Le Forum Catholique
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( 794790 )
La mémoire courte des catholiques français par Jean Kinzler (2016-01-08 11:03:06)
Devant la tentation du Front national, les chrétiens, tout particulièrement les catholiques, et en tout premier lieu les évêques, doivent regarder leur histoire en face.Les réseaux sociaux cathos sont envahis de – souvent jeunes – catholiques qui font mine de s’étonner que le vote Front national puisse ne pas être catholique. Leur argument est le suivant : dès lors qu’aucun parti politique ne promeut toutes les règles morales du catholicisme, il faut choisir et le choix frontiste n’est pas pire qu’un autre. C’est peu dire qu’ils ont la tête creuse, la mémoire courte… et une lecture extrêmement sélective de l’Évangile. L’accueil de l’étranger est pourtant au coeur de l’enseignement de Jésus. Il est même l’un des critères selon lequel nous seront sauvés et reconnus par Dieu comme ayant fait sa volonté. C’est la grande scène du Jugement, au chapitre 25 de l’évangile de Matthieu. Les justes se demandent pourquoi ils sont choisis et le maître du Jugement répond : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli. » Les justes interrogent encore : « Mais quand t’avons-nous accueillis ? » et obtiennent cette réponse : « Chaque fois que vous l’avez fait pour l’un des petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » C’est là le coeur du message chrétien. Chaque homme, chaque femme est mon frère, ma soeur, je lui dois l’accueil et le soin. Accueillir et soigner cet étranger qui est mon « prochain », c’est accueillir Dieu lui-même. Si de trop nombreux catholiques ne voient pas en quoi le vote frontiste pose problème, c’est hélas parce qu’ils sont les héritiers sans mémoire d’un courant du catholicisme qui confond l’Évangile et l’ordre moral et qui a longtemps prospéré dans notre pays. Souvenons-nous que c’est dans cette France si catholique qu’il y a soixante quinze ans, tant de gens, y compris la quasi-totalité des évêques et archevêques, exceptions faites de Messeigneurs Salièges (Toulouse) et Théas (Montauban), puis Gerlier (Lyon) et Delay (Marseille), ne virent aucun obstacle à ce que les juifs soient d’abord interdits de nombreuses professions, puis pourchassés, emprisonnés et finalement déportés. Encore faut-il préciser que les quatre prélats en question ne parlèrent qu’à partir d’août 1942, c’est-à-dire après les premières déportations. Ils n’avaient jusqu’alors pas dit un mot contre les lois antijuives. À Noël 1944, le nouveau nonce à Paris, Angelo Roncalli, futur Jean XXIII, trouva sur son bureau la liste d’une quarantaine d’évêques identifiés comme collaborationnistes et pétainistes jusqu’à la dernière heure, dont le gouvernement français et son chef, Charles de Gaulle, pourtant fervent catholique, demandaient la démission. Rome ne voulait rien entendre, les choses traînèrent et, parce qu’il fallait bien que la vie reprenne, à l’été 1945, sept évêques partirent, trois démis par Rome, et quatre démissionnant de leur plein gré.L’Église de France a voulu oublier, elle n’a jamais fait d’examen de conscience, à l’exception de la déclaration de repentance de Mgr Olivier de Berranger en 1997, à Drancy, laquelle lui a valu, d’ailleurs, de belles expressions de haine. Elle a oublié aussi que son « honneur » avait été sauvé par des prêtres, des religieux, des religieuses, des catholiques, hommes et femmes, qui, en toute désobéissance à l’égard de leur hiérarchie, s’étaient engagés et avaient sauvé des vies, parfois au prix de la leur.C’est cette faiblesse de la mémoire que nous payons aujourd’hui. Certains catholiques, qui tiennent davantage à leur identité qu’à l’Évangile,
croient pouvoir rejoindre les rangs du Front national ou lui donner leur suffrage. Les évêques, comme aux sinistres temps de l’Occupation allemande, se taisent lamentablement alors même que le pape François ne cesse de les presser de s’engager avec la plus grande fermeté en faveur d’une fraternité inconditionnelle. Pourquoi ? Pourquoi ce terrible et coupable silence ? Nous savons que les évêques de France sont divisés et que certains espèrent la venue au pouvoir du Front national, quatre ou cinq peut-être, mais ils parlent haut et pèsent de tout leur poids. Au nom d’une unité factice, d’une unanimité de façade, les autres se taisent. Pourtant, les chrétiens, hommes et femmes, ont le devoir de dire haut et fort que non, le programme du Front national n’est pas compatible avec l’Évangile. Parce que nous affirmons l’unité du genre humain dans le Christ, nous ne pouvons accepter l’égoïsme de la préférence nationale. Nous affirmons que l’étranger, quel qu’il soit, d’où qu’il vienne, est un frère ou une soeur en humanité et que nous lui devons des conditions de vie décentes au même titre que nous les devons à nos frères et soeurs de sang, et à nos compatriotes. Voilà ce qui n’est pas négociable. Amis évêques, ne sacrifiez pas le coeur même de la foi à une fallacieuse unité. Amis et amies chrétien.ne.s, c’est le moment. Il faut prendre parti et notre seul parti est celui de l’Évangile.
TC

( 794792 )
Une aide humanitaire, bien sûr par megnace (2016-01-08 11:59:08)
[en réponse à 794790]
est un dû
Mais ce n'est pas un devoir que de céder son chez-soi, ou bouleverser son mode de vie, ou accepter de payer toujours plus et aveuglément.
Si encore les bénéficiaires y mettaient un peu de bonne volonté ! Mais c'est incompatible avec la mentalité forgée par leur religion totalitaire.
Quant au droit d'asile, il s'arrête à la sortie de la zone de combats : la Jordanie, la Turquie, le Liban ne sont pas en guerre, donc que ceux qui y sont arrivés y restent ;

( 794793 )
Le parti de l’évangile tronqué par Vianney (2016-01-08 12:09:06)
[en réponse à 794790]
Depuis les années 50, Témoignage Chrétien a été constamment le parti des ennemis de la chrétienté : pour la collaboration avec la nomenklatura communiste, pour la collaboration avec les tueurs du FLN algérien. À présent, il collabore à l’invasion de l'Europe par l’islamisme.
Sa principale collaboration étant de désigner aux tueurs et à la nomenklatura les catholiques à abattre à la première occasion. Ceux qu’un rédacteur de Témoignage Chrétien a appelé un jour très explicitement “les chiens” (5 novembre 1964). TC, le parti de la haine au nom de l’évangile.
V.

