Le Forum Catholique

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images/icones/fsspx.gif  ( 802949 )Après le Synode : l’indissolubilité en question par Ennemond (2016-04-22 09:36:42) 

Texte de l'abbé Christian Thouvenot publié sur DICI :

Le mariage est l’un des sept sacrements institués par le Christ et confiés à la garde de l’Eglise qu’Il a fondée.
Tout au long de son histoire, celle-ci a constamment rappelé la grandeur et la sainteté du mariage chrétien, véritable sacrement qui cause la grâce divine et sanctifie les époux tout au long de leur vie. La grâce sacramentelle aide ces derniers à accomplir leurs devoirs fidèlement et à prendre les moyens en vue de réaliser les deux fins du mariage :
La procréation et l’éducation des enfants ;
Le secours mutuel dans l’amour conjugal.

1 – Unité et indissolubilité

L’Eglise enseigne qu’il existe deux propriétés essentielles du mariage. D’une part, l’unité : le lien du mariage n’est contracté qu’entre un homme et une femme, et fonde un droit exclusif à la fidélité de chacun des époux envers son conjoint. D’autre part, l’indissolubilité qui marque le caractère perpétuel du lien conjugal. Ces deux propriétés essentielles font la beauté du mariage et lui assurent sa solidité.
Rien ni personne, aucune autorité sur la terre ne peut dissoudre le lien conjugal ou le faire cesser. L’Eglise, lorsqu’elle instruit un procès en nullité, ne cherche qu’à vérifier si le consentement des époux était valide, et donc s’il y a bien mariage. Mais elle ne peut annuler ou faire que n’existe pas un lien validement contracté : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6).
Face aux attaques contre l’inviolabilité du lien matrimonial, en particulier de la part des législations civiles modernes qui ont répandu la pratique du divorce depuis deux siècles, l’Eglise, par la voix des Souverains Pontifes, a constamment insisté sur l’indissolubilité du mariage.
Les fondements naturel et divin de l’indissolubilité
En vertu du droit naturel, le mariage est indissoluble parce que le divorce s’oppose gravement aux deux fins de l’union des époux : d’une part, les enfants sont les premières victimes d’un divorce, et leur éducation toujours en pâtit ; d’autre part, la fidélité ainsi que l’aide mutuelle sont forcément mises à mal. De plus, les maux qui résultent des divorces affectent la société dans son entier : les familles brisées, les cas sociaux, la paupérisation.
En vertu du droit divin, le mariage est indissoluble selon l’institution primitive que le Christ est venu restaurer. L’épisode rapporté par saint Matthieu et saint Marc est bien connu :
« Alors les Pharisiens l’abordèrent pour le tenter ; ils lui dirent : “Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour quelque motif que ce soit ?” Il leur répondit : “N’avez-vous pas lu que le Créateur, au commencement, les fit homme et femme, et qu’il dit : “A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme et ils deviendront les deux une seule chair. – Ainsi ils ne sont plus deux mais une seule chair. Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni”. “Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce et de renvoyer la femme ?” Il leur répondit : “C’est à cause de la dureté de vos cœurs que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; au commencement, il n’en fut pas ainsi. Mais je vous le dis, celui qui renvoie sa femme, si ce n’est pour impudicité, et en épouse une autre, commet un adultère ; et celui qui épouse une femme renvoyée se rend adultère.” » (Mt 19, 4-9)
Si donc la séparation de corps est permise, toute nouvelle union constitue en revanche un adultère. C’est le sens de la réponse de Notre Seigneur à la Samaritaine qui reconnaît ne pas être légitimement mariée : « Tu as eu raison de dire : “Je n’ai point de mari”. Car tu as eu cinq maris, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari. En cela tu as dit vrai. » (Jn 4, 17-18).

Un lien perpétuel

Cet enseignement est dur à entendre pour les hommes inconstants et trop souvent infidèles à leurs engagements. Tel est pourtant le régime matrimonial parfait, celui que le Christ est venu rétablir. Car il fut le régime que connurent nos premiers parents, dont l’union fut le prototype de tout mariage à venir. Le concile de Trente enseigne qu’Adam, « sous l’inspiration du Saint-Esprit », a proclamé le lien perpétuel et indissoluble du mariage quand il a dit : « Voilà maintenant l’os de mes os, la chair de ma chair. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront deux en une seule chair » (Gn. 2, 24).
L’indissolubilité étant de droit divin, aucun motif ne saurait prévaloir et l’emporter sur cette propriété du lien matrimonial. Ni l’hérésie, ni l’adultère ou quelque difficulté que ce soit ne peut dissoudre ce lien existant, qui ne cesse qu’à la mort de l’un des conjoints : « Le lien du mariage légitimement contracté est perpétuel ».

2 – Le Synode sur la famille

La XIVe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques s’est penchée durant le mois d’octobre 2015 sur « la vocation et la mission de la famille dans l’Eglise et dans le monde contemporain ». Chaque participant avait pu prendre connaissance de l’Instrumentum laboris que le Secrétariat général du Synode avait rendu public le 21 juin 2015. Le document se devait de traiter de l’indissolubilité du mariage.
L’Instrumentum laboris aborde l’indissolubilité dans la deuxième partie (« le discernement de la vocation familiale »). Il affirme que « l’union indissoluble entre l’homme et la femme » correspond « au dessein initial sur le couple humain » (n°41) que Jésus est venu réaffirmer. Car « c’est en raison de votre dureté de cœur que Moïse a permis [aux Juifs] de répudier [leurs femmes] ; mais dès l’origine il n’en fut pas ainsi » (Mt 19, 16). Rendant possible « de retrouver le projet initial de Dieu », le Christ, à travers ses rencontres avec la Samaritaine et la femme adultère, a mis en pratique la doctrine qu’il enseignait. Par son « attitude d’amour envers la personne pécheresse », Jésus « conduit au repentir et à la conversion (“Va, désormais ne pèche plus”), condition du pardon » (n°41).
Cependant, le document inter-synodal répugne à ce que l’indissolubilité soit « comprise comme un “joug” imposé aux hommes, mais bien plutôt comme un “don” fait aux personnes unies par le mariage » (ibid.). Il est pourtant avéré que l’union conjugale signifie le partage d’un même joug (c’est son étymologie). Mais il s’agit d’être positif, d’éviter de parler des devoirs contractés par le consentement des époux, et de présenter finalement le lien de l’indissolubilité comme un don réciproque, ordonné à l’épanouissement des personnes : « L’indissolubilité représente la réponse de l’homme au désir profond d’amour réciproque et durable. Un amour “pour toujours” qui devient choix et don de soi » (n°42). Nous retrouvons ici l’esprit du concile Vatican II qui, au nom de la pastorale, innove par de nouveaux mots, formules et concepts, répugnant à reprendre le vocabulaire traditionnel établi, et qui déploie une vision toute centrée sur le bien des personnes plutôt que sur le bien du foyer. Or par leur union, les personnes mariées sont ordonnées à un bien commun supérieur, celui de la société qu’elles fondent : la famille.
Ainsi présentée comme “don réciproque”, l’indissolubilité est surtout axée sur le bien des personnes et leur épanouissement dans l’amour (seconde fin du mariage), au risque de se réduire à leur seule fidélité. Or cela n’est pas exact. Même si les époux sont infidèles l’un à l’autre, même s’ils remettent en cause ce “don réciproque” et se reprennent, le lien du mariage qui les unit demeure indissoluble. Et lorsque ce lien est foulé aux pieds par une nouvelle union extra-conjugale – c’est le cas des divorcés improprement appelés “remariés” – il n’en demeure pas moins constant, perpétuel et toujours vivace.

