Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=796574
images/icones/flagIt.gif  ( 796574 )Qui a dit... par gégé81 (2016-01-28 12:39:30) 

"il Concilio, in nessun modo, fonda questo diritto alla libertà religiosa sul fatto che tutte le religioni, e tutte le dottrine, anche erronee, avrebbero un valore più o meno uguale; lo fonda invece sulla dignità della persona umana, la quale esige di non essere sottoposta a costrizioni esteriori che tendono ad opprimere la coscienza nella ricerca della vera religione e nell’adesione ad essa"

(traduction approximative :
"Le Concile, en aucune façon ne fonde ce droit à la liberté religieuse sur le fait que toutes les religions et tous les enseignements, même erronés, auraient une valeur plus ou moins la même, elle est plutôt basée sur la dignité de la personne humaine, qui exige de ne pas être soumis à des restrictions externes qui ont tendance à limiter la conscience dans la recherche de la vraie religion et l’adhésion à celle-ci ")
images/icones/vatican.gif  ( 796576 )Le pape Paul VI par romuald (2016-01-28 12:51:41) 
[en réponse à 796574]

Discorso al Sacro Collegio e alla Prelatura Romana, 1976.
images/icones/neutre.gif  ( 796577 )La réponse en image par gégé81 (2016-01-28 13:23:38) 
[en réponse à 796576]



Il s'agissait en effet du BIENHEUREUX Paul VI.

Et maintenant une autre devinette : dans quel texte du cardinal Ratzinger ce texte du bienheureux Paul VI est-il cité en référence ?

Essayez de deviner sans utiliser l'outil Google.
images/icones/nul.gif  ( 796584 )Ce qui est contraire par Jean-Paul PARFU (2016-01-28 16:24:20) 
[en réponse à 796574]

à la doctrine de l'Eglise, même avec cette restriction !
images/icones/attention.gif  ( 796589 )Ca faisait longtemps ... par Exocet (2016-01-28 18:07:19) 
[en réponse à 796584]

... que le sujet n'était pas revenu sur le tapis ! C'est vrai que fonder le droit à la liberté religieuse sur la dignité humaine n'a aucun fondement scripturaire, de l'aveu même du Père Congar. Mais d'un autre côté, dire que les autorité civiles doivent user de la contrainte pour interdire les "mauvaises" religions, n'est pas une vérité de foi.
images/icones/neutre.gif  ( 796590 )doivent ? par Donapaleu (2016-01-28 18:19:38) 
[en réponse à 796589]

ou peuvent ?
images/icones/bible.gif  ( 796591 )Siracide XV, 14 par gégé81 (2016-01-28 18:21:29) 
[en réponse à 796589]

« Quand au commencement [Dieu] a créé l’homme, il l’a remis à sa propre conscience. » :

c'est déjà un fondement scripturaire.

Et pour poursuivre la devinette : dans quel texte du cardinal Ratzinger le texte du bienheureux Paul VI

"il Concilio, in nessun modo, fonda questo diritto alla libertà religiosa sul fatto che tutte le religioni, e tutte le dottrine, anche erronee, avrebbero un valore più o meno uguale; lo fonda invece sulla dignità della persona umana, la quale esige di non essere sottoposta a costrizioni esteriori che tendono ad opprimere la coscienza nella ricerca della vera religione e nell’adesione ad essa"

est-il cité en référence ?
images/icones/neutre.gif  ( 797064 )Au commencement par Bertrand (2016-02-02 13:48:16) 
[en réponse à 796591]

Dieu a créé l'homme sans le péché originel...
images/icones/fleche3.gif  ( 796592 )pas d'accord par jejomau (2016-01-28 18:30:06) 
[en réponse à 796589]

dire que "fonder le droit à la liberté religieuse sur la dignité humaine n'a aucun fondement scripturaire" n'est pas juste si l'on considère certains documents pontificaux. Exemple celui-ci :

647(Dentzinger)
Chap. 41. Au sujet de ceux qui refusent de recevoir le bien du christianisme, nous ne pouvons rien vous écrire d'autre, sinon que vous devez les convaincre d'accéder à la vraie foi par des monitions, des exhortations et des instructions, plutôt que de les convaincre par la force de ce que leur pensée est vanité.
Par ailleurs, en aucune manière, il ne doit leur être fait violence pour qu'ils croient. Car tout ce qui ne provient pas d'un désir, ne peut être bon Ps 53,8 Ps 118,108 Ps 27,7 ; Dieu commande en effet une soumission volontaire, et qui soit manifestée par des volontaires seulement, car s'il avait voulu mettre en oeuvre la force, personne n'aurait pu résister à sa toute- puissance.

Pape NICOLAS Ier - 13/11/866:


Ou encore ici (autre "document scripturaire"):

Constitution " Licet perfidia Iudaeorum ", 15 septembre 1199.

Tolérance à l'égard de ceux dont la foi est autre.
772
Bien que l'incrédulité des juifs doive être réprouvée de multiples manières, cependant, parce que par eux notre foi se trouve confirmée en vérité, ils ne doivent pas être lourdement opprimés par les fidèles... De même qu'il ne doit pas être permis aux juifs, dans leurs synagogues, de présumer quelque chose qui aille au-delà de ce qui est permis par la Loi, de même ils ne doivent pas subir de préjudice en ce qui leur est permis.
Aussi, même s'ils préfèrent demeurer dans leur endurcissement plutôt que de connaître les prédictions des prophètes et les mystères de la Loi, et de parvenir à la connaissance de la foi chrétienne, puisqu'ils demandent l'aide de notre défense, poussés par la mansuétude de la piété chrétienne, Nous suivons la trace de nos prédécesseurs d'heureuse mémoire, Calixte (II), Eugène (III), Alexandre (III), Clément (III) et Célestin (III). Nous accueillons leur requête, et leur accordons le bouclier de notre protection.

Pape INNOCENT III


Il existe donc une Tradition dans l'Eglise catholique qui souligne le droit à la liberté religieuse.
images/icones/nul.gif  ( 796595 )Pas du tout par Abenader (2016-01-28 18:49:11) 
[en réponse à 796592]

Cher jejomau, les citations que vous avez postées disent qu'il ne faut pas cogner sur la tête des gens pour leur faire embrasser la religion catholique, seule vraie religion, mais user de monitions, d'exhortations et d'instructions. Elles ne fondent aucun droit à la liberté religieuse ni de conscience, droit que Grégoire XVI qualifiait de délire.
images/icones/1b.gif  ( 796596 )Excusez-moi mais ... par Exocet (2016-01-28 19:07:47) 
[en réponse à 796592]

Par fondement scripturaire, il faut entendre que la source est dans l'Ancien ou le Nouveau Testament. Pas dans tel ou tel document pontifical, aussi respectable soit-il ...
images/icones/fleche3.gif  ( 796598 )bien par jejomau (2016-01-28 19:30:15) 
[en réponse à 796596]

dans ce cas, je vous suis.

Maintenant, la Tradition (orale ou autre) est-elle un fondement de valeur moindre que l'Ecriture ?

images/icones/idee.gif  ( 796593 )Peut-être pas de foi par Abenader (2016-01-28 18:44:11) 
[en réponse à 796589]

mais en tout cas, c'est une vérité frappée au coin du bon sens, cher Exocet. En effet, si les mecs de Daech débaroulent pour occire tout ce qui leur passe sous le nez, les autorités doivent user de la contrainte pour les en empêcher.
images/icones/bravo.gif  ( 796597 )En effet par Rémi (2016-01-28 19:09:17) 
[en réponse à 796593]

car l'état islamique "viole les justes exigences de l’ordre public" et "la société civile a le droit de se protéger contre les abus qui pourraient naître sous prétexte de liberté religieuse" .

Dignitatis Humanae 4 et 7.
images/icones/fssp.gif  ( 796599 )Sur la liberté religieuse par Jean-Paul PARFU (2016-01-28 19:44:47) 
[en réponse à 796574]

Pour avoir les idées claires, lire ceci
images/icones/hein.gif  ( 796615 )Un HÉNEAURME problème subsiste par Abenader (2016-01-28 22:39:39) 
[en réponse à 796599]

néanmoins, cher M. Parfu. Le texte que vous nous avez indiqué, hormis sa grande qualité et ses arguments imparables, finit, si j'ose dire, en queue de poisson. Ainsi, le dernier paragraphe se conclut sur une requête demeurée, pour toujours, en suspens, car le problème subsiste, aussi gros qu'une montagne. Je vous le soumets, en vous demandant de bien vouloir y apporter votre réponse ou votre commentaire.

La déclaration Dignitatis Humanae finit ainsi:


Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.



Par ces paroles, Paul VI a engagé de façon irréfragable l'infaillibilité pontificale (en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ... décrétons dans le Saint-Esprit). Or, ce dogme enseigne que le pape ne peut pas se tromper. Pourtant, le P. Joseph de Sainte-Marie, OCD, dit, fort justement,


si l’Église enseigne solennellement aujourd’hui le contraire de ce qu’elle avait enseigné jusqu’à 1963, c’est donc qu’elle s’était trompée avant. Mais si elle s’était trompée avant, c’est donc qu’elle est faillible, et qu’elle l’est aujourd’hui autant qu’hier. Alors, quelle raison aurais-je de la croire aujourd’hui plus qu’hier ?



Donc, voici le problème, et voici ma question: le Pape est infaillible. L'Eglise est infaillible. Le Saint-Esprit ne peut pas révéler quelque chose pendant 1965 ans, puis le contraire l'année suivante. Mais Paul VI a décrété dans le Saint-Esprit quelque chose qui était condamné dans le Saint-Esprit par tous ses prédécesseurs. Ma question est: comment est-ce possible ?
images/icones/1a.gif  ( 796617 )Une piste... par Rodolphe (2016-01-28 23:03:33) 
[en réponse à 796615]

Elle est intéressante. L'Abbé Barthe, site Disputationes Theologicae.

Il répond à une objection proche de la votre que voici:

"Paul VI, dans son discours du 12 janvier 1966, a défini le Magistère du dernier Concile comme « Magistère ordinaire suprême».
Or, en particulier là où il propose des doctrines fondées sur la Révélation divine, le Magistère ordinaire universel - et si on ne veut pas reconnaître une telle autorité au Concile, on est néanmoins forcé de le faire vis-à-vis du Magistère de tous les évêques dispersés dans le monde, unis au Pape, et qui depuis quarante ans enseignent les doctrines du Concile - réclame une totale adhésion, selon ce qu’affirme la Concile Vatican I : « Il faut croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole divine écrite ou transmise, et qui est proposé par l’Église comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit dans son magistère ordinaire universel »
Donc, en ce qui concerne par exemple la doctrine de la liberté religieuse contenue dans la déclaration Dignitatis Humanae (n.2), il y a pour tous les fidèles une obligation de croire, d’exercer l’acte de foi et non pas seulement une obligation d’avoir envers elle du respect."

La réponse proposée est ICI
images/icones/idee.gif  ( 796621 )"Hérméneutique de la continuité" ou sédévacantisme par Effata (2016-01-28 23:46:53) 
[en réponse à 796615]

l'alternative est là, aussi inéluctable que radicale.

Soit vous considérez les récents enseignements de l'Eglise enseignante comme de subtils développements jusqu'alors insoupçonnés d'une Tradition inaltérée, et dans ce sens faites vôtre la thèse de l'herméneutique de la continuité; auquel cas, même au prix de quelques éventuelles contorsions intellectuelles et/ou dialectiques, vous avez l'avantage d'avoir l'âme en paix (ou de vous en persuader, du moins),

Soit vous considérez les récents enseignements de l'Eglise enseignante comme de réelles nouveautés, voire de réelles contradictions avec les enseignements antérieurs, auquel cas vous n'avez guère d'autre explication que le sédévacantisme, considérant qu'un pape manifestement hérétique cesse ispo facto d'être pape, pour la simple raison que cessant de confesser la foi il cesse d'être membre de l'Eglise, et que par conséquent son magistère est nul. Cette position se tient au plan purement logique comme en matière doctrinale, mais est beaucoup plus "perturbante" à vue humaine, indubitablement.

Mais que votre langage soit : Cela est, cela n'est pas. Ce qui se dit de plus vient du Malin. (Mt 5,37)
images/icones/hein.gif  ( 796625 )Les deux épées (St Luc XXII, 36) par Aigle (2016-01-29 04:49:47) 
[en réponse à 796621]

Je lis ceci dans l'Evangile selon Saint Luc (chapitre XXII)

"36 Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.
37 Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. »
38 Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »"

Outre l'interprétation symbolique distinguant temporel et spirituel ( les deux glaives) que signifie cette acquisition d' armes ?
images/icones/4b.gif  ( 796631 )Ni l'un ni l'aute ! par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 07:25:49) 
[en réponse à 796621]

Le premier laisse croire qu'il n'y a pas contradiction ou qu'il est possible de faire comme si, ou de relier entre elles des propositions contradictoires ou d'atténuer la nouveauté en rappelant discrètement la vérité. Mais,en fait, ça ne marche pas !

Le second, la vacance, est simplement absurde !
images/icones/hein.gif  ( 796887 )Quelle est votre troisième voie ? par Effata (2016-01-31 20:11:03) 
[en réponse à 796631]

Pourriez-vous expliciter votre explication de la situation de l'Eglise qui objectivement enseigne le contraire de l'Evangile même, s'il vous plaît ? Ainsi que votre démonstration de l'absurdité de la vacance (hypothèse que n'écartait pas totalement Mgr Lefebvre, par ailleurs) ?
images/icones/hein.gif  ( 796964 )Simple question par LouisL (2016-02-01 13:42:58) 
[en réponse à 796887]


Ainsi que votre démonstration de l'absurdité de la vacance [...] ?


Selon vous, comment sera restaurée la papauté ?

Pour une position "qui se tient au plan purement logique comme en matière doctrinale", je trouve qu'il y a là un problème.
images/icones/idee.gif  ( 796981 )Une réponse par Lycobates (2016-02-01 15:41:15) 
[en réponse à 796964]

par John Daly

ICI

images/icones/fleche2.gif  ( 797026 )Merci... par LouisL (2016-02-01 22:51:26) 
[en réponse à 796981]

...d’avoir porté à ma connaissance cette intervention de M. Daly.

Je suis pris par le temps mais je ne manquerai pas de vous répondre plus amplement dès que possible.

P.s. : je vous remercie également pour cette réponse.
images/icones/fleche3.gif  ( 797124 )[réponse] par LouisL (2016-02-03 01:28:00) 
[en réponse à 796981]

Voici, comme convenu, quelques remarques par rapport au message de M. Daly.

Dans ce cas le droit d'élire reviendrait au clergé romain [...]


Je suppose que cela ne peut concerner que le prêtres ordonnés et dûment incardinés in tempore non suspecto. Les hérétiques ne pourraient y prendre part, j'imagine. Si ce n’est pas déjà trop tard, le temps joue contre cette option.

[...] ou, au besoin, à un concile général imparfait.


