique, tout en ne communiquant pas avec le Pontife romain et avec les évêques en communion avec lui. Ne vous laissez donc pas induire en illusion. » Exhortation Pastoris æterni de Léon XII du 26 juillet 1826.

« Il faut d’abord que vous considériez que la communion d’un homme avec l’Église catholique et avec son chef, Vicaire de Jésus-Christ, le Pontife Romain, ne consiste nullement dans le simple matériel des mots, mais qu’elle consiste dans les œuvres et dans la vérité. Quiconque donc résiste opiniâtrement aux décrets du Siège Apostolique et s’éloigne ainsi, par sa contumace, des sentiments de l’Église, est certainement étranger à sa communion, quoiqu’il proteste qu’il peut vivre dans sa communion même. Or c’est l’état dans lequel vous ont misérablement jetés, par leurs tromperies, les auteurs de votre dissidence, c’est-à-dire ceux qui, rebelles aux évêques actuels de France, méprisent l’autorité de Pie VII dans les décrets qu’il a faits touchant les choses de la religion en France ; qui méprisent pareillement l’autorité des Pontifes qui lui ont succédé, savoir Léon XII, Pie VIII et Grégoire XVI…» Lettre de Grégoire XVI par l'intermédiaire du Cardinal Castracane degli Antelminelli à François Marilleaud, 16 avril 1842.

Si la secte de la Petite Eglise représente votre ambition pour la FSSPX, non merci.
images/icones/fleche2.gif  ( 804135 )La petite Eglise par Germain (2016-05-08 21:55:24) 
[en réponse à 804123]

Mon post n'avait absolument pas comme but de donner raison à la petite Eglise.

Pie VII en signant le concordat a sans doute fait une erreur ; ou plutôt disons qu'à terme le bilan s'est révélé globalement négatif. Là où il me paraît impossible de se prononcer c'est sur le devenir de l'Eglise en France si le concordat n'avait pas été signé, c'est pourquoi je préfère me contenter d'apprécier les conséquences.

Quoiqu'il en soit, rien ne justifiait l'attitude de la petite Eglise qui s'est enfoncée dans la désobéissance puis le schisme, pour des motifs qui ne touchaient en rien la doctrine ou la morale, contrairement à la FSSPX. C'est sur ce point que la comparaison s'arrête, car seuls des errements en ces matières peuvent légitimer une désobéissance.

Autrement dit, catholique français en 1801, j'aurais accepté le concordat, non sans réticence certes ( je l'ai suffisamment développé), mais par obéissance, car en l'espèce celle-ci primait.

Encore une fois je n'entends pas refaire le débat sur la question de l'illégitimité actuelle de la FSSPX, ce n'est pas le sujet.
images/icones/neutre.gif  ( 804136 )Rapidement, par Justin Petipeu (2016-05-08 21:58:23) 
[en réponse à 804098]

Poser le problème de la FSSPX au regard du ralliement de 1892 est absurde. La FSSPX invoque des raisons doctrinales et spirituelles. Le ralliement de Léon XIII fut uniquement et purement politique et pastoral.
Léon XIII ne s'est rallié à rien du tout. Toutes ses encycliques sont les plus orthodoxes. Il a peut-être cru qu'en encourageant les catholiques à rallier la république, il ferait basculer le jeu politique français en faveur de l'Eglise...Ce fut une erreur de jugement politique et rien de plus. Y trouver un parallèle avec les critiques de la FSSX sur la liberté religieuse est pour le moins téméraire. Il suffit de relire "Immortale Dei" pour comprendre que Léon XIII avait une doctrine parfaitement sûre en la matière.

Si la FSSPX signe demain, il faudra trouver d'autres parallèles ou d'autres raisons.
images/icones/hein.gif  ( 804158 )Qu’est-ce que « Rome » ? par Regnum Galliae (2016-05-09 11:01:46) 
[en réponse à 804098]

De deux choses l’une, soit vous parlez de l’Église catholique, la vraie Eglise du Christ, soit vous parlez d’une simple institution humaine qui occuperait de manière illégitime le siège de Saint Pierre. Dans les deux cas, il n’y a rien à négocier.

Vous semblez prendre l’hypothèse (que je partage) que François Ier est le vrai pape de la sainte Église catholique, apostolique et romaine. Or vous mettez la FSSPX sur le même plan que « Rome ». Comment pouvez-vous mettre sur une même balance la sainte Église du Christ et la FSSPX ? Vous présentez l’affaire comme une simple affaire humaine, comme si l’on parlait d’une alliance entre deux partis politiques !