( 794823 )
Cet article prouve une fois de plus... par Signo (2016-01-08 18:06:37)
[en réponse à 794790]
...le chaos intellectuel qui règne dans les esprits.
L'argumentation de TC repose, en réalité, sur une confusion entre la charité et la politique, ainsi que sur une incompréhension fondamentale du christianisme.
L'Etat a pour objectif le bien commun. Il est absurde de demander à l'Etat de mener une politique "charitable". Un Etat ne va pas, ne peut pas aller au paradis. La charité évangélique ne concerne que les individus. Même si l'Etat déversait des milliards et des milliards pour venir en aide aux réfugiés, cela ne ferait le Salut de personne pour autant. Ce serait trop facile: il suffirait alors de consentir à l'impôt pour se satisfaire d'être "charitable", via le transfert de l'argent public! Ce sont les actes individuels qui assurent le salut: donner à manger à ceux qui ont faim, vêtir ceux qui sont nus, abreuver les assoiffés, accueillir l'étranger, visiter les malades et les prisonniers. Ces actes de charité peuvent s'effectuer seul ou dans le cadre d'associations. Mais il est absurde d'invoquer la charité évangélique pour affirmer que l'Etat ne peut pas moralement mener une politique anti-immigration.
Ainsi, on peut très bien commettre des actes de charité en tant que chrétien dans sa vie privée, et voter pour un parti anti-immigration en tant que citoyen chrétien. Il n'y a là aucune contradiction, et il est parfaitement possible que l'immigration en tant que phénomène, dans certaines circonstances -et c'est clairement le cas aujourd'hui- soit nuisible au bien commun.
L'obligation moderne pour l'Etat d'être charitable repose sur l'idée que l'Etat est l'alpha et l'oméga de la vie en société. Or la pensée catholique, refusant cette forme contemporaine de totalitarisme, a toujours considéré que l'Etat avait sa légitimité dans son domaine propre, mais que la vie sociale ne se réduisait pas à l'activité étatique, ce qui laisse le chant libre aux initiatives privées de charité évangélique. La charité concerne les personnes et non les Etats qui sont des institutions froides et impersonnelles.
Par ailleurs, la dimension anti-identitaire du discours de TC prouve une fois de plus que le progressisme, bien qu'en apparence humaniste, est en réalité fondé sur le mépris des réalités humaines. Car l'homme, qu'on le veuille ou non, est un animal identitaire, en plus d'être un animal social. L'identité correspond à un besoin anthropologique fondamental: on s'en rend compte tardivement aujourd'hui, alors que l'identité des peuples européens est menacée.
Il faut cesser d'opposer l'identité et la charité. L'un est pas exclusif de l'autre. Les chrétiens "de droite" doivent redécouvrir la dimension horizontale du christianisme, et les chrétiens de gauche doivent en redécouvrir la dimension verticale et identitaire, c'est à dire enracinée dans la réalité culturelle des peuples.
Seule une réappropriation par l'Europe de ses traditions peut permettre d'envisager les phénomènes migratoires de manière plus sereine et réaliste. Un peuple qui assume sa culture, son identité et son histoire peut accepter sur son sol l'étranger, celui-ci y trouvant alors une culture spécifique et vivante à laquelle il peut s'assimiler. Mais un peuple qui se nie lui-même transforme par la force des choses l'immigration en danger mortel.
L'Occident doit renouer avec la mémoire historique et culturelle qui a fait sa force pendant mille ans. Elle doit redécouvrir les fondements de son identité, c'est à dire l'héritage cumulé de Jérusalem, de Rome et d'Athènes. L'Europe doit de toute urgence retrouver ses traditions, reprendre le fil rompu de la continuité et restaurer l'esprit qui a présidé à ses origines, sous peine de disparaître.

( 794836 )
Charité et libéralisme, Evangile et identité. par le torrentiel (2016-01-09 02:14:47)
[en réponse à 794823]
Cher signo,
Je conçois que TC agit paradoxalement en défendant selon son identité un point de vue aantiidentitaire. Il fait des références selon son identité en d'héritier de la Résistance recommençant la chasse aux sorcières et aux évêques soupçonnés de collaborationnisme qui sévissait pendant l'épuration.
Cependant, TC répond négativement à une question qui se pose. Pour avoir franchi le rubicond deux fois dans ma vie dont la seconde aux toutes dernières élections régionales où je me suis résigner à voter Philippot que je n'aimais pas contre le détricotage de la société par la bureaucratie du capitalisme dont j'assiste presque charnellement aux destructions quotidiennes, je n'ai pas fait ce vote sans qu'il me pose un cas de conscience, dont j'admets qu'une partie est la souffrance mimétique de ne pas voter comme ma tribu: les catholiques de rite latin sous sa forme ordinaire, les démocrates chrétiens de l'Est de la France qui s'est longtemps cru le centre de gravité de l'Europe.
je réagis à votre message sur deux points:
-Vous défendez la thèse communément soutenue par les libéraux catholiques (et il y en a de respectables sur ce forum), selon laquelle la charité est individuelle, l'Etat étant ordonné au seul bien commun, et devant faire éviter à ses administrés les péchés individuels contre la morale chrétienne. Or un Etat de la froideur dont vous le dépeignez, outre qu'il n'a rien à envier aux bureaucraties totalitaires (ce n'est pas parce que Saint-Paul nous a recommandés, peut-être de façon politique, le respect des autorités de l'Etat que celui-ci doit être un glaçon administratif), ne saurait inciter ses administrés à pratiquer la charité, pour la raison qu'elle est complètement, de votre propre aveu, étrangère à ses vues.
-Autre chose sur quoi je reviens dans pas mal de mes interventions. Dieu a prévu, pour soutenir la vie publique, que la société s'organise en corps politique. Il a prévu de même que, pour "faire leur salut", les disciples ou les élus volontaires de la nouvelle Alliance participent au Corps mystique de Son Fils, par Qui le salut est arrivé sur la terre. Comment l'individu, qui doit s'incorporer aux autres tant sur le plan politique que mystique, pourrait faire son salut en perdant toute préoccupation d'autrui, au point qu'on aboutisse à cette formule absurde en régime chrétien, que chacun "fait son salut", alors que c'est le Christ Qui est notre salut.
Enfin, vous vous accommodez d'un identitarisme évangélique qui me paraît bien contraire à la lettre et à l'esprit du texte. Il faudrait que vous m'expliquiez en quoi l'Evangile, non pas l'evangile reçu, apprécié pour la beauté de son enseignement, aimé par esthétisme ou proclamé avec ferveur, mais l'evangile pratiqué, vous permet de rester vous-même. Si vous sauvez votre vie en ne bougeant pas vos lignes, en ne vendant pas tous vos biens, en n'étant pas prêt à tout perdre, vous êtes inaccessible au salut sauf Grâce spéciale, c'est la conclusion de l'épisode du jeune homme riche. Si vous sauvez votre identité, vous vous perdez. Car vous n'êtes pas le chemin, un autre l'est pour vous, qui certes part de votre personnalité pour construire avec vous votre chemin personnel. Vous n'avez pas la vérité, mais vous devez faire la vérité à la Lumière de Celui qui est la vérité. Et vous n'êtes pas la vie, vous recevez la vie en sortant de vous-même. Donc il n'y a pas de lecture identitaire possible de l'Evangile. L'Evangile est même furieusement antiidentitaire, il vous conduit à préférer Dieu à tout, à commencer par vos familiers (ce qui bat en brèche la théorie selon laquelle le prochain serait le plus proche alors que la parabole du bon samaritain dit exactement le contraire), et y compris votre propre vie.
Enfin, il y a un élément intrinsèque au Front national qui fait se demander si un catholique a le droit de voter pour ce parti politique. On pourrait considérer qu'il présente à la france une analyse de sa situation dans laquelle on peut se reconnaître. Une analyse doit s'effectuer aussi froidement que possible, moins froidement tout de même que l'autorité de l'Etat ne doit s'exercer selon vos vues, qui me donnent encore le frisson. Mais la manière de présenter cette analyse n'est pas neutre. Le Front national, qui s'est longtemps plaint d'être diabolisé, présente son analyse de la situation de la France en diabolisant ses deux adversaires, que seraient ceux qui gouvernent actuellement le pays, et qui ne seraient qu'un ramassis d'imbéciles et de lâches, et non pas les immigrés à proprement parler, sur lesquels la rhétorique profonde du Front national n'a jamais fait peser la responsabilité de l'invasion présumée qu'ils feraient subir à notre pays, mais les musulmans : Marine le Pen n'a embrassé la laïcité qu'afin de les contrer : interdire leurs prières de rue, la viande hallal au nom de la défense de la cause animale et alors que les chrétiens n'ont pas d'interdits alimentaires, sinon le sacrifice de la viande aux idoles (il faudrait alors supposer qu'Allah, qui est un nom par lequel nous-mêmes désignons dieu, serait une pure idole, fruit de la tromperie qu'aurait exercé le prophète Mohamed sur ses affidés ou dont lui-même aurait été victime).
Pour lâcher le mot qui fâche, mais n'en est pas moins vrai, le Front national présente de façon haineuse une analyse de la situation de la france qui peut être juste. Pourquoi tant de haine? Je ne serais pas, avec Gilles Keppel, de ceux qui identifient le front national à daech, ne serait-ce que parce que, si nous avions écouté le Front national depuis vingt-cinq ans, nous ne nous serions pas lancés dans les ingérances où nous ne cessons de nous engager depuis la première guerre du gofe et qui ne sont pas pour rien dans ce qui nous arrive: ce n'est pas parce qu'ils font des horreurs que les terroristes n'ont pas des raisons d'agir. Le Front national n'a pas de point commun avec Daech, mais avec les rapeurs. Il dénonce, mais il ne construit pas. Il ne veut s'allier avec personne. si Marine le Pen devenait présidente de la république, elle ne trouverait pas de majorité pour légiférer avec elle, car elle ne fait rien pour préparer le terrain et fédérer une union, un front des patriotes, des souverainistes ou des populistes comme le suggère Jacques Sapir, suggestion que repoussent 'avec dégoût tous ceux qui prétendent vouloir le salut de la france, de Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Béatrice bourges, "les bonnets rouges", les petits entrepreneurs à Jean-Luc Mélanchon, pour reprendre la ligne de démarcation tracée par Henri Hude aux grandes heures de "la manif pour tous" et du "printemps français".
Manuel Valls a raison sur un seul point, ça m'écorche la bouche de le reconnaître: l'arrivée au pouvoir de Marine le Pen déclencherait une guerre civile, car elle aurait contre elle comme c'est déjà le cas, mais en action et non par le seul pouvoir du verbe, tous les corps intermédiaires. Elle prétend être capable, dans ces conditions, de redresser la France en s'attaquant à ses ennemis de l'intérieur et de l'extérieur avec ses petits bras. Or Marine n'a pas le bras long.
J'espère ne pas vous froisser par cette prise de position, mais TC et vous-mêmes avez développé une question qui me passionne: peut-on se déclarer catholique ou chrétien et voter Front national?
Le torrentiel, qui ne sait pas et qui doute.

