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Méditation avec le Précis de Théologie de Tanquerey par ami de la Miséricorde (2016-01-08 09:01:34)
[en réponse à 794781]
§ III. Moyens d'acquérir ou de perfectionner la vertu de force
1096. 2° A cette double disposition il faut joindre des convictions profondes et l'habitude d'agir conformément à ces convictions. A) Des convictions fondées sur les grandes vérités, en particulier la fin de l'homme et du chrétien, la nécessité
de tout sacrifier pour atteindre cette fin ; l'horreur que doit nous inspirer le péché, le seul obstacle à notre fin ; la nécessité de soumettre notre volonté à celle de Dieu pour éviter le péché et atteindre notre fin, etc. Ce sont en effet ces convictions qui sont les principes directeurs de notre conduite, et les moteurs qui nous donnent l'élan nécessaire pour triompher des obstacles. B) Voilà pourquoi il importe de s'habituer à agir d'après ces convictions ; on ne se laissera donc pas entraîner par l'inspiration du moment, par l'impulsion brusque de la passion, par la routine ou l'intérêt personnel ; mais avant d'agir, on se dira : quid hoc ad æternitatem ? Est-ce que cette action que je vais faire me rapproche de Dieu, de mon éternité bienheureuse ? Si oui, je la fais ; si non, je m'en abstiens. Ainsi, en ramenant tout à la fin dernière, on vit d'après ses convictions, et on est fort.
1097. 3° Pour mieux surmonter les difficultés, il est bon de les prévoir, de les envisager en face, et de s'armer de courage contre elles ; mais sans les exagérer, et en comptant sur le secours que Dieu ne manquera pas de nous donner en temps opportun. Une difficulté prévue est à moitié vaincue.
1098. 4° Enfin on n'oubliera qu'il n'est rien qui nous rende intrépides comme l'amour de Dieu : « fortis est ut mors dilectio » (Cant., VIII, 6). Si l’amour rend une mère courageuse et vaillante quand il s'agit de défendre ses enfants, que ne fera pas l'amour de Dieu quand il est profondément enraciné dans l'âme ? N'est-ce pas lui qui a fait les martyrs, les vierges, les missionnaires, les saints ? Quand Paul raconte par quelles épreuves il a passé, quelles persécutions, quelles souffrances il a endurées, on se demande ce qui soutenait son courage au milieu de tant d'adversités. Il nous le dit lui-même : c'est l'amour du Christ : « Caritas enim Christi urget nos » (II Cor., V, 14). Et voilà pourquoi il est sans inquiétude pour l'avenir ; car qui donc peut le séparer de l'amour du Christ ? Et il énumère les différentes tribulations qu'il peut prévoir, en ajoutant que « ni la mort, ni la vie, ni les anges... ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances... ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus Christ notre Seigneur » (Rom., VIII, 38-39). Ce que S. Paul disait, tout chrétien peut le dire, pourvu qu'il aime loyalement son Dieu ; et alors il participera à la force même de Dieu : « quia tu es Deus, fortitudo mea » (Ps. XLII, 2).
Source : Précis de Théologie Ascétique et Mystique de Tanquerey,
Desclée and Co, 1923
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde