Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=803984
images/icones/fsspx.gif  ( 803984 )Déclaration de la FSSPX sur Amoris Laetitia par Ennemond (2016-05-06 10:37:13) 

C’est à en pleurer 

« C’est une exhortation apostolique qui porte pour titre : La joie de l’amour, et qui nous fait pleurer. »Sermon de Mgr Fellay au Puy-en-Velay, 10 avril 2016

Parmi les nombreuses prises de position, explications et commentaires publiés sur Amoris lætitia, trois études faites par des prêtres de notre Fraternité ont récemment paru : L’exhortation post-synodale Amoris lætitia : une victoire du subjectivisme de l’abbé Matthias Gaudron; Brèves considérations sur le chapitre 8 de l’Exhortation pontificale Amoris lætitia de l’abbé Jean-Michel Gleize; Après le Synode : l’indissolubilité en question de l’abbé Christian Thouvenot. La Maison générale approuve ces études et y souscrit entièrement. Elles se complètent harmonieusement et donnent une vue d’ensemble du document du pape François.

La procédure suivie lors des deux synodes et les circonstances qui les ont entourés, ont déjà soulevé de nombreuses interrogations : au consistoire extraordinaire de février 2014, seul le cardinal Walter Kasper avait été invité à préciser le thème du synode, alors qu’il est notoire qu’il militait depuis des années pour la levée de l’interdiction de droit divin de donner le Corps du Christ aux pécheurs publics. Le rapport intermédiaire, Relatio post disceptationem, publié en octobre 2014 pendant le premier synode, ne correspondait pas aux résultats des discussions.

Dans le rapport final, des thèmes se trouvèrent intégrés, alors qu’ils n’avaient pas été approuvés par le synode. Juste avant le deuxième synode ordinaire, le pape publiait deux Motu proprio qui concernaient exactement le sujet du synode, en facilitant la procédure canonique des déclarations de nullité des mariages. Et une lettre confidentielle de 13 cardinaux qui exprimait des craintes sur le résultat du synode, était publiquement qualifiée de « conspiration ».

La question de l’admission des divorcés « remariés » à la Sainte Communion a déjà été traitée plusieurs fois par l’Eglise, qui y a répondu clairement, et même encore ces derniers temps[1]. Une nouvelle discussion sur l’enseignement constant et la pratique de l’Eglise ne pouvait donc être que préjudiciable et de nature à les obscurcir, plutôt qu’à les mettre en lumière. C’est ce qui est arrivé.

Dans un document pontifical on s’attend à trouver un exposé clair du magistère de l’Eglise et de la vie chrétienne. Or, comme d’autres l’ont fait remarquer avec raison, Amoris lætitia est davantage « un traité de psychologie, de pédagogie, de théologie morale et pastorale, et de spiritualité ». L’Eglise a la mission de proclamer l’enseignement de Jésus-Christ à temps et à contretemps et de donner les conclusions qui s’imposent pour le bien des âmes. Il lui incombe de rappeler la Loi de Dieu, et non pas de la minimiser ni d’expliquer comment, en certains cas, elle serait inapplicable. Elle se doit d’affirmer les principes dont elle laisse l’application concrète au pasteur des âmes, au confesseur, ainsi qu’à la conscience éclairée par la foi, règle prochaine de l’agir humain.

Dans sa recherche d’une pastorale de la miséricorde, le texte est à certains endroits marqué par le subjectivisme et le relativisme moral. La règle objective est remplacée, à la manière protestante, par la conscience personnelle. Ce poison prend ses racines, entre autres, dans le personnalisme, qui, dans la pastorale familiale, ne met plus le don de la vie et le bien de la famille au premier plan, mais l’épanouissement personnel et le développement spirituel des époux. A ce sujet, on ne peut que déplorer, une fois de plus, l’inversion des fins du mariage esquissée dans la constitution pastorale Gaudium et spesdu concile Vatican II, inversion que l’on retrouve aussi dans Amoris lætitia. La soi-disant « loi de gradualité » met la morale catholique sens dessus dessous.

Les conséquences d’Amoris lætitia se font déjà sentir dans l’Eglise : un curé, conformément à son devoir, refuse de donner le Corps du Christ aux pécheurs publics, tandis qu’un autre invite tout le monde à la sainte Communion. Le Président de la Conférence épiscopale des Philippines a déclaré qu’Amoris lætitia serait immédiatement mis en pratique dans son pays et que par conséquent, dans certains cas, des personnes divorcées et « remariées » recevront la Communion[2]. Une division profonde se dessine au sein de l’épiscopat et du Sacré Collège. Les fidèles sont désorientés, toute l’Eglise souffre de cette déchirure. Remettre en question l’obligation d’observer en tous les cas les commandements de Dieu, en particulier celui de la fidélité conjugale, c’est capituler devant le diktat des faits et de l’esprit du temps : en de nombreux pays déjà – comme en Allemagne, par exemple –, on foule aux pieds depuis bien longtemps la pratique qui découle du commandement divin. Au lieu d’élever ce qui est au niveau de ce qui doit être, on rabaisse ce qui doit être à ce qui est, à la morale permissive des modernistes et des progressistes. Les fidèles dont le mariage est brisé, mais qui, dans cette situation, sont restés fidèles à la promesse qu’ils ont faite devant l’autel, de façon très vertueuse et parfois héroïque, se sentent trahis. C’est à en pleurer.

Nous implorons le Saint Père humblement, mais résolument, de réviser l’Exhortation Amoris lætitia et tout particulièrement son chapitre 8. Comme dans les textes de Vatican II, ce qui est ambigu doit être interprété de façon claire, et ce qui est en contradiction avec la doctrine et la pratique constante de l’Eglise doit être retiré, pour la gloire de Dieu, pour le bien de toute l’Eglise, pour le salut des âmes, spécialement de celles qui sont en danger de se laisser tromper par l’apparence d’une fausse miséricorde.

Menzingen, le 2 mai 2016,en la fête de saint Athanase

[1] Cf. Exhortation apostolique Familiaris consortio (n. 84) ; Catéchisme de l’Eglise catholique (n. 1650) ; Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 14 septembre 1994 ; Déclaration du Conseil pontifical pour les textes législatifs du 24 juin 2000.

[2] Déclaration du 9 avril 2016 : « Ceci est une disposition de la miséricorde, une ouverture de cœur et d’esprit qui n’a besoin d’aucune loi, n’attend aucune ligne directrice. Cela peut et doit se faire immédiatement. »

source
images/icones/neutre.gif  ( 803986 )correction par Menzingen par Folgoët (2016-05-06 11:28:29) 
[en réponse à 803984]

Amoris Laetitia est bonne à 95 % comme les textes du concile ?
images/icones/1h.gif  ( 803989 )Qu'est-ce qui vous permet par Jean-Paul PARFU (2016-05-06 13:16:46) 
[en réponse à 803986]

de déverser une fois de plus votre fiel, comme vous le faites?
images/icones/neutre.gif  ( 803990 )J'en ai marre de vous... par Pol (2016-05-06 13:26:55) 
[en réponse à 803986]

.... Folgoet, cette FSSPX est de trop pour vous, il semble.
Ignorez-la,conservez votre energie, donnez-vous tout l'été 2016 pour l'oublier. Vous serez soulagé d'un fardeau lourd a porter, je comprends.
images/icones/nul.gif  ( 803991 )Minable ! par Philippilus (2016-05-06 13:39:46) 
[en réponse à 803986]

Et à part baver, vous faites-quoi dans la vie ?

Ce que vous dit "Menzingen", c'est tout simplement ce qui est écrit plus haut. Cela ne vous convient pas ? Allez-vous en. Il y a tout ce qu'il faut, toute la place entre Taizé et Palmar de Troya.

Vous n'avez rien à voir avec la FSSPX. Allez polluer ailleurs.


Philippilus
images/icones/nul.gif  ( 803993 )Significatif par Peregrinus (2016-05-06 14:04:26) 
[en réponse à 803986]

Votre réaction est tristement significative d'une attitude "résistante" consistant à se vanter très fort de monter aussitôt sur ses grands chevaux de "doctrine", mais à ne jamais avancer aucun argument doctrinal.
L'essentiel est ailleurs : blesser, faire mal, frapper au cœur, voilà le programme - revendiqué - du salvanisme dont se réclament si fort tant de "résistants".
C'est pourquoi vous n'êtes plus capable que de ricaner devant un texte qui s'oppose pourtant à ce que vous prétendez combattre, ce qui est tout de même triste.