( 794842 )
Confusion des ordres par Peregrinus (2016-01-09 09:22:51)
[en réponse à 794836]
A la lecture de son message, il ne me semble pas que Signo ait défendu la thèse libérale selon laquelle la charité est purement individuelle. Au contraire, il me semble avoir insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de contradiction entre des actes individuels de charité à l'égard de personnes immigrées et un acte collectif de charité politique exigé par la recherche du bien commun.
Il me semble de plus que l'Evangile n'est ni identitaire, ni anti-identitaire. La grâce n'abolit pas la nature. Le surnaturel ne fait pas disparaître les identités naturelles. L'Evangile n'empêche de ce point de vue qu'une seule chose, à savoir faire de l'identité un absolu ; ce que Signo ne fait pas.
De plus, il existe incontestablement un ordre à la charité (cf. S. Th. IIa IIae, q. 56), non seulement parce qu'il faut aimer Dieu par-dessus tout, comme vous le rappelez, mais encore parce qu'il y a un ordre également dans la charité pour le prochain. Saint Thomas dit clairement que non seulement sous le rapport des effets extérieurs, mais sous celui de l'affection, il est nécessaire que notre amour du prochain soit plus grand pour tel prochain que pour tel l'autre, étant bien entendu que nous avons le devoir d'aimer tous les hommes. Le Décalogue en nous commandant d'honorer notre père et notre mère, Notre-Seigneur reprochant aux pharisiens d'annuler ce commandement de Dieu me semblent suffisamment clairs à ce sujet.
L'interprétation que vous donnez de la parabole du bon Samaritain ne me paraît pas exacte, car précisément, le bon Samaritain n'est pas délibérément parti à la recherche d'une personne lointaine à secourir, mais a secouru un homme trouvé sur la route qu'il se trouvait emprunter et que la Providence avait mis sur son chemin.
Enfin, Signo ne me semble pas avoir particulièrement parlé du Front national, mais plutôt du problème que posent des discours comme celui de ce journaliste de Témoignage chrétien.
Peregrinus

( 794845 )
Une réponse à Le Torrentiel par Jean-Paul PARFU (2016-01-09 10:05:13)
[en réponse à 794842]
1) Il est d'abord remarquable que "Témoignage chrétien" est un journal communiste infiltré à dessein dans la sphère catholique et que ce journal ne vit que de subventions. Normalement il devrait être mort depuis longtemps. Ce journal a toujours soutenu les mauvais combats et les combats anti-français.
2) Il est aussi remarquable que vous vous posiez des questions sur la compatibilité du christianisme et du FN, mais jamais sur la compatibilité du christianisme et des partis dits "républicains", malgré l'avortement, le mariage homosexuel etc ...
3) Vous ne vous posez jamais de questions non plus sur l'attitude de certains pays vis-à-vis de l'immigration et ne vous demandez pas pourquoi la Chine et le Japon n'accueillent pas d'immigrés, pourquoi toute immigration non-juive est interdite en Israël et pourquoi les monarchies du Golfe n'accueillent pas de réfugiés syriens ?!
4) On ne peut comparer "l'accueil de l'étranger" et des déplacements entiers de populations. De tous temps, les déplacements de populations, comme ceux que nous voyons aujourd'hui, ont été considérés comme des actes de guerre. C'est un déplacement de ce genre qui fut, par exemple, le prétexte à l'intervention romaine en Gaule en 58 av. J-C. ou des migrations qui avaient justifié la construction du "Limes" ou de la "Grande muraille de Chine".
Comment ferez-vous quand tous les étrangers que vous aurez accueillis auront remplacé les chrétiens sur leur propre territoire et que la morale que vous prônez aura ainsi laissé la place au Djihad ? Il faut arrêter avec cette hypocrisie vertueuse qui explique qu'elle aime les autres, tandis que ses contradicteurs sont des méchants, et qui aboutit toujours, comme par hasard, à moins d'identité, à moins de culture chrétienne et à justifier les mots d'ordre étatiques et "le politiquement correct" !
Sur l'accueil de l'étranger voir
ici

( 794846 )
Sur le Bon Samaritain par Jean-Paul PARFU (2016-01-09 10:12:59)
[en réponse à 794845]
Lire l'interprétation traditionnelle
ici