Je ne connaissais pas cette possibilité. Pouvez-vous m’en dire davantage ? Par ailleurs, pourquoi un tel concile n’a-t-il pas encore été organisé ?

Mais selon la doctrine ci-dessus citée de saint Alphonse, même une élection intrinsèquement invalide pourrait fournir indirectement un vrai pape puisque l'adhésion de la masse des fidèles à un homme en tant que pape suffit pour suppléer à tout défaut de droit humain.


J'ai répondu à Vianney sur ce point (ici).
images/icones/fleche2.gif  ( 797193 )On n'est pas sorti de l'auberge par Lycobates (2016-02-03 18:42:25) 
[en réponse à 797124]

D’abord vous avez raison de maintenir Pastor aeternus du concile du Vatican comme pierre de touche pour tout ce qui concerne notre question. Mais cela a été traité ici par d’autres, de façon exhaustive.

Dans l’hypothèse qui nous occupe ici, je dis "hypothèse" même si pour moi il s’agit d’une certitude morale, et je ne veux pas me dérober à vos questions, mais je crains un peu que nous n’approchions tout doucement les limites du permissible dans ce Forum, c.-à-d. la solution qui n’ose pas dire son nom, vous avez raison aussi de souligner que même l’élection d’un pape légitime ne signifierait pas d’un coup la solution de tous les problèmes. Loin de là. Humainement parlant un tel pape serait totalement impuissant, s’il n’y a pas de vrais miracles, des miracles de la grâce aussi, qui l’accompagneraient. Ce qui serait bien entendu le cas, je reste dans notre hypothèse pour ménager ce Forum, si Dieu nous donnait un vrai Pape.

D’abord une telle élection verrait se consommer de façon éclatante le schisme de fait qui existe depuis longtemps : la plus grande masse des fidèles et du clergé conciliaires refuseraient tout bonnement de suivre la condamnation sans appel de "Vatican II" et la défaite (dans le sens: l'action de défaire) intégrale de toute réforme conciliaire : doctrine, sacrements, liturgie, droit, discipline, organisation, coutumes, etc. et le redressement intégral de la situation antérieure. Même les esprits forts "tradis", habitués à tort à croire de pouvoir désobéir systématiquement l’homme qu’ils reconnaissent comme pape, se croiraient justifiés de rechigner si le nouveau pape avait le malheur de leur déplaire voire même s'il décidait quelque chose contre leur gré. Beau résultat de plus d’un demi-siècle d’érosion implacable de la papauté, de l’autorité pontificale, du prestige du Siège de Rome, par les erreurs des prétendants conciliaires d’une part, et la manière, non moins erronée, de s’y opposer par la plupart du monde "tradi" de l’autre. Tout principe d’obéissance s’y voit vicié radicalement.
En outre, les bras séculiers s’opposeraient un peu partout à la mise en œuvre de cette contre-réforme (aussi à l’application des concordats en vigueur avant 1958 et qui le seraient toujours, pour ne donner que cet exemple), contre-réforme qui aurait donc de grandes difficultés à s’imposer dans une grande partie du monde. Ce pape élu serait par conséquent en toute vraisemblance un pape exilé de son siège, un pape des catacombes, un pape mis en prison peut-être, ou pire, pour "antihumanisme" ou un autre prétexte. Et ceux qui le suivraient, qui accepteraient son enseignement de tous les jours comme règle prochaine de leur foi, donc les catholiques, auraient, sauf exception, les plus grandes difficultés à se maintenir dans la société, de plus en plus antichrétienne, voire à récupérer les structures d’antan, devenues conciliaires ou franchement sécularisées : diocèses, séminaires, cathédrales, paroisses, etc. et se verront probablement contraints à des structures de circonstance eux-aussi.

Non, on n’est pas sorti de l’auberge. Personnellement je crois que le temps n’en est pas mûr. Il faut encore davantage faire le tri. Et le constat est là : l’église conciliaire est en pleine mutation et ce processus s’accélère de plus en plus. Attendons voir.


Je suppose que cela ne peut concerner que le prêtres ordonnés et dûment incardinés in tempore non suspecto. Les hérétiques ne pourraient y prendre part, j'imagine. Si ce n’est pas déjà trop tard, le temps joue contre cette option.



Un hérétique peut se convertir, et remédier à des défauts éventuels d'ordre sacramentel (pour la juridiction c’est plus compliqué), mais vous avez raison, le temps joue contre cette option.


Je ne connaissais pas cette possibilité. Pouvez-vous m’en dire davantage ? Par ailleurs, pourquoi un tel concile n’a-t-il pas encore été organisé ?



C'est le cas du concile de Constance qui a élu le pape Martin V. Ce concile n’est devenu œcuménique dans la mesure où le Pape qui en est issu l’a confirmé.
Un tel concile, aujourd’hui, pour être valable, devrait (mais ce n'est que mon avis, on continue dans notre hypothèse n'est-ce pas ?) idéalement réunir tous les évêques catholiques accessibles, sacrés soit dans un rite oriental ou dans le rite latin multiséculaire par un évêque dito, qu’ils soient conciliaires convertis au pré-"Vatican II", ou des évêques dissidents opposés depuis toujours au "Vatican II" et ses responsables, donc ce qu’on appelle les "évêques de la Tradition". Les orientaux conciliaires récupérables sont un bon millier actuellement, à vérifier dans le détail, il y a des brebis galeuses, aussi sacramentellement, les latins pré-1968 sont devenus désormais très minoritaires (au nombre de 77) et très âgés, et parfois très modernistes, et ce n'est a priori pas la peine de déranger Messieurs les autres, les "évêques de la Tradition", sacrés sans mandat, eux sont quelques dizaines aussi.

Le temps n’est pas mûr apparemment pour cette solution, même s’il y a eu des tentatives pour déblayer le terrain, en ce qui concerne certains "évêques de la Tradition", par Mgr. Carmona dans les années 80, par Mgr. Dávila Gándara il y a quelques années, par certains laïcs allemands, sans grand succès il est vrai. Les évêques "d’urgence", sacrés sans mandat, se contentent de visiter les groupes de fidèles qui les demandent pour les sacrements, mais sans trop de structures ni d’organisation. On peut les comprendre, car établir des structures relève de la juridiction ordinaire (qu’ils n’ont pas et s'ils sont catholiques ne revendiquent pas) et ils ne veulent surtout pas donner l’impression de l’usurper dans la situation d’anarchie qui prévaut actuellement.

Il nous reste alors de prier, nous avons la certitude que Dieu redressera la situation, au moment opportun.
images/icones/idee.gif  ( 797016 )Cette restauration est-elle, de foi, nécessaire ? par Effata (2016-02-01 20:59:15) 
[en réponse à 796964]

est la simple question que je vous retourne, car dans la plausible fin des temps que nous vivons, l'effondrement quantitatif et qualitatif de la foi en étant un indice sérieux, nous pouvons considérer paisiblement que s'accomplissent les Ecritures. (Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ?)

Le catéchisme rappelle que "le triomphe du Royaume du Christ ne se fera pas sans un dernier assaut des puissances du mal", et il est plausible selon moi que cet ultime assaut concerne la direction de l'Eglise militante, ce qui ne contredit pas que "les portes de l'enfer ne prévaudront pas" puisque nous savons que le Christ vaincra.



images/icones/1b.gif  ( 797025 )Il semblerait par LouisL (2016-02-01 22:49:21) 
[en réponse à 797016]


Ce que le Christ notre Seigneur, chef des pasteurs, pasteur suprême des brebis, a institué pour le salut éternel et le bien perpétuel de l'Église doit nécessairement, par cette même autorité, durer toujours dans l'Église, qui, fondée sur la pierre, subsistera ferme jusqu'à la fin des siècles. « Personne ne doute, et tous les siècles savent que le saint et très bienheureux Pierre, chef et tête des Apôtres, colonne de la foi, fondement de l'Église catholique, a reçu les clés du Royaume de notre Seigneur Jésus-Christ, Sauveur et Rédempteur du genre humain : jusqu'à maintenant et toujours, c'est lui qui, dans la personne de ses successeurs », les évêques du Saint-Siège de Rome, fondé par lui et consacré par son sang, « vit », préside « et exerce le pouvoir de juger ». Pastor Aeternus

images/icones/neutre.gif  ( 797030 )La difficulté par Abenader (2016-02-02 00:11:13) 
[en réponse à 797025]

que vous soulevez, cher Louis, est très intéressante.

Tout cela est fort mystérieux, étant donné que nous nageons en plein mysterium iniquitatis, mystère que saint Paul n'explique pas, mais dont il ne fait que rendre compte.

Personnellement, voici les pistes envisageables.

Vu qu'il est impossible que Pie IX se trompât dans PA, c'est donc que nous sommes arrivés à la fin des siècles.

Fin des siècles non pas entendu comme dernier moment du monde, mais comme dernière période du temps de la fin du monde, qui court depuis l'Incarnation de Notre-Seigneur.

Et, de fait, toutes les prophéties eschatologiques sont en train d'être réalisées sous nos yeux: cessation du sacrifice perpétuel, abomination de la désolation dans le lieu saint (e. g. statue de l'idole Bouddha mise sur le tabernacle à Assise, etc.), Jérusalem à nouveau foulée par les juifs avec comme corolaire la fin du temps des nations (Luc 21, 24), enlèvement de l'obstacle (o katechon) qui retient encore la venue de l'Antéchrist en tant qu'être personnel, précédé de la grande apostasie... oui, tout semble indiquer que nous sommes à la fin des temps.

Et puis, chose trop peu dite, mais ô combien consolante: le retour prédit d'Henoch et d'Elie, qui doivent venir, et, pour Elie, rétablir toute chose (Marc 9, 12).

Enfin, cher Louis, il y aura bien un moment où n'existera plus l'Eglise militante (ni même l'Eglise souffrante): après la Parousie et la grande conflagration finale mettant un terme au temps, il y aura l'éternité, et la Nouvelle Jérusalem, avec un nouveau ciel et une nouvelle terre (Apoc. 21, 1) et où ne subsistera que l'Eglise triomphante, où la foi et l'espérance passeront, et seule subsistera la charité. Adveniat regnum tuum, Domine !!! Or, cette réalité n'est pas en contradiction avec le perpétuel et le toujours de Pie IX dans PA.

Ce ne sont que des pistes de réflexion, hein, je ne prétends nullement apporter aucune réponse, mais seulement tenter de confronter ces idées sur ce forum, pour déblayer le terrain...
images/icones/1g.gif  ( 797048 )Dérive apocalyptique... par Rodolphe (2016-02-02 11:18:06) 
[en réponse à 797030]

C'est bien ce que je craignais, cher Abenader. Comme la thèse sédévacantiste est effectivement inconciliable avec Pastor Aeternus, il ne reste plus à ses adeptes qu'à invoquer la "fin des temps" ou le retour d'Elie...
images/icones/1b.gif  ( 797053 )Correction par Vianney (2016-02-02 12:08:31) 
[en réponse à 797048]

 
Il serait plus exact d’écrire :

Comme cette thèse sédévacantiste est effectivement inconciliable avec Pastor Aeternus, il ne reste plus à ses adeptes qu'à invoquer la "fin des temps" ou le retour d'Elie...


Le texte de saint Alphonse rappelé par Lycobates et John Daly ne parle pas de la “fin des temps”. Il correspond d’ailleurs à quelques cas vécus...

Mais je conçois qu’il vous puisse davantage gêner votre thèse.

V.
 

images/icones/hein.gif  ( 797063 )Appliquez-vous ce texte... par LouisL (2016-02-02 13:35:35) 
[en réponse à 797053]

... à un conclave "conciliaire" ou avez-vous en tête une autre situation ?

Je veux juste être certain de bien comprendre.
images/icones/info2.gif  ( 797067 )Je pensais à certaines circonstances... par Vianney (2016-02-02 14:01:51) 
[en réponse à 797063]

 
...historiques où l’élection du pape ne s’est pas déroulée suivant les lois ecclésiastiques en vigueur :
– le grand schisme d’Occident (les cardinaux ayant été désignés par des papes contestés par une partie de l’Eglise)
– le cas de l’antipape Anaclet II du temps de saint Bernard (l’élection du véritable pape n’était apparemment pas plus canonique que celle de l’antipape)
– les désignations des papes à l’époque où l’empereur et/ou la féodalité romaine faisaient notoirement pression sur les électeurs...

C’est à ce genre de situation que faisait allusion saint Alphonse, si j’ai bien compris. L’histoire de la papauté, du moins à certaines époques, n’est pas vraiment celle d’un long fleuve tranquille !

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 797068 )Ce n'était pas ma question par LouisL (2016-02-02 14:08:51) 
[en réponse à 797067]

Quel sens donnez-vous au texte de Saint Alphonse par rapport à la situation actuelle ? Quelle application concrète, aujourd'hui ?
images/icones/idee.gif  ( 797089 )Concrètement... par Vianney (2016-02-02 16:51:07) 
[en réponse à 797068]

 
...ce texte de saint Alphonse implique, selon moi, qu’à supposer que des doutes légitimes pèsent sur la légitimité d’une élection pontificale ou sur l’autorité de l’élu, il n’est pas nécessaire d’imaginer que la fin du monde est imminente, ou que le retour à la normale suppose une intervention directe de Dieu : la conversion de l’élu ou d’un successeur de celui-ci suffit à elle seule à rétablir légitimité et autorité.

V.
 

images/icones/hum2.gif  ( 797092 )J'ai bien compris... par LouisL (2016-02-02 17:25:42) 
[en réponse à 797089]

... le sens du texte de saint Alphonse mais vous ne répondez pas à ma question :

Dans quel cas, en tenant compte de vos convictions par rapport à la situation actuelle de l'Église, pourrait-il concrètement s'appliquer ? Un conclave "conciliaire" ?
images/icones/idee.gif  ( 797098 )Supposons par exemple... par Vianney (2016-02-02 17:47:22) 
[en réponse à 797092]

 
...que Tartempion soit désigné par le conclave pour succéder à François, et qu’après son élection, il se rende compte, Dieu aidant, que certains enseignements de ses prédécesseurs sont contraires à ce que l’Eglise avait toujours enseigné jusqu’alors : le simple fait qu’il se décide à corriger ces erreurs suffirait à lui rendre sa pleine autorité pontificale, quels que soient les doutes plus ou moins légitimes qui pouvaient peser sur les circonstances de son élection.

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 797122 )[réponse] par LouisL (2016-02-03 01:07:22) 
[en réponse à 797098]

Je ne suis pas sûr que le texte de saint Alphonse de Liguori concerne le cas où tous les électeurs feraient défaut.

Admettons cependant cette éventualité très improbable mais pour laquelle « les théologiens ne voient pas d'impossibilité absolue ».

Pourquoi alors se reposer sur un conclave composé de laïcs hérétiques plutôt que d’en organiser un avec de vrais catholiques ? Quelle valeur supplémentaire aurait le prétendu conclave organisé par les hérétiques ?