Pire, vous faites un parallèle avec les arrangements intervenus entre l’Église et les institutions françaises issues de la révolution. Qui est qui dans cette histoire ? La FSSPX est-elle l’Église et l’Église la république ? Méfiez-vous des comparaisons qui se retournenent contre l'envoyer : en considérant que Vatican II est 1789 dans l’Église, la FSSPX joue le rôle des émigrés et les « ralliés » ceux qui sont restés en France pour se battre. Les émigrés ont regardé le train de la révolution passer. Ils sont revenus 25 ans plus tard comme si de rien n’était et ont souvent été incapables de s’adapter à une réalité politique bien différente de ce qu’elle était en 1788.

Que la FSSPX ait été injustement persécutée, c’est un fait indéniable. Ce n’est pas la première dans l’histoire de l’Église d’ailleurs. Sauf que les temps ont changé depuis les années 70 et la Fraternité a désormais la possibilité de revenir à une situation pleinement régulière sans renier aucun de ses combats ! Peut-être prendra-t-elle des coups, c’est une évidence. Vous aurez toujours des intrigants, des prélats de curie prêts à toutes les bassesses pour des intérêts qui ne sont pas ceux des âmes. Est-ce cela qui lui fait peur ? Quel est le risque ? De perdre son agrément ? Au pire, arrivera ce qui est arrivé en 1976, point. La FSSPX est ancrée dans le réel, sur le terrain. Qu’a-t-elle à faire d’un monsignore qui, dans les palais de marbre du Vatican, tentera telle ou telle manœuvre ? Maintenant, tout se sait et les basses manœuvres pour compromettre ce qui serait l’une des plus importantes institutions de l’Église catholique ne seraient plus possible comme avant.

Vous écrivez (d'ailleurs la source m'intéresse, quelle est-elle ?) « Napoléon avoua que trois ans ne se seraient pas passés après 1802 et l’éventuel échec de ses pourparlers avec Pie VII, qu’il lui aurait tout cédé ». Eh bien ce que Benoît XVI n’a pas voulu « céder », François l’a fait. Ou alors dites-moi ce qui manque dans la proposition du Vatican.
images/icones/fleche2.gif  ( 804170 )Un autre débat. par Germain (2016-05-09 13:21:16) 
[en réponse à 804158]

Comme je l'ai dit en préalable, encore une fois, si on ne considère pas la position actuelle de la FSSPX comme légitime, le débat est autre il faut remonter à 1988 ou 1975.

Le problème c'est que précisément avec le concile la révolution est entrée dans l'Eglise jusqu'au plus haut niveau, c'est un fait ; vous n'êtes pas d'accord j'en ai bien conscience mais c'est un autre débat.

Vous dîtes que la FSSPX pourrait bénéficier de cette paix canonique sans renier aucun de ses combats. Et bien compte tenu de la nature des interlocuteurs ( à savoir des révolutionnaires), qui permet ce point de comparaison avec les trois exemples précédents, je doute fort de ce que vous dîtes au-moins en ce qui concerne les conséquences prévisibles.
images/icones/fleche2.gif  ( 804173 )le bien de la FSSPX est secondaire par rapport à celui de l'Eglise par Regnum Galliae (2016-05-09 14:11:20) 
[en réponse à 804170]

la question n'est pas ce que la FSSPX pourrait retirer d'une reconnaissance canonique, mais ce que l'Eglise y gagnerait, car nous ne sommes pas sur le même plan.

En outre, sur la légitimité de la position de la FSSPX, nous ne sommes plus en 1975 ou en 1988. Il est possible de soutenir la légitimité des choix de l'époque tout en soutenant que la situation a évolué depuis en la faveur de la FSSPX.

Enfin, je ne nie pas que la révolution soit entrée dans l'Eglise. Je pense même qu'elle y était déjà au moment du concile, de même qu'elle était dans la France d'avant 1789. Et alors ? Le fait est que ces événements ont eu lieu. Que vous le vouliez ou non, vous ne pouvez plus rien y faire. Vous pouvez choisir de faire l'autruche et attendre que tout redevienne comme avant, ou vous pouvez agir dans ce monde où il y a effectivement tant à changer.
images/icones/attention.gif  ( 804176 )Au contraire par Ennemond (2016-05-09 14:22:23) 
[en réponse à 804170]

Il semble que le débat soit là.

