Le Forum Catholique

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images/icones/find.gif  ( 802175 )Thibaud Collin : "Amoris laetitia est plein d'ambivalence" par Quaerere Deum (2016-04-12 09:19:36) 

Vu sur le site de Radio Notre Dame (via http://belgicatho.hautetfort.com) :


Vendredi 8 avril, le Vatican a officiellement publié l'exhortation apostolique "Amoris laetitia". Ce texte synthétise et conclut deux ans de débats autour des deux synodes sur la famille. Thibaud Collin analyse pour Radio Notre Dame ce texte.


Thibaud Collin est agrégé de philosophie et auteur de "Divorcés-remariés : l'Eglise va-t-elle (enfin) évoluer ?" (DDB, 2014).

Cette exhortation apostolique Amoris laetitia était très attendue au sein de l'Eglise catholique, mais aussi à l'extérieur. Beaucoup attendait de voir comment, à l'issue de ces deux années de débats et de synode, le pape allait traiter la question des divorcés-remariés. Comment, finalement, le Saint-Père tranche-t-il ce débat ?

Sur les divorcés-remariés, le pape ne prend pas position. Il cite le texte du synode de 2015, qui lui-même concluait de manière totalement indéterminée sur cette question. A aucun moment, le pape ne dit que les divorcés-remariés, qui vivent maritalement, peuvent communier. Mais le texte peut être interprété dans ce sens là. Le pape reste totalement dans l'indétermination. Cela pose un gros problème car tous les débats qui ont eu lieu au moment du synode, et qui ne sont donc pas tranchés, vont repartir de plus belles. Il risque d'y avoir des polémiques indéfinies sur les interprétations à donner au texte.

La gestion au cas par cas des situations de divorcés-remariés est de nouveau mise en avant dans cette Exhortation apostolique ?

Bien sûr, le Pape appelle à traiter la question des divorcés-remariés au cas par cas, dans le respect des exigences de l'Evangile et de la vérité. Mais il y a autant d'éléments qui permettent de trancher dans un sens, les divorcés-remariés peuvent communier dans certains cas, ou dans l'autre, les divorcés-remariés ne peuvent pas communier. Il va donc y avoir deux lectures possibles. D'un côté, il y a ceux qui vont faire une interprétation dans la continuité, en lisant ce texte à partir des écrits de Jean-Paul II et Benoît XVI. Ceux là concluront que la doctrine n'a pas changé. De l'autre côté, il y a ceux qui auront une interprétation de la rupture. Pour eux ce sera une nouveauté, car ils y verront la ligne défendue par le cardinal Walter Kasper finalement adoptée, alors qu'elle avait été refusée par le cardinal Ratzinger sous le pontificat de Jean-Paul II.

Il y a quelque chose d'assez décourageant de revenir à la ligne qui existait avant le Synode, il y a deux ans. Le fait que le pape ne tranche pas, laisse les interprétations ouvertes pose la question d'une double morale. Le pape s'oppose dans l'exhortation apostolique à cette double morale, mais c'est en quelque sorte ce qu'il est entrain de créer avec ce texte. Le texte prépare à ce qu'il y est, d'une part, une morale doctrinale, c'est-à-dire un idéal à atteindre, et d'autre part, une pastorale où ce qui est interdit idéalement devient possible. Alors, on peut se dire que ce n'est pas nouveau car c'est déjà ce qui se passe avec la contraception. En novembre 1968, la lettre encyclique Humanae vitae de Paul VI (dans laquelle il disqualifie définitivement toute méthode de contraception artificielle, les estimant intrinsèquement "dishonnêtes") a été reçue de manière très différente au sein de l'épiscopat français. La contraception est dès lors devenue un non-sujet, quelque chose de totalement optionnelle. Le danger est que la question des divorcés-remariés deviennent aussi une sorte de sujet tabou, dont plus personne ne parle. Et ça, ce serait dramatique car ce serait tout à fait contraire à la vérité sur le mariage et la sexualité telle que Saint Jean-Paul II l'a développé dans ses encycliques et dans sa théologie du corps.

