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images/icones/mitre4.png  ( 801950 )Mgr Marc Aillet : Amoris Laetitia « prend à bras le corps la réalité » par gégé81 (2016-04-09 15:18:11) 

Mgr Marc Aillet : Amoris Laetitia « prend à bras le corps la réalité »


Pour l’évêque de Bayonne, l’exhortation apostolique Amoris Laetitia appelle à se garder de toute dialectique doctrinale.

Quelle votre impression générale à la lecture de l’Exhortation apostolique Amoris Laetitia ?
C’est un très beau texte, qui a du souffle et qui assume pleinement l’enseignement de l’Église. Le pape François intègre des données absentes chez ses prédécesseurs comme la question du gender ou des mères porteuses, qu’il juge sévèrement, ainsi que, comme il dit, l’accélération de la « destruction juridique de la famille ». Mais il cite aussi abondamment les catéchèses sur la théologie du corps de saint Jean-Paul II, ainsi que le passage de Deus caritas est de Benoît XVI sur l’eros et l’agapè. Ce texte porte aussi la marque personnelle du pape. On la voit notamment dans le magnifique quatrième chapitre de cinquante pages consacré à l’amour dans le mariage. C’est un prolongement pastoral de l’enseignement de l’Église. Cette dimension personnelle est intéressante parce que, même quand il dit qu’il ne fallait pas attendre de ce document un changement de la discipline de l’Église, il l’assume de manière tout aussi personnelle.

Pourquoi dites-vous que ce texte porte la marque personnelle du pape ?
C’est l’approche d’un pasteur. François insiste beaucoup sur l’accompagnement personnel des processus de croissance et sur une Église proche des réalités. Ce qu’il dit par ailleurs dans le cadre de ce Jubilé sur la Miséricorde et qu’il disait déjà dans Evangelii Gaudium. Quand il insiste sur ces réalités, il ne dit pas qu’il faut adapter la législation de l’Église aux réalités, mais rejoindre les gens dans ce qu’ils vivent de beau et, aussi, de blessé. Par deux fois il souligne que ce qui prime n’est pas la « pastorale des échecs » mais la promotion du mariage et de la famille comme une réponse aux aspirations de nos contemporains, en particulier des jeunes.

Y a-t-il aussi la trace de sa formation jésuite ?
Il y a de fait une dialectique interne à la pastorale : en effet, il s’agit d’incarner l’idéal exigeant du mariage et de la famille dans la vie concrète des personnes. Le pape François nous demande d’y être attentifs avec la même charité, compassion, miséricorde que le Seigneur. Mais il ne s’agit pas de transiger sur les exigences de la vérité. À mon avis, c’est important : il faut distinguer cette dialectique pastorale d’une dialectique doctrinale.

Quelle serait cette dialectique doctrinale ?
Ce serait celle qui opposerait les « conservateurs », qui pourraient avoir tendance à se réfugier derrière les principes de manière parfois rigide, et les « progressistes », qui voudraient changer la doctrine et la discipline de l’Église pour l’adapter aux réalités concrètes de la vie des personnes. Le pape François n’est pas dans cette optique de changement de la doctrine ni de la discipline. Il est dans la dialectique du pasteur qui prend à bras le corps la réalité. C’est cela qu’il faut surtout souligner. À la lumière de la parole de Dieu et de l’enseignement de l’Église, que le pape François assume sereinement.

Ce texte change-t-il la législation canonique sur la communion ?
Dans une note de bas de page n. 351, le pape François parle de l’aide que l’Église peut apporter aux personnes et qui pourrait aller, dans certains cas, jusqu’aux sacrements. Mais cette note ne vise pas particulièrement les divorcés remariés. Elle concerne toutes les situations irrégulières. Cette note, qui ne donne d’ailleurs aucune préconisation pratique, doit être éclairée par le principe fondamental qui est qu’on ne changera pas la législation canonique. En effet, dans le paragraphe 300, il explique : « on ne devait pas attendre du Synode ou de cette Exhortation une nouvelle législation générale du genre canonique, applicable à tous les cas. » Puis, plus loin : « étant donné que, dans la loi elle-même, il n’y a pas de gradualité (cf. Familiaris consortio, n.34), [le] discernement [qui oriente les fidèles à la prise de conscience de leur situation devant Dieu, Ndlr.], ne pourra jamais s’exonérer des exigences de vérité et de charité de l’Évangile proposées par l’Église. »
A celui qui attendait une révolution du point de vue de la discipline en vigueur sur l’accès des divorcés-remariés aux sacrements de Réconciliation et d’Eucharistie, sa possibilité n’est même pas mentionnée. Et s’il y a « ouverture », elle est d’ordre pastoral et concerne l’accompagnement et l’intégration des personnes à la vie de la communauté ecclésiale. En somme, il développe ce que Jean-Paul II a dit dans Familiaris consortio, avec son approche essentiellement pastorale et des éléments très concrets pour la vie du couple et de la famille. En cela, le chapitre quatrième – le plus original – sur l’amour dans le mariage, est exemplaire, non moins que le cinquième sur la fécondité du mariage.

Quel est le véritable enjeu sorti de ce document ?
Le véritable enjeu, c’est l’approche pastorale, qui doit être faite de proximité avec les gens, d’attention aimante aux réalités de la vie concrète. Aux agents pastoraux, le pape François semble dire : « Je comprends que vous désiriez un enseignement clair et sans confusion, mais ne soyez pas éloignés des réalités concrètes des gens, sous prétexte que vous êtes fidèles à l’enseignement de l’Église. Ce n’est pas parce que vous vous salirez les mains avec un peu de la boue des réalités parfois blessées de la vie des gens, que vous ne devrez pas leur présenter l’idéal exigeant du mariage et de la famille. Donc soyez-là, proches, compatissants, montrez-leur qu’ils appartiennent à l’Église, ouvrez-leur un chemin de croissance, aidez-les, en éclairant leur conscience, mais sans se substituer à elle, à participer toujours plus, selon leur état, à la vie de l’Eglise. »

En temps que pasteur, comment recevez-vous ce message ?
Je me sens conforté dans ma mission et par rapport aux orientations pastorales familiales que nous mettons en œuvre dans notre diocèse. Dans le diocèse de Bayonne, nous organisons des journées avec les divorcés remariés et les divorcés non remariés. Je suis présent, je leur dis qu’ils sont d’abord des baptisés et que je suis leur Pasteur ; je leur donne un espace de parole ; puis je leur propose de cheminer avec eux, comme les disciples d’Emmaüs, à la lumière de la Parole de Dieu lue en Eglise, et conformément à la discipline de l’Eglise…
Nous avons mis en place aussi, avec une dizaine de bénévoles formés, ce que nous avons appelé « l’accueil Louis et Zélie », comme « un hôpital de campagne », selon l’expression du Pape François, pour accueillir, écouter, accompagner toutes sortes de situations de difficultés ou de blessures de la relation affective, de la fertilité, de la vie de couple ou de famille…. Des gens pas forcément pratiquants réguliers viennent avec leurs situations difficiles et trouvent un éclairage, un réconfort, une espérance dans leur cheminement, par ce que dit l’Église, qui est « experte en humanité » (Paul VI).