Rome est-elle une association de francs-maçons destructeurs, hérétiques et qui n'ont rien avoir avec l'Eglise ? Ou bien est-ce le Siège de Pierre, garant des promesses d'infectibilité, même s'il est actuellement occupé aujourd'hui par des hommes qui ne paraissent guère à la hauteur ?

La mesure est nécessaire avant de poser des constats hâtifs.
images/icones/neutre.gif  ( 804161 )La Terre et son Soleil. par Paul Reveriche (2016-05-09 11:21:28) 
[en réponse à 804098]

Lorsque la perspective d’un accord de la Fraternité Saint Pie X avec Rome est évoquée, on veut voir souvent deux forces belligérantes s’opposer, des « intransigeants » d’un côté, des « ralliés » de l’autre.

Le schisme, c’est se séparer du Saint-Siège ; c’est reconnaître une nouvelle, une autre autorité spirituelle. C’est changer de centre de gravité, changer de point de référence.

La tentation justement la plus évidente pour des personnes davantage sensibles à l’héritage traditionnel est non pas de se « rallier », mais d’opérer ce changement de centre de gravité, de remplacer le repère romain par un ensemble de références figé jalousement conservé (et peut-être un peu jalousement caché).

C’est au contraire le partage de richesses liturgiques sans doute trop vite délaissées qui peut apporter beaucoup, mais le préalable pour servir l’Eglise, c’est déjà d’être romain. Se soumettre à l’autorité demande un peu plus que reconnaître que Sa Sainteté François est bien pape de l’Eglise catholique, et ceci n’empêche en rien d’avoir ses opinions et d’enseigner à la traverse des idées du monde.

Le Concile Vatican II n’est-il qu’ivraie ? Il est vrai que beaucoup d’éléments traditionnels antérieurs mériteraient de retrouver leurs droits, mais en changeant de centre de gravité on repousse toujours plus la possibilité de témoigner de son désir d’obéissance au cœur de l’Eglise malgré les difficultés qui demeurent. Il y aura toujours quelque détail pour empêcher un « accord », surtout si le diable vient s’y cacher.
images/icones/1n.gif  ( 804165 )Le schisme? par Miserere (2016-05-09 11:50:29) 
[en réponse à 804161]


C'est l’Église Conciliaire elle même, la FSSPX est restée fidèle à la tradition de l’Église catholique.

Le diable est entré à Rome depuis belle lurette.
images/icones/fleche3.gif  ( 804175 )La perte du sens de l’Église par Ennemond (2016-05-09 14:19:49) 
[en réponse à 804098]

Comparer la situation du traditionalisme en 2016 d’une part et l’acceptation du Concordat de 1801 ou le Ralliement de 1892 d’autre part laisse subodorer une forme de perte du sens de l’Église que pointait récemment du doigt l’abbé Schmidberger car, quand bien même vous dites ne pas vouloir extrapoler l’analogie, vous associez l’adhésion à l’Église catholique romaine, malgré toutes les misères de ses pasteurs, à la dépendance aux systèmes politiques les plus maçonniques de notre histoire (le Consulat et la IIIe République). L’énorme différence, c’est que le Siège apostolique comme les diocèses sont de constitution divine et que le lien qui nous relie à eux se situe à des années lumière de la simple hiérarchie politique. Que les autorités de l’Église nous persécutent et que nous nous trouvons dans la nécessité de refuser les erreurs que certaines favorisent est une chose ; que nous recherchions un séparatisme décomplexé en refusant en globalité tout ce que les supérieurs émettent, de bon comme de mauvais, comme si l’Église était décédée un 11 octobre 1962, en est une autre ! Personnellement, je préfère de loin la comparaison de Mgr Lefebvre qui, lors des ordinations de 1982, montrait que l’Église vivait sa passion, tel son divin époux, le Christ flagellé et crucifié.

Vous dites ne pas vouloir « juger les partisans d'une paix avec Rome », mais à vous lire leur position relèverait néanmoins d’une « motivation obscure », d’une « tentation » qui ne « s’avoue pas », fruit d’une « lassitude », de la « peur de la marginalisation », de la « pression sociale ou mondaine » ou d’une quête « d’honneurs recherchés ». En réalité, sous votre plume, votre interlocuteur est déjà jugé. Il ne paraît guère honnête de limiter ses motivations à la pusillanimité ou à une lâcheté à court d’arguments sous prétexte que vous ne daignez pas mesurer l’importance du lien hiérarchique – même s’il est malmené – au sein de l’Église catholique romaine. On ne peut décemment le balayer d’un revers de main à moins de remettre en cause la hiérarchie elle-même. Sans doute la régularisation n’est-elle pas indemne de risques. Les apôtres n’ont pas attendu une mutuelle tous risques avant de s’engager et au jour de la Pentecôte ils ont décidé de ne pas rester calfeutrés au Cénacle. Ils sont allés éprouver leur foi aux quatre coins du monde, malgré les dangers de meurtres ou de contamination. Il est évident que cette normalisation ne coïncidera pas avec une fin du modernisme et d’un paradis terrestre. Les difficultés continueront comme elles ont toujours existé depuis 2000 ans.

La vision que vous présentez (des vendéens qui attendent une France entièrement royaliste et catholique, des monarchistes espérant vainement la restauration du roi absolu sur son cheval blanc, ou des traditionalistes imaginant un retour soudain au catéchisme pérenne en tout lieu et en tous temps) relève d’un romantisme bien peu réaliste et caresse des suppositions qui n'ont pas prise avec les faits. C’est celui, je le crains, qui a gagné les rangs des anticoncordataires qui ont formé la nébuleuse de la Petite Église, des donatistes n’acceptant pas la trêve de l’arianisme ou des derniers Cristeros qui ne se sont jamais résigné aux dénouements en demi-teinte et qui ont terminé un combat désespéré. Tous pouvaient assurément affirmer que le mal qu’ils combattaient n’était pas mort lorsque les papes appelaient à des situations pragmatiques. Nous pouvons même affirmer que ces maux (la révolution, la maçonnerie et leurs succédanées) existent encore aujourd’hui. Quel partisan actif d’un « accord », écrivez-vous, peut dire, au fond de lui-même, qu’il est totalement indemne du genre de tentations d'affadissement ? Inversement, quel partisan actif d’un refus « d’accord » peut dire, au fond de lui-même, qu’il est totalement indemne de ces tentations de perte de sens de l’Église et d’adoption silencieuse du schisme ?

Néanmoins la situation d’il y a trente ans a changé. Plaquer un argumentaire de 1990 sur la situation de la Fraternité, c’est inconsciemment lui faire un immense tort qui ne prendra aucunement auprès de la jeune génération à qui on affuble des arguments de trahison sur des histoires qui ont eu lieu alors qu’ils n’étaient même pas nés. Certes, la crise magistérielle est très vive dans les sphères romaines mais sur le terrain, la situation du traditionalisme est radicalement changée. Mgr Lefebvre et ses prêtres ne sont plus du tout le repoussoir des milieux Ecclesia Dei. La messe traditionnelle est permise universellement. Les critiques de la papauté émergent. Les derniers papes ont vanté les mérites de la FSSPX dans des textes pontificaux. Les évêques ont entériné depuis quinze ans la prochaine régularisation de la Fraternité que les médias annoncent à intervalles réguliers. Sans doute la raison est-elle due à la désorientation actuelle du clergé. Il est évident que vous pourrez trouver des exceptions, des cas de prêtres mal vus par leurs évêques. Il n’en demeure pas moins que l’ère des persécutions des années 1970 n’a plus cours aujourd'hui, à moins de vivre dans le mythe. Quant à la thèse du piège laissant penser que Benoît XVI aurait ruiné son pontificat pour orchestrer un guet-apens, elle ne tient pas une seconde la route. Force est de constater qu’un traditionalisme est en train de s’implanter dans l’Église, d’être réapproprié, même si ce n’est pas de façon fulgurante. Le fait que les anciens de la FSSPX qui ont tout bâti et qui ont été les meilleurs se permettent d'envisager la régularisation devrait faire réfléchir sans que, pour autant, par réflexe, nous soyons obligés de les taxer de découragement. Les milieux régularisés qui n’osent pas parler très fort, pas assez fort à notre goût, adoptent une vie liturgique qui fait abstraction de Vatican II. Inconsciemment, on comprend qu’ils n’en sont pas les adeptes et il paraît un peu ridicule de les faire passer pour des adulateurs du Concile. Le pontificat actuel ne doit pas cacher les tendances à l'oeuvre dans l’Église et qui se réalisent à l’échelle temporelle de plusieurs pontificats, notamment le suivant et celui qui le suivra. La réappropriation de la tradition est en train de s’opérer. Elle est plus forte que ces figures ecclésiastiques soixante-huitardes qui passeront. Se fera-t-elle sans la figure tutélaire de Mgr Lefebvre ou avec lui ? C’est le fait que la FSSPX sera régularisée ou non qui le dira.
images/icones/neutre.gif  ( 804180 )Exactement, merci pour cette claire analyse par Regnum Galliae (2016-05-09 16:04:01) 
[en réponse à 804175]

Néanmoins, ce que vous écrivez ne pouvait-il pas déjà lors de la constitution de l'IBP, ou en 2012 lorsqu'une première proposition de prélature personnelle avait été faite ?
images/icones/fleche2.gif  ( 804181 )Je ne le crois pas par Ennemond (2016-05-09 16:14:45) 
[en réponse à 804180]

L'Institut du Bon Pasteur a été crée le 8 septembre 2006 et tout ce que j'ai écrit des dix dernières années, même s'il pouvait se profiler (fin des persécutions, normalisation du traditionalisme) restait timide. Nous étions avant le Motu Proprio permettant universellement la célébration de la liturgie tridentine, avant la levée d'excommunication, supprimant l'infamie pesant sur les évêques de la FSSPX. On pourrait citer tous les actes qui ont eu lieu au cours de cette décennie 2006-2016, ils sont nombreux (Pro multis, lettre apostolique Ecclesiae unitatem, lettres et entretiens de Mgr di Noia et de Mgr Pozzo, confessions de la FSSPX) et ils permettent de réévaluer la situation. Pour 2012, on pouvait effectivement commencer à faire un nouveau constat, même si la situation pouvait présenter quelques obscurités qui tendent à se dissiper en 2016.
images/icones/fleche2.gif  ( 804201 )[réponse] par Germain (2016-05-09 21:55:30) 
[en réponse à 804175]

BR>

L’énorme différence, c’est que le Siège apostolique comme les diocèses sont de constitution divine et que le lien qui nous relie à eux se situe à des années lumière de la simple hiérarchie politique.



Je pense que c'est à partir de là que nous achoppons. Je ne nie pas la constitution divine de l'Eglise bien sûr ni le lien particulier dont vous parlez avec la hiérarchie. Mais celle-ci est aussi faîte d'hommes et force est de constater qu'elle est aujourd'hui occupée jusqu'à son sommet par des hommes acquis aux idées de la révolution conciliaire. Par quel mystère ? Mystère d'iniquité disait aussi l'évêque que vous citez.
Ce constat rend la comparaison valable avec les trois cas étudiés, avec ses limites bien sûr, en ce sens que j'essaie de m'attacher par trois fois à étudier le bilan d'une "paix pratique" avec la révolution qu'elle soit politique ou religieuse.


que nous recherchions un séparatisme décomplexé en refusant en globalité tout ce que les supérieurs émettent, de bon comme de mauvais



Ce n'est pas du tout ce que je défends (cf le post de réponse à un autre intervenant plus haut.)
Bien d'accord là-dessus il faut encourager ce qui se fait de bon dans l'Eglise aujourd'hui et lutter contre ce qui est mauvais, la FSSPX doit être comme un aiguillon, ce qu'elle a été jusqu'à maintenant et ce qui a d'ailleurs puissamment aidé aux victoires dont vous parlez. Cela peut se faire sans statut canonique, comme aujourd'hui, malgré les difficultés. Certes, nous sommes moins au "contact" mais cette barrière est aussi salutaire précisément pour éviter les conséquences prévisibles d'un ralliement, dont j'ai suffisamment parlé.
Position délicate, mais qui est à la fois le meilleur gage de sauvegarde du dépôt doctrinal tout en évitant la dérive Petite Eglise dont vous parlez (sur la forme car sur le fond il y aura toujours la différence fondamentale dont j'ai parlé plus haut ; la petite Eglise ne s'est pas rebellée pour des problèmes doctrinaux mais disciplinaires). Jusqu'à maintenant il me semble que la FFSPX a assez bien su maintenir le cap en évitant les deux écueils.


Vous m'accusez de juger : entendons-nous pas question de juger sans connaître quelqu'un bien sûr et je peux concevoir que ces motivations obscures soient absentes chez certains. A chacun de juger. Bravo si vous n'êtes pas concerné. En ce qui me concerne c'est juste ma petite expérience qui parle. Qu'importe les déclarations de façade, mon but est juste de susciter une réflexion toute personnelle chez certains lecteurs qui ne seront certainement pas ceux qui interviendront ici. En ce qui me concerne en tout cas le ralliement m'a toujours paru beaucoup plus facile que la position actuelle de la FSSPX.

Je ne nie pas pour autant la tentation inverse. Les deux sont d'ailleurs liées car le climat étouffant créé par une dérive sectaire opère souvent des virages à 180 degrés.Mais je ne pense pas que cette tentation soit le principal danger que courent la FSSPX ni la majorité des fidèles actuellement (je dis bien la majorité pas tous). Tant que la FSSSPX maintiendra le cap, en refusant à la fois la compromission d'une paix canonique sans ignorer non plus ce qui se fait dans l'Eglise, ce danger ne pourra concerner qu'une minorité. Cela par des initiatives au sommet comme des discussions doctrinales mais aussi par le biais d'initiatives commme la lettre aux frères prêtres, ou encore au niveau des prieurés lors de pélerinages par exemple ou par des contacts locaux avec curés paroissiaux et fidèles toujours menés avec une saine prudence comme aujourd'hui. Pour survivre la FSSPX est de toute façon condamnée à s'ouvrir, non par la compromission, mais dans un sens apostolique.

Vous pensez la situation actuelle radicalement différente d'il y a dix ans grâce notamment au pontificat précédent. Discutable : certes quelques relatives victoires ; une leveée des excommunications loin du retrait attendu, messe st Pie V permise universellement de jure et à certaines conditions mais de facto vous savez ce qu'il en est dans la très grande majorité des cas. Des cardinaux qui élèvent (bien timidement la voix) : mais ce n'est pas contre Vatican II, qu'ils défendent ardemment au contraire, c'est seulement contre les dérives supplémentaires du pontificat actuel. En revanche des intiatives de Benoît XVI tout aussi scandaleuses que son prédécesseur dans beaucoup de domaines ( par exemple participation à des rites non catholiques dont vous vous offusquâtes ici-même). Et puis l'élection de François I...
Mais plus fondamentalement, tant que les idées de la révolution conciliaire resteront au sommet de l'Eglise, je pense que la situation n'aura rien de fondamentalement changée, au point de permettre sans crainte une paix canonique véritable car représentant la paix doctrinale.

Pour le reste, n'oublions quand même pas que jusqu'à nouvel ordre nous restons dans la même mouvance... Je vous souhaite un bon pélerinage de Pentecôte auquel je ne pourrai malheureusement être.



images/icones/fleche2.gif  ( 804204 )Merci de publier cet argumentaire par Philippilus (2016-05-09 22:42:37) 
[en réponse à 804098]

Assez objectif, honnête et construit pour permettre une discussion.

Je comprends fort bien votre inquiétude sur le problème, mainte fois constaté du décalage entre l'avant et l'après dans le discours de la plupart de ceux qui ont obtenus une régularisation. C'est une très bonne raison pour mettre en place en amont les conditions nécessaires à la réussite d'un accord. C'est d'ailleurs ainsi que Mgr Lefebvre a toujours envisagé les choses.

Mon objection est d'une autre nature: elle est méthodologique. Vous tirez les ultimes conséquences (possibles, mais vous l'admettrez non certaines) des dangers que feraient courir un accord. Et vous en concluez que cette 'paix canonique' n'est pas souhaitable. Seulement, vous n'envisagez nullement les conséquences d'une absence d'accord. Pour qu'un jugement prudentiel soit porté, il est nécessaire d'analyser avec la même rigueur les conséquences de l'un ou l'autre choix dans une alternative.

L'on pourrait reprendre les exemples que vous donnez, et regarder ce qu'il est advenu de ceux qui n'ont "pas signé": Petite Eglise pour le concordat, quasi disparition politique des monarchistes opposés aux ralliement. Est-ce le signe qu'ils ont eu raison? On pourrait aussi vous présenter le comportement fanatique calamiteux du Légat Pélage pendant la cinquième croisade: celui qui a refusé un accord livrant Jérusalem à la Chrétienté!

Dans toutes ces attitudes, un point commun: le refus du réel, de voir les choses telles qu'elle sont, et la préférence du panache de la noble action ou affirmation héroïque et vouée à l'échec - au lieu de rechercher l'effort constant en vue de réussir.

Permettez-moi de préférer le Richelieu de l'histoire au Cyrano de Bergerac de Rostand.

Philippilus

images/icones/heho.gif  ( 804219 )Quel art d'esquiver le fond du problème ! par jl d'André (2016-05-10 10:11:35) 
[en réponse à 804098]

Vous dites dans vos considérations préalables :

Je n'entends pas répondre ici à des objections tirées de l'illégitimité de l'actuelle position de la FSSPX.