Finalement, ces deux ans de débats n'auront pas servi à grand chose. Les fidèles qui souhaitaient une ligne claire à suivre, ont attendu pour rien ?

On a attendu pour en rester exactement à la même situation. Sauf que désormais, les gens vont polémiquer sur un texte qui a une autorité plus importante que la Relatio Synodi. Il y a, dans ce texte, tous les arguments pour interpréter de deux façons. C'est évident que le pape veut aller dans le sens de la libéralisation, mais qu'en même temps il ne peut pas aller jusqu'au bout. Ce serait une vraie rupture doctrinale, s'il le faisait, mais il ne veut pas l'assumer, et c'est tout à son honneur. On est dans une situation de blocage qui va perturber la conscience des fidèles.

Malgré tout, si rien ne change et n'est tranché sur la question des divorcés-remariés, quelles sont les évolutions notables de cette exhortation apostolique ?

Ce qui change, d'une certaine manière, c'est l'enjeu d'accompagner les personnes là où elles sont, pour les amener progressivement à reconnaître la bonté et la vérité de l’évangile sur le mariage et l'amour humain. Il y a une méthode très développée, notamment dans le chapitre 8. C'est un point évidemment très intéressant. Mais là aussi, on retrouve la même ambivalence que sur la question des divorcés-remariés. Finalement, est-ce-qu'à force de valoriser fortement ce que les personnes vivent (personnes en concubinage, divorcés-remariés), ces dernières ne peuvent-elles pas considérer que l'Eglise reconnait une certaine légitimité de leur situation ? Elles pourraient très bien se dire : à quoi bon changer si l'Eglise reconnait ma situation ? Donc, même si le Pape appelle clairement à la conversion, à force d'accompagner les personnes dans la continuité de là où elles sont, soit elles veulent vraiment évoluer pour se convertir et s'arracher au pêché, soit elles finissent par considérer que la situation dans laquelle elles vivent n'est pas contraire, n'est pas dans le pêcher, et ainsi continuent à y vivre, sans changer.

C'est un pari extrêmement osé, à mon avis, que prend le pape François. C'est une véritable option pastorale. Il faudra voir dans les années à venir ce que cela donne sur le terrain.

Le pape donne-t-il alors une nouvelle orientation à la pastorale de la famille de l'Eglise catholique ?

Pas vraiment. La plupart du temps, il reprend des citations de ses discours antérieurs. L'Exhortation est très dépendante de la Relatio Synodi de 2015. Le pape François cite également beaucoup Saint Jean-Paul II. Il y a certes une volonté du Saint Père de développer une nouvelle orientation pastorale dans l'exhortation apostolique, mais on la connaissait déjà, il l'avait déjà explicité.

Un thème est tout de même extrêmement présent c'est la question de l'éducation sexuelle des jeunes. Est-ce une nouveauté cette insistance sur l'éducation sexuelle et affective des enfants et des adolescents ?

C'est vrai qu'il appuie sur ce point. Mais l'éducation sexuelle était déjà au cœur de la démarche de Jean-Paul II, et des travaux qu'il avait confié au conseil pontifical pour la famille. Ce dernier avait déjà développé beaucoup d'élément pour l'éducation à la chasteté, la véritable compréhension de la signification du corps sexué... Le pape François reprend là le travail de Jean-Paul II, avec une inflexion sur la notion d'éducation sexuelle, mais en tant que telle, c'est une véritable continuité.

On pourrait donc conclure que l'Exhortation apostolique Amoris laetitia est une continuité directe de Jean-Paul II et Benoît XVI ?


Oui mais avec l'ambiguïté dont on parlait. On peut faire une lecture dans la continuité, qui à mon avis est la seule lecture d'interprétation catholique. Mais on peut dire c'est qu'il ne nous facilite pas toujours la tâche. De nombreux points du texte posent de réelles problèmes de continuité vis-à-vis de l'encyclique Veritatis Splendor de Jean-Paul II en 1993. Je pense que les débats ne font que commencer. Le pape va devoir faire face à de véritables questionnements avec la réception de cette exhortation.C'est un texte très important, qui pose la question de cette continuité. La diversité des lectures est malheureusement pour l'instant légitime. Et c'est assez redoutable parce que, selon moi, ce qu'on attend d'un pasteur, c'est qu'il éclaire ces fidèles, et là y a aucune position.

images/icones/1z.gif  ( 802183 )ambivalence et ambiguité! par ptk (2016-04-12 12:04:47) 
[en réponse à 802175]

Sans méconnaitre l'intérêt de certains passages de la relation post-synodale, la question de l'accès aux sacrements des divorcés remariés y est dangereusement traitée.

