Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=797852
images/icones/fleche3.gif  ( 797852 )Historicité d'un moment! par Jean Kinzler (2016-02-12 21:41:04) 

François embrasse Cyrille à l'escale de l'aéroportde la Havane, Cuba,le 12 Février 2016.roma.corriere.it
images/icones/fleche2.gif  ( 797853 )Videos de la rencontre Cyrille-François par Jean Kinzler (2016-02-12 21:49:09) 
[en réponse à 797852]

Video de la rencontre entre Cyrille et François ainsi qu'un article en italien avec d'autres vidéos:ICI
images/icones/neutre.gif  ( 797854 )Merci par AVV-VVK (2016-02-12 21:51:16) 
[en réponse à 797853]

En fait l' heure pour nous fut 21h15 et non pas comme affichée 22h15.
images/icones/fleche2.gif  ( 797855 )22.30,direct:signature officielle du document commun par Jean Kinzler (2016-02-12 22:00:12) 
[en réponse à 797854]

22.30 en direct:signature officielle par le Pape et le Patriarche du document commun sur ktotv.com
images/icones/1e.gif  ( 797857 )En présence de Raoul Castro par Athanase (2016-02-12 23:10:40) 
[en réponse à 797855]

Je vous fais le pari : quand François signera avec Mgr Fellay, ce sera en présence du grand méchant mou François Hollande !
images/icones/carnet.gif  ( 797858 )Texte de la déclaration commune par Ennemond (2016-02-13 00:01:44) 
[en réponse à 797855]

« La grâce de Notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit soit avec vous tous » (2 Co 13, 13).

1. Par la volonté de Dieu le Père de qui vient tout don, au nom de Notre Seigneur Jésus Christ et avec le secours de l’Esprit Saint Consolateur, nous, Pape François et Kirill, Patriarche de Moscou et de toute la Russie, nous sommes rencontrés aujourd’hui à La Havane. Nous rendons grâce à Dieu, glorifié en la Trinité, pour cette rencontre, la première dans l’histoire.
Avec joie, nous nous sommes retrouvés comme des frères dans la foi chrétienne qui se rencontrent pour se « parler de vive voix » (2 Jn 12), de cœur à cœur, et discuter des relations mutuelles entre les Eglises, des problèmes essentiels de nos fidèles et des perspectives de développement de la civilisation humaine.

2. Notre rencontre fraternelle a eu lieu à Cuba, à la croisée des chemins entre le Nord et le Sud, entre l’Est et l’Ouest. De cette île, symbole des espoirs du « Nouveau Monde » et des événements dramatiques de l’histoire du XXe siècle, nous adressons notre parole à tous les peuples d’Amérique latine et des autres continents.
Nous nous réjouissons de ce que la foi chrétienne se développe ici de façon dynamique. Le puissant potentiel religieux de l’Amérique latine, sa tradition chrétienne séculaire, réalisée dans l’expérience personnelle de millions de personnes, sont le gage d’un grand avenir pour cette région.

3. Nous étant rencontrés loin des vieilles querelles de l’« Ancien Monde », nous sentons avec une force particulière la nécessité d’un labeur commun des catholiques et des orthodoxes, appelés, avec douceur et respect, à rendre compte au monde de l’espérance qui est en nous (cf. 1 P 3, 15).

4. Nous rendons grâce à Dieu pour les dons que nous avons reçus par la venue au monde de son Fils unique. Nous partageons la commune Tradition spirituelle du premier millénaire du christianisme. Les témoins de cette Tradition sont la Très Sainte Mère de Dieu, la Vierge Marie, et les saints que nous vénérons. Parmi eux se trouvent d’innombrables martyrs qui ont manifesté leur fidélité au Christ et sont devenus « semence de chrétiens ».

5. Malgré cette Tradition commune des dix premiers siècles, catholiques et orthodoxes, depuis presque mille ans, sont privés de communion dans l’Eucharistie. Nous sommes divisés par des blessures causées par des conflits d’un passé lointain ou récent, par des divergences, héritées de nos ancêtres, dans la compréhension et l’explicitation de notre foi en Dieu, un en Trois Personnes – Père, Fils et Saint Esprit. Nous déplorons la perte de l’unité, conséquence de la faiblesse humaine et du péché, qui s’est produite malgré la Prière sacerdotale du Christ Sauveur : « Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous » (Jn 17, 21).

6. Conscients que de nombreux obstacles restent à surmonter, nous espérons que notre rencontre contribue au rétablissement de cette unité voulue par Dieu, pour laquelle le Christ a prié. Puisse notre rencontre inspirer les chrétiens du monde entier à prier le Seigneur avec une ferveur renouvelée pour la pleine unité de tous ses disciples ! Puisse-t-elle, dans un monde qui attend de nous non pas seulement des paroles mais des actes, être un signe d’espérance pour tous les hommes de bonne volonté !

7. Déterminés à entreprendre tout ce qui nécessaire pour surmonter les divergences historiques dont nous avons hérité, nous voulons unir nos efforts pour témoigner de l’Evangile du Christ et du patrimoine commun de l’Eglise du premier millénaire, répondant ensemble aux défis du monde contemporain. Orthodoxes et catholiques doivent apprendre à porter un témoignage unanime à la vérité dans les domaines où cela est possible et nécessaire. La civilisation humaine est entrée dans un moment de changement d’époque. Notre conscience chrétienne et notre responsabilité pastorale ne nous permettent pas de rester inactifs face aux défis exigeant une réponse commune.

8. Notre regard se porte avant tout vers les régions du monde où les chrétiens subissent la persécution. En de nombreux pays du Proche Orient et d’Afrique du Nord, nos frères et sœurs en Christ sont exterminés par familles, villes et villages entiers. Leurs églises sont détruites et pillées de façon barbare, leurs objets sacrés sont profanés, leurs monuments, détruits. En Syrie, en Irak et en d’autres pays du Proche Orient, nous observons avec douleur l’exode massif des chrétiens de la terre d’où commença à se répandre notre foi et où ils vécurent depuis les temps apostoliques ensemble avec d’autres communautés religieuses.

9. Nous appelons la communauté internationale à des actions urgentes pour empêcher que se poursuive l’éviction des chrétiens du Proche Orient. Elevant notre voix pour défendre les chrétiens persécutés, nous compatissons aussi aux souffrances des fidèles d’autres traditions religieuses devenus victimes de la guerre civile, du chaos et de la violence terroriste.

