Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=794353
images/icones/bravo.gif  ( 794353 )Excellente analyse de Patrice de Plunkett sur le Pape et le libéralisme par Rodolphe (2016-01-01 14:27:18) 

C'est ici (Atlantico, 1er janvier 2016).
images/icones/vatican.gif  ( 794354 )Les racines du mal par Abbé Néri (2016-01-01 14:51:05) 
[en réponse à 794353]

L’Église s'est montré toujours soucieuse du sort des plus défavorisés signalant avec vigueur les racines du mal présent. Ce texte à fait date dans le corps de son enseignement appelé depuis sa « doctrine sociale » :

« Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l’Église, elle n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité. »

Quelle est ce document ? Et, qui est son auteur ?
images/icones/fleche2.gif  ( 794355 )Rerum Novarum.. par Rodolphe (2016-01-01 15:00:20) 
[en réponse à 794354]

Et ? François est donc traditionnel ?
images/icones/fleche2.gif  ( 794356 )C'est Léon XIII, qui a copié, chacun le sait, sur le Pape François. par Scrutator Sapientiæ (2016-01-01 15:25:31) 
[en réponse à 794354]

Bonjour et bonne année, Abbé Néri.

Voici Rerum Novarum :

Ici.

Le paragraphe que Léon XIII a copié sur le Pape François constitue le sixième paragraphe de l'encyclique Rerum Novarum :

" Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. Une usure dévorante est venue accroître encore le mal. Condamnée à plusieurs reprises par le jugement de l'Eglise, elle n'a cessé d'être pratiquée sous une autre forme par des hommes avides de gain et d'une insatiable cupidité. À tout cela, il faut ajouter la concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires. "

Je ne préjuge pas de la qualité de ce qui suit, mais je n'exclus pas que cela soit intéressant :

Ici.

Ici..

Ici...

Bonne journée et bonne année.

Scrutator.
images/icones/1g.gif  ( 794357 )Vous lisez très mal François ! par Rodolphe (2016-01-01 16:01:00) 
[en réponse à 794356]

François ne plagie nullement Léon XIII. Le passage de l'encyclique Rerum Novarum que vous citez décrit les mécanismes de domination des plus faibles dans la société capitaliste de la fin du XIXème siècle. François dénonce, quant à lui, dans le paragraphe 203 de Laudato Si' commenté par Patrice de Plunkett, la vacuité de la mentalité consumériste de la société de marché actuelle. Ce n'est pas du tout la même chose.

Il ne s'agit plus (uniquement) de dénoncer le sort réservé aux prolétaires mais également de nous mettre en garde contre le tour d'esprit corrosif et foncièrement nihiliste d'un libéralisme devenu "total" qui est celui que nous connaissons actuellement. Ce péril ne concerne plus seulement les pauvres, mais nous tous... les "consommateurs". C'est très différent!
images/icones/fleche2.gif  ( 794359 )Vous lisez très bien François, et j'ai eu tort d'être ironique. par Scrutator Sapientiæ (2016-01-01 16:12:56) 
[en réponse à 794357]

Bonjour, bonne année, et merci, Rodolphe.

Je vous remercie pour votre message.

J'ai essayé de recourir à l'ironie, pour essayer de préciser en quoi le propos du Pape François n'est pas aussi "REVOLUTIONNAIRE" qu'on le dit parfois, mais j'ai eu tort d'essayer, ou, au moins, de ne pas réussir.

Et vous avez eu raison de rappeler la différence entre le propos du Pape Léon XIII, dans le contexte de la fin du XIX° siècle, et le propos du Pape François, dans le contexte du début du XXI° siècle.

Bonne journée et bonne année.

Scrutator.
images/icones/fleche2.gif  ( 794358 )Que répondrait Patrice de Plunkett aux arguments suivants ? par Scrutator Sapientiæ (2016-01-01 16:02:47) 
[en réponse à 794353]

Bonjour et bonne année, Rodolphe.