Peregrinus
images/icones/bravo.gif  ( 803994 )Bravo et merci ! par Justin Petipeu (2016-05-06 14:19:02) 
[en réponse à 803984]

C'est clair, concis et net.
images/icones/nul.gif  ( 803996 )Comme d'habitude, peu de rigueur et des déformations par Ion (2016-05-06 16:15:36) 
[en réponse à 803984]

Ce texte de la FSSPX est truffé d'approximations, de déformations. On savait les théologiens de la FSSPX plutôt limités, cela se confirme. L'Eglise ne répondra même pas à ces arguments ridicules.

Petit florilège des erreurs de ce texte ou jugements tendancieux :

au consistoire extraordinaire de février 2014, seul le cardinal Walter Kasper avait été invité à préciser le thème du synode

Le terme "seul" est de trop. Il falait une introduction, pas deux, et c'est le cardinal KASPER qui l'a faite. C'est tout.

"il est notoire qu’il militait depuis des années pour la levée de l’interdiction de droit divin de donner le Corps du Christ aux pécheurs publics."

Faux. Justement pas "aux" pécheurs publics. Le "aux" indique tous les pécheurs. Si on relit les conditions proposées par le cardinal, on voit qu'il en est tout autre.

Et une lettre confidentielle de 13 cardinaux qui exprimait des craintes sur le résultat du synode, était publiquement qualifiée de « conspiration ».

Faux. Affirmation sans preuve. Rien de public, quelqu'un aurait rapporté que le Pape aurait dit de ne pas céder à une heméneutique de conspiration.

Il incombe [à un document pontifical] de rappeler la Loi de Dieu, et non pas de la minimiser ni d’expliquer comment, en certains cas, elle serait inapplicable.

Pure invention. Ce document n'explique rien de tel.

A ce sujet, on ne peut que déplorer, une fois de plus, l’inversion des fins du mariage esquissée dans la constitution pastorale Gaudium et spes

Quand donc la FSSPX cessera d'affirmer toujours les mêmes clichés ? GS n'a rien inversé du tout. GS ne présente plus le mariage par ses seules fins. Il y a changement de perspective, pas inversion des fins. D'ailleurs GS rappelle que par sa nature, le sacrement de mariage est ordonné à la procréation et à l'éducation des enfants. Quand on veut critiquer le Magistère de l'Eglise, la moindre des choses est de le connaître, pas de le déformer.

La soi-disant « loi de gradualité »

Le terme "soi-disant" n'a pas de sens et fait injure à St Jean-Paul II.

Pathétique, mais on est habitué.

Ion
images/icones/bravo.gif  ( 803998 )Merci Ion ! par FerdinandP (2016-05-06 17:09:19) 
[en réponse à 803996]

vous vous êtes donné la peine de lire la prose de la FSSPX et de l'analyser avec cette rigueur qui lui fait défaut.

merci de ce travail de justice : vous perdez sans doute votre temps ici, mais cela permet de rappeler aux hommes de bonne volonté qu'un peu de discernement est toujours utile.

Pour le reste, nous serons jugés à l'aune de notre propre capacité à aimer.

Je plains ceux qui arriveront de l'autre côté en disant "Seigneur, regarde ma vie : j'ai défendu ton honneur, j'ai copieusement insulté ceux dont j'estimais qu'ils te manquaient de respect, surtout quand c'était toi qui les avais choisis, et j'ai toujours voussoyé mon prochain sur le FC."
images/icones/1g.gif  ( 804004 )J'ai bien perçu votre ironie par Le Webmestre (2016-05-06 17:57:27) 
[en réponse à 803998]

grinçante, en fin de message, cher liseur. Je la prends pour moi.

Permettez-moi de vous faire remarquer que sans la règle stricte du vouvoiement il me semble que les débats pourraient vite prendre une autre tournure. Il ne s'agit pas d'un snobisme, mais d'une invitation à la modestie du langage. Invitation plus ou moins suivie par moments, je vous l'accorde.

Pour le reste de votre message, il me semble que tout parent ou éducateur obtient le respect qu'il inspire... ou pas.
images/icones/1a.gif  ( 804006 )Pas vu comme vous... par Glycéra (2016-05-06 18:12:25) 
[en réponse à 804004]



le Voussoiement est une note typique.
Pas seulement de votre Forum.


