Le Forum Catholique
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( 801014 )
Don du sang - position de l'Eglise. par Giacomo123 (2016-03-30 10:48:02)
Bonjour,
quelle est la position traditionnelle de l'Eglise et du Magistère sur le don de sang ?
Est-ce autorisé ? Interdit ?
Merci
Saint Temps de Pâques.

( 801017 )
Et pourquoi l'Eglise serait-elle opposée au don du sang ? par Jean-Paul PARFU (2016-03-30 10:56:16)
[en réponse à 801014]
Il ne faut pas confondre : "l'Eglise" avec certaines sectes protestantes, ou issues du protestantisme, comme les "Témoins de Jéhovah" par exemple.
En outre, vous semblez faire une confusion, peut-être inconsciente, entre "don du sang" d'un côté et "don d'organes" de l'autre. Si le don d'organes peut poser des problèmes, je ne crois pas que ce soit le cas du don du sang.

( 801018 )
Et on peut même donner ... par Semper parati (2016-03-30 11:53:40)
[en réponse à 801017]
... ses cheveux pour les petits Jésus du Carmel d'Alençon
bon je sors


( 801020 )
Parce que ce n'est pas traditionnel.... par Glycéra (2016-03-30 12:43:22)
[en réponse à 801017]
Le sang n'est pas un matériau quelconque.
Le sang est la vie. Jésus l'a bien distingué dans l'Eucharistie.
Il est important de comprendre ce que le sang signifie.
Les sociétés traditionnelles ne jouaient pas avec les hommes, ni avec leurs composantes. Et ils savaient pourquoi. Nous sommes, surtout les européens, les occidentaux, des ignares majeurs !
En médecine, on sait que le sang est un tissu (eh oui, même fluide, il est tissu) très spécial. Les hématies sont des cellules, les seules sans noyau. Le coeur est commandé par le sang, par les informations qu'il apporte, et alors, il bat. Voir l'embryologie. Mais qui enseigne cela dans notre monde pesant, balourd, qui ne veut aps voir, mais se fait des croyances et les assène en assommant nos élèves médecins ?
En sus il y a de l'argent qui se fait dans le trafic de ce qui est généreusement et gratuitement offert. Cela vaut qu'on pense à ces contingences, et qu'on ne se fasse pas complice.
Cela vaut la peine de se poser les questions.
Et j'espère de tout mon coeur que l'Eglise saura être assez traditionnelle et courageuse pour le clamer.
Il est urgent de prier en ce sens.
De réclamer à Dieu que l'Eglise guide, et déjà écoute ce que Dieu lui demande.
Glycéra
qui sera heureuse de savoir ce qui existe au magistère, et remercie Sieur Giacomo de sa question, pointue, et nécessaire.
PS Les témoins de Jéhovah sont parfois plus près des choses de Dieu et de la vie qu'iL nsou offre que nous. Même s'ils ne savent pas toutes ces choses de l'intérieur.

( 801021 )
Sauf que l'Eglise n'est pas opposée au don du sang par Regnum Galliae (2016-03-30 12:48:01)
[en réponse à 801020]
Nous ne sommes pas Témoins de Jéovah, mais catholiques. Pourvu que cela ne remette pas en cause la santé du donateur, il n'y a aucune contre-indication au don du sang. A la limite, il y aurait plutôt une incitation : "vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement". Vous avez la santé et la possibilité d'améliorer celle d'autrui, faites-le !
Cela dit, si vous avez une condamnation par l'Eglise de cette pratique, je suis preneur

