Le délit de non dénonciation de mauvais traitements sur mineur de 15 ans, prévu et puni par l'article 434-3 du code pénal, est un délit instantané dont la prescription court à compter du jour où le prévenu a eu connaissance des faits
Source: Légifrance, Bulletin criminel 2009, n°66
On apprend dans le même Bulletin la prescription triennale de l’action publique du chef de non-dénonciation.
Il semble donc que lorsque Mgr Barbarin déclare avoir eu connaissance des faits en 2014, il puisse être poursuivi pour non dénonciation de mauvais traitements sur mineurs jusqu'en 2017.
Il semble donc que lorsque Mgr Barbarin déclare avoir eu connaissance des faits en 2007-2008, il aurait pu être poursuivi pour non dénonciation de mauvais traitements sur mineurs jusqu'en 2011-2012.
Le cardinal dira bien sûr la vérité devant la justice. Il n'y a pas forcément contradiction entre les deux déclarations: il a pu avoir connaissance de rumeurs en 2007-2008 et du témoignage direct d'une victime en 2014.
Il semble qu'il n'y ait que deux possibilités :
- Soit Mgr Barbarin savait dès 2007 et n'a rien dit à la justice : moralement coupable mais juridiquement non condamnable aujourd'hui, la prescription étant acquise.
- Soit Mgr Barbarin savait depuis 2014 et n'a rien dit à la justice : moralement coupable et juridiquement condamnable.
Mais quoiqu'il en soit des délais de prescription légaux de non dénonciation de mauvais traitements sur mineurs, il y a l'aspect moral : peut-on laisser en fonction, et même en fonction auprès d'enfants, un prêtre ayant commis des actes aussi graves ?