Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=797525
images/icones/neutre.gif  ( 797525 )Tradition et grandes écoles par Aigle (2016-02-07 14:48:40) 

À propos d'un débat sur les vocations de la FSSPX s'est posée la question de la place des Tradis dans les Grandes écoles. Je voulais juste présenter les observations suivantes qui sont assez subjectives car j'ai des exemples pas de statistiques.

D'une part deux facteurs jouent contre nos jeunes à mon sens : Primo, la prégnance de la fausse philosophie contemporaine (dont le gender n'est qu'un aspect) dans les épreuves littéraires (pas seulement en philo d'ailleurs). Secundo, les jurys me semblent bien moins impartiaux qu'il y a vingt ans. C'est très clair à Sciences Po. Je crains que cela ne le devienne à l'ENA et à l'ENS.

D'autre part, les élèves issus de "nos milieux" et de "nos écoles" me semblent plutôt mieux préparés car ils ont des bases plus solides tant sur le fond (orthographe, latin, histoire) que sur la forme (force de travail, mémorisation).

Une jeune fille proche de ma famille, éduquée chez les dominicaines du saint Esprit est entrée à l'école normale supérieure de Lyon en 2015. Son niveau de latin et sa maîtrise de la dissertation l'ont certainement aidée à rentabiliser sa préparation (dans le privé car les khagnes publiques n'acceptent pas ces profils me semble t il).

Cela dit pour un très bon élève tradi, je pense qu'il faut passer dans le privé sous contrat ( ou à la LH :-)) au lycée (ou au plus tard en terminale) pour éviter des problèmes.

Qu'en pensez vous ?
images/icones/fleche2.gif  ( 797528 )Tentative de réponse par Peregrinus (2016-02-07 15:20:00) 
[en réponse à 797525]

Aux ENS et à l'Ecole Nationale des Chartes, les jeunes candidats traditionalistes, bénéficient je pense d'un certain avantage qui tend plutôt à se creuser.
Les anciens des écoles de la FSSPX, des dominicaines de Fanjeaux, de Brignoles ou du Saint-Esprit me paraissent beaucoup mieux représentés, pour ce que je peux en voir, qu'il y a quelques années : à l'ENS de la rue d'Ulm, il devient rare, depuis trois ou quatre ans, qu'il n'y ait pas au moins une ou deux entrées issues des écoles au concours littéraire (si mes renseignements sont bons, il y en a eu au moins trois en 2015 : deux pour les communautés amies de la FSSPX, une pour les dominicaines du Saint-Esprit). Les étudiants traditionalistes sont assez bien représentés également dans les entrées sur dossier (au moins deux en 2015).
A l'Ecole des Chartres, il semblerait curieusement que la situation soit un peu moins favorable qu'il y a quelques années. Mais les échos que je peux avoir de la prépa chartes d'Henri IV me permettent de dire qu'il s'y trouve toujours des élèves tradis extrêmement doués et prometteurs.

Le défaut des écoles de la Tradition est qu'elles sont actuellement peu connues et que les classes y ont des effectifs très réduits : un grand lycée parisien hésitera à admettre en classe préparatoire un élève très doué, mais qui était le premier d'une classe de trois ou quatre élèves dans un établissement parfaitement inconnu. Les écoles des dominicaines, de ce point de vue, sont beaucoup plus favorisées que celles par exemple de la FSSPX (Henri IV ou Fermat, pour leurs prépas chartes, connaissent très bien les écoles de Fanjeaux et leur très bon niveau en langues anciennes).
Une autre faiblesse peut-être la réticence à s'inscrire dans les lycées qui ont objectivement les meilleurs résultats : Blomet, par exemple, est infesté d'anciennes élèves des dominicaines parfois très douées, mais qui auraient bien davantage leur place à Henri IV ou Louis le Grand.

Je ne parle ici que des concours de lettres, qui sont ceux que je connais un peu.