N'est-ce pas juste une caractéristique visible, connue, notable ?
Où est-ce ironique, ? Moi pas voir !


Et souvent j'en ai ... marre de voir sortir toute la suite des petits marquis :
(sort un message fleurant la Frat ST Pie X ?)
- Ah Bravo
- Ah, oui, c'est envoyé
- On les aura
- Encore une sornette des "autres"
- Bien dans les dents !
- Nous sommes bien du même bord


Alors que...
Z'avez pas lu Amoris Laetitia.
Je ne l'ai pas terminée, d'autres lignes m'occupent.
Mais je ne comprend pas, vraiment pas, comment les analyses des uns ou des autres se rattachent à ce qui est vraiment dedans.

Le chapitre 8, le paragraphe 351 (ou approchant) qui est ciblé est-il vraiment le coeur, le seul centre du texte ? Moi pas vu cela !

Et je pleure du manque de profondeur des échanges, et du manque de perspicacité des soi-disant (je dis bien des gens disant d'eux-mêmes) analyseurs de textes.


Et pourtant, je ne suis pas bisounoursinette !

Mais le parti-pris qui se justifie tout seul me donne de plus en plus envie de fuir... Sauf que l'Eglise est ma mère... et que chacun de ses enfants à la fois la constitue et doit s'occuper d'Elle.


Juste sur ce coup, je vous ai trouvé susceptible... à moins que vous ne connaissiez l'habitude de ce liseur, dans la vraie vie lyonnaise...


Avec mes bonnes salutations, sieur XA
Glycéra
images/icones/1w.gif  ( 804007 )Digitus in oculo par Justin Petipeu (2016-05-06 18:52:52) 
[en réponse à 804006]

Sans blague ? ce n'est pas le cœur du texte ? Mais que peut-être le cœur du texte après 25 années de Jean-Paul II, le "pape de la famille" (dixit François) ?

Il est évident qu'à part le blabla pastoral, la seule chose de réellement nouvelle dans ce verbiage de 260 pages, c'est effectivement que l'on y apprend que les adultères pratiquants sont en état de grâce et pourront communier comme tels. Bref, la nouveauté que vous auriez dû voir, c'est seulement la destruction du mariage catholique.
images/icones/hum2.gif  ( 804014 )Répéter ne fait pas une vérité... par Glycéra (2016-05-06 20:29:40) 
[en réponse à 804007]


Et avez-vous lu précisément ce que vous dites ?

Moi... pas vu...
A moins que cela ne restse dans les dernières pages...


J'ai vu un ton inhabituel pour des documents officiels.
J'ai lu un constat d'incurie des gens d'église à aider ses enfants à se marier validement.
J'ai entrevu des directives, des axes de travail, des indications pour les prêtres ou les enseignants...

Pas lu d'affirmations aussi démolissantes que vous en parlez.
Et je pleure de voir que des prêtres de la Fraternité ne soient pas plus exacts, ou pas plus intelligents, ou parfois perroquets...

Si on est serviteur du Très-Haut quand on épluche les gestes d'un Pape, combien plus on se doit de réclamer la perfection du supérieur des prêtres qu'on veut défendre !


Je comprend votre attitude. Je la connais par coeur, pour la fréquenter, voire la subir parfois, malgré des sornettes assuréement proférées. Mais est-ce manque de temps de votre part, ou est-ce volonté de suivre par un allégeance mal comprise ?


Se serrer les coudes, ce n'est pas s'entre'applaudir comme des fans de club de foot.

Hélas...
Ce serait plus confortable...
Mais tellement moins divin de tout vouloir cerner d'un coup.
Espérant que vous aurez perçu l'appel que je vous lance...

Glycéra




images/icones/fleche2.gif  ( 804016 )C'est pourtant écrit au n°299 par Peregrinus (2016-05-06 21:12:21) 
[en réponse à 804014]


Ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Église. (n°299)



Les mots ont un sens, les membres vivants de l'Eglise sont ses membres en état de grâce, or dans l' "intégration" dont parle le texte ne précise pas qu'il faudrait, pour que les personnes concernées puissent "mûrir comme membres vivants de l'Eglise", qu'elles changent objectivement de vie. Il est difficile, pour cette phrase, d'invoquer le contexte, puisque c'est justement le contexte sur l' "intégration" qui rend très difficile de prétendre que la précision qu'une conversion est nécessaire est implicite.