10. En Syrie et en Irak, la violence a déjà emporté des milliers de vies, laissant des millions de gens sans abri ni ressources. Nous appelons la communauté internationale à mettre fin à la violence et au terrorisme et, simultanément, à contribuer par le dialogue à un prompt rétablissement de la paix civile. Une aide humanitaire à grande échelle est indispensable aux populations souffrantes et aux nombreux réfugiés dans les pays voisins.
Nous demandons à tous ceux qui pourraient influer sur le destin de ceux qui ont été enlevés, en particulier des Métropolites d’Alep Paul et Jean Ibrahim, séquestrés en avril 2013, de faire tout ce qui est nécessaire pour leur libération rapide.

11. Nous élevons nos prières vers le Christ, le Sauveur du monde, pour le rétablissement sur la terre du Proche Orient de la paix qui est « le fruit de la justice » (Is 32, 17), pour que se renforce la coexistence fraternelle entre les diverses populations, Eglises et religions qui s’y trouvent, pour le retour des réfugiés dans leurs foyers, la guérison des blessés et le repos de l’âme des innocents tués.
Nous adressons un fervent appel à toutes les parties qui peuvent être impliquées dans les conflits pour qu’elles fassent preuve de bonne volonté et s’asseyent à la table des négociations. Dans le même temps, il est nécessaire que la communauté internationale fasse tous les efforts possibles pour mettre fin au terrorisme à l’aide d’actions communes, conjointes et coordonnées. Nous faisons appel à tous les pays impliqués dans la lutte contre le terrorisme pour qu’ils agissent de façon responsable et prudente. Nous exhortons tous les chrétiens et tous les croyants en Dieu à prier avec ferveur le Dieu Créateur du monde et Provident, qu’il protège sa création de la destruction et ne permette pas une nouvelle guerre mondiale. Pour que la paix soit solide et durable, des efforts spécifiques sont nécessaires afin de redécouvrir les valeurs communes qui nous unissent, fondées sur l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ.

12. Nous nous inclinons devant le martyre de ceux qui, au prix de leur propre vie, témoignent de la vérité de l’Evangile, préférant la mort à l’apostasie du Christ. Nous croyons que ces martyrs de notre temps, issus de diverses Eglises, mais unis par une commune souffrance, sont un gage de l’unité des chrétiens. A vous qui souffrez pour le Christ s’adresse la parole de l’apôtre : « Très chers !… dans la mesure où vous participez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin que, lors de la révélation de Sa gloire, vous soyez aussi dans la joie et l’allégresse » (1 P 4, 12-13).

13. En cette époque préoccupante est indispensable le dialogue interreligieux. Les différences dans la compréhension des vérités religieuses ne doivent pas empêcher les gens de fois diverses de vivre dans la paix et la concorde. Dans les circonstances actuelles, les leaders religieux ont une responsabilité particulière pour éduquer leurs fidèles dans un esprit de respect pour les convictions de ceux qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Les tentatives de justifications d’actions criminelles par des slogans religieux sont absolument inacceptables. Aucun crime ne peut être commis au nom de Dieu, « car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Co 14, 33).

14. Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques.

15. Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique.

16. Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne.

17. Notre regard se porte sur les personnes se trouvant dans des situations de détresse, vivant dans des conditions d’extrême besoin et de pauvreté, alors même que croissent les richesses matérielles de l’humanité. Nous ne pouvons rester indifférents au sort de millions de migrants et de réfugiés qui frappent à la porte des pays riches. La consommation sans limite, que l’on constate dans certains pays plus développés, épuise progressivement les ressources de notre planète. L’inégalité croissante dans la répartition des biens terrestres fait croître le sentiment d’injustice à l’égard du système des relations internationales qui s’est institué.

18. Les Eglises chrétiennes sont appelées à défendre les exigences de la justice, le respect des traditions des peuples et la solidarité effective avec tous ceux qui souffrent. Nous, chrétiens, ne devons pas oublier que « ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu » (1 Co 1, 27-29).

19. La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles.

20. La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique.

21. Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4, 10).
Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.
Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur.

22. Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre.

23. Dieu vous aime et attend de chacun de vous que vous soyez ses disciples et apôtres. Soyez la lumière du monde, afin que ceux qui vous entourent, voyant vos bonnes actions, rendent gloire à votre Père céleste (cf. Mt 5, 14, 16). Eduquez vos enfants dans la foi chrétienne, transmettez-leur la perle précieuse de la foi (cf. Mt 13, 46) que vous avez reçue de vos parents et aïeux. N’oubliez pas que vous « avez été rachetés à un cher prix » (1 Co 6, 20), au prix de la mort sur la croix de l’Homme-Dieu Jésus Christ.

24. Orthodoxes et catholiques sont unis non seulement par la commune Tradition de l’Eglise du premier millénaire, mais aussi par la mission de prêcher l’Evangile du Christ dans le monde contemporain. Cette mission implique le respect mutuel des membres des communautés chrétiennes, exclut toute forme de prosélytisme.
Nous ne sommes pas concurrents, mais frères : de cette conception doivent procéder toutes nos actions les uns envers les autres et envers le monde extérieur. Nous exhortons les catholiques et les orthodoxes, dans tous les pays, à apprendre à vivre ensemble dans la paix, l’amour et à avoir « les uns pour les autres la même aspiration » (Rm 15, 5). Il ne peut donc être question d’utiliser des moyens indus pour pousser des croyants à passer d’une Eglise à une autre, niant leur liberté religieuse ou leurs traditions propres. Nous sommes appelés à mettre en pratique le précepte de l’apôtre Paul : « Je me suis fait un honneur d’annoncer l’Évangile là où Christ n’avait point été nommé, afin de ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rm 15, 20).

25. Nous espérons que notre rencontre contribuera aussi à la réconciliation là où des tensions existent entre gréco-catholiques et orthodoxes. Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité. Cependant, les communautés ecclésiales qui sont apparues en ces circonstances historiques ont le droit d’exister et d’entreprendre tout ce qui est nécessaire pour répondre aux besoins spirituels de leurs fidèles, recherchant la paix avec leurs voisins. Orthodoxes et gréco-catholiques ont besoin de se réconcilier et de trouver des formes de coexistence mutuellement acceptables.

26. Nous déplorons la confrontation en Ukraine qui a déjà emporté de nombreuses vies, provoqué d’innombrables blessures à de paisibles habitants et placé la société dans une grave crise économique et humanitaire. Nous exhortons toutes les parties du conflit à la prudence, à la solidarité sociale, et à agir pour la paix. Nous appelons nos Eglises en Ukraine à travailler pour atteindre la concorde sociale, à s’abstenir de participer à la confrontation et à ne pas soutenir un développement ultérieur du conflit.

27. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes, que tous les chrétiens orthodoxes d’Ukraine vivront dans la paix et la concorde et que les communautés catholiques du pays y contribueront, de sorte que soit toujours plus visible notre fraternité chrétienne.