C'est un peu facile, et vous esquivez ainsi le fond du problème qui est justement celui de la légitimité.
Nous sommes quand même un certain nombre à penser que l'actuelle position de la FSSPX est légitime, mais qu'elle deviendrait totalement illégitime si elle refusait une main tendue romaine qui ne serait pas assortie de conditions inacceptables.
Notre ligne de conduite a été définie par Mgr Lefebvre lui-même dans sa lettre ouverte à l'abbé de Nantes :

Si un évêque romp avec Rome ce ne sera pas moi !


images/icones/neutre.gif  ( 804271 )Germain défend la position par Folgoët (2016-05-10 22:15:02) 
[en réponse à 804219]

de la résistance d'une façon très délicate..
Merci germain !
images/icones/neutre.gif  ( 804322 )Et comme tous les défenseurs de la "résistance", il occulte l'essentiel ! par jl d'André (2016-05-11 22:14:07) 
[en réponse à 804271]

Car cette question de la légitimité de la position actuelle de la FSSPX n'est pas accessoire ! C'est notre salut éternel qui est en jeu selon les deux adages qui sont aussi des vérités de foi :

Hors de l'Eglise pas de salut !

et

Là où est Pierre, c'est là qu'est l'Eglise !

Oui nous croyons que l'actuelle position de la FSSPX est parfaitement légitime, mais pourquoi est-elle légitime alors qu’apparemment elle semble aller contre Rome ?
Mgr Lefebvre s'en est longuement expliqué et ses successeurs n'ont fait que reprendre son enseignement : La séparation d'avec Rome n'est pas de son fait, il ne l'a ni cherché ni voulu et a tout fait pour l'éviter. Les sanctions ont été prises au mépris de toutes les lois ecclésiastique et mgr Lefebvre a toujours protesté contre l'illégitimité de ces mesures. Enfin mgr Lefebvre comme ses successeurs n'a jamais repoussé a priori aucune des tentatives romaines de conciliations, la rupture n'intervenant toujours a posteriori lorsqu'il s'avérait que les conditions posées à cette paix étaient inacceptables (c'est à dire qu'on n'aurait pu les accepter sans pêcher, seul cas où l'on peut et même l'on doit résister à l'autorité légitime). Et tant que l’actuel supérieur de la FSSPX ne déviera pas de cette ligne de conduite, nous avons l'assurance que la position de la FSSPX restera légitime que la paix se fasse ou non.
images/icones/1w.gif  ( 804280 )Mais oui, mais oui... par Vianney (2016-05-11 01:01:00) 
[en réponse à 804219]

 
« Si vous n'acceptez pas la doctrine de vos prédécesseurs, il est inutile de parler. Tant que vous n'aurez pas accepté de réformer le concile, en considérant la doctrine de ces papes qui vous ont précédés, il n'y a pas de dialogue possible. C'est inutile. » (Mgr Lefebvre, Fideliter sept.-oct. 1988).

« Les fidèles ont un droit strict à savoir que les prêtres auxquels ils s’adressent ne sont pas de la communion d’une contrefaçon d’Eglise, évolutive pentecôtiste, et syncrétiste. » (Lettre ouverte des prêtres de la FSSPX au cardinal Gantin, Préfet de la Congrégation des Evêques. Fideliter n° 64, juillet-août 1988.)

« Ainsi lorsque l’on examine les choses de près, on s’aperçoit qu’il y a là une clique de libéraux, de modernistes, qui se connaissent tous et qui ont pris le pouvoir. Si on lit le livre du cardinal Ratzinger “Foi chrétienne hier et aujourd’hui”, on y découvre une notion de la foi, complètement acatholique. C’est même tout simplement hérétique. » (Franz Schmidberger, Supérieur général de la FSSPX. Fideliter n° 69, mai-juin 1989.)
 


images/icones/attention.gif  ( 804320 )Aberrant ! par Philippilus (2016-05-11 20:28:35) 
[en réponse à 804219]

Les questions qui se posent actuellement sont celles de la continuité pastorale et doctrinale depuis Vatican II. La structure canonique de la FSSPX n'est absolument pas le "fond" du problème mais simplement une conséquence.

D'ailleurs, quand d'anciens prêtres de la FSSPX, comme ceux de l'IBP ont obtenu une structure canonique, il est évident que rien n'a été réglé sur le fond. Les difficultés sont toujours présentes, et ce sont loin d'être des points de détails.