( 801028 )
Avez-vous tout lu ? J'explique un peu plus... par Glycéra (2016-03-30 14:28:02)
[en réponse à 801021]
Ai-je dit qu'elle était opposée textuellement ?
Mais voyez aussi de quoi il retourne.
Avant le dogme proclamé, on a pu dire que St Bernard était opposé à l'Immaculée Conception. Ce qui était faux.
Ici, ce serait : l'Eglise approuve le don du sang, elle ne l'a pas fait. Elle ne s'est pas prononcée, ou pas encore, qui sait ?
Elle ne s'est pas prononcée pour le "travail des femmes" = qu'elles aillent au dehors du foyer, comme la plupart des mâles sont obligés de le faire, pour chercher à rapporter de l'argent trébuchant.
Un pape a pourtant écrit qu'elles devaient se syndiquer si besoin... certains en ont conclu que le travail -au dehors- était un devoir. On attend une réflexion sur ce qu'est une tâche, donc une action, qui participe aux tâches de Dieu, et leur sens dans la vie qu'on a promis d'assurer à ses descendants, ou au prochain.
L'Eglise dit :
- On ne donne pas, sous couvert de charité mal comprise, sa place au Ciel pour prendre celle d'un pécheur qui se damne : c'est faire injure à Dieu que de refuser de venir à Lui.
- Soyez prudent, attentif, et jamais complices. S'il y a des trafics de voleurs autour de ces dons, nul qui les connaît n'a le droit d'y participer.
- Le suicide est faute (mortelle!), et pourtant Jésus a dit de "donner sa vie". Il ne faut pas prendre la lettre à la pharisienne mode ! Nul n'a le droit de se suicider. Les saints s'offrent, c'est autre chose.
Si on savait ce que "sang" veut dire, on serait moins léger, et moins superficiel. C'est autrement vital que de se donner bonne conscience : "moi, je suis grand, je donne mon sang, et je le fais sans rien vérifier de ce qui lui arrivera".
Il y a une différence de taille entre donner son sang, quand il y en a besoin, pour un proche qui appelle du secours, et le fournir comme achat de "pièce détachée" pour on ne sait quoi ni qui.
Et cette question n'est (presque) jamais abordée...
Donc, j'attends et j'espère que notre mère l'Eglise saura creuser et nous dire ce qui est vrai autour du Sang.

( 801029 )
Pie XII par Réginald (2016-03-30 14:49:29)
[en réponse à 801028]
Le magistère a explicitement traité de sujet. C'est ainsi que Pie XII s'est adressé à plusieurs reprises aux donneurs de sang pour les encourager et les féliciter de leur générosité.
On trouve
ICI un beau discours du Pape Pie XII daté de 1949 où celui-ci compare les donneurs de sang au Christ lui-même.

( 801030 )
Le bon lien par Réginald (2016-03-30 14:50:51)
[en réponse à 801029]

( 801031 )
Nouvelle tentative par Réginald (2016-03-30 14:54:33)
[en réponse à 801030]

( 801032 )
Le lien par Jean-Paul PARFU (2016-03-30 14:55:17)
[en réponse à 801030]

( 801033 )
Et pour élargir le sujet par Abenader (2016-03-30 15:29:06)
[en réponse à 801029]
On trouvera
ici une allocution de S. S. Pie XII sur la greffe chirurgicale et la morale religieuse.

( 801040 )
Argument unique : la charité... et le sens profond du Sang, où est-ce ? par Glycéra (2016-03-30 16:11:03)
[en réponse à 801029]
Donner son sang
Allocution de Pie XII
Le seul argument est celui de la charité fraternelle.
Calé sur l'Imitation de Jésus.
La richessse principale qu'il énonce est la vertu d'abandon à la volonté de Dieu : vous donnez votre sang sans savoir à qui, ce peut être à des ingrats. C'est généreux comme la miséricorde que Dieu offre à tous.
Mais, mais ... que répondre à :
- Judas n'a-t-il pas reproché le prix du nard, car "le prix aurait permis de faire du bien aux pauvres ?" et le même Pie XII a félicité les petits frères des Pauvres qui venaient d' offrir un diamnant de prix, pour les noces de Diamant de deux de leurs protégés, les défendant ainsi des critiques de la presse et des milieux "bien pensants" qui comptaient les beffsteaks dont les affamés avaient alors été "privés".
- La qualité du sang donné est-elle bonne ? Si le sang est justement si vital, et s'il fait partie de notre corps vivant, il porte l'information de tout notre être. Des bonnes comem des mauvaises choses. Ce n'est pas un sang synthétique, neutre, même apparamment nettoyé. (Apparamment à la vue de nos instruments si peu affinés : qui mesure une bénédiction dont l'eau bénite est porteuse ?)
Aimeriez-vous recevoir du sang d'un alcoolique ?
AImeriez-vous donner le sang qui vient de votre grand-père fada ?
Décidez-vosu de donner votre sang, sachant que vous avez eu une vilaine crise dont il reste des traces que votre santé perçoit encore des années après ?
- Jésus nous lave de son sang. De son sang divin. A la croix.
Est-ce notre cas ? Est-ce si difficile de donner son sang ? N'est-ce pas juste un petit coup de fatigue, qui passe si vite ? voire un bienfait de renouveller ses cellules (comme une saignée peut-être salvatrice à certains tempéraments) ? un contentement de soi? Jésus condamne ceci dans son "ils ont déjà eu leur récompense".
Autres questions :
Pourquoi l'eglise ne s'est-elle pas mobilisée pour bloquer l'interdiction de donner son sang directement, de l'un à l'autre, encore tout chaud d'un père à son enfant, d'une nièce à sa tante ? Cette transfusion est interdite, sauf cas particulier au Canada. Elle permetrait de sauver des gens tout de suite, sur le choc même, sans passer par des congélations après manipulations parfois curieuses ?
Pourquoi n'a-t-on pas entendu de protestations dans l'histoire du sang contaminé, mal vérifié, mal préparé, avec bien des masses d'argent de corruption dans l'aventure, diabolique, non ?
Bien sur, en communiant, nous buvons le sang du Christ. Si les Occidentaux ne le pratique plus, les Orientaux le pratiquent, en union avec l'Eglise éternelle. Ce n'est pas une transfusion comme celle dont il s'agit.
Et je trouve très osée la conclusion : même si parmi vosu certains ne sont aps croyants, ils pourront recevoir la vie de Jésus, ce grand transfuseur, grâce à leur geste.
Non,vraiment pas convaincue.
Ce texte a-t-il des caractères d'infaillibilité ?
Y a-t-il des commisions d'étude en ce moment sur ces questions ?
Glycéra
perplexe, ce n'est qu'une allocution (pour bénédiction ?)
Il manque de la profondeur pour trancher toute la question d'approuver ou non.