3 – L’Exhortation Amoris lætitia

Le 8 avril 2016, le pape François a publié l’Exhortation apostolique post-synodale, Amoris lætitia. Si au fil des pages se déploient de profondes et spirituelles considérations sur le mariage, on retrouve cependant les perspectives ouvertes par l’Instrumentum laboris du 21 juin 2015.
Dès le premier chapitre, le pape multiplie les réflexions sur la famille à travers la Bible, « l’Eglise domestique » qu’elle représente et les analogies avec le Dieu Trinité, créateur et sauveur, qu’elle entretient (n°11 à 30). Mais la famille n’est jamais définie que comme « une communion de personnes, qui soit image de l’union entre le Père, le Fils et l’Esprit-Saint » (n°29).
Ce n’est qu’à la faveur des défis rencontrés dans le monde actuel, au chapitre deuxième, que l’Exhortation avance que la famille est « une société naturelle fondée sur le mariage » où « seule l’union exclusive et indissoluble entre un homme et une femme remplit une fonction sociale pleine, du fait qu’elle est un engagement stable et permet la fécondité » (n°52). Sont alors mentionnées les « notes d’exclusivité, d’indissolubilité et d’ouverture à la vie » comme signes distinctifs du mariage sacramentel (n°53).[10] De même, dans le chapitre consacré à « l’amour dans le mariage » (ch. 4), le pape François insiste pour ajouter à cet amour d’amitié qu’est l’amour conjugal, l’élément « d’une exclusivité indissoluble » qui réclame fidélité (n°123). Même sans enfant, « le mariage, comme communauté et communion de toute la vie, demeure, et il garde sa valeur et son indissolubilité » (n°178).
Cependant, le document papal prend soin de préciser que l’indissolubilité « ne doit pas avant tout être comprise comme un “joug” imposé aux hommes, mais bien plutôt comme un “don” fait aux personnes unies par le mariage » (n°62). Et d’insister : « L’amour matrimonial ne se préserve pas avant tout en parlant de l’indissolubilité comme une obligation, ou en répétant une doctrine, mais en le consolidant grâce à un accroissement constant sous l’impulsion de la grâce » (n°134). Sans doute est-ce l’idéal, mais comment l’appliquer aux situations d’échec ou de rupture ? C’est là que, à l’évidence, s’introduit une dichotomie entre doctrine et pastorale, celle-ci contournant celle-là pour ouvrir une dangereuse brèche.

Une perspective pastorale pour contourner la doctrine

Le chapitre sixième, consacré à « quelques perspectives pastorales », aborde en effet la situation des « personnes divorcées engagées dans une nouvelle union ». Comme elles continuent de faire partie de l’Eglise et ne sont pas excommuniées, explique le Souverain Pontife, elles doivent bénéficier d’un « discernement attentif » et être accompagnées « avec beaucoup de respect, en évitant tout langage et toute attitude qui fassent peser sur [elles] un sentiment de discrimination ; il faut encourager leur participation à la vie de la communauté. Prendre soin d’[elles] ne signifie pas pour la communauté chrétienne un affaiblissement de sa foi et de son témoignage sur l’indissolubilité du mariage, c’est plutôt précisément en cela que s’exprime sa charité » (n°243). Voilà la difficulté : ne pas remettre en cause le témoignage sur l’indissolubilité tout en accueillant ceux qui témoignent du contraire !

Mais c’est bien évidemment sur la question de la communion eucharistique des divorcés ayant contracté une nouvelle union que le pape François était attendu par tous les observateurs. Ceux-ci se sont donc focalisés sur le chapitre huitième, que le pape lui-même présente comme devant interpeller tout le monde (n°7). Il ne se trompe pas.

Dans une première partie, ce chapitre aborde les situations irrégulières (unions civiles et cohabitations libres), présentées comme des situations intermédiaires appelées graduellement à s’orienter vers le mariage chrétien. Celui-ci, « reflet de l’union entre le Christ et son Eglise, se réalise pleinement dans l’union entre un homme et une femme, qui se donnent l’un à l’autre dans un amour exclusif et dans une fidélité libre, s’appartiennent jusqu’à la mort et s’ouvrent à la transmission de la vie, consacrés par le sacrement qui leur confère la grâce pour constituer une Eglise domestique et le ferment d’une vie nouvelle pour la société » (n°292). On remarquera l’inversion des fins du mariage, où la procréation et l’éducation des enfants semblent gommées par rapport à l’amour des personnes. Quant aux unions qui « réalisent au moins en partie et par analogie » tel aspect du mariage chrétien, « les Pères synodaux ont affirmé que l’Eglise ne cesse de valoriser les éléments constructifs dans ces situations qui ne correspondent pas encore ou qui ne correspondent plus à son enseignement sur le mariage » (ibid.). Cela revient à fermer les yeux sur le caractère peccamineux de ces relations hors mariage, afin de les tolérer dans l’espoir que les concubins chemineront vers « la plénitude du mariage et de la famille à la lumière de l’Evangile » (n°294). Le pape estime possible « de mettre en valeur ces signes d’amour qui, d’une manière ou d’une autre, reflètent l’amour de Dieu » (ibid.). Jamais le Vicaire du Christ n’avait affiché une telle complaisance envers des situations si contraires à la morale catholique et au mariage chrétien. Comment est-il possible que des baptisés unis civilement ou vivant dans des unions libres, autrement dit des concubins, puissent refléter l’amour de Dieu ? Lui dont la sainteté est offensée par de tels comportements où la chair a raison de l’esprit. Est-ce là un amour digne des enfants de Dieu et digne d’être couronné éternellement par Lui ?
La seconde partie aborde enfin la question des divorcés dits “remariés”. Là encore il est question « d’intégrer tout le monde » et de trouver la manière de les faire « participer à la vie de la communauté » (n°297), « en évitant toute occasion de scandale » (n°299). Mais comment des pécheurs publics peuvent-ils « vivre et mûrir comme membres vivants de l’Eglise » ? Si ce n’est en se séparant pour que cesse le scandale, ou, à tout le moins, s’il y a des enfants, en vivant comme frère et sœur. Mais ce n’est pas dit. Plus grave, au terme d’une réflexion les excusant de toute faute personnelle (voir les n°300 à 305), le pape en vient à affirmer que « à cause des conditionnements ou des facteurs atténuants, il est possible que, dans une situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement – l’on puisse vivre dans la grâce de Dieu, qu’on puisse aimer, et qu’on puisse également grandir dans la vie de la grâce et dans la charité, en recevant à cet effet l’aide de l’Eglise » (n°305). Cette aide, indique la note 351, passe par le confessionnal et l’accès à l’Eucharistie. Le pape indique donc que l’on peut apporter l’aide des sacrements dans certains cas aux divorcés remariés. S’ils vivent dans la continence perpétuelle et ne pèchent plus, cela pourrait s’envisager, tout risque de scandale étant écarté – mais ce n’est pas dit, ni même envisagé : le pape parle des situations irrégulières auxquelles les lois morales ne peuvent s’appliquer telles quelles (n°305).
Pire, la décision est laissée soit au pasteur invité à faire preuve de miséricorde, c’est-à-dire à ne pas être mesquin (n°304), à ne pas avoir un cœur fermé (n°305), et à ne pas faire du confessionnal « une salle de torture » (note 351) – quel pasteur aura encore le courage de refuser l’absolution sacramentelle au pécheur impénitent, ou l’Eucharistie au pécheur public ? –, soit au discernement du sujet qui « même connaissant bien la norme, peut avoir une grande difficulté à saisir les “valeurs comprises dans la norme”… » (n°301). C’est la porte ouverte au subjectivisme moral. Au contraire, l’Eglise est fidèle à sa mission lorsqu’elle défend la sainteté du mariage, son unité et son indissolubilité, et qu’elle explique au pécheur qu’en prenant la femme de son prochain, il commet un adultère. Ce que la Loi affirmait déjà (cf. Ex. 20, 17 ; Lev. 20, 10 ; Prov. 6, 29), le Christ l’a confirmé : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et quiconque épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère » (Lc 16, 18). Pour l’avoir confessé sans mollir, saint Jean Baptiste l’a payé de sa vie.