28. Dans le monde contemporain, multiforme et en même temps uni par un même destin, catholiques et orthodoxes sont appelés à collaborer fraternellement en vue d’annoncer la Bonne Nouvelle du salut, à témoigner ensemble de la dignité morale et de la liberté authentique de la personne, « pour que le monde croie » (Jn 17, 21). Ce monde, dans lequel disparaissent progressivement les piliers spirituels de l’existence humaine, attend de nous un fort témoignage chrétien dans tous les domaines de la vie personnelle et sociale. De notre capacité à porter ensemble témoignage de l’Esprit de vérité en ces temps difficiles dépend en grande partie l’avenir de l’humanité.

29. Que dans le témoignage hardi de la vérité de Dieu et de la Bonne Nouvelle salutaire nous vienne en aide l’Homme-Dieu Jésus Christ, notre Seigneur et Sauveur, qui nous fortifie spirituellement par sa promesse infaillible : « Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Lc 12, 32) !
Le Christ est la source de la joie et de l’espérance. La foi en Lui transfigure la vie de l’homme, la remplit de sens. De cela ont pu se convaincre par leur propre expérience tous ceux à qui peuvent s’appliquer les paroles de l’apôtre Pierre : « Vous qui jadis n’étiez pas un peuple et qui êtes maintenant le Peuple de Dieu, qui n’obteniez pas miséricorde et qui maintenant avez obtenu miséricorde » (1 P 2, 10).

30. Remplis de gratitude pour le don de la compréhension mutuelle manifesté lors de notre rencontre, nous nous tournons avec espérance vers la Très Sainte Mère de Dieu, en l’invoquant par les paroles de l’antique prière : « Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu ». Puisse la Bienheureuse Vierge Marie, par son intercession, conforter la fraternité de ceux qui la vénèrent, afin qu’ils soient au temps fixé par Dieu rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu, à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité !

source
images/icones/fleche3.gif  ( 797859 )Un passage préoccupant par Ennemond (2016-02-13 00:07:51) 
[en réponse à 797858]

Celui qui concerne la méthode qui a été traditionellement utilisée par l'Eglise catholique pendant des siècles :

"Il est clair aujourd’hui que la méthode de l’« uniatisme » du passé, comprise comme la réunion d’une communauté à une autre, en la détachant de son Eglise, n’est pas un moyen pour recouvrir l’unité."

On se serait bien passé de cette repentance qui dirige les hommes d'Eglise vers davantage d'ambiguïté. On ne peut qu'espérer que les Chrétiens de rite oriental s'unissent tous à Rome (c'est le principe de l'uniatisme). Il n'y a pas d'autre voie de salut, sauf à considérer que le primat de Pierre ne fait plus partie des vérités de foi à croire. En même temps, les Orthodoxes paraissent à certains moments plus catholiques que nos prélats latins...

A noter lors des saluts finaux, plusieurs popes s'inclinaient profondément devant le pape. Et plusieurs prélats romains ont visiblement snobé volontairement le président cubain qui se trouvait à côté du patriarche de Moscou.

images/icones/vatican.gif  ( 797865 )Gréco-catholiques par Ignace Arouet (2016-02-13 07:08:38) 
[en réponse à 797859]

Encore une fois les catholiques de rite byzantin font les frais de ce "rapprochement". Ils ont l'habitude les pauvres, eux qui, en Roumanie et en Ukraine, furent abandonnés en 1948 par l'Eglise qui se tut devant leur persécution systématique organisée par le communisme avec la complicité des orthodoxes héritant de leurs biens tandis que les évêques et les prêtres gréco-catholiques étaient jetés en prison où la plupart moururent, comme le Bx Mgr Ghika.Telle est la "géopolitique" vaticane depuis des décennies.Honte à l'Eglise latine !
images/icones/1h.gif  ( 797871 )On ne sacrifie personne et chacun reste chez soi par PEB (2016-02-13 09:37:44) 
[en réponse à 797865]

et les vaches seront bien gardées!

La question uniate est surtout présente en Ukraine. Or, il est urgent de calmer le jeu et de dés-escalader la tension. De plus, il y a dans l'orthodoxie ukrainienne un schisme entre les pan-russe et les autocéphales nationalistes. Ces derniers remuent allégrement le couteau dans les plaies béantes de l'Histoire.

Pour vous donner une idée du bazar:


images/icones/neutre.gif  ( 797872 )Oh PEB fort apprécié par beaucoup …Dont moi! Pouvez-vous faire le même croquis en version catholique ! par Minger (2016-02-13 10:10:48) 
[en réponse à 797871]



Cacophonie sera autant !

Bon la déclaration commune fortement d’inspiration Slave ..
Je suis preneur ! A tout Honneur d’un œcuménisme affirmé et non philosophie Bouddha !
Pour le coup , pour rester neutre , Je vais même emprunter pour l'occasion , cette Magnifique prose profane en Moliérien!

Je suis la source des clartés…
Et les astres les plus vanté,
Dont le beau cercle m’environne,
Ne sont brillants et respectés
Que par l’éclat que je leur donne.
Du char où je me puis asseoir
Je vois le désir de me voir
Posséder la nature entière,
Et le monde n’a son espoir
Qu’aux seuls bienfaits de ma lumière.
Bienheureuses de toutes parts,
Et pleines d’exquises richesses
Les terres où de mes regards
J’arrête les douces caresses.

Très cordialement L’ami apprécié !
images/icones/neutre.gif  ( 797873 )Mince vu trop tard il l'avait fait.. par Minger (2016-02-13 10:23:28) 
[en réponse à 797872]


J'avais regardé qu'un d'un côté !
Suis-je bête!
images/icones/vatican.gif  ( 797879 )Gréco-catholiques par Ignace Arouet (2016-02-13 11:03:34) 
[en réponse à 797871]

Employer le terme "uniates" est péjoratif et injurieux envers les gréco-catholiques, comme d'ailleurs votre remarque d'introduction tout à fait déplacée.L'Ukraine n'est pas le seul pays concerné. La Roumanie paya le prix du sang entre 1948 et 1989 avec tous les évêques gréco-catholiques et un grand nombre de prêtres morts en prison dans des conditions effroyables tandis que les biens de leur Eglise étaient donnés aux orthodoxes.
images/icones/5b.gif  ( 797883 )Mais c'était il y a plus de vingt ans par PEB (2016-02-13 12:30:45) 
[en réponse à 797879]

Lorsque je parle de la question "uniate", je ne remets pas en cause mes frères bien aimés gréco-catholiques. De la même manière, on a parlé de la question romaine, de la question des Balkans &c. C'est une expression un peu toute faite pour évoquer une problématique tant géopolitique qu'interreligieux. N'y cherchez pas malice.