( 801034 )
Si le don du sang par Vincent F (2016-03-30 15:29:44)
[en réponse à 801028]
posait un problème moral à l'Eglise, elle l'aurai désapprouvé explicitement. Ici, l'absence de désapprobation est une approbation.

( 801039 )
Don anonyme preuve de la charité par PEB (2016-03-30 15:58:47)
[en réponse à 801028]
Vous dites:
Il y a une différence de taille entre donner son sang, quand il y en a besoin, pour un proche qui appelle du secours, et le fournir comme achat de "pièce détachée" pour on ne sait quoi ni qui.
Mais bien au contraire, le don anonyme est un geste de charité pur et désintéressé. De plus, le receveur ne devant rien au donneur, aucune dette de vie n'est créée entre eux, ce qui est libératoire pour tout le monde.

( 801041 )
Vous me rappelez ce généreux donateur... par Glycéra (2016-03-30 16:13:15)
[en réponse à 801039]
qui faisait triste mine devant le vitrail qu'il avait offert, et adressait reproche au curé qui s'en étonnait :
- Pourquoi n'avez-vous pas placé de plaque : "Don d'un anonyme" ?

( 801045 )
Votre argumentaire tiendrait s'il s'agissait de prélever TOUT le sang par Regnum Galliae (2016-03-30 16:46:11)
[en réponse à 801028]
d'une personne. Là, il ne s'agit que d'en prélever un échantillon qui finira par se renouveler rapidement. A vous écouter, les prises de sang pour des analyses seraient proscrites. Et que dire des fameuses saignées du XVIIè siècle ? Je ne crois pas que l'Eglise en ait interdit la pratique.
Donner son sang n'est pas intrinsèquement mauvais, comme vous semblez le penser. En revanche, vous avez raison de dire qu'il faut savoir ce qui en est fait et ne pas en accepter tous les usages.

( 801048 )
Je ne reconnais pas ce que j'ai écrit. par Glycéra (2016-03-30 17:24:16)
[en réponse à 801045]
Il est évident qu'il s'agit d'un don limité de son propre sang.
(Jamais dit de donner tout son sang)
Je parle essentiellement, en essence, du sens du sang, du symbole du sang, de ce que le sang est et signifie. Et c'est la ple principal de ce qu'il convient d'étudier.
Il faudrait que je cherche des textes pour vous exposer ce qui m'a été dit à ce sujet.
La saignée est thérapeutique, pour certains tempéraments, et dans certains cas. En effet, et je l'ai dit. Aviez-vous compris le contraire ?
Prélever un peu de sang pour quelqu'un qui sait regarder dedans, et en tirer des leçons sur la manière de vous soigner est évidemment un mode opératoire.
Il reste une question de fond aussi : le coût des soins...
- Est-il normal et logique de demander, d'exiger, une dialyse qui coûte 5000 (F ou E, je ne sais plus) pour survivre quelques années ? Qui a le droit d'exiger de ses prochains de payer cette somme pour ne pas mourir tout de suite ? Si c'est "S'il vous plait, pour que j'ai le temps de mettre mes affaires en ordre avant d'aller Ad Patrem, voir le Père des Cieux ! " c'est une mendicité normale.
- Est-il normal d'exiger une greffe de coeur, ou de foie, etc. pour avoir quelques années de vie en plus, au prix d'une grande quantité de sang reçu ? Même question.
Je me pose cette question.
Pourquoi changer la durée de vie que Dieu permet que nous ayons visiblement ?
J'ai en vie d'aller voir Dieu...
Je refuse qu'on me "prolonge" sans raison bénéfique, à mon âme ou à mes proches.
Glycéra