Conclusion

Comme au concile Vatican II, c’est au nom d’une nouvelle pastorale que la doctrine de l’Eglise se trouve comme contournée dans la pratique, et finalement altérée.
L’exposé contient assurément de nombreuses élévations, ainsi que d’indiscutables encouragements donnés aux familles : « C’est avec une joie intime et une profonde consolation que l’Eglise regarde les familles qui demeurent fidèles aux enseignements de l’Evangile, en les remerciant et en les encourageant pour le témoignage qu’elles offrent. En effet, elles rendent crédible la beauté du mariage indissoluble et fidèle pour toujours » (n°86).
Malheureusement, dès qu’il aborde les « Défis pastoraux de la famille dans le contexte de l’évangélisation »[13], le pape François semble mettre de côté la doctrine – et la discipline qui en découle – pour favoriser une praxis délétère.
Déjà, le 8 décembre 2015, sont entrées en vigueur les nouvelles procédures canoniques visant à assouplir la reconnaissance des cas de nullité de mariage (motu proprio Mitis judex Dominus Jesus et Mitis et Misericors Jesus du 15 août 2015). L’Exhortation apostolique post-synodale presse les évêques de les mettre en œuvre sérieusement (n°244).
Aujourd’hui, les divorcés “remariés”, mais aussi les concubins, qu’ils soient engagés dans une union civile ou non, font l’objet des prévenances d’une pastorale laxiste qui risque fort de les encourager à rester dans leurs situations ouvertement peccamineuses. Au grand scandale du peuple fidèle, toujours plus désorienté par la nouvelle religion conciliaire.
« Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mt 19, 6). Fidèle à la parole de Dieu, l’Eglise se doit de défendre la sainteté du mariage, quoi qu’il en coûte. C’est là une belle preuve d’amour envers le divin Maître, qui confiait à ses Apôtres : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jn 14, 15).

(Source : FSSPX/MG – DICI n°334 du 22/04/16)
images/icones/neutre.gif  ( 803016 )Indissolubilité et autres questions par fidelis (2016-04-22 17:28:14) 
[en réponse à 802949]

J'ai lu avec attention ce long post extrêmement intéressant et plein d'enseignement. Toutefois, j'ai une ou deux interrogations qui me restent auxquelles les très savants intervenants du forum pourront sans doute répondre, mais, s'il vous plait, en un langage compréhensible par le vulgum pecus auquel j'appartiens.
Notre Seigneur semble excuser Moïse d'autoriser la répudiation contre un simple billet, à cause de la "dureté de vos coeurs". Par contre, cela n'aurait plus lieu d'exister. Les coeurs actuels ne seraient-ils pas aussi durs (si ce n'est plus) que du temps de Moïse?
Ensuite, il semble bien que ce privilège ne soit accordé qu'à l'époux. Qu'en est-il de l'épouse bafouée, peut-être même battue, dont le coeur est généralement moins dur que celui de l'époux?
Il est dit que "la séparation de corps est permise", mais pas semble-t-il, le divorce bien que ce ne soit qu'une procédure administrative et judiciaire constatant ou consommant la rupture du mariage civil, formalité souvent obligatoire avant le mariage religieux (qui est seul sacrement) et auquel l'Eglise ne reconnait aucun droit. Or ce divorce est souvent nécessaire pour la protection de la partie lésée (généralement la femme), la sauvegarde de ses biens et l'entretien de ses enfants. Pourtant de nombreux ecclésiastiques stigmatisent la personne divorcée, encore que non remariée (civilement, s'entend) comme si elle était également fautive. Pourquoi?
images/icones/neutre.gif  ( 803043 )Immaturité en question par Eleazard77 (2016-04-22 19:43:50) 
[en réponse à 802949]

Je rebondis sur ce post pour poser une question qui m'interpelle : Je connais plusieurs cas d'annulation de mariage ( tradi ou non), où le principal argument est l'immaturité... d'où ma question : Dans trois des cas il y a des enfants, peut-on réellement arguer de l'immaturité pour annuler ces mariages ? ( D'ou le problème important de la préparation au mariage) Je vous remercie pour vos réponses
images/icones/hein.gif  ( 803059 )Oui bien sûr par Cath...o (2016-04-22 21:07:11) 
[en réponse à 803043]

Je ne comprends pas bien votre question : où voyez vous une contradiction entre l'immaturité psychologique et la capacité physique d'engendrer des enfants ?
images/icones/neutre.gif  ( 803201 )La nullité est un divorce hypocrite. par le torrentiel (2016-04-25 19:21:37) 
[en réponse à 803059]

Chère Cath...O,



Je réponds, même si je ne suis pas à l'origine de la question.


IL n'y a certes aucun lien entre l'immaturité et la capacité physique d'engendrer des enfants. Seulement, la nullité est une réponse qui annule... la légitimité de ces enfants. Ce n'est pas rien, pour une Eglise qui a toujours considéré disciplinairement les "enfants naturels" come illégitime, et qui a nié pratiquement ou de jure la légitimité des créatures de Dieu nées hors mariage.


En mettant aujourd'hui l'accent sur la nullité, l'Eglise commet ce nouveau contresens historique (et rate encore un rendez-vous avec l'histoire du monde qu'elle a pour mission de conduire au Christ), qu'il y a de plus en plus dd'enfants qui naissent hors mariage et que l'Eglise les déclare illégitimes du fait de l'immaturité de leurs parents, à un moment où elle n'est plus en capacité de mettre au ban de la société les enfants illégitimes.


Dans son encyclique "Amoris laetitia", François note à juste titre que l'enseignement de Jésus sur le mariage s'insère dans une controverse sur le divorce. Ce qu'il


IL n'est certes pas au pouvoir de l'Eglise de renier l'enseignement de Jésus sur l'indissolubilité du mariage. Mais il est en son pouvoir de lui redonner toute sa dimension miséricordieuse.


Jésus a insisté sur l'indissolubilité du mariage pour lutter contre "l'endurcissement du cœur" des pharisiens. Couvrir le divorce du masque de nullité est un endurcissement supplémentaire puisqu'après avoir délégitimé les enfants naturels, on suggère sémantiquement que la relation qui a pris le masque d'un mariage était nulle et non avenue.


C'est un autre endurcissement du cœur de se focaliser sur la situation des divorcés remariés en leur refusant tout sacrement, à commencer par le sacrement de pénitence ou de réconciliation.


