Le Forum Catholique

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images/icones/livre.gif  ( 795220 )4 attitudes fausses face à la crise de l'Eglise par Jean-Paul PARFU (2016-01-15 07:42:37) 

J'en mets spécialement deux en exergue (les "liseurs" pourront lire le reste directement sur le site de la FSSP), parce qu'ils affectent particulièrement un certain nombre de liseurs. Au moment même où j'allais envoyer ce post, un nouveau liseur illustre à la perfection cette tendance, dans le fil juste en-dessous.


"LE FIDÉISME
Il s'agit de ce que Louis Salleron appelle le «nouveau fîdéisme» :
«On ne veut plus exercer son intelligence : on "croit". Le fidéisme de naguère, c'était de croire en Dieu, en Jésus-Christ, aux vérités révélées, sans souci des motifs de crédibilité ou en les tenant pour dérisoires, voire inexistants. Le nouveau fidéisme, c'est de croire à Rome, au Pape, au Saint-Siège, sans autre souci, quant à ce qui en émane, que d'en justifier la forme et le fond. Roma locuta est, causa finita. Le "fondamentalisme" passe des textes de l'Écriture Sainte à ceux du Vatican» ([132]).
En considérant ainsi comme indiscutables et également valables tous les textes pontificaux en matière de doctrine sociale, on se trouve vite en porte-à-faux avec la doctrine traditionnelle, on risque de tomber dans l'erreur et l'incohérence.
LA CONCILIATION A TOUT PRIX
Beaucoup de personnes refusent d'admettre qu'il puisse y avoir opposition entre ce que le magistère enseigne aujourd'hui et ce qu'il enseignait hier et veulent, à tout prix, concilier ces deux enseignements. D'où des efforts pour concilier les inconciliables, pour faire croire par exemple à la compatibilité entre la doctrine traditionnelle sur la liberté religieuse et celle du concile Vatican II. Efforts souvent émouvants par les intentions qu'ils manifestent mais qui finissent par tout embrouiller et s'achèvent dans l'incohérence.
Il faut bien voir qu'une telle attitude est souvent légitime dans ses débuts : s'il faut être plus disposé, selon le conseil de saint Ignace, à justifier une proposition obscure du prochain qu'à la condamner ([133]), a fortiori faut-il se comporter ainsi quand il s'agit d'une proposition du Saint-Siège. L'attitude devient déraisonnable quand la conciliation (entre la proposition nouvelle et la doctrine traditionnelle) est recherchée à tout prix, en sacrifiant la logique et le sens des mots."

Voir toute le site ici
images/icones/fleche2.gif  ( 795221 )Les clercs croient-ils eux-mêmes en leurs propres "variations" ? par Scrutator Sapientiæ (2016-01-15 08:15:21) 
[en réponse à 795220]

Bonjour Jean-Paul PARFU,

Les clercs croient-ils eux-mêmes en leurs propres "variations" ?

Dois-je rappeler à quel auteur (Romano AMERIO) et à quel livre je fais allusion (Iota Unum) ?

Ne sommes-nous pas en présence de clercs qui s'exonèrent d'une obligation de cohérence, afin, ou avant, de s'exonérer d'une obligation d'orthodoxie doctrinale et de confrontation pastorale ?

Dois-je rappeler (un exemple entre mille) que Paul RICOEUR, un jour, a fait remarquer un jour qu'il avait entendu Jean-Paul II parler, dans deux discours publics, à quelques années d'intervalle, successivement, d'un "mythe", puis d'un "récit", à propos du même chapitre, faisant partie des onze premiers chapitres du livre de la Genèse ?

Peut-être pourrions-nous parler de légitimisme et d'équilibrisme, là où il est question, dans le texte que vous citez, de fidéisme et de conciliation à tout prix, mais en un sens peu importe, car tout le monde comprend de quoi il s'agit.

Or, ni le légitimisme, ni l'équilibre, ces deux attitudes pouvant très bien aller de pair, ne peuvent occulter le fait que c'est le "faudrait-savoirisme" qui a le plus d'avenir dans les poches, en tout cas dans les poches des fidèles les plus lucides ou les plus vigilants, face à la religion de l'oxymore.

Bonne journée.

Scrutator.
images/icones/fleche3.gif  ( 795301 )Concernant le fidéisme et la conciliation par Peroutradition (2016-01-16 07:32:23) 
[en réponse à 795220]

En lisant cette définition de fidéisme (celle que je lis, je n'arrive pas à accéder au lien), on y voit que l'emploi de la locution: Roma locuta est, causa finita est vue comme une acceptation aveugle et sans fondement de la doctrine du Saint Siège, même si celle-ci est erronée.

Je me permets de préciser que personnellement je n'utilise cette locution que dans le sens augustinien, c'est à dire lorsqu'une question est proprement débattue et soumise au magistère de l’Église. Je ne dirai jamais que tout ce que le pape dit ou fait est à accepter parce que cela vient du pape. Œuvrer dans ce sens serait effectivement du neo-fidéisme.

Quand a la conciliation, je pense qu'il faut toujours, entre chrétien, la chercher, mais quand celle-ci est possible et JAMAIS quand l'une des partie défend une thèse ouvertement hétérodoxe.