Comment interprétez-vous la lettre des cardinaux au pape pour le dissuader d’ouvrir la communion aux divorcés remariés ?
Je pense que cette lettre a largement précédé la publication de l’exhortation. Dans ce sens, je suppose que c’était une manière d’alerter respectueusement le Pape sur les groupes de pression, y compris à l’intérieur de l’Eglise, qui pouvaient bien faire du lobbying, par medias interposés, pour « revendiquer » la communion pour les divorcés-remariés, qui semblait focaliser l’attention du grand nombre. On peut constater en tout cas que ces groupes seront déçus : la question n’est pas explicitement évoquée et la proposition pratique du Cardinal Kasper a même complètement disparu. Ne nous étonnons pas qu’il puisse y avoir au sein de l’Eglise des diversités d’approches, voire des désaccords dans la formulation de la doctrine et dans son application. C’est la preuve que l’Eglise est un Corps vivant. Ce qui est sûr, c’est que, quelle que soit la partition de chacun, l’Esprit Saint assiste le Successeur de Pierre et un consensus, je ne dis pas un compromis, finit toujours par se faire jour.


Source : La Croix - édition du 9 avril 2016
images/icones/2a.gif  ( 801954 )Ce pape a beaucoup de chance par jejomau (2016-04-09 16:19:07) 
[en réponse à 801950]

d'avoir un clergé en grande partie "conservateur" et des fidèles majoritairement acquis aux idées émises par les TRADIS qui ont gagné le combat intellectuel (et doctrinal)...

La conséquence la plus visible de état de fait, c'est qu'il est soutenu envers et contre tout par tous ceux que je viens de citer simplement déjà par .... respect pour la fonction qu'il représente.

Ca ce serait passé dans les années 70, tout aurait été emporté ....

Ce pape peut remercier Saint Jean-Paul II et Benoit XVI pour le travail de fond accompli depuis le Concile...
images/icones/neutre.gif  ( 801955 )à comparer avec la lecture du cardinal von Schönborn par Luc Perrin (2016-04-09 16:24:09) 
[en réponse à 801950]

selon le New York Times de ce jour qui écrit :

"At a Vatican news conference to unveil the document, Cardinal Christoph Schönborn of Austria said that Francis was trying to erase the distinction between “regular” and “irregular” families, even as he continued to advocate the Christian ideal of marriage.

Cardinal Schönborn, himself the child of divorced parents, said the pope’s message is that God’s mercy applies to all.
Today’s Headlines: European Morning

“No one must feel condemned,” he said. “No one is scorned.”

[Lors d'une conférence de presse au Vatican consacrée à dévoiler la teneur du document, le Cardinal Christoph Schönborn d'Autriche a déclaré que François essayait d'effacer la distinction entre familles "régulières" et "irrégulières", même s'il maintient son plaidoyer en faveur de l'idéal chrétien du mariage.
Le Cardinal, lui-même enfant de parents divorcés, a dit que le message du pape est que la miséricorde de Dieu s'applique à tous.
"Personne ne doit se sentir condamné", a-t-il dit, "personne n'est blâmé/stigmatisé" ]

Ah bon vraiment pourtant les évangiles ne disent pas cela ... et même à la femme adultère le Christ ajoute : "va et ne pèche plus". Non pas "va et fait ce que tu veux" ...

Mais c'est vrai que la Bible, les Pères, les conciles et les papes avant 2013, tout cela est périmé comme nous disait le cardinal Kasper en 2014.

Le journal relève que c'est l'approche des évêques allemands aux Synodes qui a été retenue par le pape.

ps. pour ceux qui ne le sauraient pas, le cardinal von Schönborn a joué un rôle majeur dans les grandes encycliques éthiques de saint Jean-Paul II notamment Veritatis splendor et pour la rédaction du C.E.C., documents qui vont dans un sens différent. Il y a comme un dédoublement de personnalité chez le prélat autrichien depuis une bonne dizaine d'années qui brûle ce qu'il avait rédigé et adoré ...ô tempora ô mores (René Gosciny).

Ecclesia Dei adflicta

images/icones/coeurbrise.gif  ( 801956 )Quand Christoph Schönborn citait le P. Garrigou-Lagrange par Peregrinus (2016-04-09 16:34:36) 
[en réponse à 801955]


Un samedi, le P. Garrigou-Lagrange s'apprêtait à donner son cours. Le premier mot en était "Dieu". Il le prononça, puis se tut. Il recommença, mais après le mot "Dieu", il ne put en prononcer aucun autre. Tous attendaient en silence. Le fameux professeur ferma son livre, se leva et s'en alla... Le témoin oculaire de qui je tiens cette anecdote - il vit encore - conclut ainsi son récit : "Ce fut le cours de théologie le plus marquant que j'aie jamais suivi." (Christoph Schönborn, Aimer l'Eglise : retraite prêchée à Jean-Paul II en février 1996, Cerf, 1998, p. 12)



Comment ce prélat a-t-il pu, depuis, tomber si bas ?

Peregrinus
images/icones/hum2.gif  ( 801958 )le mystère d'iniquité par Luc Perrin (2016-04-09 16:41:55) 
[en réponse à 801956]

de fait l'itinéraire du Cardinal, proche de Mgr Lefebvre quand il était Père dominicain, pilier de l'ère Wojtyla-Jean-Paul II dans ce domaine de l'éthique si central dans la pensée et l'action du saint pontife, et depuis des années maintenant entièrement "converti" au catholicisme néo-libéral et néo-moderniste ne laisse pas de surprendre.
images/icones/fleche2.gif  ( 801963 )Des raisons plus pragmatiques: courtisanerie, carriérisme, personnalités, jeux d'alliance par Athanase (2016-04-09 17:07:27) 
[en réponse à 801958]

Cher Luc Perrin: le milieu ecclésiastique reste aussi un milieu humain où les coteries et les clans se font et se défont. Il y a les gens qui étaient proches à un moment puis qui s'éloignent. On est dans telle cour, parce que l'on a pas réussi à être dans une autre... Je simplifie, mais il y a un peu (ou beaucoup) de ça. Il y a certainement eu un éloignement croissant entre Benoît XVI et le cardinal Schönborn

Le cardinal Schönborn était proche de Jean-Paul II et du cardinal Ratzinger. Lorsque Benoît XVI était pape, il y a eu, semble-t-il, un éloignement entre les deux germanophones, notamment en 2009. Alors, on peut supposer que les déçus de l'époque bénédictine aient commencé à regarder vers le bergoglisme avant la lettre, déjà en germes dans les dernières années de Benoît XVI. Le bergoglisme n'est certainement pas né en 2013, son terrain étant déjà préparé. En 2011, vous m'aviez dit votre déception à l'égard de certaines erreurs du pape régnant. A l'époque, on ne parlait pas encore de l'archevêque de Buenos-Aires comme successeur, mais on sentait les véritables difficutés et l'isolement de Benoît XVI face à un troupeau hostile. La renonciation de 2013 n'est que l'accélération d'un processus déjà enclenché.

