Le Forum Catholique
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Mgr Guido Pozzo : Où en est le dialogue avec les lefebvristes ? par Bernard Joustrate (2016-02-27 08:37:59)
Mgr Guido Pozzo : Où en est le dialogue avec les lefebvristes ?
Après la levée de l'excommunication en 2009 , par Benoît XVI , le geste d 'ouverture accompli par le pape François à l'occasion de l'Année Sainte est un nouveau pas vers la reconnaissance canonique.
On a beaucoup parlé ces dernières années du difficile rapprochement de la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Marcel Lefebvre, avec l'Eglise de Rome. La levée de l'excommunication par le pape Benoît XVI n'annule pas encore position irrégulière dans laquelle se trouvent les lefebvristes.
Il leur reste, en effet, à revenir sur leur rejet du Novus Ordo, de l'œcuménisme et de la liberté religieuse ; cependant la nouvelle ouverture faite par la pape François - qui, pour le Jubilé, a sanctionné la validité de la réception des sacrements de la confession et de l'onction des malades administrés par des prêtres lefebvristes - représente un nouveau pas vers la reconnaissance canonique.
Pour en savoir plus sur la situation actuelle de la Fraternité Saint-Pie X, ZENIT a interviewé Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, instituée en 1988 par saint Jean-Paul II, dans le but principal d'entamer un dialogue avec les lefebvristes, pour arriver un jour à leur pleine réintégration.
Traduction de l'entretien à lire
sur le site de La Porte Latine.

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Reconnaissance imminente ? par Justin Petipeu (2016-02-27 10:04:13)
[en réponse à 798865]
Nous sommes maintenant à un stade que je crois constructif et propre à obtenir la réconciliation souhaitée
Visiblement, la conférence de Mgr de Galarreta et l'interview de Mgr Pozzo sont assez synchronisées.

( 798879 )
Reste à savoir! par Miserere (2016-02-27 12:55:14)
[en réponse à 798866]
Ce que Monseigneur Fellay a bien voulu consentir avec Rome pour obtenir cette reconnaissance.
Pas sûr que Rome fasse des cadeaux sans contrepartie.
Une nouvelle concélébration en vue?
Un nouveau chapeau à long terme?

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Une chose est sûre néanmoins par Candidus (2016-02-27 14:47:37)
[en réponse à 798879]
C'est que ce que Mgr Fellay consentirait à Rome serait bien moindre que ce que Mgr Lefebvre avait consenti le 5 mai 1988. Accord sur lequel Mgr Lefebvre était revenu uniquement en raison du refus romain de concéder une consécration épiscopale pour le 15 août 1988 ; problème qui n'est plus d'actualité aujourd'hui.

( 798880 )
Cela vient depuis quinze ans par Ennemond (2016-02-27 13:43:29)
[en réponse à 798866]
"J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité." (François, septembre 2015).
"Il va certainement finir par normaliser complètement la Fraternité Saint Pie X en lui conférant une structure canonique." (abbé Schmidberger, ancien supérieur général, décembre 2015).
"Je prévois, je pense que le pape va aller dans le sens d’une reconnaissance unilatérale de la Fraternité, et plutôt par la voie des faits que par une voie de droit ou légale, canonique." (Mgr de Galarreta, janvier 2016)
"Nous sommes maintenant à un stade que je crois constructif et propre à obtenir la réconciliation souhaitée." (Mgr Pozzo, février 2016)
On sent que le pape ne veut plus attendre.

( 798952 )
tant mieux ! par Luc Perrin (2016-02-28 17:42:57)
[en réponse à 798880]
Le pas de 2015 a été considérable (l'octroi du pouvoir d'absolution pour un an).
Si le pape continue dans ce sens, on ne peut que s'en réjouir.
On aurait une sorte de pleine communion en pièces détachées mais au final le puzzle serait complet. Devant la perte des repères croissante, repères que Jean-Paul II et Benoît XVI avaient essayé de rétablir, la consolidation de tous les groupes et mouvements traditionalistes/traditionnels est de plus en plus utile. C'est quasiment de salut public.