( 801056 )
Retour au paléolithique par PEB (2016-03-30 18:26:07)
[en réponse à 801048]
Sur le sang, ne soyons pas obscurantistes à ce point. Les interdictions des siècles passées se basaient essentiellement sur une mauvaise qualité des techniques et une piètre connaissance du sujet. Les tentatives avortées concernaient la réception de sangs animaux ou humains non analysés. Or, les immenses progrès de l'immunologie (OAB+-) ont diminué fortement les risques.
Quant à la dialyse, cette purification du sang redonne, indépendamment de toute greffe, un semblant de santé qui lui permet de faire des choses un minimum. Elle est chère mais nécessaire au soin du malade et lui évite de grandes souffrances inutiles.
Saint Jean-Paul II survécut grâce au don du sang anonyme. Quel apostolat a-t-il pu continuer après!
Le Bon Dieu nous a laissé la Création et l'intelligence pour nous permettre d'inventer la médecine. L’Église, depuis le bon docteur saint Luc, médecin personnel de Notre-Dame, a depuis toujours compté en son sein des praticiens diplômés. C'est un des lieux où la charité peut et doit être la plus exemplaire. A l'ombre d'une cathédrale naissait un Hôtel-Dieu! Le saint Padre Pio ne s'est pas empêché d'en construire un! C'est pour dire que c'est dans l'ADN de notre très sainte mère.
Le jour où ce sera l'heure, ce sera l'heure! Mais point trop tôt ne faut.

( 801061 )
Progressisme facile, mais argument faux de ce fait.... par Glycéra (2016-03-30 19:23:20)
[en réponse à 801056]
Non, les principes divins ne sont pas proportionnels aux progrès techniques. Si les avancées de ce savoir-faire sont réelles, cela ne conditionne nullement la doctrine.
Avec votre argument de : c'était interdit par manque de savoir manipuler proprement, donc les avancées de ces saints médecins autorisent les plus grandes audaces, nous serions loin dans les sottises prétentieuses. Des exemples ?
Puisque que savons cloner avec précision, clonons.
Puisque nous pouvons prolonger, prolongeons.
Puisque nous réussissons à éliminer les rejets, greffons, de tout.
Même un Pape a le devoir de se poser la question :est-ce que j'accepte les soins dispendieux ? Si c'est par obéissance à ce que demande ses pairs pour l'Eglise, alors oui. Si c'est par peur d'aller passer la porte de la mort, alors non. Sa tiare ne change rien au soin de l'âme qu'il a.
Nous n'inventons pas la médecine, nous développons l'art de soigner. La médecine n'est pas une science, ne vous en déplaise. Quoique vous raconte les profs de facultés officielles de médecine, elle est un art. Un art divin. Dieu est médecin, c'est un de ses "métiers". Ce qu'une technique ne sera jamais !
Les mots comme paléolithique, obscurantisme auraient du vous alerter : il s'agit de propagande progressiste qui se cache. Les vérités essentielles n'ont pas d'âge. Les mots changent peut-être, mais pas la Vérité.
Et sur ce sujet de la destinée, rien de neuf sous le soleil, de la préhistoire à la fin d'un monde, c'est identique, immuable.
PS : votre argumentation sur la qualité des méthodes et des asepties, n'a pas plus de valeur que de dire que le poisson du vendredi est un geste social pour éviter la faillite aux marins-pêcheurs ! L'Eglise en calcul économique... ? non plus qu'en vérificatrice d'hygiène !