( 794852 )
Réponses à Me Parfu et à Peregrinus par le torrentiel (2016-01-09 11:23:30)
[en réponse à 794845]
Bonjour à tous les deux,
Me Parfu,
vous me taillez un costar dans lequel je n'entre pas.
D'abord, vous supposez que je ne m'interroge jamais sur la compatibilité des partis dits "républicains" avec le christianisme. Qu'en savez-vous? Mais acceptons l'objection et relevons le gant. Je suis moins enclin à m'interroger là-dessus parce qu'il existe une certaine tradition catholique qui nous rend légitimistes vis-à-vis des autorités civiles. Si maintenant je me pose la question, vous m'opposez l'avortement et le mariage homosexuel, qui sont des péchés contre la moralité, favorisés par l'Etat gouvernant par l'intermédiaire de ces partis. Favorisé, on doit le reconnaître, à condition de ne pas omettre que l'avortement est un "universel anthropologique" qui a malheureusement toujours existé, avec ou sans la bénédiction des lois -les deux cas de figure ont existé dans l'histoire-, comme l'a fait récemment observer Nicolas Gardère dans un débat de "bistrot liberté".
En admettant que le chiffre de 200000 avortements ait été constant avant et après la loi Veil, la personne qui avortait avant ce qui aurait dû se limiter à une dépénalisation portait seule la responsabilité de son acte (avec celui qui abandonnait souvent cette mère esseulée). Depuis la loi veil, l'Etat porte une responsabilité conjointe de ce péché contre la morale. Au passage, la plupart des liseurs de ce forum adhèrent à l'espérance d'une restauration de la Royauté sociale de NSJC, or dans leur esprit et compte tenu de ce qu'ils en disent, il s'agit plutôt d'une royauté morale que d'une royauté sociale.
S'agit-il de se prononcer sur le mariage homosexuel? Je n'ai pas changé d'avis depuis 2013. Dans la mesure où nous ne sommes plus dans des Etats catholiques, il y a une distinction entre l'ordre civil et l'ordre religieux et à la limite, l'Eglise n'a pas à se prononcer sur le bien-fondé d'un acte civil, elle n'a qu'à le récuser pour elle-même. Mais je ne voudrais pas que ceci nous égare.
Pour achever de tordre le cou à votre accusation qui fait de moi "un suppôt des partis républicains", je ne confonds pas la forme et le fond. Je ne suis pas de ceux qui me contentent de ce que les partis dits "républicains" nous présentent les choses sous un jour neutre, apaisé et apparemment bienveillant pour oublier que ce sont ces Etats qui ont entraîné que "la France est en guerre" depuis les ingérances irresponsables constamment dénoncées par le Front national et dont l'engrenage a été ouvert par la première guerre du golfe, il me semble l'avoir souligné dans mon précédent message.
Vous me demandez de me prononcer sur la politique de la Chine, du Japon ou d'Israël, je ne suis pas un citoyen chinois, japonais ou israélien.
Je n'ai jamais soutenu que l'anarchie migratoire soit un bien pour notre pays puisqu'il me semble avoir écrit que l'analyse de la situation de la france présentée par le front national est probablement juste, mais elle est présentée sur un ton haineux, sans réelle volonté de s'allier pour construire. Songez seulement que le front national d'aujourd'hui n'est même plus capable d'assumer qu'il était à l'origine un parti contre-révolutionnaire. Mais pour en revenir à l'immigration, ce phénomène est pour une part inéluctable du fait de la révolution des transports et de la mondialisation, car il ne pourrait se produire que l'on tolère d'un côté les effets de la révolution des transports des biens ou des ordres de change sans tolérer symétriquement quelques effets de cette révolution sur les personnes, à moins de considérer que les biens sont supérieurs aux personnnes, ce qui n'est pas chrétien.
Mais pour une autre part, l'immigration devrait être contrôlée et ne pas être encouragée dans le contexte d'apauvrissement général de notre pays. Car ce qui distingue fondamentalement les "actes de guerre" auxquels s'est opposéRome en son temps du caractère éventuellement invasif de l'immigration d'aujourd'hui, c'est que cette éventuelle invasion est appelée par les dirigeants de notre pays, soit comme un état de guerre larvée qui neutralise le peuple, soit au terme d'un calcul qui n'est pas entièrement faux, à savoir que notre démographie baisse et la démographie des continents d'émigration continue de galoper. Donc il ne s'agit pas seulement de conserver l'homogénéité matricielle de nos nations, il s'agit aussi de prévenir un déséquilibre démographique. Mais autre chose est de prévenir un déséquilibre, autre chose est d'en provoquer un autre en encourageant une dérive migratoire dont ont profité certains des terroristes qui ont sévi lors des derniers attentats.
Compte tenu de toutes ces nuances qui sont dans mon propos et que vous n'y avez pas trouvé, je considère votre réponse comme réactionnelle et peu réfléchie, mais vous êtes coutumier du fait, c'est ainsi que vous concevez le rythme de la discussion sur un forum, je ne suis pas de votre avis.
Votre réponse, Peregrinus, fait un effort d'intelligence et d'honnêteté et ne caricature pas celui dont vous vous faites le contradicteur partiel, comme le fait Me Parfu selon son habitude.
J'y répondrai pourtant plus brièvement, sur trois points:
a) Vous n'avez pas trouvé dans le message de Signo les mêmes choses que j'y ai lues, je crois malheureusement que vous l'avez moins bien lu que moi. Par exemple, je ne trouve aucune trace de "charité politique" dans sa description de l'Etat froid entièrement ordonné au bien commun qu'il considère comme remplissant la fonction politique.
b) vous contestez mon interprétation de la parabole du bon samaritain qui ne s'est pas cherché un prochain, mais l'a trouvé et l'a aidé comme il se devait. Je suis tout à fait d'accord avec cette interprétation, en sorte que la leçon de cette parabole, c'est qu'on ne choisit pas son prochain, même s'il y a des gens, nos père et mère, dont on est naturellement plus proche a priori que de l'homme de rencontre au secours duquel on doit se porter, car comme le dit l'article de TC, le Maître du jugement nous a appris à chercher le prochain caché comme la drachme ou la brebis perdu. Cette recherche ne doit pas être une recherche convulsive et systématique de l'étranger dans l'autre. Car un autre cherché pour sa qualité d'étranger cesserait d'être aimé pour lui-même en tant que prochain.
c) Je ne sais pas quelle est votre référence évangélique de la contestation par Jésus des pharisiens qui contreviendraient essentiellement au commandement d'honorer leurs ères et leurs mères. Je suppose que vous faites allusion à ce passage où l'hypocrisie des pharisiens déclare "qorbân" ou interdit des ressources qu'ils se dispensent ainsi de dépenser pour leurs parents.
Je vous remercie en tout cas de votre ton constructif et vous souhaite une bonne dominique à tous les deux.
Le torrentiel

( 794862 )
Ma réponse: par Signo (2016-01-09 17:18:27)
[en réponse à 794836]
-PRIMO: Tout d'abord, je voulais préciser que je trouve que TC a l'indignation très sélective: on ne les a en effet nullement entendu protester contre la compromission de pans entiers de la société française avec l'idéologie communiste dans les années 1970, qui, est-il nécessaire de le rappeler, a tout de même, selon les historiens les plus sérieux, causé la mort d'au moins 80 millions de personnes, voire peut-être cent millions en à peine 75 ans d'existence... Jusqu'à preuve du contraire, le Front national, que pourtant je ne porte pas spécialement dans mon coeur, n'a jamais tué personne, et par ailleurs il ne s'oppose pas plus aux préceptes évangéliques que les autres partis, qui promeuvent l'avortement de masse, le mariage homosexuel, le divorce...
-SECUNDO: Vous avez tort quand vous dites que l'Evangile est anti-identitaire: car Jésus, Marie et Joseph assumaient pleinement leur appartenance à la nation juive; ils en suivaient tous les rituels et toutes les pratiques traditionnelles. Dieu a choisi de s'incarner pleinement, c'est à dire de choisir un peuple et une culture spécifique pour se faire homme. Il ne se serait pas pleinement incarné s'il avait décidé de devenir un apatride n'appartenant à aucune culture. Suivant cet exemple, l'Eglise durant 2000 ans a toujours eu le souçi d'acculturer la foi, c'est à dire d'assurer son enracinement dans une culture humaine donnée. L'erreur des progressistes occidentaux est d'avoir cru qu'il était possible de déraciner la foi de toute culture et de toute tradition, pour en faire une sorte de vague religiosité hors-sol.
En revanche ce qui est vrai, c'est que la foi chrétienne permet de ne pas s'enfermer dans une culture particulière, et de garder, malgré l'enracinement nécessaire, une ouverture sur la dimension universelle de la foi en Jésus-Christ. D'où, entre autres, l'importance de la langue latine dans l'Eglise, et en particulier dans la liturgie... On se souvient que le Siège apostolique a toujours condamné toutes les tentatives historiques visant à créer une Eglise, voire une religion exclusivement nationale (cf Mit brennender Sorge...), mais cela n'est absolument pas incompatible avec l'enracinement et l'acculturation dans une culture donnée.
-TERTIO: Concernant la distinction que je fais entre politique et morale évangélique, elle ne relève nullement du catholicisme libéral, mais au contraire de la pensée traditionnelle de l'Eglise: c'est à ce titre, par exemple, que l'Eglise a toujours considéré la peine de mort comme légitime, au non de la protection du bien commun. Pourtant la peine de mort s'oppose à la charité chrétienne, qui fait de tout pêcheur un potentiel pénitent, et donc un potentiel converti... potentialité que vient briser l'application de la peine capitale. Je le répète, l'Etat ne va pas au paradis... l'Etat a certes pour mission de créer les conditions du Salut individuel: l'ordre, la liberté, la justice, la sécurité. Mais c'est toujours par la foi et les oeuvres de chaque personne individuellement que celle-ci assure son Salut. Il ne faut pas tout mélanger.