Peregrinus
images/icones/1v.gif  ( 804019 )Vous n'avez pas la bonne version par Justin Petipeu (2016-05-06 21:46:10) 
[en réponse à 804014]


il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante

Il n'est plus possible ? Sous Jean-Paul II le Grand, le Saint, etc...c'était possible et le moderniste Ion en convenait bien à l'époque. Mais aujourd'hui, ce n'est plus possible. Sans doute parce qu'un antipape dirige l'Eglise.


À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église.[




Note 351 : Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur »



Contradiction claire et nette de l'enseignement du Christ sur l'adultère et de tout le Magistère depuis 2000 ans.

Vous ne voyez toujours rien. C'est peut-être plutôt vous qui avez un problème avec ce sujet...Car cela est limpide, comme le disait Bergoglio lui-même. "Oui cela a changé !". Il est étrange que vous ne le voyiez point.
images/icones/hein.gif  ( 804061 )Votre dernière ligne ? par Glycéra (2016-05-07 15:03:24) 
[en réponse à 804019]



"C'est peut-être plutôt vous qui avez un problème avec ce sujet...Car cela est limpide, comme le disait Bergoglio lui-même. "Oui cela a changé !". Il est étrange que vous ne le voyiez point."


Si le Pape dit que "cela" a changé... Qu'est-ce ce "cela" ?
De dire que l'acte visible (vie commune hors mariage valide) n'est pas certitude de péché mortel ?
Ou bien lisez-vous, comme il me semble vous l'avez écrit : les concubinants sont en état de grâce (raccourci pour faire réagir), et que c'est cela, comme une généralité universelle, qui est nouveau ?
Mais cela, je ne l'ai pas lu.

Je vois que des gens en ont peur, mais je ne vois pas la chose qu'ils disent voir.


Moi, pas savoir que j'ai peut-être un problème avec le sujet... Mais moi, pas forcément informée...


Espérant vous lire et comprendre ce que nous ne disons pas de même.
Glycéra
images/icones/fleche3.gif  ( 804063 )A Sieurs Justin et Peregrinus, avons-nous le même sens des mots ? Lisons-nous la même chose ? par Glycéra (2016-05-07 15:09:39) 
[en réponse à 804007]

Je vous cite et 1- je traduis et 2 - je demande si c'est bien juste que ....

Ensuite, quelques notes, car j'ai relu Familiaris Consortio, et compare les deux angles de travail de ces exhortations.




"Ils ne doivent pas se sentir excommuniés, mais ils peuvent vivre et mûrir comme membres vivants de l’Église. (n°299)"
Je traduis ainsi : Ne vous imaginez pas que l'Eglise vous a mis dehors ! Vous pouvez vivre en chrétiens, et avancer dans la Foi et la grâce, si vous le cherchez.
Je demande : est-on excommunié, nominalement ? latae sententiae ? par une vie commune avec quelqu'un d'autre que son mari ?



"il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante (339 ?)"

Je traduis : Il est impossible de dire que tous les gens, mariés, et vivants avec un(e) autre sont en état de péché mortel, de facto.

Je demande : les conditions (gravité, connaissance, et consentement clair) d'avoir enfreint un commandement sont-elles bien là, dans l'inconnaissance des lois de l'Eglise actuellement répandue ?



" À cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Église."

Je traduis : S'il y a ignorance, ou faiblesse incoercible, la situation objectivement visible n'induit pas la culpabilité certaine. On pourra grandir, et l'Eglise pourra y aider. Pour devenir saint, malgré l'erreur commise.

Je demande : qui saura décider s'il y avait pleine connaissance ou plein consentement en sondant le coeur de son prochain ?




" [Note 351 : Dans certains cas, il peut s’agir aussi de l’aide des sacrements. Voilà pourquoi, « aux prêtres je rappelle que le confessionnal ne doit pas être une salle de torture mais un lieu de la miséricorde du Seigneur »"

Je traduis : Laissez les prêtres faire leur travail dans les âmes, et parler, et jauger chaque cas.

Je demande : Qu'est-ce qui est nouveau et hérétique la-dedans ? Tous les péchés (sauf réserve de discipline devant l'évêque déléguant) ne sont-ils pas du ressort du confesseur ? N'y a-t-il pas une étude sur le péché d'avortement, pour le déléguer aux prêtres ? Quantité oblige, en pratique, non ?