Sinon, oui, les gréco-catholiques, spirituellement tournés vers l'Ouest, furent plus que suspects à l'Est. Cela explique les grandes persécutions et la complicité des autorités "orthodoxes".
images/icones/fleche2.gif  ( 797887 )La déclaration met le mot uniatisme entre guillemets par Athanase (2016-02-13 13:14:12) 
[en réponse à 797879]

C'est peut-être aussi la preuve que les mots ont été pesés et les affirmations relues. Et l'abandon de l'uniatisme en tant que méthode peut remonter à 1993 (déclaration de "Balamand"), voire de Vatican II en ce sens que le concile semble admettre une perspective d'ouverture qui ne se limite pas aux grecs-catholiques.

Le terme uniatisme est contesté, à commencer par les intéressés, mais il a fini par être employé dans la pratique. Pour les orthodoxes, il désigne surtout une méthode, dont on peut contester qu'elle existe réellement... C'est un lieu commun de l'orthodoxie actuelle de désigner un ennemi un peu fantasmé et imaginaire. Mais on ne peut le comprendre qu'en vertu du contexte actuel.
images/icones/tao.gif  ( 797890 )Attention à ne pas verser dans une vision romantique de l'"uniatisme" par Athanase (2016-02-13 13:49:20) 
[en réponse à 797879]

Je suis parfois exaspéré par une ecclésiologie incertaine qui n'est pas clair sur le statut de l'Eglise catholique (voir l'avant-dernier paragraphe de mon post ici), mais il ne faut pas tomber dans un travers du traditionalisme qui imagine, un peu facilement, que "l'uniatisme", c'est de l'orthodoxie unie au pape et que les choses ont coulé comme de l'eau de source...

L'histoire des "uniates" est assez délicate et contrastée. Les communautés uniates ont dû subir une latinisation qui s'est révélée problématique (agenouillement lors de la consécration, usage de vêtements liturgiques latins, simplification des rites, etc.), et que l'on voit encore dans certaines Eglises de façon paradoxale avec une imitation de la réforme liturgique pos-conciliaire (usage de l'autel face au peuple, utilisation de vêtements liturgiques latins, etc.). Cette latinisation a été un véritable problème au point qu'elle a rendu les orthodoxes méfiants.

Le développement de communautés uniates a été souvent entravé par la hiérarchie latine qui a souvent mis le bâton dans les roues. On pourrait continuer dans les vicissitudes des uniates subies du fait de catholiques qui identifiaient trop facilement catholicité et latinité... Les "uniates" ont dû se battre sur deux fronts: contre les orthoxes, mais aussi contre certains catholiques de rite latin.

Il faut vraiment attendre Léon XIII pour que Rome enseigne le respect des rites et de la discipline propres à ces Eglises. Enfin, ces Eglise n'ont pu, comme elles le voulaient, s'implanter dans les pays occidentaux. Ainsi, elles n'ont pu ordonner des hommés mariés (interdiction posée au 20ème siècle) avant que cela ne soit levé par François (qui, à mon humble avis, a fait beaucoup pour les "uniates" en permettant l'érection d'un certain nombre d'éparchies, aux Etats-Unis, au Canada, en Inde et en Roumanie). Aux Etats-Unis, ce blocage a poussé un certain nombre d'"uniates" à rejoindre l'orthodoxie, ce qui, je l'avoue, n'est certainement pas une manière intelligente d'"assécher" l'orthodoxie...

L'autre difficulté est que ces communautés n'ont guère "asséché le vivier orthodoxe au point qu'au 20ème siècle, Rome doit tendre la main à Moscou et à Constantinople. Le problème de l'unité n'a pas été résolu avec la création de communautés "uniates". En ce sens, l'"uniatisme" a bien échoué (en revanche, son bilan spirituel me paraît remarquable, mais la vie spirituelle ne fait pas forcément du chiffre...).

images/icones/tao.gif  ( 797894 )Votre vision peut être tout aussi "exaspérante" par Ennemond (2016-02-13 13:54:23) 
[en réponse à 797890]

Au final le texte n'aurait-il pas été plus courageux s'il n'avait pas cité cette phrase assez contre-productive sur les uniates ?

Je crains qu'en terme de diplomatie, vous ne pourrez pas encourager grand monde en leur affirmant que leurs situations respectives constituent des échecs vivants.
images/icones/macos.gif  ( 797899 )La solution eût été tout simplement de ne rien dire par Athanase (2016-02-13 14:13:48) 
[en réponse à 797894]

Je crains tout simplement que de telles déclarations ne règlent rien au niveau ecclésiologique et qu'elles ne se suivent sans rien changer...

Tout ce dont je peux me réjouir, dans cette déclaration, c'est le fait que les orthodoxes ne contestent plus aux "uniates" le doit à l'existence et qu'ils ne réclament plus le rattachement des "uniates" à l'Eglise latine ou à l'orthodoxie. Croyez-moi, c'est déjà un effort de leur part...

Mais vous ne pourrez nier le fait que l'uniatisme - du point de vue pratique - n'a pas résolu la question de la division béante entre Rome et l'Orthodoxie...

Tout ce que l'on peut espérer est que cette déclaration constitue, malgré tout un pas, et que l'Eglise catholique soit plus claire ecclésiologiquement à terme. Les deux démarches peuvent se conjuguer: l'Orthodoxie russe n'est pas hostile à une Eglise catholique plus fidèle à son patrimoine liturgique et sa solidité thologique. La reprise en mains du côté catholique n'est pas une mauvaise chose pour l'Orthodoxie. En ces temps de synode romain sur la famille, il faut se réjouir qu'elle ne s'inscrit guère dans le romantisme affectif des dérives matrimoniales protestantes. Les orthodoxes ne sont pas contaminés par certaines dérives doctrinales bien en vues chez les protestants. L'Orthodoxie russe est la seule communauté chrétienne la plus importante après l'Eglise catholique. Et au moins, réjouissons-nous qu'elle ne soit pas contaminée comme les protestants. Sur ce plan, c'est stratégiquement habile.
images/icones/fleche3.gif  ( 797904 )Un texte en trop par Ennemond (2016-02-13 14:27:14) 
[en réponse à 797899]

De ne rien écrire, de ne rien signer aurait été plus habile.

Les prosternations des popes auraient suffi. Le refus de serrer "la pince" du frère du terroriste Castro était par ailleurs bienvenu.