Même si l’élu abjure l’hérésie conciliaire et demande à être sacré au plus vite, êtes-vous sûr qu’il sera « reconnu vraiment et universellement » par « toute l’Église » ? Le manque d’unité parmi les défenseurs de la thèse de la vacance du Saint-Siège poserait certainement un problème à ce niveau.

Pour être honnête avec vous, je pense que s’appuyer sur ce texte pour envisager l’élection du Pape par un conclave composé de laïcs hérétiques relève des « contorsions intellectuelles et/ou dialectiques » dont parlait Effata.
images/icones/neutre.gif  ( 797125 )Je n’ai pas prétendu que ce serait facile par Vianney (2016-02-03 01:30:40) 
[en réponse à 797122]

 
Si vous songez à l’issue du grand schisme, il est bien clair qu’on n’y est pas parvenu à mettre absolument tout le monde d’accord. Quant à l’hérésie, vous allez un peu vite : dans l’état actuel de désorientation des esprits, la pertinacité de beaucoup est loin d’être évidente. Songez qu’à l’époque de l’arianisme, malgré la présence de véritables papes, la grande majorité des évêques orientaux et occidentaux se sont un temps écartés de la foi de Nicée... et n’en ont pas moins conservé, à quelques exceptions près, leur siège épiscopal.

Ce que je voulais seulement souligner, c’est que l’Eglise doit pouvoir se donner un pape “jusqu’au dernier jour du monde” (Dom Guéranger) : c’est en ce sens qu’elle parle d’un magistère perpétuel. Même si cela tient parfois du miracle...

Bonne nuit !

V.
 

images/icones/1b.gif  ( 797120 )Une remarque sur M. Tartempion par Lycobates (2016-02-02 23:48:08) 
[en réponse à 797092]

Dans l'hypothèse bien sympathique de l'élection miracle de Tartempion, hérétique conciliabulaire [j'ai bien noté ce néologisme savoureux], mais venu à résipiscence, hypothèse envisagée par Vianney, il convient de rappeler cette autre remarque (et je m'excuse de me citer, cela n'arrive pas trop souvent, j'espère)
ICI
faisant suite au message de M. Daly que je vous avais indiqué comme "une réponse" plus haut.

Car si jamais Tartempion était élu, et si jamais il n'était pas melkite, arménien ou copte [je laisse de côté un moment les Antiochiens, plus embrouillés à leur plus grand dam], il s'agirait, hélas, en toute probabilité, de Monsieur Tartempion, non pas de l'abbé Tartempion, ni encore moins de Monseigneur Tartempion, car les effectifs correspondants diminuent à vitesse exponentielle, et ce n'est en effet pas drôle du tout : abscondisti haec a sapientibus et prudentibus et revelasti parvulis

images/icones/5b.gif  ( 797123 )En effet... par Vianney (2016-02-03 01:11:58) 
[en réponse à 797120]

 
Encore heureux que tous les rites n’aient pas été modifiés jusqu’à présent... même si les exceptions ne sont pas nombreuses !

V.
 
images/icones/fleche2.gif  ( 797166 )Ou alors par Abenader (2016-02-03 14:32:31) 
[en réponse à 797092]

Sans préjudice aucun à ce que dit Vianney, personnellement, j'entends le texte de saint Liguori de la façon suivante.

Imaginons un conclave, où le Cal Untel est élu pape.

Imaginons ensuite qu'au bout d'une semaine, un groupe de Cardinaux émet des doutes, en disant qu'il est possible que Untel ait été élu par simonie, ou par pression sur certaines personnes, ou autre cas de figure. C'est là à mon humble avis que s'applique le texte liguorien, POUR AUTANT bien entendu qu'il s'agisse d'un élu ayant la foi catholique intégralement.

Saint Alphonse parle évidement d'un problème de droit ecclésiastique (fraude, ou autre façon illégitime), pas, bien sûr d'un empêchement de droit naturel (l'élu est une femme) ou de droit divin (l'élu est publiquement hérétique). Dans les cas mentionnés par saint Alphonse, la reconnaissance "guérit" les petits problèmes qui auraient pu être opposés. Dans le cas de l'élection d'une femme, elle est de soi nulle, reconnaissance de toute l'Eglise ou pas, idem pour un non-catholique.
images/icones/bravo.gif  ( 797172 )Effectivement... par Vianney (2016-02-03 15:48:58) 
[en réponse à 797166]

 
...la reconnaissance par l’Eglise d’une élection non canonique ne peut rien contre un empêchement de droit naturel ou divin. Saint Vincent Ferrier rappelait que même un “miracle” ne pourrait en rien y remédier.

V.
 
images/icones/bravo.gif  ( 797070 )C'est super ! par Rodolphe (2016-02-02 14:16:42) 
[en réponse à 797053]

Car alors nous n'avons que des vrais papes. Ouf! En effet, l'acceptation pacifique de l'élection par l’Église universelle purge celle-ci de tout vice et de toute défaillance.

"Dès l’instant où le pape est accueilli comme tel, et apparaît uni à l’Église comme la tête est au corps, la question ne saurait plus être agitée d’un vice dans l’élection ou de l’absence d’une des conditions requises pour sa légitimité. L’adhésion de l’Église guérit pour ainsi dire radicalement tout vice possible de l’élection. Cette adhésion est initiée théologiquement par l’acte juridique de reconnaissance et d’obédience des cardinaux au nouveau pape, posé dans le cadre de la cérémonie d’intronisation, lequel acte fonde et entraîne subséquemment ce qu’on appelle communément l’adhésion pacifique de l’Église, c’est-à-dire celle de tous et, d’une manière infaillible, elle démontre l’existence de toutes les conditions pré requises du droit divin. » (Cardinal Louis Billot, De Ecclesio, t. XXIX, § 3, p. 621).

Journet est sur la même ligne et le code de droit canon aussi. Dès lors que le Pape entre et demeure en communion avec l’Église, il est infailliblement Pape. En dehors de ce cas, et comme le Pape ne peut être jugé par personne, il demeure Pape, nonobstant les opinions particulières des uns et des autres quant à son orthodoxie.
images/icones/hein.gif  ( 797091 )Auriez-vous déjà oublié... par Vianney (2016-02-02 17:14:05) 
[en réponse à 797070]

 
...comment le souverain pontificat, même validement possédé, peut se perdre ? Journet souligne à bon droit, comme tant d’autres, qu’il y a “une antinomie absolue entre le fait d’être pape et le fait de persévérer dans l’hérésie après un ou deux avertissements”.

“Dans l’hypothèse où un pape deviendrait notoirement hérétique, il faut avouer sans hésitation qu’il perdrait par ce fait même le pouvoir pontifical puisqu’il serait transféré par sa propre volonté en dehors de l’Église, devenant un infidèle…” (Cardinal Billot, De Ecclesia, qu. XIV, thèse XXIX, p. 609 dans l’édition de 1921.)

V.
 
images/icones/1b.gif  ( 797114 )Vous oubliez que je vous ai déjà répondu... par Rodolphe (2016-02-02 21:43:22) 
[en réponse à 797091]

Ici

"Quant au Passage de Journet que vous me citez, il me convient: "Les autres, comme Cajetan, Jean de Saint-Thomas, dont l’analyse nous parait plus pénétrante, ont estimé que, même après un péché manifeste d’hérésie, le pape n’était pas encore déposé, mais qu’il devait l’être par l’Église, papa hæreticus non est depositus sed deponendus". Un Pape hérétique perdrait ainsi son office par perte de communion avec l'Eglise.

Le canon 333 du code canonique de 1983 va clairement en ce sens:

"Dans l’exercice de sa charge de Pasteur Suprême de l’Église, le Pontife Romain est toujours en lien de communion avec les autres Évêques ainsi qu’avec l’Église tout entière".

A contrario, s'il perd ce lien de communion en raison de son hérésie... il perd son office.

Mais il ne suffit pas que quelques uns estiment qu'il est hérétique, pour que cela soit suffisant.".

Je précise que les autres citations auxquelles vous me référez ne changent pas la donne. Lorsqu'il est évoqué des cas d'hérésie "notoire", il s'entend d'hérésie notoire aux yeux de l'Eglise universelle et de personne d'autre, puisque le Pape n'est jugé par personne, ce dont la notion de perte de "communion" rend compte parfaitement. Un fraction de fidèles ne suffit pas.
images/icones/heho.gif  ( 797117 )Vous confondez deux plans bien distincts par Vianney (2016-02-02 22:42:27) 
[en réponse à 797114]

 
Il n’y a que l’Eglise qui peut rendre “notoire” la déchéance du pape pour hérésie ou pour tout autre motif (démence, schisme, etc.) : c’est à ce moment seulement que la vacance entre dans la catégorie des faits dogmatiques que tous les catholiques doivent admettre.

Mais en attendant, il n’est pas défendu au simple fidèle, bien au contraire, de faire ce constat et d’en tirer les conséquences pour ce qui le concerne personnellement. C’est un peu comme dans un faux mariage : c’est à l’Eglise d’attester publiquement de la nullité, mais si dans l’intervalle l’un des conjoints a acquis suffisamment d’éléments pour conclure, il ne peut plus se comporter comme s’il ne savait pas !

Il est le plus souvent impossible, en dehors de l’aveu du coupable, de déterminer si une personne est hérétique avec la pertinacité que cela suppose. Mais dès que, de bonne foi ou non, un faux pape prétend enseigner officiellement des thèses déjà infailliblement condamnées par l’Eglise, ceux qui le constatent détiennent la preuve qu’il a perdu l’autorité pontificale : eux non plus ne peuvent plus se comporter comme s’ils ne savaient pas...

V.
 

images/icones/1a.gif  ( 797119 )Beau sophisme... par Rodolphe (2016-02-02 23:35:38) 
[en réponse à 797117]

"C’est un peu comme dans un faux mariage : c’est à l’Eglise d’attester publiquement de la nullité, mais si dans l’intervalle l’un des conjoints a acquis suffisamment d’éléments pour conclure, il ne peut plus se comporter comme s’il ne savait pas !".

Tant que la nullité du mariage n'est pas constatée, vous ne pouvez pas vous comporter comme si vous n'étiez plus marié...et prendre une autre femme. Parce que vous n'êtes pas juge de la cause et qu'il se pourrait que vous vous trompiez!

Tant que le Pape est en communion avec l'Eglise, tant que l'Eglise n'a pas constaté son hérésie, votre opinion -car ce n'est qu'une opinion- importe peu...La raison en est que vous n'êtes pas juge de votre Pape et que vous ne sauriez avoir la témérité et l'orgueil de penser que vous avez une "preuve" de l'hérésie notoire du Pape -ce qui n'a rien à voir avec quelques approximation dans l'avion-, preuve que l'Eglise universelle aurait également sous les yeux, mais qu'elle n'aurait pas vue!

Tant qu'il est en communion avec l'Eglise, il est Pape et cela s'impose à vous aussi, dans la mesure, du moins, où vous vous revendiquez catholique romain... Dans ce cas en effet, vous ne pouvez pas vous comporter comme s'il n'était pas Pape

images/icones/2a.gif  ( 797121 )Lecture trop rapide par Vianney (2016-02-03 01:04:09) 
[en réponse à 797119]


Tant que la nullité du mariage n'est pas constatée, vous ne pouvez pas vous comporter comme si vous n'étiez plus marié... et prendre une autre femme. Parce que vous n'êtes pas juge de la cause et qu'il se pourrait que vous vous trompiez !


Ai-je prétendu le contraire ? Vous ne pouvez en effet pas prendre une autre femme (traduction : élire un autre pape) mais vous ne pouvez pas non plus continuer à vous comporter avec la fausse comme si elle est la vraie : au minimum, vous devez vous abstenir de tout rapport intime avec elle (traduction : demeurer “en union avec” le faux pape).

Est-ce plus clair ainsi ?

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 797157 )Du libre examen chimiquement pur... par Rodolphe (2016-02-03 13:05:43) 
[en réponse à 797121]

Pour reprendre votre exemple, si c'est bien toujours votre femme... vous continuez d'avoir les mêmes devoirs d'état à son égard. De la même façon, puisque c'est bien votre Pape, vous ne pouvez lui refuser cette qualité... ni son autorité.

Nier ces deux derniers points au seul motif que le Pape vous paraît hérétique et que dans ces conditions, il vous semble qu'il ne peut plus être Pape, revient à du libre examen chimique pur...

A vous suivre, tout fidèle peut ainsi s'affranchir de l'autorité du souverain pontife si, en conscience, il estime que ce dernier se trompe et que de ce fait il ne peut plus être Pape. Ceci est évidemment contraire à l'obéissance minimale qu'on doit au Pape en tant que catholique, dès lors qu'il demeure en communion avec l'Eglise universelle.
images/icones/1v.gif  ( 797186 )Ce n’était pas du tout l’avis de Cajetan... par Vianney (2016-02-03 18:07:54) 
[en réponse à 797157]

 
Ce maître de l’Ordre des dominicains, qui réfuta précisément les thèses de Luther, écrivait :
“Si quelqu'un, pour un motif raisonnable, tient pour suspecte la personne du Pape et refuse sa présence et même sa juridiction, il ne commet pas le délit de schisme, ni n’importe quel autre, pourvu qu’il soit prêt à accepter le Pape s’il n’était pas suspect.”
Tommaso de Vio, cardinal Cajetan, Commentarium in II-II, 39, 1.

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 797205 )Mais non enfin... par Rodolphe (2016-02-03 21:11:13) 
[en réponse à 797186]

...il n'y a aucun "motif raisonnable" pour douter de la qualité de Pape de François ou de ses prédécesseurs immédiats dès lors qu'il n'y a pas le moindre doute concernant l'acceptation pacifique de leurs élections par l'Eglise universelle, pas le moindre Pape concurrent, et aucune hésitation possible quant à leur parfaite communion avec cette l'Eglise.

Si vous prétendez malgré tout pouvoir vous soustraire à leur juridiction, c'est bien du libre examen... et Cajetan ne vous sauvra pas!

Vous ne pouvez pas isoler une phrase d'un théologien du XVIème siècle des autres apports théologiques -y compris postérieurs-, du magistère et du droit canon...

A cet égard, je vous signale aussi que l'énoncé de Cajetan n'a jamais été validé par le magistère ou le droit canon.
images/icones/1f.gif  ( 797212 )Oh que si... par Vianney (2016-02-03 22:08:59) 
[en réponse à 797205]

 
Lisez ceci : L’Église serait-elle sans protection contre les hérétiques ?

Je note d’ailleurs que vous faisiez il y a peu moins d’embarras pour adapter les analyses de Cajetan ou de Billot quand elles vous conviennent, alors qu’elles non plus n’ont “jamais été validé(es) par le magistère ou le droit canon”.

En revanche, Abenader nous a signalé que même le droit canon post-Vatican II reconnaît que l’hérésie est une cause de déchéance de la papauté... À partir de là, un catholique peut être d’autant plus fondé de souscrire à l’analyse de Cajetant que les quelques citations rassemblées par J. Daly montrent qu’il est loin d’être le seul théologien à penser ainsi.