J'ai relu :
Exhortaion Familiaris Consortio (Jean-Paul II en 1981)
http://w2.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio.html
Concerne la vie de la famille, ses fondements, ses tâches, ses moments douloureux, ou pénibles, ou difficilles et les forces d'assurer chaque aspect apostolique de la famille pour bâtir la vie sociale autour des foyers, sources divines.
Seul le §66 (dans la Quatrième partie) concerne la préparation au mariage.
Les laïcs "spécialisés" ne sont pas explicitement cités pour cette préparation, mais pour aider à la vie de famille déjà constituée.
Les situations irrégulières (vie concubinage, mariage "à l'essai", mariage civil seul, divorcés, "re-mariés" ou non, gens isolés malgré leur espoir...) figurent aux § 79 à 85 (cette même 4ème partie).



Je lis dans Amoris Laetitia

N paragraphes, N étant un grand nombre,
sur la préparation, sur presque la re-révélation, de ce que le mariage comporte, et sur les forces et les engagements qu'il réclame pour tenir.

Je lis : Vous les responsables, prêtres ou laïcs accrédités, veuillez travailler sérieusement le mode de préparation, et le discernement des vrais mariages de ceux qui seraient invalides.

J'ai du mal à comprendre que cela passe par une exhortation tout azimut à tous les fidèles, mais la médiatisation du tracas, et pas seulement chez les chrétiens, demande peut-être que ce soit ainsi.

J'ai l'impression, à la rédaction presque orale, de lire une collection de suggestions, comme els boîtes à idées des entreprises, et de parcourir les compte-rendus des groupes qui ont choisi un sujet ou un autre de l'ansemble des questions apportées. Mais cela m'est personnel. Je suis d'un siècle où on avait l'habitude de plus de soin dans les choix et les densité des phrases, plus de décision précise dans les conclusions.

Mais je sais aussi, qu'à retarder une diffusion, on peut arriver "trop tard", et que l'infaillibilité (qui n'est d'ailleurs pas engagée dans une exhortation), n'est pas besoin de perfection absolue, au détail de rédaction près.






Donc, je ne comprend pas les lignes comme vous. J'ai l'impression que chat écorché déteste qu'on regarde ses bobos, et que l'idée même le fait se hérisser, alors que ce n'est qu'une feuille qui bougeait dans un arbuste, et non le lion du voisin venu chasser sur sa pelouse.
Je demande si mes définitions sont fausses, et s'il vous plaît, pouvez-vous rectifier ce que je n'aurais pas vu ?


------------------- > Des mots précis ... est-ce exact de dire :

Excommunication = déclaration nominative, signée, de mise en dehors de l'Eglise, jusqu'à repentance et réparation.

Exhortation apostolique = lettre d'un Pape à tous les fidèles, clergé ou pas, pour faire réfléchir et agir en redressant la barre après des dérives.

Lettre apostolique = la même chose pour un seul destinataire, ou des destinataires nommés.

Discernement de l'âme = capacité reçue de Dieu, par l'Eglise, qui fait qu'un prêtre est habilité à remettre ou retenir les péchés avoués. Un prêtre, sauf les exceptions non déléguées par son évêque, peut tout absoudre, ou tout retenir, selon l'éclairage qu'il reçoit, en direct du St Esprit... Prière ardente que le pénitent doit faire avant d'aller au confessionnal... "Mon Dieu, éclairez-moi, éclaires-le, et faites-moi comprendre ce qui m'est dit de votre part."





Cela dit, il est normal de s'intéresser à une lettre d'un pape... Non ? C'est le contraire qui ne l'est pas ! Et au nombre de cris de chouettes, j'ai lu, j'ai presque fini, et je ne comprends pas les analyses et la peur qu'elles transpirent.
Est-il écrit, peu ou prou, à l'encre sympathique, ou en sibyllin : Vous prêtres, serez désormais obligés de leur accorder l'absolution pour qu'ils communient tous ?

Alors ?
En espérant que vosu accepterez de me répondre...
Glycéra

qui cherche à voir et penser droitement.

images/icones/coeur.gif  ( 804068 )vous lisez sans oeillères par FerdinandP (2016-05-07 16:23:18) 
[en réponse à 804063]

et comprenez avec votre cœur et je vous suis, merci à vous.