L'Eglise sortirait de l'endurcissement en ne retirant pas un iota de son enseignement sur l'indissolubilité du mariage, mais en montrant que la sacramentalité de cet accomplissement n'a rien de naturel. Le sacramentel sublime le naturel.


Or en confondant le sacramentel et le naturel d'une part, et le mariage civil et religieux d'autre part, ceux qui défendent aujourd'hui le mariage l'inscrivent dans la loi naturelle, ce qui achève de rendre incompréhensible le discours sur la nullité.
images/icones/fleche2.gif  ( 803215 )Mais non ! par Cath...o (2016-04-25 21:44:33) 
[en réponse à 803201]

Dans le cas d'une nullité de mariage, les enfants restent bien légitimes !

Can. 1137 - Sont légitimes les enfants conçus ou nés d'un mariage valide ou putatif.

Can. 1061 -
§ 3. Le mariage invalide est appelé putatif, s'il a été célébré de bonne foi au moins par une des parties, jusqu'à ce que les deux parties aient acquis la certitude de sa nullité.


images/icones/neutre.gif  ( 803250 )La logique reste la même... par le torrentiel (2016-04-26 10:50:06) 
[en réponse à 803215]

Ce sont des canons qui décident si des enfants, autrement dit des créatures de dieu, ont le droit d'exister ou non, sont légitimes ou pas.

L'état civil de la République est moins regardant et plus réaliste -la notion de légitimité y a existé, mais essentiellement comme héritage du droit canonique auquel on pardonnera de l'avoir empruntée au droit romain-.


La République ne conteste pas la légitimité de ses citoyens. Elle peut vouloir les "épurer" idéologiquement, mais elle ne conteste pas leur droit d'être nés.


Idem pour le juge des affaires familiales qui interprète le droit de garde en fonction des enfants qui existent.


Indépendamment du baptême et en fonction du mariage, l'Eglise décide qu'il y a des créatures qui ont légitimement vu le jour et des créatures de seconde zone.


Toute cette législation est absurde et mérite un grand nettoyage. Car quand bien même la légitimité des enfants ne serait que juridique aux yeux de l'Eglise, d'une part cela n'a aucune incidence sur le droit positif des etats, et d'autre part "la nullité" et "la légitimité" suggèrent bel et bien ce que j'ai énoncé dans mes deux messages.
images/icones/1i.gif  ( 803252 )Etonnement... sur quels écrits ou quelle tradition vous fondez-vous ? par Glycéra (2016-04-26 11:02:06) 
[en réponse à 803250]


Etonnement,
1 - que vous employiez le mot légitimité
2 - que vous en fassiez un synonyme d'existence
3 - que vous pensiez qu'il y a des zones dues à la maisssance...

Parce que :
si la société purement civile parle de légitimité, elle vise un héritage à attribuer ou refuser, ce n'est pas le cas de l'Eglise.

Parce que : exister, c'est être présent, et que l'Eglise n'a pas le pouvoir d'annihiler, de refuser ce qui est réel. (sauf d'effacer les péchés si le pécheur le demande)

Parce que :
dans la généalogie de Jésus, il y a assez de bâtards, de prostituées, d'homicides et autres "nuls" pour qu'on n'impute pas un tampon de validité aux conditions de vie ou de moeurs à la distribution de miséricorde, de validité, de relation entre Dieu et une créature.

Parce que, encore :
ce n'est pas le péché des parents qui fait celui des enfants, ni même leur maux intimes, ou leur cécité.


Donc, vous m'étonnez, grandement.

Et encore plus de dire que déclarer un acte nul est une hypocrisie dans le divorce...

Il y a eu mariage, avec toutes les conditions requises, écrites, ou il n'y a pas eu un réel mariage. Même si un des deux époux se pense marié, car il était vraiment décidé à l'avoir voulu, si son répondant n'est pas mariable, par immaturité, indécision, non-liberté, ou immariabilité légale ou médicale, ce soi-disnat (disant de lui-même) marié ne n'est pas.

Pour communiquer, il faut être deux, et écouter le retrou du message qu'on a envoyé, pour se disputer, il faut être deux, pour se marier il faut aussi être vraiment deux. Un seul ne suffit pas, même sur son for interne.

Voilà mon étonnement.
A la mesure de l'estime que je porte à votre volonté de raisonner droit au fond des questions.

Avec mes bonnes salutations
Glycéra
images/icones/neutre.gif  ( 803280 )Mes réponses à vos étonnements: par le torrentiel (2016-04-26 18:10:22) 
[en réponse à 803252]

Chère dame Glycéra,

Je réponds à vos "étonnement(s".

"1 - que vous employiez le mot légitimité".

Est-ce moi ou le Can. 1137 - qui emploie le mot "légitimité" ? Je rappelle la citation que nous en a donnée cath...o :

"Sont légitimes les enfants conçus ou nés d'un mariage valide ou putatif."

"2 - que vous en fassiez un synonyme d'existence."

Je n'en fais pas un synonyme d'existence, mais je tire du mot "légitimité" sa charge suggestive, et je prétends que le mot "légitimité" suggère qu'il y a des créatures de Dieu qui existent légitimement et d'autres qui n'existent pas légitimement.

"3 - que vous pensiez qu'il y a des zones dues à la maisssance..."

Je ne comprends pas ce que vous voulez dire. Peut-être un lapsus calami aura-t-il obscurci votre pensée ?


"si la société purement civile parle de légitimité, elle vise un héritage à attribuer ou refuser, ce n'est pas le cas de l'Eglise."

C'est bien ce que je dis en soulignant que la reconnaissance de la légitimité d'un enfant par l'Eglise n'emporte plus aucune influence sur le droit positif des Etats. C'est un effet bénéfique de la laïcité post-révolutionnaire...


"Parce que : exister, c'est être présent, et que l'Eglise n'a pas le pouvoir d'annihiler, de refuser ce qui est réel."

A mon avis, cela va plus loin. Toute personne qui existe existe par la Volonté de Dieu, et l'Eglise n'a non seulement pas "le pouvoir d'annihiler ce qui est réel", mais elle n'a pas le droit d'aller contre la Volonté de Dieu en suggérant que tel enfant n'existe pas légitimement.


Je vous étonne "encore plus de dire que déclarer un acte nul est une hypocrisie dans le divorce..."

Vous m'aurez mal lu. Je dis que la déclaration de nullité d'un mariage est un divorce hypocrite. Sous prétexte de refuser un mal civil et de refuser de dire que deux époux se séparent parce que leur union devient invivable alors même que l'Eglise reconaît la séparation de corps, elle prétend que le mariage n'aurait jamais dû être célébré et que le "oui" qui a été prononcé par les deux époux ne valait rien.


"Il y a eu mariage, avec toutes les conditions requises, écrites, ou il n'y a pas eu un réel mariage. Même si un des deux époux se pense marié, car il était
vraiment décidé à l'avoir voulu, si son répondant n'est pas mariable, par immaturité, indécision, non-liberté, ou immariabilité légale ou médicale, ce soi-disant (disant de lui-même) marié ne l'est pas."

Le canon 1061-3. n'est pas tou à fait d'accord avec vous. Ou plus exactement, il aggrave l'hypocrisie de la déclaration de nullité. Je le cite :

"Le mariage invalide est appelé putatif, s'il a été célébré de bonne foi au moins par une des parties, jusqu'à ce que les deux parties aient acquis la certitude de sa nullité."