Au fond, que cherchez-vous dans le rapprochement avec le patriarchat de Moscou ? Evidemment qu'ils s'unissent à Rome. Le mot vous paraît peut-être discourtois mais cela s'appelle de l'uniatisme (recherche de l'unité avec maintien des traditions particulières). Si le patriarche se braquait et qu'une partie seulement affirmait sa volonté de rejoindre le giron romain, lui feriez-vous la grise mine au risque de perdre définitivement ces âmes dans le schisme ? Considéreriez-vous que l'apport de ces églises locales serait un échec ? Un oecuménisme qui ne vise pas l'unité formelle n'a aucun intérêt. Une approche oecuménique qui vise à concrétiser l'unité s'appelle depuis toujours l'uniatisme. Et on ne peut qu'espérer que le patriarchat de Moscou soit une Eglise uniate. On peut changer de terme s'il faut afin d'y parvenir.
images/icones/rose.gif  ( 797914 )Le terme "uniatisme" est trop péjoratif et question de la "coporate reunion" par Athanase (2016-02-13 14:58:35) 
[en réponse à 797904]


ne serait-ce que parce qu'il est contesté par les intéressés eux-mêmes. Vous le dîtes bien à la fin: "On peut changer de terme s'il faut afin d'y parvenir".

La question est bien le but: celui de l'unité, pas celui de la méthode. L'uniatisme renvoie à un contexte donné. Au passage, il n'y plus eu de mouvements massifs depuis 1931, avec l'union des syro-malankars. Les derniers rattachements de gros "morceaux" d'orthodoxes remontent à 1723. Le bloc orthodoxe est resté figé et regarde avec hostilité Rome. Les communautés "uniates" n'ont réglé que partiellement la question: elles n'ont pas empêché l'Eglise orthodoxe de rester méfiante. Si on veut la convaincre, on ne peut lui faire ingurgiter ce qu'elle déteste. Du moins, il faudra du temps.

Les "uniates" ont évidemment été quelque chose de positif, ne serait-ce que parce qu'ils ont permis à l'Eglise catholique de ne pas se confondre avec sa dimension latine. Si les chrétiens d'Orient sont devenus familiers aux occidentaux, c'est en partie à cause des échanges nombreux avec les Eglise catholiques orientales.

La question est plutôt de savoir comment réunir une Eglise orthodoxe dans son ensemble, et d'éviter la fracture en son sein. C'est une problématique qui se pose depuis le 19ème siècle, car on remarque qu'il n'y guère de réunion par groupes (le cas indien, je le mets à part) à l'Eglise romaine. Certes, on a eu récemment ces catholiques de tradition anglicane réunis par des ordinariats (c'est de l'uniatisme occidental, si vous préférez...).

Mais nous sommes bien d'accord sur la réunion à Rome. Le tout est d'y arriver de façon prudente et intelligente. Evidemment, l'unité sera forcément une unité dans la foi.

Quant au terrosite Castro... euh.. j'avoue que la présence d'un homme politique est un peu gênante (un peu comme si Hollande venait assister à la signature entre Rome et Menzingen), mais je vous avoue que si on en est à ces considérations, on ne fait pas grand chose. On peut même tourner le dos à Assad, à Poutine, etc. Constantin ou Charlemagne n'étaient pas des enfants de choeur...

images/icones/hein.gif  ( 797915 )Différence par Ennemond (2016-02-13 15:04:59) 
[en réponse à 797914]

Constantin, Charlemagne, Poutine sont des personnages croyants et le manifestant. Castro ? Il n'a rien manifesté si ce n'est la persécution des croyants.
images/icones/1e.gif  ( 797917 )Constantin, baptisé par un évêque arien ? par Athanase (2016-02-13 15:09:01) 
[en réponse à 797915]


Sur son lit de mort... Mais il a quand même une cathédrale à son nom à Yabroud, en Syrie (église Sainte Hélène et Saint Constantin). Bref, on peut être pragmatique: quand on fait du bien à l'Eglise, c'est qu'on est un peu respectable. C'est ainsi que raisonnaient les anciens.
images/icones/fleche2.gif  ( 797876 )Certes, mais par Jean Ferrand (2016-02-13 10:52:30) 
[en réponse à 797859]

Certes, mais ce n'est pas nouveau. La déclaration commune de François et Cyrille, sur ce point, ne fait que reprendre la Déclaration de Balamand de 1993, prononcée sous Jean-Paul II. ICI.
images/icones/fleche3.gif  ( 797878 )Bons et mauvais éléments par Ennemond (2016-02-13 11:02:25) 
[en réponse à 797876]

Vous avez parfaitement raison et ce texte tournait déjà le dos aux siècles passés. Par ailleurs, ceux qui se réjouissent de ce rapprochement le font parce qu'ils espèrent qu'un jour les Orthodoxes retrouveront leur unité avec le Siège apostolique. C'est le principe de l'uniatisme. Que serait-ce qu'une amitié qui tourne le dos à une véritable unité ?

On retrouve aussi le concept ambigü de liberté religieuse dans ce texte qui, parce qu'elle est volotairement non définie, est aussi bien une liberté pour les Chrétiens d'Orient pour exister qu'une liberté pour les Musulmans de construire des mosquées en France. N'est-ce pas un sacré jeu de dupes ?

Il y a aussi de très bonnes choses dans ce texte. Mais on pourrait de la même manière retrouver des textes pontificaux de ces dernières décennies affirmant la même chose. La critique est facile mais je crains que les bons éléments aient pour origine le patriarchat de Moscou.
images/icones/salutscout.gif  ( 797888 )Parallèle entre l'échec de l'uniatisme et celui des communautés Ecclesia Dei par Athanase (2016-02-13 13:30:38) 
[en réponse à 797859]

Si on entend l'uniatisme non comme le souhait de réunir des communautés séparées à Rome, mais comme une méthode employée à un moment donné (disons du 13ème au 17ème siècle), on peut dire que l'uniatisme - terme lui-même péjoratif - a échoué en ce sens qu'il n'a pas pu agréger à Rome la totalité des communautés orthodoxes. C'est un fait: Moscou et Constantinople sont restés séparés de Rome, nonobstant les tenatives d'union locale. L'orthodoxie a continué à prospérer et les orientaux catholiques n'ont guère pesé face à leurs frères latins.

Le parallèle peut être fait avec les communautés Ecclesia Dei: elles ont prospéré depuis 1988 - et assez largement -, mais elles n'ont pu résoudre le "problème" de la FSSPX qui a continué à exister et se développer, à tel point que la question de la FSSPX est traitée séparément de celui des communautés Ecclesia Dei (possibilité d'une prélature FSSPX en plus des communautés ED existantes...). Depuis 2000, Rome a fini par se résoudre à entreprendre un rapprochement avec la FSSPX, tout en laissant se développer les communautés Ecclesia Dei.