V.
 

images/icones/1b.gif  ( 797219 )J'ai déjà répondu à tout cela... par Rodolphe (2016-02-03 22:39:49) 
[en réponse à 797212]

ICI.

S'agissant des citations auxquelles vous me référez à nouveau, j'ai indiqué que "Lorsqu'il est évoqué des cas d'hérésie "notoire", il s'entend d'hérésie notoire aux yeux de l'Eglise universelle et de personne d'autre, puisque le Pape n'est jugé par personne, ce dont la notion de perte de "communion" rend compte parfaitement".

Cela vaut donc également pour l'auteur post-conciliaire cité par Abenader qui, lui aussi évoque...l'"hérésie notoire".

De plus, je n'ai pas fondé mon analyse sur Billot ou Cajetan mais sur le code de droit canon, comme je vous l'ai, là encore, expliqué:

"Le canon 333 du code canonique de 1983 va clairement en ce sens:

"Dans l’exercice de sa charge de Pasteur Suprême de l’Église, le Pontife Romain est toujours en lien de communion avec les autres Évêques ainsi qu’avec l’Église tout entière".

A contrario, s'il perd ce lien de communion en raison de son hérésie... il perd son office.

Mais il ne suffit pas que quelques uns estiment qu'il est hérétique, pour que cela soit suffisant."."

Je n'ai pas besoin de faire du cherry picking dans les œuvres des auteurs du XVI siècle pour essayer de construire une thèse!

Si je me réfère à dessein aux même auteurs que vous, c'est parce que vous êtes particulièrement "taiseux" sur certains de leurs écrits...
images/icones/2a.gif  ( 797226 )Et cet auteur-ci, il est du XVIe siècle ? par Vianney (2016-02-03 23:52:51) 
[en réponse à 797219]


Lisez ce qu’écrit le cardinal Newman à propos du “pape qui enseignerait une hérésie”...
“Mais admettons, pour argumenter, qu’un pape viole de façon aussi insensée la loi naturelle et révélée. Nous connaissons les conséquences qu’aurait un tel acte pour un pape. Le cardinal Turrecremata nous enseigne, et je l’ai cité, que « si le pape ordonnait quelque chose qui aille à l’encontre de l’Ecriture sainte, des articles de foi, de la vérité des sacrements ou des commandements de la loi naturelle et divine, il ne faudrait pas lui obéir mais ignorer de tels ordres » (supra, p. 228). D’autres, et qui sont les plus grands théologiens ultramontains, estiment qu’un pape qui enseigne une hérésie cesse ipso facto d’être pape.”
Ecrit, je me permets de le souligner, quelques années après Pastor æternus...

V.
 
images/icones/1a.gif  ( 797227 )Même réponse et bonne nuit... par Rodolphe (2016-02-04 00:06:31) 
[en réponse à 797226]

"admettons, pour argumenter, qu’un pape viole de façon aussi insensée la loi naturelle et révélée" Aux yeux de qui ? De vous? De moi ? Du Cardinal Newmann ? Non bien sur...de l'Eglise.

On en revient toujours au même point. Ce n'est pas l'appréciation subjective d'un fidèle ou d'une faction qui importe, sinon c'est du libre examen grossier, mais de l'Eglise universelle. La notion clé est donc la communion avec l'Eglise. Si le Pape l'a perd -et seulement s'il l'a perd-, alors il cesse d'être Pape.

Mais ce n'est pas le cas pour l'instant...

Quant à Paster Aeternus, nous avons déjà parlé.

Bonne nuit.
images/icones/ancre2.gif  ( 797228 )Aux yeux de... par Abenader (2016-02-04 00:55:20) 
[en réponse à 797227]

Cher Rodolphe, vous demandez:


Aux yeux de qui ? De vous? De moi ? Du Cardinal Newmann ?



Aux yeux de la doctrine catholique.

En effet, cette doctrine n'est nullement subjective, ni sujette à changement (bien qu'elle soit sujette à approfondissements, éclaircissements, explicitations *), mais véritablement objective. Il suffit donc de constater si tel enseignement est conforme à la doctrine de l'Eglise. Un exemple grossier. Imaginez quelqu'un qui déclare que NS-JC n'est pas Dieu, ou n'est pas homme. On regarde ce que dit l'Eglise à ce sujet, et on constate que nier la divinité ou l'humanité du Christ n'est pas conforme avec la doctrine de l'Eglise à ce sujet.

------------------

* Prenons la doctrine de l'Immaculée Conception. Bien que dogmatiquement enseignée comme étant de foi explicitement par Pie IX le 8 décembre 1854, cette doctrine explicitée à l'occasion de la proclamation solennelle dudit dogme était pourtant déjà tenue par l'Eglise de tout temps, si l'on en croit le même Pie IX (Ineffabilis Deus):

C'est qu'en effet cette doctrine de l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge a toujours existé dans l'Eglise ... de tout temps, elle l'a possédée comme une doctrine reçue des Anciens et des Pères, et revêtue des caractères d'une doctrine révélée.

Les plus illustres monuments de l'Eglise d'Orient et de l'Eglise d'Occident, les plus vénérables par leur antiquité, en sont le témoignage irrécusable.

Toujours attentive à garder et à défendre les dogmes dont elle a reçu le dépôt, l'Eglise de Jésus-Christ n'y change jamais rien, n'en retranche jamais rien, n'y ajoute jamais rien ; mais portant un regard fidèle, discret et sage sur les enseignements anciens, elle recueille tout ce que l'antiquité y a mis, tout ce que la foi des Pères y a semé. Elle s'applique à le polir, à en perfectionner la formule de manière que ces anciens dogmes de la céleste doctrine reçoivent l'évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, en un mot, de façon qu'ils se développent sans changer de nature, et qu'ils demeurent toujours dans la même vérité, dans le même sens, dans la même pensée.



Bonne et sainte nuit à vous également cher Rodolphe.
images/icones/neutre.gif  ( 797237 )Limites à ce que vous dites... par Meneau (2016-02-04 07:55:15) 
[en réponse à 797227]

L'être humain est doué de raison et est invité à s'en servir. Si quelqu'un se met à nier objectivement et de façon évidente une vérité doctrinale jusque là enseignée par l'Eglise, tout fidèle peut conclure à l'hérésie matérielle.

Là où je vous rejoins, c'est que le fidèle qui constate une hérésie matérielle ne peut pas immédiatement et automatiquement conclure à l'hérésie formelle. Car l'hérésie formelle suppose la pertinacité. Et c'est bien l'hérésie formelle qui retranche du corps de l'Eglise, et qui pourrait donc amener un pape hérétique à perdre son pontificat.

Quant à la notion d'Eglise universelle portant appréciation sur une éventuelle hérésie du pape, vous semblez entendre par là l'Eglise actuelle, et en particulier les membres vivants de l'Eglise enseignante. Or ce n'est pas le pape qui doit être en communion avec l'Eglise, mais l'inverse, l'Eglise qui doit être en communion avec le pape. D'une part le pape pourrait très bien définir un dogme sans que l'épiscopat soit majoritairement d'accord, d'autre part si d'aventure un pape tombait dans l'hérésie et avec lui tout l'épiscopat, il n'en perdrait pas moins son pontificat.

La question de savoir qui serait à même de juger dans ce dernier cas, et comment, est plus ardue, j'en conviens. Mais ce jugement devrait en tout cas se rapporter à l'enseignement de l'Eglise universelle, universalité entendue cette fois aussi dans le temps.

Cordialement
Meneau

images/icones/hein.gif  ( 797242 )Pourriez-vous être plus précis... par Ritter (2016-02-04 09:22:31) 
[en réponse à 797237]


si d'aventure un pape tombait dans l'hérésie et avec lui tout l'épiscopat, il n'en perdrait pas moins son pontificat.



Etant exclus de l'Eglise par son adhésion à l'hérésie, comment ne pourrait-il pas perdre son pontificat?

Il resterait ordonné, mais ne se serait-il pas mis hors de l'Eglise par son adhésion à l'hérésie...
Comment ne perdrait-il pas alors son pontificat?

Cordialement.
images/icones/neutre.gif  ( 797265 )Français par Meneau (2016-02-04 11:04:50) 
[en réponse à 797242]

"il n'en perdrait pas moins", ça veut dire "il le perdrait aussi". Autrement dit, que tout ou partie des évêques le suivent dans l'hérésie, il perdrait son pontificat de toute façon.

Reste à savoir si compte-tenu de l'assistance promise à l'Eglise une telle chose pourrait se produire.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 797273 )Merci par Ritter (2016-02-04 11:44:20) 
[en réponse à 797265]

Je voulais être certain de bien comprendre.
Supposons que tous les évêques et le pape proclament, que le Christ n'est pas ressuscité...Vous pensez que cela effacerez les évangiles, Saint Paul...
L’Église retournerait alors peut-être à une forme primitive de gestion, du temps de Saint Pierre et Saint Paul, il n'y avait pas la même organisation dans le système hiérarchique.
Certainement émergerait, après quelques temps par la sainteté d'un personnage un nouveau Pontife.
Alors en quoi l'assistance serait-elle diminuée...?

Quand on peut lire le document Knoch...

Vous pensez qu'il faut cesser de prier pour la conversion des juifs...
Le Mgr Knoch peut promulguer ce qu'il veut....?
Et avec le culot de nous dire que ce n'est ni ceci ni cela...
Installe-t-il ses marchands sur le parvis de nations?

Je pense que même dans ce cas l'assistance serait maintenue.
Mais certainement pas selon notre volonté, selon ce que nous pourrions imaginer ou comprendre.




images/icones/tao.gif  ( 797247 )Partiellement d’accord par Vianney (2016-02-04 09:51:25) 
[en réponse à 797237]


L’être humain est doué de raison et est invité à s’en servir. Si quelqu’un se met à nier objectivement et de façon évidente une vérité doctrinale jusque-là enseignée par l’Église, tout fidèle peut conclure à l’hérésie matérielle.
Là où je vous rejoins, c’est que le fidèle qui constate une hérésie matérielle ne peut pas immédiatement et automatiquement conclure à l’hérésie formelle. Car l’hérésie formelle suppose la pertinacité. Et c’est bien l’hérésie formelle qui retranche du corps de l’Église, et qui pourrait donc amener un pape hérétique à perdre son pontificat.


D’accord avec vous, mais il ne s’agit pas de juger si un pape est tombé ou non dans l’hérésie formelle : il s’agit de savoir si on doit toujours demeurer dans sa communion, quoi qu’il enseigne ou qu’il ordonne.

Sur ce point, je crois bien que j’ai piégé Rodolphe sans le vouloir : en lui citant Newman, mon intention était de le renvoyer à un extrait du Post-scriptum de la Lettre au Duc de Nordfolk que j’avais déjà reproduit ici, mais vu l’heure tardive, j’ai oublié de spécifier le lien.

Le contexte est alors beaucoup plus clair : Newman s’oppose à l’interprétation que l’anglican Gladstone faisait de Pastor æternus. Pour ce dernier, en admettant l’infaillibilité ex cathedra, les catholiques s’obligeaient à accepter tout enseignement solennel émanant du pape, fût-il en opposition avec la loi morale et divine : l’exemple choisi par Newman est d’ailleurs très proche de celui qu’Abenader a proposé à Rodolphe.

Le critère est donc bien, comme vous le soulignez, celui de la doctrine catholique déjà enseignée par l’Église. Mais j’ajouterai, au risque de faire hurler : même quand l’opposition demeure en deçà de l’hérésie matérielle. Et j’en veux pour preuve la recommandation insistante de saint Paul au début de son épître aux Galates : car ce qui est en jeu dans le cas précis évoqué par l’apôtre, ce n’est pas directement le contenu de la révélation, mais seulement une loi disciplinaire approuvée par l’Église, qui cessait d’obliger les chrétiens à observer des préceptes mosaïques tels que la circoncision.

Or on ne peut que constater que saint Paul se montre de la plus grande sévérité envers les récalcitrants : quels qu’ils soient, répète-t-il aux Galates – même un apôtre, même un ange venu du Ciel… –, vous devez les considérer comme anathèmes, c’est-à-dire excommuniés.

La raison d’une telle sévérité est que l’Église ne peut jamais approuver, et encore moins imposer, une loi inutile : sur ce terrain-là aussi, elle est infaillible, ce qu’on ignore trop souvent. C’est pourquoi, du reste, on peut lire dans les Actes qu’en annonçant la décision qui chagrinait tellement les juifs trop attachés aux lois de Moïse, les apôtres avaient pris soin de préciser : “Il a plu au Saint-Esprit et à nous…”.

L’épître aux Galates signifie-t-elle que l’apôtre les jugeaient incapables de se tromper ? Bien sûr que non : les Galates étaient de simples fidèles, que saint Paul venait de convertir ! Sa recommandation insistante me paraît bien plutôt aller dans le même sens de l’avis de Cajetan que j’ai signalé plus haut :

Si quelqu'un, pour un motif raisonnable, tient pour suspecte la personne du Pape et refuse sa présence et même sa juridiction, il ne commet pas le délit de schisme, ni n’importe quel autre, pourvu qu’il soit prêt à accepter le Pape s’il n’était pas suspect.


Et il en donnait la raison :

Il va de soi qu’on a le droit d’éviter ce qui est dommageable et de prévenir les dangers.


Loin de moi l’idée de prolonger cette discussion, encore moins de la faire dévier, d’autant que je dois m’absenter, mais je trouve pour le moins incohérent, dans l’optique de ce qui précède, de critiquer la “nouvelle messe” comme nuisible pour la foi (ou même simplement inutile) tout en continuant à demeurer dans l’obédience de Paul VI et de ses successeurs qui l’ont approuvée.

Bonne journée à tous !

V.
 
images/icones/heho.gif  ( 797251 )Quelques commentaires rapides par Rodolphe (2016-02-04 10:11:51) 
[en réponse à 797237]

Le travail que voulez-vous...

"Si quelqu'un se met à nier objectivement et de façon évidente une vérité doctrinale jusque là enseignée par l’Église, tout fidèle peut conclure à l'hérésie matérielle". Je nie qu'un fidèle puisse avoir une quelconque certitude en la matière si l’Église reste en communion avec le Pape. Pour moi l'hérésie formelle véritable ne peut être constatée que par l’Église universelle.

"quant à la notion d'Eglise universelle portant appréciation sur une éventuelle hérésie du pape, vous semblez entendre par là l’Église actuelle". Oui, sinon cela me semble être un subterfuge et la voie ouverte au libre examen.

"Ce n'est pas le pape qui doit être en communion avec l'Eglise, mais l'inverse, l'Eglise qui doit être en communion avec le pape". Canon 333 du code canonique de 1983:

"Dans l’exercice de sa charge de Pasteur Suprême de l’Église, le Pontife Romain est toujours en lien de communion avec les autres Évêques ainsi qu’avec l’Église tout entière".