Et je le commente :

"s'il [le mariage] a été célébré de bonne foi au moins par une des parties."

a) Il arrive fréquemment que, "de bonne foi", une partie non croyante épouse une partie croyante à l'église pour lui faire plaisir, et tout le monde le sait au moment de la célébration du mariage, des époux qui se donnent le sacrement au prêtre qui en est le témoin canonique.

b) C'est ensuite de l'extérieur que l'on décide que l'une des parties, généralement "la partie non croyante", n'était pas mûre au moment de la célébration du mariage.

c) Le constat en est fait à la demande de la partie croyante, à qui seul importe que son mariage soit déclaré nul, à moins que la partie non croyante ayant soudain retrouvé la foi et/ou voulant se remarier à l'église avec une autre partie croyante ou qui aime le folklore éclésiastique de la célébration du mariage, ne soit à l'origine de la demande pour pouvoir assouvir ce nouveau désir de mariage.


Mais je le répète : le plus souvent, c'est à la partie croyante qu'il importe que la nullité de son mariage soit reconnue, car elle veut refaire sa vie dans le cadre des prescriptions de l'Eglise.

Or que dit le canon 1063-3. ? Pour qu'un mariage soit réputé "putatif", il faut que les deux parties aient acquis la certitude de sa nullité.

Que fera la partie non croyante ? Si elle est de bonne composition, elle reconnaîtra la nullité du mariage pour complaire à la partie croyante, comme elle aura auparavant accepté de se marier à l'église pour lui faire plaisir.

Si elle a de l'honneur, elle ne voudra pas se baigner deux fois dans le même fleuve et abuser de sa complaisance en étant déclarée immature ou en endossant les torts du divorce hypocrite qui conduit à la déclaration de nullité du mariage.


Je vous remercie de reconnaître ma "volonté de raisonner droit au fond des questions", car elle est réelle et constante.


Notre estime réciproque est trop ancienne pour que nous ayons à en faire état.


Votre ami le torrentiel
images/icones/fleche2.gif  ( 803332 )Il se fait tard ... par Cath...o (2016-04-26 23:44:47) 
[en réponse à 803280]

... et je ne suis pas certaine d'avoir compris tout ce que vous écrivez, mais tout de même, il me semble que vous ne connaissez pas bien la réalité d'une nullité de mariage ...

Ce n'est pas le canon 1061-3 qui traite le plus précisément de ce sujet, mais bien plus communément le canon 1095 (§1,2,3)


Canon 1095 - Sont incapables de contracter mariage les personnes :
1° qui n'ont pas l'usage suffisant de la raison ;
2° qui souffrent d'un grave défaut de discernement concernant les droits et les devoirs essentiels du mariage à donner et à recevoir mutuellement...
3° qui pour des causes de nature psychique ne peuvent assumer les obligations essentielles du mariage.



Il faut que l'un de ces canons soit applicable à l'un des époux à la date du mariage pour que le mariage soit reconnu nul.

On ne parle aucunement là dedans de conjoint non croyant ! Et ce n'est pas à une des parties de "reconnaître la nullité du mariage pour complaire à la partie croyante", mais bien au jury après une enquête d'en décider selon le droit de l'Eglise.

Enfin, on ne demande pas la reconnaissance d'une nullité pour "refaire sa vie" !! Chat échaudé craint l'eau froide ! On la demande juste pour que soit reconnue, actée une vérité dont on est persuadé(e) !
images/icones/neutre.gif  ( 803375 )Le droit canon continue donc dans l'inhumanité. par le torrentiel (2016-04-27 16:01:29) 
[en réponse à 803332]

Si je résume au lieu de commenter, sont interdits de contracter mariage les déficients intellectuels, mentaux et psychiques,


Sacerdos Simplex me dira que c'est pour rehausser le prestige du mariage afin que ne se marie que la fine fleur à l'exception des non "simples d'esprit", qui n'ont évidemment rien à voir avec les béatitudes...


Il ajoutera que je suis caricatural si j'en tire la conséquence que ceux-ci n'ont qu'à aller se faire stériliser, s'ils ne peuvent ni ne veulent vivre dans la continence...


Le canon que je commentais et que vous citiez traitait des condition qu'il fallait réunir pour qu'un mariage devienne "putatif" Il stipulait que ce caractère putatif devait être reconnu par les deux parties contractantes avant de l'être par un jury canonique.


Enfin, j'essayais de décrire comme j'imagine qu'il se produit le processus qui conduit à une déclaration de nullité de mariage.


J'imagine que si l'un des partenaires du couple ne se sent pas concerné, il passe outre cette procédure qui le conduit au tribunal clésiastique, et la nullité est prononcée dans son dos.


Je me plaçais dans le cas où la partie convoquée et peu concernée, ne fût-elle pas croyante, était de bonne composition.
images/icones/fleur.gif  ( 803381 )Et si au lieu d'imaginer ... par Cath...o (2016-04-27 17:38:27) 
[en réponse à 803375]

... vous vous renseigniez sur la réalité ?

Parce que pour le moment entre (je vous cite)


Enfin, j'essayais de décrire comme j'imagine qu'il se produit le processus qui conduit à une déclaration de nullité de mariage.



et

J'imagine que si l'un des partenaires du couple ne se sent pas concerné, il passe outre cette procédure qui le conduit au tribunal eccclésiastique, et la nullité est prononcée dans son dos.



on est un peu dans une représentation tout à fait imaginaire, non ?


Quant à l'inhumanité, je ne la ressens pas. Peut-être pourriez vous nous expliquer ce que vous mettez dans le terme "mariage" ? Je ne suis pas théologienne, mais comme ça, à la louche, je parlerais pour ma part de don total de soi, de l'accueil et de l'éducation d'enfants ... Que vaudrait l'engagement de quelqu'un qui ne comprend pas à quoi il s'engage, ou qui le comprend mais ne peut clairement pas le respecter ?
images/icones/neutre.gif  ( 803409 )Mais de grâce, mettez des bornes à mon imagination! par le torrentiel (2016-04-28 01:00:23) 
[en réponse à 803381]

Chère Cath...o,

Vous n'en avez jamais fait mystère sur ce forum, vous avez été confrontée à ce genre de situations. Eh bien racontez-nous, ou bien plus simplement, dites en quoi mon imagination se fourvoie. Je suis certain que le "vulgum pecus" se fourvoie comme moi, vous ferez oeuvre utile en le détrompant et en me connectant au réel.


Vous voulez que je vous dise ce qu'est pour moi un mariage? La même chose que pour vous, mais avec des objections dirimentes qui tombent en fonction de l'éventuelle fragilité des mariés. Je ne leur refuse pas le mariage, j'adapte le mariage à leur éventuelle fragilité. Car pour moi,


les conditions du Sacrement sont faites pour la condition des personnes humaines, et non la condition des personnes humaines pour épouser le moule des conditions des sacrements.


Pour vous, une personne déficiente mentale, intellectuelle ou psychique n'est pas responsable, donc elle ne peut pas se marier. Elle est certes le plus souvent incapable d'élever des enfants, mais elle peut en concevoir, les aimer et les élever avec de l'aide. Elle n'est pas responsable, donc elle ne peut pas se marier.


Introduisez un troisième terme dans votre raisonnement: une personne déficiente mentale, intellectuelle ou psychique n'est pas responsable. Donc théoriquement, elle ne peut pas se marier, mais elle a une affectivité. Qu'en fait-elle et qu'en faites-vous?