En revanche, la question qui doit être posée se situe au niveau ecclésiologique: l'Eglise romaine se conçoit-elle comme une simple Eglise comme les autres ou bien comme l'Eglise du Christ ? Le risque est alorts d'entériner une vision purement confessionnelle et sociologique du Catholicisme (revers d'un certain oecuménisme), alors que l'Eglise est le Corps mystique du Christ. C'est à ce niveau que les théologiens devraient préciser les choses. Je ne vois pas l'Eglise romaine entreprendre la démarche oecuménique au nom du relativisme. Jean-Paul II disait au Conseil oecuménique des Eglises, en 1984, qu'en dépit des faiblesses de ses membres, l'Eglise catholique était convaincue de rester fidèle à l'Eglise du Christ.

Quant à la repentance, elle existe depuis 1993 et n'est pas nouvelle. Elle date de la déclaration de Balamand.
images/icones/fleche3.gif  ( 797891 )Tout cela me paraît très maladroit par Ennemond (2016-02-13 13:49:29) 
[en réponse à 797888]

Cher Athanase,

Je conçois qu'il y ait de bonnes choses dans ce texte. Mais s'il faut laisser penser que le groupe qui n'a pas manifesté son unité est un "problème", que ceux qui l'ont jadis entériné ont constitué "un échec" c'est assez dramatique diplomatiquement pour le cas de l'Orient orthodoxe, comme pour le cas du traditionalisme (mais votre comparaison a de sérieuses limites). Personnellement, je pense que les deux interlocuteurs auraient pu produire un texte bien meilleur et je crains (mais ce n'est qu'une crainte) que le côté latin n'ait pas été le meilleur influent. De ce point de vue, je ne suis franchement pas certain que réitérer les erreurs d'il y a 20 ans soit bénéfique.
images/icones/salutscout.gif  ( 797895 )On reste à mon avis dans la diplomatie par Athanase (2016-02-13 14:01:30) 
[en réponse à 797891]

Mais pour l'Eglise romaine, le problème est le suivant: aux bout de plusieurs siècles, l'Orthodoxie n'a pas disparu et n'a même pas été attiré par les communautés uniates qui auraient pu être un "pont". Les communautés "uniates" peuvent continuer à exister et même se développer, mais l'échec du point de vue de l'unité générale est patent: 1000 ans après, il y a toujours des orientaux qui, massivement, ne sont pas catholiques. L'Eglise catholique ne peut plus utiliser le levier de l'"uniatisme" pour régler cette division patente. J'ai peine à imaginer que les orthodoxes russes se jetteraient les bras ouverts chez leurs frères uniates...

La saine solution serait tout simplement que les communautés "uniates" continuent à se développer et que, parallèlement, l'Orthodoxie soit traitée séparément.

Ma réserve est sur le fait, dans cette déclaration, de parler d'"uniatisme" comme méthode, alors que les communautés "uniates" sont apparues de façon pragmatiques, parce que telle communauté voulait rompre avec une certaine stagnation (cas des ruthènes au 16ème siècle). Le texte laisse entendre que l'"uniatisme" a été une méthode, alors qu'il n'a même pas été une idéologie...

images/icones/attention.gif  ( 797898 )C'est le contraire par Ennemond (2016-02-13 14:11:58) 
[en réponse à 797895]

Attention à ne pas se prendre les pieds dans le tapis politique. Il ne s'agit pas de simples nations à mettre en entente autour d'une table mais d'entités religieuses qui ne sont pas dictées par la loi du plus fort. Ici c'est la foi qui prime. Il y a peut-être un excès dans un sens, mais l'autre, consistant à sacrifier les minorités pour faire de l'unité un objectif absolu au détriment de la foi est un péril également.

images/icones/info3.gif  ( 797902 )L'oecuménisme contemporain se vit trop sur un mode politique par Athanase (2016-02-13 14:25:56) 
[en réponse à 797898]

Ce qui est son problème. Et il est de poids. On imagine que l'unité chrétienne s'obtient avec des motions de synthèse, des textes où on s'arrange pour faire plaisir à l'autre, mais sans se déjuger. Or, on remarque que les progrès sont relatifs et mêmes limités. Tous les dialogues entrepris depuis 50 ans n'ont abouti à rien, si ce n'est à constater une véritable impasse (cas des anglicans, avec les échecs des rencontres ARCIC I et II...). Le hic, c'est qu'un dogme proclamé ne peut être supprimé en laissant entendre que l'Eglise errait au second millénaire, mais pas au premier. C'est à mon avis sur ce plan que les dialogues pourraient être croustillants.


Ce que je crains dans l'oecuménisme comme dans le dialogie interreligieux, c'est que ce sont des lieux communs prisés par l'Eglise puisque ce sont des "impondérables": on se moule dedans sans réfléchir, par routine et même par paresse... Je crains plutôt que le but ne soit pour faire des photos et de belles poignées de mains. C'est bien le gros problème.

images/icones/pelerouin1.gif  ( 797900 )Mais est-ce que le but de l' "uniatisme" était... par Sacerdos simplex (2016-02-13 14:16:45) 
[en réponse à 797895]

...de promouvoir l'unité, ou bien de faire rentrer dans l'Eglise "catholique" (considérée comme la vraie Eglise du Christ) des personnes qui en étaient séparées et qui étaient dans le schisme, puis l'hérésie (négation d'un certain nombre de dogmes) ?


Il y a peu, quand des luthériens suédois voulaient revenir à l'unique Eglise, on les envoyait promener, au nom de la recherche d'une réunion de l'Eglise suédoise entière.
Les obligeant ainsi à rester malgré eux dans une hérésie manifeste.

Au passage, à l'occasion des prochaines cérémonies, prions pour que cette Eglise de Suède revienne à l'unité !

(petit détail : évitez de parler de "l'Eglise romaine", expression qui peut avoir de nombreux sens : parlez-vous du diocèse de Rome ? de l'Eglise catholique (toute entière) ? de l'Eglise latine ?...)


images/icones/fleche2.gif  ( 797906 )Église par Jean Ferrand (2016-02-13 14:29:22) 
[en réponse à 797900]

Église romaine veut dire Église catholique. En tout cas, elle est la mater et la radix de l’Église universelle. Le pontife romain est l’évêque de l’Église catholique. Cf. la signature des Constitutions et Décrets du concile Vatican II.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 797910 )Une construction purement pragmatique par Athanase (2016-02-13 14:38:13) 
[en réponse à 797900]


L'idée d'"uniatisme" comme une sorte de méthode est un peu exagérée: c'est ce que croient les orthodoxes, lorsqu'ils s'imaginent que c'est une stratégie. Et c'est aussi le défaut de cette déclaration de reprendre pour argent comptant cette idée. L'"uniatisme" est apparu dans des circonstances pragmatiques: celui de communautés qui demandaient à se rattacher à Rome. C'est ce qui s'est passé chez les Ruthènes, puis chez les roumains. C'est un processus identique que l'on voit en Orient, dès le 16ème siècle, et dont l'un des clous sera la réunion de certains orthodoxes, en 1723, par la création d'un patriarcat melkite à Antioche.