On peut aussi invoquer la personnalité du cardinal Schönborn, incapable de prendre des décisions. Lui-même est fils de divorcés: peut-être que l'absence de père vous rend fragile... Les ruptures dans les familles: un sujet abordé par les deux derniers synodes. Alors il devient plus facile d'évoluer doctrinalement. Mais ne pyschologisons pas tout.
images/icones/flagD.gif  ( 801966 )Pour le Cardinal Kasper, c'est une ouverture, "très clairement" par Athanase (2016-04-09 17:10:22) 
[en réponse à 801955]

Le cardinal Kasper s'en réjouit: à lire en allemand sur le site de Radio Vatican.
images/icones/hein.gif  ( 801968 )Tout va s'éclaircir très rapidement par Candidus (2016-04-09 18:09:01) 
[en réponse à 801950]

Réaffirmation de la doctrine traditionnelle avec une insistance sur la miséricorde ou véritable ambiguïté destinée à favoriser la thèse kaspérienne ?

Pourquoi s'écharper sur cette question alors que tout va très rapidement s'éclaircir ?

Dans les jours qui viennent, si ce n'est pas déjà le cas, des évêques et des cardinaux, notamment allemands, vont affirmer que l'on peut désormais en toute légitimité accorder la communion à des divorcés remariés à l'issue d'un processus de discernement et de conversion.

A partir de ce moment, nous saurons quelle était la véritable intention de François : soit il ne dira rien et qui ne dit mot consent, ce sera la preuve que son exhortation était bien destinée à légitimer l'approche kaspérienne, soit il reprendra charitablement ces pasteurs égarés, leur expliquant qu'ils ont mal lu son exhortation.
images/icones/bravo.gif  ( 801969 )le pape écrit noir sur blanc qu"on ne peut admettre à la communion les divorcés remariés" par jejomau (2016-04-09 18:18:41) 
[en réponse à 801968]

Je cite textuellement le Saint-Père réaffirmant la discipline de l'Eglise:

« fondée sur l'Ecriture Sainte, selon laquelle elle ne peut admettre à la communion eucharistique les divorcés remariés ».



Si, si, c'est bien écrit par le Pape ici
images/icones/neutre.gif  ( 801977 )Le pape, oui, mais pas l'actuel par Candidus (2016-04-09 20:15:38) 
[en réponse à 801969]

Si l'on ne clique pas sur votre lien, on croirait que vous parlez de François...
images/icones/1b.gif  ( 801999 )eh oui ! par jejomau (2016-04-09 22:51:46) 
[en réponse à 801977]

il faut cliquer sur le lien en effet... pour constater combien le Synode réuni par le pape Jean-Paul II avait déjà tout dit d'une manière claire et tranchée tout ce qu'il fallait savoir sur la question.

Mais "ils" voulaient absoluement un autre Synode sur la famille. Lequel a en grande partie échoué, il faut le reconnaître. Néanmoins, ce texte nouveau sème la zizanie...

La zizanie...
images/icones/fleche2.gif  ( 801986 )Le vice-président de l'Institut Jean-Paul II ne voit pas de rupture avec Familiaris Consortio par gégé81 (2016-04-09 21:13:43) 
[en réponse à 801969]

Le Père José Granados, vice-président de l'Institut Jean-Paul II (traduit de l'anglais) :

" Le texte permet-il aux catholiques divorcés-remariés, au moins dans certains cas, de recevoir la Sainte Communion ? Après lecture du chapitre 8, qui examine la question, nous devons conclure que le texte ne change pas la discipline de l'Eglise en ce qui concerne l'admission des catholiques divorcés et civilement remariés à l'Eucharistie, discipline fondée sur la doctrine, comme affirmée par Familiaris Consortio 84 et Sacramentum Caritatis 29.

De fait, le chapitre 8 ne mentionne même pas l'Eucharistie. Il est ainsi clair que le pape François, qui a insisté sur l'importance de synodalité dans l'Église, n'a pas voulu aller au-delà des décisions du Synode. À aucun moment dans le texte, on ne trouve quelque chose comme ;: "dans certains cas, les divorcés-remariés pourrons être admis à recevoir l'Eucharistie". Une affirmation d'une telle clarté aurait ét nécessaire pour modifier une pratique enracinée dans la doctrine, établie fermement et constamment par le Magistère de l'Église. Notons aussi que la proposition du Cardinal Kasper, qui avait demandé de claires règles canoniques aidant à discerner les cas où l'admission aux sacrements serait possible, n'a pas été prise en compte par ce document.

La seule allusion possible à un changement de discipline se trouve dans la note 351, où il est dit que, dans certains cas, l'Église peut accorder aux personne en situation irrégulière l'aide des sacrements. Mais il serait sans doute étrange de suggérer que le Pape aurait voulu changer si radicalement la doctrine de l'Église dans une note de bas de page d'une exhortation apostolique. De plus, la note se réfère aux situations irrégulières en général, et non pas directement aux divorcés-remariés (un cas particulier, puisqu'un mode de vie en contradiction avec en sacrement est impliqué). Des détails supplémentaires seraient requis, et le Pape n'a pas voulu les faire, n'impliquant ainsi aucun changement de discipline. "


ICI
images/icones/fleche3.gif  ( 801988 )Donc... par Candidus (2016-04-09 21:20:55) 
[en réponse à 801986]

Demain, après-demain, d'ici peu... François va expliquer à tout ceux qui interprètent mal son exhortation (et ils sont légions) le sens véritable de ce qu'il a voulu dire. Vous êtes d'accord ? Le contraire ne serait pas très charitable, n'est-ce pas ?

Mais supposons un instant qu'il ne le fasse pas. Qu'est-ce que cela signifierait ? Réfléchissez, vous trouverez facilement la réponse.
images/icones/1n.gif  ( 801972 )Il peut tout simplement ne rien faire, laisser pourir la situation... par Athanase (2016-04-09 18:57:32) 
[en réponse à 801968]


... mais, paradoxalement, créer les conditions d'un sursaut qui viendra d'un autre, de son successeur...

J'avoue ne pas trop savoir.

- François met le coup de barre ? Euh, disons que l'on attend depuis 2 ans: malgré certaines rectifications, il n'y a pas de courant insufflé, en faveur d'une reprise en mains. Pire: le texte, flou et ambigu rendu public le 8 avril 2016, ne tranche pas vraiment et comporte des passages à plusieurs lectures (contraste, par exemple, entre les paragraphes et les notes de bas de passage, qui ne disent rien, mais laissent entendre...). A moins que, comme en juillet 1968, François fasse comme Paul VI, mais on peut rêver, et surtout le pape tient trop à son image médiatique (au-delà de telle problématique, cela a été l'un des axes du pontificat, soit dit en passant). On peut imaginer un miracle, même si on ne change pas les gens, surtout quand ils ont de la bouteille. François devenant une sorte de Jean XXIII, mais en sens inverse ? Pourquoi pas: le pape Roncalli avait des manies traditionnelles. Cela ne l'a pas empêché de mettre en oeuvre un processus qui a abouti à la situation actuelle, alors même que Jean XXIII avait des côtés traditionnels. Or, là, nous sommes déjà à 3 ans de pontificat: il ne reste plus que l'intégration de la FSSPX. Ce peut être le coup "à droite" du pontificat. On peut effectivement imaginer que la confusion Amoris laetitia permette de mieux faire avaler la pilule d'Ecône. Dans ce cas, ce serait subtil.