L'oeuvre de chair n'est admissible que dans l'état de mariage.
On ne peut être marié qu'une fois et on le reste tant que le conjoint est en vie, à moins que l'Eglise n'ait constaté la nullité du mariage.

Un divorcé "remarié" est, selon la loi de l'Eglise, dans une situation objectivement peccamineuse.

Or, on ne peut communier qu'en état de grâce.

Seule l'absolution peut donc lui permettre de communier.

Et l'absolution ne peut être obtenue qu'après un repentir sincère, l'aveu du péché, l'engagement de ne plus fauter et l'acceptation de la pénitence.

Un divorcé "remarié" ne peut donc communier s'il ne quitte le partenaire avec qui il commet l'adultère.

L'exortation est aussi dangereuse que la déclaration de l'évêque de Pontoise sur la pédophilie.

Le catholique est en droit d'attendre du Pape qu'il le confirme dans sa foi, non qu'il l'incite à choisir le chemin facile qui mène à la damnation éternelle.
images/icones/coeur.gif  ( 802188 )les deux formes de l'unique doctrine catholique dont l'une est la forme ordinaire et l'autre la forme extraordinaire par Alain M (2016-04-12 12:44:08) 
[en réponse à 802175]

bonjour je crois qu'il ne faut pas chercher à tout prix à voir des conflits là où il n'y en a pas car enfin de la même manière qu'il existe deux formes de l'unique rite romain il existe visiblement deux formes de l'unique dogme catholique dont l'une est la forme ordinaire et convient à certaines personnes qui sont les plus nombreuses à notre époque et l'autre est la forme extraordinaire qui est là pour répondre aux aspirations de ceux qui vivent de la tradition tout en gardant à l'esprit que ces deux formes ne font jamais que s’enrichir l'une de l'autre sans s'entrechoquer puisqu'elles se situent sur des plans différents très précisément de la même manière pour la doctrine que pour la liturgie qui la porte et l'exprime

et à part ça j'avais une autre question qui n'a rien a voir avec le sujet mais que je pose ici parce que je sais qu'on trouve parmi vous des gens qui sont pointus alors voila ma question est-ce qu'on dit des têtes coupées m’hallucinent ou doit-on dire j’hallucine des têtes coupées qui est une formule bizarre mais que Victor Hugo emploie dans les derniers jours d'un condamné à mort
images/icones/1y2.gif  ( 802190 )Il y a beaucoup de demeures par Thierry (2016-04-12 12:52:56) 
[en réponse à 802188]

dans la maison de mon Père: une ordinaire et une extraordinaire.

Et Il mettra les brebis extraordinaires à sa droite, les ordinaires au milieu et les boucs à sa gauche

images/icones/neutre.gif  ( 802194 )Halluciner par Candidus (2016-04-12 13:05:44) 
[en réponse à 802188]

On hallucine quelqu'un (éventuellement de quelque chose) et on s'hallucine mais je ne pense pas qu'halluciner quelque chose soit correct n'en déplaise à Hugo qui pouvait aussi faire des fautes d'orthographe.
images/icones/barbu2.gif  ( 802196 )Ubu déchaîné ? par Lycobates (2016-04-12 13:47:48) 
[en réponse à 802188]


de la même manière qu'il existe deux formes de l'unique rite romain il existe visiblement deux formes de l'unique dogme catholique dont l'une est la forme ordinaire et convient à certaines personnes qui sont les plus nombreuses à notre époque et l'autre est la forme extraordinaire qui est là pour répondre aux aspirations de ceux qui vivent de la tradition

est-ce qu'on dit des têtes coupées m’hallucinent ou doit-on dire j’hallucine des têtes coupées qui est une formule bizarre mais que Victor Hugo emploie dans les derniers jours d'un condamné à mort



À mon avis concernant le dernier paragraphe :
des têtes coupées m'hallucinent est la forme ordinaire ;
j’hallucine des têtes coupées est la forme extraordinaire de l'expression.