L'uniatisme se développe dans un contexte de souhait de réaliser le concile de Florence qui n'aboutit qu'à une union provisoire entre Rome et l'Orthodoxie. Au 16ème siècle, ce souhait est encore dans les esprits. Il n'a pas été abandonné.

Des communautés vont se rapprocher de Rome, comme ce sera le cas au 16ème siècle pour des raisons dues à une certaine décadence dans le monde orthodoxe (accaparemments de certains évêchés, etc.): les communautés guidées par certains évêques vont voir dans l'union à Rome le moyen de sortir d'une certaine stagnation. Au passage, l'union de Brest de 1596 obtient des concessions dans la discipline et dans la liturgie. Concessions qui auraient pu mieux être respectées par les frères latins.

Sinon, quand je parle d'Eglise romaine, je fais une synonymie avec l'Eglise catholique. Il va de soi que l'Eglise ne peut être que romaine, même si elle ne se réduit pas à sa latinité.
images/icones/hein.gif  ( 797918 )Et si on remettait en scène le concile de Florence ? par Athanase (2016-02-13 15:11:45) 
[en réponse à 797900]

Ce serait une bonne base pour les relations avec nos frères séparés.
images/icones/neutre.gif  ( 797934 )"Roman Catholic" par Candidus (2016-02-13 19:21:27) 
[en réponse à 797900]

Vous avez tout à fait raison d'exprimer des réserves concernant cette expression. Elle est née dans le milieu protestant anglo-saxon qui voulait "réduire" l'universalité du catholicisme en lui ajoutant cette épithète de "Roman" absente du Credo.

L'Eglise romaine, c'est proprement dit le diocèse de Rome. Notre Eglise est une, sainte, catholique et apostolique ; elle est composée de 23 Eglises sui juris dont l'Eglise latine est, de loin, la plus importante en nombre de fidèles et dont le pape est le patriarche ("patriarche d'Occident") même si Benoît XVI a renoncé à ce titre pour des raisons compréhensibles (géographiques) mais discutables.

Je constate que de plus en plus on utilise l'expression "Eglise romaine" pour désigner l'Eglise latine. Peut-être est-ce dû au fait que le rite romain est le rite de l'Eglise latine ? C'est quand même un abus de language.
images/icones/fleche2.gif  ( 797963 )Non, l'Eglise romaine par Jean Ferrand (2016-02-14 14:06:34) 
[en réponse à 797934]

Non, l’Église romaine, c'est l’Église de l'apôtre Pierre, sur qui le Christ a fondé son Église. C'est donc bien l’Église universelle.
Je viens de lire un livre sur les Ligueurs du XVIe siècle, en France. La ville du Puy leur fut fidèle jusqu'au bout, jusqu'à l'abjuration d'Henri IV, et même au-delà. Ils voulaient absolument rester membres de la sainte Église catholique, apostolique et romaine. Ils refusaient un roi hérétique ou huguenot. Je reste ponot, non seulement par la naissance mais encore par le cœur.
images/icones/vatican.gif  ( 797971 )Deux questions décisives par Candidus (2016-02-14 15:34:47) 
[en réponse à 797963]

Durant les 7 années où St Pierre était évêque d'Antioche, l'Eglise catholique existait-elle ?

Si oui, était-elle "romaine" ?
images/icones/fleche2.gif  ( 797979 )Non, elle est romaine par Jean Ferrand (2016-02-14 16:49:30) 
[en réponse à 797971]

Non, elle est romaine depuis l'installation de la chaire de saint Pierre à Rome, et depuis la mort de l'apôtre qui l'a rendue définitive.

Mais c'est un fait historique. C'est à Rome qu'on visite les trophées des apôtres, au Vatican et sur la voie d'Ostie.
images/icones/1w.gif  ( 797866 )On dirait que François par Justin Petipeu (2016-02-13 07:59:57) 
[en réponse à 797858]

a pris un cours accéléré de christianisme...
images/icones/bravo.gif  ( 797867 )Les 5 perles de la déclaration commune par Chicoutimi (2016-02-13 08:21:24) 
[en réponse à 797858]

Le texte de la déclaration comporte ces 5 éléments très importants :

1- Reconnaissance du renouveau de la foi en Russie :


"Attestant de la haute valeur de la liberté religieuse, nous rendons grâce à Dieu pour le renouveau sans précédent de la foi chrétienne qui se produit actuellement en Russie et en de nombreux pays d’Europe de l’Est, où des régimes athées dominèrent pendant des décennies. Aujourd’hui les fers de l’athéisme militant sont brisés et en de nombreux endroits les chrétiens peuvent confesser librement leur foi. En un quart de siècle ont été érigés là des dizaines de milliers de nouvelles églises, ouverts des centaines de monastères et d’établissements d’enseignement théologique. Les communautés chrétiennes mènent une large activité caritative et sociale, apportant une aide diversifiée aux nécessiteux. Orthodoxes et catholiques œuvrent souvent côte à côte. Ils attestent des fondements spirituels communs de la convivance humaine, en témoignant des valeurs évangéliques." (§14)



2- Contre l'idéologie du sécularisme :


"Dans le même temps, nous sommes préoccupés par la situation de tant de pays où les chrétiens se heurtent de plus en plus souvent à une restriction de la liberté religieuse, du droit de témoigner de leurs convictions et de vivre conformément à elles. En particulier, nous voyons que la transformation de certains pays en sociétés sécularisées, étrangère à toute référence à Dieu et à sa vérité, constitue un sérieux danger pour la liberté religieuse. Nous sommes préoccupés par la limitation actuelle des droits des chrétiens, voire de leur discrimination, lorsque certaines forces politiques, guidées par l’idéologie d’un sécularisme si souvent agressif, s’efforcent de les pousser aux marges de la vie publique." (§15)



3- L’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes


"Le processus d’intégration européenne, initié après des siècles de conflits sanglants, a été accueilli par beaucoup avec espérance, comme un gage de paix et de sécurité. Cependant, nous mettons en garde contre une intégration qui ne serait pas respectueuse des identités religieuses. Tout en demeurant ouverts à la contribution des autres religions à notre civilisation, nous sommes convaincus que l’Europe doit rester fidèle à ses racines chrétiennes. Nous appelons les chrétiens européens d’Orient et d’Occident à s’unir pour témoigner ensemble du Christ et de l’Evangile, pour que l’Europe conserve son âme formée par deux mille ans de tradition chrétienne." (§16)



4- Le respect du mariage, de la famille et de la vie


"La famille est le centre naturel de la vie humaine et de la société. Nous sommes inquiets de la crise de la famille dans de nombreux pays. Orthodoxes et catholiques, partageant la même conception de la famille, sont appelés à témoigner que celle-ci est un chemin de sainteté, manifestant la fidélité des époux dans leurs relations mutuelles, leur ouverture à la procréation et à l’éducation des enfants, la solidarité entre les générations et le respect pour les plus faibles." (§19)