Peregrinus
images/icones/fleche3.gif  ( 797529 )petite histoire par jejomau (2016-02-07 15:35:44) 
[en réponse à 797525]

vous dites qu'un élève tradi doit passer par un établissement sous-contrat...

Une jeune fille de Terminale dans une institution sous-contrat affirmait encore ce midi devant nous que le croissant était une tradition boulangère importée de Turquie. Après vérification dans ses cours d'Histoire, je constatais que c'était bien ce que son professeur lui avait transmis....

La vérité, c'est que les professeurs actuels - les jeunes professeurs - ont ét mal formés et ne savent plus rien (ou pas grand-chose). Par conséquent, tous les établissemts sous-contrats ou publics sont touchés à cause du recrutement qui est le même en fin de compte.

Seuls peuvent échapper les établissements hors-contrats (exemple) dont le recrutement est fait avec sérieux et (surtout) dont les méthodes faisant appel à des méthodes traditionnelles obtiennent des résultats

Dire que les Tradi réussissent mieux est vrai : mais il faut souligner alors que ces Tradis proviennent souvent d'institutions hors-contrat !
images/icones/neutre.gif  ( 797542 )Clarifions par Aigle (2016-02-07 16:49:08) 
[en réponse à 797529]

Je parle des TRÈS bons élèves. Ceux qui ont une chance d'intégrer l'ENS ou l'X. sciences Po n'en parlons même plus.

Je pense que s'ils veulent intégrer une TRÈS bonne prépa (H4, Louis le Grand, ...) ils ont peut étre intérêt à effacer le passage hors contrat de leur dossier et en faire étape par un TRÈS bon lycée catholique sous contrat (Stanislas par exemple) ou la LH.

En tout cas pour les concours littéraires . La question ne se pose peut être pas pour les scientifiques.

Bon peut être suis je paranoïaque.
images/icones/neutre.gif  ( 797545 )Le problème est que vous mélangez tout par Philippilus (2016-02-07 17:05:56) 
[en réponse à 797542]

On ne peut pas comparer les profils de scolarité et des prépas littéraires et scientifiques. Autant un élève qui aura fait beaucoup plus de latin ou de grec que les autres aura un avantage au niveau des connaissances en sortie de terminale, autant ce n'est pas vrai en sciences.

Donc ne pas généraliser ce qui n'est pas généralisable.

Maintenant, ce n'est pas en faisant avaler du latin 4 h par semaine à un âne à partir de la sixième que l'on en fera obligatoirement un éminent chartiste.

Philippilus
images/icones/neutre.gif  ( 797549 )Merci par Aigle (2016-02-07 18:10:46) 
[en réponse à 797545]

POur cette excellente réponse particulièrement délicate et courtoise
images/icones/2a.gif  ( 797547 )la France n'est pas Paris par jejomau (2016-02-07 17:39:30) 
[en réponse à 797542]

Il n'y a pas que.... Stanislas !

Donc vous avez des centaines des petits français provinciaux qui, chaque année, cherchent à intégrer une Prépa. Heureussement qu'ils ne font pas tous une dossier pour Stanislas : je vois d'ici la tête du directeur de l'établissement être obligé de refuser vos parisiens pour les prendre... héhéhéhé....

Par conséquent : HORMIS Le CAS Stanislas, dites-vous bien que les établissements hors-contrats sont les seuls aujourd'hui à pouvoir proposer un enseignement de qualité permettant à ces centaines de provinciaux d'intégrer une prépa chaque année...

Eh oui...
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 797548 )eh non par MG (2016-02-07 18:00:16) 
[en réponse à 797547]

Votre raisonnement est une nouvelle fois complètement faux !

Je vous laisse vous-même, corriger votre faute (histoire ne s'écrit pas avec un grand H sauf chez les marxistes).