- François laisse volontairement le désordre s'installer pour mieux le corriger ? Pourquoi pas, mais François est assez âgé et aura-t-il assez de force ? Il a plus fait en sens inverse depuis 2013 en allumant quelques mèches...Mais on peut ne pas l'exclure. Mais on se déjuge assez rarement en peu de temps (Paul VI a commencé une reprise en mains à partir des années 1970, ce qui suppose que le pontificat bergoglien dure assez longtemps...).

- Enfin, le désordre s'installe, mais prépare un successeur et une vraie réforme. On oublie de le dire, mais une réforme, dans l'Eglise, intervient sur fond de crise, parfois grave. On peut l'imaginer. Qui sait ? François, sans le savoir et même le vouloir, aura été l'agent inconscient qui a révélé les failles du systèmes post-conciliaire, ses insufissances, en rappelant, malgré lui, qu'un redressement doit être total : la crise morale est aussi la conséquence d'une crise doctrinale et spirituelle . Et à oublier de les traiter en même temps, on laisse les problèmes se perpétuer.


images/icones/hein.gif  ( 801973 )Ecône contre Amoris laetitia ? par Peregrinus (2016-04-09 19:12:46) 
[en réponse à 801972]

J'avoue ne pas croire à la théorie que l'on entend de temps à autre, selon laquelle les ouvertures sans précédent faites par François à la FSSPX serviraient à faire accepter les altérations infligées à la doctrine catholique du mariage et de la famille selon la logique qui consiste à porter un coup à droite et un coup à gauche.
En effet, cette théorie repose au fond sur l'idée que ceux que les innovations doctrinales sur la famille risquent d'indisposer sont aussi ceux qui verraient d'un bon œil la reconnaissance de la FSSPX.
Or il me semble que l'affirmation d'une telle identité pose problème. Si la plupart de ceux qui souhaitent la reconnaissance de la FSSPX sont effectivement opposés à tout changement touchant à la doctrine, il est loin d'être sûr que la plupart des opposants aux innovations sont favorables à la FSSPX. En effet, les gros bataillons de la lutte contre le kaspérisme, malgré l'apport qui n'est pas entièrement négligeable des catholiques traditionnels, ont été fournis par un clergé et des fidèles de tendance généralement wojtylienne, le plus souvent très hostiles aux traditionalistes en général et à la FSSPX en particulier.
Reconnaître la FSSPX ne serait donc absolument pas un gage donné à cette frange indisposée par les innovations, mais au contraire un nouveau grief. On oublie trop souvent le mépris, voire la franche hostilité qu'une partie des conservateurs porte aux traditionalistes, même s'il est vrai que l'hostilité tend plutôt à diminuer avec le temps (c'est très net chez les plus jeunes).
C'est pourquoi, s'il y a une telle stratégie de la part du pape, et cela n'est pas sûr, il me semble que celle-ci ne dépasse pas le stade du brouillage systématique : ce n'est certainement pas l'un contre l'autre. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on peut continuer à souhaiter la reconnaissance de la FSSPX tout en s'opposant avec la dernière vigueur aux dangereuses innovations de l'exhortation.

Peregrinus
images/icones/1v.gif  ( 801974 )Il n'y a que des hypothèses et François peut tout simplement chercher à brouiller par Athanase (2016-04-09 19:48:58) 
[en réponse à 801973]

les pistes.

On en est qu'au stade des hypothèses. Nous n'avons aucune boussole, surtout avec un personnage complexe et imprévisible. Il se peut qu'il n'y ait pas de stratégie, sauf de pures volontés personnelles qui expliquent tel "coup" ici et là. François voulait régler la situation des divorcés remariés, tout comme il veut régler celle de la FSSPX, parce qu'il a été confronté à ces situations dans ses années épiscopales, à Buenos Aires. Il a été sensible à ces questions, parce qu'il les a vues. François a permis à la FSSPX d'exercer sa mission en Argentine, tout comme il a été peu regardant sur des divorcés remariés communiant (au passage, grave prévarication de la part de l'archevêque de Buenos Aires...)

François aime faire ce qui lui passe par la tête, même s'il n'y a pas de cohérence. Il a gardé une bonne image de la FSSPX quand il était archevêque de Buenos Aires. Il souhaite donc la régulariser. Mais aussi il veut apparaître comme le pape qui aura réglé le "cas" d'Ecône, à la différence de ses prédecesseurs, notamment le plus proche. Il veut montrer que lui, le "pastoral", a réussi là où Benoît, le "doctrinal", a échoué, alors qu'il semblait plus proche de la mouvance traditionnelle. Il a voulu montrer que lui, le pastoral, a été plus "généreux" et moins regardant sur la fidélité de la FSSPX au dernier concile. Il pourra ironiser sur son prédecesseur qui a fini par patauger dans ce dossier.

Néanmoins, il faut aussi voir les choses au niveau politique du pape (cet aspect est aussi prépondérant sans son pontificat, tout comme l'usage soutenu de la machine médiatique), qui sait qu'il ne veut pas apparaître comme l'otage d'un camp, d'un clan ou d'une coterie. Il n'a pas voulu apparaître comme vaincu par les "conservateurs", ce qui explique son exhortation brouillonne et longue, avec des ambiguïtés, dont il semble patent que le flou soit voulu à dessein. Il ne veut non plus se montrer comme l'homme des "ultras" qui n'ont jamais digéré les pontificats wojtylo-ratzingériens: il est donc prêt à discuter avec la FSSPX et se fiche des mises en garde. Il n'a pas tenu comptes des mises en garde de ces derniers sur la famille: il a préféré insister avec des exhortations longues, à saveur existentielle. On ne voit pas pourquoi il capitulerait sur ce dossier. Qui plus est, face aux wojtyliens, à la tendance conservatrice, il pourra toujours s'appuyer sur des traditionalistes, qui n'ont pas cessé de progresser sous ce pontificat (l'épisode des franciscains de l'Immaculée doit aussi faire rappeler qu'ils ne sont pas issus du milieu Ecclesia Dei, ni de la FSSPX: il y a aussi un règlement de compte buenos-airien...). Au passage, il n'est pas naïf pour savoir les démêlés entre la FSSPX et les wojtyliens, toutes tendances confondues.

Les défenseurs de la discipline eucharistique se sont beaucoup exprimés dans les rangs wojtyliens - ce qui est une bonne chose -: le pape peut aussi "jouer" avec leurs adversaires lefebvristes qui ont pu souffrir du désaveu romain. Ce n'est qu'une possibilité de lecture.

Bref, tout cela est très compliqué.

Les hommes d'Eglise sont aussi des êtres humains avec leur stratégie, leurs cours, leurs réseaux, leurs piques, leur brouille, leur souvenir et leur expérience.

images/icones/hein.gif  ( 801976 )Et si finalement tout n'était pas si compliqué ... par Ion (2016-04-09 20:15:24) 
[en réponse à 801974]

Et si au lieu de prêter à François une volonté personnelle, une stratégie, un plan, un désir de faire ce que ses prédécesseurs n'ont pas fait, une propension à "faire ce qui lui passe par la tête" (sic), une politique ... si au lieu de tout cela on pensait un seul instant que François n'a peut-être qu'un seul désir, celui de faire la volonté de Dieu du mieux possible (même si ses méthodes ne sont pas les vôtres ou celles d'autres ou que vous ne les comprenez pas) ?