"La famille est fondée sur le mariage, acte d’amour libre et fidèle d’un homme et d’une femme. L’amour scelle leur union, leur apprend à se recevoir l’un l’autre comme don. Le mariage est une école d’amour et de fidélité. Nous regrettons que d’autres formes de cohabitation soient désormais mises sur le même plan que cette union, tandis que la conception de la paternité et de la maternité comme vocation particulière de l’homme et de la femme dans le mariage, sanctifiée par la tradition biblique, est chassée de la conscience publique." (§20)



"Nous appelons chacun au respect du droit inaliénable à la vie. Des millions d’enfants sont privés de la possibilité même de paraître au monde. La voix du sang des enfants non nés crie vers Dieu (cf. Gn 4, 10).
Le développement de la prétendue euthanasie conduit à ce que les personnes âgées et les infirmes commencent à se sentir être une charge excessive pour leur famille et la société en général.
Nous sommes aussi préoccupés par le développement des technologies de reproduction biomédicale, car la manipulation de la vie humaine est une atteinte aux fondements de l’existence de l’homme, créé à l’image de Dieu. Nous estimons notre devoir de rappeler l’immuabilité des principes moraux chrétiens, fondés sur le respect de la dignité de l’homme appelé à la vie, conformément au dessein de son Créateur." (§21)



5- Défendre la vérité divine


"Nous voulons adresser aujourd’hui une parole particulière à la jeunesse chrétienne. A vous, les jeunes, appartient de ne pas enfouir le talent dans la terre (cf. Mt 25, 25), mais d’utiliser toutes les capacités que Dieu vous a données pour confirmer dans le monde les vérités du Christ, pour incarner dans votre vie les commandements évangéliques de l’amour de Dieu et du prochain. Ne craignez pas d’aller à contre-courant, défendant la vérité divine à laquelle les normes séculières contemporaines sont loin de toujours correspondre." (§22)


images/icones/fleche2.gif  ( 797875 )Un moyen par Jean Ferrand (2016-02-13 10:34:49) 
[en réponse à 797858]

"Un moyen pour recouvrir l'unité" (Sic). Il faut écrire : un moyen pour recouvrer l'unité. (Verbe du 1er groupe).

Les orthodoxes et les catholiques n'ont pas seulement une tradition commune, qui a duré un millénaire, mais aussi toute la Bible, c'est-à-dire toute la révélation écrite, et les sept sacrements, y compris le sacerdoce, inclus l'épiscopat. Ce n'est pas rien, en plus des sept premiers conciles œcuméniques, et de la liturgie byzantine pratiquée, qu'on le veuille ou non, par les gréco-catholiques. Sans parler encore du culte iconique.

Au fait que veut dire exactement le paragraphe :

27. Nous exprimons l’espoir que le schisme au sein des fidèles orthodoxes d’Ukraine sera surmonté sur le fondement des normes canoniques existantes

Quelqu'un pourrait-il l'expliquer clairement ? Quelles sont ces normes canoniques (orthodoxes) existantes ?
images/icones/croix_byzantine.png  ( 797892 )Allusion aux 3 Eglises orthodoxes en concurrence par Candidus (2016-02-13 13:50:42) 
[en réponse à 797875]

Ainsi que cela apparaît sur l'organigramme mis en ligne par PEB ICI, il existe 3 Eglises concurrentes orthodoxes en Ukraine :

- L'Eglise ukrainienne du patriarcat de Moscou (à laquelle préside Kirill)
- L'Eglise ukrainienne du patriarcat de Kiev, qui revendique son indépendance (autocéphalie) par rapport au patriarcat de Moscou
- L'Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne, issue de la diaspora à l'époque du rideau de fer

Le patriarcat de Moscou considère ces deux dernières entités comme schismatiques et ne supporte pas que l'Eglise Gréco-Catholique entretienne des relations cordiales avec elles. C'est à cela que fait allusion le passage sur lequel vous vous interrogez.
images/icones/fleche2.gif  ( 797897 )Et quelles sont par Jean Ferrand (2016-02-13 14:10:50) 
[en réponse à 797875]

Et quelles sont les normes canoniques existantes pour résoudre ce conflit ?
images/icones/neutre.gif  ( 797901 )Euphémisme par Candidus (2016-02-13 14:24:51) 
[en réponse à 797897]

Je pense que tout simplement le patriarche de Moscou voudrait que les catholiques traitent les deux autres Eglises orthodoxes ukrainiennes concurrentes comme des schismatiques et condamnent leur refus de communion avec Kirill qui pour les moscovites constitue une violation des "normes canoniques existantes".

Concrètement cela voudrait dire les traiter comme des pestiférés.
images/icones/fleche2.gif  ( 797908 )Non, le par Jean Ferrand (2016-02-13 14:35:06) 
[en réponse à 797901]

Non, le problème évoqué dans ce paragraphe est purement interne à l’Église orthodoxe.
images/icones/neutre.gif  ( 797938 )Oui, c'est probablement cela par Mingdi (2016-02-13 20:41:08) 
[en réponse à 797901]

Après la chute de Gorbatchev et l'éclatement de l'empire soviétique le chef des gréco-catholiques d'Ukraine, Mgr Loubatchivski, a fait une entrée triomphale à Kiev. Les "uniates" ne sont pas des dhimmis de l'orthodoxie mais des catholiques fiers de l'être depuis les origines. Entre catholiques et orthodoxes ex-soviétiques, tout se joue à Kiev. C'est là qu'est le rameau le plus fourni de l'orthodoxie slave. Le patriarcat de Moscou y est le plus riche et le mieux doté en patrimoine. La laure de Kiev, des couvents de religieuses style béguinage, de magnifiques églises, etc..., bref tout ce qui attire les touristes et rapporte de l'argent leur appartient. Pendant ce temps-là, Philarète doit se contenter d'une grosse cathédrale de style 19e siècle finissant avec des peintures murales de style pompier. De plus, Philarète n'a pas toujours eu une bonne réputation si on en croit le défunt journal Catacombes. Du côté gréco-catholique, feu le cardinal Hüsar, qui a succédé à Loubatchivski, sous des dehors débonnaires et paternels poursuivait le rêve de fédérer les non-moscovites. D'où son transfert de Lviv ex Lemberg à Kiev où il fit construire son nouveau siège, moche, camelote et excentré. De plus, un prêtre "uniate" ami de la FSSPX me parlait de ce personnage comme d'un "super-modernyszt". Où en sont les choses aujourd'hui : je n'en sais rien.