En province il reste d'excellents lycées sous contrats, voire publics qui préparent très honorablement aux Grandes Ecoles.
Le hors contrat souffre d'un grand défaut : la rémunération des enseignants, ce qui éloigne les excellents professeurs (souvent chargés de famille).
Néanmoins certains lycées hors contrats obtiennent de bons résultats, je pense à la Croix des Vents, à Saint Père mais je suis persuadé que ces élèves auraient, aussi, réussi dans un autre établissement.

Pour intégrer une Prépa prestigieuse : l'admission sera plus aisée après deux années excellentes (Première et Terminale) d'un grand lycée. Je crois que pour un jeune homme il est mieux de quitter les écoles tradis après la seconde. Pour les jeunes filles c'est différent, puisque la qualité unanimement reconnue de l'enseignement des dominicaines serait plutôt un atout.
images/icones/1n.gif  ( 797561 )Ouais! par Miserere (2016-02-07 20:59:42) 
[en réponse à 797548]

Les professeurs sont peut-être mal payés comme vous le dites mais la qualité est la puisque dans les écoles de la FSSPX c'est du quasi 100% au bac.

Bien sûr nos écoles embauchent aussi des professeurs non tradits pour la qualité de l'enseignement.

Et je peux vous dire que certains de ces professeurs en sont ravis et n'iraient pour rien au monde enseigner dans le public.

Les établissement sous-contrat sont de la même obédience que les écoles privées.

Voilà pourquoi le hors-contrat existe et de mémoire je n'ai jamais entendu un jeune de chez nous se plaindre d'avoir été en retrait dans un autre établissement à cause de ses convictions mais plutôt le contraire.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 797570 )Pourcentage par MG (2016-02-08 02:26:36) 
[en réponse à 797561]

de réussite au Bac ne veut rien dire : tout Chef d'Etablissement qui connait un peu son métier sait comment avoir du quasi 100 % !

Pour avoir un vrai taux de réussite : il faut prendre en compte les élèves qui entrent en seconde et qui obtiennent leur diplôme et pas uniquement le pourcentage d'élèves présentés à l'examen. Et vous le savez très bien !


Quant aux enseignants je peux témoigner que le salaire et le nombre d'heures de cours est un grave inconvénient. Un professeur agrégé dans un établissement hors-contrat n'a pas le salaire qu'il aurait dans l'EN ou le privé sous contrat et comme nous ne vivons pas d'eau fraiche cela fait réfléchir.
images/icones/fleche3.gif  ( 797598 )Pas de pire mensonge que les statistiques... par Glycéra (2016-02-08 13:04:55) 
[en réponse à 797561]



Pourcentage ?

Avez-vous vu les retards imposés à des enfants pas assez bons pour faire ce 100 % ?

(Même méthode pour les % d'admissions grandes écoles dans les prépas qui se targuent d'être les meilleures de chez meilleures ? Elles éliminent en fin de trimestre... Facile ainsi. Et créateur d'ambiance suspicieuse déplorable entre des gens qui sont sensés travailler ensemble à un projet ensuite... quand ils auront cessés d'être juste des concourants-je-te-pousse)


Inverse ?

Un chef d'établissement mixte (lycée général et professionnel) se voit imposer une carte rectorale : tant de sections, donc tant d'élèves.
- Vous vouliez faire "Maintenance" je n'ai plus de place, il me reste 3 sièges en "Compta". L'élève de 15 ans accepte, se dégoûte très vite, et fuit.
Plusieurs font ainsi. A la rentrée suivante ?
- Nous baissons votre dotation et fermons deux classes : vous n'avez pas eu le taux de présence ni de réussites demandés...


Un chef d'établissement sous-contrat de la même ville :
- Vous avez 17 demandes d'entrée en seconde en surplus, et vous demandez une nouvelle classe ? La carte rectorale ne le permet pas, car le lycée public n'est pas du tout complet.


Demandez, et vous en recevrez d'autres.
Les écoles "tradis" font comme les autres pour afficher une performance...