Mais votre message a un certain retard. Le 1er avril est passé.
Ou suivriez-vous le calendrier julien ? dans ce cas vous avez une avance de deux jours.
Il faut bien s'accorder pour amuser son monde.
images/icones/neutre.gif  ( 802199 )Effectivement par Meneau (2016-04-12 14:01:47) 
[en réponse à 802196]

ce ne peut être qu'une blague ou une pointe d'humour.

Puisque comme chacun sait(?), un dogme est irréformable.

Cordialement
Meneau
images/icones/coeur.gif  ( 802411 )Wake up par Ritter (2016-04-14 18:44:15) 
[en réponse à 802196]

C'est ce qu'on peut lire dans une interview de Grégoire Boucher.
Qui revient d'avoir visité les chrétiens d'orient avec Mgr Rey...



Au Krak des Chevaliers, le gouvernement tenait à ce que rien ne fût détruit et a demandé à son allié le Hezbollah (le Krak se trouve non loin de la frontière libanaise) de le libérer.



Alors s'ils nous disent Wake up pour ceux qui n'ont pas encore compris ou qui croient avoir compris...

Cela signifie qu'ils attendent et espèrent beaucoup du réveil de la France, la Vraie, pas celle des français de faux papiers...

à lire ici
images/icones/1a.gif  ( 802253 ) L’Exhortation apostolique ‘Amoris Laetitia’, de A à Z par gégé81 (2016-04-12 20:07:52) 
[en réponse à 802175]

L’Exhortation apostolique ‘Amoris Laetitia’, de A à Z

Fruit de deux synodes sur la famille et d’une consultation mondiale inédite, la très attendue Exhortation apostolique du pape François sur la famille, Amoris Laetitia, est parue ce 8 avril 2016. S’il cite abondamment les rapports conclusifs des deux assemblées des évêques, le pape opte pour un langage simple et concret, pour s’adresser aux fidèles du monde entier. Au fil des pages, il propose aussi ses propres réflexions sur les bouleversements de notre époque, évoquant les nouvelles technologies ou la culture du provisoire. Voici des extraits significatifs de A à Z, d’Adoption à Zachée.

Adoption
: Il est important d’insister pour que la législation puisse faciliter les procédures d’adoption, surtout dans les cas d’enfants non désirés, en vue de prévenir l’avortement ou l’abandon. (179)

Autocritique : Nous devons (…) reconnaître que, parfois, notre manière de présenter les convictions chrétiennes, et la manière de traiter les personnes ont contribué à provoquer ce dont nous nous plaignons aujourd’hui. (…) Il nous faut une salutaire réaction d’autocritique. (36)

Avortement : Si la famille est le sanctuaire de la vie, le lieu où la vie est engendrée et protégée, le fait qu’elle devient le lieu où la vie est niée et détruite constitue une contradiction déchirante. (83)

Blessures : Le divorce est un mal (…). Notre tache pastorale la plus importante envers les familles est (…) de renforcer l’amour et d’aider à guérir les blessures, en sorte que nous puissions prévenir la progression de ce drame de notre époque. (246)

Cas particuliers : On peut comprendre qu’on ne devait pas attendre du Synode ou de cette Exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas. Il faut seulement un nouvel encouragement au discernement responsable personnel et pastoral des cas particuliers. (300)

Contraception : L’Encyclique Humanae vitae et l’Exhortation apostolique Familiaris consortio doivent être redécouvertes (…). Le recours aux méthodes fondées sur les rythmes naturels de la fécondité devra être encouragé. (222)

Crises : Une crise surmontée ne conduit pas à une relation de moindre intensité mais conduit à améliorer, affermir et mûrir le vin de l’union. (263)

Divorcés : Un discernement particulier est indispensable pour accompagner les personnes séparées, divorcées ou abandonnées. (…) La communauté locale et les pasteurs doivent accompagner ces personnes avec sollicitude. (242)

