Le Forum Catholique
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( 802111 )
Peccatis laetitia : La joie de pécher par Chicoutimi (2016-04-11 11:16:40)
L’exhortation apotolique post-synodal
Amoris Laetitia ne m’enchante guère. J’ai pensé, dans un premier temps, que nous avions peut-être échappé au pire. Après réflexion, je me demande sérieusement si ce n’est pas au pire que nous avons eu droit.
Je ne suis pas contre le Pape (on m’a même déjà accusé d’être papolâtre), et il n'est pas question ici d'attaquer la personne du Pape. Cependant, ce texte n’étant pas marqué par le sceau de l’infaillibilité, je me permets d’apporter quelques critiques constructives de manière respectueuse. Le Pape lui-même a reconnu que « les critiques font du bien ».
Certes, l’exhortation apostolique ne va pas directement contre la doctrine, et il s’y trouve même de très beaux passages. Mais le texte ouvre des brèches qui, tôt ou tard, seront exploitées par des évêques, des prêtres et des théologiens. Des exemples de brèches, nous en avons eues par le passé avec : la communion dans la main (qui, d’indult, est devenue - dans beaucoup de pays - la norme); le chant grégorien (qui devait la rester la norme mais qui a été remplacé par d’autres types de chants); etc. Or, les brèches que le document ouvre sont : la communion des divorcés-remariés et le relativisme des formes de cohabitations.
Ces brèches se réalisent par le recours à la pastorale (et non à la doctrine). On assiste donc à un phénomène de « pastoralisation » de la doctrine (pour ne pas dire de « pasteurisation ») par lequel on expurge les éléments doctrinaux considérés comme indésirables au profit de l’accompagnement, du discernement, de l’accueil. Conséquemment à cela, on assiste à une « dogmatisation » de la pastorale, de sorte que tous ceux qui voudront rappeler la doctrine pourront se faire accuser de ne pas être pastorale et donc d’être dans l’erreur. Dans un avenir pas si lointain, ce ne sont pas les adultères, les sodomites et les fornicateurs qui se feront admonester de changer leur comportement, mais ceux qui rappellent la doctrine morale de l’Église !
Le point que je voudrais aborder ici est celui des différentes formes de cohabitation. Il semble que, dans l’exhortation apostolique, le mariage n’est plus considéré comme une norme, mais est devenu un idéal. Or, comme un idéal est toujours quelque chose de (trop) difficile à atteindre, les autres formes de cohabitations deviennent ipso facto acceptables puisqu’elles ne sont plus perçues comme allant à l’encontre d’une norme mais comme reflétant la situation des gens là où ils sont rendus.
Le texte papal a donc finalement donné son aval au théorème « Schönborn » qui applique aux situations dites « imparfaites » ou « irrégulières » le principe des "Semences du Verbe" (selon lequel la plénitude de la vérité « subsiste » dans l’Église catholique, mais des éléments de vérités se trouvent hors de ses frontières). Pourtant, le Cardinal Ouellet avait répondu au Cardinal Schönborn, dans cette
entrevue (à 26 minutes), que l’on ne pouvait pas transposer le modèle œcuménique dans le domaine morale. Ainsi, le danger de l’exhortation consiste à considérer le mariage comme la « plénitude » de la vie conjugale, alors que les autres formes de cohabitations posséderaient des éléments de vérité. En étant des situations simplement « irrégulières » ou « imparfaites », on en vient à oublier qu’il s’agit de situations peccamineuses qui mettent en danger le salut éternel.
Assisterons-nous à un « Assise » des cohabitations ? Nous savons tous ce qui s’est passé lors de la rencontre inter-religieuse d’Assise : tous les représentants des grandes religions étaient réunis pour prier ensemble. De même, je ne serais pas surpris qu’un jour il y ait des rassemblements où toutes les formes de cohabitation seraient représentées afin de célébrer l’amour. Déjà, un ami m’a informé que, tout dernièrement, un prêtre dans son diocèse voulait mettre sur pied ce genre de célébration sous prétexte que cela reflétait la pensée du Pape François.
Bref, il se pourrait bien que le texte papal porte en germe de futures pratiques pastorales déviantes qui célébreront non seulement la "joie d’aimer" mais également la "joie de pécher". Si l’on n’a pas hésité à faire prier ensemble le Vicaire de Jésus-Christ (représentant de la « plénitude de la vérité ») et les représentants des autres religions (qui comportent des « éléments de vérité »), il ne faut pas se surprendre de voir un jour le mariage chrétien être mis de l’avant au même titre que les autres formes de cohabitations, de sorte que le relativisme aura triomphé en réussissant à mettre ensemble, sur le même pied d’égalité, la vérité et l’erreur, le bien et le mal, la grâce et le péché. Il se peut que je me trompe, et je suis très ouvert à la critique. Mais, je suis surtout ouvert à un éclaircissement, de la part des autorités de l’Église, qui me permettrait, et j’en serais fort heureux, de reconnaître que j’ai tout à fait tort.