" le pape pourrait très bien définir un dogme sans que l'épiscopat soit majoritairement d'accord". Oui mais cela n'implique pas une perte de communion.

"si d'aventure un pape tombait dans l'hérésie et avec lui tout l'épiscopat, il n'en perdrait pas moins son pontificat". C'est le problème du magistère ordinaire infaillible. Si l’Église universelle présente un enseignement comme "divinement révélé", elle est infaillible. Donc la thèse que tout l'épiscopat puisse sombrer dans l'hérésie -avérée-, avec le Pape, me semble une contradiction dans les termes.

"La question de savoir qui serait à même de juger dans ce dernier cas, et comment, est plus ardue". Personne ne peut juger le Pape. Sa perte d'office ne peut résulter que d'une perte de communion avec l’Église..
images/icones/neutre.gif  ( 797269 )Heureusement... par Meneau (2016-02-04 11:25:47) 
[en réponse à 797251]

que St Athanase n'a pas attendu un jugement de l'Eglise universelle pour s'opposer à l'arianisme.

Lorsque quelqu'un vous affirme par exemple que "Jésus-Christ n'est pas Dieu", vous avez besoin d'un jugement de l'Eglise pour savoir que c'est une hérésie ?

Vous noterez que je parlais d'hérésie matérielle...

Le problème de cette discussion est que nous parlons du Pape, la tête, celui qui a reçu mission (et assistance pour cela) de confirmer ses frères dans la Foi. Si la tête venait à manquer on ne peut pas dire grand chose du reste du corps.

Je reste néanmoins d'accord avec vous que le cas du pape sombrant dans l'hérésie avec tout l'épiscopat semble aller à l'encontre de l'assistance divine promise à l'Eglise, comme je le fais remarquer plus haut à Ritter.

Personne ne peut juger le pape ? Mais justement, l'adage complet, repris dans le décret de Gratien, dit bien "Prima sedes a nemine judicatur.... ...nisi deprehendatur a fide devius

Alors ? Je suis d'accord, ce n'est pas à moi ni à Tartempion de juger le pape. Mais si d'aventure le pape enseignait une hérésie, j'aurais au moins le droit de suspendre mon jugement.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 797282 )Oui... par Rodolphe (2016-02-04 12:43:20) 
[en réponse à 797269]

"j'aurais au moins le droit de suspendre mon jugement". Oui, ce qui signifie que vous ne pourriez pas franchir l'étape de la non-reconnaissance de l'office.

Enfin:
"Lorsque quelqu'un vous affirme par exemple que "Jésus-Christ n'est pas Dieu", vous avez besoin d'un jugement de l’Église pour savoir que c'est une hérésie?"... Je pense que l’Église n'aurait pas besoin de mon jugement pour condamner de tels propos, rompre toute communion avec le Pape et s'en serait fait de son office... Autrement dit, l'évidence ne s'imposerait pas qu'à moi..Et si, dans une matière, elle ne s'impose qu'à moi c'est qu'elle n'est pas évidente en réalité.
images/icones/neutre.gif  ( 797488 )Pas nécessairement par Marco Antonio (2016-02-06 17:31:54) 
[en réponse à 797237]


Là où je vous rejoins, c'est que le fidèle qui constate une hérésie matérielle ne peut pas immédiatement et automatiquement conclure à l'hérésie formelle. Car l'hérésie formelle suppose la pertinacité. Et c'est bien l'hérésie formelle qui retranche du corps de l'Eglise, et qui pourrait donc amener un pape hérétique à perdre son pontificat.



Pas nécessairement. Le magistère du Pape n'est pas compatible avec l'hérésie-doctrine, indépendamment de la pertinacité ou de la non-pertinacité du sujèt qui enseigne cette doctrine.
images/icones/1b.gif  ( 797118 )Effectivement, nul besoin de restauration s'il n'y a aucun déclin ! par Effata (2016-02-02 23:11:37) 
[en réponse à 797025]

Reconnaître à François (et ses récents prédecesseurs) les saintes qualités que vous citez de Pastor Aeternus, c'est tout à fait une possibilité, la première que je donnais dans mon message initial.

Dans cette optique, François et ses récents prédecesseurs ont reçu les clés, et, transcendant la miséricorde du Christ Lui-même s'il était possible, ils ont voulu en donner un double à Mahomet, Bouddha et tous les maîtres spirituels qui ont tracé diverses voies inspirées diversement par l'Esprit mais qui toutes mènent finalement au Père. Telle est, en résumé, l'ultime Révélation.

Personnellement, j'ai beaucoup de mal à la digérer, homme de peu de foi que je suis.
images/icones/bible.gif  ( 796629 )Le Concile Vatican II n'est pas dogmatique ! par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 07:19:13) 
[en réponse à 796615]

Aux dires des papes qui l'ont fait, il ne fut que "pastoral".

Et je vous rappelle, car vous semblez en fait et au fond l'avoir oublié, que c'est l'Eglise qui est infaillible, c'est l'Eglise qui est indéfectible, c'est l'Eglise qui enseigne, c'est l'Eglise en un mot qui est sainte et en laquelle nous devons croire et non les hommes d'Eglise, même si comme le pape, dans des circonstances exceptionnelles, ils peuvent parler au nom de l'Eglise.

Sur le non-infaillibilité du Concile, voir ici
images/icones/1a.gif  ( 796642 )donc par jejomau (2016-01-29 10:16:36) 
[en réponse à 796629]

le pape est infaillible (dans des conditions bien déterminées) PARCE QUE placé là par l'Esprit-Saint. Ca ne peut être le cas de qui que ce soit d'autre prononçant les mêmes mots que lui en matière de foi et de moeurs par exemple...
images/icones/1g.gif  ( 796646 )Le pape dans certaines circonstances par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 10:55:07) 
[en réponse à 796642]

limitativement énumérées, est infaillible, c'est-à-dire qu'on doit croire qu'il parle officiellement et solennellement au nom de l'Eglise infaillible.

L'élection de tel Cardinal au trône de St Pierre, avec toutes les prérogatives qui y sont liées, est autre chose. Sur ce dernier point, les Cardinaux réunis en Conclave prient l'Esprit-Saint de les assister dans leur choix. Et l'Esprit de Dieu assiste ceux qui ne mettent pas d'obstacles à Sa grâce. Mais on ne peut en conclure que le Cardinal qui devient pape a été désigné par l'Esprit-Saint. Ce qu'on peut au moins dire, en tout état de cause, c'est que Dieu a permis l'élection de telle personne, de tel Cardinal, au Souverain pontificat.

Ensuite, dans certaines circonstances, le fait d'être devenu pape, d'avoir endosser cette charge, donne à cette personne, à celui qui auparavant n'était encore que Cardinal, certaines prérogatives.

Enfin, et contrairement à ce qui serait la conséquence logique de ce que vous suggérez et ce à quoi vous n'aviez peut-être pas pensé, c'est que le Souverain pontificat n'est pas un sacrement ou la plénitude du sacrement de l'Ordre ou je ne sais trop quoi. Sacramentellement, le pape est un évêque, un simple évêque ; il est l'évêque de Rome ! Mais le fait d'être l'évêque de Rome lui donne la Primauté de juridiction avec tous les pouvoirs y afférents.
images/icones/colombe2.png  ( 796652 )c'est quand même alambiqué par jejomau (2016-01-29 11:20:54) 
[en réponse à 796646]

votre explication

Je note que vous voulez bien accepter l'innfaillibilité du pape mais que vous lui trouvez son origine dans une "prérogative"...

hmmmmm ....
images/icones/heho.gif  ( 796656 )Sic volo ?! par Abenader (2016-01-29 11:57:38) 
[en réponse à 796629]

Cher M. Parfu, une chose est de dire ou de vouloir, une autre est de prouver. Vous dites que Vatican II n'est pas dogmatique ? Des constitutions dogmatiques ne seraient donc pas... dogmatiques ?

Des déclarations faites dans le Saint-Esprit en vertu de l'autorité apostolique tenue de Jésus-Christ seraient "pastorales" non infaillibles, donc, comme je le disais, pastoral = non infaillible= peut être faux = donc finalement faux, si c'est ainsi que cela me plait le plus ?



images/icones/1v.gif  ( 796666 )Note explicative sous "Lumen Gentium" par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 13:38:17) 
[en réponse à 796656]

Constitution dite dogmatique (comme "Dei verbum" par exemple).

Extraits des actes du Concile

Notifications
Faites par le secrétaire général du Concile
au cours de la 123e congrégation générale, le 16 novembre 1964 [195].

On a demandé quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans "le schéma sur l’Église" ("Lumen Gentium", ndlr) et soumise au vote. À cette question la commission doctrinale a donné la réponse suivante : « Comme il est évident de soi, un texte de Concile doit toujours être interprété suivant les règles générales que tous connaissent. À ce propos la commission doctrinale renvoie à sa déclaration du 6 mars 1964, dont nous transcrivons ici le texte. «Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls points concernant la foi et les mœurs qu’il aura clairement déclarés tels. «Quant aux autres points proposés par le Concile, en tant qu’ils sont l’enseignement du magistère suprême de l’Église, tous et chacun des fidèles doivent les recevoir et les entendre selon l’esprit du Concile lui-même qui ressort soit de la matière traitée, soit de la manière dont il s’exprime, selon les normes de l’interprétation théologique. »
images/icones/neutre.gif  ( 796675 )non ad rem par Abenader (2016-01-29 16:10:22) 
[en réponse à 796666]

Cher M. Parfu, cette note explicative n'explique rien du tout(*), tant elle est ambiguë. En effet, on est sensé comprendre une tapée de points selon les normes de l’interprétation théologique, théologie modern(ist)e, bien entendu, où tout vaut son contraire, ou alors selon l'esprit du Concile, dont on sait bien qu'il y a un esprit de Concile par Père conciliaire. Eh oui: qu'est-ce donc que ce prétendu "esprit du Concile" ? Est-ce l'esprit des Cardinaux Ottaviani et Baci ? Est-ce l'esprit de Congar ? Est-ce l'esprit de Bunigni ? Est-celui de Mgr Lefebvre ? Est-ce celui de Mgr de Castro Mayer ? On ne sait plus où donner de la tête, et on se surprend à demander "esprit, est-tu là?". L'Eglise n'est jamais ambiguë, ni dans ses Conciles, ni dans ses enseignements. Il n'y a qu'à voir comme elle a lutté avec acharnement pour un tout petit "i" lorsqu'il s'agissait de trancher en vérité pour l'homoousios et contre l'homoiousios. Et vous avouerez, cher M. Parfu, que les ambiguïtés de Vatican II sont très nettement plus grandes qu'un tout petit "i". Or, ce qui est ambigu n'est, de soi, pas catholique (est, est; non, non).

(*)En effet, si sur un faux billet de 100 euros, il y a, au bas, une note explicative qui dit que ce n'est pas un faux billet, il n'en devient pas vrai pour autant.

Je répète, un constitution dogmatique ou une déclaration dans le Saint-Esprit de par l'autorité tenue du Christ NE PEUT PAS être autre chose qu'infaillible. Car sinon, c'est est fini de ce dogme !

images/icones/1a.gif  ( 796676 )Plus royaliste que le roi ? par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 16:20:56) 
[en réponse à 796675]

Vous ne pouvez pas être plus royaliste que le roi !

Vatican II n'est pas infaillible, car il n'a pas voulu l'être et parce qu'il a dit pas mal de bêtises. C'est aussi simple que cela. il n'y a pas à se casser la tête et à chercher midi à quatorze heures.

Contrairement à ce que vous pensez, il ne suffit pas que le pape et les évêques se réunissent pour produire de l'infaillibilité, surtout s'ils parlent de la qualité gustative d'une barre chocolatée ou nous produisent des documents dignes d'un mauvais sermon des années 60 !

Chez nous, Vatican II est censé ne pas être sensé !
images/icones/neutre.gif  ( 796698 )Que nenni, messire, que nenni ! par Abenader (2016-01-29 19:14:55) 
[en réponse à 796676]

Franchement, cher ami, vous croyez vraiment qu'on fait débarquer toutes les mitres de la terre avec leur crosse pour causer ganache et praliné? Pourquoi organiser un Concile oecuménique dans ce cas ? Il suffit d'aller chez le chocolatier du quartier, et la messe - si j'ose dire - est dite.

Encore une fois, et vous me voyez très désolé d'insister, mais ce que vous prétendez est faux. Que dit Pastor aeternus ? Ceci:

le Pontife romain... lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine sur la foi ou les mœurs doit être tenue par toute l'Église, jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs. Par conséquent, ces définitions du Pontife romain sont irréformables par elles-mêmes et non en vertu du consentement de l'Église.



Or, que dit Paul VI dans DH ? Ceci:

Tout l’ensemble et chacun des points qui ont été édictés dans cette déclaration ont plu aux Pères du Concile. Et Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.


C'est difficile de produire plus d'infaillibilité, tant les mots sont les mêmes, exactement !

Enfin, vous dites que Vatican 2 est censé ne pas être sensé. Donc, si je vous suis bien, on rameute tous les evêques du monde, tous les cardinaux, on les réunit en concile sous l'autorité du pape, tout ça pour promulguer des trucs insensés ? Mais, cher M. Parfu, c'est du délire ! En disant cela, vous faites de l'Eglise une pieuse ONG ! J'en connais un, à Sainte Marthe, qui doit pas être content !
images/icones/heho.gif  ( 796718 )Une marge tout de même.... par Rodolphe (2016-01-29 21:05:01) 
[en réponse à 796698]

A comparer avec la proclamation du dogme de l'Immaculée conception qui a été faite selon les critères de l'infaillibilité de Vatican I (ex cathedra):

"« Nous proclamons, déclarons et définissons que c’est un dogme divinement révélé que Marie, l’Immaculée Mère de Dieu toujours Vierge, à la fin du cours de sa vie terrestre, a été élevée en âme et en corps à la gloire céleste. »

Pastor Aeternus évoque une "définition" d'une "doctrine" par le Pape qui en vertu de son autorité apostolique suprême la désigne comme devant être "admise par toute l'Eglise".

Dans DH vous avez une approbation et une promulgation pour la gloire de Dieu, mais il n'est pas dit explicitement -or, il le faudrait pour que l'infaillibilité s'applique- qu'il s'agit de doctrines devant être admise par toute l'Eglise ou encore divinement révélées.

Dès lors, DH ne relève sans doute pas du magistère infaillible. Ce qui ne signifie pas pour autant qu'il n'au aucune autorité magistérielle. La formule finale atteste assurément du contraire. Mais on reste en deçà du magistère infaillible.

Je ne peux que vous renvoyer au lien que je vous ai déjà proposé plus haut dans ce fil.
images/icones/neutre.gif  ( 796729 )[réponse] par Abenader (2016-01-29 23:12:56) 
[en réponse à 796718]

mon cher Rodolphe, comme disent les angliches.