( 794878 )
Mes réponses à vos réponses par le torrentiel (2016-01-10 09:52:56)
[en réponse à 794862]
Cher Signo,
"Le front national n'a jamais tué personne". Vous allez un peu vite en besogne. Un journaliste médiatique vous citerait je ne sais plus quel "crime raciste"attribué un jour à ses colleurs d'affiche. Faut-il laisser cela?
Le Front national n'est pas un parti hors-sol. Pour savoir s'il n'a tué personne, il faut identifier l'idéologie qui le porte. D'où vient-il ? C'est au fond la question que pose l'article de TC. François duprat était un de ses co-fondateurs, il était ouvertement fasciste et négationniste. Le Front national comptait aussi des compagnons de la libération au sein de son appareil.Mais Jean-Marie le Pen a lui-même expliqué l'étrange hybridation à laquelle il voulait procéder : il s'agissait de réunir tous les patriotes, de quelque côté qu'ils aient été pendant la guerre, pour défendre désormais l'identité et la souveraineté française. L'idée ne vous paraît-elle pas étrange ? Le gaullisme d'un Florian Philippot est d'importation dans ce parti et si la greffe prend mal auprès de ses militants et sympathisants historiques, ce n'est pas seulement en raison du manque de culture gaulliste de son thuriféraire officiel.
Si vous dites que le Front national n'a jamais tué personne, on pourrait presque en dire autant du parti communiste français qui, quelque liens qu'il ait eu, dans l'internationale à laquelle il appartenait, avec les partis frères, s'apparentait davantage à un facilitateur de "lien social" (comme on ne disait pas encore dans les banlieues rouges) qu'à une impitoyable machine à tuer.
Le parti communiste français n'a pas eu autant de fusillés qu'il a prétendu durant la guerre, il a eu ses martyrs, il a fait fusiller et ardemment participé à l'épuration, il est donc directement responsable de quelques morts, mais cela est dû au fait qu'il était dans la politique active quand le Front national n'était pas encore né.
Secondo: Vous tirez argument du fait que Joseph et Marie étaient d'honnêtes observants de la loi juive, sans qu'on puisse réellement en savoir beaucoup plus, pour en inférer que le Verbe incarné était aussi un identitaire. Pardon, mais c'est faux. Car quel est le modèle d'humanité qui résulte de cette éducation honnêtement observante ?Un Jésus qui quitte son père et sa mère, qui délaisse l'autorité des légistes pour affirmer sa propre autorité. Un Jésus qui fait scandale parce qu'Il est à la fois capable et habilité à dire : "On vous a dit, Moi je vous dis", sans abolir un iota de la loi.
Tertio :
L'etat est comme Charlie, il "n'ira pas au paradis", Aucune structure n'en relève, vous avez raison sur ce point. Tout juste peut-on demander à une structure de n'être pas une structure de péché. Or l'Etat froid que vous décrivez et dont vous prétendez qu'il est le modèle traditionnel, non de corps politique, mais de l'autorité auquel aspire l'eglise, cet etat peut certes dans une certaine mesure garantir le citoyen contre son péché en punissant la faute morale. Il peut l'aider à ne pas faire de mal, il ne peut pas le pousser à faire le bien. Vous-même en convenez implicitement en ne saisissant pas la perche que vous tendait Peregrinus en parlant de "charité politique" à propos del'Etat que vous décriviez.
Non seulement vous ne reprenez pas cette expression, mais vous prenez un contre-exemple en parlant de la peine de mort et en prétendant que l'Eglise y a toujours été favorable. Pardon là encore, mais elle a évolué sur ce point, et même évolué depuis la parution de son Catéchisme il y a une vingtaine d'années.Evoluer, est-ce un gros mot ? Pourquoi a-t-elle évolué ? Cyniquement, parce que, monarchiste sous les rois, droit de l'hommiste sous les régimes issus de la Révolution et mondialiste depuis qu'existe l'ONU, l'Eglise est essentiellement opportuniste sur le plan politique. Son Royaume n'est pas de ce monde, pour parler plus respectueusement.
En l'occurrence, cette évolution est bienvenue, car l'Eglise s'est rendue compte qu'elle ne pouvait pas à la fois proscrire l'avortement et défendre la peine de mort. Il n'y a qu'une position cohérente : c'est la défense de la vie, qui proscrit à la fois l'avortement et la peine de mort. Marion Maréchal le Pen ne serait pasde mon avis, mais son opinion sur la peine de mort ne nous engage ni vous, ni moi, si j'ai bien compris.
Sur quoi je vous souhaite un bon et saint dimanche autant que faire se peut pour vous et pour moi.
Le torrentiel

( 794896 )
Identité mais charité. par Paul Reveriche (2016-01-10 13:55:14)
[en réponse à 794878]
Innocence et criminalité ne sont toutefois pas équivalents.
La dignité de la vie non plus dans ces deux cas.
Non ?

( 794928 )
Sur la peine de mort... par le torrentiel (2016-01-10 21:55:50)
[en réponse à 794896]
Je fais un raisonnement simple: la société ne peut pas reprendre ce qu'elle n'a pas donné.Soutenir le contraire, c'est lui donner les mêmes prérogatives qu'avait le pater familias romain. Dans cette même société romaine qui était large avec ceux qui avortaient. Tout est lié, comme par hasard! ce hasard qui n'existe pas et est la signature de Dieu.

( 794903 )
Confusions... par Rodolphe (2016-01-10 15:36:34)
[en réponse à 794878]
Deux brèves remarques.
1) A l'évidence, le FN, quoi qu'on pense de ce parti, n'a tué personne. Il n'a pas non plus été complice d''un meurtre, ni appelé au meurtre directement ou indirectement de qui que ce soit, sinon il aurait été purement et simplement interdit ! Le reste est de l'analyse "à la BHL".
2) D'autre part, votre vision "anti-identitaire" de l’Évangile me semble être contredite par la DSE.
Compendium de la DSE, para. 157:
"
(...)
Les droits des nations ne sont rien d'autre que « les “droits humains” considérés à ce niveau spécifique de la vie communautaire ». La nation possède un « droit fondamental à l'existence »; à « garder sa propre langue et sa culture, par lesquelles un peuple exprime et défend ce que j'appellerai sa “souveraineté” spirituelle originelle »; à « mener sa vie suivant ses traditions propres, en excluant naturellement toute violation des droits humains fondamentaux et, en particulier, l'oppression des minorités »; à « construire son avenir en donnant une éducation appropriée à ses jeunes générations ».
Aucun peuple ne peut donc être contraint, fut-ce au nom de l'accueil et de la charité, de renoncer à sa "souveraineté spirituelle originelle" et à ses "traditions propres". Or, la mondialisation et l'importante immigration musulmane constituent une menace pour l'identité nationale aux yeux de beaucoup de nos concitoyens.
C'est le refus obstiné de prendre en compte cette crainte légitime qui entraîne des crispations. La première des charités chrétiennes ne consisterait-elle pas à comprendre et à répondre aux craintes de ces français qui souffrent et qui, pour l'instant, n'ont d'autre avocat que le FN ? L'identité d'une société modelée par plus de mille ans de christianisme n'est en rien contraire à l’Évangile!

