«Un signe simple mais éloquent». Le Pape s’abaissera pour laver les pieds de 12 réfugiés, dont beaucoup de jeunes qui ne sont pas catholiques, «une façon d’indiquer la voie du respect comme voie maitresse pour la paix» selon Mgr Fisichella.
Le témoignage du 6ème vendredi de Carême
Chers amis,
Au Soudan, un garçon peut coûter 300€, une fillette, 250€. C'est ce qu'explique le père père Antonio Aurelio Fernandez, président de Solidarité Internationale Trinitaire. Cet organisme soutient les personnes persécutées dans le monde à cause de leur foi, notamment les enfants soudanais chrétiens vendus par des marchands d'esclaves islamiques.
Cette semaine, je vous invite donc à découvrir son témoignage. Depuis 20 ans, son organisme a sauvé 800 enfants de l'esclavage. Ces enfants se sont un jour entendu dire : "c'est parce que tu es chrétien que tout est permis, tu es un animal, tu ne vaux rien.
Extraits du témoignage du P. Aurélio : "Adut était une jeune fille normale qui vivait dans son village. Elle nous a raconté que quand le gouvernement militaire islamique est entré dans le village, tout le monde a dû fuir pour éviter d'être capturé. Ils connaissaient déjà leur sort s'ils tombaient entre les mains de l'armée. Quand le soldat, qui allait à cheval, l'a vue fuir, il l'a poursuivie, lancé la corde autour d'elle et l'a finalement traînée sur plusieurs kilomètres. Ensuite, il a abusé d'elle pour qu'elle apprenne à obéir. C'est comme ça qu'Adut s'est blessé les jambes. Elle n'a jamais pu être examinée ni soignée par aucun médecin, et avec le temps ses os se sont infectés. Pour nous, encore plus important que le récit qu'Adut nous a raconté, c'est la façon dont elle nous l'a racontée, en ayant les yeux baissés, sans nous regarder, comme tous les enfants. Pas seulement parce qu'elle avait appris à se comporter comme ça, mais surtout à cause de la crainte qu'elle éprouvait. Il fallait éviter, devant les acheteurs, d'échanger un regard, afin qu'ils ne vous remarquent pas, pour passer inaperçu. Aujourd'hui, ces enfants, comme d'autres qui ont été libérés, vivent ensemble dans des écoles construites par les Trinitaires et d'autres organisations chrétiennes."
Notes : Ceux à qui on lave les pieds sont au nombre de treize. Comme cette cérémonie rappelle que Notre-Seigneur, la veille de sa mort, lava les pieds de ses Apôtres, on peut se demander la raison de ce nombre. Il y a plusieurs opinions sur ce point.
Le treizième représenterait Notre-Seigneur, à qui Marie oignit les pieds à Béthanie, ou bien saint Paul ou saint Mathias ; ou bien ce serait le maître dé la maison dans laquelle Notre-Seigneur fit la dernière cène.
Suivant d'autres, l'Église a voulu conserver la mémoire d'un miracle arrivé sous le pontificat de saint Grégoire le Grand. Ce saint Pape avait coutume de laver chaque jour les pieds à douze pauvres, et de les servir à table. Il en vint un jour un treizième, qui était un ange envoyé du ciel. À Rome, la table en marbre conservée dans une salle de l'ancien palais de saint Grégoire porte l'inscription suivante :
Bis senos hic Gregorius pascebat egentes ;
Angelus et decimus tertius accubuit.
Nous ne désignons pas les personnes auxquelles le Supérieur lave les pieds : ce sont ordinairement des pauvres, quelquefois des Clercs ou des enfants de choeur.
Benoît XIV parle d'un ancien usage d'après lequel le Souverain Pontife, dans la matinée, lavait les pieds à douze Sous-Diacres, en mémoire de ce que fit Notre-Seigneur à ses Apôtres, et, dans l'après-midi, à treize pauvres, en mémoire du miracle dont il est parlé dans la note précédente.
De nos jours, le Souverain Pontife lave les pieds à treize Prêtres.
Si on fait le lavement des pieds pendant la Messe, il faut prévoir des bancs où les douze ou treize clercs ou pauvres concernés s’assiéront pour cette cérémonie. [93]
Il faut également préparer, normalement sur une seconde crédence :
un linge blanc qui servira de grémial (ou tablier) au prêtre – un grand amict fera l’affaire ;
une aiguière remplie d’eau tiède (qui peut être légèrement parfumée) et un bassin : on peut employer l’aiguière qui sert à laver les mains du prêtre au lavabo, si elle est assez grande, mais on emploie toujours un autre bassin ;
une réserve d’eau tiède, permettant de recharger l’aiguière ; douze ou treize serviettes [94] ;
le plateau du lavabo (ou un autre bassin), un manuterge supplémentaire et une savonnette pour laver les mains du prêtre après le lavement des pieds ;
au sol, un seau pour recueillir l’eau usée du bassin.