Pour moi, c'est très simple : elle peut se marier, et les conditions qui s'imposent à son mariage doivent s'adapter à sa situation. La règle juridique doit s'adapter à l'exception personnelle en fonction e l'
option préférentielle pour les pauvres.


Allez, je ne vous ferai pas l'injure de confondre votre solide culture canonique, évangélique et théologique en vous supposant capable de confondre les "simples d'esprit" et les "pauvres de coeur" comme devant également bénéficier de votre mansuétude charitable au titre des béatitudes. "Les pauvres de coeur" ne sont pas "les simples d'esprit", mais ces derniers sont plus christiques encore que les précédents. Ils sont fraternellement identifiés au Christ Lui-même et malgré eux au titre de Mathieu XXV, et comme ils Lui sont identifiés inconsciemment, ils n'ont pas les mêmes obligations de continence qui furent celles de l'Homme-Dieu, et qui devraient tout à la fois leur interdire le mariage et la vie affective...


Que dis-je enfin et de manière plus générale?Qu'il y a des mots dont la charge sémantique est tellement négativement suggestive, ou, si vous préférez, qu'il y a des mots tellement chargés, qu'il vaut mieux s'en abstenir. C'est le cas du mot "nullité" pour dissoudre un mariage qui a donné lieu à la naissance d'enfants qui auront tôt fait d'en conclure qu'ils sont "nuls" comme le mariage dont ils sont le fruit. C'est aussi le cas du mot "abandon" qu'on ne peut pas demander à des mères qui confient leurs enfants à l'adoption d'apposer sur un acte où elles déclarent ne pas pouvoir les élever. On ne peut pas être contre l'avortement et l'homoparentalité et contre l'accouchement sous X. On ne peut pas non plus être pour la PMA et pour l'adoption. Et en l'occurrence, que les bénéficiaires de la PMA soient un couple classique ou un duo lesbien, c'est la logique hédoniste de la PMA et du droit égoïste à un enfant porteur de ses gènes pour un couple infertile qui est répréhensible, et qui joue contre l'adoption.


Mais sans doute, en suivant la logique de l'Eglise à propos du mariage, que vous voulez conserver pourvu que la tartuferie de la nullité soit sauve, vous serez contre le fait que des "mères abandonnantes" et même pas mariées, tellement irresponsables qu'elles ont fait des enfants sans pouvoir les élever, les confient à l'adoption pour les rendre moins malheureux...


Si je puis me permettre, vous avez tenu à faire annuler votre mariage. Mais que faites-vous des autres?Une fois que vous avez ou que vous aurez votre conscience bien en règle? C'est tout cet égoïsme et toute cette tartuferie qui doivent être balayées de la théologie sacramentelle du mariage, au-delà des débats sur les divorcés remariés et sur "Amoris laetitia" qui voudrait bien faire un pas dans le même sens que moi, mais qui a peur des bien-pensants!
images/icones/1a.gif  ( 803425 )Houla, que de sujets !! par Cath...o (2016-04-28 11:11:37) 
[en réponse à 803409]

Je vous propose de les traiter un par un, sinon je ne m'en sortirai pas ! Et comme je n'ai aucune "culture canonique, évangélique et théologique", si d'autres veulent joindre leurs réponses plus pointues à ce que je tenterai de dire avec mes simples mots, je ne suis pas contre un coup de main !!

Je vais commencer par les termes "annuler", "nullité", etc ...

Comme Glycera, je préfère le terme "reconnaissance de nullité" à celui d'"annulation". Le mariage religieux, en raison principalement du canon que je vous ai cité (même s'il y a d'autres raisons parfois, mais faisons simple ...) n'a tout simplement ... jamais existé ! Les conditions n'étaient pas remplies pour qu'il existe.

Et c'est cela que l'on demande à l'Eglise de reconnaître en lui soumettant le dossier.

A partir de là je peux répondre à deux de vos objections:


Une fois que vous avez ou que vous aurez votre conscience bien en règle?



Mais ma conscience n'a rien à voir là-dedans ! On ne demande pas une reconnaissance de nullité pour avoir sa conscience en règle ! Ou si vous préférez : en quoi ma conscience m'aurait-elle chatouillée si je ne l'avais pas fait ?

Ou à la limite (et là je réponds à votre deuxième objection) :

C'est le cas du mot "nullité" pour dissoudre un mariage qui a donné lieu à la naissance d'enfants qui auront tôt fait d'en conclure qu'ils sont "nuls" comme le mariage dont ils sont le fruit.



effectivement j'aurais pu m'en vouloir de continuer à faire croire à mes enfants (et à ceux qui m'entourent) que la relation de couple que j'avais était un "vrai" mariage. Puisque j'étais persuadée que ce n'était pas le cas.

Je reste persuadée que dans les situations difficiles c'est la vérité qui est la plus facile à comprendre. Mes enfants (certes déjà grands !) ont attendu come moi le jugement, et s'en sont réjouis ! Ils n'ont aucunement eu l'impression d'être des citoyens de deuxième zone, de ne pas avoir été désirés ou je ne sais quoi encore. Par contre ils ont pu se dire à l'orée de l'âge adulte "ce que mes parents vivent n'est pas un vrai mariage, ouf, l'Eglise reconnait que ce n'est pas ça le mariage, je suis rassuré sur mon propre avenir" Voyez vous la différence, en quoi la vérité peut libérer au lieu de détruire ?

Oups, je n'ai pas vu le temps passer !! Bon, je file, suite de la conversation plus tard !
images/icones/neutre.gif  ( 803411 )Mais de grâce, mettez des bornes à mon imagination! par le torrentiel (2016-04-28 01:03:28) 
[en réponse à 803381]

Chère Cath...o,

Vous n'en avez jamais fait mystère sur ce forum, vous avez été confrontée à ce genre de situations. Eh bien racontez-nous, ou bien plus simplement, dites en quoi mon imagination se fourvoie. Je suis certain que le "vulgum pecus" se fourvoie comme moi, vous ferez oeuvre utile en le détrompant et en me connectant au réel.


Vous voulez que je vous dise ce qu'est pour moi un mariage? La même chose que pour vous, mais avec des objections dirimentes qui tombent en fonction de l'éventuelle fragilité des mariés. Je ne leur refuse pas le mariage, j'adapte le mariage à leur éventuelle fragilité. Car pour moi,


les conditions du Sacrement sont faites pour la condition des personnes humaines, et non la condition des personnes humaines pour épouser le moule des conditions des sacrements.


Pour vous, une personne déficiente mentale, intellectuelle ou psychique n'est pas responsable, donc elle ne peut pas se marier. Elle est certes le plus souvent incapable d'élever des enfants, mais elle peut en concevoir, les aimer et les élever avec de l'aide. Elle n'est pas responsable, donc elle ne peut pas se marier.


Introduisez un troisième terme dans votre raisonnement: une personne déficiente mentale, intellectuelle ou psychique n'est pas responsable. Donc théoriquement, elle ne peut pas se marier, mais elle a une affectivité. Qu'en fait-elle et qu'en faites-vous?


Pour moi, c'est très simple : elle peut se marier, et les conditions qui s'imposent à son mariage doivent s'adapter à sa situation. La règle juridique doit s'adapter à l'exception personnelle en fonction e l'
option préférentielle pour les pauvres.