Vous comparez là deux choses qui ne sont pas du même ordre. D'un côté, la proclamation d'un dogme, de l'autre, une constitution conciliaire.

Ce n'est pas la même chose, mais les deux sont infaillibles, ne vous déplaise.

De plus, vous dites: "or, il le faudrait pour que l'infaillibilité s'applique- qu'il s'agit de doctrines devant être admise par toute l'Eglise ou encore divinement révélées."

Ouais, sauf que Paul IV, dans DH, dit que la liberté religieuse a ses racines dans la Révélation divine, et donc, qu'elle est divinement révélée:

9. La doctrine de la liberté religieuse a ses racines dans la Révélation

(...)cette doctrine de la liberté a ses racines dans la Révélation divine

(...)L’Église, donc, fidèle à la vérité de l’Évangile, suit la voie qu’ont suivie le Christ et les Apôtres lorsqu’elle reconnaît le principe de la liberté religieuse comme conforme à la dignité de l’homme et à la Révélation divine, et qu’elle encourage une telle liberté. Cette doctrine, reçue du Christ et des Apôtres, elle l’a, au cours des temps, gardée et transmise.



Donc, je résume: Paul VI, décrète dans le Saint-Esprit et de par son autorité apostolique (infaillibilité engagée) que la liberté religieuse a ses racines dans et est conforme à la Révélation divine (infaillibilité re-engagée, et selon vos propres critères !!!). Il dit ensuite que cette doctrine a été reçue du Christ et des Apôtres.

Sauf que, toujours aussi infailliblement, Pie IX, dans Quanta cura, dit L'EXACT CONTRAIRE :


Et contre la doctrine de la Sainte Écriture, de l'Église et des saints Pères (...)ls ne craignent pas de soutenir cette opinion erronée, funeste au maximum pour l'Église catholique et le salut des âmes, que Notre Prédécesseur Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, qualifiait de " délire " : " La liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme...".



Donc, Paul IV décrète dans le Saint-Esprit (infaillibilité du magistère ordinaire universel) et définit (infaillibilité extraordinaire) une doctrine (donc regardant la foi) comme conforme à la Révélation, à l'enseignement du Christ et des Apôtres (Révélation divine) alors que ladite doctrine a été, par Pie IX, définie comme non conforme à la doctrine de la sainte Ecriture (Révélation divine), à l'Eglise et aux saints Pères (magistère ordinaire universel).

Et donc, désolé mon ami, mais vous êtes ficelé. Si si.
images/icones/heho.gif  ( 796733 )Ficelé ! C'est génial ! par Semetipsum (2016-01-30 00:09:04) 
[en réponse à 796729]

Donc un Pape, un vrai Pape, qui définit infailliblement (eh oui puisque c’est un vrai Pape) une vérité qui n’est pas vraie puisqu’elle semble contredire la vérité vraie définie infailliblement par un autre vrai Pape est finalement un faux Pape et n’est pas pape.
Donc un faux pape peut définir infailliblement une vérité fausse ?
Qui est ficelé dans l’histoire ?
images/icones/fleche2.gif  ( 796736 )héhéhé... par Abenader (2016-01-30 00:50:49) 
[en réponse à 796733]

Non, ma conclusion, cher Semetipsum (enchanté, du reste), est la suivante: si un pape décrète comme conforme à la Révélation et à la doctrine de l'Eglise quelque chose qui a été préalablement condamné et déclaré contraire à l'Ecriture et à la doctrine de l'Eglise, c'est donc que soit qu'il n'a que les apparences du pape mais ne l'est pas, soit il cesse à l'instant de l'être.

En bref, si une brebis hurle et a des crocs, on comprend que ce n'est pas une brebis, mais un loup déguisé en brebis.
images/icones/1a.gif  ( 796738 )Non vraiment... par Rodolphe (2016-01-30 01:06:11) 
[en réponse à 796729]

Encore une fois, il est dommage que vous ne vouliez pas réagir au lien que je vous ai proposé (Abbé Barthe).

Il ne faut pas confondre autorité magistérielle et infaillibilité.

Le fait que DH affirme que la doctrine de la liberté religieuse -qui doit être distinguée de la liberté de conscience et des cultes de Pie IX- "a ses racines dans la révélation", ne signifie pas que cette doctrine se présente comme devant être admise par toute l'Eglise ou encore comme étant divinement révélées, car cette affirmation ne porte pas sur la formulation même de la doctrine dont il s'agit.

Or, le canon 749 § 3 précise "Aucune doctrine n'est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi".

Ainsi, la liberté religieuse de DH ne relève visiblement pas du magistère extraordinaire infaillible.

Plusieurs prises de position confirment cette lecture.

Je vous cite l'article auquel je vous renvoyais:

"Paul VI expliqua que cela n’était jamais arrivé. Le Concile terminé, il revint en effet deux fois sur la question. Une première fois, dans le discours de clôture du 7 décembre 1965 : « Le magistère, bien qu’il n’ait pas voulu définir aucun chapitre doctrinal au moyen de sentences dogmatiques extraordinaires, a cependant proposé sa doctrine avec autorité au sujet de nombreuses questions, à laquelle les hommes sont tenus de conformer aujourd'hui leur conscience et leur action ». Une seconde fois, dans un discours du 12 janvier 1966 : « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du magistère suprême ; ce magistère ordinaire et manifestement authentique doit être accueilli docilement et sincèrement par tous les fidèles selon l’esprit du Concile concernant la nature et les buts de chaque document ».

(...)

Joseph Ratzinger commentait dans un complément à l’ouvrage de référence classique en Allemagne, le Lexicon für Theologie und Kirche : « Le Concile n’a créé aucun nouveau dogme sur aucun des points abordés. […] Mais les textes incluent, chacun selon leur genre littéraire, une proposition ferme pour la conscience du catholique ».".



Enfin, le fait que Paul IV la décrète "dans le Saint-Esprit" ne fait pas relever DH du magistère ordinaire universel infaillible, comme vous l'affirmez, lequel est de toutes les façons très discuté. Ce sont deux choses différentes.

Le magistère ordinaire universelle infaillible renvoie à l'enseignement universel de l'Eglise. Comme le précise Dei Filius (Vatican I): "Il faut croire de foi divine et catholique tout ce qui est contenu dans la parole divine écrite ou transmise, et qui est proposé par l’Église comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit dans son magistère ordinaire universel".

Or, compte tenu des utiles précisions de Paul VI lui-même et du Cardinal Ratzinger, il est difficile de croire que DH était, aux yeux des Pères conciliaires, un concile proposant un enseignement de l'Eglise "divinement révélé", ce qui aurait permis de faire relever DH du magistère ordinaire infaillible à défaut de pouvoir le faire relever du magistère extraordinaire infaillible (eu égard à l'absence d'énonciation formelle d'une obligation de croire). Le fait que la doctrine de la liberté religieuse soit présentée dans DH comme "ayant ses racines dans la révélation" ne me semble nullement suffisant à cet égard, comme je l'ai déjà souligné.

De plus, la liberté religieuse n'est pas, même à l'heure actuelle, enseignée comme étant "divinement révélée" par l'Eglise. Il n'est venu à l'esprit de personne en cette période de relativisme, y compris théologique, de se placer sur cet terrain.

On ne peut donc pas dire, il me semble, que la liberté religieuse serait "candidate" à l'infaillibilité au titre du magistère ordinaire universel.

Donc, à tous égards, la doctrine de liberté religieuse dans DH n'est pas irréformable. Elle peut -et doit- être précisée, affinée, voire corrigée. Simplement, on ne peut pas négliger ou rejeter par principe cet enseignement.
images/icones/1a.gif  ( 796748 )Entendu par Abenader (2016-01-30 10:28:36) 
[en réponse à 796738]

Cher Rodolphe, vous avez raison, je vais bien lire le texte de M. l'abbé Barthe, et vous reviendrai ensuite, si vous êtes d'accord. Je serai alors plus à même de répondre à votre post.

Merci pour le lien !

Que Dieu vous garde.
images/icones/fleche2.gif  ( 797032 )Vous commencez par une erreur, et poursuivez par un sophisme. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-02 00:24:38) 
[en réponse à 796729]

Bonsoir Abenader,

Vous commencez par une erreur, et poursuivez par un sophisme, mais il est tout à fait possible que l'un et l'autre soient involontaires.

1. Je vous cite :

" Vous comparez là deux choses qui ne sont pas du même ordre. D'un côté, la proclamation d'un dogme, de l'autre, une constitution conciliaire.

Ce n'est pas la même chose, mais les deux sont infaillibles, ne vous déplaise. "

2. Il y a au moins un contre-exemple bien connu, et présent au sein même du corpus conciliaire : il s'agit, qui ne le sait, de Gaudium et Spes, qui est une authentique constitution conciliaire, mais seulement une constitution pastorale,

a) en apparence, et d'une manière officielle, sur l'Eglise dans le monde de ce temps,

b) en réalité, et d'une manière effective, plutôt pour que contre la vision dominante (humaniste, et non catholique), de l'homme et du monde de ce temps (surtout dans la deuxième partie de "GS").

3. Les clercs qui ont "fait" Gaudium et Spes ont d'ailleurs apporté la précision suivante :

" La Constitution pastorale « L’Église dans le monde de ce temps », si elle comprend deux parties, constitue cependant un tout. On l’appelle Constitution « pastorale » parce que, s’appuyant sur des principes doctrinaux, elle entend exprimer les rapports de l’Église et du monde, de l’Église et des hommes d’aujourd’hui. Aussi l’intention pastorale n’est pas absente de la première partie, ni l’intention doctrinale de la seconde. Dans la première partie, l’Église expose sa doctrine sur l’homme, sur le monde dans lequel l’homme est placé et sur sa manière d’être par rapport à eux. Dans la seconde, elle envisage plus précisément certains aspects de la vie et de la société contemporaines et en particulier les questions et les problèmes qui paraissent, à cet égard, revêtir aujourd’hui une spéciale urgence. Il s’ensuit que, dans cette dernière partie, les sujets traités, régis par des principes doctrinaux, ne comprennent pas seulement des éléments permanents, mais aussi des éléments contingents. On doit donc interpréter cette Constitution d’après les normes générales de l’interprétation théologique, en tenant bien compte, surtout dans la seconde partie, des circonstances mouvantes qui, par nature, sont inséparables des thèmes développés."

4. Je peux vous assurer que la constitution conciliaire Gaudium et Spes n'est pas infaillible : comment une constitution conciliaire

- aussi imprécise ou incomplète, au moins dans les chapitres 2 et 4 de sa deuxième partie, sur l'essor de la culture et sur la vie de la communauté politique,

ou

- qui comporte des éléments aussi inspirés par une tendance à la confusion entre Espérance chrétienne inspirée par Dieu et optimisme humain orienté vers le monde,

pourrait-elle être infaillible, au sens plein de ce terme ?

5. Cela ne signifie pas que nous en sommes en présence d'un texte hérétique, mais cela signifie que nous sommes en présence d'un document qui a été rédigé par des clercs qui avaient un état d'esprit, un parti pris, infiniment plus bienveillant que vigilant, face à la conception dominante de l'homme, du monde présent, et du moment présent, dans le contexte, presque euphorique, de la première moitié des années 1960.

6. Volontairement, je ne me lancerai pas dans quelque analyse que ce soit de ce que vous écrivez sur la liberté religieuse, car il se fait vraiment très tard, mais n'oubliez pas, n'oublions pas, qu'il y a deux aspects, dans la promotion de la liberté religieuse.

7. A mon sens, le partisan de la liberté responsable en matière religieuse (et, à mon avis, c'est cette dimension responsabilisante qui a été évincée ou occultée, au moment puis en aval du Concile), sait bien que son oui en faveur de la liberté religieuse est à la fois

- un oui en faveur de l'exemption de contrainte, notamment et surtout étatique, en matière religieuse,

et

- un oui en faveur d'un accès de tous à la liberté d'expression, d'opinion, de manifestation, d'organisation, en matière religieuse,

dès lors que

- l'encadrement, la régulation, la supervision, par les pouvoirs publics,

- le bon usage, par les individus croyants et par les communautés croyantes,

de la liberté religieuse, sont respectueux, pour aller vite, du bien commun, de la loi naturelle, et de la personne humaine.

8. Au XIX° siècle, l'Eglise catholique a donné l'impression d'être contre la liberté religieuse pour les non catholiques, et de ne pas être contre la liberté religieuse pour elle-même. Il me semble qu'au Concile, à tort ou à raison, si j'ose dire, on a entendu mettre un terme à ce positionnement, et promouvoir la liberté religieuse, pour soi-même et pour les autres, mais d'une manière probablement bien plus "libératrice", sur le plan juridico-politique, que vraiment "responsabilisante", sur le plan spécifiquement religieux.

Bonne nuit.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 797029 )Contrairement à une légende tenace, l'esprit du Concile n'est pas un mythe. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-01 23:42:38) 
[en réponse à 796675]

Bonsoir Abenader,

1. Je ne sais si ce qui suit est en mesure de vous éclairer, ou de nature à vous éclairer (si tant est que vous ayez besoin de l'être), mais je peux vous assurer que, contrairement à une légende tenace, utilisée le plus souvent à des fins d'exonération ou de minimisation de la responsabilité, ECRASANTE, de certains acteurs, ou de certains auteurs, l'esprit du Concile n'est pas un mythe, mais est une réalité, et une réalité, qui plus est, parfaitement identifiable, sous la plume d'au moins une demi-douzaine de clercs : Chenu, Congar, Haring, Murray, Rahner, Teilhard, au moins dès l'après 1945.

2. Pour aller vite, mais sans être inexact ni injuste, je dirai que l'esprit du Concile est caractérisé par au moins quatre tendances :

- une tendance à l'adogmatisme,

- une tendance à l'immanentisme,

- une tendance à l'eudémonisme,

- une tendance à l'oecuménisme.

3. Si l'on préfère, il y a dans cette mentalité, plus iréniste qu'hérétique au sens strict du terme, des tendances en direction et en faveur de l'ecclésiocentrisme et de l'anthropocentrisme, que l'on retrouve, d'une manière qui me semble vraiment difficilement contestable, dans ce qui, au Concile, se trouve au sein ou autour de textes tels que Lumen gentium et Gaudium et Spes.

4. Si vous voulez comprendre, d'une manière iconoclaste, ou, en tout cas, indépendante, Vatican II, remplacez donc l'adjectif "pastoral", par l'adjectif "consensuel", et, croyez-moi, vous comprendrez pleinement le spécifique de l'intention qui a été celle des clercs qui ont fait Vatican II : ils ont voulu que le Concile soit pastoral, pour que l'Eglise devienne consensuelle, attractive, et c'est là l'une des raisons (parmi d'autres, pastorales, dans le sens le plus courant de ce terme) pour lesquelles le Concile Vatican II ne comporte aucune condamnation formelle, et ne comporte également aucune définition formelle, dans l'acception la plus "autoritaire" ou "disciplinaire" des mots condamnation et définition, que ce soit dans le domaine de la Foi, ou dans celui des moeurs.

