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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 803341 )27/04 St Pierre Canisius, confesseur et docteur par ami de la Miséricorde (2016-04-27 09:25:45) 



St Pierre Canisius, Conf. et Doct.

Le Grand Catéchisme de Saint Pierre Canisius
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 803342 )Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2016-04-27 09:26:49) 
[en réponse à 803341]

§ I. Nature de l'oraison de simplicité

1366. b) Plus tard une autre simplification se réalise : les quelques minutes de réflexion sont remplacées par un regard intuitif de l'intelligence. Nous connaissons sans difficulté
et par une sorte d'intuition les premiers principes. Or, quand nous avons longtemps médité sur les vérités fondamentales de la vie spirituelle, elles deviennent pour nous aussi certaines et lumineuses que les premiers principes, et nous les saisissons d'un coup d'œil synthétique avec facilité et complaisance, sans avoir besoin de les analyser d'une façon minutieuse. Ainsi l'idée de père appliquée à Dieu, qui au début avait besoin de longues réflexions pour nous livrer son contenu, nous apparaît d'un seul coup d'œil comme si riche, si féconde, que nous nous y arrêtons longuement et avec amour pour en savourer les multiples éléments. c) Il arrive même parfois que l'âme se contente d'un regard confus sur Dieu ou les choses divines, qui la maintient cependant doucement et affectueusement en la présence de Dieu et la rend de plus en plus docile à l'action du Saint Esprit ; alors sans multiplier les actes d'intelligence ou de volonté, elle s'abandonne à Dieu pour exécuter ses ordres.

1367. 2° Une simplification analogue s'opère dans les affections. Au début, elles étaient nombreuses, variées, et se succédaient avec rapidité : amour, reconnaissance, joie, compassion, douleur de ses fautes, désir de mieux faire, demande de secours, etc. a) Mais bientôt une seule et même affection se prolonge pendant cinq, dix minutes : l'idée de Dieu notre Père, par exemple, excite dans le cœur un amour intense qui, sans s'exprimer par de multiples paroles, alimente pendant quelques minutes l'âme tout entière, la pénètre et y produit des dispositions généreuses. Sans doute elle ne suffira pas à remplir tout le temps de l'oraison, et il faudra passer à d'autres affections pour ne pas tomber dans les distractions ou une sorte d'oisiveté ; mais chacune tiendra une place si large qu'il ne sera pas nécessaire d'en multiplier le nombre comme autrefois.

1368. b) Parmi ces affections, l'une finit par dominer et revenir sans cesse à l'esprit et au cœur : son objet devient comme celui d'une idée fixe, autour de laquelle gravitent d'autres idées sans doute, mais en petit nombre et qui se subordonnent à la première. Pour quelques-uns, ce sera la Passion de Notre Seigneur, avec les sentiments d’amour et de sacrifice qu’elle suscite (Galat., II, 20). Pour d’autres, ce sera Jésus vivant dans l'Eucharistie qui deviendra le centre de leurs pensées et de leurs affections, et sans cesse, ils rediront : Adoro te, devote, latens Deitas. Il en est qui sont saisis par la pensée de Dieu présent dans l'âme et qui ne songent qu'à le glorifier tout le long du jour (Joan., XIV, 23 ; I Cor., III, 17 ; VI, 20). C'est ce qu'explique fort bien le P.Massoulié : Quand l'âme vient à considérer que non seulement elle a l'honneur d'être en la présence de Dieu, mais encore le bonheur de le posséder en elle-même, cette pensée la pénètre vivement, et la fait entrer dans un recueillement profond. (...)

Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/1b.gif  ( 803352 )Un dialogue islamo-chrétien au XVIe siècle par Vianney (2016-04-27 11:35:01) 
[en réponse à 803341]

 
Dans ses premières années de vie religieuse, saint Pierre Canisius fut envoyé en mission dans divers pays d’Europe. Même si, déjà à cette époque, il avait “le cœur trop plein de l’Allemagne” (¹) comme le lui reprochait gentiment saint Ignace de Loyola, il n’en consacrait pas moins loyalement tous ses efforts à ses devoirs immédiats. C’est ainsi qu’au cours d’un voyage vers la Sicile, lui et ses compagnons jésuites eurent l’occasion de converser avec un musulman (²) :
« Trois Maures se joignirent plus tard à nous : deux d’entre eux étaient nobles et le troisième, sujet du Roi de Tunis. Cet homme savait un peu d’espagnol ; un des nôtres, qui n’était pas prêtre, l’entreprit sur la foi catholique ; un prêtre vint à la rescousse. Après une belle somme d’arguments et la grâce aidant, on l’amena à admettre que le dogme de la Sainte-Trinité n’était ni impossible, ni contraire à la raison, et que toute l’histoire de Notre-Seigneur pourrait bien être vraie. On lui montra que le Notre Père était une excellente prière à faire à Dieu, même dans sa religion, et nous l’exhortâmes à le dire et à demander la lumière... Si l’occasion se présente, nous espérons aider ces gens de notre mieux. »
On voit que saint Pierre saisissait bien la part de la grâce et celle de la raison qui sont au cœur de toute véritable conversion. Arrivé en Sicile, le jeune “humaniste” allait recevoir d’un dominicain une amusante leçon d’humilité (³) :
Les dominicains donnèrent dans leur église un grand festival de théologie. Invités à prendre part aux discussions prévues, quatre jésuites s’y rendirent, dont Nadal et notre Saint. En bon professeur de rhétorique, tout farci de tropes et de figures de style, Pierre usa d’un latin quelque peu inintelligible aux gens qui ne possédaient pas Cicéron et Quintilien sur le bout des ongles. « Il disserta, rapporte Polanco, sur la puissance de l’Église et avec une phraséologie si élégante que le Père dominicain qui avait mission de discuter avec lui avoua tout net n’avoir pu comprendre goutte à tout l’exposé. Et sur cet aveu, il se rassit au milieu des applaudissements. »
V.

__________

¹ James Brodrick, Saint Pierre Canisius, Spes 1956, t. I, p. 158.
² Id., p. 147.
³ Id., p. 156-157.