( 802117 )
Je vous trouve beaucoup plus sage par Athanase (2016-04-11 11:37:15)
[en réponse à 802111]
Il y a forcément une "dogmatisation de la pastorale", ce qui n'est pas autre chose que la destruction de la dogmatique, car dogmatiser la pastorale, c'est encore poser une doctrine contre une autre. Et quand on définit une doctrine qui en contredit une autre, on commet une hérésie.
Je cite avec intérêt votre passage:
Ces brèches se réalisent par le recours à la pastorale (et non à la doctrine). On assiste donc à un phénomène de « pastoralisation » de la doctrine (pour ne pas dire de « pasteurisation ») par lequel on expurge les éléments doctrinaux considérés comme indésirables au profit de l’accompagnement, du discernement, de l’accueil. Conséquemment à cela, on assiste à une « dogmatisation » de la pastorale, de sorte que tous ceux qui voudront rappeler la doctrine pourront se faire accuser de ne pas être pastorale et donc d’être dans l’erreur. Dans un avenir pas si lointain, ce ne sont pas les adultères, les sodomites et les fornicateurs qui se feront admonester de changer leur comportement, mais ceux qui rappellent la doctrine morale de l’Église !
Au nom de l'amour, on peut faire beaucoup d'erreurs.

( 802119 )
Une catastrophe pour les enfants et les jeunes par Ecclesiola (2016-04-11 12:49:50)
[en réponse à 802111]
Ce genre de casuistique n'aurait pas dû être mis sur la place publique. N'importe quel catholique mal catéchisé, pourra, sur la base de toutes les ambiguïtés, se tranquilliser la conscience, et appliquer l'adage de Luther : "pèche fortement, crois plus fortement", et vivre dans l'hypocrisie religieuse qu'est le péché dans la piété.
Et le scandaleux, l'horrible, c'est le procès d'intention en orgueil fait aux couples qui suivent la doctrine catholique du mariage, alors que les couples irréguliers ne se voient pas traités d'orgueilleux !
C'est décidé : cette année, nos enfants n'iront pas aux JMJ.
Ne nous privons d'exercer notre esprit critique sur une exhortation aussi décevante. Aimer le Pape, ce n'est pas le flatter, comme le font les ennemis de l'Eglise.

( 802122 )
L'étape suivante par Ennemond (2016-04-11 13:17:07)
[en réponse à 802111]
Merci pour ce texte. Désormais, nous devons prier pour que :
- De nouveaux saint Paul se lèvent et n'aient pas peur de dire au successeur de Pierre qu'il ne permet pas aux âmes de bénéficier de la lumière éclairante qu'ils sont en droit d'attendre pour progresser dans le droit chemin du salut.
- Un pontificat futur puisse rapidement corriger les errements et refermer les parenthèses de ce demi-siècle jalonné de vaticinations pastorales afin qu'une génération de restaurateurs de l'Eglise puisse se lever.