Divorcés remariés
: Il est important de faire en sorte que les personnes divorcées engagées dans une nouvelle union sentent qu’elles font partie de l’Eglise, qu’elles ne sont pas excommuniées. (243)

Discernement pastoral
: Les divorcés engagés dans une nouvelle union (…) peuvent se retrouver dans des situations très différentes, qui ne doivent pas être cataloguées (…) dans des affirmations trop rigides sans laisser de place à un discernement personnel et pastoral approprié. (298)

Droits de la famille
: Nous devons insister sur les droits de la famille, et pas seulement sur les droits individuels. (44)

Ecoute
: Souvent, l’un des conjoints n’a pas besoin d’une solution à ses problèmes, mais il a besoin d’être écouté. (137)

Education sexuelle : Il est difficile de penser l’éducation sexuelle, à une époque où la sexualité tend à se banaliser (…). Elle ne peut être comprise que dans le cadre d’une éducation à l’amour, au don de soi réciproque. (280)

Enfant unique : Dans certains pays, il existe une forte tendance à avoir un seul enfant, ce qui fait que l’expérience d’avoir un frère commence à être peu commune. (195)

Exceptions
: Il faut garantir les conditions nécessaires d’humilité, de discrétion (…) Ces attitudes sont fondamentales pour éviter le grave risque de messages erronés, comme l’idée qu’un prêtre peut concéder rapidement des ‘exceptions’, ou qu’il existe des personnes qui peuvent obtenir des privilèges sacramentaux en échange de faveur. (300)

Foi : La famille est le lieu où les parents deviennent les premiers maîtres de la foi pour leurs enfants. (16)

For interne
: Le colloque avec le prêtre, dans le for interne, concourt à la formation d’un jugement correct sur ce qui entrave la possibilité d’une participation plus entière à la vie de l’Eglise. (300)

Formation sacerdotale
: La présence des laïcs et des familles, en particulier la présence féminine, dans la formation sacerdotale, permet de mieux apprécier la diversité et la complémentarité des diverses vocations dans l’Eglise. (203)

Gender : Il est inquiétant que certaines idéologies de ce type, qui prétendent répondre à des aspirations parfois compréhensibles, veulent s’imposer comme une pensée unique qui détermine même l’éducation des enfants. (56)

Gradualité : Saint Jean-Paul II proposait ce qu’on appelle la loi de la gradualité. (…) Ce n’est pas une gradualité de la loi mais une gradualité dans l’accomplissement prudent des actes libres de la part de sujets qui ne sont dans des conditions ni de comprendre (…) ni d’observer pleinement les exigences objectives de la loi. (295)

Homosexuels : Chaque personne, indépendamment de sa tendance sexuelle, doit être respectée dans sa dignité et accueillie avec respect (…). Il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies (…) entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille.(251)

Intégration : La logique de l’intégration est la clef de leur accompagnement pastoral (des divorcés remariés, ndlr). Il convient donc de discerner quelles sont, parmi les diverses formes d’exclusion actuellement pratiquées dans les domaines liturgiques, pastoral, éducatif et institutionnel, celles qui peuvent être dépassées. (299)

Liberté : Au fond, il est facile aujourd’hui de confondre la liberté authentique avec l’idée selon laquelle chacun juge comme bon lui semble ; comme si, au-delà des individus, il n’y avait pas de vérité, de valeurs ni de principes qui nous orientent. (34)

Mariage
: Aussi bien la préparation immédiate que l’accompagnement prolongé doivent assurer que les fiancés (…) assument le mariage comme une vocation qui les lance vers l’avant, avec la décision ferme et réaliste de traverser ensemble toutes les épreuves et les moments difficiles. (211)

Mariage mixte : Les mariages avec disparité de culte constituent un lieu privilégié de dialogue interreligieux (…) Dans certains pays (…) le conjoint chrétien est obligé de changer de religion pour pouvoir se marier (…). Nous devons donc réaffirmer la nécessité que la liberté religieuse soit respectée. (248)

Maternité : L’affaiblissement de la présence maternelle avec ses qualités féminines est un risque grave pour notre monde. (173)