Allez, je ne vous ferai pas l'injure de confondre votre solide culture canonique, évangélique et théologique en vous supposant capable de confondre les "simples d'esprit" et les "pauvres de coeur" comme devant également bénéficier de votre mansuétude charitable au titre des béatitudes. "Les pauvres de coeur" ne sont pas "les simples d'esprit", mais ces derniers sont plus christiques encore que les précédents. Ils sont fraternellement identifiés au Christ Lui-même et malgré eux au titre de Mathieu XXV, et comme ils Lui sont identifiés inconsciemment, ils n'ont pas les mêmes obligations de continence qui furent celles de l'Homme-Dieu, et qui devraient tout à la fois leur interdire le mariage et la vie affective...


Que dis-je enfin et de manière plus générale?Qu'il y a des mots dont la charge sémantique est tellement négativement suggestive, ou, si vous préférez, qu'il y a des mots tellement chargés, qu'il vaut mieux s'en abstenir. C'est le cas du mot "nullité" pour dissoudre un mariage qui a donné lieu à la naissance d'enfants qui auront tôt fait d'en conclure qu'ils sont "nuls" comme le mariage dont ils sont le fruit. C'est aussi le cas du mot "abandon" qu'on ne peut pas demander à des mères qui confient leurs enfants à l'adoption d'apposer sur un acte où elles déclarent ne pas pouvoir les élever. On ne peut pas être contre l'avortement et l'homoparentalité et contre l'accouchement sous X. On ne peut pas non plus être pour la PMA et pour l'adoption. Et en l'occurrence, que les bénéficiaires de la PMA soient un couple classique ou un duo lesbien, c'est la logique hédoniste de la PMA et du droit égoïste à un enfant porteur de ses gènes pour un couple infertile qui est répréhensible, et qui joue contre l'adoption.


Mais sans doute, en suivant la logique de l'Eglise à propos du mariage, que vous voulez conserver pourvu que la tartuferie de la nullité soit sauve, vous serez contre le fait que des "mères abandonnantes" et même pas mariées, tellement irresponsables qu'elles ont fait des enfants sans pouvoir les élever, les confient à l'adoption pour les rendre moins malheureux...


Si je puis me permettre, vous avez tenu à faire annuler votre mariage. Mais que faites-vous des autres?Une fois que vous avez ou que vous aurez votre conscience bien en règle? C'est tout cet égoïsme et toute cette tartuferie qui doivent être balayées de la théologie sacramentelle du mariage, au-delà des débats sur les divorcés remariés et sur "Amoris laetitia" qui voudrait bien faire un pas dans le même sens que moi, mais qui a peur des bien-pensants!
images/icones/neutre.gif  ( 803482 )Vous renversez tout... par Meneau (2016-04-28 21:52:50) 
[en réponse à 803280]

Votre analyse du can. 1061 renverse complètement l'intention du droit. Pas étonnant que vous le trouviez hypocrite ou inhumain et qu'ensuite vous imaginiez des enfants qui "de seconde zone"...

Le droit canon protège justement les époux de bonne foi et leurs enfants, c'est tout le contraire de ce que vous affirmez.

Il faut commencer par le Can. 1060 :

Le mariage jouit de la faveur du droit; c'est pourquoi, en cas de doute, il faut tenir le mariage pour valide, jusqu'à preuve du contraire.



Tout enfant né d'un tel mariage, donc un mariage pour lequel on n'a pas de preuve de nullité, est légitime. Ce pour éviter justement que la moindre question existentielle d'un des époux ou de son entourage ne fasse peser un doute sur la légitimité des enfants.

Un mariage où les deux parties étaient de mauvaise foi est évidemment invalide. A partir du moment où l'une des parties était de bonne foi, même si de fait il était invalide, il est nommé putatif (présumé valide) justement pour protéger la partie de bonne foi et les enfants.

Quant à l'hypocrisie de la reconnaissance en nullité... là encore vous inversez tout. Il y aurait hypocrisie complète à se prétendre toujours marié si le mariage était de fait invalide, et que les deux parties en étaient convaincues.

Voilà pour le droit.

Maintenant, là où je peux vous rejoindre, c'est sur l'hypocrisie éventuelle d'une ou des deux parties lors de la préparation au mariage, et lors de la demande d'annulation ensuite. Car c'est bien de cela qu'il s'agit dans votre analyse aux points a, b et c. Non pas de l'hypocrisie du droit canon, mais de l'hypocrisie des gens.

Cordialement
Meneau


images/icones/neutre.gif  ( 803733 )L'hypocrisie change de camp, votre analyse est convaincante sur ce point. par le torrentiel (2016-05-02 10:46:48) 
[en réponse à 803482]

Et elle rejoint celle de Cath...o sur la manière dont ses enfants ont vécu la reconnaissance de la nullité canonique du mariage de leurs parents. Mais les enfants de cath...o étaient donc accessibles à un niveau de subtilité qui les a faits ne pas se sentir jeter ou rejetés avec l'eau du bain, et en l'espèce avec les conditions non matrimoniales de leurs conception. Reconnaissez que ce n'est pas le cas de tout le monde.


Comment, au vu de notre discussion, le problème se pose-t-il ou comment peut-on déplacer son positionnement?



a) en amont de la célébration du sacrement, il peut y avoir une mauvaise foi de ceux qui le demandent et qui, en quelque sorte, ont tellement besoin de la bénédiction de Dieu et qu'Il vive en tiers dans leur relation, qu'Il bénisse leur amour, qu'ils seraient prêts à prendre des libertés avec la vérité pour Le faire participer à leur histoire.

Ils ne font jamais que ce que Jacob a fait avant eux: ils volent la bénédiction de Dieu. Ils en ont besoin. Ils ne disent pas tout, mentent par omission et font preuve d'hypocrisie par besoin de la bénédiction de Dieu. L'hypocrisie est de leur côté et pas de celui des officialités qui reconnaissent la nullité de leur sacrement de mariage. Qui en reconnaissent la nullité plus qu'elles ne l'annulent, je vous accorde tout cela.

Ces couples qui sont de mauvaise foi pour voler la bénédiction de Dieu n'agissent pas bien, on ne saurait le nier. Mais pourquoi agissent-ils mal? Ils sont conduits à mal agir parce que l'Eglise a assorti le mariage à un cadre très précis dans lequel la majorité des situations individuelles est loin de pouvoir entrer. Si je force un peu l'analogie, il en va du mariage comme du salut: "Qui peut se marier?" "Pour les hommes, c'est impossible, mais rien n'est impossible à Dieu."