( 802132 )
C'est exactement ce que je me suis dit par Athanase (2016-04-11 13:40:56)
[en réponse à 802122]
Nous savons que ce pontificat coule doctrinalement, que François est trop encastré dans une théologie fumeuse, qu'à la différence de ses prédécesseurs, il en vient à encourager des énormités: en un sens, ce texte est libérateur, car il permet de savoir ce qu'il ne faut pas faire et où sont les problèmes. Il démontre que la crise de l'Eglise a révélé beaucoup de fragilités et que la morale finit par être emportée. Peut-être qu'il ne faut pas s'étendre davantage sur François et ne plus broyer du noir ou se mettre en colère: il faut passer à l'étape suivante et envisager l'après-François en espérant que des pasteurs montent au créneau. Le mystère de l'Eglise, c'est aussi le mal qui a pu s'emparer de beaucoup, y compris de son chef visible.
A la FSSPX de saisir la balle au bond et de redresser les coeurs et les esprits ! Elle doit regarder la situation de l'Eglise, et pas seulement se contenter de sa situation. Elle pourrait faire beaucoup de bien. Peut-être que son vrai rôle se jouera dans les années à venir. Qu'elle n'emprunte pas les voies de l'orgueil qui pousse à ne plus rien faire et à se réjouir du nauffrage généralisé (le cas des "résistants").

( 802123 )
Merci pour cette intervention remarquable. par Paul Reveriche (2016-04-11 13:25:32)
[en réponse à 802111]
Une question centrale vient à l'esprit : la persistance du critère de SCANDALE pour ne pas admettre aux sacrements, indépendamment de la réalité du péché...

( 802136 )
Petit clin d'oeil à Abenader: Amoris laetitia et 1984 par Athanase (2016-04-11 14:04:14)
[en réponse à 802111]
Je lui dédie ces lignes suivantes:
Winston savait qu'il était dans une situation objective de péché, mais qu'il pouvait bénéficier de l'aide des sacrements. On lui avait bien parlé de péché, mais, en même temps, on osait lui affirmer qu'il n'y avait pas de caractère mortel. C'était à la fois fascinant et inquiétant. Il était avec celle qu'il aimait et qu'il désirait et se sentait encouragé. Le concubinage était à la fois un péché, mais une situation imparfaite sur laquelle il fallait éviter les jugements hâtifs. Il était triste, car la chair est triste, mais heureux en même temps, car ce vice lui semblait conforté.
Winston était à la fois heureux, il pouvait consommer, s'épanouir charnellement, et, en même temps, inquiet. Il était dans les deux situations simultanées. Il se disait qu'il pouvait communier tout en sachant qu'il ne pouvait pas, mais qu'il pouvait le faire parce que la possibilité lui était donnée, mais sans qu'on le lui ait dit ouvertement.
Il péchait, regrettait son péché, mais continuait, mais après, il était amer, car il voyait bien que quelque chose n'allait pas. Il continuait, mais au fond de lui, ce qui lui restait de consscience s'insurgeait.
Winston avait compris: il avait la double-pensée en lui. Il pleurait et rirait et devait comprendre que pour le restant de ses jours, il en irait ainsi. Il comprenait que le problème était sans fin. Pour se consoler, il prit alors du maté argentin qu'il ingurgita. Il avait compris qu'il n'était plus qu'un pantin et que sa pensée avait été brouillée par l'éclatement des concepts. C'était en réalité le but. Maintenant, il se transformait en objet à jouissance charnelle. C'était fini.
O'Brien l'avait durement sermonné et révélé ses véritables intentions. Mais le plus curieux est qu'O'Brien parlait de péché, et qu'il ne disait pas renier l'enseignement constant, tout en le neutralisant. Peut-être qu'O'Brien savait lui-même qu'il était dans la contradiction, mais c'était voulu et assumé.
Il souriait à la fin: le péché, c'est la joie, la fornication, la Rédemption, le péché mortel, l'état de grâce.

( 802161 )
Ah ! ah ! par Abenader (2016-04-11 22:12:41)
[en réponse à 802136]
Excellent cher Athanase, vraiment excellent !
Je vous remercie pour ce clin d'œil très apprécié !
Oserons-nous poursuivre, et dévoiler la métaphore ?
Pour vous, qui serai(en)t O'Brien ?
Qui serai(en)t Winston ?