( 801065 )
Le progrès n'est pas si mauvais par PEB (2016-03-30 20:14:43)
[en réponse à 801061]
La médecine n'est pas un art divin mais humain, qui repose sur les connaissances acquises au cours des siècles de pratique. Mais c'est aussi une science. Comme telle, elle est amenée à se remettre en cause à la mesure des progrès scientifiques et technologiques.
La conscience médicale s'articule donc avec la science médicale. L'éthique est à la croisée du droit naturel et de la compétence pratique. Or, le commandement principal est de ne pas nuire. Ce qui veut dire ne pas dénaturer la personne humaine mais la soigner en lui rendant sa dignité (par l'écoute active des signaux de l'esprit et du corps) et, si possible, la santé sinon un certain confort de vie.
La doctrine pratique subit donc un réexamen constant depuis le siècle dernier. Les greffes, nous en avons abondamment parlé dans ce fil. Le clonage ou la thérapie génique est une affaire grave qui n'était pas le sujet.
La limite de la décence est quand je perds de vue que le patient est une fin et non pas un moyen ("bébé-médicament" (oui, ça existe!), embryons plus ou moins clonés, enlèvement de "donneurs" d'organes &c.).
Après, Pape ou pas, on écoute d'abord les conseils du corps médical. L'enjeu n'est pas tant le coût économique seul que la recherche d'efficacité et d'efficience: le meilleur remède mais au meilleur coût pour un meilleur bénéfice.

( 801063 )
Je confirme pour la dialyse par Jean-Paul PARFU (2016-03-30 20:02:18)
[en réponse à 801056]
Ma mère est d'ailleurs dialysée trois fois par semaine depuis début octobre 2015.

( 801066 )
Quelques années? par Cath...o (2016-03-30 20:21:21)
[en réponse à 801048]
Qu'appelez vous "quelques années" dans le cas d'une greffe d'organe ? Si l'on compte 20 ou 30 ans pour un rein (deux transplantations de 10 ou 15 ans) cela permet d'atteindre une durée de vie "normale", ce n'est pas rien !
Et jusqu'où poussez vous votre argument "Pourquoi changer la durée de vie que Dieu permet que nous ayons visiblement ?" ? A ce compte, faut-il supprimer antibiotiques et opérations chirugicales sans lesquels bon nombre d'entre nous ne seraient plus de ce monde aujourd'hui ?

( 801037 )
Un acte de charité évident par PEB (2016-03-30 15:51:01)
[en réponse à 801014]
Dans le catéchisme, nous lisons:
2296 La transplantation d’organes est conforme à la loi morale si les dangers et les risques physiques et psychiques encourus par le donneur sont proportionnés au bien recherché chez le destinataire. La donation d’organes après la mort est un acte noble et méritoire et doit être encouragée comme une manifestation de généreuse solidarité. Il n’est pas moralement acceptable si le donneur ou ses proches ayants droits n’y ont pas donné leur consentement explicite. De plus, il est moralement inadmissible de provoquer directement la mutilation invalidante ou la mort d’un être humain, fût-ce pour retarder le décès d’autres personnes.
En France, le don du sang est une transplantation de tissus humain qui est parfaitement morale au vu des critères suivant:
- Les risques psychiques sont d'autant plus faible que le don est volontaire et gratuit (à l'exception de la collation roborative).
- Les risques physiques pour le donneur et le receveur sont évalués à travers les examens cliniques et biologiques.
- Les techniques modernes assurent la sécurité globale de la chaîne sanitaire.
Pour l'anecdote, lorsque j'étais étudiant à la Catho de Lille, la camionnette du don du sang stationnait le Jeudi Saint. Ce jour là, en voyant la poche gonfler, je me disais intérieurement et fort justement: "
Hic est enim calix sanguinis mei!" Cet humble sacrifice permit de donner un peu de mon souffle de vie à celui qui en manquait.

( 801042 )
Et Mes cheveux pour le ,petit Jésus par Semper parati (2016-03-30 16:19:28)
[en réponse à 801037]
Personne ne conteste, et n'en parle...
et si c’était des poils , GLYCERA dirait qu'ils sont essentiels à la vie sexuelle et qu'ils ne faut pas les donner? ( quid des religieux (ses)? )
Zut , quoi!
des cheveux pour les p'tits Jesus!
et du sang pour nos malades!
Bon sang de bonsoir !!!!