( 794929 )
Le signe des JMJ par PEB (2016-01-10 22:10:42)
[en réponse à 794903]
On voit, à l'occasion des JMJ, les drapeaux des nations se mélanger dans un joyeux désordre. Ce qui rassemble, c'est le Christ qui n'appartient à personne sinon au Père. Le Pape est alors ce catalyseur de la catholicité transnationale. La constitution divine de l’Église ne prévoit nulle part de nations ou d’États en tant que tels, sinon comme destination et lieu de l’évangélisation à un groupe de personnes plus ou moins déterminées.
Argentin, Français, Béninois, Russe, Syrien, Indien, Américain: il n'y a plus de tout cela mais uniquement une communauté de disciple, préfiguration de la foule immense: l'unique Nation sainte en qui tous les peuples ne font qu'un. La patrie temporelle est temporaire, la patrie spirituelle est éternelle. Le catholicisme est donc, par construction, trans-identitaire. Le Saint-Père perd d'ailleurs d'une certaine manière sa nationalité originelle pour devenir le pro-citoyen urbain et universel.
En Lc 14, 26, le Maître affirme:
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. »
L'identité de disciple du Seigneur prime sur tout le reste. Cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas être charitable avec les personnes dont on a la charge et qu'il n'y a pas de raison de se sentir solidaire de son peuple charnel. Mais ces devoirs d'état ne sont pas le tout du Salut. Tant mieux si on les accomplit en serviteur fidèle de l’Évangile mais on peut aussi les refuser si on estime, en âme et conscience, qu'ils sont folies. Par exemple, tel soldat pouvait estimer que son devoir est de déserter afin de faciliter la destruction d'un régime politique manifestement criminel. Autrement, telle sainte a repoussé avec un horreur un mariage forcé et tel saint a refusé d'embrasser telle carrière que son père lui avait imposé.
Si le pays doit disparaître, c'est dommage: on aimait bien le cadre, on perd un art de vivre mais c'est la vie! Si le Nom du Seigneur Jésus ne fait plus plier le moindre genou, c'est de toute façon la mort éternelle de ce qui reste d'humanité.

( 794933 )
Et la doctrine sociale de l'Eglise ?! par Rodolphe (2016-01-10 22:43:47)
[en réponse à 794929]
Mes références sont explicites. L'aspiration nationale est légitime.
Au regard de la DSE, les " Argentin, Français, Béninois, Russe, Syrien, Indien, Américain" ont le droit légitime de vouloir préserver leurs identités spirituelles originelles et leurs cultures propres...
Où lisez-vous le contraire ?

( 794948 )
Je n'ai jamais dit le contraire par PEB (2016-01-11 06:24:15)
[en réponse à 794933]
Oui, chaque peuple a le droit d'exister, tout comme les solidarités familiales.
Cependant, ce qui est premier, c'est le Christ. Les nations sont certes les lieux naturels de vie des communautés humaines - des prochains à aimer. Mais elles ne sont pas non plus l'alpha et l'oméga de l'économie du Salut et ne sont pas des idoles mais des moyens de vie en commun. Ce sont des tuteurs de la croissance sociale mais non pas un lieu clos totalitaire.
Ceci dit, le dialogue des nations dans le christianisme transforment les peuples. Les jeunes des JMJ découvrent que l'autre voisin est aussi respectable que soi. On peut donc parfaitement rester qui on est tout en rencontrant joyeusement une culture autre. C'est ainsi qu'on se convertit l'un et l'autre en se regardant avec le regard de Jésus, notre Frère universel.

( 794932 )
Les "droits humains" du corps politique et autres réponses... par le torrentiel (2016-01-10 22:35:59)
[en réponse à 794903]
Bonsoir, Rodolphe,
Le FN n'a tué personne ni n'a lancé d'appel au meurtre. Si vous dites cela, pourquoi laissez-vous dire à mes contradicteurs que le PCF de l'après guerre a été un parti criminel en france? Même si je ne serais pas contre un procès du communisme à l'échelle internationale, pareil à celui de Nürenberg pour les nazis. Quand Maurice druon a intitulé son livre: "La France aux ordres d'un cadavre", il oubliait qu'un milliard et demie de Chinois vivant encore sous le joug du communisme en phase transitoire de capitalisme avancé, ça compte assez pour que le cadavre bouge encore...
La première des charités serait certes d'écouter ces millions de français qui souffrent et dont seul, le FN est aujourd'hui l'avocat. Mais à quoi bon être un avocat si c'est pour n'être qu'un tribun de la plèbe, comme l'a presque confessé Jean-Marie le Pen, donnant raison à quelqu'un qui l'accusait de n'avoir jamais vraiment voulu le pouvoir. "Mais non, moi, j'ai été un tribun de la plèbe", analysait-il son parcours. A quoi bon être un tribun de la plèbe, autant dire une caution du "système" tellement vilipendé par ailleurs, si c'est pour ne jamais se mettre en ordre de marche pour prendre effectivement le pouvoir en négociant des alliances? Jean-Marie le Pen père aurait-il introduit dans les gènes de sa fille l'amour du rôle d'épouvantail?
En France, ils sont assez nombreux, ceux qui font sensiblement la même analyse que le FN excepté sa furie antimigratoire, d'Henri Guaino (que je verrais bien à la tête du front des souverainistes, des patriotes, des populistes, appelez-les comme vous voulez) à Arnaud Montebourg en incluant Jean-Luc Mélanchon, Nicolas dupont-Aignanou Philippe de Villiers. Les deux derniers nommés, bien que Philippe de Villiers vienne de commettre un ouvrage excellent, font un vrai travail de sape anti FN et ne servent en pratique qu'à lui barrer la route. Mais pourquoi les autres refusent-ils de s'alier avec lui? Parce que ce tribun de la plèbe se croit obligé, pour se faire l'avocat des Français qui souffrent, d'employer des expédients démagogiques. Je ne crois pas que le FN soit un parti raciste, mais je suis presque sûr que c'est un parti xénophobe. "Si vous souffrez, français, c'est la faute des étrangers ou des politiciens imbéciles, lâches, traîtres ou salauds qui laissent entrer les immigrés pour manger votre soupe et prendre votre pain." Ceux qui, à la xénophobie près, produisent les mêmes analyses que le FN ne veulent pas s'allier avec lui parce qu'ils ne considèrent pas que la xénophobie est une variable d'ajustement. Je ne suis pas loin d'approuver ce sens de la dignité humaine même si je ne suis pas tout à fait insensible au chant des sirènes du FN.
Vous dites qu'une société innervée par deux mille ans de christianisme ne peut pas être entièrement mauvaise et que ses racines sont saines. Je suis globalement d'accord avec vous comme eût dit Georges Marchais, mais le christianisme est une cristallisation culturelle et comme telle, il n'a pas un label chrétien d'appellation contrôlée par Celui du Nom duquel dérive ce beau nom de chrétien. Dans un livre co-écrit avec Jean Boissonas, mgr de Berranger s'est félicité naguère que nous soyons en post-chrétienté. Je trouve que c'est faire bon marché d'une aussi longue histoire et qu'on ne décide pas des sauts historiques ni du moment de l'histoire où l'on se trouve. Une telle posture est de l'hégélianisme primaire, mais nos sociétés chrétiennes se sont depuis trop longtemps trempées de laïcisme et métissées pour que "les racines chrétiennes" même reconnues rendent son hégémonie au christianisme.
Pour finir, en parlant de "droits humains" des nations, corps politique, vous illustrez deux de mes propos. Le premier est que l'Eglise emploie le langage du dominant de l'heure. Chacun sait que "les droits humains" sont une expression maçonnique. En second lieu, il y a un corps politique qui, comme corps, accepte ou refuse dieu à son échelle. Signo a raison de dire que les Etats ne vont pas au paradis, mais si on reconnaît peu ou prou un baptême des nations comme l'a fait Saint Jean-paul II, il y a certainement un salut (ou une damnation) de ces corps, de ces collectifs, que sont les sociétés et les nations.
Bien à vous
Le torrentiel