Mais si vous souhaitez une réponse, ouvre peut-être un nouveau fil, car à ce niveau, vous tombez à quelques dizaines de lectures, alors qu'en ouvrant un fil, vous toucherez plus de gens, les aiderez à réfléchir et obtiendrez peut-être quelques réponses.

en union de pensées in corde Christi
images/icones/fleur.gif  ( 804070 )Un grand merci ... par Ion (2016-05-07 17:30:36) 
[en réponse à 804063]

... pour ces lignes.

Ion
images/icones/fleche2.gif  ( 804071 )Vous ne répondez pas par Peregrinus (2016-05-07 18:02:55) 
[en réponse à 804063]

Membres vivants de l'Eglise veut dire membres en état de grâce ; c'est le sens habituel et obvie d'une telle expression.

Les membres vivants de l’Eglise sont tous les justes et eux seuls, c’est-à-dire ceux qui sont actuellement en état de grâce. (Catéchisme de saint Pie X)



En l'occurrence, "avancer dans la foi et la grâce" supposerait un changement de vie. Or non seulement le texte ne comporte pas une telle précision, mais c'est peu dire que le contexte, qui ne parle que d'intégration sans conversion, ne s'y prête pas.

Pour ce qui est du passage produit par Justin Petipeu, je vous rappelle, comme plusieurs personnes l'ont déjà fait depuis le 8 avril, que le texte parle bel et bien de personnes connaissant la loi. C'est pourquoi votre traduction commet ici un contresens manifeste.

Peregrinus
images/icones/fleche2.gif  ( 804083 )Je ne vois pas vos réponses... par Glycéra (2016-05-07 21:33:39) 
[en réponse à 804071]


Vous me citez le catéchisme de St Pie X...

Les justes...
Je ne m'y sens pas, je fais trop de fautes, de faiblesse, plus que de malice, sans doute, mais des fautes quand même.

Quand à être sûre de l'état de grâce... "Si je n'y susi , Dieu m'y mette, et si j'y suis Dieu m'y garde !" comme répond Jeanne d'Arc, grande juste devant l'Eternel, elle.

alors, votre réponse n'est-elle pas de "devenir" et non "d'être déjà" justifié ? Juste, est le même ?


Mais vous n'avez pas répondu aux questions de mots que je vous posais.

A ce compte, est-ce facile de parler ensemble ?
Toujours cette impression de ne pas avancer, de partir à côté des sujets posés.

Je le regrette, viscéralement.
Car j'y ressens une lourdeur respirable, poisseuse, empêchant d'aider les gens non (non encore) d'Eglise à entrer en dialogue avec ces gens spéciaux, qui veulent être heureux, et le donner à vivre : les chrétiens....

Transmettre... n'est ni répéter selon son propre style, ni asséner d'autorité, mais écouter, observer, trouver les points d'entrée et donner à goûter notre force, notre nourriture qui vient de Dieu.
Cela commence entre nous.
Cela s'applique aussi au Pape, que notre mère a choisi... pour notre meilleur, et pour notre sincère dévouement à l'aider dans la tâche.

Dans cet espoir d'arriver à un niveau d'écoute, sur le texte réel, et non sur les interprétations de craintes, je vous salue,

Glycéra

images/icones/fleur.gif  ( 804008 )Merci Dame Glycera par FerdinandP (2016-05-06 19:23:09) 
[en réponse à 804006]

vous résumez en quelques lignes ce que je ressens et que je n'exprime plus, par lassitude d'une part et aussi parce que je ne fais plus partie de ceux qui imaginent qu'il faut partager, à grand tapage, une opinion pour qu'elle soit vraie.

Oui, vous avez bien raison, l'Eglise reste l'Eglise, dum volvitur orbis, c'est la seule chose qui compte, et avec Elle la miséricorde du Christ qu'Elle nous distille, dont nous aurons tant besoin et qui nous échappe tellement que nous oublions d'en pratiquer ne serait-ce que le début du commencement.

Comme vous, je suis épaté de tous ces gens qui focalisent sur les divorcés : sont-ils concernés personnellement à ce point ? Dieu sonde les reins et les cœurs et sait qu'on ne réagit en général que sur ce qui nous touche personnellement, ou ce qui nous séduit secrètement... En ces matières, Herr Freud n'avait pas tout à fait tort, j'en ai peur, et tous ces cris d'orfraie me semblent trop outrés pour ne pas cacher un oubli de conversion personnelle qui serait pourtant la base d'un vrai changement pour l'Eglise, non ?