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/carnet.gif  ( 796728 )Avis contraire par LouisL (2016-01-29 22:31:51) 
[en réponse à 796629]

Je me permets d'attirer votre attention sur l'étude de l'Abbé Bernard Lucien.

L’autorité magistérielle de Vatican II - Contribution à un débat actuel
images/icones/fleche2.gif  ( 797028 )Adogmatique en ce qu'il n'a défini formellement aucun dogme. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-01 23:19:28) 
[en réponse à 796629]

Bonsoir Jean-Paul PARFU,

A mon sens, le Concile Vatican II est adogmatique, en ce qu'il n'a défini, formellement, aucun dogme.

Je me trompe peut-être, mais il me semble vraiment

- que ni dans Dei verbum, ni dans Lumen gentium, on ne trouve de définition dogmatique, dans l'acception "canonique" ou "formalisée" de ce qu'est une définition dogmatique,

- que ces deux constitutions dogmatiques sont dogmatiques en ce qu'elles comportent des affirmations ou explications qui portent sur des éléments relatifs au dogme, mais ne sont pas dogmatiques dans l'acception définitoire, normativiste ou régulatrice, d'un dogme.

Il me semble que c'est la présence, dans le Concile, de deux constitutions officiellement "dogmatiques", mais qui ne comportent, d'une manière effective ET officielle, aucun dogme, formellement constitué ou défini, qui est difficile à comprendre et à faire comprendre.

Bonne soirée.

Scrutator.
images/icones/vatican.gif  ( 796682 )L'intention de Paul VI par Candidus (2016-01-29 17:18:02) 
[en réponse à 796615]

Que diriez-vous d'un prêtre qui avant de célébrer la messe expliquerait sans ambiguïté qu'il ne croit pas en la transubstantiation et qu'il n'a aucunement l'intention de consacrer le pain et le vin, voire qu'il a l'intention opposée ? Vous en concluriez que sa messe est invalide, même s'il suivait toutes les rubriques qui présupposent et conduisent à la consécration. Eh bien, mutatis mutandis, c'est la même chose avec les enseignements du Concile : l'autorité compétente (Paul VI mais aussi Mgr Felici, secrétaire général du concile) avait clairement indiqué qu'il n'était PAS dans l'intention du concile et donc du pape de promulguer un enseignement revêtu de l'infaillibilité.
images/icones/1a.gif  ( 796696 )Je dirais par Abenader (2016-01-29 18:57:50) 
[en réponse à 796682]

alors, qu'au lieu de nous faire perdre du temps pour jongler avec du brignolet et du picrate, ce prêtre ferait mieux d'aller à la pêche à la truite, et d'une;

et de deux, cher Candidus, que vous faites un contre-sens flagrant. En effet, l'infaillibilité pontificale n'est pas un sacrement, mais un charisme. Et, chose plus importante, un charisme qui vient du Bon Dieu directement: cette infaillibilité dont le divin Rédempteur a voulu que fût pourvue son Église, lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi et les mœurs dit Pastor aeternus.

Je suis contre l'opinon de M. Parfu, auquel je vais répondre incéssament. L'infaillibilité pontificale, encore une fois, ce n'est pas quelque chose de flottant, ou d'optionnel. Ce n'est pas un bouton qu'on décide d'enclancher comme bon nous semble, encore moins quelque chose qui autorise son détenteur - le pape - à dire ce qui lui chante au motif qu'il ne souhaite pas en faire usage.

Encore une fois, une constitution dogmatique ne peut pas être non dogmatique, ou alors, ce n'est pas une constitution dogmatique, et dans ce cas, il ne faut pas l'appeller comme ça, Mgr Felici ou pas.

Et puis, entre nous, si c'était comme vous le prétendiez, pourquoi avoir excommunié Mgr Lefebvre ? Pourquoi avoir lutté avec tant d'acharnement contre son oeuvre ? Si vraiment Vatican 2 n'avait été que pastoral, Mgr Lefebvre n'aurait eu qu'à dire à qui venait l'excommunier: "ce concile n'est pas infaillible, il est pastoral, alors je continue comme avant, vu qu'il n'y a là aucun enseignement revêtu de l'infaillibilité". Or, c'est pas ça qui s'est passé... au contraire. Et tous les prêtres qui ont résisté, et qui se sont fait expluser de leurs paroisses, eux, ils ont bien senti que ce n'était pas pastoral, surtout quand on les a envoyés en scéances de recyclage pour leur faire avaler la nouvelle doxa. Et lorsqu'ils ont vu les tractopelles défoncer et détruire des autels vénérables, pour les remplacer par des tables, et leurs tabernacles vers lesquels ils s'approchaient emplis de componction, pour être auprès de ce Dieu qui réjouit leur jeunesse, lorsque ces tabernacles ont été remisés - si pas détruits eux aussi - à 20 mètres de là, ils ont là encore compris que de la pastorale, on ne discute pas.

De la pastorale non infaillible mais néamnoins contreignante, bourrée d'erreurs et décrétée dans le Saint-Esprit, faut être sacrément musclé des neurones pour comprendre.
images/icones/fleche3.gif  ( 796703 )Je maintiens ce que j'ai écrit : par Candidus (2016-01-29 19:30:41) 
[en réponse à 796696]

Un pape ne peut pas engager son infaillibilité contre son gré.

Peu importe les formes qu'il emploie, celles-ci sont vides de sens s'il a préalablement indiqué qu'il ne voulait pas engager sa suprême autorité magistérielle.

Je suis d'accord pour déplorer l'illogisme de cette attitude sur lequel il y aurait beaucoup à dire, mais privilégier l'aspect formel de la question au détriment de l'aspect psychologique ne me paraît pas la bonne voie. C'est du légalisme.
images/icones/vatican.gif  ( 796705 )Alors prouvez par Abenader (2016-01-29 19:46:21) 
[en réponse à 796703]

donc, cher Candidus, ce que vous alléguez.

En ce qui me concerne, je vous apporte la preuve de l'engagement de l'infaillibilité pontificale:


Nous, en vertu du pouvoir apostolique que Nous tenons du Christ, en union avec les vénérables Pères, Nous les approuvons, arrêtons et décrétons dans le Saint-Esprit, et Nous ordonnons que ce qui a été ainsi établi en Concile soit promulgué pour la gloire de Dieu.



Ce n'est pas être légaliste, c'est lire des mots. Paul VI ordonne, le 7 décembre 1965, après avoir approuvé, arrêté et décrété dans le Saint-Esprit en vertu de son pouvoir apostolique. C'est clair.

Donc, je vous prie de bien vouloir apporter la citation de Paul VI qui dit qu'il a engagé l'infaillibilité contre son gré, ou qu'il ne l'a pas engagée du tout.
images/icones/4b.gif  ( 796721 )Mais on vous dit par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 21:51:11) 
[en réponse à 796705]

que Paul VI a dit qu'il ne l'avait pas engagée et le cardinal Ratzinger a dit la même chose dans une Conférence au Chili en 1989 !

L'infaillibilité, ce n'est pas : "ah, il a prononcé le mot qui ressemble à celui de pastor aeternus, donc c'est infaillible !"

Par ailleurs, il est clair qu'il y a eu la volonté par la pastorale de détruire sans le dire le doctrinal pour fonder par la pratique une nouvelle doctrine. Ils n'ont pas attaqué de front la doctrine parce qu'ils ne le pouvaient pas et que ça se serait vu. Mais ça s'est quand même vu dans certains textes bien entendu.
images/icones/1e.gif  ( 796730 )Rien du tout. par Abenader (2016-01-29 23:22:51) 
[en réponse à 796721]

C'est vous qui dites que Paul VI a dit. Prouvez-le donc ! Et pas une petite preuve en chocolat. Une belle grosse preuve, du style: "Nous, Paul IV, déclarons que notre décret fait de par notre autorité apostolique et effectué dans le Saint-Esprit n'est pas infaillible, mais alors pas du tout du tout. Nous blaguions."



images/icones/neutre.gif  ( 796735 )Refus d'exercer le charisme de l'infaillibilité par Candidus (2016-01-30 00:09:23) 
[en réponse à 796730]

Vous trouverez ce que vous cherchez (évidemment pas sous la forme caricaturale que vous mentionnez) dans l'article de l'abbé Barthe cité par Rodolphe. ICI
images/icones/fleche2.gif  ( 797039 )Votre deuxième remarque est d'un extrême intérêt. par Scrutator Sapientiæ (2016-02-02 08:32:23) 
[en réponse à 796721]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

1. Il y a eu au Concile, c'est tout à fait incontestable, une volonté d'affranchissement, vis-à-vis de tout un mode de raisonnement, à caractère "axiomatique" ou "suarézien".

2. Certes, on peut considérer que ce mode de raisonnement ne prend pas assez appui sur l'Ecriture, et prend un peu trop appui sur une seule composante de la Tradition, la composante scolastique.

3. Mais ce mode de raisonnement

- est le plus propice à la fidélité à la composante dogmatique de la Foi catholique, à l'explicitation et à l'objectivation de la Foi catholique, à la défense et à la promotion de la Foi catholique,

- est le plus réfractaire, face aux tentatives de "dépassement" de la composante dogmatique de la Foi catholique qui ont cours, surtout, depuis qu'il y a eu la conjonction entre le modernisme intellectuel et le modernisme social, juste après 1945.

4. Un Congar, un Rahner,

- d'une part, au moment du Concile, ont toujours su ce qu'ils faisaient, sous l'angle de la "déthomicisation" des esprits,

- d'autre part, en aval du Concile, se sont organisés et positionnés, par la revue Concilium, dans le prolongement de leur action au Concile.

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'affirmation selon laquelle un Concile Vatican II irréprochable n'a mal tourné qu'au contact de l'esprit de mai 1968 (donc n'a mal tourné qu'au contact d'influences apparues depuis l'aval du Concile, et depuis l'extérieur de l'Eglise), ne résiste pas à l'analyse.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 796725 )Ce que vous devriez comprendre par Jean-Paul PARFU (2016-01-29 22:14:45) 
[en réponse à 796705]

Sur l'Eglise ici
images/icones/fleur.gif  ( 796731 )Grand merci par Abenader (2016-01-29 23:42:21) 
[en réponse à 796725]

pour ce lien, cher monsieur.

Je suis d'accord avec ce que vous y dites.

L'Eglise est éclipsée, l'abomination de la désolation est dans le lieu saint, la Grande Apostasie est avérée depuis Vatican II, les statues sont voilées, et le tabernacle est vide ! Calamitas magna !!!

Vous comprendrez aisément, dès lors, que je ne puis, en conscience, suivre ni reconnaitre ceux qui ont ventilé les fumées de Satan dans le Temple de Dieu, ceux qui ont éclipsé l'Eglise ma mère, ceux qui ont mis l'abomination de la désolation dans le lieu saint, ceux qui ont apostasié, ceux qui ont voilé les statues et vidé les tabernacles, ceux qui ne veulent pas révéler le troisième secret parce qu'il les condamne, tous !




images/icones/4a.gif  ( 796734 )Ils demeurent par Jean-Paul PARFU (2016-01-30 00:09:18) 
[en réponse à 796731]

malgré tout les autorités légitimes de l'Eglise. Ils participent ainsi mystérieusement à la passion de l'Eglise, comme l'avaient fait avant eux Pierre et les Apôtres.

Loin de prouver qu'ils ne sont pas légitimes, leur aveuglement, voulu par Dieu, prouve au contraire, et paradoxalement, qu'ils le sont.

Vous n'avez retenu qu'une partie de mon message. L'Eglise est d'abord un mystère !
images/icones/neutre.gif  ( 796737 )[réponse] par Abenader (2016-01-30 00:54:45) 
[en réponse à 796734]

Ils y participent oui, mais comme Judas, Anne et Caïphe.

Désolé, très peu pour moi.

images/icones/4b.gif  ( 796740 )Je vous ai dit par Jean-Paul PARFU (2016-01-30 07:12:13) 
[en réponse à 796737]

"comme Pierre et les Apôtres", ce qui inclut Judas, certes, mais ce qui signifie, et Judas compris, des gens qui ont peur du monde et trahissent, renient, s'enfuient (sauf St Jean), mais pas le monde (extérieur) lui-même.

Votre conception de l'Eglise est trop "juridicisante", elle est trop "parfaite" et ne tient pas compte de la vie et de sa composante humaine. Elle est aussi un peu infantile. "Le plus chrétien que moi tu meurs" des sédévacantistes est un peu bêbête !
images/icones/neutre.gif  ( 796747 )[réponse] par Marco Antonio (2016-01-30 10:28:16) 
[en réponse à 796740]


"comme Pierre et les Apôtres", ce qui inclut Judas, certes, mais ce qui signifie, et Judas compris, des gens qui ont peur du monde et trahissent, renient, s'enfuient (sauf St Jean), mais pas le monde (extérieur) lui-même.



Vous vous trompéz, Monsieur. Pierre, il n'a commencé à être Vicaire du Christe (avec la relative Autorité) qu'après la Résurretion et l'Ascension au Ciel du Christe. Et il n'y a été aucun reniement à partir de ce moment là.
images/icones/fleur.gif  ( 796749 )Merci ! par Abenader (2016-01-30 10:35:31) 
[en réponse à 796747]

Gentile Marco Antonio d'avoir répondu à Mister Parfu. Ce que vous dites est, je crois, tout-à-fait correct.

Ajoutons peut-être que lorsque Pierre a renié (donc, comme vous l'avez dit avant son établissement comme Vicaire), son reniement n'a rien eu à voir avec une quelconque apostasie, mais avec un manque de courage, une lâcheté passagère, qu'il a pleurée tout le reste de sa vie, et a rachetée de la plus belle manière qui soit par son Martyre.

images/icones/bible.gif  ( 796751 )Simon a été établi pierre par Jean-Paul PARFU (2016-01-30 11:14:24) 
[en réponse à 796749]

avant la Passion !

Déjà, juste après avoir été établi Pierre, le Christ, à qui il avait conseillé de ne pas se rendre à Jérusalem pour être livré, lui répondit : "Arrière Satan ! Tu m'es un scandale. Car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes !" (St Matthieu 16-23)

Lors de la Passion, il était de toute façon déjà le chef du Collège apostolique et ce n'est pas un hasard si les Evangiles se fixent sur lui et son reniement pour notre enseignement. Le reniement de Pierre aujourd'hui a les même causes qu'autrefois : la peur face au monde et la perte de la foi face à un Christ qui semble vaincu !

D'autres sont des Judas, mais ils ne sont pas papes.
images/icones/neutre.gif  ( 796757 )Vous vous trompéz encore par Marco Antonio (2016-01-30 12:06:29) 
[en réponse à 796751]


avant la Passion !