Mode
: En tant que chrétiens nous ne pouvons pas renoncer à proposer le mariage pour ne pas contredire la sensibilité actuelle, pour être à la mode, ou par complexe d’infériorité devant l’effondrement moral et humain. (35)

Narcissisme : Tout est jetable, chacun utilise et jette, paie et détruit, exploite et presse, tant que cela sert. Ensuite adieu ! Le narcissisme rend les personnes incapables de regarder au-delà d’elles-mêmes, de leurs désirs et de leurs besoins. (39)

Non croyant
: L’amour est un don de Dieu, et là où il est répandu, il fait sentir sa force qui transforme, de façon parfois mystérieuse au point où le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par le mari croyant. (228)

Otages
: Je supplie les parents séparés : Il ne faut jamais, jamais, jamais prendre un enfant comme otage ! (…) Que (les enfants) grandissent en entendant leur maman dire du bien de leur papa, bien qu’ils ne soient pas ensemble, et que leur papa parle bien de leur maman. (245)

Patience
: En ce temps où règnent l’anxiété et la vitesse technologique, une tâche très importante des familles est d’éduquer à la patience. (…) Lorsque les enfants ne sont pas éduqués à accepter que certaines choses doivent attendre, ils deviennent des gens impatients qui soumettent tout à la satisfaction de leurs besoins immédiats (…). (275)

Péché mortel
: L’Eglise a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes. (…) Il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘irrégulière’ vivent dans une situation de péché mortel. (301)

Perfection : Il ne faut pas faire peser sur deux personnes ayant leurs limites la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Eglise. (122)

Prêtres mariés : Il manque souvent aux ministres ordonnés la formation adéquate pour traiter les problèmes complexes actuels de la famille. De même l’expérience de la vaste tradition orientale des prêtres mariés pourrait être utile. (202)

Promesse : Nous ne pouvons pas nous promettre d’avoir les mêmes sentiments durant toute la vie. En revanche, oui, nous pouvons avoir un projet stable, nous engager à nous aimer et à rester unis jusqu’à ce que la mort nous sépare. (163)

Rigidité : Je comprends ceux qui préfèrent une pastorale plus rigide qui ne prête à aucune confusion. Mais je crois sincèrement que Jésus Christ veut une Eglise attentive au bien que l’Esprit répand au milieu de la fragilité. (308)

Routine : Il faut aussi inciter les jeunes couples à créer leur propre routine, qui offre une saine sensation de stabilité (…) C’est bon de se donner toujours un baiser le matin, se bénir toutes les nuits (…) Mais en même temps, il est bon d’interrompre la routine par la fête. (226)

Rupture : Il y a des cas où la séparation est inévitable. Parfois, elle peut devenir moralement nécessaire (…). Mais on ne peut l’envisager que comme un remède extrême après que l’on a vainement tenté tout ce qui était raisonnablement possible pour l’éviter. (241)

Sacrement : Le sacrement de mariage n’est pas une convention sociale, un rite vide ni le simple signe extérieur d’un engagement. Le sacrement est un don pour la sanctification et le salut des époux. (72)

Saint Valentin : Il ne faut pas non plus oublier les précieuses ressources de la pastorale populaire. Pour prendre un exemple simple, je me rappelle le jour de la saint Valentin qui, dans certains pays, profite plus aux commerçants qu’à la créativité des pasteurs. (208)

Sobriété : Chers fiancés : ayez le courage d’être différents, ne vous laissez pas dévier par la société de consommation et de l’apparence (…). Vous êtes capables d’opter pour une fête sobre et simple, pour placer l’amour au-dessus de tout. (212)

Technologies
: Les technologies de communication (…) parfois (…) éloignent au lieu de rapprocher, comme lorsqu’à l’heure du repas chacun est rivé à son téléphone cellulaire. (278)

Virginité : Au lieu de parler de la supériorité de la virginité sous tous ses aspects, il serait plutôt opportun de montrer que les différents états de vie se complètent, de telle manière que l’un peut être plus parfait en un sens, et que l’autre peut l’être d’un autre point de vue. (159)