Et si on accceptait que dans la vie de prière du Pape François, dans sa relation quotidienne avec le Seigneur, il Lui demande peut-être de l'inspirer dans sa lourde tâche de vicaire du Christ ?

Et si on croyait un moment que l'assistance du Saint Esprit n'est pas un concept vain ?

Bref, si dans cette discussion, on élevait le débat au niveau spirituel eu lieu de le laisser au niveau purement humain ?

Ion
images/icones/radioactif.gif  ( 801979 )La volonté de Dieu qui passerait outre les Ecritures ? par Athanase (2016-04-09 20:33:52) 
[en réponse à 801976]


Je ne sais pas s'il faut rendre les ronds carrés ou les carrés ronds mais il paraît difficile de justifier certains comportements au nom de la miséricorde et de l'Evangile.

Comment en arrive-t-on à justifier un adultère au nom justement de... la fidélité des époux (numéro 298) ? "L'aide des sacrements" à des "situations objectives de péché"(termes employés par le pape) selon le numéro 305 et la note 351 ? Quant à l'idée selon laquelle "il n’est plus possible de dire que tous ceux qui se trouvent dans une certaine situation dite ‘‘irrégulière’’ vivent dans une situation de péché mortel, privés de la grâce sanctifiante", on en déduit donc que la fornication est un péché véniel ? Là, je vous dis: on rase gratis.

Ce qui est magique, c'est que certains ont l'art de transformer tout en monde des bisounours grâce à un coup de baguette magique. Je dis que c'est fort.
images/icones/neutre.gif  ( 801980 )Cher Ion par Candidus (2016-04-09 20:36:42) 
[en réponse à 801976]

C'est un liseur qui a été désigné un jour, ironiquement, par XA comme "le plus romain de ce forum" qui vous répond. Je comprends vos tentatives d'exonérer François mais à un certain moment, il faut quand même accepter de voir la réalité en face, quelque douloureux que cela puisse être.

Cette exhortation est ambiguë et nous allons le constater tous les jours plus clairement avec l'interprétation hétérodoxe que les évêques allemands, Kasper en tête (vous savez celui qui fait "de la théologie à genoux"), ont commencé à lui donner et qui va prendre de l'ampleur et se répandre.

Le problème est simple. Si vous avez raison, si les évêques hétérodoxes allemands ont tort de se réjouir ; si ceux qui dénoncent une rupture doctrinale interprètent mal les intentions de François, nous le saurons très rapidement : François dans sa charité et dans sa miséricorde ne nous laissera pas nous égarer et remettra promptement les pendules à l'heure. Comment pourrions-nous imaginer qu'il laisse se développer une telle distorsion de sa pensée ? Attendons et nous verrons bien.
images/icones/5b.gif  ( 801984 )Bon raisonnement par AVV-VVK (2016-04-09 20:54:07) 
[en réponse à 801976]

Nous ( je m' y inclus)) risquons de nous laisser être emportés par un tourbillon et un enchère de réactions, d' arrière-pensées et de commentaires conservateurs et progressistes interminable. Pour en avoir mal à la tête.... Mais nous oublions l'essentiel: de retourner à la source, i.e. un nouveau document papal.
images/icones/hum2.gif  ( 801981 )C'est un plaisanterie ? par Justin Petipeu (2016-04-09 20:42:37) 
[en réponse à 801968]

Quand François déclare bonassement que "certains" divorcés remariés, donc adultères, doivent être considérés comme étant en état de grâce et qu'on ne peut plus affirmer le contraire, il a déjà évidemment choisi son camp. C'est celui de l'apostasie. Le renvoi aux notes de bas de page le confirme...

C'est la vieille tactique conciliaire de l'exception qui devient la règle. L'exception est un scandale qui ne sera qu'amplifiée par l'usage.

Vade Retro !
images/icones/fleche3.gif  ( 801998 )Benoît XVI a déjà tout dit sur le sujet par jejomau (2016-04-09 22:47:58) 
[en réponse à 801981]



Benoit XVI a déjà anticipé ce genre d'attitude et répondu sur le sujet.

Le vrai problème encore une fois d'où découle nombre d'atteintes à la Doctrine de l'Eglise réside à mon avis dans la négation du Péché originel. D'où une perte de la Foi. Ainsi entend-on souvent parler "d'idéal" du mariage chrétien à atteindre. Parler ainsi du sacrement revient en fait à ne plus croire (ou "à ne pas croire") dans la réalité du sacrement.... et donc à ne pas croire vraiment en Dieu. Le mariage doit être vécue , non comme un idéal mais comme une réalité.

Le texte de Benoît XVI


La Lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant la réception de la communion eucharistique de la part des fidèles divorcés remariés du 14 septembre 1994 a rencontré un grand écho en divers lieux de l’Église. À côté de nombreuses réactions positives, on a aussi entendu bon nombre de critiques. Les objections essentielles faites à la doctrine et à la pratique de l’Église sont présentées ci-dessous sous une forme par ailleurs simplifiée.

Certaines objections plus significatives – surtout la référence à la pratique, jugée plus souple, des Pères de l’Église, qui inspirerait la pratique des Églises orientales séparées de Rome, de même que l’invitation à recourir aux principes traditionnels de l’ epikeia et de l’aequitas canonica – ont été étudiées d’une manière approfondie par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Les articles des professeurs Pelland, Marcuzzi et Rodriguez Luño (2) ont été élaborés au cours de cette étude. Les résultats principaux de cette recherche, qui indiquent la direction d’une réponse aux objections avancées, seront également brièvement résumés ici.

1. Beaucoup estiment, alléguant divers passages du Nouveau Testament, que la parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage permet une application souple et ne peut pas être classée avec rigidité dans une catégorie juridique.

Quant à l’indissolubilité du mariage, certains experts ont avancé, de manière critique, que le Magistère citerait presque exclusivement une seule péricope – c’est-à-dire Mc 10, 11-12 – et ne tiendrait pas suffisamment compte d’autres passages de l’évangile de Matthieu et de la première lettre aux Corinthiens. Ces passages bibliques mentionneraient quelques « exceptions » à la parole du Seigneur sur l’indissolubilité du mariage, c’est-à-dire dans le cas de la porneia (cf. Mt 5, 32 ; 19, 9) et dans celui de la séparation pour raison de foi (cf. 1 Co 7, 12-16). Ces textes seraient des indications que les chrétiens se trouvant dans des situations difficiles auraient connu, déjà aux temps apostoliques, une application souple de la parole de Jésus.

On doit répondre à cette objection que les documents magistériels n’ont pas l’intention de présenter d’une manière complète et exhaustive les fondements bibliques de la doctrine sur le mariage. Ils laissent cette tâche importante aux experts compétents. Le Magistère souligne cependant que la doctrine de l’Église sur l’indissolubilité du mariage découle de la fidélité envers la parole de Jésus. Jésus définit clairement la pratique vétérotestamentaire du divorce comme une conséquence de la dureté du cœur de l’homme. Il renvoie – au-delà de la loi – au commencement de la création, à la volonté du Créateur, et résume son enseignement par ces mots : « Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas » (Mc 10, 9.) Avec la venue du Rédempteur, le mariage est donc ramené à sa forme originelle à partir de la création et soustrait à l’arbitraire humain, surtout à l’arbitraire du mari car, de fait, il n’y avait pas en réalité de possibilité de divorce pour la femme. La parole de Jésus sur l’indissolubilité du mariage est le dépassement de l’ancien ordre de la loi par l’ordre nouveau de la foi et de la grâce. C’est seulement ainsi que le mariage peut rendre pleinement justice à l’appel de Dieu à l’amour et à la dignité humaine, et devenir un signe de l’Alliance d’amour inconditionnel de la part de Dieu, c’est-à-dire un « sacrement » (cf. Ep 5, 32).