( 794937 )
N'essayons pas d'instrumentaliser l'Evangile! par Signo (2016-01-10 23:21:10)
[en réponse à 794932]
Et je n'ai jamais dit que le Christ a été "identitaire". Jésus n'était ni "identitaire" ni "anti-identitaire", il était humain, tout simplement, et c'est à ce titre qu'il fût baigné dans une culture particulière qui était celle de la nation juive du Ier siècle. Quand je parle d'identité, je parle d'une dimension anthropologique fondamentale aujourd'hui mise en cause en Europe, je ne parle pas de l'idéologie plus ou moins douteuse de certains groupuscules d'extrême droite qui brandissent une vision caricaturale de l'identité comme un étendard. Autrefois, on ne parlait pas d'identité, car elle allait de soi, aujourd'hui elle est menacée, et c'est ce qui provoque l'apparition de ces groupuscules, qui sont la partie émergée de se sentiment général de dépossession. Les citations des Evangiles que l'on a avancé ne permettent aucunement d'appuyer la thèse d'un caractère anti-identitaire du christianisme. Je le répète, l'Incarnation n'eût pas été complète si Dieu n'avait pas pris chair au sein d'une nation et d'une culture donnée. L'universalisation apportée par le christianisme permet le dépassement des particularismes culturels, mais non leur abolition, ce qui de toute façon eût été une négation d'une des principales caractéristiques de l'humanité, contraire à la volonté divine d'une Incarnation totale et complète.
Il ne s'agit pas ici de faire le procès du FN ou de commenter dans un sens ou dans un autre son programme qui est certes plus que critiquable, il s'agit de dire si oui ou non un catholique commet un péché en votant pour ce parti, ce que semble insinuer TC et une grande partie des évêques. Si la réponse est oui, il doit en être de même pour tous les autres partis, ce qui signifierait que les chrétiens ne pourraient en France ni voter ni s'engager dans un des partis... car je ne vois pas pourquoi le FN aurait à subir un traitement différent.
Quant au communisme, je me demande ce que vous auriez dit si il y avait eu un parti nazi en France après guerre. Tout le monde aurait avec raison été scandalisé et ce parti aurait été interdit. N'allez pas me dire que ce n'est pas comparable: tous les historiens sérieux savent que ces deux idéologies, non seulement sont comparables, mais encore ont de très nombreux points communs. La différence essentielle, c'est que le nazisme a été une maladie plus meurtrière mais moins contagieuse, tandis que le communisme a été une maladie moins meurtrière, mais beaucoup plus contagieuse, donc au final bien plus meurtrière puisque touchant la planète entière...
D'autant plus que le PCF n'a pas été un simple parti dans une sorte de fédération internationale; il a été au contraire directement sous les ordres de Moscou, dans une soumission totale au Kremlin. C'est ce qui explique d'ailleurs la courte période de bons termes avec les Allemands entre la défaite de 1940 et l'invasion de l'URSS en 1941! Le PCF a cautionné tous les crimes du soviétisme russe, tandis que les gauchistes cautionnaient tous les crimes du communisme chinois et cambodgien. D'ailleurs, de nombreux chefs et intellectuels communistes chinois ou Viet-Minh ont effectué un passage en France au sein du PCF avant d'aller commettre leurs méfaits en Extrême-Orient. Je ne défends pas le FN, mais il faut objectivement reconnaître qu'il n'y a rien de comparable dans son histoire -pourtant sous certains aspects bien nauséabonde-avec des compromissions de ce type et de cette gravité.
TC et la plupart de nos évêques sont des hypocrites, car ils appartiennent à la génération de la compromission de l'Eglise avec le communisme, -compromission dont d'ailleurs curieusement ils ne se sont jamais repentis- à l'époque où l'on lisait Marx dans les abbayes en lieu et place des Pères de l'Eglise. En terme de compromission politique ils n'ont donc aucune leçon de morale à donner.

( 794945 )
La réponse d'un confesseur et la question de l'identité par le torrentiel (2016-01-11 00:34:40)
[en réponse à 794937]
Cher Signo,
Je suis encore debout et ous recadrez bien le sujet. Je vais donc vous livrer ce que disait un confesseur à ses pénitents quand ils venaient lui avouer, au lendemain du 21 avril 2002, qu'ils avaient voté comme l'Eglise semblait ne pas vouloir. Il leur disait que ce n'était un péché qu'en fonction de l'intention, que s'ils avaient émis ce vote avec des relents de racisme ou de mépris, ils avaient certes péché, mais que, si leur vote était le fruit d'une analyse politique, ils n'avaient pas lieu de le confesser. On ne saurait parler plus sagement.
Qu'aurais-je fait s'il y avait eu un parti nazi en france? Figurez-vous que j'ai eu un ami authentiquement nazi (pour autant qu'il ait été bon juge de son authenticité). J'avais toujours l'impression, quand je le voyais, de déjeuner avec le diable. Lorsque j'en ai parlé au même confesseur, il m'a dit qu'un chrétien ne devait jamais redouter de manger avec un pécheur pourvu qu'il ne se désavoue ni ne se renie jamais.
Les faits que vous imputez aux visiteurs étrangers venus étudier en france et de ce fait partie lier avec le parti communiste français avant d'entamer leur carrière de tortionnaires génocidaires sont hélas trop connus. Je crains que dans la carrière d'un Polpot, la Sorbonne ne soit aussi coupable que le parti communiste français, qui n'a jamais été un donneur d'ordre. On connaît la teneur de l'entretien qu'à son retour de désertion et de Moscou en 1945 qui lui valut d'être ministre en france, Maurice thorez a eu avec Staline, qui lui a dit de se tenir tranquille. C'est donc malheureusement à Staline que la France doit que son parti communiste n'ait pas fait la révolution et ne se soit pas retournée contre tout ce qui avait un caractère institutionnel. Le parti communiste français était donc passivement peu nocif, mais il faisait de la politique active. Donc il était nécessairement plus nuisible que le front national, qui a essentiellement une fonction incantatoire et tribunicienne, et qui est en partie comptable, sauf à faire deux poids deux mesures, de ce qui s'est produit dans la galaxie fasciste qui est une partie de sa nébuleuse. Dans quelle mesure le FN ne porte-t-il pas une responsabilité au moins indirecte, sinon dans le meurtre de Clément Méric, cette rixe qui a mal tourné, du moins dans la dérive d'un Maxime brunerie voulant assassiner le Président Chirac? Ce rapprochement est moins hasardeux que celui qui l'a fait comparer par Gilles Keppel à Daech. Mais quitte à m'attirer les foudres des sympathisants historiques de ce parti qui s'en sont crus quittes parce que la profanation avait été commise par des satanistes, le FN n'est pas tout à fait extérieur au climat dans lequel s'est commise l'affaire de Carpentras.
Vous me soupçonnez de refuser d'établir une comparaison entre nazisme et communisme. Je ne me crois pas à même de trancher si elle est anthropologiquement possible ou non en dehors de la comptabilité macabre, où on peut dire que le nazisme a moins tué car il a duré moins lontemps. Ce que j'en pourrai ajouter n'a rien d'original. Le nazisme se place de plain-pied dans l'inhumainité, tandis que le communisme se pose comme une idéologie très ou trop humaine qui a mal tourné. Le nazisme est à vomir, car il ne fait aucun cas de qui n'est pas de son peuple ou de sa race. Le communisme affirme vouloir le bien de ceux-là mêmes que le nazisme rejette par principe. Le communisme peut faire illusion car il paraît généreux.
Les évêques ont du mal à s'accuser d'une compromission avec le communisme par la conjuration du silence (voir l'accord de Metz dont parlait Jean Madiran), car on ne s'en veut pas aisément de s'être fourvoyé avec des gens qui se donnaient pour, se croyaient ou étaient réellement généreux. Et c'est cette générosité d'intention qui aurait connu le régime des actes détournés qui, à la fois retarde le procès du communisme, et empêche les communistes de se repentir de l'avoir été ou de l'être demeuré. Toutes choses égales par ailleurs, si je vous demande si les crimes des chrétiens sont des crimes du christianisme, vous répondrez que non. Les communistes font comme vous, ni plus, ni moins.
Quand vous dites que le christ s'est incarné dans une famille et dans une culture, vous ne prouvez rien, sinon qu'Il n'a pas joué à prendre la condition humaine. Mais il n'y a rien de spécialement identitaire ou antiidentitaire là-dedans. Si l'identité se ramène à cela, c'est peu de choses. La question identitaire s'est probablement toujours posée, même si le terme "identité" ou "identitaire" est d'un emploi massif assez récent. Il a remplacé les termes d'"enracinement" ou de "déracinés" qu'employaient Barrès ou Simone Veil, qui n'entendaient certes pas l'enracinement de la même manière. Mais si c'est une question naturelle, ce n'est pas une question chrétienne. Il m'est naturel de me demander qui je suis et de souhaiter que, tel qu'en moi-même, l'éternité me fige. Mais l'identité chrétienne est une identité pour le devenir: non seulement le devenir éternel, mais le devenir de ma personnalité: "Deviens ce que tu es", "va vers toi".
L'identité chrétienne ne s'intéresse pas à qui je suis présentement et dans l'immobilité. Elle supose un mouvement et une projection dans l'avenir et un saut dans l'inconnu où je me connaîtrai quand je me serai oublié. C'est-à-dire qu'elle est exactement le contraire d'une question narcissique. Et le déplacement qui l'intéresse est le même que celui que Dieu révèle dans le buisson ardent: "Je serai qui je serai". Révélation que reprend d'une certaine manière Jésus ressucité se montrant à Marie-Madeleine: "Cesse de me tenir, car à présent que Je suis ressucité, plus que jamais, Je Suis, et l'être est intangible, il est insaisissable."
Le torrentiel qui vous souhaite une bonne nuit.