A tout le moins, ne serait-ce un bon moyen pour se donner bonne conscience en oubliant que la vraie pratique de la piété consiste à s'unir au Christ par la prière et le sacrifice, pas à s'estimer soi-même meilleur ou plus docte que le publicain ?
images/icones/iphone.jpg  ( 804018 )A propos de lectureS par XA (2016-05-06 21:36:15) 
[en réponse à 804006]

Combien d'exhortations apostoliques peuvent s'enorgueillir d'avoir été autant lues, décortiquées, commentées, laudatées, encensées, critiquées que celle-ci ?

Je n'ai pas de souvenir.

Il n'empêche. Comme vous le rappelez, je n'ai pas l'intention de la lire. Sur la question, je crois connaître la position immuable de l'Église.

XA
_ qui attend un démenti par rapport à ses soupçons de susceptibilité....
images/icones/iphone.jpg  ( 804108 )Parce que la courtoisie est suspecte de manque de respect... par Paul Reveriche (2016-05-08 10:30:34) 
[en réponse à 803998]

Il faudrait supprimer le respect !

En conséquence, veuillez me tutoyer, citoyen.

C'est tellement ça dans tellement de domaines...
images/icones/tao.gif  ( 804003 )Le pape ne donne pas un très bon exemple de clarté par Babakoto (2016-05-06 17:55:14) 
[en réponse à 803996]

L’exhortation est en elle-même ambiguë et probablement à dessein. Il est possible de lui donner sans trop forcer le texte une compréhension désastreuse.
Face à cela, des catholiques poussent de toutes leurs forces à une interprétation orthodoxe pour tenter de sauver la papauté.
D’autres, jettent l’éponge.

Qui a raison, qui a tort ?

Moi, c’est la conclusion qui me dérange. Comment une exhortation apostolique signée par le pape, adressée aux chrétiens du monde entier, sur un sujet aussi important, peut-elle contenir des éléments « en contradiction avec la doctrine et la pratique constante de l’Eglise » ?

N'y-a-t-il pas là un manque de rigueur dans la compréhension de ce qui constitue le magistère et la manière de s'y référer quand on est catholique?

images/icones/fleche2.gif  ( 804009 )Comme vous dites ! par Philippilus (2016-05-06 19:41:05) 
[en réponse à 803996]


Votre souci du détail pour masquer l'essentiel est vraiment remarquable.

Le cardinal Kasper: il a fait l'introduction... Et c'est normal puisqu'il en fallait une! Ben voyons. Tout le monde sait que dans l'Eglise, seul le cardinal Kasper est à même de faire une introduction, et que c'est pour cela qu'il a été choisi entre tous.

Et vous continuez: nous pouvons être rassurés. Ce ne sont pas tous les pécheurs publics, mais uniquement certains. Et qu'est-ce que cela change? A partir de quel pourcentage considéreriez-vous qu'il y a peut-être un problème?

Venons-en à Gaudium et Spes: Merci de soutenir Mgr Fellay! Vous-même admettez qu'il y a changement de perspectives. Ce qui revient exactement à dire en termes thomistes - la philosophie de l'Eglise, ne vous en déplaise, et elle sous-tend le vocabulaire de Mgr Fellay - qu'il y a inversion des finalités.

Je me contente pour finir de vous suggérer de méditer sur le fait que l'affreuse pagaille qui suit Amoris Laetitia ne doit vraiment rien à la FSSPX. Il n'y a pas eu, comme pour le scandale d'Assise de textes envoyés aux Evêques et aux cardinaux, ni de prières de réparation, ni d'adresse au Pape. Ecoutez plutôt les cardinaux venir se contredire à tour de rôle: Le Pape change tout, le Pape ne change rien, le Pape ne peut rien changer, rien ne sera comme avant...

Dans cette situation, nul doute qu'il y ait autre chose à faire que de répondre à la FSSPX.

Philippilus


images/icones/1n.gif  ( 804012 )Vous avez raison! par Miserere (2016-05-06 20:21:53) 
[en réponse à 803996]


J'ai connu Monseigneur Fellay plus combatif.

Première victoire de Rome sur la FSSPX?