( 802181 )
On peut continuer, si vous avez des suggestions ! par Athanase (2016-04-12 10:31:09)
[en réponse à 802161]
"A la fin, il amait O'Bergoglien. Il avait renoncé à penser ou, plutôt, il avait acquis la double-pensée."

( 802140 )
Pour Chicoutimi : une petite correction par Quodvultdeus (2016-04-11 14:58:21)
[en réponse à 802111]
Permettez-moi, cher Chicoutimi, une petite correction :
Si vous voulez dire en latin "la joie du péché", c'est ceci qu'il aurait fallu écrire : peccati lætitia.
Si vous voulez dire "la joie de pécher", c'est cela : peccandi lætitia.
Mais la formule de votre titre est malheureusement erronée, car peccatum ne se décline pas comme amor.
Ce qui, du reste, n'enlève rien à la qualité de votre argumentation.
Quodvultdeus

( 802147 )
La version de Chicoutimi convient bien ici par Ecclesiola (2016-04-11 16:46:59)
[en réponse à 802140]
Littéralement, Chicoutimi a écrit "la joie par les péchés" ou "la joie au moyen des péchés", puisque l'ablatif "peccatis" peut correspondre à un complément de moyen ou d'instrument.
Comme cette exhortation déniche des vertus dans les situations irrégulières, curieusement exemptées du péché d'orgueil qu'elle voit dans les couples réguliers, on peut vraiment parler de "joie par les péchés".

( 802153 )
Littéralement par AVV-VVK (2016-04-11 17:28:52)
[en réponse à 802147]
Ne devrait-on pas écrire alors: peccatis confecta (une forme verbale insérée) laetitia ou e peccatis orta laetitia?

( 802246 )
C'est maintenant que je découvre votre message ! par Paterculus (2016-04-12 18:49:18)
[en réponse à 802140]
Et j'ai fait la même remarque !
VdP

( 802149 )
Merci par Peregrinus (2016-04-11 16:59:04)
[en réponse à 802111]
Cher Chicoutimi,
Un grand merci pour votre texte, qui est aussi lucide que mesuré et témoigne de votre grande honnêteté intellectuelle.
Je serais cependant de l'avis de Quodvultdeus en ce qui concerne le titre latin de votre texte ; ce qui n'enlève rien, bien évidemment, à l'intérêt de son contenu, qui est fort bien formulé.
Je partage vos inquiétudes et espère comme vous qu'une clarification salutaire viendra de Rome nous donner tort, même si une telle perspective ne semble pas, humainement parlant, extrêmement probable.
Peregrinus

( 802151 )
Un bon résumé de l'exhortation par Jean-François M (2016-04-11 17:06:30)
[en réponse à 802111]
Que vous nous faites là, cher Chicoutimi, d'autant plus connaissant votre amour pour le magistère actuel. C'est une belle preuve d’honnêteté intellectuelle.

( 802156 )
Un bon résumé? par AVV-VVK (2016-04-11 18:21:32)
[en réponse à 802151]
Une relecture du document ne s' imposerait-elle pas?