La plupart des mariages qui sont célébrés sont nuls, c'est un secret de polichinelle qu'ont éventé certains prêtres à l'occasion du synode sur la famille. Mais il faut que le sacrement soit fait pour l'homme et non l'homme pour le sacrement. Le mariage ne peut pas s'adapter complètement à l'évolution des moeurs, mais il doit en tenir compte dans une mesure raisonnable. Sans compter qu'un couple qui n'entrerait pas dans le cadre qui lui permettrait de se marier n'a, d'après l'Eglise, qu'une alternative, qui est la continence. Saint-Paul a dit lui-même, lorsqu'on croyait que le retour du christ était imminent, qu'"il vaut mieux se marier que brûler". L'Eglise ne peut pas édicter des règles tellement strictes, voire inapplicables, que les fidèles soient amenés à conclure, pour reprendre le langage de Tertullien, que, si telles sont les prescriptions attachées au mariage qu'elles excluent tous les immatures et les irresponsables de toutes sortes(qui peut être vraiment sûr d'être mûr?), les déficients intellectuels, mentaux ou psychiques comme je l'ai dit dans un précédent message, il vaut mieux forniquer que se marier... Cela ne peut pas tenir.


b) Même en acceptant le correctif introduit par dame Glycéra et repris à son compte par Cath...o qu'autre chose est de "déclarer nul" un sacrrement et autre chose d'annuler une réalité humaine qui a par erreur été vécue comme si elle avait été un sacrement, cela n'est pas sans laisser subsister deux problèmes :

-Le premier, qui est rarement évoqué, est que le sacrement est un serment sur la durée, alors que le christ a averti l'insuffisance humaine de ne pas faire de serments. L'homme est incapable de garantir qu'il va pouvoir tenir sur la durée. Il est vrai qu'un sacrement est un serment fait "avec la Grâce de dieu". De plus, le mariage semble être excepté de cette incapacité, puisque le Seigneur demande : "Que l'homme ne sépare pas ce que Dieu a uni !"


-Déclarer nul (et non annuler) un mariage, c'est dire qu'il n'a pas existé comme mariage. J'entends bien que ce n'est pas la même chose que de dire que l'union n'a pas existé. Mais c'est tout de même la délégitimer au plan sacramentel. Or l'Eglise est une institution qui parie sur l'existence de l'Invisible. Une institution qui parie sur l'existence de l'INvisible peut-elle dénier, même suggestivement, l'existence du visible? Non que le SAcrement soit proprement du visible, mais il rend visible. Car c'est pour rendre l'union visible et légitime qu'on a souhaité se donner le Sacrement du mariage, qui peut ensuite être déclaré nul.

L'eglise qui parie sur l'existence de l'INvisible peut être amenée à dire que ce qui avait paru visible n'avait pas d'existence légitime. L'eglise n'en paraît que plus déconnectée du réel, c'est-à-dire de ce qui existe visiblement. Et cela n'est pas porté à son crédit, non par le monde qui n'est pas là pour l'accréditer, mais par les fidèles qui peuvent penser que, si l'Eglise parie sur l'existence de l'Invisible et ne reconnaît pas ce qui existe visiblement, cela n'augure pas bien de sa lucidité.


J'ai bien conscience que cette remise en cause est profonde et peut passer pour violente sous des dehors acidulés. Mais croyez bien que les arguments que j'avance sont sincères et présentés par quelqu'un qui a la foi faute d'être un bon chrétien, et s'autorise de sa liberté de croyant pour discuter en raison une théologie, qui lui paraît être un trésor sur lequel une certaine élité éclésiale est assise en empêchant les autres d'y entrer ou d'y avoir accès par un excès de juridisme qui fait peu de cas des questions existentielles, alors que la morale chrétienne est existentialiste, est une morale librement appliquée par des pécheurs sauvés en espérance et qui aspirent à être conséquents.
images/icones/4a.gif  ( 803253 )Cela fait longtemps qu'il n'y a plus aucune discrimination entre catégories d'enfants. par Sacerdos simplex (2016-04-26 11:35:05) 
[en réponse à 803250]

Il n'y a aucun canon du Code de 1983 qui établisse des droits uniquement réservés aux enfants légitimes !...
Tous les baptisés catholiques ont les mêmes droits.
Et ce qui a pu exister dans le passé (essentiellement des restrictions pour l'accès au sacerdoce) était fondé sur le fait qu'être un enfant illégitime était considéré par l'ensemble de la population comme une infamie, et il était ...légitime de vouloir préserver le prestige du sacerdoce.



Vos attaques contre l'Eglise sont injustes, caricaturales ("ils n'ont pas le droit d'exister" !...), et odieuses.




images/icones/neutre.gif  ( 803290 )Oh Dieu, qu'il est odieux d'être traité d'odieux par un prêtre! par le torrentiel (2016-04-26 18:51:31) 
[en réponse à 803253]

Etre trouvé "odieux" par un "sacerdos simplex"" glace le sang du simplet fidèle que je suis. Mais peut-on raisonner avec vous ?

"Il n'y a aucun canon du Code de 1983 qui établisse des droits uniquement réservés aux enfants légitimes !..."

Je m'étonne que les pourfendeurs du "lobby gay" parce qu'il réclamait des droits civils au nom d'intérêts catégoriels qui auraient attenté au bien commun, aient une pensée tellement juridique et souple qu'ils peuvent devenir sensible aux inégalités des droit...

Figurez-vous que ma préoccupation n'a pas du tout le droit pour objet.


Du passé faisons table rase : "Et ce qui a pu exister dans le passé..."Balayons le passé ! "Il n'y a aucun canon du Code de 1983 qui établisse des droits uniquement réservés aux enfants légitimes !..." Du moment que ce n'est plus vrai depuis trente ans, on se moque bien de ce qui a pu avoir cours pendant plus d'un millénaire et demie dans l'Église. Curieux raisonnement pour un "sacerdos simplex" soucieux de la Tradition dans l'Eglise.


"ce qui a pu exister dans le passé" "était fondé sur le fait qu'être un enfant illégitime
était considéré par l'ensemble de la population comme une infamie". Pour cette raison, l'Eglise était fondée à épouser l'opinion de la société de son temps. Préjugé démocratique que vous n'étendriez pas, mon Père, jusqu'à trouver bon que l'Eglise s'adapte aux opinions présentes. Est-ce parce que l'Eglise ne les influence plus guère ?


"Et il était légitime de vouloir préserver le prestige du sacerdoce." Le sacerdoce serait-il une confrérie prestigieuse comme l'ordre du saint-Esprit pour les chevaliers ? Et si Dieu avait voulu y appeler des enfants illégitimes et que le souci du prestige de cette confrérie eût fait barrage à cette volonté ! Je note que pour un "sacerdos simplex", vous ne manquez pas d'orgueil rétrospectif pour la confrérie qui vous a reçu dans son Ordre!


Selon vous, j'attaquerais l'Eglise en lui demandant plus de cohérence, de charité et moins d'hypocrisie. Je n'ai pas l'impression d'attaquer l'Eglise. Par contre, je me flatterais presque d'attaquer des gens d'eglise tels que vous, et je ne sais pas qui, de nous deux, est le plus "odieux", tout "sacerdos simplex" que vous soyez et si "simplet fidèle" que je paraisse !

Sans la liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur !


Le torrentiel, qui respecte en vous le prêtre !
images/icones/heho.gif  ( 803063 )Déclarer nul... et non annuler par Glycéra (2016-04-23 00:48:34) 
[en réponse à 803043]



Ce n'est pas pareil !
Le mariage civil peut être annulé, dans ce cas, tout est gommé, plus de mention, mais la république dit qu'il y eut, et qu'elle annule. Même logique que le "droit" de divorcer après avoir dit "oui, j'assume". Quand le droit n'est plus droit...

Pas l'Eglise.
Elle dit : il n'y a rien eu, car il n'y avait, à l'analyse, pas les conditions pour qu'il y eut.

Pas pareil !


Ne parlons pas comme les ignorants de ces choses.
Les chrétiens doivent employer le langage de leur Mère, l'Eglise.
Ils ne sont pas du monde.

images/icones/hum2.gif  ( 803045 )Une analyse par Rémi (2016-04-22 19:51:06) 
[en réponse à 802949]

à laquelle je souscris. Voilà voilà ...