La possibilité d’une séparation, que Paul envisage en 1 Co 7, concerne les mariages entre un conjoint chrétien et un autre qui n’est pas baptisé. La réflexion théologique postérieure a clarifié le fait que seuls les mariages entre baptisés sont « sacrement », au sens strict du mot, et que l’indissolubilité absolue ne vaut que pour les mariages qui se situent dans le cadre de la foi dans le Christ. Ce que l’on appelle le « mariage naturel » a sa dignité à partir de l’ordre de la création et est donc orienté vers l’indissolubilité, mais il peut être dissous, dans des circonstances déterminées, en raison d’un bien plus élevé, en l’occurrence la foi. Ainsi, la systématisation théologique a classifié juridiquement l’indication de saint Paul comme « privilège paulin », c’est-à-dire comme possibilité de dissoudre, pour le bien de la foi, un mariage non sacramentel. L’indissolubilité du mariage vraiment sacramentel est donc sauvegardée ; il ne s’agit donc pas d’une exception à la Parole du Seigneur. Nous y reviendrons plus loin.

En ce qui concerne la compréhension correcte des clauses sur la porneia , il existe une vaste littérature avec beaucoup d’hypothèses diverses, même contradictoires. De fait, il n’y a pas, parmi les exégètes, unanimité sur cette question. Beaucoup pensent qu’il s’agit ici d’unions matrimoniales invalides et non pas d’exceptions à l’indissolubilité du mariage. En tout cas, l’Église ne peut construire sa doctrine et sa pratique sur des hypothèses exégétiques incertaines. Elle doit s’en tenir à l’enseignement clair du Christ.

2. D’autres objectent que la tradition patristique laisserait place à une pratique plus différenciée, qui rendrait mieux justice aux situations difficiles ; à ce propos, l’Église catholique pourrait apprendre quelque chose du principe d’« économie » des Églises orientales séparées de Rome.

On affirme que le Magistère actuel ne s’appuierait que sur un filon de la tradition patristique, mais non pas sur tout l’héritage de l’Église ancienne. Si les Pères s’en sont clairement tenus au principe doctrinal de l’indissolubilité du mariage, certains d’entre eux ont toléré, sur le plan pastoral, une certaine souplesse devant des situations particulières difficiles. Sur cette base, les Églises orientales séparées de Rome auraient développé plus tard, à côté du principe d’« acribie », de la fidélité à la vérité révélée, le principe de l’« économie », c’est-à-dire de la condescendance bienveillante, dans des circonstances particulières difficiles. Sans renoncer au principe de l’indissolubilité du mariage, elles permettraient, dans des cas déterminés, un deuxième et même un troisième mariage qui, par ailleurs, est différent du premier mariage sacramentel et est marqué du caractère de la pénitence. Cette pratique n’aurait jamais été condamnée explicitement par l’Église catholique. Le Synode des évêques de 1980 aurait suggéré d’étudier à fond cette tradition, afin de mieux faire resplendir la miséricorde de Dieu.

L’étude faite par le Père Pelland montre la direction où il faut chercher la réponse à ces questions. Pour l’interprétation des textes patristiques pris en particulier, l’historien reste naturellement compétent. Étant donné la difficulté de situer ces textes, les controverses ne s’apaiseront pas, même dans le futur. Du point de vue théologique, on doit affirmer :

a) Il existe un clair consensus des Pères en faveur de l’indissolubilité du mariage. Puisque celle-ci découle de la volonté du Seigneur, l’Église n’a aucun pouvoir sur elle. C’est bien pour cela que, dès le début, le mariage chrétien fut différent du mariage de la civilisation romaine même si, dans les premiers siècles, il n’existait encore aucune réglementation canonique le concernant. L’Église du temps des Pères exclut clairement le divorce et un nouveau mariage, et cela à cause d’une obéissance fidèle au Nouveau Testament.

b) Dans l’Église du temps des Pères, les fidèles divorcés remariés ne furent jamais admis officiellement à la sainte communion après un temps de pénitence. Il est vrai, en revanche, que l’Église n’a pas rigoureusement révoqué en tous les pays des concessions en la matière, même si elles étaient qualifiées de non compatibles avec la doctrine et la discipline. Il semble qu’il soit également vrai que certains Pères, par exemple Léon le Grand, ont cherché des solutions « pastorales » pour de rares cas limites.

c) Par la suite, on en arriva à deux développements opposés l’un à l’autre :

- Dans l’Église impériale, après Constantin, on chercha, à la suite de l’imbrication toujours plus forte entre l’État et l’Église, une plus grande souplesse et une plus grande disponibilité au compromis dans des situations matrimoniales difficiles. Jusqu’à la réforme grégorienne, cette tendance se manifesta aussi dans les milieux gaulois et germanique. Dans les Églises orientales séparées de Rome, ce développement se poursuivit au cours du second millénaire et conduisit à une pratique toujours plus libérale. Il existe aujourd’hui, en de nombreuses Églises orientales, toute une série de motifs de divorce, sinon même une « théologie du divorce », qui n’est, en aucune manière, conciliable avec les paroles de Jésus sur l’indissolubilité du mariage. Ce problème doit être absolument abordé dans le dialogue œcuménique.

- En Occident, grâce à la réforme grégorienne, on retrouva la conception originelle des Pères. Ce développement trouva, d’une certaine manière, sa confirmation lors du concile de Trente et fut à nouveau proposé comme doctrine de l’Église par le concile Vatican II.

La pratique des Églises orientales séparées de Rome, conséquence d’un processus historique complexe, d’une interprétation toujours plus libérale – et qui s’éloignait toujours davantage de la Parole du Seigneur – de certains passages patristiques obscurs, influencée aussi à l’évidence par la législation civile, ne peut pas, pour des motifs doctrinaux, être assumée par l’Église catholique. À cet égard, il n’est pas exact d’affirmer que l’Église catholique aurait simplement toléré la pratique orientale. Certes, le concile de Trente n’a prononcé aucune condamnation formelle. Néanmoins, les canonistes médiévaux en ont parlé constamment comme d’une pratique abusive. De plus, il existe des témoignages selon lesquels des groupes de fidèles orthodoxes, qui devenaient catholiques, devaient signer une confession de foi avec mention expresse de l’impossibilité d’un second mariage.

3. Beaucoup proposent de permettre des exceptions à la norme ecclésiale, sur la base des principes traditionnels de l’ epikeia et de l’ aequitas canonica.

Certains cas matrimoniaux, dit-on, ne peuvent être réglés au for externe. L’Église pourrait non seulement renvoyer à des normes juridiques, mais devrait aussi respecter et tolérer la conscience des individus. Les doctrines traditionnelles de l’« épikie » et de l’« équité canonique » pourraient justifier, du point de vue de la théologie morale ou du point de vue juridique, une décision de la conscience qui s’éloignerait de la norme générale. Surtout dans la question de la réception des sacrements, l’Église devrait faire des pas en avant et ne pas simplement opposer aux fidèles des interdictions.