( 802158 )
Amoris laetitia ouvre-t-elle la porte de l’eucharistie aux divorcés-remariés ? par gégé81 (2016-04-11 20:11:47)
[en réponse à 802111]
Amoris laetitia ouvre-t-elle la porte de l’eucharistie aux divorcés-remariés ?
ARTICLE | 09/04/2016 | Par Jean-Marie Dumont
Pour le père Thomas Michelet, dominicain chargé de cours de sacramentaire à l’Angelicum, l’approche subjective de l’exhortation apostolique du pape François vient compléter le point de vue objectif de Familiaris consortio.
L’exhortation du pape La Joie de l’amour ouvre-t-elle la porte de l’eucharistie aux personnes divorcées remariées ?
Elle ne l’ouvre ni ne la ferme. La question n’est pas posée en ces termes mais plutôt en termes de
« logique d’intégration », dans plusieurs domaines : liturgique, pastoral, éducatif et institutionnel (n. 296). Cela suppose de redécouvrir que l’eucharistie, source et sommet de la vie chrétienne, n’est pas le tout et qu’il y a d’autres lieux de communion.
L’exhortation apostolique Familiaris Consortio réaffirmait la discipline de l’Église « fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés ». Cette disposition est-elle caduque ?
Familiaris consortio n. 84 soulignait qu’un remariage après divorce était en contradiction objective avec la communion d’amour entre le Christ et l’Église qui s’exprime dans l’Eucharistie. Cela demeure, mais on ajoute le point de vue complémentaire de la conscience des personnes, qui n’ont pas nécessairement la perception subjective d’une telle contradiction.
L’exhortation apostolique Familiaris consortio prévoyait que des divorcés remariés ne pouvant pas, pour de graves motifs (éducation des enfants), rompre leur nouvelle union, pouvaient accéder aux sacrements de pénitence et de l’eucharistie, à condition notamment de vivre dans la continence. L’exhortation apostolique La joie de l’amour va-t-elle plus loin ?
Cette voie d’accès aux sacrements reste valable (n. 295 et note 329) mais on admet que, dans certains cas, la séparation pouvait être inévitable et même moralement nécessaire (n. 238) ; de même dans la nouvelle union, la « grande difficulté à faire marche arrière sans sentir en conscience qu’on commet de nouvelles fautes », certaines circonstances pouvant diminuer considérablement la liberté de choix (n. 295 et 298).
L’exhortation apostolique La joie de l’amour remet-elle en question certaines dispositions de Familiaris consortio ?
Sans renoncer à l’approche objective de
Familiaris consortio et du Canon 915 du code de droit canonique, il faut considérer le plan subjectif pour lequel
« il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel » (n. 298). Or on ne peut communier avec un péché grave sur la conscience (Catéchisme n. 1384, 1415). Donc si l’on n’a pas de péché grave en conscience, ne faut-il pas en conclure que l’on peut communier ?
Que penser de la note 351, qui semble introduire une forme d’ambiguïté ?
C’est la suite de la distinction précédente entre les deux plans, dont on tire la conclusion. Dans une
« situation objective de péché – qui n’est pas subjectivement imputable ou qui ne l’est pas pleinement » (n. 302), la note 351 évoque
« l’aide des sacrements » ; alors que le point de vue objectif dans
Familiaris consortio et le Canon 915 s’y oppose.
Quel regard portez-vous d’une manière plus générale sur l’approche qui est faite, dans l’exhortation apostolique La Joie de l’amour, de la question des divorcés remariés ?
Les deux plans (objectif et subjectif) ne sont pas suffisamment intégrés. On risque alors d’aboutir à la « double morale » que dénonçait
Veritatis Splendor (n. 56) et que veut éviter
Amoris laetitia (n. 297) : d’un côté une morale de l’objectivité qui parle de péché grave et interdit l’accès au sacrement ; de l’autre une morale de la conscience qui le nie.
Quelles sont les questions que soulève l’exhortation apostolique sur ce sujet, et qui pourraient donner lieu à une recherche, un approfondissement théologique ultérieur ?
Si l’on veut que
« Amour et Vérité se rencontrent » (
Amoris laetitia et
Veritatis Splendor), il faut articuler les deux plans en rappelant que le
« discernement selon l’enseignement de l’Église » (AL 297) doit viser la réception de la norme au for interne, la prise de conscience de la contradiction objective, et ainsi la décision mûre de ne plus communier tant que cette contradiction ne sera pas pleinement résolue en vérité.
Source :
Famille chrétienne