( 794940 )
Du FN, de l'identité et de la France par Rodolphe (2016-01-10 23:42:34)
[en réponse à 794932]
Bonsoir Le Torrentiel.
Je n'ai pas lu ce qui a été écrit sur le PCF. Je ne sais s'il faut le qualifier de criminel, mais il me semble qu'il a été un "ennemi" de l'intérieur car un parti "moscoutaire", en lien évident avec l'URSS qui voulait notre perte.
S'agissant de la tactique du FN, cela ne saurait être, me semble-t-il, le sujet sur ce forum. Seule la question de l'admissibilité d'un vote catholique m’apparaît pertinente. C'est pourquoi ma réponse pourra vous sembler parcellaire.
Il est évident que la xénophobie ne saurait être acceptée d'un point de vue catholique, mais plusieurs éléments amènent à penser que les lignes ont singulièrement bougé. JMLP a été écarté et ni MLP ou Philipot ne tiennent des propos xénophobes. Vous-même d'ailleurs ne disposez pas de preuve tangible à cet égard, puisque vous écrivez que vous êtes "presque sur" de sa xénophobie. Et bien pas moi, car je connais très bien des responsables/élus (récents) qui ne sont pas du tout xénophobes et je suis, pour le coup, certain qu'ils quitteraient le FN s'ils pensaient qu'il s'agissait d'un parti ayant une telle orientation...
Les choses ne sont pas si simples... La colère n'est pas la xénophobie et vous avez des immigrés qui se retrouvent dans les thèses FN.
S'agissant maintenant de la France et des français, ils ont le droit d'aimer leur identité et leur culture selon les principes de la DSE. Cette dernière évoque notamment le droit pour un peuple de défendre sa souveraineté spirituelle originelle. Ce n'est pas rien !
Une telle défense se justifie d'autant plus lorsque cette origine est chrétienne, comme en l’occurrence, puisqu'il s'agit bien d'une nation "baptisée". Bien évidemment " nos sociétés chrétiennes se sont depuis trop longtemps trempées de laïcisme et métissées". Mais ne séparez pas l'ivraie du bon grain!
La France est un pays blessé comme les pêcheurs le sont. Mais Dieu et l'Eglise aiment aussi les pêcheurs et ne veulent que leur repentance et leur salut. Je doute, dans ces conditions, qu'il en aille différemment des nations chrétiennes ou "originairement" chrétiennes. D'ailleurs, l'interpellation de Jean-Paul II, "France qu'as tu fait des promesses de ton Baptême ?", n'est certainement pas un appel à la capitulation à laquelle vous semblez vous résigner, mais bien au contraire un appel au sursaut, à la foi et à l'espérance... dans l'avènement d'une nouvelle France catholique. D'une France catholique cher Torrentiel...

( 794947 )
"La colère n'est pas la xénophobie" ou la colère n'est pas la haine... par le torrentiel (2016-01-11 01:28:04)
[en réponse à 794940]
Cher rodolphe, mais la colère conduit à la haine. et en l'espèce, colère contre qui, contre quoi? Contre les étrangers qui en prennent à leur aise ou contre les politiciens qui laissent se développer l'anarchie migratoire? Le FN fait feu de tout bois en matière de colère. Il fait de la politique par la colère. Or la colère est mauvaise conseillère. La colère est un péché capital. Je ne vois donc pas de grande différence entre la xénophobie et la colère contre (ou au sujet, ou à cause) des étrangers.
Autre chose, vous commettez un contresens ou je m'exprime mal si vous déduisez de mes réserves sur le FN que je suis résigné à ce que la France perde son identité spirituelle originelle. J'essaie d'être chrétien et participe de la défense de cette identité dans le respect de ce qu'elle fut et des changements qui sont intervenus et sont allés trop loin pour rétrograder. Sur un plan temporel, je suis tout disposé à reconnaître les racines chrétiennes de la France ou la prééminence du catholicisme en raison de son rôle historique dans cette nation, "fille aînée de l'Eglise" et "qui entend le rester...", comme dirait l'idole de Florian Philippot! J'y suis naturellement ou politiquement disposé. Je ne crois pas que cela soit illégitime et si la DSE le confirme (dans un compendium, en oubliant que Benoît XVI, peu avant de démissionner, a republié une thèse où il disait exactement le contraire), j'en suis heureux. Seulement je ne confonds pas la DSE avec les évangiles ni mes dispositions naturelles ou politiques avec des dispositions évangéliques. Du point de vue évangélique, je suis plus près de Peb que de vous. Je ne consens pas à ce que mon pays disparaisse, cet alarmisme fait vendreet les changements sont lents, notre pays se transforme, et je souhaite faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que ces transformations ne se fassent pas au détriment de l'identité chrétienne de la france, même si je me sens catholique avant d'être français. Je n'ai pas envie de "me faire grand-remplacer", mais je prends l'histoire et les hommes comme ils viennent et fais avec mon pays tel qu'il est.
Je ne dédouane pas non plus nos politiques actuels de hâter un phénomène qui n'est que trop inéluctable et naturel pour, sous prétexte de prévenir un déséquilibre démographique ou de protéger des réfugiés en guerre là-bas, créer un déséquilibre ici en vue de je ne sais quel assujettissement du peuple à leur pouvoir technocratique et réduit à nous exaspérer. Vous voyez que je ne suis pas moi non plus sans colère et que j'essaie de tenir une position équilibrée...
En vous remerciant de votre réponse argumentée,
Le torrentiel