Les deux contributions de Don Marcuzzi et du professeur Rodriguez Luño illustrent cette problématique complexe. À cet égard, on doit distinguer clairement trois types de questions.

a) L’ epikeia et l’ aequitas canonica sont d’une grande importance dans le cadre des normes humaines et purement ecclésiales, mais elles ne peuvent pas être appliquées dans le cadre de normes sur lesquelles l’Église n’a aucun pouvoir discrétionnaire. L’indissolubilité du mariage est une de ces normes qui remontent au Seigneur lui-même et qui sont donc désignées comme normes de « droit divin ». L’Église ne peut pas non plus approuver des pratiques pastorales – par exemple dans la pastorale des sacrements – qui contrediraient le clair commandement du Seigneur. En d’autres mots, si le mariage précédent de fidèles divorcés et remariés est valide, leur nouvelle union ne peut être considérée en aucune circonstance comme conforme au droit et donc, pour des motifs intrinsèques, la réception des sacrements n’est pas possible. La conscience de chacun est liée, sans exception, par cette norme. (3)

b) En revanche, l’Église a le pouvoir de tirer au clair les conditions à remplir pour qu’un mariage puisse être considéré comme indissoluble selon l’enseignement de Jésus. Dans la ligne des affirmations pauliniennes de 1 Co 7, elle a décidé que seuls deux chrétiens peuvent contracter un mariage sacramentel. Elle a développé les figures juridiques du « privilège paulin » et du « privilège pétrinien ». En référence aux clauses sur la porneia chez Matthieu et en Ac 15, 20, des empêchements matrimoniaux ont été formulés. On a en outre identifié toujours plus clairement les motifs de nullité matrimoniale et on a largement développé les procédures processuelles. Tout cela a contribué à délimiter et à préciser le concept de mariage indissoluble. On pourrait dire que, de cette manière, même dans l’Église occidentale, on a fait une place au principe de l’« économie », sans toucher cependant à l’indissolubilité du mariage comme tel.

C’est dans cette ligne aussi que se situe le développement juridique ultérieur apparu dans le Code de 1983, selon lequel même les déclarations des parties ont force probatoire. En soi, au jugement de personnes compétentes, semblent ainsi pratiquement exclus les cas où l’invalidité d’un mariage ne pourrait pas être prouvée comme telle par la voie processuelle. Étant donné que le mariage a essentiellement un caractère public et ecclésial, et que vaut le principe fondamental « Nemo iudex in propria causa » (« Nul n’est juge dans sa propre cause »), les questions matrimoniales doivent être résolues au for externe. Chaque fois que des fidèles divorcés remariés estiment que leur mariage précédent n’a jamais été valide, ils sont donc obligés de s’adresser au tribunal ecclésiastique compétent, qui devra examiner le problème objectivement et en appliquant toutes les possibilités juridiquement disponibles.

c) Certes, il n’est pas exclu que des erreurs se produisent dans les procès matrimoniaux. En certaines régions de l’Église, il n’y a pas encore de tribunaux ecclésiastiques qui fonctionnent bien. Parfois, les procès ont une durée excessivement longue. En certains cas, ils se terminent par des sentences problématiques. Il ne semble pas que soit ici exclue, en principe, l’application de l’ epikeia au « for interne ». On fait allusion à cela dans la lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 1994, quand il est dit que, avec les nouvelles voies canoniques, devrait être exclue « le plus possible », toute discordance entre la vérité vérifiable lors du procès et la vérité objective (cf. Lettre, 9). De nombreux théologiens pensent que les fidèles doivent absolument s’en tenir, même au « for interne », aux jugements du tribunal même si, à leur avis, ils sont erronés. D’autres estiment que, au « for interne », des exceptions sont pensables parce que, dans la législation concernant les procès, il ne s’agit pas de normes de droit divin, mais de normes de droit ecclésial. Cette question exige cependant des études et des clarifications ultérieures. On devrait en effet clarifier d’une manière très précise les conditions pour que se vérifie une « exception », dans le but d’éviter l’arbitraire et de protéger le caractère public – soustrait au jugement subjectif – du mariage.

4. Certains accusent le Magistère actuel d’involution par rapport au Magistère du Concile et de proposer une vision préconciliaire du mariage.

Certains théologiens affirment que, à la base des nouveaux documents magistériels sur les questions du mariage, on trouverait une conception naturaliste, légaliste, du mariage. L’accent serait mis sur le contrat entre les époux et sur le « ius in corpus » . Le Concile aurait dépassé cette compréhension statique et décrit le mariage d’une manière plus personnaliste, comme pacte d’amour et de vie. Il aurait ainsi ouvert la possibilité de résoudre d’une manière plus humaine des situations difficiles. Développant cette ligne de pensée, certains spécialistes posent la question de savoir si on ne peut pas parler de « mort du mariage » quand le lien personnel de l’amour entre deux époux n’existe plus. D’autres soulèvent la vieille question si, en de tels cas, le pape n’aurait pas la possibilité de dissoudre le mariage.

Pourtant, quiconque a lu attentivement les récentes déclarations ecclésiastiques reconnaîtra que, dans leurs affirmations centrales, elles se fondent sur Gaudium et spes et que, par des traits totalement personnalistes, elles développent davantage, sur la trace indiquée par le Concile, la doctrine qui y est contenue. Il est cependant inadéquat d’introduire une opposition entre la visée personnaliste et la visée juridique du mariage. Le Concile n’a pas rompu avec la conception traditionnelle du mariage, mais l’a développée. Quand, par exemple, on répète continuellement que le Concile a remplacé le concept strictement juridique de « contrat » par le concept plus large et théologiquement plus profond de « pacte », on ne peut oublier à ce propos que même le « pacte » contient l’élément du « contrat », bien qu’il se situe dans une perspective plus large. Que le mariage aille bien au-delà de l’aspect purement juridique, enraciné qu’il est dans la profondeur de l’humain et dans le mystère du divin, en réalité cela a toujours été affirmé par le mot « sacrement », mais, certes, souvent cela n’a pas été mis en lumière avec la clarté que le Concile a donnée à ces aspects. Le droit n’est pas tout, mais il est une partie absolument indispensable, une dimension du tout. Il n’existe pas de mariage sans prescriptions juridiques, qui l’insèrent dans un ensemble global de société et d’Église. Si la réorganisation du droit après le Concile touche aussi le domaine du mariage, alors cela n’est pas une trahison du Concile, mais l’exécution de son mandat.

Si l’Église acceptait la théorie qu’un mariage est mort quand deux conjoints ne s’aiment plus, elle approuverait alors le divorce et ne soutiendrait plus l’indissolubilité du mariage que de manière purement verbale, mais non pas dans les faits. L’opinion selon laquelle le pape pourrait éventuellement dissoudre un mariage sacramentel consommé, qui a abouti de manière irrémédiable à un échec, doit donc être qualifiée d’erronée. Un tel mariage ne peut être dissous par personne. Lors de la célébration nuptiale, les époux se promettent la fidélité jusqu’à la mort.