( 802159 )
Un péché contre l'Esprit par Justin Petipeu (2016-04-11 20:31:28)
[en réponse à 802111]
François désespère-t-il à ce point de la grâce de Dieu pour entériner le fait qu'une certaine catégorie de baptisés ne peut revenir à Dieu et doit rester prisonnière du péché ? Il ne suffit pas de dire arbitrairement qu'on ne peut plus les considérer en état de péché mortel pour que cette bonasserie soit auto-réalisatrice. Cela me paraît extrêmement grave de travestir à ce point l'Evangile.
"A l'homme il est impossible de se sauver ; mais à Dieu, rien n'est impossible". Avec François, si, c'est impossible ! Le péché est plus fort que Dieu donc vous continuez à vivre dans l'adultère et l'on vous prend comme ça puisque vous ne pouvez pas vous en sortir...C'est tout simplement la négation du christianisme qui est une religion de pécheurs certes, mais de pécheurs toujours se relevant et toujours comme l'Enfant Prodigue.
Le découragement et le désespoir viennent du démon.

( 802160 )
Juste deux remarques par Paterculus (2016-04-11 21:30:41)
[en réponse à 802111]
Bon, je suis intéressé par votre point de vue mais je n'ai pas encore suffisamment d'éléments pour me prononcer. De toute façon, dès mes études j'ai compris que la théologie pastorale était un moyen de rendre la doctrine inopérante.
Mes remarques sont premièrement sur votre titre : vous mettez peccatis laetitia, ce qui signifie la joie aux péchés, ou bien la joie par les péchés ; si vous voulez dire la joie du péché, il faut mettre peccati laetitia ; pour la joie de pécher, c'est peccandi laetitia.
Plus sérieusement, les réunions d'Assise n'ont pas été des réunions où l'on a prié ensemble : on s'est réuni en une même ville pour manifester que les fidèles de toutes les religions pouvaient prier pour la paix ; mais les prières proprement dites ont été faites religion par religion. La nuance est importante, même s'il est évident qu'elle va échapper à la plupart des journaleux et même des fidèles. Cela fait qu'au point de vue communication, c'était un mauvais plan.
Votre dévoué Paterculus

( 802166 )
Déjà un exemple concret des effets d'Amoris Laetitia par Peroutradition (2016-04-12 05:25:21)
[en réponse à 802111]
Merci Chicoutimi pour cet excellent commentaire qui prouve, comme l'ont dit d'autres liseurs, une grande honnêteté intellectuelle de votre part.
Il est vrai que le pape François ne dit pas explicitement que les divorcés remariés peuvent communier, mais comme toujours la stratégie moderniste habituelle ouvre des portes, ou pour mieux le dire ouvre des brèches dans la doctrine afin que les plus osé s'y engouffrent, établir une pratique pastorale constante (comme par exemple la communion dans la main dans des pays comme la Belgique où si vous désirez communier autrement on vous regarde au mieux bizarrement) qui s'imposera comme si elle était doctrine et qui aura pour effet que ceux qui oseront la critiquer et rappeler la morale catholique seront vu au mieux comme le schtroumpf à lunette.
Ici au Pérou dors et déjà des fidèles se permettent de critiquer leurs pasteurs lorsqu'ils rappellent à l'ordre en citant justement le pape François. Dans une paroisse où j'ai travaillé le curé après avoir longuement conversé avec son conseil décida d'exclure un couple guide de la catéchèse familiale parce que justement nous avons découvert que l'un d'entre eux était divorcé remarié. Le curé de cette paroisse vient juste de m’annoncer que des fidèles sont dors et déjà venu réclamer le retour de ce couple en vertu d'Amoris Laetitia... Ce brave prêtre me demande mon avis, mais avec quelle légitimité aux yeux des fidèles peut-il, simple prêtre, s'opposer à un texte du pape?
Bien sûr il y a des arguments théologiques et moraux, des textes de cardinaux,... mais le fidèle moyen de l'Église post-Vatican II qui ne comprend pas vraiment la situation dans laquelle se trouve l'Église voit ces ouvertures comme positive et font pression sur les prêtres pour qu'ils acquissent... Puisque au Pérou il y a tant de sectes pseudo-protestantes qui ont du succès, beaucoup pensent malheureusement qu'il faut faire comme eux et tout accepter pour que le nombre de fidèles augmente, les caisses se remplissent de nouveau,...
Oui mes frères, les fumées de Satan sont bel et bien dans l’Église.