Philippilus
images/icones/bravo.gif  ( 804524 )Pas si aberrant que cela ! par jl d'André (2016-05-13 21:45:52) 
[en réponse à 804320]

Bien sûr que

La structure canonique de la FSSPX n'est absolument pas le "fond" du problème mais simplement une conséquence

Mais l'ambition de la FSSPX n'est pas de régler le "fond" du problème (tant mieux si elle peut y contribuer) mais d'assurer le salut de tous ses fidèles en leur apportant la messe, les sacrements et la bonne doctrine. Mais si pour cela, elle doit quitter et leur faire quitter l'Eglise, elle manque tout simplement son but.
C'est pourquoi la question de la légitimité de la position actuelle de la FSSPX est fondamentale et prime sur toutes les questions d'opportunité évoquées dans ce fil.
images/icones/iphone.jpg  ( 804326 )Là où cette belle œuvre ne devrait pas mener... par Paul Reveriche (2016-05-12 00:25:44) 
[en réponse à 804098]

On commence par exagérer légèrement...

Puis, on généralise...

Enfin, on se désintéresse.

De quoi ? De l'Eglise !
images/icones/bravo.gif  ( 805198 )Brève réfutation de ces énormes sophismes par jl d'André (2016-05-23 14:28:59) 
[en réponse à 804098]

1 concordat de 1801 :
Pour évaluer le bilan du concordat il faut comparer ce qui est comparable. Il faut comparer la situation concordataire avec la période qui a immédiatement précédé, la révolution. Gardons aussi en mémoire l’avis du pape st Pie X. relisons son encyclique « vehementer » et voyons avec quelle véhémence il dénonce et condamne l’abrogation du concordat. D’ailleurs depuis cette abrogation la situation de l’Église catholique n’a cessé se détériorer
2 Ralliement de 1892 :
Là en revanche, les inconvénients l’emportent de beaucoup sur les avantages (si tant est qu’il y en ait), mais c’est normal puisqu’il n’y a eu aucune négociation avec le pouvoir politique français et donc aucune contrepartie exigée (et donc encore moins obtenue) à ce ralliement. L’exemple ne saurait donc en rien s’appliquer à la situation actuelle de la FSSPX qui depuis des années négocie pied à pied avec Rome allant jusqu’à rompre les négociations lorsque les exigences romaines sont inacceptables.
Ou si on voulait à toute force tirer un enseignement pour aujourd’hui de ce fait historique, il devrait se faire dans l’autre sens : L’une des possibilités évoquées pour une paix possible serait une reconnaissance unilatérale de la FSSPX par Rome (sans exiger rien en contrepartie). Cela ne devrait profiter qu’à la FSSPX de la même façon que le ralliement unilatéral et sans contrepartie de Rome à la République n’a profité qu’à celle-ci en 1892.
3 Les « ralliés » de 1988 :
Il n’y a pas que le Barroux ! Il y a eu aussi et d’abord la Fraternité saint Pierre ! Or paradoxalement, celle-ci a été globalement bien plus fidèle (il y a juste eu des défections individuelles, mais la FSSPX en a eu aussi) que le Barroux. « Paradoxalement » car le grand argument de Dom Gérard pour justifier son ralliement était justement qu’une congrégation religieuse était mieux armée pour résister aux pressions romaines que des prêtres séculiers, ce qui est vrai !
Que s’est-il donc passé ? Les prêtres de la FSSPX qui ont fondé la fraternité Saint Pierre étaient persuadés qu’il n’y avait pas de cas de nécessité et donc que les sacres n’étaient pas légitimes, limite schismatiques et donc qu’ils ne pouvaient sans péché grave rester dans la FSSPX. Ils n’avaient pas d’autre choix. Certes, ils se trompaient en croyant qu’il n’y avait pas nécessité, mais outre que cette erreur ne porte pas sur une question de foi, du fait de cette erreur, ils auraient effectivement péché s’ils avaient passé outre. Dom Gérard, lui savait que les sacres étaient légitimes, il y fut même présent, il connaissait les risques d’un accord avec Rome, mais passa outre, la dérive était donc inéluctable.
Quand Dieu nous commande de prendre un risque apparemment insurmontable, il donne aussi la grâce permettant de le surmonter alors que celle-ci ne nous est jamais acquise si nous prenons ce même risque de notre propre initiative (ce qui est très exactement tenter Dieu).

Appliquons tout cela à la situation actuelle de la FSSPX :
Rappelons-nous l’unique argument invoqué par Mgr Felay pour justifier les négociations avec Rome de 2011-2012 : « Nous ne sommes pas demandeurs, ce fut une initiative de Rome, une volonté explicite du pape » Nous sommes exactement dans un cas obligatoire. Il en est d’ailleurs exactement de même de l’éventualité aujourd’hui envisagée d’une reconnaissance unilatérale.