Et des profs sous-payés, voire des jeunes filles qui "donnent un an ou deux" car elles ont "tant reçu des mères"...cela ne forme pas à la pédagogie réelle. Ni au recul nécessaire pour enrichir.
J'en ai entendu discuter entre elles... et cela n'incite pas à dire que tout est au bon niveau !


Et pour un père de famille classique dotn l'épouse ne va pas chercher ailleurs de l'argent ? Toute personne qui regarde la réalité voit que c'est vrai...


Le marché est faussé, certes. NE pas dire le contraire !


images/icones/fleche2.gif  ( 797600 )A propos des classes préparatoires par Peregrinus (2016-02-08 13:18:18) 
[en réponse à 797598]

N'ayant jamais été dans l'enseignement privé, je ne peux rien dire des pratiques des écoles hors-contrat.
Mais en ce qui concerne les classes préparatoires, ayant été en khâgne dans le lycée qui a eu ces dernières années les meilleurs résultats à l'ENS en lettres, il me paraît nécessaire d'apporter de sérieuses nuances.
Ni en hypokhâgne, ni en khâgne, je n'ai été témoin d'écrémage en fin de trimestre. Il y a en cours d'année des départs, essentiellement de personnes qui vivent mal la classe préparatoire ou ont trouvé une voie qui leur convient mieux. Il y a un écrémage de fin d'année, il est vrai, entre l'hypokhâgne et la khâgne, mais il n'est pas massif et est rarement totalement injustifié.
A l'issue de la khâgne, la plupart des élèves sérieux, même non sous-admissibles, sont admis au redoublement. Le triplement, dans le lycée en question, ne se pratique plus, mais c'est à mon avis une mesure de sagesse.

Il est vrai en revanche que les anciens du hors-contrat ne sont pas systématiquement meilleurs que les autres, ni en prépa, ni même à l'université ; mais le niveau est rarement calamiteux comme il peut malheureusement l'être ailleurs, et je pense qu'il est ici question surtout du niveau moyen.

Peregrinus
images/icones/neutre.gif  ( 797551 )Stan par Aigle (2016-02-07 18:13:23) 
[en réponse à 797547]

Je parlais de Stan non seulement parce que j'en viens et que deux de mes fils y sont internes puisque j'habite à 900 km de Paris mais surtout parce que c'est un authentique établissement catholique quoique sous contrat.

Manifestement beaucoup ici ignorent la haine que les obsédés de la laïcité porten t au hors contrat ...

images/icones/1g.gif  ( 797564 )Stan… par Olivier Figueras (2016-02-07 21:49:06) 
[en réponse à 797551]

Cher Aigle,

S'il faut parler d'expériences, elles ne sont pas toujours bonnes dans le sous-contrat, et je pense particulièrement à Stan, avec des conséquences alors inverses à celles que l'on pouvait espérer.

Amitiés,

Olivier
images/icones/neutre.gif  ( 797601 )Oui et non par Peregrinus (2016-02-08 13:26:48) 
[en réponse à 797542]

Le problème, comme je vous l'ai déjà écrit, est que les écoles hors-contrat ont souvent des effectifs très réduits et sont quasiment inconnues de ceux qui, dans les grands lycées, sélectionnent les candidats retenus dans les classes préparatoires ; d'où parfois des difficultés pour d'excellents sujets du hors-contrat à être admis immédiatement à Henri IV ou Louis le Grand.
Mais dès lors que les établissements sont connus, le problème tend à disparaître. Fermat à Toulouse, qui n'est certes pas Henri IV ou Louis le Grand, mais a des résultats corrects à l'ENS en lettres, ne fait pas de difficultés à admettre des anciennes de Fanjeaux (dont les résultats au concours ont été très bons). A Henri IV, en prépa chartes, vous trouverez également d'anciennes élèves des dominicaines.
Le but des grands lycées est d'avoir de bons résultats aux concours. Dès lors qu'ils peuvent s'assurer du niveau des candidats, ils ne font à mon avis pas autant de distinctions que vous semblez le penser entre anciens du sous-contrat ou du hors-contrat.

Peregrinus