Déjà, juste après avoir été établi Pierre, le Christ, à qui il avait conseillé de ne pas se rendre à Jérusalem pour être livré, lui répondit : "Arrière Satan ! Tu m'es un scandale. Car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes !" (St Matthieu 16-23)

Lors de la Passion, il était de toute façon déjà le chef du Collège apostolique et ce n'est pas un hasard si les Evangiles se fixent sur lui et son reniement pour notre enseignement. Le reniement de Pierre aujourd'hui a les même causes qu'autrefois : la peur face au monde et la perte de la foi face à un Christ qui semble vaincu !

D'autres sont des Judas, mais ils ne sont pas papes.



Vous vous trompéz encore, Monsieur. Le Chef des Apôtres Il était alors le Christe lui-même. On ne se donne pas un Vicaire, lorsqu'il est encore présente la Personne réprésentée.
images/icones/1n.gif  ( 796760 )Je ne veux pas entrer par Rodolphe (2016-01-30 12:49:31) 
[en réponse à 796757]

dans un débat un peu artificiel, mais un "vicaire" est un suppléant, un assistant. Les curés ont des vicaires et ils ne sont pas morts pour autant!

Donc, ce n'est pas parce que Pierre était le premier "vicaire" du Christ que nécessairement il fallait que ce dernier soit mort et ressuscité pour qu'il puisse exercer pareilles fonctions...
images/icones/neutre.gif  ( 796927 )Le débat n'est pas artificiel par Marco Antonio (2016-02-01 00:42:36) 
[en réponse à 796760]



dans un débat un peu artificiel, mais un "vicaire" est un suppléant, un assistant. Les curés ont des vicaires et ils ne sont pas morts pour autant!

Donc, ce n'est pas parce que Pierre était le premier "vicaire" du Christ que nécessairement il fallait que ce dernier soit mort et ressuscité pour qu'il puisse exercer pareilles fonctions...



Le concept de suppléance implique celui d'absence. Donc, c'est bien l'absence du curé (lorsque le curé est vivant) - c'est-à-dire son impossibilité à être présent dans un certain lieu ou son impossibilité à exercer certaines activitées - à déterminer la nécessité de nommer un vicaire. Mais il n'est pas donné de comprendre comment Pierre aurait pu suppléer au Christe comme Chef (visibile) de l'Eglise (avec relative Autorité), lorsque le Christe était encore parmi les hommes.

Complètement hors de lieu, il me semble, la définition de vicaire comme assistant.


images/icones/1h.gif  ( 796771 )Mais non... par Abenader (2016-01-30 13:59:55) 
[en réponse à 796751]

Cher M. Parfu, avant la Passion de Notre-Seigneur, ce furent des promesses d'institution. C'est seulement après la Résurrection que Jésus dit à Pierre: "Simon, fils de Jean, pais mes agneaux, pais mes brebis", les agneaux étant les membres de l'Eglise enseignée, et les brebis, mères des agneaux, les membres de l'Eglise enseignante. C'est donc à ce moment-là, et pas avant, que Pierre fut investi de sa charge. Tous les théologiens sont formels à ce sujet.

Voyez, entre mille autres, ici, page 522.

images/icones/bible.gif  ( 796774 )Si ce que vous dites était vrai par Jean-Paul PARFU (2016-01-30 14:17:59) 
[en réponse à 796771]

L'attitude de Pierre et des autres Apôtres, lors de la Passion, ne nous concernerait plus aujourd'hui, elle n'aurait quasiment aucune valeur d'enseignement pour nous et pour notre ecclésiologie. Après la Passion, il y a de toute façon la résistance de St Paul, en face, comme il le dit, vis-à-vis de St Pierre.

Votre position est un truc, une pirouette intellectuelle, un sophisme. L'enseignement que nous donne ces passages de l'Ecriture sainte est que l'Eglise n'est pas une tyrannie, qu'elle est divine, mais aussi humaine, qu'elle est un mystère de foi, d'espérance et de charité avec des hauts et des bas, qu'elle n'est pas "hors sol", que le pape n'est pas un tyran, un demi-dieu ou un oracle païen, et que notre religion n'est pas du merveilleux et de la magie !
images/icones/1w.gif  ( 796781 )Toujours aussi peu crédible... par Vianney (2016-01-30 15:33:49) 
[en réponse à 796774]

 
...car si ce que vous affirmez était vrai, le Christ n’aurait pas employé le futur : “Je bâtirai”. La promesse de l’assistance du Saint-Esprit faite par Jésus le soir du Jeudi saint (Jean, XIV, 15-21) est également exprimée au futur : “ego rogabo Patrem, et alium Paraclitum dabit vobis”.

Il est évident que, si les autres apôtres avaient l’attitude attirée sur Pierre, c’est parce qu’il avait été désigné par Jésus pour le remplacer après son départ. L’autorité pontificale, Pierre ne l’avait pas encore, pas plus que dans une monarchie, le dauphin n’a l’autorité du monarque avant la mort ou l’abdication de celui-ci.

“Magie”, et puis quoi encore ?

V.
 
images/icones/1e.gif  ( 796790 )J'aime les discussions byzantines... par Rodolphe (2016-01-30 16:38:42) 
[en réponse à 796781]

Il est certain -et je crois que Vatican I va en ce sens- que les auteurs s'accordent à dire que Pierre n'exerca ses fonctions de premier Pape qu'à partir de l'épisode relatée dans L’évangile selon Saint Jean 21: 15-17 ("Pais mes brebis"). Néanmoins, déjà dans l’Évangile de Saint Mathieu 16: 16-19, il n'y a pas qu'une promesse pour l'avenir, mais d'ores et déjà un changement de nom qui dans la tradition biblique traduit à changement de statut (Abram devient Abraham; Jacob devient Israel...). Simon devient Pierre: "Et moi je dis que tu es Pierre", conjugué au présent. Donc ce changement de statut a déjà lieu à ce moment. On peut donc avancer la thèse que Pierre a dès cette épisode été désigné "Pape" -cette appellation est sans doute anachronique- , même s'il n’exerçait pas encore ce qu'on appellera l'autorité pétrinienne.

Dès lors, je pose la question. N'était-il pas déjà aussi le "Vicaire" du Christ, à défaut d'avoir encore les autres attributs de sa fonction ?
images/icones/1a.gif  ( 796791 )Vous avez déjà répondu par Vianney (2016-01-30 16:54:52) 
[en réponse à 796790]


On peut donc avancer la thèse que Pierre a dès cette épisode été désigné "Pape" - cette appellation est sans doute anachronique - , même s'il n’exerçait pas encore ce qu'on appellera l'autorité pétrinienne.


Désigné, mais n’exerçant pas encore l’autorité : c’est toute la différence.

L’assistance du Saint-Esprit aux apôtres et en particulier au premier d’entre eux n’est pas encore effective à cette date, comme je viens de le démontrer.

Partant, toute comparaison avec les privilèges pontificaux dans l’exercice de leur autorité est boiteuse.

V.
 
images/icones/neutre.gif  ( 796928 )[réponse] par Marco Antonio (2016-02-01 00:46:37) 
[en réponse à 796790]


Il est certain -et je crois que Vatican I va en ce sens- que les auteurs s'accordent à dire que Pierre n'exerca ses fonctions de premier Pape qu'à partir de l'épisode relatée dans L’évangile selon Saint Jean 21: 15-17 ("Pais mes brebis"). Néanmoins, déjà dans l’Évangile de Saint Mathieu 16: 16-19, il n'y a pas qu'une promesse pour l'avenir, mais d'ores et déjà un changement de nom qui dans la tradition biblique traduit à changement de statut (Abram devient Abraham; Jacob devient Israel...). Simon devient Pierre: "Et moi je dis que tu es Pierre", conjugué au présent. Donc ce changement de statut a déjà lieu à ce moment. On peut donc avancer la thèse que Pierre a dès cette épisode été désigné "Pape" -cette appellation est sans doute anachronique- , même s'il n’exerçait pas encore ce qu'on appellera l'autorité pétrinienne.

Dès lors, je pose la question. N'était-il pas déjà aussi le "Vicaire" du Christ, à défaut d'avoir encore les autres attributs de sa fonction ?



Monsieur, votre thèse implique un Pape sans les clefs du Royaume de cieux ("Tu es Pierre... Je te donnerai les clefs"), symbole de la puissance et de l'autorité suprême, et donc sans le pouvoir (et, regardez bien, sans le pouvoir et non pas seulement sans l'éxercice de ce pouvoir!) de liér et délier. Et puis il s'agirait d'une Pape (encore) sans mandat et sur lequel le Saint Esprit n'est encore descendu.
Le "Tu es Pierre" concerne alors la désignation de Pierre à la Papauté ou l'attribution à Pierre de l'Autorité Pontificale?
images/icones/fleche2.gif  ( 796932 )Autorité pontificale : S. Pierre en avait les arrhes par Chicoutimi (2016-02-01 07:54:19) 
[en réponse à 796928]

Rodolphe a raison, et ce qu'il dit rejoint la pensée de S. François de Sales qui, dans ses Controverses, parle du moment où Notre-Seigneur promet à S. Pierre les Clefs du Royaume :


"Notre-Seigneur ayant dit à saint Pierre qu’il édifierait sur lui son Église, afin que nous sussions plus particulièrement ce qu’il voulait dire, poursuit en ces termes: Et tibi dabo claves regni cælorum. On ne saurait parler plus clairement: il avait dit Beatus es Simon Barjona, quia caro, etc. Et ego dico tibi quia tu es Petrus, et tibi dabo, etc.; ce tibi dabo se rapporte à celui-là même auquel il avait dit et ego dico tibi, c’est donc à saint Pierre. Mais les ministres tâchent tant qu’ils peuvent de troubler si bien la claire fontaine de l’Évangile, que saint Pierre n’y puisse plus trouver ses clefs, et à nous dégoûter d’y boire l’eau de la sainte obéissance qu’on doit au Vicaire de Notre-Seigneur; et partant ils se sont avisés de dire que saint Pierre avait reçu cette promesse de Notre-Seigneur au nom de toute l’Église, sans qu’il y ait reçu aucun privilège particulier en sa personne. Mais si ceci n’est violer l’Écriture, jamais homme ne la viola; car n’était-ce pas à saint Pierre à qui il parlait? et comment pouvait-il mieux exprimer son intention que de dire Et ego dico tibi; Dabo tibi? et puisque immédiatement il venait de parler de l’Église, ayant dit portæ inferi non prævalebunt adversus eam, qui l’eût gardé de dire et dabo illi claves regni s’il eût voulu les donner à toute l’Église immédiatement? or il ne dit pas illi, mais dabo tibi.

Que s’il est permis d’aller ainsi devinant sur des paroles si claires, il n’y aura rien en l’Écriture qui ne se puisse plier à tout sens: quoique je ne nie pas que saint Pierre en cet endroit ne parlait en son nom et de toute l’Église, quand il fit cette noble confession; non déjà comme commis par l’Église ou par les disciples (car nous n’avons pas un brin de marque de cette commission en l’Écriture, et la révélation sur laquelle il fonde sa confession avait été faite à lui seul, sinon que tout le collège des apôtres eût nom Simon Barjona), mais comme bouche, prince et chef des autres, selon saint Chrysostome et saint Cyrille, et «pour la primauté de son apostolat», comme dit saint Augustin. De sorte que toute l’Église parla en la personne de saint Pierre comme en la personne de son chef, et saint Pierre ne parla pas en la personne de l’Église; car le corps ne parle qu’en son chef, et le chef parle en lui-même, non en son corps. Et bien que saint Pierre ne fût pas encore chef et prince de l’Église, ce qui lui fut seulement conféré après la résurrection du Maître, il suffit qu’il ait été déjà choisi pour tel et qu’il en avait les arrhes; comme aussi les apôtres n’avaient pas encore le pouvoir apostolique, cheminant toute cette bénite compagnie plus comme disciples avec leur régent, pour apprendre les profondes leçons qu’ils ont par après enseignées aux autres, que comme apôtres ou envoyés, ce qu’ils firent depuis, lorsque le son de leur voix retentit par tout le monde (Ps. XVIII, 5)."

(Source)

Je ne pense pas qu'il faille lire cet épisode évangélique de manière binaire en nous plaçant devant la fausse alternative : ou bien Pierre devient Pape à ce moment, ou bien il se fait seulement promettre la Papauté. Car, il est déjà et pas encore Pape dans cet épisode. Il en possède les arrhes. Il l'était en puissance, mais pas en acte si vous voulez.
images/icones/neutre.gif  ( 797031 )Monsieur par Marco Antonio (2016-02-02 00:18:33) 
[en réponse à 796932]


Et bien que saint Pierre ne fût pas encore chef et prince de l’Église, ce qui lui fut seulement conféré après la résurrection du Maître, il suffit qu’il ait été déjà choisi pour tel et qu’il en avait les arrhes;



Monsieur,

le passage par vous souligné il détruit en peu (mais très beaux) de mots la thèse de Rodolphe et de M. Jean Paul Parfu. Et il éxprime parfaitement ce que moi je disais si imparfaitement, c'est-à-dire "que saint Pierre ne fût pas encore chef et prince de l’Église, ce qui lui fut seulement conféré après la résurrection du Maître".
images/icones/fleche2.gif  ( 797033 )L’infaillibilité, puisque c’est de cela qu’on parle... par Vianney (2016-02-02 00:45:28) 
[en réponse à 797031]

 
...depuis le début de cette discussion, repose sur l’assistance spéciale du Saint-Esprit : promise au soir du Jeudi Saint, elle ne fut reçue par les apôtres que le jour de la Pentecôte. “Cependant je vous dis la vérité : il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas vers vous ; mais, si je m’en vais, je vous l’enverrai.” (Jean XVI, 7.)

V.

images/icones/1a.gif  ( 796900 )Merci Monsieur par Marco Antonio (2016-01-31 20:56:36) 
[en réponse à 796749]

Merci Monsieur!
images/icones/livre.gif  ( 796930 )Selon S. Augustin : S. Pierre "devient tout à coup un apostat" par Chicoutimi (2016-02-01 02:47:14) 
[en réponse à 796749]

S. Augustin lui-même affirme dans son explication sur "la force et les faiblesse de l’Église figurées dans la personne de S. Pierre" ce qui suit :


« Pierre représente donc principalement la force de l’Église, parce qu'il a suivi le Seigneur lorsqu'il allait à sa passion; et il représente aussi sa faiblesse, lorsqu'interrogé par une servante, il renie son divin Maitre. Ce disciple qui aimait si ardemment, devient tout à coup un apostat. II se trouble lui-même, parce qu'il avait présumé de lui-même. II avait dit, vous le savez : « Seigneur, je vous suivrai jusqu'à la mort, et, quand il me faudrait mourir avec vous, je suis prêt à donner ma vie pour vous. » (Matth., xxvi, 35.) Et le Seigneur répond à ce présomptueux: « Vous donnerez votre vie pour moi? Je vous le dis, en vérité : avant que le coq chante, vous me renierez trois fois.» (Œuvres complètes de Saint Augustin, tome dix-huitième, Sermon CCXCV, p. 548)



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