Que répondrait Patrice de Plunkett à tous ceux qui, à tort ou à raison, pourraient lui dire, en substance,

- que le libéralisme économique est une chose, et que le capitalisme financiarisé en est une autre, hostile au libéralisme philosophique et au libéralisme économique, à l'économie réelle et à la société réelle, et qui a été promue, dans sa phase la plus aigue, après le départ de "friedmaniens" tels que Reagan et Thatcher,

- que le capitalisme financiarisé et le keynésianisme généralisé cheminent ensemble, d'une manière telle que l'attitude la plus cohérente et la plus conséquente consiste à vouloir à la fois la mort de l'un et la mort de l'autre, et non la mort de l'un sans la mort de l'autre,

- que pour faire de l'écologie, il faut de l'argent, qui ne peut être généré que par des économies et des sociétés prospères, et non par des économies et des sociétés soumises au capitalisme financiarisé et/ou au keynésianisme généralisé,

- qu'il existe des économistes libéraux, friedmaniens recentrés ou repentis, ou, en tout cas, bien plus proches de Hayek que de Keynes, ou schumpétériens, qui vous expliquent que ce sont de bonnes incitations fiscales et sociales, des découvertes scientifiques, des innovations technologiques, avec applications industrielles appropriées, DANS LE CADRE DU MARCHE, qui permettront de faire de l'écologie, bien plus qu'une marche en avant, frontale et globale, contre le marché ?

Comme je ne sais pas qui a tort et qui a raison, je ne tranche pas en faveur de l'une ou l'autre des deux visions, mais je me pose simplement quelques questions.

Bonne journée et bonne année.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 794365 )Très bien vu par Aigle (2016-01-01 18:06:38) 
[en réponse à 794358]

Merci cher scrutator
images/icones/heho.gif  ( 794366 )Vaste débat ! par Rodolphe (2016-01-01 18:19:33) 
[en réponse à 794358]

Il y a plusieurs numéros récents de "La Nef" consacrés à ce sujet. Leur lecture révèle que le libéralisme est une notion polymorphe difficile à cerner. Chacun y allant de sa définition.

Plunkett, je crois, contesterais l'affirmation selon laquelle le " libéralisme économique est une chose, et (...) le capitalisme financiarisé en est une autre, hostile au libéralisme philosophique et au libéralisme économique, à l'économie réelle et à la société réelle, et qui a été promue, dans sa phase la plus aiguë, après le départ de "friedmaniens" tels que Reagan et Thatcher".

Votre serviteur également.

Le libéralisme économique d'Adam Smith et le libéralisme philosophique constituent à mes yeux la même idéologie du "laisser faire", cette conviction que la dérégulation dans tous les domaines conduit spontanément au bien commun. Elle s'applique en matière économique, mais affecte également les mœurs, parce qu'il s'agit en réalité d'un tour d'esprit s'appliquant à toute relation interpersonnelle économique affective ou encore plus directement sexuelle.

Cette vision selon laquelle le bonheur et le bien commun résulteraient du "laisser faire" -chacun fait ce qu'il veut comme il veut- me semble erronée.

Au nom même de la libre entreprise, il faut réglementer le marché, limiter certains appétits, sinon la réussite illimitée du plus fort conduit à l'oppression du plus faible qui, lui, se trouve en réalité privé de toute liberté économique... De même, au nom du bonheur affectif, il faut s'opposer aux relations désordonnées, faute de quoi on assiste à l’épanouissement et à la jouissance du plus dépravé -pendant un certain temps du moins- et au malheur du plus fragile (l'embryon, l'enfant, celui qui subi l'adultère, le divorce...). Etc.

C'est l'application de la loi juste qui "libère" l'homme et non l'absence de loi...
images/icones/livre.gif  ( 794383 )Et débat ancien par Peregrinus (2016-01-02 10:48:03) 
[en réponse à 794366]

Le débat est non seulement vaste, mais il n'est pas nouveau : dès la fin du XIXe siècle, il se posait, en termes assez voisins, au sein du catholicisme intransigeant.
Si je m'en souviens bien, l'université catholique d'Angers, autour de Joseph Rambaud, tendait à se montrer plus conciliante vis-à-vis du libéralisme économique qu'Albert de Mun ou d'autres courants intransigeants. Je crois qu'Emile Poulat en parle dans Eglise contre bourgeoisie, que je n'ai cependant pas sous la main pour le moment.

Peregrinus