( 798920 )
Le fait qu’il veuille par Vassilissa (2016-02-27 23:01:09)
[en réponse à 798865]
« poursuivre la discussion » me semble très inquiétant. Mgr Fellay a bien précisé, et avec raison, que la Fraternité devait être reçue « telle qu’elle est ».
Ces discussions sont parfaitement inutiles et susceptibles d’introduire le trouble et la zizanie;

( 798923 )
Les deux idées seraient aussi inquiétantes l'une que l'autre. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-28 08:56:54)
[en réponse à 798920]
Bonjour et bon dimanche, Vassilissa.
1. S'il est vrai que Mgr Fellay a bien précisé que la Fraternité devait être reçue « telle qu’elle est », c'est inquiétant, si jamais, compte tenu de l'état dans lequel est la Fraternité, à l'heure actuelle, il y a en elle du potentiel de confusion ou de division sur ce que l'on veut vraiment continuer à être, sur ce que l'on accepte vraiment de commencer à devenir, sur ce à quoi l'on veut vraiment continuer à dire non, et sur ce à quoi l'on accepte vraiment de commencer à dire oui.
2. Et s'il est vrai que nous sommes en présence "de questions qui seront des sujets de discussion et de clarification MEME APRES la pleine réconciliation", c'est tout aussi inquiétant, si jamais cela signifie que "Rome" n'a pas renoncé à exhorter, à orienter, en l'occurrence, la Fraternité, afin que celle-ci, si nécessaire, "après la pleine réconciliation", finisse par ce rallier à la conception dominante de textes tels que UR, NA, DH, GS
Dans l'ensemble, cette conception dominante se traduit par l'expression de l'opinion selon laquelle ces documents ont donné lieu, à partir de l'aval du Concile, à un détournement de finalité indu, à une interprétation illégitime, comme si seuls les abus ou excès découlant de ce détournement ou de cette interprétation étaient blâmables, ou comme si ces abus ou excès n'avaient pas été générés par les positions ou tendances qui affleurent les textes eux-mêmes.
3. Je profite de ce message pour préciser "ce que je crois", à savoir
- qu'il n'est peut-être pas indispensable d'être avant tout un catholique traditionnel, pleinement "affilié" à une communauté ou à une fraternité traditionnelle, et pleinement "adossé" au Magistère pontifical antérieur au Concile,
et
- qu'il est peut-être envisageable d'être avant tout un catholique qui réfléchit, mais dans la durée et en profondeur, et d'une manière indépendante des modes intellectuelles, mais aussi d'une manière orthodoxe et réaliste, en présence de la doctrine du Concile et de l'histoire du Concile, du "corpus" du Concile et du "moment" Vatican II,
pour pouvoir trouver certaines choses à redire, a minima, sur UR, sur la première partie de NA, sur la première partie de DH, et sur GS, compte tenu de ce que, au Concile, on a bien voulu dire, mais aussi compte tenu de ce que, à Vatican II, on a bien voulu taire.
4. Ce qui précède revient à dire que les manifestations d'imprécision ou d'imprudence, les paroles candides et les silences coupables, qui caractérisent au moins une partie de chacun de ces quatre textes, sont identifiables même si l'on ne connaît pas par coeur, ou même si l'on ne surlégitime pas ou ne survalorise pas, le Magistère pontifical antérieur au Concile.
Il est en effet possible de se livrer à une analyse de discours,
- sur les mérites, mais aussi sur les limites de ces textes,
- sur les expressions, mais aussi sur les omissions de ces textes,
- sur les fondements et contenus les plus probables, pour ne pas dire les plus certains, de ce qui y est dit et de ce qui n'y est pas dit,
- sur les relations respectives et successives entre les différents contextes et ces différents textes,
pour pouvoir identifier les arguments ou éléments, sujets ou thèmes, porteurs d'apories, d'impensés, ou d'utopies, qui sont situés, entre autres arguments ou éléments, à l'intérieur d'au moins une partie de ces mêmes textes.
Bon dimanche.
Scrutator.