En revanche, des études ultérieures approfondies sont nécessaires pour éclaircir la question si des chrétiens non croyants – des baptisés qui n’ont jamais cru ou ne croient plus en Dieu – peuvent vraiment contracter un mariage sacramentel. En d’autres mots, on devrait clarifier la question de savoir si vraiment tout mariage entre deux baptisés est ipso facto un mariage sacramentel. De fait, le Code lui-même indique que seul le contrat matrimonial « valide » entre baptisés est en même temps sacrement (cf. CIC, can. 1055, § 2). La foi appartient à l’essence du sacrement ; reste à éclaircir la question juridique, quant à savoir quelle évidence de « non-foi » aurait pour conséquence qu’un sacrement ne se réalise pas. (4)

5. Beaucoup affirment que l’attitude de l’Église dans la question des divorcés remariés est unilatéralement normative et non pas pastorale.

Toute une série d’objections critiques à l’encontre de la doctrine et de la pratique de l’Église concerne des problèmes de caractère pastoral. On dit, par exemple, que le langage des documents ecclésiaux serait trop légaliste, que la dureté de la loi prévaudrait sur la compréhension de situations humaines dramatiques. L’homme d’aujourd’hui ne pourrait plus comprendre ce langage. Jésus aurait prêté une oreille attentive aux besoins de tous les hommes, surtout de ceux qui étaient en marge de la société. Au contraire, l’Église apparaîtrait plutôt comme un juge qui exclut des sacrements et de certaines charges, des personnes blessées.

On peut sans doute admettre que, parfois, les formes d’expression du Magistère ecclésial n’apparaissent pas précisément comme facilement compréhensibles. Elles doivent être traduites par les prédicateurs et les catéchistes dans un langage qui corresponde aux diverses personnes et à leur milieu culturel respectif. Le contenu essentiel du Magistère ecclésial à ce sujet doit pourtant être maintenu. On ne peut l’atténuer pour des motifs que l’on estime « pastoraux », parce qu’il transmet la vérité révélée. Certes, il est difficile de faire comprendre les exigences de l’Évangile à l’homme sécularisé. Mais cette difficulté pastorale ne peut amener à des compromis avec la vérité. Dans sa lettre encyclique Veritatis splendor , Jean Paul II a clairement repoussé les solutions prétendument « pastorales », qui sont en contradiction avec les déclarations du Magistère (cf. ibid. , n 56).

En ce qui concerne la position du Magistère sur le problème des divorcés remariés, il faut en outre souligner que les documents récents de l’Église unissent, de manière très équilibrée, les exigences de la vérité et celles de la charité. Si, par le passé, dans la présentation de la vérité, parfois la charité n’a pas resplendi suffisamment, à l’inverse le danger est grand aujourd’hui de se taire ou de compromettre la vérité au nom de la charité. Certes, la parole de vérité peut faire mal et être incommode. Mais elle est le chemin de la guérison, de la paix, de la liberté intérieure. Une pastorale qui veut vraiment aider les personnes doit toujours se fonder sur la vérité. Seul ce qui est vrai peut être aussi pastoral. « Alors, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres » (Jn 8, 32).

Notes:

(1) Ce texte reprend la troisième partie de l’Introduction du cardinal Joseph Ratzinger au numéro 17 de la collection « Documenti e Studi », dirigée par la Congrégation pour la doctrine de la foi, Sulla pastorale dei divorziati risposati , LEV, Cité du Vatican 1998, p. 20-29. Les notes ont été ajoutées.

(2) Cf. Angel Rodríguez Luño, L’epicheia nella cura pastorale dei fedeli divorziati risposati , ibid. , p. 75-87 ; Piero Giorgio Marcuzzi, S.D.B., Applicazione di “ aequitas et epikeia ” ai contenuti della Lettera della Congregazione per la Dottrina della Fede del 14 settembre 1994 , ibid. , p. 88-98 ; Gilles Pelland, S.J., La pratica della Chiesa antica relativa ai fedeli divorziati risposati , ibid. , p. 99-131.

(3) À cet égard vaut la norme répétée par Jean-Paul II dans la Lettre apostolique postsynodale Familiaris consortio , n° 84 : « La réconciliation par le sacrement de pénitence – qui ouvrirait la voie au sacrement de l’Eucharistie – ne peut être accordée qu’à ceux qui se sont repentis d’avoir violé le signe de l’Alliance et de la fidélité au Christ, et sont sincèrement disposés à une forme de vie qui ne soit plus en contradiction avec l’indissolubilité du mariage. Cela implique concrètement que, lorsque l’homme et la femme ne peuvent pas, pour de graves motifs – par exemple l’éducation des enfants –, remplir l’obligation de la séparation, “ils prennent l’engagement de vivre en complète continence, c’est-à-dire en s’abstenant des actes réservés aux époux” ». Cf. aussi Benoît XVI, Lettre apostolique postsynodale Sacramentum caritatis , n° 29.

(4) Durant une rencontre avec le clergé du diocèse d’Aoste, le 25 juillet 2005, le Pape Benoît XVI a affirmé au sujet de cette question difficile : « la situation est particulièrement douloureuse pour les personnes qui se sont mariées à l’Église, mais qui ne sont pas vraiment croyantes et qui l’ont fait par tradition, puis ayant contracté un nouveau mariage non valide, se convertissent, trouvent la foi et se sentent exclues du Sacrement. Cela est réellement une grande souffrance, et lorsque j’étais Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, j’ai invité plusieurs Conférences épiscopales et spécialistes à étudier ce problème : un sacrement célébré sans foi. Je n’ose pas m’avancer en affirmant que l’on puisse trouver ici réellement un motif d’invalidité parce qu’il manquait une dimension fondamentale au mariage. Je le pensais personnellement, mais à la suite des discussions que nous avons eues, j’ai compris que le problème est très difficile et doit être encore approfondi ».


Benedict XVI




images/icones/1n.gif  ( 802018 )Mgr Aillet par Virgile (2016-04-10 09:39:01) 
[en réponse à 801981]

Bonjour,
Monseigneur Aillet a publié une préface tout à fait désolante à un ouvrage d'une divorcée "re-"mariée.
Celle-ci s'escrime dans ce piètre livre, à se fournir une bonne conscience d'avoir succombé dans la tentation d'une "nouvelle rencontre", seconde chance de son unique mariage.
L'ouvrage est très révélateur de l'esprit de protestantisme généralisé dans l'Eglise catholique, et de la manière dont chacune et chacun peut se fabriquer une petite religion à lui.
L'ouvrage concerné.
Les traditionnels sont décidément bien déconcertants.
Virgile.
images/icones/mitre4.png  ( 802024 )Nous ne sommes plus dans une Eglise qui interdit,dit mgr Brunin par Jean Kinzler (2016-04-10 12:01:46) 
[en réponse à 802018]

L'évêque du Havre: "Nous ne sommes plus dans une Eglise qui interdit ou autorise"
L'Eglise a ouvert la porte ce vendredi aux personnes divorcées et remariées. Pour l'évêque du Havre Monseigneur Jean-Luc Brunin, cette main tendue est lié au fait que "nous ne sommes plus dans une église qui interdit ou autorise", mais "dans une église qui veut accompagner des cheminements". "Aucune situation ne peut dispenser l'Eglise d'accompagner les gens qui veulent s'engager dans une vie d'Eglise", a assuré l'évêque du Havre.BFMTV