Virilité : Le masculin et le féminin ne sont pas quelque-chose de rigide. (…) S’occuper de certains travaux de maison ou de certains aspects des soins aux enfants ne le rend pas moins masculin (l’époux) ni ne signifie un échec, une capitulation ou une honte. (286)

Zachée
: Il (Jésus) rencontre des publicains comme Matthieu ou Zachée dans leurs propres maisons, ainsi que des pécheresses (…). Il connaît les angoisses et les tensions des familles qu’il introduit dans ses paraboles. (21)


Source : I.Media
images/icones/neutre.gif  ( 802383 )"L’Eglise a une solide réflexion sur les conditionnements et les circonstances atténuantes." par Regnum Galliae (2016-04-14 14:00:06) 
[en réponse à 802253]

Comment comprendre cela ? Je veux bien que la population est moins catéchisée qu'il y a encore 50 ou 60 ans, que nous sommes dans une culture de mort et que des choses très graves ne choquent plus les gens. Est-ce une raison pour ne plus dire les choses et ne plus parler de péché mortel ? Que faisait l'Eglise face au monde païen dont les moeurs étaient encore plus contraires au dessein de Dieu ? Elle ne mâchait pas ses mots !


Cor 6, 9-10
Ne vous y trompez point: ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu.
images/icones/bravo.gif  ( 802343 )Excellente analyse par Rodolphe (2016-04-13 23:55:34) 
[en réponse à 802175]

A ceci près:

-qu'Amoris laetitia n'a visiblement pas de réelle autorité magistérielle, comme le notait le Cardinal Burke, (cf. para. 3 "En rappelant que « le temps est supérieur à l’espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles" et para. 4 "...Pour cela, j’ai retenu opportun de rédiger une Exhortation Apostolique post-synodale pour recueillir les apports des deux Synodes récents sur la famille, en intégrant d’autres considérations qui pourront orienter la réflexion, le dialogue ou bien la praxis pastorale, et qui offriront à la fois encouragement, stimulation et aide aux familles dans leur engagement ainsi que dans leurs difficultés");

-qu'en affirmant qu'"il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante", elle ne vise pas expressément le cas des divorcés-remariés et ne contredit pas Familiaris Consortio qui fonde l'interdiction de l'accès de ces derniers à la communion sur l'existence d'une "contradiction objective avec la communion d'amour entre le Christ et l'Eglise".

J'ai toujours pensé que la communion des divorcés-remariés ne serait pas reconnue dans un document doctrinal. Je ne pense pas non plus qu'Amoris laetia constitue un "cheval de Troie" conçu pour obtenir sur le terrain pastoral ce qui est inatteignable sur le terrain doctrinal. J'y vois un document traduisant une authentique perplexité.

Elle transparaît dans le paragraphe 3 qui est assez surprenant:

"En rappelant que « le temps est supérieur à l’espace », je voudrais réaffirmer que tous les débats doctrinaux, moraux ou pastoraux ne doivent pas être tranchés par des interventions magistérielles. Bien entendu, dans l’Église une unité de doctrine et de praxis est nécessaire, mais cela n’empêche pas que subsistent différentes interprétations de certains aspects de la doctrine ou certaines conclusions qui en dérivent. Il en sera ainsi jusqu’à ce que l’Esprit nous conduise à vérité entière (cf. Jn 16, 13), c’est-à-dire, lorsqu’il nous introduira parfaitement dans le mystère du Christ et que nous pourrons tout voir à travers son regard. En outre, dans chaque pays ou région, peuvent être cherchées des solutions plus inculturées, attentives aux traditions et aux défis locaux. Car « les cultures sont très diverses entre elles et chaque principe général […] a besoin d’être inculturé, s’il veut être observé et appliqué »".

En définitive, la doctrine est sauve. De même, en pratique, c'est bien le statu quo. Les partisans de la communion des divorcés-remariés, qui sont déjà pour beaucoup passés à l'acte, ne trouveront pas dans cette exhortation d'éléments concluant permettant d'obtenir gain de cause. Quant aux partisans de l'"orthodoxie", ils peuvent continuer de se prévaloir de l'enseignement magistériel, mais n'obtiennent pas la condamnation formelle de la thèse libérale...