( 798974 )
Cher Monsieur, par Vassilissa (2016-02-28 23:23:52)
[en réponse à 798923]
Croyez-vous vraiment que, dans une chrétienté exsangue, qui n’a même pas été capable de voler au secours de ses frères d’Orient, il n’y ait rien de plus urgent que de prolonger un pilpoul déjà interminable sur des textes aussi ambigus que ceux de V II ?
Ne vaudrait-il pas mieux consacrer tous ses efforts à enseigner le catéchisme, des rudiments de latin, la symbolique de la liturgie, l’histoire de l’Église, à lire les grands textes patristiques, médiévaux et classiques ? Ceci une fois acquis, on pourra peut-être passer au reste, si toutefois il y a vraiment quelque utilité à le faire, ce dont je ne suis pas persuadée.
Bonne fin de dimanche à vous,
V.
Et ne pas oublier que s’il y a actuellement, comme vous le dites, « potentiel de confusion ou division » dans la Fraternité, c’est largement dû à l’inquiétude, justement, de devoir se livrer à ces exercices inutiles, au lieu d’avoir la certitude de pouvoir continuer le labeur qui a déjà fait ses preuves (celles des textes du concile, que l’on nous rabâche sans cesse, on les connaît).

( 798981 )
Espérons en effet que cela évolue dans cette direction. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-29 06:50:50)
[en réponse à 798974]
Bonjour et merci, Vassilissa.
1. Je crois comme vous
- qu'il y a bien plus urgent que de prolonger ce "pilpoul" interminable,
- qu'il vaut mieux consacrer tous ses efforts au "recevoir pour transmettre".
2. Même des théologiens plutôt partisans du Concile reconnaissent aujourd'hui, pour citer l'un d'entre eux, ce qui suit :
" Les dimensions et la complexité de l'événement et du corpus textuel de Vatican II, sont telles qu'il est difficile de déterminer avec précision en quoi ce Concile nous "lie". On doit reconnaître que, même parmi les THEOLOGIENS, ceux et celles de tous les continents, la connaissance du Concile reste assez SCHEMATIQUE. "
3. Certes, le théologien concerné, Christoph THEOBALD, n'en tire pas les mêmes conclusions que les catholiques traditionnels, mais le simple fait qu'il en vienne à écrire ces deux phrases constitue, après un demi-siècle d'idéalisation du Concile, une avancée non négligeable, sous l'angle de la reconnaissance du fait qu'il y a bien un problème de compréhension de ce que veut vraiment ce Concile. Et pour cause, si j'ose dire, puisque, au Concile, on a voulu des choses contradictoires : on a voulu à la fois convaincre et séduire, ou, si vous préférez, on a voulu à la fois évangéliser et consensualiser.
4. Je comprends par ailleurs ce que vous écrivez sur le caractère angoissant de la situation de tous ceux qui sont susceptibles d'être mis en demeure de se rallier à des textes, ou de mettre un terme à leurs critiques sur ces textes, alors qu'il apparaît chaque année un peu plus clairement
- que l'oecuménisme prôné par l'Eglise catholique est de plus en plus écartelé, entre orthodoxie et protestantisme, compte tenu de ce que certaines composantes du protestantisme sont en train de devenir,
- que le dialogue interreligieux, notamment en l'absence d'une véritable théologie catholique des religions non chrétiennes, a ouvert un boulevard à la théologie chrétienne du pluralisme religieux, qui n'est pas d'inspiration conciliaire, au sens le plus strict de ce terme, mais face à laquelle les partisans du Concile n'opposent guère de résistance,
- que la liberté religieuse, notamment en l'absence d'une documentation magistérielle rappelant clairement le sens chrétien de l'articulation et de la hiérarchisation entre vérité de la Parole divine et liberté de la conscience humaine, en matière religieuse, n'est toujours pas pleinement comprise, y compris au sein-même de l'Eglise, comme étant la liberté responsable en matière religieuse, ordonnée à la vérité révélée, et non affranchie de la vérité révélée,
- que l'accompagnement humanisateur du monde contemporain, tel qu'il est mis en forme et en valeur, dans la deuxième partie de Gaudium et Spes, est d'autant plus ambigu, ou d'autant moins opérant, que l'on persiste à ne pas voir que le fait de tourner le dos à Jésus-Christ, en tant que Fils unique du seul vrai Dieu, en tant que seul Médiateur et seul Rédempteur, en tant que seul Seigneur et seul Sauveur, constitue l'une des marques de fabrique spirituelle du même monde contemporain, au demeurant bien plus hédoniste qu'humaniste.
Le Concile Vatican II, c'est un peu comme le Traité de Rome : chacune de ces deux bannières semble vraiment être de plus en plus étiolée, y compris, reconnaissons-le, pour des raisons historiques à la fois extérieures et postérieures à chacun de ces deux ensembles de textes.
Merci beaucoup pour votre message et bonne journée.
Scrutator.