( 801043 )
N'est-ce pas superficiel de dire cela ? On reprend le débat : don d'organe ? par Glycéra (2016-03-30 16:20:03)
[en réponse à 801037]
Charité évidente ?
Voir un peu plus loin que le bout de la seringue !
Il faudra lire les 10 pages du document cité par Sieur Abdenader.
Je n'en ai pas le temps aujourd'hui.
Tout de suite, ces trois points :
° Don de cornée ? ok car elle fonctionne prélevée sur un mort, ce n'est pas un organe, mais un tissu. Comme de la peau. Avec beaucoup moins d'importance vitale que le sang. Est-ce de même pour le plasma, je ne sais.
° Don d'organe vital ? non, car c'est immoral de transplanter d'un mort à un vivant, dit votre texte. Ou d'un animal à un humain.
° En plus, on sait qu'un organe prélevé sur un mort n'est pas transplantable, il faut tuer la personne pour prendre... Vieille question de la détermination du moment de la mort réelle.
Débat qui furent musclés il y a un long moment, je ne sais plus quand sur le Forum.
La suite à plus.

( 801051 )
L'homme comme fin... par PEB (2016-03-30 17:57:24)
[en réponse à 801043]
Pour votre culture, le don de cornée est effectué post-mortem car on en a besoin pour voir clair.
Quant au plasma, il s'agit du composé liquide du sang et de la lymphe. Cette soupe salée apporte les nutriments au corps et en transporte les déchets jusqu'au foie et aux reins en vue de leur élimination. Dans ce plasma baigne les plaquettes responsables de la coagulation. Du fait de leur renouvellement rapide, ces tissus peuvent être prélevés plus souvent que le sang complet. L'intérêt du plasma est qu'il peut être fractionné en sérums adaptés à certains traitements. Les plaquettes aident à soigner les hémorragies. Les hématies joue le rôle de transporteurs d'oxygène et sont très utiles pour le traitement des blessés et, plus généralement, pour ré-oxygéner l'organisme.
Le don de plasma et de plaquette se réalise ainsi: le sang est prélevé et passe dans une machine: les plaquettes et le plasma sont récupérés dans des poches séparées tandis que les hématies sont directement réinjectés dans le donneur. L'opération dure deux heures: le temps de lire un bouquin (en tournant les pages d'une seule main) ou la télévision pour se distraire. Cette opération est donc moins risquée et invalidante que le don total de la formule sanguine. Elle peut être réalisée 2 fois par mois, 1 fois par mois pour un don de plaquette. Le don de sang total est limité à 4 fois par an pour une femme et 6 fois pour un homme.
Vous dites:
Don d'organe vital ? non, car c'est immoral de transplanter d'un mort à un vivant, dit votre texte. Ou d'un animal à un humain.
Or, le catéchisme dit l'exact contraire:
La donation d’organes après la mort est un acte noble et méritoire et doit être encouragée comme une manifestation de généreuse solidarité.
Cette donation présuppose l'extinction des fonctions vitales essentielles mais le maintien "en vie" des organes et tissus prélevés. On rentre effectivement dans les confins de la vie et de la mort légale. Il est évidemment inacceptable de provoquer la mort ou de mutiler gravement les personnes pour en sauver d'autres.
La transplantation d'un animal à humain est beaucoup plus complexe à effectuer. On préférera plutôt les bio-nanotechnologies (impression de tissus auto-greffés à partir de cellules souches prélevés sur le patient...) ou les prothèses motrices intelligentes (bras, jambes, cœur). En revanche, le génie génétique permet la production d'hormone de remplacement par des bactéries auxquelles on a donné des gênes humains.
Tout cela reste moral tant que l'homme est une fin (le sujet du soin) et non un moyen (l'objet de la technique).

( 801052 )
Je citais le texte donné par Sieur Abenader par Glycéra (2016-03-30 18:02:55)
[en réponse à 801051]
J'ai parcouru, très vite, et vu que c'était immoral de transplanter à partir d'un mort, car il n'est plus un homme.
Vous critiquez comme si c'était mon opinion, ce n'est pas le cas, je n'ai fait que citer.
Je n'ai pas lu tout avec détails.
Je le ferai demain.
Bien des choses me sont inconnues dans ce texte.
Merci des détails sur le plasma et sa transfusion.

( 801107 )
Don d'organes vitaux par Jacques (2016-03-31 09:37:05)
[en réponse à 801052]
Je crois que la question du don d'organes vitaux fait de plus en plus débat, au point même que nombre de médecins cathos ou non y sont opposés. La raison est évidente: le critère ancien de la mort cérébrale n'est pas pertinent, tant les exemples de réveils se multiplient. Pour ma part je suis opposé, au minimum au nom d'un légitime principe de précaution. Et ce n'est pas en contradiction avec ce que dit le CEC.