( 798922 )
Les orientations théologiques visées ont avant tout anticipé Vatican II. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-28 08:05:31)
[en réponse à 798865]
Bonjour et bon dimanche, Bernard Joustrate.
1. Je cite :
" Même sur la question du Concile Vatican II, je pense que la FSSPX doit réfléchir sur la distinction, que je crois fondamentale et absolument décisive, entre le mens, l’esprit de Vatican II, son docendi intentio, comme il résulte des Actes officiels du Concile, et ce que j’appellerais le "para-concile", à savoir l'ensemble des orientations théologiques et des attitudes pratiques, qui ont accompagné le cours du Concile lui-même, avec la prétention ensuite de se couvrir de son nom, et qui, dans l’opinion publique et grâce à l'influence des mass médias, se confondent souvent avec la vraie pensée du Concile. "
Je rappellerai ici que les "orientations théologiques" et, dans une moindre mesure, les "attitudes pratiques" visées, ont avant tout ANTICIPE, et n'ont pas seulement ACCOMPAGNE, "le cours du Concile lui-même", avant tout avec la volonté d'inspirer le spécifique de Vatican II, et non seulement "avec la prétention ensuite de se couvrir de son nom".
Vous verrez qu'un jour prochain on nous dira que c'est le Concile Vatican II qui a inspiré leurs idées à Congar, Haring, Murray, Rahner...
2. Je cite à nouveau :
" L'adhésion aux enseignements du Magistère varie selon le degré d'autorité et selon la catégorie de la propre vérité des documents du Magistère. Il ne me semble pas que la FSSPX ait nié les doctrines de la foi ou de la vérité de la doctrine catholique enseignée par le Magistère. Les critiques émises concernent plutôt les déclarations ou les indications concernant le renouvellement de la pastorale dans les relations œcuméniques avec les autres religions, et certaines questions d'ordre prudentiel dans la relation de l'Eglise et de la société, de l'Eglise et de l'Etat. "
Puisque "l'adhésion aux enseignements du Magistère varie (vraiment) "selon le degré d'autorité et selon la catégorie de la propre vérité des documents du Magistère", sommes-nous enfin ou serons-nous bientôt pleinement écoutés, puis entendus, à chaque fois que nous disons ou dirons qu'il est totalement disproportionné et préjudiciable
- que des thèmes tels que l'oecuménisme, le dialogue interreligieux, la liberté religieuse, le dialogue avec l'homme et le monde contemporains, aient donné lieu, et continuent à donner lieu, à une dogmatisation de fait, par association ou par répétition des mêmes idées, et par application ou par déclinaison sur tous les tons,
- que cela ait créé, et continue de créer, un effet d'éviction ou d'omission, d'édulcoration ou d'éradication, d'autres thèmes qui, eux, ont un tout autre degré d'autorité, à propos
a) de la différence de nature entre la confession catholique et les autres confessions chrétiennes,
b) de la différence de nature entre la religion chrétienne et les autres religions ou traditions,
c) de la primauté de la Parole divine et de la vérité révélée sur la dignité et la liberté de la conscience et de la personnes humaines, en matière religieuse,
d) de la primauté du caractère christianisateur et sanctificateur de la mission de l'Eglise, en direction des personnes, sur les conséquences civilisatrices et humanisatrices de cette mission, en direction des structures, au bénéfice surnaturel et à destination théologal de l'homme et du monde contemporains ?
Bon dimanche.
Scrutator.